|
J2
: 2 juin 2002
Les
premiers soins du matin ont lieu, puis une odeur franchement
agréable vient me titiller les narines : c'est celle
du café chaud, le petit déjeuner est en train
d'être servi ! J'entends les chariots rouler dans le
couloir, et les "bonjours" enthousiastes des aides
soignantes qui distribuent les plateaux. Mon estomac se rappelle
à mon bon souvenir, je boirais bien un petit quelque
chose de chaud
Réponse négative de l'infirmière,
par contre je peux avoir un sachet de gaviscon pour calmer
mes brûlures gastriques. C'est mieux que rien
En
milieu de matinée, Catherine déboule avec un
chariot plein de matériel. Elle m'annonce que comme
mon drain de Redon ne donne presque rien, on va me l'enlever
dès maintenant
C'est aussi l'heure de ma piqûre
de morphine, en fait, je ne le sais pas encore mais ce sera
la dernière.
Elle
me rassure au sujet du retrait du drain, je ne sentirai rien,
cela fait à peine deux jours qu'il est posé,
il n'a pas eu le temps de "s'accrocher". Elle enlève
les fils qui le retiennent à ma peau, et commence à
tirer
avant de s'interrompre devant la résistance
de la chose. De mon côté, je n'ai pu étouffer
un cri, je mords à présent mon poignet pour
éviter de m'exprimer d'avantage. Nos regards se croisent
et je vois qu'elle est perturbée. "Désolée"
me fait elle, et à sa tête, je suis sûre
que c'est vrai.
-
Je vais recommencer, vous êtes prête ?
J'opine du bonnet, pas convaincue
Elle reprend son geste,
un peu plus fermement, et cette fois parvient à extirper
le drain entièrement. Je dois avoir une sale tête,
parce qu'elle me demande à plusieurs reprise si je
me sens bien, si ça ne tourne pas
- Heureusement qu'on a fait la morphine juste avant ! Bon
maintenant, je vais m'occuper de votre maman, à son
tour d'être débarrassée de son drain.
J'apprends
peu après que de son côté, tout s'est
bien passé et qu'elle n'a rien senti.
La
visite des médecins a lieu, ils me confirme que tout
se passe toujours pour le mieux pour la donneuse comme pour
la receveuse. Comme je tremble beaucoup, ils demandent un
dosage de prograf.
Un
peu plus tard, deux aides soignantes débarquent dans
la chambre avec un fauteuil pèse personne, je dois
m'y installer pour qu'on voit où en est mon poids.
Je réalise que ça signifie que je vais devoir
me lever, ce qui me paraît complètement irréalisable.
Pourtant, avec leur aide, je parviens tout d'abord à
m'asseoir sur le bord du lit (d'abord une jambe, puis l'autre,
on bascule, on se redresse
). Une des difficultés
non négligeables consiste à ne pas s'emmêler
dans les tubes et elles ne sont pas trop de deux pour gérer
ce problème. Je pose les pieds à terre et je
me hisse sur mes jambes en tenant mon greffon à deux
mains comme me l'a appris la kiné. Ca fait vraiment
un mal de chien. Je ne parviens pas à me redresser
complètement, et je m'abats brutalement dans le fauteuil.
Pas vraiment brillant comme première tentative, mais
ce qui m'inquiète le plus à ce stade, c'est
qu'il va falloir renouveler l'opération pour que je
retourne au lit ! Finalement, devant mon désarroi,
les filles m'empoignent et, avec leur aide, je me retrouve
allongée à l'abri de mon drap en deux temps
trois mouvements ! Je suis épuisée. Même
si je récupère très vite, il y a encore
de la marge pour pas mal de progrès ! Je pèse
47 kg, je suis en dessous de mon poids sec et il va falloir
me "remplir" d'avantage
Dans
l'après midi, ma cicatrice me fait de plus en plus
mal. Cela fait un bout de temps que j'ai eu la dernière
injection de morphine, j'en demande donc une nouvelle. L'infirmière
revient avec une poche qu'elle relie à mon Kt. Elle
m'explique que c'est de l'Acupan, et que ça devrait
suffire à calmer la douleur. Malheureusement ce n'est
pas ce qui se produit. Non seulement j'ai toujours mal, mais
en plus j'ai la nausée. La température dans
la chambre atteint des sommets, j'ai des difficultés
à respirer.
Dominique
arrive et me trouve prostrée, en bien moins bon état
apparent que lorsqu'il m'a quittée la veille. Il prend
l'initiative d'appeler quelqu'un, et nous apprenons que mon
malaise est sans doute dû à l'Acupan. Il faut
attendre quelques heures pour que ses effets s'estompent et
que je puisse avoir un autre médicament. Je patiente
avec l'espoir qu'on va me soulager, mais ce n'est pas la grande
forme ! Mon nouvel analgésique arrive quelques heures
plus tard, et c'est
du doliprane ! Autant dire que la
nuit promet d'être longue
|