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Bonjour
à toutes et à tous.
Je
m'appelle Cécile, j'ai 22 ans. Je suis dialysée
depuis le 27/02/2004.
J'ai
appris que je devais me faire dialyser au cours d'un
simple contrôle cardiaque au mois de novembre
2003. Un médecin qui n'était pas du tout
concerné par mon insuffisance rénale m'a
dit que je devrais me faire dialyser avec la même
attitude qu'il aurait pris s'il m'apprenait que j'avais
un rhume
A ce moment là je ne savais pas
ce qu'était la dialyse. Mais je savais que ce
n'était pas bon signe
Ma mère m'en
avait parlé à plusieurs reprises
mais de façon très vague peut être
parce qu'elle était aussi renseignée que
moi
Bref,
à ce moment là, je n'y croyais pas. J'ai
su depuis mes 7 ans que j'avais une insuffisance rénale,
qu'un jour, je subirais une greffe de rein
peut
être à 30-40 ans voir un peu plus tard
enfin en tout cas c'est ce que j'espérais.
Quand
mon néphrologue m'a confirmé la nécessité
de ce traitement, on m'a crée une fistule "
au cas où " cela deviendrait urgent
Je n'ai pas été endormie. J'ai juste eu
une anesthésie locale. Je n'ai pas eu mal, en
tout cas pendant l'opération. Une fois revenue
dans la chambre d'hôpital, là j'ai commencé
à sentir la douleur mais les calmants m'ont bien
aidé.
Une fois sortie de l'hôpital, j'ai commencé
à "oublier". Ce n'est peut être
pas le mot juste, je refusais de voir la vérité
en face. Alors je ne suis pas retournée à
l'hôpital pour suivre mon état de santé.
Je faisais juste des prises de sang et je voyais que
je ne contrôlais plus rien. Ma créatinine
n'a cessé d'augmenter passant de 600 au mois
de novembre à près de 800 au mois de février.
Ma néphrologue savait très bien que je
refusais cette dialyse et m'a appelée à
plusieurs reprises pour me demander de venir la voir.
Je n'ai pas répondu.
Un
soir, j'étais rentrée tard après
être sortie avec une amie. Je rentre chez mes
parents ou je passais le week end. Je m'endors. Tout
va bien. Comme toutes les nuits, je me lève deux
fois pour aller aux toilettes. Lorsque je me suis recouchée,
j'étais essouflée. Je n'arrivais plus
à retrouver mon calme. J'étais obligée
de m'asseoir pour me calmer. Mais ça n'allait
toujours pas. Ca a du durer un quart d'heure. Mon médecin
m'informa plus tard que j'avais de l'eau "en trop"
que je n'arrivais pas à écouler par les
urines et que le seul moyen pour moi de respirer était
de m'asseoir. Ca n'a l'air de rien comme çà
mais pour la première fois de ma vie, j'ai enfin
reconnue que j'étais malade.
Ce
ne fut pas le seul symptôme. Crampes, fatigues,
manque d'appétit, essouflements, hypotension
.
Je
suis rentrée à l'hôpital pour superficialiser
ma fistule car elle était trop profonde et en
prime, j'ai eu le droit à un beau cathéter
que j'ai cotoyé pendant un mois. Mon état
de santé ne pouvait plus attendre un mois de
plus. Il était urgent que je commence la dialyse.
Mon moral n'était pas au top bien sûr mais
j'allais bien parce que j'avais finalement eu trois
mois pour y réfléchir et en prendre conscience.
De plus, les médecins m'ont ratée J'ai
contracté un pneumothorax lorsqu'ils m'ont posé
le cathéter. Et j'ai dû rester un mois
à l'hôpital en réanimation au lieu
d'une semaine pour guérir de ce pneumothorax.
J'ai hérité de deux beaux drains et de
deux opérations en deux semaines. Résultat
: je n'étais pas en grande forme lors de la première
dialyse. J'étais clouée dans un lit un
peu dans les vapes. C'est l'un des côtés
positifs. En temps normal, si j'étais allée
à ma première séance de dialyse
debout, rien qu'à voir les machines, je serais
repartie en courant.
J'ai
pleuré
beaucoup pleuré. J'avais
peur. J'étais la seule patiente dans la pièce
avec une infirmière et une aide soignante. La
première séance s'est très bien
passée. Elle a duré 3 heures. Je me rappelle
que j'ai dormi 2 heures. La première heure, j'ai
passé mon temps à regarder mon sang couler
dans ces tuyaux. Je savais quel était le but
de la dialyse à ce moment là. L'infirmière
m'a expliqué vaguement le fonctionnement de la
machine, la seule chose que j'avais retenue c'est que
sur la machine il y a un espèce de gros tube
qui s'appelle le rein artificiel.
Au
retour de cette séance, je me suis dit que la
dialyse n'était pas si dur que ça à
supporter. Les séances qui ont suivi me l'ont
confirmé. Au bout d'un mois, on a tenté
de me piquer au lieu de passer par mon cathéter.
Ca n'a pas fonctionné tout de suite, mais avec
un peu de persévérance, l'infirmière
qui m'a piqué en antenne a réussi a trouvé
mon artère et ma veine. Ce que d'ailleurs aucunes
" infirmières " de l'hôpital
n'avaient réussi à faire.
J'attend
une greffe de rein depuis le mois d'avril. Cela fait
donc 4 mois que je me fais dialyser trois fois par semaine
et pendant 4 heures. 4 mois ça ne fait pas longtemps
me disent les infirmières. Non ça ne fait
pas longtemps. Evidemment si on compare les patients
qui se font dialyser depuis des années et des
années, qui n'ont que ce traitement pour vivre
et qui n'auront jamais la chance d'avoir une greffe,
evidemment ça ne fait pas longtemps. Je ne devrais
pas me plaindre. J'essaie de ne plus le faire depuis
que je suis sortie de la première séance.
Peut être pour montrer à mon entourage
que je suis forte ou peut être pour me le prouver
à moi-même. Ma néphrologue m'a conseillé
de voir un psy. J'ai refusé. Les infirmières
exigeaient que je vienne en ambulance en séance
de dialyse. Je viens en bus depuis le début.
J'ai pas envie d'en parler ni à un ambulancier,
ni à un psy.
Si
j'ai pris l'initiative d'écrire tout ça,
c'est pour me libérer et pour apporter mon témoignage.
Au mois de novembre, je suis venue sur ce site internet
pour me renseigner un peu. Le témoignage d'Yvanie
est malheureusement un cas qui peut arriver à
n'importe quelle personne. Mais je voudrais rassurer
les personnes qui comme moi ne connaissaient pas ce
traitement et leur dire que dans ¾ des cas, les
mises en dialyse se passent bien et qu'il n'y pas de
complications. Les différentes personnes que
j'ai rencontrées dans les antennes m'ont beaucoup
aidé à relativiser tout çà.
Au début pour piquer la fistule ce n'est pas
évident, mais si vous écoutez vos médecins,
et que vous réagissez au bon moment, tout se
passe bien. Les progrès de la médecine
et de la technologie font que les séances se
déroulent au mieux.
La
dialyse fait maintenant partie de ma vie.
En
espérant écourter cette période
de ma vie le plus rapidement possible par un greffon
Bon
courage à toutes et à tous.
Si
vous avez des questions sur la mise en dialyse ou des
réactions par rapport à tout ça,
n'hésitez pas. Je répondrai à tout
le monde.
Cécile
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