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travailler avec la dialyse ou la greffe, un défi ? les résultats d'une grande enquête...

Mis à jour le dimanche, 13 septembre 2015 04:49 - Écrit par Yvanie le mercredi, 29 avril 2015 05:34

« Mes employeurs m’ont permis d’aborder ma transplantation sereinement d’un point de vue professionnel »

Vous avez été greffée en 2012, quel a été votre parcours ?

A l’âge de 7 ans, j’ai eu un purpura rhumatoïde qui a nécessité plus de 2 mois d’hospitalisation. La conséquence a été une atteinte rénale modérée. J’ai donc été surveillée mais à 18 ans, la dégradation de mes reins a été subite. Cela a duré une dizaine d’années. Lorsque les reins ont été dans un état critique, on a commencé les tests et ma mère était compatible.

J’ai donc reçu un de ses reins en janvier 2012, sans passer par la dialyse. Le début de la transplantation a été un peu compliqué avec une hausse de créatinine et 5 biopsies en 6 mois. J’aurais également eu un petit rejet un an et demi après la transplantation et ai du changer plusieurs fois de traitement antirejet, mais dans l’ensemble tout se passe bien et j’imagine que ce sont les aléas de beaucoup de greffés. Je suis également devenue maman d’une petite fille il y a 4 mois.

Côté professionnel, comment avez-vous vécu votre insuffisance rénale ?

Je suis comptable dans un cabinet depuis 10 ans, j’ai fait mon apprentissage dans cette entreprise et y suis restée depuis. Ma santé n’a pas eu d’impact sur mes études ni sur mon parcours professionnel jusqu’au moment de la transplantation, je n’en ai donc jamais parlé à mes employeurs avant.
Lorsque j’ai su que j’allais être transplantée, 3 mois avant la greffe, je leur ai simplement mentionné que mes reins s’étaient dégradés, sans leur expliquer tout mon parcours.

Ils se sont montrés compréhensifs : ils ont tout fait pour que cela se passe bien pour moi, pour m’éviter un stress vis-à-vis de mon emploi, ce qui est important pour se remettre. Nous nous sommes organisés pour que la passation des dossiers se fasse sereinement, personne ne m’a remplacé et mes collègues se sont dispatchés le travail. Cela m’a permis de ne pas avoir de poids et de me concentrer uniquement sur mon rétablissement. Ils m’ont donné le temps dont j’avais besoin, j’ai repris à mi-temps, à mon rythme.

Est-ce que cela vous a pénalisé en termes financiers ou pour votre carrière ?

Grâce au système de prévoyance de l’entreprise, mon salaire a toujours été maintenu à 100 %, je n’ai donc eu aucune perte de revenus. Malgré mon absence de 6 mois, on m’a tout de même octroyé une partie de la prime annuelle, ainsi qu’une augmentation comme les précédentes années. Quant à mon poste, j’ai retrouvé exactement le même, avec les mêmes dossiers : c’est comme si rien ne s’était passé, on peut difficilement faire mieux !

Je suis consciente que la situation n’est pas toujours aussi idéale, mais je veux montrer que certains employeurs sont bienveillants et humains.

Est-ce que la maladie impacte votre vie sur d’autres aspects ?

Oui, avec mon conjoint, nous cherchons à acheter une maison et on sait que ma maladie va être un obstacle, c’est clair et net.
Je suis également pénalisée en termes de voyage, car je les redoute. Le seul voyage qu’on a fait, depuis la greffe, était en Irlande et j’ai passé 2 jours à l’hôpital. Ca n’est probablement pas lié à ma greffe mais je suis beaucoup plus stressée qu’auparavant.

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