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dernière
mise à jour le 20/07/04
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Le point sur la révision des
lois de bioéthique...
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Le texte définitif a été
adopté le 8 juillet 2004.
La
loi n°94-654 du 29 juillet 1994 dite "de bioéthique",
relative au don et à l'utilisation des éléments
et produits du corps humain, à l'assistance médicale
à la procréation et au diagnostic prénatal,
a fixé le cadre juridique des activités de prélèvement
et de greffes que nous connaissons aujourd'hui.
En
juillet 1994, lorsque la loi a été votée,
il était prévu un réexamen de celle-ci
sous un délai de 5 ans. De nombreux décrets
d'application ont tardé à paraître, et
l'ensemble a pris du retard. Il faudra attendre juin 2001
pour que le projet de loi soit finalement proposé au
conseil des ministres et janvier 2002 pour qu'il soit voté
par le parlement, puis février 2003 par le Sénat,
avril 2003 par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée
nationale.
Dans
le contexte de pénurie d'organes que nous connaissons,
cette révision devrait pourtant permettre de nombreux
aménagements, en élargissant notament le cadre
du don entre vifs et en prévoyant des mesures susceptible
d'améliorer l'information du grand public sur le prélèvement,
dans le but de parvenir, à terme, à appliquer
stricto sensu le consentement présumé.
A
l'heure où cette révision prend des allures
de saga aux multiples rebondissements, cette rubrique tentera
de retracer au fil du temps ses avancées ainsi que
ses évolutions.
Voir
tous les textes successifs sur le site du Sénat
Voir
l'historique et la chronologie des lois de bioéthique
sur le site de la documentation française
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Juillet 2004 : Adoption
définitive du texte proposé par la commission
mixte paritaire  |
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La
seconde lecture au Sénat ayant modifié quelques
peu le texte adopté à l'Assemblée en
décembre 2003, une commission paritaire mixte a été
chargée de "trancher". Elle a donc proposé
un texte qui a été adopté par le parlement
et le Sénat les 8 et 9 juillet 2004.
Pour
ce qui concerne le domaine des greffes, les mesures suivantes
constituent donc la version définitive de cette révision
de la loi de bioéthique :
- Sur
la Grande Agence de Biomédecine
La
création de l'agence de biomédecine est entérinée,
à partir de l'actuel Etablissement français
des greffes. La compétence de la nouvelle agence s'étend
aux domaines de la greffe, mais aussi de la reproduction,
de l'embryologie et de la génétique humaines.
Elle contribuera à l'élaboration de la réglementation
et des recommandations. Elle délivrera les autorisations
et les agréments dans l'ensemble de ces domaines. Le
ministre de la santé a par ailleurs indiqué
qu'elle débuterait ses activités dès
le 1er janvier 2005.
- Sur
le prélèvement et la greffe en général
Une
série de mesures hautement symboliques a été
adoptée :
- Le
prélèvement et la greffe d'organes constituent
une priorité nationale.
- Le
prélèvement et la greffe d'organes sont intégrés
aux missions du service public hospitalier et affirmés
commes des activités médicales à part
entière.
- Les
règles de répartition et d'attribution des
greffons doivent respecter le principe d'équité.
- Sur
l'information du Public
- La
journée d'appel de préparation à
la défense devient l'occasion de délivrer
aux jeunes une information sur les modalités du consentement
au don d'organes et sur la possibilité de s'inscrire
sur le registre des refus.
- Les
médecins devront "s'assurer que leurs patients
âgés de seize à vingt-cinq ans sont
informés des modalités de consentement au
don d'organes à des fins de greffe et, à défaut,
leur délivrent individuellement cette information
dès que possible".
- Sur
les greffes de donneur vivant
La
commission paritaire a choisi de revenir à la définition
du cercle des donneurs vivants proposée par l'Assemblée,
à savoir la possibilité d'un don du vivant,
sans préalable, du père et de la mère,
et, par dérogation seulement, du conjoint, du frère,
de la soeur, du fils, de la fille, des grands-parents, de
l'oncle, de la tante, du (de la) cousin(e) germain(e), du
conjoint du père ou de la mère ou toute personne
faisant la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec
le receveur.
La
dérogation en question sera octroyée (ou non)
par un comité d'experts, chargé d'apprécier
les risques pour le donneur, le bénéfice pour
le receveur et de s'assurer qu'il n'existe pas de "réticences
inavouées" de la part du donneur. Il pourra éventuellement
s'opposer à la greffe, et ne sera pas tenu de motiver
ses décisions. En cas "d'urgence vitale",
une procédure accélérée pourra
permettre plus rapidement la délivrance d'une autorisation
de prélèvement.
Le
comité d'experts comportera cinq membres désignés
pour trois ans par arrêté du ministre de la santé.
Il sera composé de trois médecins, d'une personne
qualifiée dans le domaine des sciences humaines et
sociales,et d'un psychologue.
Le
prélèvement d'organes de tissus ou de cellules
sur une personne vivante dans un intérêt thérapeutique
est "assimilé à un acte de soins"
afin que le donneur puisse bénéficier du dispositif
d'indemnisation des accidents médicaux en cas de problème.
- Sur
les greffes en domino
La
notion de "greffe en domino" est enfin prévue
: Les organes prélevés à l'occasion
d'une intervention chirurgicale, pratiquée dans l'intérêt
de la personne opérée, peuvent être utilisés
à des fins thérapeutiques ou scientifiques,
sauf opposition exprimée par elle après qu'elle
a été informée de l'objet de cette utilisation.
Lorsque cette personne est un mineur ou un majeur sous tutelle,
l'utilisation ultérieure des organes ainsi prélevés
est en outre subordonnée à l'absence d'opposition
des titulaires de l'autorité parentale ou du tuteur,
dûment informés de l'objet de cette utilisation.
Le refus du mineur ou du majeur sous tutelle fait obstacle
à cette utilisation.
Le
principe du consentement présumé pour le
don d'organes est renforcé, la nouvelle formulation
est la suivante :
Le
prélèvement d'organes sur une personne dont
la mort a été dûment constatée
ne peut être effectué qu'à des fins
thérapeutiques ou scientifiques.
Ce
prélèvement peut être pratiqué
dès lors que la personne n'a pas fait connaître,
de son vivant, son refus d'un tel prélèvement.
Ce refus peut être exprimé par tout moyen, notamment
par l'inscription sur un registre national automatisé
prévu à cet effet. Il est révocable à
tout moment.
Si
le médecin n'a pas directement connaissance de la volonté
du défunt, il doit s'efforcer de recueillir auprès
des proches l'opposition au don d'organes éventuellement
exprimée de son vivant par le défunt, par
tout moyen, et il les informe de la finalité des prélèvements
envisagés.
Les
proches sont informés de leur droit à connaître
les prélèvements effectués.
Tous
les établissements de santé, qu'ils soient autorisés
ou non, participent à l'activité de prélèvement
d'organes et de tissus, en s'intégrant dans des réseaux
de prélèvement.
La
meilleure restauration possible du corps devra être
effectuée après
un prélèvement ou une autopsie sur un défunt.
La
création de lieux de mémoire destinés
à l'expression de la reconnaissance aux donneurs d'éléments
de leur corps en vue de greffe dans les établissements
de santé préleveurs est prévue.
Encore
quelques mois d'attente pour les décrets d'application,
qui pourront nuancer ou expliciter les points encore obscurs...
Le Ministre de la santé s'est engagé à
"accélérer au maximum le processus de
rédaction des décrets pour que le fruit du travail
parlementaire soit mis en oeuvre le plus rapidement possible".
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Juin 2004 : La seconde lecture a lieu au Sénat
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Les
sénateurs ont examiné mardi 8 juin 2004 le projet
de loi bioéthique.
- Sur
les greffes de donneur vivant
Le
texte issu de l'assemblée prévoyait la possibilité
d'un don du vivant, sans préalable, du père
et de la mère, et, par dérogation seulement,
du conjoint, du frère, de la soeur, du fils, de la
fille, des grands-parents, de l'oncle, de la tante, du (de
la) cousin(e) germain(e), du conjoint du père ou de
la mère ou toute personne faisant la preuve d'une vie
commune d'au moins deux ans avec le receveur.
Les sénateurs ont élargi cette possibilité
de prélèvement d'organes "au fils ou fille,
frère ou soeur ou conjoint du receveur", en plus
des parents.
Les autres membres de la famille (oncles, tantes, cousins,
concubins...), devront obtenir une dérogation.
Dans
ce cas, un comité d'experts sera chargé d'apprécier
les risques pour le donneur, le bénéfice pour
le receveur et de s'assurer qu'il n'existe pas de "réticences
inavouées" de la part du donneur. Il pourra éventuellement
s'opposer à la greffe, et ne sera pas tenu de motiver
ses décisions.
Le
prélèvement d'organes de tissus ou de cellules
sur une personne vivante dans un intérêt thérapeutique
est "assimilé à un acte de soins"
afin que le donneur puisse bénéficier du dispositif
d'indemnisation des accidents médicaux en cas de problème.
En
cas "d'urgence vitale", les sénateurs ont
adopté une procédure accélérée
pour permettre plus rapidement la délivrance d'une
autorisation de prélèvement.
Les
sénateurs ont également voté l'article
renforçant le consentement présumé pour
le don d'organes, en supprimant la notion du recueil du "témoignage"
de la famille du défunt. La nouvelle formulation est
la suivante :
"Si
le médecin n'a pas directement connaissance de la volonté
du défunt, il doit s'efforcer de recueillir auprès
des proches l'opposition au don d'organes éventuellement
exprimée de son vivant par le défunt, par tout
moyen".
La
journée d'appel de préparation à la défense
sera l'occasion de délivrer aux jeunes une information
sur les modalités du consentement au don d'organes
et sur la possibilité de s'inscrire sur le registre
des refus.
Cette
disposition vient renforcer la mention ajoutée par
les sénateurs obligeant les médecins à
"s'assurer que leurs patients âgés de seize
à vingt-cinq ans sont informés des modalités
de consentement au don d'organes à des fins de greffe
et, à défaut, à leur délivrer
individuellement cette information dès que possible".
Par
ailleurs, le gouvernement a fait voter un amendement prévoyant
la consultation de l'agence de biomédecine par le ministre
de la santé ou le directeur de l'Agence régionale
de l'hospitalisation lors de l'élaboration des schémas
d'organisation sanitaire.
Enfin,
les sénateurs ont adopté sans modification l'article
prévoyant que "tous les établissements
de santé, qu'ils soient autorisés ou non, participent
à l'activité de prélèvement d'organes
et de tissus, en s'intégrant dans des réseaux
de prélèvement".
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Décembre 2003 : La seconde lecture a lieu à l'Assemblée
Nationale
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Il
faut bien admettre que le débat a essentiellement été
consacré au statut de l'embryon, aux "bébés
médicaments", à la recherche sur les cellules
souches. Pourtant, le sujet des greffes d'organe a fait l'objet
de mesures importantes, même s'il est passé au
second plan dans les médias. Certains parlementaires,
notamment Pierre-Louis Fagniez et Jean-Michel Dubernard (tous
deux chirurgiens transplanteurs dans "le civil")
en avaient fait leur cheval de bataille, et sont parvenus
à imposer leur point de vue. Vous pouvez du reste le
découvrir en lisant les extraits
de leurs discours respectifs.
Voici
un panorama des principales modifications apportées
au texte de 1994.
- Sur
les greffes de donneur vivant
Il
est toujours possible d'effectuer d'un don d'organe de son
vivant, en maintenant le recueil du consentement devant un
magistrat.
Ainsi,
le don du vivant pourrait être le fait, sans préalable
sauf si le magistrat chargé de recueillir le consentement
l'estime nécessaire, du père et de la mère,
et, par dérogation seulement, du conjoint, du frère,
de la soeur, du fils, de la fille, des grands-parents, de
l'oncle, de la tante, du (de la) cousin(e) germain(e), du
conjoint du père ou de la mère ou toute personne
faisant la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec
le receveur.
Les
députés ont décidé d'imposer le
passage devant un comité d'experts qui donnera
son accord pour tous les cas relevant de la dérogation.
Le
comité d'experts sera chargé d'apprécier
les risques pour le donneur, le bénéfice pour
le receveur et de s'assurer qu'il n'existe pas de "réticences
inavouées" de la part du donneur.
A
la demande du gouvernement, il a été ajouté
que le prélèvement d'organes de tissus ou de
cellules sur une personne vivante dans un intérêt
thérapeutique est "assimilé à
un acte de soins" afin que le donneur puisse bénéficier
du dispositif d'indemnisation des accidents médicaux
en cas de problème.
Les
députés ont également supprimé
une disposition obligeant un parent d'un mineur à obtenir
l'autorisation de l'autre parent pour pouvoir donner un organe
de son vivant.
Il
est regrettable
que l'élargissement initialement prévu, qui
projetait d'autoriser " toute personne ayant une relation
étroite et stable avec le receveur " ait la possibilité
de donner un organe n'ait pas été retenu. Ainsi,
un ami très proche n'aura pas la possibilité
de faire ce don de vie, alors qu'un cousin y sera autorisé
La crainte de dérives commerciales éventuelles
ne justifie pas totalement ce qui peut apparaître comme
une injustice. Il faut également émettre quelques
réserves quant au recours au comité d'experts.
En effet, si cette mesure semble très louable sur le
papier, on peut craindre que sa mise en place se révèle
par trop administrative et ne vienne alourdir une procédure
déjà complexe en imposant des délais
et un stress importants au couple donneur / receveur...
Les
députés ont souhaité rendre effectif
le consentement présumé pour le don d'organes,
en supprimant la notion du recueil du "témoignage"
de la famille du défunt.
L'amendement
voté indique que "si le médecin n'a pas
directement connaissance de la volonté du défunt,
il doit s'efforcer de recueillir auprès des proches
l'opposition au don d'organes éventuellement exprimée
de son vivant par le défunt, par tout moyen".
Il
semble donc que le texte s'oriente vers une application la
plus stricte possible du principe du consentement présumé.
De source " non officielle ", l'objectif des législateurs
à terme serait l'appropriation des organes de chaque
citoyen par la société, ce qui signifierait
que les familles ne seraient plus consultées et que
toute personne non inscrite sur le registre des refus pourrait
être prélevée de façon systématique.
L'amendement
qui proposait que chaque assuré social puisse mentionner
sur sa carte Vitale son acceptation ou son refus, en cas de
décès, d'un prélèvement d'un organe
a été retiré. En effet, le ministre de
la Santé a exprimé son opposition à cette
mesure en estimant que la carte Vitale, qui n'est pas individuelle,
n'était pas le bon support. Il semble néanmoins
possible qu'une mesure allant dans le même sens puisse
être adoptée par décret, Jean-François
Mattei ayant suggéré l'utilisation de la carte
nationale d'identité
à suivre, donc.
La
journée d'appel de préparation à la
défense deviendra l'occasion de délivrer
aux jeunes une information sur les modalités du consentement
au don d'organes et sur la possibilité de s'inscrire
sur le registre des refus.
Cette
disposition vient renforcer la mention ajoutée par
les sénateurs obligeant les médecins à
"s'assurer que leurs patients âgés de
seize à vingt-cinq ans sont informés des modalités
de consentement au don d'organes à des fins de greffe
et, à défaut, leur délivrent individuellement
cette information dès que possible".
Par
ailleurs, les députés ont insisté pour
que les médecins effectuent "la meilleure restauration
possible du corps" après un prélèvement
ou une autopsie sur un défunt.
Ils
ont adopté un amendement du rapporteur indiquant que
" le prélèvement et la greffe d'organes
constituent une priorité nationale " et que
le " principe d'équité prévaut
en matière d'attribution des organes ". De
plus, Le prélèvement et la greffe d'organes
ont été intégrés aux missions
du service public hospitalier. Cette dernière notion
devrait enfin donner au prélèvement d'organe
le statut d'activité classique, et non plus marginale,
de l'hôpital, et permettre sa généralisation
et sa mise en place systématique. Il s'agit là
d'une des mesures les plus importantes de la loi.
La
" Grande Agence de Biomédecine " viendra
se substituer à l'EfG, elle traitera également
de tous les aspects de la reproduction, de l'embryologie et
de la génétique, et intégrera l'Agence
française de sécurité sanitaire des produits
de santé (Afssaps).
Les
parlementaires ont choisi de témoigner la reconnaissance
symbolique de la représentation nationale envers les
donneurs d'organes en plantant un Ginkgo Biloba dans les jardins
de l'hôtel de Lassay (résidence du président
de l'Assemblée Nationale, qui lui est attenante). Une
cérémonie a eu lieu le mercredi 10 décembre
2003, en présence de quelques uns des grands noms de
la transplantation en France et de représentants du
monde politique et associatif, notamment de Régis Volle,
président de la FNAIR. Si l'intention paraît
louable, il est regrettable qu'elle se soit déroulée
dans la plus stricte confidentialité, et que les dits
jardins de Lassay soient inaccessibles au public
Découvrez
les principaux discours relatifs
au sujet qui nous intéresse qui ont été
prononcés lors de l'ouverture des débats.
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Mai 2003 : La bioéthique bloquée au portillon
- L'examen des nouvelles lois encore repoussé à
l'Assemblée |
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Article
paru dans Libération, le 15 mai 2003
Le
report du vote des lois concernant l'aide médicale
à la procréation, le clonage, ou les greffes
d'organes ajoute à la confusion des règles médicales.
aura-t-il un jour de nouvelles lois sur la bioéthique
? Elles devaient être examinées au printemps
à l'Assemblée nationale en deuxième lecture.
Mais cela traîne. Adoptées en première
lecture au Sénat au début de l'année,
elles ont manifestement du mal à trouver une place
dans le calendrier parlementaire. D'abord prévues au
début du mois d'avril, repoussées ensuite à
la fin du mois de mai, les lois de bioéthique pourraient
maintenant passer devant les députés, au mieux
"dans la deuxième quinzaine de juin", affirme-t-on
au ministère de la Santé. Qui se garde encore
d'avancer une date précise.
Et
c'est bien ce qui inquiète. "Je ne vois pas quand
elles seront débattues. Il y a au moins deux, voire
trois, lois de santé qui sont prioritaires sur la bioéthique
et qui doivent être examinées à cette
période", souligne un parlementaire. Pourtant,
ces lois sont essentielles : elles abordent non seulement
les questions d'aide médicale à la procréation
mais aussi le clonage, les greffes d'organes, et posent les
jalons d'une nouvelle Agence de la procréation. Aujourd'hui,
tout reste en suspens. On attend. Certaines règles
médicales deviennent confuses entre les médecins
qui appliquent l'ancienne loi et ceux qui ont anticipé
la nouvelle.
En
janvier, le Sénat avait pourtant voté le texte.
Sans que la gauche et la droite aient d'ailleurs réussi
à s'accorder. Alors qu'en 1994, comme au printemps
2002 lors de l'examen en première lecture du texte
proposé par le gouvernement Jospin, la gauche et la
droite s'étaient retrouvées. La majorité
UMP-UC du Sénat avait voté l'interdiction du
clonage théra peutique, y voyant "une porte ouverte
au clo nage reproductif", les voix du PS et du PC se
prononçant contre cette interdiction.
Trois
mois plus tard, au début du mois d'avril, la Commission
des affaires sociales de l'Assemblée a débattu
puis adopté le projet de loi. Rejetant encore un amendement
déposé par Roger-Gérard Schwartzenberg,
l'ancien ministre de la Recherche (PRG), qui demandait à
légaliser le clonage thérapeutique. Certains
députés estiment qu'en retardant l'examen des
lois de bioéthique, les arbitrages rendus deviennent
caducs.
Julie
LASTERADE
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Avril 2003 : le texte de
Révision voté par la Commission des Affaires Sociales
de l'Assemblée Nationale |
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La
Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale
a voté, le mardi 1er avril 2003, le projet de loi sur
la bioéthique. Plusieurs amendements et modifications
relatives au prélèvement d'organes et aux greffes
ont été adoptés.
Une
des principales décisions, essentiellement symbolique
mais qui revêt une importance incontestable concerne
la définition du prélèvement et de
la greffe d'organes comme des priorités nationales.
De
plus, Le prélèvement et la greffe d'organes
ont été intégrés aux missions
du service public hospitalier.
Pour pratiquer des prélèvements d'organes, les
établissements devaient jusqu'alors y être autorisés.
Cet amendement signifie que cette autorisation ne sera plus
nécessaire, et que tous les hôpitaux publics
pourront effectuer des prélèvements.
Une
information systématique des jeunes sur le don
d'organes sera instituée lors de la journée
d'appel de préparation à la défense.
Cette mesure vient s'ajouter à celle qui prévoyait
l'information systématique des jeunes de 16 à
25 ans, sur les modalités du don d'organe à
des fins de greffe, par le corps médical. Il s'agit
de sensibiliser la population sur les enjeux du don d'organe,
et de faciliter la mise en valeur de la volonté du
défunt en cas de décès.
Un
amendement visant à donner la possibilité de
mentionner sur la carte Vitale l'acceptation ou le refus
de don d'organes a été adopté.
La
commission a examiné un amendement tendant à
éviter le contournement, trop souvent constaté,
de la règle du consentement présumé en
précisant que le médecin, s'il n'a pas directement
connaissance de la volonté du défunt, "doit
s'enquérir auprès de la famille d'une opposition
au don d'organes éventuellement exprimée de
son vivant par le défunt par tout moyen".
Le
président Jean-Michel Dubernard a signalé l'importance
de cet amendement. En effet, la règle du consentement
présumé mis en place par la loi Caillavet en
1976 n'a jamais été appliquée. Dans la
réalité, les proches sont interrogés
sur leur volonté et non sur la volonté du défunt.
L'actuelle obligation pour le médecin de "s'efforcer
de recueillir le témoignage des proches" sur la
volonté du défunt donne donc à la famille
un rôle que n'avait pas prévu le législateur.
Cet amendement permet de rétablir l'esprit de la loi
et de rendre ainsi pleinement effectif le régime du
consentement présumé.
Mesures
relatives au don du vivant :
Dans
le cadre de l'élargissement du cadre des donneurs vivants,
en dehors du père et de la mère, un comité
d'experts sera systématiquement chargé d'apprécier
les risques pour le donneur et le bénéfice pour
le receveur et de s'assurer qu'il n'existe pas de réticences
inavouées de la part du donneur.
La
disposition introduite par le Sénat exigeant que le
parent d'un enfant mineur obtienne l'accord de l'autre parent
pour pouvoir donner un organe de son vivant a été
jugée comme allant à l'encontre de la dimension
individuelle du don, et donc supprimée.
Voir
le compte rendu sur le site de l'Assemblée Nationale
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Février 2003 : le texte de
révision voté par le Sénat |
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En
matière de greffe et don d'organe, le Sénat
prévoit :
- de
mettre en place une information systématique des
jeunes de 16 à 25 ans, sur les modalités
du don d'organe à des fins de greffe. Cette information
sera faite, en priorité, par le corps médical.
Il s'agit de sensibiliser la population sur les enjeux du
don d'organe, et de faciliter la mise en valeur de la volonté
du défunt en cas de décès
- de
limiter l'élargissement du cercle des donneurs
vivants à la famille élargie : parents,
enfants, frères et soeurs, cousins germains, grands-parents,
oncles, neveux et nièces, conjoint du père
ou de la mère, ainsi qu'aux personnes en mesure d'apporter
la preuve d'au moins deux ans de vie commune avec le
receveur : conjoints, PACs, concubins...
En
outre, le projet adopté précise que lorsque
le donneur a la responsabilité de l'éducation
d'enfants mineurs, sa décision doit être assortie
du consentement de la personne avec laquelle il partage l'autorité
parentale.
Par
ailleurs, les sénateurs ont voulu préciser que
le consentement du donneur, recueilli devant un magistrat,
peut être "révocable à tout moment".
Le
texte dans son intégralité sur le site de Sénat
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Janvier 2002 : le
texte de révision voté par le parlement
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|
En
ce qui concerne le don d'organes et la greffe, le projet de
loi complète et harmonise les procédures de
recueil du consentement. Ainsi, il prévoit que pour
les personnes décédées sappliquera
le régime du consentement présumé.
Il
élargit également la possibilité de dons
d'organes à toute personne vivante "sous réserve
d'une relation stable et durable" (au-delà
des parents du premier degré). La notion de "lien
affectif", qu'avait ajoutée la commission spéciale
a été supprimée en séance. Les
députés ont de plus repris l'idée de
Jean-Michel Dubernard (RPR) de créer un registre des
donneurs vivants, afin de suivre "leurs évolutions
médicales"
Le
texte dans son intégralité sur le site de l'Assemblée
Nationale
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Le texte de 1994 : la première
loi de bioéthique
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Elle
a énoncé plusieurs grands principes :
- Le
consentement présumé
Est présumée consentante, toute personne qui,
de son vivant, n'a pas fait connaître son opposition
au prélèvement.
Si le médecin n'a pas directement connaissance de
la volonté du défunt (pas d'inscription au
Registre national des refus), il doit "s'efforcer de
recueillir le témoignage de la famille".
En pratique, en situation dramatique de décès
inattendu d'un proche, les familles s'opposent fréquemment
au don. Le taux de refus avoisine les 30%, alors que 90
% des français déclarent qu'ils acceptent
de donner leurs organes en cas d'accident.
- La
gratuité du don
La loi interdit toute rémunération du don
d'organes et de tissus.
- L'anonymat
Afin d'éviter une relation qui peut être complexe
entre la famille du donneur et le receveur, l'identité
du receveur ne peut être révélée
à la famille du donneur et inversement.
La famille du donneur peut toutefois être informée
si elle le souhaite des résultats des greffes par
les équipes médicales.
En
outre, elle a fixé le cadre du don entre vifs
qui est toujours appliqué à l'heure actuelle
:
- Extrait
de la loi de bioéthique n°94-654
Du
prélèvement d'organes sur une personne vivante
Art. L. 617-3. - Le prélèvement d'organes
sur une personne vivante, qui en fait le don, ne peut être
effectué que dans l'intérêt thérapeutique
direct du receveur. Le receveur doit avoir la qualité
de père ou de mère, de fils ou de fille, de
frère ou de sur du donneur, sauf en cas de
prélèvement de moelle osseuse en vue d'une
greffe.
En cas d'urgence, le donneur peut être le conjoint.
Le donneur, préalablement informé des risques
qu'il encourt et des conséquences éventuelles
du prélèvement, doit exprimer son consentement
devant le président du tribunal de grande instance,
ou le magistrat désigné par lui. En cas d'urgence,
le consentement est recueilli, par tout moyen, par le procureur
de la République. Ce consentement est révocable
sans forme et à tout moment. (...)
Elle
a également été à l'origine de
la création de l'Etablissement Français des
Greffes.
Le
texte dans son intégralité sur le site de Légifrance
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