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Emprunter quand on est malade, toujours une galère...

Mis à jour le jeudi, 26 avril 2012 12:14 - Écrit par Yvanie le dimanche, 11 mars 2012 02:14

Emprunter quand on est malade, toujours une galère...

Un an après le lancement d’une nouvelle version de la convention AERAS, censée faciliter l’accès des malades au crédit, le Parisien du 9 mars 2012 en dresse un bilan mitigé.

Le 1er mars 2011 entrait en vigueur la nouvelle convention AERAS, signée en grande pompe entre les organismes de Crédit (banques et assurances), les pouvoir publics et les associations de malades.

Objectif : mettre fin au parcours du combattant auquel se heurtent les personnes malades (ou ayant été malades) lorsqu'elles veulent souscrire un prêt immobilier notamment.

Après un an de négociations, un point essentiel semble être acquis. La garantie spécifique couvrant le risque invalidité été mise en place par tous les assureurs comme promis fin 2011. Du côté de Bercy que des associations de malades, on reconnaît l’effort des professionnels pour mettre sur pieds en six mois ce nouveau produit d’assurance. Attention cependant, elle n’est pas accessible à tous les malades et les refus restent fréquents…

En revanche, la prise en compte des progrès de la médecine par les compagnies d’assurances, ainsi que la simplification des démarches administratives, n’ont pas beaucoup progressé.

Il aura en effet fallut plus de dix mois pour créer la commission études et recherches, qui doit apporter des critères objectifs aux assureurs afin d'évaluer les risques médicaux et désigner son nouveau président (le Pr William Dab, ancien DGS).
Dans un avenir proche, celle-ci devrait enfin se pencher sur son premier sujet d'étude, les cancers.

Autre regret : l'harmonisation des questionnaires médicaux entre différentes compagnies d'assurances n'a pas encore abouti. Elle donne même lieu à des négociations fèroces entre assureurs et associations de patients. Jusqu'où les questions médicales doivent-elles remonter dans le temps ? Peut-on être forcé de déclarer une maladie toute sa vie, même en cas de guérison ? Autant de questions délicates sur lesquelles les assureurs ne semblent pas prêts à faire des compromis.

Caroline, 47 ans, dialysée, n'a pas pu assurer son prêt Immobilier
"J'ai essuyé trois refus, je suis amère"
Installés depuis trois mois à peine dans leur nouvelle maison, dans un village de l'est de la France, Caroline et son mari savourent enfin le fait d'être propriétaires, un rêve qui – en raison des ennuis de santé de Caroline - a bien failli ne jamais se réaliser.

"En remplissant les questionnaires médicaux des assureurs, je savais bien que ce n'était pas gagné. Mais j'ai préféré dire la vérité", explique cette fonctionnaire territoriale de 47 ans qui, tombée malade à l'âge de 23 ans, a déjà été transplantée à deux reprises.

Malgré des dialyses trois fois par semaine, cette femme courageuse exerce toujours son activité professionnelle à plein temps.
Souhaitant acquérir une maison avec son mari (3 000 € de revenus à deux), Caroline déposé son dossier auprès de trois compagnies d'assurances et essuyé trois refus.

"Je suis amère, dit-elle. Lorsqu'il s'agit de payer mes impôts, personne ne me demande si je suis malade. Mais alors que je travaille, que je gagne ma vie malgré mon traitement, les assureurs me mettent des bâtons dans les roues."

Résultat: le couple a finalement trouvé une banque pour leur prêter les 110 000 € nécessaires à l'achat, mais l’assurance de ce prêt ne porte que sur le mari de caroline.

Une situation très anxiogène. Que se passerait-il si Caroline perdait son travail par exemple? "J'aurais compris que l’on exige de moi une surprime. Pour devenir propriétaire, j'aurais accepté de payer jusqu'à 80€ ou 100€ par mois d'assurance - contre 40 € pour mon mari -, mais la réponse était toujours niet !" regrette Caroline.

En attente d'une nouvelle greffe, elle déplore l’excessive prudence des assureurs. "La convention Aeras, c'est bien sur le papier. Mais dans les faits, elle ne change pas grand chose."

Voir aussi le site officiel de la convention AERAS

D'après Séverine Cazes, le Parisien du 9 mars 2012

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