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Des propositions de l'Académie pour les greffes : Elargir le recours au donneur vivant

Mis à jour le dimanche, 04 avril 2004 12:38 - Écrit par Yvanie le dimanche, 04 avril 2004 12:38

27 mai 2004, Le Quotidien du Médecin

Les membres du groupe de travail « Transplantation » de l'Académie de médecine font des propositions pour faire face à la pénurie d'organes. Ils proposent en particulier l'élargissement du recours au donneur vivant.

LA PENURIE de greffons entraîne le décès de deux cents personnes chaque année en France. Des morts qui seraient tout à fait évitables. L'Académie de médecine a mis en place un groupe de travail, qui fait un certain nombre de propositions pour pallier le manque de greffons.
Depuis la fin des années 1980, où la situation de pénurie est devenue alarmante, des efforts de sensibilisation du public ont convaincu une grande partie de l'opinion. Il reste qu'il faut toujours obtenir le témoignage de la famille.
Pour le Pr Christian Cabrol, pionnier de la greffe cardiaque en Europe, il faut poser le problème autrement : « Plutôt que demander l'accord de la famille, il vaudrait mieux lui demander si le défunt lui-même avait manifesté un refus du don d'organes. » Autre piste suggérée par le groupe de travail de l'Académie : l'élargissement du recours aux donneurs à cœur non battant : « La tolérance à cette ischémie chaude variable selon les organes autorise, dans des conditions favorables, c'est-à-dire la possibilité de placer sans délai une sonde de refroidissement chez le défunt, le prélèvement de certains de ces tissus ou organes, les reins, en particulier. »

Les donneurs vivants devraient aussi être davantage utilisés, selon l'Académie. « La demi-vie d'un organe est de douze ans s'il est prélevé sur un cadavre et de vingt ans pour un donneur vivant », précise le Dr Olivier Bitker (chirurgie urologique, Pitié-Salpêtrière). Le perfectionnement de ces techniques a considérablement réduit le risque pour le donneur. Il est surtout d'ordre péri-opératoire, mais ne doit pas pour autant être occulté. On a compté en Europe quatre décès de donneurs pour s!x cents transplantations hépatiques. Afin d'éviter la commercialisation des organes, la loi fixe très strictement la possibilité de dons à la famille directe : parents, grands-parents, enfants, fratrie et époux.

L'Académie souhaite un recours, comme dans la plupart des pays d'Europe, à la famille plus élargie : oncle, tante, cousin, beau-frère et belle-sœur, notamment. Elle propose également une solution originale : la possibilité de dons croisés entre familles. Un patient en attente d'un organe n'a dans sa famille aucun parent compatible, alors que ce parent est compatible avec un patient d'une autre famille. On pourrait alors imaginer que l'organe du donneur de la famille A soit transplanté au patient de la famille B, et inversement. « C'est une situation que nous voyons fréquemment dans les services, puisque la première contre-indication pour le foie est l'incompatibilité de groupe sanguin. On restera avec ces dons croisés dans l'esprit de la loi », plaide le Pr Henri Bismuth, spécialiste de transplantation hépatique (Paul-Brousse, Villejuif).

L'Académie souhaite également un assouplissement des règles de sélection des donneurs. En effet, le décret du 9 octobre 1997 relatif à la sécurité sanitaire du greffon énumère les infections qui contre-indiquent sa transplantation chez un receveur. « Il faut comparer le risque infectieux avec le risque vital en l'absence de greffes. De plus, il existe aujourd'hui des infections guérissables qui n'ont pas été prises en compte par le décret », précise le Pr Cabrol. Par exemple, le dépistage de la syphilis doit rester obligatoire, mais son existence ne devrait pas interdire la greffe, selon l'Académie, car le traitement de la syphilis est bien établi et efficace. De même que pour les hépatites B et C, si le receveur est immunisé avant la greffe et que son pronostic vital est engagé. Enfin, l'Académie dénonce les lourdeurs administratives et décisionnelles. « Quand le conseil médical et scientifique de l'Etablissement français des greffes, après consultation de ses experts qualifiés, veut établir ou modifier les règles sanitaires d'un prélèvement d'organes, ses conclusions doivent être acceptées par le conseil d'administration, première cause de retard dans la décision. Le conseil d'administration transmet à son tour son avis à la direction générale de la Santé qui adresse cet avis à l'Afssaps*. Celle-ci à son tour soumet cet avis à ses groupes de travail, avant de rendre ses conclusions au ministère. Le délai décisionnel peut attendre quatre ans », explique le groupe Transplantation de l'Académie.

De façon beaucoup plus marginale, aux Etats-Unis, il existe des donneurs d'organes anonymes et gratuits appelés les « Bons Samaritains ». Il reste que ce type de générosité est très rare car il est beaucoup moins anodin de faire don d'un organe que de son sang.

VERONIQUE HUNSINGER

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