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L'Académie de médecine émet des recommandations pour réduire la pénurie d'organes

Mis à jour le dimanche, 04 avril 2004 12:38 - Écrit par Yvanie le dimanche, 04 avril 2004 12:38

26 mai 2004, Académie de Médecine

TRANSPLANTION DES ORGANES

Christian CABROL
Malgré l'augmentation des prélèvements d'organes pour les greffes dans notre pays, le nombre de greffons disponibles reste insuffisant puisque, chaque année, plus de deux cents personnes meurent en attente de greffe.

La réduction de cette pénurie serait rendue possible par :

  • L'assouplissement des règles de sélection des donneurs
  • La possibilité de recourir à des donneurs à cœur non battant
  • L'élargissement du recours au donneur vivant
  • La réduction de la lenteur des procédures administratives et de la complexité des processus décisionnels qui sont aujourd'hui des obstacles à une nécessaire amélioration.

C'est pourquoi après une analyse approfondie des raisons de cette pénurie, il apparaît à l'Académie nationale de médecine qu'une amélioration de la filière décisionnelle est indispensable afin que l'Etablissement Français des Greffes voie dans ce domaine son action facilitée.

Elle met ainsi l'accent sur la nécessité de modifier le Décret du 9 octobre 1997 (relatif à la Sécurité sanitaire du greffon) qui en l'état, freine l'accès au greffon et par conséquent ne permet pas de sauver la vie de nombre de malades en attente de greffe.

Note explicative au communiqué sur les greffes d'organes

Ce que signifie l'assouplissement des règles de sélection des donneurs

Le décret du 9 octobre 1997 relatif à la sécurité sanitaire du greffon, énumère les infections qui contre indiquent sa transplantation chez un receveur. Le décret laisse cependant, au médecin, la possibilité de déroger à certaines contre indications et d'accepter un greffon quand le risque de contamination encourue par le receveur est jugé secondaire et curable en regard du risque vital dont le receveur est menacé par sa propre maladie. Mais il ne le permet pas pour toutes. C'est ainsi par exemple que si le dépistage de la syphilis chez le donneur doit rester obligatoire (par un seul test au lieu de 2), son existence ne devrait pas interdire la greffe étant donné que le traitement de la syphilis est bien établi et efficace. De même que pour les hépatites B et C si le receveur est immunisé avant la greffe et que son pronostic vital est engagé.
Ce que sont les donneurs à cœur non battant
Ce sont des sujets victimes d'un arrêt cardiaque irréversible, ayant également entraîné la destruction du cerveau, mais dont les autres organes n'ont pas encore subi d'altérations liées à l'interruption circulatoire. La tolérance à cette " ischémie chaude ", variable selon les organes, autorise, dans des conditions favorables, c'est à dire la possibilité de placer sans délai une sonde de refroidissement chez le défunt, le prélèvement de certains de ces tissus ou organes, les reins en particulier..
Ce qu'on entend par élargissement du recours au donneur vivant
Ce serait d'autoriser le don d'un rein, d'une partie du foie ou du poumon, par des personnes n'appartenant pas au cercle familial du receveur.
Ce que veulent dire les lourdeurs administratives et décisionnelles
Quand le Conseil Médical et Scientifique de l'Etablissement Français des Greffes après consultation de ses experts qualifiés veut établir ou modifier les règles sanitaires d'un prélèvement d'organe, ses conclusions doivent être acceptées par le Conseil d'Administration de l'Etablissement Français des Greffes, première cause de retard dans la décision. Le Conseil d'Administration transmet à son tour son avis à la Direction Générale de la Santé, au Ministère de la Santé qui adresse cet avis à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, (AFSSAPS ). Celle ci à son tour soumet cet avis à ses groupes de travail, avant de rendre ses conclusions au Ministère. Le délai décisionnel peut ainsi atteindre 4 ans.
Ces délais ont été en partie responsables à la fin de l'année 2002 d'un taux de décès en liste d'attente de 27% pour la greffe pulmonaire, de 16,7% pour la greffe du cœur, et 11,3% pour la greffe du foie.
Il s'avère donc indispensable et urgent de simplifier cette filière décisionnelle et de modifier le décret du 9 octobre 1997.

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