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Une
histoire de mycose
Je suis embêté depuis plusieurs années
par une petite mycose que mon médecin n'arrive
pas traiter. Au fur et à mesure de ses tentatives
infructueuses j'ai fini par développer une réaction
allergique cutanée à toute forme de traitement.
Mon médecin ne s'avouant pas vaincu finit par
me prescrire un traitement au Roaccutane.
Ce traitement nécessite une surveillance du taux
de cholestérol. C'est donc l'occasion de faire
un bilan sanguin complet, le dernier devant remonter
à 1973, l'année de mes oreillons
Quelques jours plus tard, je consulte avec mes résultats
d'analyse que je n'ai même pas pris la peine de
regarder, sûr de ma forme physique de sportif.
C'est la tête du médecin qui sera pour
moi le premier indicateur du contenu de l'enveloppe
! Je suis dans le rouge partout !
Créatinine à135mmol, urée hors
limite, acide urique, cholestérol, triglycérides
font un joyeux coktail.
On me dit que j'ai les reins fatigués, que c'est
limite (on ne me dit pas limite de quoi d'ailleurs)
et qu'il faut envisager une mise sous diurétiques
si ça ne s'améliore pas. Un rapide bilan
de mon régime alimentaire montre qu'il est déséquilibré
et trop riche. Je dois redresser la barre (la barre
chocolatée aussi
). Il faut aussi que j'arrête
la musculation (débile non ?).
De
retours à la maison je décortique mon
analyse avec l'aide de mon encyclopédie médicale
et des bouquins de physiologie qui me servent à
préparer mes examens de plongée sous-marine.
Je ne tarde pas à tomber sur le chapitre de la
dialyse et le contenu n'est pas fait pour me rassurer.
Le poids des mots et le choc des photos me coupent les
jambes.
Il va vraiment falloir que j'arrive convaincre mon père
d'arrêter les steaks aux ufs, les andouillettes
frites et le reste.
C'est beaucoup moins facile à faire que je ne
l'aurai cru
.
Réflexion
faite, je trouve aussi que je ne fais pas beaucoup "pipi"
! Et puis j'ai les urines foncées et troubles.
MERDE !
Ironie
du sort, nous recevons la visite d'Eric, un voisin.
Il nous annonce qu'il a le moral à zéro,
il est dialysé depuis le début de la semaine
suite à une insuffisance rénale aigüe
et
le deuxième coup au moral coupe le poil avant
qu'il ne se rétracte.
Trois
mois plus tard, nouvelles analyses (stress
). Ca
n'a pas beaucoup changé
Seul l'acide urique
a daigné faire un effort, mais qui reste néanmoins
très modeste, trop modeste
La mycose est passée au second plan dans le cabinet
médical !
Bizarrement, on ne me prescrira pas la sacro-sainte
clearance de la créatinine.
On poursuit le régime, j'échappe aux diurétiques.
De
ma propre initiative, je me mets à boire beaucoup,
je mange des nouilles sans beurre, du riz sans beurre,
parfois aussi des nouilles ou du riz. Je bois des litres
d'eau, je fais du sport (pas de musculation hein, faisez
pas les cons
).
J'ai l'impression que la diurèse s'améliore
mais je pisse toujours trouble (cristaux d'urate). Je
sens que mes reins "travaillent". Ca picote,
ça tiraille, ça se contracte aussi, bref
c'est bizarre. J'ai l'impression d'être un évier
qu'on débouche au destop.
Deux
mois plus tard, je brandis mes analyses comme un trophée
sous le nez de mon généraliste. Tout est
revenu dans une zone normale. La créatinine est
revenue à 115 µmol et "va continuer
à baisser". Contrôle dans un an. Le
moral remonte, je pars en vacance avec des potes faire
de la plongée sur la Côte Basque.
C'est de l'histoire ancienne, à moi les plongées
profondes sans arrières pensées (presque
).
La phase poitevine
Un an et demi plus tard, je suis en DESS de droit à
POITIERS. Il est peut être temps de faire les
analyses de contrôle. J'entre dans le cabinet
le médical le plus proche de ma "chambrine"
d'étudiant afin de faire l'ordonnance. J'ai droit
à un sourire en coin du jeune médecin
qui à l'évidence me prend pour un hypocondriaque.
Je peux néanmoins faire les analyses. L'angoisse
est à nouveau présente.
Et
hop, c'est reparti les conneries, 16 mg pour la créatinine
qui n'a pas continué à baisser. Pour le
reste c'est bon.
Le médecin me regarde en coin (il sourit moins)
et me prescrit une clearance de la créatinine.
La clearance est à 100ml. C'est pas terrible
compte tenu de mes caractères physiques. Beaucoup
de cristaux d'urate aussi (toujours).
Je suis néanmoins renvoyé dans mes foyers.
Tout le reste est bon ! D'ailleurs le taux de créatinine
ne justifie "des examens complémentaires
qu'à partir de 20 ou 25 mg" (!). Alors t'as
qu'à voir, 16 mg
Je fais de l'dème autour des yeux le matin
(surtout le droit qui me donne l'impression d'être
bloqué), mais je n'ai pas d'avis sur ce point
particulier (on s'inquiète entre 20 et 25 mg
de créat. c'est bien connu.).
Je
me marie, je décroche mon DESS. De retour à
Paris, je profite des quelques mois qu'il me reste avant
d'être appelé sous les drapeaux pour faire
de nouvelles analyses.
La créatinine ne diminue pas, quoi que je fasse.
Mon alimentation est équilibrée depuis
que j'ai échangé la cuisine de mon père
contre celle de ma femme.
Mon nouveau médecin traitant parisien m'envoie
à l'hôpital Broussais pour investigations
complémentaires. Je fais l'examen prescrit par
le néphrologue au service "ana-path"
et je n'aurai plus de nouvelle de cet hôpital
ni des résultats.
Départ
sous les drapeaux
(
..)
Retour de dessous les drapeaux, je suis enfin un homme
accompli. J'ai découvert l'oisiveté, je
vais devoir redécouvrir le travail.
Depuis
septembre 1995
Je
travaille comme un fou depuis quelques mois dans un
cabinet de syndic de copropriété. Je suis
finalement remercié après une période
d'essai éternellement reconduite. Je m'effondre
comme une loque hypertendue. Des semaine à plus
de 60 heures ont eu raison de ma santé et de
mon calme. J'en profite pour faire un bilan sanguin
(c'est désormais dans les murs) et un bilan
professionnel. La créatinine est à 15
mg, l'acide urique a bien monté. Rien de pire.
J'ai gardé l'habitude de beaucoup boire pour
éliminer et je surveille l'alimentation. C'est
devenu une habitude. Bonne nouvelle la clearance est
remontée dans la normale.
Je vis mon non-emploi (terme à la mode à
l'époque) du mieux possible.
Après
un an et demi de chômage (euh
non-emploi)
je rentre dans le service sinistres responsabilité
civile et construction d'une petite compagnie d'assurance.
Le CDD est transformé en CDI, on achète
un pavillon dans le 94 et on emménage début
1997.
(
plus d'analyses passque y en a marre
)
(
je bricole
dans le pavillon
..)
Eté
1999
Nous attendons le coup de fil qui nous permettra de
partir au Chili chercher les enfants que nous adoptons.
Je suis épuisé, perclus de crampes, de
contractions musculaires, ça me démange
sur les bras et j'ai le dos, les cuisse et les mollets
qui se contractent parfois tout seuls. J'ai le tour
des yeux qui gonfle à nouveau le matin. J'ai
aussi la gerbe toute la matinée. Surtout, je
suis épuisé et au bord du malaise. Le
plus dur, c'est de se lever. Après je suis comme
un vélo, c'est la vitesse qui me permet tenir
debout
Je ne consulte pas, je ne veux aller chercher mes gosses
d'abord.
Le
24/08/1999, c'est enfin le départ de Roissy.
J'ai le cur au bord des lèvres, je suis
crevé. Je dors pendant pratiquement tout le vol
c'est à dire 17 heures. Euh
non, 20 heures
en fait car le pilote a fait un crochet par Brazilia,
un passager est mort pendant le vol (!).
Retour
mi-septembre avec nos marmots (ils sont beaux !).
Ca va un peu mieux et je reprends du poil de la bête.
Je consulte, analyses sanguines, clearance et tout et
tout. Rien n'a changé globalement sinon que le
calcium a baissé et l'acide urique a crevé
le plafond. Bien que je boive beaucoup (toujours
)
les urines sont acides et concentrées. La clearance
à baissé mais reste en zone normale. On
évoque une mononucléose désormais
guérie sans autre initiative.
Printemps 2000
Nouvelle crise de crampes et de contractions musculaires,
ça gratte aussi mais cette fois je ne suis pas
épuisé. Nouvelles analyses, mon médecin
décide de me surveiller de près. La clearance
a encore un peu baissé. La créatinine
est stable à 116mmol. L'acide urique a encore
augmenté. Je suis mis sous zyloric 300. J'ai
un calmant pour les crampes et contractions. J'oublie
vite fait ce dernier qui me fusille littéralement
Eté 2001
Pas de vacances, j'ai changé de Compagnie d'Assurance.
J'affronte un nouvel été d'épuisement,
de crampes, de contractions et démangeaisons.
Tu vois "vidé" ? Et bien c'est pire
! Mes jambes tremblent et sont molles. Je m'accroche
dans mon nouveau travail. Je suis tellement fatigué
que j'en ai les bras qui tremblent, comme un vieux !
La diurèse diminue et pourtant je bois beaucoup.
D'ailleurs si j'insiste un peu sur les liquides, j'ai
le cerveau qui s'embrouille et je "gatouille".
Je consulte fin août.
Les analyses montrent une créatinine qui a légèrement
augmenté et une clearance qui a diminué
de 20 ml. Le médecin me prescrit des remontants.
J'ai des maux de têtes alors que je ne suis pas
sujet aux migraines. Je me traîne jusqu'en décembre
en récupérant peu à peu. Le moral
remonte à mesure que le physique surmonte.
Fin décembre 2001
Je me plaignais de ne pas pisser assez, et bien depuis
quelques jours je me rattrape ! Je me lève plusieurs
fois par nuit, j'arrive en courant au boulot direction
le petit coin. J'ai l'impression qu'un expresso me fait
uriner un litre. Fait nouveau, ça mousse comme
du produit vaisselle !
J'ai aussi de l'dème autour des yeux pendant
la matinée. J'évite la bouteille, je pisse
décidément trop.
Je
consulte et je fais des analyses.
Clearance de la créatinine pour le réveillon
du jour de l'an et protéinurie des 24 heures.
Bonne année !
La créatinine est passée un peu en dessous
de 14 mg, par contre la clearance a légèrement
diminué. Elle reste néanmoins dans la
zone dite normale, mais limite (tiens ça me rappelle
quelque chose). Pas de protéines ni de sang dans
les urines, c'est un bon point.
Le médecin m'indique une glomérulonéphrite,
j'en prend mon parti et je rattrape le réveillon.
Eté 2002
Mauvais goût dans la bouche, maux de tête,
parfois nausée et/ou troubles digestifs.
Je consulte mon ancien médecin parisien pour
renouveler le zyloric. Direction HGP pour avis néphrologique
dès septembre. Mes symptômes ressembleraient
à ceux d'une IRC.
Je
m'informe sur internet où j'apprends beaucoup
sur l'IRC. Je découvre le site de Claude avec
qui j'entre en contact par e-mail. Ca fait toujours
plaisir d'être compris !
Néphrologie 2002, le retour de la mission
Le néphrologue n'est pas affolé par mes
analyses que "l'on dira presque normales".
Le diagnostic de mononucléose de 1999 est néanmoins
mis en doute
(ah?)
Je dois faire une écho et une radio des reins
avec produit de contraste. Je n'avais encore jamais
fait pipi devant une dame que je connaissais pas, ce
sera une première !
Les
radios révèlent une hypertrophie à
droite (j'ai le rein droit joufflu à l'intérieur
).
RDV est pris avec le néphrologue pour dans 18
mois avec analyses une fois par an et une échographie
avant la prochaine consultation.
D'ici là, "vivez tranquillement" (dixit).
Il semblerait que je présente finalement une
IRC latente ou débutante et bien compensée.
Il
n'y a pas à s'affoler, j'ai tout le loisir de
m'informer
sur le net
Je découvre le site de Thierry et un peu plus
tard le site d'Yvanie.
Prochaines
analyses début 2003.
En attendant, sport et régime équilibré.
J'ignore autant que faire se peut les périodes
de crampes, de maux de têtes, de mauvais goût
dans la bouche et parfois de fatigue. L'IRC même
latente ou bien compensée n'est pas forcément
si silencieuse que ça
(to be continued, le plus tard possible
.)
JAXOM
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