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Je
m'appelle Dominique, j'ai 33 ans et je vis avec Yvanie
depuis 1995.
Elle m'a annoncé qu'elle était malade dès
les premiers mois de notre rencontre. Elle a choisi le
moment opportun lorsqu'elle a su qu'elle pouvait me faire
confiance. J'ai été surpris par cette annonce
car je n'avais décelé aucun symptôme
qui pouvait laisser présager un quelconque problème
de santé. |
Nous avons discuté longuement de sa maladie et de son
issue possible, sinon probable. Je n'ai pu rester insensible
à son témoignage et surtout à celui de
sa mère, et j'ai mesuré à quel point
lorsqu'on a douze ans on peut souffrir physiquement et moralement
d'une telle annonce et de ses conséquences : examens
pénibles, traitements lourds et aux effets secondaires
redoutables, insensibilité des médecins face
à la souffrance morale.
Cependant, je n'ai jamais été spécialement
affolé, même lorsqu'on a découvert que
son état empirait, courant 2001.
En septembre de la même année, nous sommes partis
en vacances aux USA. A cette époque, ses résultats
étaient mauvais, mais le médecin qui la suivait
ne nous avait pas plus inquiétés. Pourtant,
tout s'est très vite dégradé. J'ai constaté
que son état empirait lors de la deuxième semaine
de notre voyage. J'ai commencé à me poser des
tas de questions car je ne réalisais pas encore que
la maladie la minait de l'intérieur. J'ai cru tout
d'abord que c'était un gros coup de fatigue. Elle se
sentait de plus en plus lasse, et ne pouvait rester debout
que deux à trois heures par jour. La nuit, c'était
encore plus compliqué, elle n'arrivait plus à
dormir. Peu à peu, je voyais l'image d'une fille enthousiaste,
pleine d'énergie et de détermination se brouiller.
Plus rien ne l'intéressait, et surtout elle n'avait
plus la force physique de continuer nos vacances dans de bonnes
conditions. A ce moment là, j'ai un peu paniqué.
J'étais angoissé à l'idée que
nous soyons obligés de lui faire prodiguer les premiers
soins aux Etats Unis, d'autant plus que la période
des attentats ne nous facilitait pas la tâche.
J'ai aussi réalisé que durant toutes ces années,
nous avions tous deux sans doute nié l'importance de
sa maladie. Je pense qu'Yvanie s'était menti à
elle même, en tentant d'occulter les souvenirs douloureux
de son enfance liés à son problème de
santé.
Il était d'autant plus facile d'oublier que l'évolution
de la maladie est silencieuse. Il n'y a aucune manifestation,
hormis au stade final. Par conséquent, même si
nous étions sensés savoir qu'il existait une
épée de Damoclès au dessus de nous, il
nous était aisé d'ignorer cette idée
et de l'enfouir profondément, jusqu'au moment fatidique.
J'avais donc hâte de rentrer en France et de savoir
concrètement comment les choses allaient évoluer.
Très rapidement après notre retour, nous avons
rencontré le chirurgien qui devait créer sa
fistule. Il nous a également présenté
le néphrologue qui allait la prendre en charge. Nous
avons enfin pu obtenir des informations claires et précises
sur ce qui était sur le point de lui arriver. A la
lumière des analyses biologiques qu'elle a passé
à cette occasion, le couperet est tombé, ses
résultats étaient catastrophiques et elle devait
être dialysée en urgence. Même si cette
nouvelle équipe médicale m'inspirait confiance,
j'étais très angoissé à l'idée
de ce qui allait se passer. Yvanie était très
faible, à bout de forces. Nous étions tous les
deux plongés dans l'inconnu, et entraînés
par des événements qui nous dépassaient.
Le
jour fatidique venu, j'ai dû m'éclipser durant
la pose du cathéter de dialyse. J'ai cependant eu le
temps avant que la porte se referme d'en apercevoir suffisamment
pour m'imaginer pas mal de choses assez horribles sur ce qui
allait se passer.
Lorsque j'ai retrouvé Yvanie, elle était recroquevillée
sur un fauteuil roulant. Elle parlait difficilement et se
tordait de douleur. J'étais choqué de ce que
je découvrais. C'est à ce moment précis
que j'ai commencé à réaliser ce qu'elle
allait endurer. J'ai assisté dans la foulée
à sa première dialyse, qui a été
très difficile à supporter tant pour elle que
pour moi. Elle a rapidement été assaillie par
une migraine épouvantable. Elle tenait sa tête
dans ses mains et ne parvenait plus à ouvrir les yeux
ni à s'exprimer. Ensuite elle a eu des nausées.
Je me demandais si toutes les dialyses allaient être
aussi pénibles. J'avais hâte que celle-ci se
termine pour mettre un terme à ses souffrances, mais
malheureusement elles ont continué toute la journée,
et les maux de tête ont même empiré. Une
fois de plus, j'étais impuissant.
Durant les jours qui ont suivi, j'ai été ballotté
en même temps qu'elle par les événements,
sans savoir quoi faire ni comment réagir. Mon attention
était focalisée sur son état, et je pensais
sans cesse à ce qu'on allait lui faire subir. J'avais
l'impression d'être en plein film d'horreur. Cette sensation
fut renforcée par la découverte de la pièce
où s'est déroulée sa seconde dialyse,
deux jours plus tard : non seulement l'endroit était
sinistre, mais de plus les autres malades étaient très
âgés, hagards et silencieux. On aurait dit une
tribu de zombies. Au bout d'un moment, j'ai repéré
Yvanie, qui avait l'air désespérée. Je
me suis dit qu'il était inconcevable qu'elle continue
à faire son traitement dans de telles conditions, elle
ne pourrait pas le supporter. J'étais désemparé.
Cependant, j'ai été soulagé de constater
que le malaise de la première séance n'était
pas réapparu.
Le néphrologue avait déjà abordé
avec nous l'idée de la dialyse à domicile. Ce
que j'avais pu découvrir lors de ce premier contact
ne pouvait que m'encourager dans ce sens : nous étions
au départ tous les deux très mal à l'aise
dans le cadre de la clinique. De plus, je n'avais été
rebuté ni par la vision du sang ni par l'aspect très
médicalisé du traitement, et je me sentais capable
de l'affronter. Par la suite, plusieurs éléments
sont venus me prouver que cette décision était
la bonne. Tout d'abord d'un point de vue purement pratique,
aller à la clinique impliquait de se lever très
tôt, d'affronter les embouteillages parisiens, de trouver
une place de parking dans un quartier peu adapté, de
passer quatre à cinq longues heures "emprisonnés"
à la machine, sans aucune distraction possible.
La possibilité de passer ce temps à la maison,
de faire la séance à l'horaire qui nous conviendrait
le mieux, dans un cadre familier, me séduisait. Mais
avant tout, je pense rétrospectivement que le point
décisif a été l'établissement
d'une relation de confiance avec le néphrologue. Celui
ci nous a conseillé de façon objective, sans
idéaliser ni noircir le tableau. Il a su nous exposer
la situation et les possibilités qui s'offraient à
nous dans un langage clair et facilement compréhensible.
C'est donc dans l'espoir de faciliter la vie d'Yvanie que
j'ai immédiatement accepté de suivre la formation
nécessaire afin de devenir son partenaire de dialyse.
Au fil des séances qui se succédaient, je réalisais
qu'elle prenait peu à peu la mesure de son état
et de sa perte d'autonomie, ce qui était sans doute
la chose la plus difficile à digérer. Jusqu'alors,
elle avait accepté de vivre avec la maladie, mais aujourd'hui,
cette cohabitation tacite se transformait en une lutte sans
merci.
Heureusement pour elle, un espoir existait, celui de la greffe.
D'aussi longtemps que je me souvienne, sa mère avait
parlé de sa maladie en évoquant sa volonté
de lui donner un rein lorsque cela s'avérerait nécessaire.
Je trouvais cette idée courageuse, c'était une
preuve indéniable de l'amour qu'elle lui portait. Mais
je n'avais aucune idée de la faisabilité de
ce projet, et surtout je n'avais jusqu'alors jamais imaginé
qu'elle doive un jour passer à l'acte. Aujourd'hui
pourtant, le verdict était sans appel et sa détermination
toujours aussi forte
Mais de nombreuses étapes
devaient encore être franchies avant que cette possibilité
ne se transforme en réalité.
Durant les semaines qui ont suivi, nous avons bénéficié
tout d'abord de cours théoriques sur les divers aspects
de l'insuffisance rénale et de ses traitements. Ils
avaient lieu pendant les séances, et constituaient
une distraction bienvenue pour tous les deux, d'autant que
nous nous sommes vite passionnés pour le sujet. Leur
perspective nous aidait à affronter la dialyse et ses
contraintes. Ensuite, est venu l'apprentissage du fonctionnement
de la machine, somme toute assez aisé à condition
d'avoir un minimum de rigueur. Les gestes doivent devenir
une habitude, ils sont répétitifs sans pour
autant être irréfléchis. Il peut en effet
arriver qu'une toute petite erreur d'inattention ait des conséquences
salissantes ! La chambre de dialyse aspergée de sang,
ça fait désordre, mais quand en plus vos vêtements
en prennent un coup
Il ne reste plus qu'à nettoyer,
sous les regards hilares de votre " malade " et
de votre néphrologue, tous deux visiblement très
amusés par votre maladresse.
Les choses sont véritablement devenues sérieuses
le jour où une infirmière a eu la bonne idée
de nous montrer une aiguille de dialyse. Je me suis soudain
demandé si j'avais fait le bon choix, et si je serais
capable d'enfoncer un tel engin dans le bras de ma dulcinée,
qui quant à elle s'est exclamée "Mais c'est
un pieu ! Moi, un machin comme ça, je m'en sers pour
me curer les dents !".
Mes angoisses se sont confirmées lors de la première
ponction de la fistule par le médecin. Elle a claqué
au bout de quelques instants, provoquant un énorme
hématome. J'ai vu Yvanie devenir livide et presque
tourner de l'il sous l'effet de la douleur. La chambre
s'était remplie d'infirmières, venues assister
le néphrologue. Après quelques minutes d'affolement,
les choses sont rentrées dans l'ordre et la dialyse
a pu continuer sur le cathéter. Cette confrontation
brutale avec ce qui pouvait survenir en cas d'échec
de ponction n'a pas contribué a me rassurer.
Pourtant,
il a fallu passer à l'acte. Le médecin était
très rassurant : "moi, quand je le fais, je ne
sens rien
". Cette remarque, fort à propos,
m'a mis du baume au cur, et je me suis lancé
dans ma première tentative de ponction, qui fut d'ailleurs
une réussite à mon grand soulagement. Cela ne
m'a pas empêché de manquer la cible à
plusieurs reprises lors des séances qui ont suivi,
ce qui est particulièrement frustrant. Mais j'ai pu
vérifier qu'effectivement, c'était totalement
indolore
pour moi !
C'est à cette période qu'Yvanie a commencé
à parler de se piquer elle même. Au départ,
j'ai cru que c'était parce que je lui faisais mal.
Mais devant sa détermination, j'ai réalisé
qu'il n'en était rien. Par ce geste, elle souhaitait
prendre sa destinée en main et ne pas sombrer dans
la dépendance et la passivité qui touchaient
la plupart des patients que l'on côtoyait. J'ai découvert
des aspects de sa personnalité dont j'ignorais l'ampleur
: la force de caractère, le courage et la détermination.
Elle est finalement passée à l'acte, avec succès,
et elle est rapidement devenue experte. C'est avec soulagement
que j'ai donc cédé ma place
Quelques
semaines plus tard, et malgré notre appréhension
respective, nous étions prêts à nous lancer
dans l'aventure de la dialyse à domicile. J'étais
partagé entre le soulagement lié à la
plus grande liberté que nous offrait cette solution
et l'angoisse de me retrouver seul en cas de gros problème
Cependant, là aussi, il a fallu nous lancer. La mise
en route fut difficile, à cause de multiples pannes
techniques qui perturbaient le fonctionnement de la machine.
Cette période fut très stressante pour nous
deux, je me demandais si le sort ne s'acharnait pas sur nous
Au bout de plusieurs semaines, les choses rentrèrent
dans l'ordre et une nouvelle routine s'installa. Mais alors
que notre vie aurait dû se trouver simplifiée,
l'état de santé d'Yvanie se détériora.
Elle ne dormait plus, elle s'alimentait de moins en moins,
et son état psychologique commençait à
m'inquiéter sérieusement. Son humeur était
changeante et nos heurts étaient de plus en plus fréquents
et de plus en plus violents. Je me souviens notamment d'un
jour où nous étions en voiture, un créneau
que je ne parvenais pas à faire correctement, et qui
a failli nous conduire à la rupture
Je m'interrogeais
sur l'origine de ces troubles : étaient-ils dus à
son état, au traitement, était ce une attitude
normale ou habituelle chez les dialysés ? Je n'obtenais
pas de réponse. Mais je pense à présent
qu'elle intériorisait énormément ses
souffrances, elle n'exprimait que très rarement ce
qu'elle ressentait et ne se livrait jamais. Alors, lorsque
la pression devenait trop forte et trop difficile à
contenir, elle explosait. Et j'en faisais les frais ! Je m'efforçais
d'encaisser sans broncher et ce fut mon tour de me découvrir
une qualité que j'ignorais : la patience.
Entre temps, nous avions obtenu des certitudes quant à
la greffe, une date était même fixée.
Yvanie et sa mère avaient commencé à
passer toute une série d'examens pour s'assurer que
rien ne s'y opposait. J'avais du mal à envisager la
proximité de l'intervention, et je me demandais comment
les choses allaient se passer. Je n'arrivais pas à
voir la greffe autrement que comme une opération chirurgicale
lourde pour toutes les deux, ce qui m'angoissait énormément.
Cet aspect "pratique" des choses occultait les perspectives
d'un avenir meilleur qu'elle nous amènerait. De plus
l'état de santé d'Yvanie occupait mon esprit,
je me demandais comment elle parviendrait à tenir jusqu'au
bout. Je commençais également à craindre
qu'elle ne fasse une bêtise
Finalement, le temps
a passé sans trop d'encombres, et le jour de leur hospitalisation
est arrivé. Je les ai conduites en voiture le 29 mai
au matin. Je ne savais pas quoi penser, j'étais partagé
entre mes propres angoisses que je dissimulais et leur enthousiasme
manifeste
Elles semblaient très détendues,
voire euphoriques, alors que je m'attendais plutôt à
une anxiété bien naturelle en de telles circonstances.
J'ai été tranquillisé par l'accueil qui
nous a été réservé, le personnel
était à la fois professionnel et très
prévenant. Les quelques contacts que j'avais pu avoir
avec les hôpitaux dans le passé ne m'avaient
pas habitué à cela ! Après deux journées
plutôt sereines consacrées à de multiples
tests préalables à l'opération, la greffe
est arrivée.
Lorsque je me suis présenté dans le service
ce matin là, Jocelyne avait déjà été
emmenée au bloc opératoire. J'ai trouvé
une Yvanie très silencieuse, concentrée. Son
esprit était visiblement déjà ailleurs,
auprès de sa maman. Et puis les brancardiers sont arrivés.
Pierre-Marie et moi avons pu la suivre dans les couloirs jusqu'à
l'entrée du bloc. Au moment où les portes se
sont refermée sur elle, j'aurais donné cher
pour que tout soit déjà terminé et que
nous soyons de nouveau réunis
Nous avons pu coincer le chirurgien au détour d'un
couloir et avoir des nouvelles rassurantes de Jocelyne. Ce
fut un premier soulagement. Puis, comme nous l'avait conseillé
Yvanie, nous avons quitté l'hôpital pour quelques
heures. Nous nous racontions des banalités pour chasser
de nos esprits les spectres qui hantaient nos pensées.
Nous sommes allés chez le coiffeur (!), au Virgin Megastore
puis dans un restaurant des Champs Elysées, un vrai
programme touristique ! Nous ne pouvions nous empêcher
d'évoquer régulièrement nos femmes :
"ça doit être terminé maintenant
",
"elles sont certainement toutes les deux en salle de
réveil"
Enfin, n'y tenant plus, nous avons
regagné l'hôpital et nous nous sommes précipités
en néphro. Jocelyne était dans la chambre, profondément
endormie. On nous a informés que tout s'était
parfaitement déroulé. J'ai filé vers
le bloc opératoire, pour tenter de voir Yvanie. On
m'a dit qu'elle venait seulement d'être extubée,
et j'ai pu me rendre auprès d'elle après avoir
enfilé une tenue stérile. Je m'attendais à
la trouver dans un état de semi-conscience, mais elle
semblait parfaitement réveillée et très
cohérente. J'étais à la fois surpris,
soulagé, et surtout très heureux que les choses
se passent si bien. Nous avons discuté un moment. L'infirmière
qui s'occupait d'elle répétait sans arrêt
qu'elle "n'arrêtait pas de pisser " - ce qui
était apparemment une excellente nouvelle !
J'ai finalement dû laisser ma place à son Papa,
qui attendait avec impatiente de pouvoir retrouver sa fille
Je suis donc retourné auprès de Jocelyne, qui
dormait toujours. J'avais une fois encore des difficultés
à envisager les choses autrement qu'à très
court terme, je me réjouissait seulement que l'opération
se soit bien déroulée. J'espérais que
les choses allaient continuer ainsi. Je me concentrais sur
l'instant présent. Quelques jours plus tard, j'ai de
nouveau été rassuré lorsque je les ai
vues piquer des crises de fou rire dans leur chambres, alors
même qu'elles ne parvenaient que très difficilement
à quitter leurs lits. Mais je n'ai commencé
à réaliser que la greffe allait marquer un nouveau
tournant dans nos vies que lorsqu'elles sont rentrées
à la maison, une semaine plus tard
Je
reste admiratif et infiniment reconnaissant du geste de Jocelyne.
Il représente pour moi la démonstration ultime
de la force de l'amour que peut porter une mère à
son enfant. Je ne vois pas de témoignage plus fort
de cet amour que le don d'une partie d'elle même, tel
qu'elle l'a souhaité et réalisé. Je sais
également que c'est uniquement cet amour qui a permis
à nos vies de reprendre leur cours. Ce que je souhaite
maintenant, c'est profiter de l'instant présent auprès
d'Yvanie, réaliser que chaque moment est précieux
et que chaque petit bonheur est une victoire sur le destin.
Nous avons le devoir d'être heureux.
Cette
expérience, aussi difficile soit elle, m'a appris pas
mal de choses. Je suis plus sûr de moi. J'ai mûri.
J'ai aussi découvert des aspects de la personnalité
d'Yvanie que j'avais ignorés ou sous estimés
jusqu'alors : le courage, l'opiniâtreté, la détermination
et une force de caractère que je ne soupçonnais
pas.
Notre amour a traversé sans encombre cette tempête,
il en est même sorti renforcé. Nous avons vécu
plus intimement que jamais, nous avons dépendu à
la fois moralement et physiquement l'un de l'autre. Les liens
que nous avons tissés ont été plus forts
que le désespoir et la maladie. Rien ne pourra altérer
ce que nous avons construit pendant ces quelques mois.
Pourtant,
aujourd'hui encore, et bien malgré moi, l'angoisse
est toujours là. J'ai peur qu'un problème ne
se produise et que les choses tournent mal. Je sais qu'Yvanie
fait le maximum pour que cela n'arrive pas, elle se surveille,
est très attentive à son traitement, mais les
ombres du doute ne me quittent pas
Le temps parviendra
peut être à les atténuer.
Dominique |