|
Cette
période d'attente s'écoule plutôt calmement,
Dominique et moi sommes galvanisés par la perspective
de la greffe et de l'amélioration qu'elle apportera
à nos vies, ce qui nous permet de garder un optimisme
(presque) à toute épreuve.
Lors
d'une conversation que nous avons tous les deux à ce
sujet, Dominique m'avoue que s'il était à ma
place, il voudrait que tout soit déjà terminé,
que la greffe soit derrière lui. Je lui réponds
que ce n'est pas de cette façon que je vois les choses.
Je veux vivre cette expérience à 200%, et ne
surtout pas en rater une miette. Je l'attends non pas comme
une épreuve mais comme un événement heureux,
dans lequel je veux être partie prenante. J'entrevois
déjà toute la signification qu'il va prendre.
Je ne veux pas le subir, mais le vivre, le comprendre, et
y contribuer dans la mesure de mes possibilités. Je
ne l'envisage plus comme un "simple" acte médical
ou chirurgical mais comme une aventure à part entière,
aux multiples facettes.
Nous
continuons nos sorties, nous écumons les brocantes
de printemps, allons au cinéma, nous recommençons
même à voir quelques amis. Je me remets même
à améliorer la déco de notre maison,
avec des objets et des meubles chinés à droite
et à gauche.
Finalement
la fin mai arrive, je me rends à une dernière
consultation à la clinique : bonne pour le service
! Même ma tension artérielle est stabilisée
(avec quand même quatre anti-hypertenseurs différents
et une bonne dose de diurétiques).
Maman
arrive sur Paris quelques jours avant la date prévue
pour la greffe, elle doit encore passer une artériographie
rénale, afin de s'assurer qu'il n'y a aucune contre
indication à la transplantation. Je vais la chercher
à la gare, puis je la conduis à l'hôpital.
Elle passera l'examen le lendemain matin, et sortira le surlendemain.
Nous faisons connaissance avec sa voisine de chambre. Elle
a mon âge, est infirmière et a reçu quelques
semaines plus tôt le rein que son mari lui a donné.
Le récit de son histoire nous fait vibrer.
Les
résultats de l'examen sont parfaitement normaux.
Nous profitons des quelques jours qui nous séparent
de l'opération pour nous retrouver, faire du shopping,
nous balader.
|