|
Un
samedi matin, début février, le néphrologue
se déplace chez nous pour assister en observateur à
ma première dialyse à la maison. Elle se déroule
sans problème particulier, Dominique s'en sort bien.
Nous sommes parés, rassurés, prêts à
voler de nos propres ailes !
Pourtant,
les séances suivantes verront s'accumuler les soucis
techniques et autres pannes de la machine. Les appels aux
services techniques Gambro se multiplient, mais comme nous
faisons les dialyses en soirée, il faut attendre le
lendemain pour obtenir des réponses. Nous sommes régulièrement
obligés d'interrompre la séance en cours, et
je dois retourner la terminer à la clinique le lendemain
matin. Après de nombreux réglages et déplacements
des techniciens, les choses finissent par se stabiliser, même
si la machine demeure capricieuse et se met souvent en erreur.
Nous apprenons à faire avec, et pouvons enfin commencer
à apprécier notre "liberté"
nouvellement acquise.
Nous
dialysons en général les lundis, mercredis et
vendredis soir. J'ai repris mon emploi en mi-temps thérapeutique,
et j'ai choisi de ne pas travailler les lendemains de dialyses
afin de récupérer plus sereinement.
Je
rentre en général vers 19h, Dominique un peu
plus tard. Il monte la machine et procède à
son rinçage pendant que je prends une douche. Nous
débutons la séance vers 20h30 en général,
le branchement dure environ vingt minutes et la séance
3h30, elle se termine donc rarement avant minuit. Le temps
de débrancher, de faire l'injection d'Eprex, de démonter
et rincer la machine puis de remettre un peu d'ordre, Dominique
ne se couche pas avant 1h30 ou 2h du matin.
Quant
à moi, si je supporte en général plutôt
bien les deux premières heures de dialyse, la suite
est assez difficile : je me sens flagada, parfois un peu absente,
et les aiguilles me font de plus en plus mal, surtout la ligne
veineuse (par laquelle mon sang m'est restitué). En
fin de séances, elles sont tellement douloureuses que
je ne pense plus qu'à une chose : que Dominique me
les retire. Je reste donc prostrée, incapable de me
concentrer sur un bouquin ou sur la télévision
et encore moins de soutenir une conversation. Dans ces moments
là, le temps passe très très lentement.
En plus, mon hypertension refait surface, je me retrouve presque
systématiquement avec 20/10 en fin de dialyse, avec
des maux de tête que le paracétamol ne calme
que très rarement. Aussitôt débranchée,
je me précipite au lit, malgré mes scrupules
à laisser Dominique se débrouiller tout seul.
|