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Jour
J : 31 mai 2002
Je
passe une très mauvaise nuit, avec une crise de jambes
sans repos très violente
Impossible de trouver
le sommeil, je suis agitée et je ne contrôle
que très difficilement les mouvements de mes jambes.
Petit à petit, les soubresauts se généralisent
à l'ensemble de mon corps. Du coup, j'empêche
aussi maman de dormir, elle s'inquiète. Un premier
appel aux infirmières et j'hérite d'un quart
de lexomil, sans résultat. Finalement, nous finirons
par entreprendre une "balade" nocturne dans le service,
qui me calme un peu, sans pour autant me permettre de m'endormir.
Le jour se lève finalement, dernier passage de l'équipe
de nuit pour la prise de tension, température, etc.
et c'est le moment que je choisis pour commencer à
somnoler ! Dans
un demi-sommeil, je réalise vaguement qu'une infirmière
s'occupe de maman, lui explique la procédure pour sa
douche pré opératoire, etc.
La
porte de la chambre s'ouvre, mes yeux également et
je découvre deux brancardiers. Il est déjà
presque 9h. Ils sont là pour emmener maman au bloc
! Nous avons à peine le temps de nous dire au revoir,
nos mains s'effleurent et soudain elle n'est plus là
Je n'ai même pas songé à la suivre dans
le couloir, tout est allé si vite. Je réalise
que le moment tant attendu et redouté à la fois
est arrivé.
Je
suis à présent seule dans la chambre, et une
foule de sentiments contradictoires m'envahissent.
Pour
la première fois, une sourde angoisse se substitue
à l'exaltation bizarre que j'ai ressentie depuis quelques
jours.
Heureusement,
je ne reste pas seule longtemps. Catherine, l'infirmière
qui s'est déjà occupée de maman un peu
plus tôt, arrive et me tend la bouteille de bétadine
et les serviettes jetables : direction la douche. Je m'exécute,
puis j'enfile une casaque chirurgicale. De retour dans mon
lit, j'avale ma pré médication : un comprimé
d'Atarax, non sans quelques doutes sur son efficacité.
Effectivement, je n'en ressentirai pas vraiment les effets.
L'anesthésiste arrive pour me poser la perfusion, une
superbe aiguille de 15 gauges atterri dans mon bras droit
(c'est à dire celui sans fistule
). Il me souhaite
bon courage et s'éclipse. Catherine arrive avec une
poche de 500 mg de solumédrol et commence la perf.
Elle enveloppe également ma fistule dans un pansement
américain, et y trace les lettres "FAV" (Fistule
artério veineuse) avec un gros marqueur rouge. Elle
m'explique que c'est pour éviter qu'elle soit piquée
et endommagée pendant l'opération
J'avale
mon premier comprimé de Cellcept, et Catherine me pose
une poche de Simulect.
Il
est presque 11h, les brancardiers débarquent de nouveau,
cette fois c'est mon tour. J'enfile une charlotte et des chaussons
en papiers, et je me trouve propulsée dans les couloirs,
direction le bloc opératoire
Alors
que nous quittons le service de néphro, Catherine me
fait un signe de la main, et m'assure que je vais être
anesthésiée très rapidement. La suite
des événements ne lui donnera pas vraiment raison.
Papa et Dominique sont près de moi, ils suivent le
chariot jusqu'à la porte d'entrée du bloc. Nous
nous disons au revoir
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