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Toujours plus, toujours mieux : Questions sur les greffes de tissus composites

Mis à jour le dimanche, 04 avril 2004 12:38 - Écrit par Yvanie le dimanche, 04 avril 2004 12:38

17 juin 2004, Le Quotidien du Médecin

LA MEDECINE peut-elle aussi être tentée par l'exploit et la recherche de prouesses techniques et/ou thérapeutiques. Exploits des techniques thérapeutiques médicales ou chirurgicales, mais aussi exploit concernant la recherche médicale. Mais soins et recherche doivent être soigneusement distingués. A-t-on le droit de limiter la recherche scientifique au nom d'une performance à venir critiquable ? ", s'interroge le Comité consultatif national d'éthique (Ccne) dans le chapitre consacré à la santé dans son avis sur la performance. Pour illustrer ce propos, les experts ont choisi de s'interroger sur le bien-fondé des expériences de greffes de tissus composites. Ces interventions constituent un bénéfice incontestable dans le domaine de la recherche sur l'immunotolérance d'un grand nombre de tissus (tendons, peau, cartilages, os, etc.). Pour le Ccne, " la question de la greffe de la main, du bras, de la jambe, voire de la face, pose toutefois des questions particulières. Certes, le désir de retrouver une fonction corporelle, la mobilisation d'équipes de qualité, le développement de la recherche en amont et en aval plaident en faveur de ce type d'activité. Elles n'en suscitent pas moins de sérieuses interrogations ". Le désir du patient de retrouver son intégrité, s'il est légitime, doit s'accompagner d'une information sur la nature et les risques inhérents au traitement immunosuppresseur qui reste indispensable. L'une des autres questions qui se posent tient à l'intérêt d'une performance thérapeutique dont les retombées naturelles en matière de connaissances sont importantes (pour les greffes de peau chez les brûlés, les connaissances sur la physiologie de la régénération nerveuse), mais dont les applications dans la vie quotidienne restent limitées. Enfin, les conséquences de l'implication des tiers doivent aussi être prises en considération. En effet, le risque de curiosité morbide et la recherche d'un contact entre la famille du donneur et le receveur ne peuvent être exclus. En outre, en raison du symbolisme social attaché aux mains, la question du consentement implicite ou explicite du donneur peut se poser. Pour le Ccne, " il conviendrait d'intégrer cette dimension dans les questionnaires des éventuels futurs donneurs ".

Le corps indéfiniment réparable ?

Pour conclure, les experts du Ccne soulignent que " la greffe des tissus composites pose la question du corps humain comme indéfiniment réparable (...) L'éthique est là aussi pour dire que la vie n'est pas uniquement la fonction (...) et que le respect de soi est inséparable du respect dû à autrui, à son corps, à son intégrité et à son unicité ".

Parfois critiquée pour les risques pris, l'équipe, réunie autour du Pr Jean-Michel Dubernard, qui a réalisé la première double allogreffe de main au monde ne regrette rien. La réussite de l'opération subie par Denis Chatelier, lourdement handicapé par l'amputation des deux mains en 1996, a été confirmée et plus d'une dizaine d'équipes dans le monde pratiquent ce type de transplantations. " La greffe de rein non plus n'est pas vitale, puisque les patients peuvent être dialysés, rappelait un spécialiste en immunologie. On peut donc mettre les greffes de tissus composites sur le même plan que les greffes rénales. "

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