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Le don d’un rein n’influe pas sur la santé : Fonction rénale et qualité de vie préservées

Mis à jour le mardi, 07 juillet 2009 12:34 - Écrit par Yvanie le mardi, 07 juillet 2009 12:34

Une vaste enquête menée aux États-Unis, sur le long terme, montre que vivre avec un rein unique n’altère ni la durée de vie ni l’état de santé du donneur.

Que répondre à la question angoissée d’un patient sur son avenir alors qu’il envisage de donner un rein à un proche ? Simplement ce que notent Hassan N. Ibrahim et coll. (Minneapolis, États-Unis) en conclusion de leur article « Nos résultats indiquent que l’espérance de vie d’un donneur de rein est similaire à celles de personnes qui n’en ont pas donné. »

Le risque d’insuffisance rénale terminale ne semble pas majoré parmi les donneurs et leur état de santé apparaît similaire à celui de la population générale. En outre leur qualité de vie est excellente. Une probable conséquence directe du bilan systématique réalisé chez les sujets, au moment du don, orienté tout particulièrement vers le rein. Les études antérieures ont souvent conclu de façons divergentes sur ce thème. Essentiellement, aux yeux des auteurs, en raison des faibles nombres de participants. Dès lors, pour donner plus de puissance à leur travail, ont-ils analysé les dossiers de 3698 donneurs de rein, retenus entre 1963 et 2007. Ils ont ajouté à partir de 2003, pour 255 d’entre eux, la mesure de la filtration glomérulaire, l’albuminurie, la recherche d’une HTA, l’appréciation de l’état général et de la qualité de vie. Filtration glomérulaire dépassant 60.

Au cours du suivi la plupart des participants avaient une filtration glomérulaire dépassant 60 ml/min/1,73 m2. Seulement 12,7 % avaient une albuminurie et aucun de ces derniers n’avait une filtration glomérulaire inférieure à 45. Dans le sous-groupe de 255 sujets, 12,2±ans après le don, 85,5 % avaient une filtration glomérulaire à 60 ml/min/1,73 m2, 31,2 % une HTA et 12,7 % une albuminurie. Très rassurante aussi la fréquence de la modification de la filtration rénale qui n’augmente pas avec le temps. De même pour la prévalence de l’hypertension artérielle ou de l’albuminurie qui demeure similaire à celle de témoins appariés, même 20 ans après le don.

Les auteurs expliquent que la néphrectomie unilatérale est suivie d’une augmentation de la filtration du rein restant d’environ 70 %. Compensation d’autant plus élevée que le donneur est jeune. Ils estiment que les causes de déclin de la fonction du rein restant sont les mêmes que celles de la population générale : un âge élevé, une surcharge pondérale. Le délai depuis le don n’influe pas. H.N. Ibrahim et coll. précisent, cependant, que des cas de défaillance terminale du rein unique ont été décrits, mais demeurent isolés. Cette étude connaît quelques limites. De fait, elle ne regroupe qu’une infime partie de tous les donneurs de rein, ce qui semble logique ; surtout elle n’a pas de groupe contrôle idéal (des parents donneurs potentiels). Elle ne regroupe que des sujets encore en vie. Enfin, la plupart des participants sont caucasiens, alors que 14 % des donneurs américains ne le sont pas. « La survie et le risque d’insuffisance rénale… apparaissent similaires à ceux de la population générale. La plupart des donneurs étudiés avaient une fonction rénale préservée, une excrétion d’albumine normale et une excellente qualité de vie » concluent les chercheurs américains.

Dr GUY BENZADON New England Journal of Medicine, vol 360, n° 5, pp.459-469.

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