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L'histoire
de ma maladie commence fin 1985. J'ai alors 12 ans, je suis
en classe de quatrième à Alençon. On
découvre par hasard que mes urines contiennent du sang
et de l'albumine. Je suis donc orientée vers le néphrologue
de l'hôpital d'une ville voisine. Il établit
un premier diagnostic de glomérulonéphrite aiguë,
me prescrit un traitement antibiotique pour trois semaines
et demande une surveillance biologique, urinaire et sanguine.
Quelques
mois plus tard, en février 1986, ma protéinurie
a augmenté à 3.6 g/24h, alors qu'elle aurait
dû progressivement disparaître. Hormis cette anomalie,
je n'ai aucun symptôme particulier, et ma créatinine
est tout à fait normale, à 70 µmol/l.
Il est donc décidé que je dois subir une biopsie
rénale, elle est programmée pour le 28 mars
suivant.
La
biopsie se déroule sans encombre, et les résultats
arrivent environ un mois plus tard : j'ai une "glomérulonéphrite
segmentaire et focale à dépôts d'Iga",
aussi connue sous le nom de maladie de Berger. On m'explique
qu'il s'agit d'une maladie chronique qui peut évoluer
vers l'insuffisance rénale, puis vers la dialyse. Tout
cela reste très abstrait pour moi, je n'en mesure pas
vraiment les implications, et je n'ai d'ailleurs aucune idée
de ce que peut bien être la dialyse. Dans l'immédiat,
je me sens tout à fait bien, et je mène une
vie parfaitement normale, sans aucun médicament. La
seule précaution à prendre est la limitation
des foyers infectieux, et comme je suis une spécialiste
des maux de gorge à répétition, je dois
être opérée des amygdales. L'intervention
a lieu peu après dans une clinique ORL de la même
ville. J'en conserve un mauvais souvenir, les suites sont
plutôt difficiles, mais au bout d'environ deux semaines
tout est rentré dans l'ordre.
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