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Premier
semestre 2001
L'hiver s'installe, sans événement particulier.
En février, ma créat est à 410 µmol/.
Elle augmente lentement mais sûrement. Mon hémoglobine
est à 9.4, je me sens fatiguée. Le néphrologue
décide de débuter un traitement par EPO, une
injections de 4000 unités d'Eprex par semaine. Cela
se révélera très efficace, puisque mon
anémie disparaît rapidement. Ce regain d'énergie
me fait oublier que ma fonction rénale se détériore
de mois en mois et de plus en plus rapidement.
Juillet-août
2001
Les analyse effectuées viennent me rappeler à
l'ordre plutôt brutalement : la créatinine est
maintenant à 640 µmol/l ! C'est Dominique qui
est allé chercher les résultats, et il m'appelle
au bureau, paniqué, pour me les communiquer. Je tombe
de haut. Pour la première fois, je me rends à
l'évidence que la dialyse me pend au bout du nez. Je
n'y avais jamais tout à fait cru auparavant. Je réalise
que je ne sais rien de ce traitement. Jamais je n'ai été
réellement informée sur le sujet. Qui plus est,
j'ai toujours refusé de m'y intéresser, tant
j'étais persuadée que cela "ne pouvait
pas m'arriver". J'avais tort. Que de temps perdu !
Je me précipite sur internet pour y rechercher des
informations. Ce que j'y trouve me laisse perplexe, il y a
très peu de site en langue française. Je tombe
finalement sur quelques sites US qui abordent le sujet, et
ce que j'y découvre me conforte dans l'idée
que "ça n'est pas pour moi". Je n'arrive
pas à m'imaginer dépendante d'une machine. Pourtant
l'issue semble inéluctable.
Le
soir même, nous sommes tous les deux dans le cabinet
du néphrologue. A notre grand soulagement, il pense
que cette élévation soudaine de la créatinine
est due à une intolérance au Rénitec.
Il le remplace par un autre antihypertenseur, et rendez-vous
est pris d'ici un mois pour une consultation précédée
d'une prise de sang.
Je
sors de la consultation avec l'intime conviction que finalement
rien n'est joué, que j'ai encore du temps devant moi
et que cette journée ne sera qu'un mauvais souvenir
sans autre conséquence. La créat va baisser,
c'est sûr. Il le faut. Après tout, je me sens
plutôt bien, je n'ai toujours pas de symptôme
particulier.
Août
s'écoule calmement, nous passons quelques jours au
bord du lac de Côme en Italie, tout semble aller pour
le mieux.
Septembre
2001
Le samedi 1er septembre au matin, retour au cabinet du néphrologue.
Je viens d'avoir une prise de sang, les résultats lui
sont communiqués par téléphone. Je vois
son visage s'assombrir quand il en prend connaissance. La
créat a encore augmenté, elle est à présent
à 800 µmol/l. Cette fois, l'issue est claire.
J'ai la tête qui tourne et je me mets à trembler
sans pouvoir m'arrêter. Il tente de me rassurer : "Vous
savez, la dialyse, ce n'est pas si terrible, vous allez au
centre tous les deux jours et vous y passez 4 heures, en dehors
de ça, votre vie continue comme d'habitude.".
Je ne suis pas persuadée que c'est ce que j'avais envie
d'entendre.
Pour
la première fois, j'entends parler de fistule. "C'est
une petite intervention très simple, il faut la prévoir
rapidement". Nous lui expliquons que nous devons partir
en vacances aux USA dans quelques jours. J'ai très
peur qu'il nous demande de renoncer à ce voyage, que
je prépare activement depuis plusieurs mois. Mais hormis
l'élévation de la créatinine, mes résultats
ne montrent aucun autre signe de gravité, et il ne
me trouve rien de spécial à l'examen clinique.
Nous avons donc son feu vert. "Vous verrez le chirurgien
avant votre départ, de façon à programmer
la création de la fistule pour votre retour".
Il me recommande aussi de bien profiter de ce séjour,
qui risque d'être le dernier avant quelques temps. J'ai
l'intention de le prendre au mot.
En
fait le chirurgien est en vacances, impossible d'avoir ce
rendez-vous avant notre départ. Avec l'accord du néphrologue,
je le verrai quelques jours après notre retour en France.
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