Foire aux Questions
sur la greffe

 
 
 
 

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dernière mise à jour le 27/01/04
La Foire aux questions sur la greffe

Depuis ma transplantation, j'ai eu l'occasion de me rendre compte que, si la plupart des gens ont une idée de ce dont il s'agit, beaucoup de points de détails demeurent obscurs.

J'ai donc tenté dans ce document de regrouper les questions qui m'ont été le plus fréquemment posées et d'y apporter des réponses dans la mesure de mes connaissances...

Je remercie par avance les lecteurs pour leur indulgence quant aux éventuelles inexactitudes ou imprécisions qui pourraient y subsister.

N'hésitez surtout pas à me contacter pour me les signaler, ou pour me suggérer des questions (et des réponses !) supplémentaires !

En complément, voir le texte officiel sur la greffe rénale issu de la Société Française de Transplantation et destiné à l'information des patients.

Qu'est ce qu'une transplantation rénale ?

 

Il s'agit d'une opération chirurgicale lors de laquelle un rein en bonne santé provenant d'une personne est greffé à une autre personne dont les reins ont cessé de fonctionner.

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Qui peut bénéficier d'une transplantation rénale ?
Tout malade dont les reins ont cessé de fonctionner définitivement est un candidat potentiel à la transplantation. Mais de nombreux facteurs tels que l'âge, la condition physique, ou encore le choix personnel peuvent entrer en ligne de compte…

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D'où viennent les reins qui sont transplantés ?
Ils ont été préalablement prélevés sur une personne que l'on appelle donneur.
Il existe deux types de donneurs :

C'est une forme rare de la mort (un décès sur mille). Elle survient le plus souvent à la suite d'un traumatisme crânien ou d'un accident vasculaire cérébral, et conduit en quelques heures à la destruction progressive et définitive du cerveau. La personne en état de mort encéphalique est réellement morte.

La mort encéphalique est diagnostiquée après un examen clinique soigneux et approfondi, par deux médecins, qui constatent l'absence de tout fonctionnement cérébral. Ce diagnostic est complété par des examens para-cliniques : deux électroencéphalogrammes ou une radiographie des vaisseaux cérébraux (angiographie). L'ensemble de ces examens a été rendu obligatoire par le législateur (lois bioéthiques).

La mort encéphalique par sa brutalité est difficile à comprendre et à accepter par les proches puisque la personne décédée respire et a le cœur qui bat, ceci grâce aux techniques de réanimation.

Dans certains cas, une personne en bonne santé a la possibilité de donner un organe de son vivant. C'est le cas par exemple du rein, d'une partie du foie ou très rarement du poumon. Il est en effet possible de vivre avec un seul rein, une partie du foie (car c'est un organe qui se régénère rapidement) ou une partie des poumons.
Ce don n'est possible que si le donneur est majeur et très proche du receveur. Le texte de révision de la loi de bioéthique prévoit que le donneur ne peut être que : le père, la mère, le conjoint, le frère, la sœur, le fils, la fille, les grands-parents, l'oncle, la tante, le (la) cousin(e) germain(e), le conjoint du père ou de la mère, ou toute personne faisant la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec le receveur.

Les greffes de donneur vivant les plus fréquentes concernent le rein, le risque pour le donneur étant extrêmement faible. Elles présentent beaucoup d'avantages pour le receveur.

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Quelles sont les chances de succès d'une greffe de rein ?
Le taux de réussite d'une transplantation dépend de nombreux facteurs, comme le type de greffe (donneur vivant ou décédé), l'âge du donneur et du receveur, leur similitude tissulaire, le rang de la greffe, etc.

Les chiffres moyens sont les suivants (source : Rapport de L'EFG sur l'activité de Greffe en France en 2000) :
La survie globale du greffon rénal pour les 25659 malades ayant bénéficié d 'une greffe entre 1985 et 1999 est de 86,4% à 1 an, 72,1% à 5 ans et 54,9% à 10 ans avec une durée médiane de survie du greffon de 135,3 mois.

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Y a t-il un âge limite pour donner ou recevoir un rein ?
Il n'y a pas vraiment de règle en matière d'âge. Les greffes chez les jeunes enfants sont très bien maîtrisées. Dans l'autre sens, les personnes âgées de 80 ans, et plus parfois, peuvent prétendre selon certaines conditions à ce type d'opération. L'âge moyen des receveurs de rein augmente d'ailleurs régulièrement...

Pour les donneurs comme pour les receveurs, les médecins auront plus tendance à parler d'âge " biologique ", c'est à dire l'état de santé du patient et seuls des examens approfondis pourront permettre aux équipes médicales de se prononcer.

Qu'est ce qui fait qu'un greffon est "compatible" ?
Il existe trois critères principaux qui rendent une greffe possible :

  • La compatibilité ABO : Le groupe ABO doit être compatible avec celui du receveur (le groupe rhésus n'intervient pas). Les compatibilités ABO sont les suivantes :
Groupe ABO Peut recevoir un rein de groupe : Peut donner un rein à un individu de groupe :
O O O, A, B, AB
A A, O A, AB
B B, O B, AB
AB O, A, B, AB AB
  • La compatibilité tissulaire : Le donneur et le receveur peuvent avoir de 0 à 6 antigènes HLA en commun. plus ce chiffre est élevé, meilleur est le pronostic théorique de la greffe (moins de chances de rejet, traitement immunosuppresseur plus léger...). Cependant, les progrès réalisés en immunosuppression rendent ce critère de moins en moins primordial.
    Voir la rubrique Un peu d'immunologie pour plus de détails sur le système HLA.
  • Un crossmatch négatif : Le crossmatch est un examen qui est réalisé juste avant la greffe, et qui met en contact des échantillons de sérum du donneur et du receveur, afin de s'assurer que le second ne présente pas d'anticorps contre le premier. Si c'est le cas, la greffe ne peut avoir lieu, car l'organisme du receveur rejetterait le greffon.

Comment se déroule la transplantation en elle-même ?

Elle a lieu sous anesthésie générale, le greffon est placé habituellement dans la fosse iliaque (droite ou gauche) du receveur, l'artère et la veine rénale (prélevées avec le rein) sont suturées respectivement à l'artère et à la veine iliaque. L'uretère est relié directement à la vessie. Voir la rubrique une greffe en images.

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Combien de temps dure l'opération ?
C'est variable, Cela peut aller d'environ une heure à trois heures ou plus, selon les difficultés rencontrées par le chirurgien.

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Le greffon fonctionne t-il immédiatement ?
Pas dans tous les cas. Il arrive que le rein ne produise pas d'urine pendant plusieurs jours voire plusieures semaines après l'opération. Il faut alors avoir recours à la dialyse, le temps que le greffon "se mette en marche".

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Les reins malades du greffé sont-ils retirés ?
En général, ils sont laissés en place. Il peut éventuellement être nécessaire de les enlever dans certains cas, par exemple s'ils sont une source d'infection chronique.

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Quelles peuvent être les complications d'une transplantation  ?
Elles sont de plusieurs ordres, on peut principalement citer :

  • le rejet, aigu ou chronique
  • les problèmes post opératoires liés à l'élimination des urines ou à une mauvaise perfusion du greffon
  • les problèmes liés aux effets secondaires du traitement anti-rejet, notamment :
    • Les infections, par exemple les infections urinaires ou pulmonaires, liées à l'immunossuppression
    • L'hypertension artérielle
    • Le diabète
    • Un taux de cholestérol élevé
    • Un risque accru de cancer

     

    Plus d'informations sur les complications sur le site de la Formation Francophone en Néphrologie

Qu'est ce que le rejet  ?
L'organisme possède un mécanisme de défense appelé système immunitaire, qui le protège contre toute substance étrangère, comme les bactéries ou les virus. Le système immunitaire du transplanté va identifier le greffon comme un corps étranger et se défendre en le détruisant. C'est ce mécanisme qui est appelé rejet.

Il peut être combattu avec les médicaments immunossuppresseurs (ou encore anti-rejet), mais la possibilité d'un rejet n'est jamais complètement éradiquée. L'organisme ne s'adapte pas au greffon, et le greffon ne change pas pour se faire accepter par l'organisme… Néanmoins, la période la plus critique se situe durant les 6 premiers mois post-greffe.

Il existe plusieurs types de rejets :

  • Le rejet hyper aigu, qui survient très rarement et entraîne la perte du greffon dans les heures ou les jours qui suivent l'intervention.
  • Le rejet aigu, qui a lieu le plus souvent au cours de la première année post transplantation, et se traduit par une diminution soudaine de la fonction rénale. Il est parfaitement réversible lorsqu'il est détecté et traité à temps.
  • Le rejet chronique, qui apparaît plus discrètement et à plus long terme, et se traduit par une diminution progressive de la fonction rénale. Son mécanisme n'est pas encore connu et il n'existe pour le moment aucun traitement pour y mettre un terme, il conduit irrémédiablement à la perte du greffon.

    Plus d'informations sur le rejet sur le site de la Formation Francophone en Néphrologie

Comment lutte t-on contre le rejet  ?
Les médicaments immunosuppresseurs ont pour objectif d'abaisser le système immunitaire des transplantés et de le rendre incapable de détruire le greffon. Plusieurs types de médicaments sont désormais disponibles. La plupart du temps, c'est une combinaison de plusieurs médicaments qui est utilisée.

Plus d'informations sur les immunosuppresseurs sur le site de la Formation Francophone en Néphrologie

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Pendant combien de temps les greffés doivent-ils prendre des médicaments anti-rejets ? 
Aussi longtemps que leur greffon fonctionne. Dans la mesure où l'organisme ne reconnaîtra jamais le greffon comme une partie de lui-même, le rejet peut intervenir n'importe quand, même des années après la greffe.

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Les anti-rejets ont-ils des effets secondaires  ?
Tous les médicaments immunossuppresseurs ont de multiples effets secondaires. Le principal est sans doute une sensibilité accrue aux infections et au développement de cancers (puisque le système immunitaire devient trop faible pour les combattre normalement). Plusieurs anti-rejets sont également et paradoxalement néphrotoxiques, c'est à dire qu'ils peuvent endommager le greffon.

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Que se passe t-il en cas de perte du greffon ?
Dans ce cas, le malade retourne en dialyse.
Le greffon n'est enlevé que si c'est indispensable, ce qui n'est en général pas le cas.
Une nouvelle greffe peut souvent être envisagée.

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Dans quel cas une greffe par donneur vivant est-elle possible  ?
De nombreux critères entrent en jeu, en premier lieu la disponibilité d'un donneur. En France, il ne peut s'agir que d'un ascendant, descendant ou collatéral ou encore du conjoint en cas d'urgence uniquement. Cette liste pourrait être élargie avec la révision des lois de bioéthique. Voir la rubrique Donneurs Vivants.
Ensuite il faut vérifier la compatibilité du donneur avec le receveur (bien qu'avec les progrès réalisés dans le domaine de l'immunossuppression, cet aspect a perdu de son importance). Si la greffe est envisageable, le donneur doit se soumettre à une batterie d'examen destinés à s'assurer qu'il est en parfaite santé et que ses deux reins ne présentent aucune contre-indication à la greffe. Il devra également être informé des risques qu'il encourra.

Pour aller plus loin

"La transplantation rénale" sur le site de la Formation Francophone en Néphrologie

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Qu'est ce que l'hyper-immunisation ?

L'organisme humain est capable de fabriquer des anticorps spécifiques contre les antigènes HLA provenant d'autres personnes. Cela peut se produire dès qu'il est en contact avec ces antigènes étrangers, par exemple lors d'une transfusion sanguine, d'une grossesse, ou d'une transplantation antérieure.

Le niveau de sensibilité d'un individu est mesuré en mettant en contact un échantillon de son sérum sanguin avec des lymphocytes provenant de différentes personnes, et en examinant combien d'entre eux provoquent une réaction.
Il est exprimé en pourcentage.
Si ce chiffre est élevé, il peut être difficile de trouver un organe compatible pour la transplantation, puisqu'il ne devra pas provenir d'un donneur contre lequel le malade a des anticorps. Un tel greffon serait systématiquement rejeté.

En France, environ 10% des malades inscrites sur la liste d'attente sont hyperimmunisés. Ils bénéficient d'une priorité au niveau national pour l'attribution d'un organe compatible. Cependant, il doivent très souvent attendre longtemps un rein qui puisse leur convenir.

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Témoignage : de la dialyse à la transplantation
 
 
 
 
 


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