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Les prélèvements à cœur arrêté Maastricht 3 démarrent enfin en France

Mis à jour le mercredi, 24 septembre 2014 05:37 - Écrit par Yvanie le mercredi, 24 septembre 2014 01:44

La pratique du prélèvement chez les patients "à cœur arrêté" en France est restée à ce jour marginale, avec seulement une cinquantaine de donneurs de ce type prélevés chaque année… Ce faible développement est notamment lié à l’exclusion, jusqu'à présent, des donneurs de type "Maastricht 3". Il concerne des personnes décédées en réanimation, suite à un arrêt cardiaque consécutif à un arrêt des thérapeutiques actives, dans le cadre de la loi Léonetti. 

Dans d’autres pays, ces donneurs sont pourtant devenus une source importante de reins à greffer. Ils ont représenté en 2013 50% des greffons rénaux aux Pays bas, 45% au Royaume-Uni, 19% en Belgique et 10% en Espagne (jusqu'à 40 % à Madrid)...

Renaloo réclame de longue date cette évolution, qui est aussi une des propositions des Etats Généraux du Rein.

Après près de dix ans de procédures législatives, de protocoles et de réflexions, l’Agence de la biomédecine vient d’annoncer le démarrage de ces prélèvements en France.

Un protocole particulièrement rigoureux a été établi et une expérimentation sur quelques centres va précéder leur généralisation. Seuls les reins sont concernés. L’Agence prédit que cette nouvelle source de greffons pourrait permettre d’augmenter de 10 à 20% le nombre de transplantations rénales réalisées chaque année. Il s'agit donc d'une réelle bonne nouvelle pour les patients en attente de greffe.

Parmi les difficultés qui ont ralenti l'arrivée de ce programme en France, des questions éthiques : y a t-il un risque d'accélérer l’arrêt des soins pour pouvoir prélever ? De précipiter artificiellement l'arrêt du coeur, inévitable ? 

L'Agence de la biomédecine a précisé que les activités de réanimation et celles de prélèvement en France restent bien distinctes. La décision d’arrêt des soins relève uniquement du service de réanimation, selon le principe de collégialité, en consultant la famille et les proches. Ce n’est que dans un deuxième temps que la question du don d’organes se pose. Alors seulement, on aborde les proches pour connaître la volonté du patient.

> Plus d'infos sur les reins prélevés sur des donneurs à coeur arrêté