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dernière
mise à jour le 10/08/05
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Les greffes en France : quelques chiffres |
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En
application de la révision de loi de bioéthique
du 6 août 2004, l'Agence
de la biomédecine est venue se substituer
à l'Etablissement français des Greffes
depuis le 10 mai 2005. Elle reprend les activités
de prélèvement et de greffe d'organes,
de tissus et de cellules et élargit ses responsabilités
aux domaines de la procréation, de l'embryologie
et de la génétique humaines.
Pour
connaître tous les chiffres et les statistiques
détaillées de l'activité de greffe
en France, vous pouvez consulter en ligne le rapport
annuel de l'Agence de la Biomédecine. C'est
une source d'informations très précieuse
!
Vous
avez également la possibilité de recevoir
gratuitement ce rapport par la poste à votre
domicile en remplissant ce
formulaire.
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Toutes
les études prouvent que la greffe rénale reste
le traitement de choix de l'insuffisance rénale pour
les malades qui peuvent y prétendre, elle permet, lorsque
tout se passe bien, de retrouver une qualité et une
espérance de vie nettement supérieures à
celles qu'offre la dialyse.
De
plus, c'est une thérapeutique qui est à présent
maîtrisée et pratiquée depuis de nombreuses
années. L'apparition de nouveaux traitements anti-rejets
améliore la durée de vie du greffon et rend
les contraintes qui lui sont liées de plus en plus
légères.
Pourtant, le manque d'organes disponibles limite fortement
ses possibilités et oblige souvent les malades à
patienter de nombreuses années en dialyse avant de
pouvoir en bénéficier.
J'ai
tenté de regrouper dans cette page quelques informations
sur la greffe à partir de reins de cadavres en France,
les conditions de prélèvement et d'accès
aux greffons:
Les
donneurs cadavériques constituent
actuellement en France la première source de greffons.
Ils ont été au nombre de 1291 en 2004 et ont
permis de réaliser 2423 greffes de rein.
Extraits
du rapport de l'Etablissement Français des Greffes
sur l'activité de Greffe en France en 2003 :
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Liste
d'attente d'une greffe de rein et accès aux greffons
Les
besoins de la population :
Le nombre de nouvelles inscriptions en attente d'une
greffe de rein a baissé de 3,6 % en 2003 avec
2571 nouveaux inscrits contre 2666 en 2002.
L'âge
moyen des patients inscrits en 2003 a augmenté,
à 45.9 ans contre 45.6 en 2002.
Les femmes représentent 36,7% des inscriptions.
Devenir
des patients en liste d'attente et offre de greffons
rénaux :
Si
on ajoute aux 5229 patients restant inscrits en liste
d'attente pour une greffe rénale les 2571 nouveaux
inscrits au cours de l'année 2003, on dénombre
un total de 7800 candidats à la greffe rénale.
Parmi ces candidats, on a enregistré en 2003
113 décès, et 180 patients sortis de liste,
enfin 2127 (27,3 %) ont été greffés.
Au 31/12/2003, 5380 patients (69 %) restent en attente
d'un greffon. La liste d'attente s'est donc accrue de
151 malades.
Les
greffons disponibles ne représentent que 27,3
% des besoins des 7800 candidats à la greffe
rénale en 2002, ce qui représente un baisse
par rapport au taux observé en 2002 (29 %), liée
à la diminution de l'activité de prélèvement
enregistrée.
Globalement,
il y a 3,7 candidats à la greffe rénale
pour un rein prélevé et greffé.
Voir
l'intégralité du rapport sur le site de
l'Agence de biomédecine
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Prélèvement
: une embellie en 2004
Résultats
préliminaires des activités de prélèvement
et de greffe d'organes en 2004 en France
L'EfG a fait connaître le 31 janvier 2005 les
résultats préliminaires de l'activité
de prélèvement et de greffe en France
en 2004, qui enregistre une augmentation significative
par rapport à l'année 2003
En tout,
294 greffes de rein supplémentaires ont été
réalisées par rapport à l'année
précédente, qui avait été
marquée par un recul des prélèvements.
Il
faut donc saluer les efforts conjugués de l'EfG,
des réanimateurs et des équipes de coordination,
dont l'engagement a rendu possible cette embellie sensible.
L'intensification des recensements de donneurs potentiels
décédés d'accidents vasculaires
cérébraux a permis de compenser la diminution
des accidents de la circulation. Mais on peut aussi
noter que le nombre de transplantations rénales
de donneurs vivants progresse (164), même si elles
ne représentent toujours qu'un peu moins de 7%
du total des greffes.
Il
convient cependant de tempérer cet optimisme,
en particulier pour le rein, en remarquant la croissance
" en flèche " du nombre de nouveaux
inscrits (+14,3%)
Si ce chiffre témoigne
sans doute d'un meilleur accès à la liste
d'attente, ce dont on ne peut que se féliciter,
il signifie également que l'augmentation des
chiffres du prélèvement ne se traduit
pas par une diminution de la pénurie relative
Concrètement, la situation des malades en attente
reste toujours aussi difficile.
extraits
du communiqué de presse de l'EfG
Un
taux de prélèvement proche de 21 par million
d'habitants et une activité de greffe en hausse
de près de 16 %
Pour la première fois en France, le taux de prélèvement
par million d'habitants (pmh) dépasse le seuil
de 20 et s'élève, pour l'année
2004, à 20,9 (pour 18,4 pmh en 2003). 1 290 donneurs
ont été prélevés en 2004
contre 1119 en 2003, soit une augmentation d'environ
15 %. En conséquence, l'activité de greffe
à partir de donneurs décédés
enregistre une augmentation de plus de 15,7 % en 2004,
soit plus de 530 greffes supplémentaires par
rapport à l'année précédente.
Les
accidents de la circulation ont continué à
diminuer mais le nombre de donneurs a pu progresser
grâce à une augmentation du recensement
des donneurs dont la cause de décès est
l'accident vasculaire cérébral. Il faut
rendre hommage au travail des équipes de prélèvement
dont l'activité a permis de confirmer les progrès
réalisés depuis quatre ans pour augmenter
le nombre de greffons disponibles pour les malades en
attente de greffe. A noter, enfin, en 2004, un taux
d'opposition au prélèvement qui reste
similaire à celui de l'année passée
et s'élève à 30 %.
(...)
Il
faut de plus noter en 2004 une augmentation de la greffe
pancréatique qui passe de 70 greffes en 2003
à 102 greffes en 2004 suite aux modifications
des règles de répartition favorisant,
dès 2003, la greffe rein-pancréas pour
les diabétiques de type I insuffisants rénaux.
La
liste d'attente :
En 2004, plus de 11 000 personnes ont eu besoin d'une
greffe d'organe alors que 3 945 seulement ont pu être
greffées. Le nombre de patients restant inscrits
en liste d'attente au 31 décembre 2004 est de
6 707, soit une hausse de 1,9 % par rapport au 31 décembre
2003. Les patients en attente de greffe de rein restent
de loin les plus nombreux : 5 593 malades restent inscrits
en liste d'attente au 31 décembre 2004 (3,8 %
de plus qu'au 31 décembre 2003). Enfin, 2 976
nouveaux patients ont été inscrits au
cours de l'année 2004 pour une greffe de rein,
soit une augmentation de 14,3 % par rapport à
l'année 2003.
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Les principes de la loi de bioéthique |
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Les
activités de prélèvement et de greffe
d'organes, de tissus et de cellules d'origine humaine sont
encadrées en France par la loi de bioéthique
du 6 août 2004, intégrée dans le code
de la Santé Publique, en août 2004. Ces textes
sont à lorigine de la création de l'Agence
de la biomédecine.
La
loi de bioéthique énonce plusieurs grands principes
:
- Le
consentement présumé
Est présumée consentante, toute personne qui,
de son vivant, n'a pas fait connaître son opposition
au prélèvement.
Si le médecin n'a pas directement connaissance de
la volonté du défunt, il doit s'efforcer de
recueillir auprès des proches l'opposition au don
d'organes éventuellement exprimée de son vivant
par le défunt, par tout moyen. Pour les enfants,
l'autorisation des deux parents ou du tuteur légal
est obligatoire.
En
pratique, en situation dramatique de décès
inattendu d'un proche, les familles s'opposent fréquemment
au don. Le taux de refus avoisine les 30%, alors que 90
% des français déclarent qu'ils acceptent
de donner leurs organes en cas d'accident.
- La
gratuité du don
La loi interdit toute rémunération du don
d'organes et de tissus.
- L'anonymat
Afin d'éviter une relation qui peut être complexe
entre la famille du donneur et le receveur, l'identité
du receveur ne peut être révélée
à la famille du donneur et inversement.
La famille du donneur peut toutefois être informée
si elle le souhaite des résultats des greffes par
les équipes médicales.
La
nouvelle loi de bioéthique modifie le code de la santé
publique en matière de greffe, notamment en associant
tous les établissements de santé à l'activité
de recensement et de prélèvement, par lintermédiaire
des réseaux. La loi élargit également
le cercle des donneurs vivants mais précise que lautorisation
de prélèvement, à lexception des
pères et mères, doit être délivrée
par un comité dexperts (dispositions dont l'application
doit être précisée par décret).
Ces
nouvelles dispositions sont entrées en vigueur par
la publication au Journal Officiel, des décrets des
5 et 10 mai 2005.
En
savoir plus sur la loi de bioéthique, sur sa révision
de 2004 et sur les conséquences pour l'activité
de greffe
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Qu'est ce que la mort encéphalique ? |
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Le
prélèvement est conditionné par le diagnostic
de mort encéphalique. C'est un état très
différent du coma, puisque le cerveau est définitivement
détruit, comme le montrent ces radios comparatives
:
La
mort encéphalique, définie comme la "destruction
du tronc cérébral associée à celle
des hémisphères du cerveau", est un état
très rare (2.238 identifiés en France en 2001
sur environ 500.000 décès).
Son
diagnostic doit être effectué par deux médecins
non impliqués dans une quelconque activité de
transplantation. La mort encéphalique est déclarée
après examen clinique constatant :
-
l'absence de conscience
- l'absence
de réflexes du tronc cérébral
- l'absence
de ventilation spontanée
- La
destruction totale et définitive du cerveau, confirmée
par deux encéphalogrammes ou une artériographie
cérébrale.
Un
prélèvement d'organes ne peut donc être
réalisé que dans un service de réanimation,
et par des établissements autorisés.
Afin
de permettre à tout un chacun de mieux cerner la complexité
du processus ainsi que la rigueur dont il fait l'objet, le
CHU de Rouen a édité un
document sur la chaîne de prélèvement.
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Les donneurs "à coeur arrêté" |
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Un
des principaux objectifs pour la greffe en France,compte tenu
de la pénurie croissante de greffons, en particulier
pour le rein, est d'augmenter le " pool de donneurs ".
Le prélèvement d'organe sur donneur décédé
se limitait jusqu'à maintenant aux personnes en état
de mort encéphalique. Une des pistes potentielles est
de l'étendre à des donneurs à cur
arrêté.
Le prélèvement sur donneurs à coeur
arrêté va enfin pouvoir démarrer en France.
Le 2 août 2005, un décret paru au Journal Officiel
autorise ce type de prélèvements.
Il
précise que ces prélèvements peuvent
être pratiqués sur une "personne décédée
présentant un arrêt cardiaque et respiratoire
persistant", pour certains organes et certains tissus
et cellules.
Les organes qui peuvent être prélevés
sur une personne décédée présentant
un arrêt cardiaque et respiratoire persistant sont le
rein et le foie.
Les
tissus et des cellules qui peuvent être prélevés
sont
la peau, l'os, les tissus mous de l'appareil locomoteur, la
cornée, les valves cardiaques, les artères et
les veines.
Enfin,
sur le consentement, le décret précise que :
"
Il est mis fin aux mesures médicales prises avant le
prélèvement pour assurer la conservation des
organes d'une personne dont la mort a été dûment
constatée s'il apparaît, au vu du témoignage
des proches de cette personne, qu'elle avait manifesté
de son vivant une opposition au don d'organes. "
des
situations bien précises,
des difficultés nouvelles à gérer
Quatre
types de situations pouvant conduire à un prélèvement
à cur arrêté ont été
identifiées dans une classification dite " de
Maastricht ", qui décrit les donneurs potentiels
:
- Les
personnes qui sont en arrêt cardiaque et pour lesquelles
le prélèvement d'organes est envisagé
si la durée de l'arrêt cardiaque est inférieure
à 30 minutes.
- Les
personnes qui ont un arrêt cardiaque en présence
des secours, et dont la réanimation échoue.
Cette catégorie représente la principale source
de donneurs potentiels à " coeur arrêté
".
- Les
personnes pour lesquelles on décide d'un arrêt
de la réanimation. Cette situation est celle qui
pose le plus de problèmes éthiques, puisqu'elle
peut être assimilée à un arrêt
de soins.
- Les
personnes en état de mort encéphalique qui
font un arrêt cardiaque irréversible alors
qu'elles se trouvent en réanimation.
On
imagine facilement que toutes ces situations posent des problèmes
complexes, qui sont exacerbés par la notion d'urgence
qui accompagne de tels prélèvements : recueil
de la non-opposition du donneur auprès de sa famille,
difficultés organisationnelles
une
nouvelle source de greffons
Cette
idée n'est pas nouvelle, puisque les premières
greffes, et notamment la première greffe de coeur (1967,
par le Pr. Barnard), ont été faites à
partir de donneurs en arrêt cardiaque
Mais les résultats de ces greffes étaient mauvais.
Entre 1970 et 1990, ce type de prélèvement est
resté confiné à certaines équipes
(aux Pays-Bas) ou à des pays n'ayant pas accès
au prélèvement sur des sujets en état
de mort encéphalique pour des raisons culturelle, comme
le Japon.
Les situations tout comme les techniques de prélèvement
ont évolué. Les résultats se sont peu
à peu améliorés, et depuis le début
des années 2000, de nombreux pays se sont engagés
dans cette voie. Aux Pays Bas (équipe de Transplantation
de Maastricht) et en Espagne (équipe de Madrid), 40%
des prélèvements de reins proviennent à
l'heure actuelle de donneurs à coeur arrêté.
En Angleterre (équipe de Leicester) ce taux est de
30 %.
On estime globalement que le développement de cette
technique en France pourrait augmenter de 30% le nombre de
greffons rénaux disponibles, et donc transplanter environ
600 à 700 malades supplémentaires chaque année
quels
résultats ?
Tous
ces éléments semblent plaider largement en faveur
du recours à cette technique. Reste à examiner
de plus près des études internationales quant
aux résultats de ces greffes. Si les survies des greffons
sont annoncées comme étant au moins équivalentes
à celles observées à partir de greffons
provenant de donneurs en état de mort encéphalique,
quelques différences méritent tout de même
d'être évoquées :
-
le temps qui sépare l'arrêt cardiaque du donneur
et le prélèvement du rein (ischémie chaude,
le greffon n'est plus perfusé par le sang du donneur
mais n'est pas encore réfrigéré) a un
impact considérable sur la qualité de la greffe.
Si elle excède une trentaine de minute, cette durée
peut provoquer sur le greffon des lésions qui entraîneront
une diminution de sa survie, voire dans 6 à 15% des
cas une non-reprise de fonction, c'est-à-dire un échec
immédiat et définitif de la greffe !
-
Le retard de reprise de fonction du greffon, qui nécessite
au moins une séance de dialyse après la greffe,
est extrêmement fréquent en cas de prélèvement
sur donneurs à coeur arrêté (il survient
dans 50 à 100% des greffes selon les études,
contre 20 à 60% pour les prélèvements
sur donneurs à coeur battant).
-
Les études montrent unanimement que de nombreuses précautions
doivent être prises pour assurer à ces greffes
un taux de réussite acceptable : outre la notion d'urgence
qui doit les entourer (pour diminuer les dommages sur le greffon),
les donneurs tout comme les receveurs doivent être sélectionnés
de façon rigoureuse sur plusieurs critères :
exclusion des donneurs âgés ou présentant
un risque rénal (pas d'hypertension artérielle,
de diabète, de protéinurie, de maladie rénale
),
appariement entre les poids du donneur et celui du receveur,
absence d'immunisation du receveur, etc.
les
freins juridiques & éthiques
Les
problèmes éthiques posés ont fait l'objet
d'une étude effectuée par le comité d'éthique
de l'EfG. Ils sont principalement liés à l'attitude
à adopter vis-à-vis des familles, à l'acceptabilité
du prélèvement pour chacune des situations décrites
dans la classification de Maastricht et aux difficultés
inhérentes aux différentes manuvres médicales
qui doivent être entreprises lors du prélèvement.
de
la théorie à la pratique, savoir pour choisir
Le
prélèvement sur donneur à coeur arrêté
devrait être expérimenté dans les mois
qui viennent sur plusieurs sites pilotes en France, avec un
protocole précis et homogène permettant une
évaluation des résultats à 6 mois et
à 1 an. Les sites pressentis se situent sur l'Ile de
France, Lyon, Nancy, Strasbourg, Marseille, Nantes et Bordeaux.
Reste
le problème de l'information donnée au receveur
et du recueil de son " consentement éclairé
". On ignore pour le moment quels seront les critères
d'inclusion des patients dans ces protocoles, ni à
quel moment ils recevront ces informations et seront amenés
à se prononcer. Il est bien clair que même si
les résultats sont prometteurs, compte tenu de la situation
critique de pénurie dans laquelle nous nous trouvons,
cet enthousiasme reste à pondérer. Pour les
patients, le choix pourrait bien se résumer au dilemme
suivant : prendre le risque de bénéficier plus
rapidement d'une greffe de qualité potentiellement
moindre. Il appartient à chacun d'apporter sa propre
réponse, en toute connaissance de cause. Il est malheureusement
probable que nous serons confrontés de plus en plus
souvent à ce type de choix difficiles dans l'avenir
proche
Yvanie
Caillé
Un
grand merci au Pr Maryvonne Hourmant et au Dr Jacky Claquin
pour leurs informations précieuses sur le sujet.
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Comment sont répartis les organes ? |
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[dernière
mise à jour le 15/09/04]
Il
y a plus de candidats en attente de greffe que d'organes disponibles.
C'est
cette situation de pénurie qui a conduit à la
création d'une liste d'attente sur laquelle sont inscrits
les candidats à la greffe, et à élaborer
des règles de répartition et d'attribution des
organes prélevés chez les sujets en état
de mort cérébrale.
En
France, si l'on prend l'exemple de la greffe rénale,
il y avait en 2003 plus de trois fois plus de malades à
greffer que de transplantations réalisées annuellement,
et les durées d'attente dépassent couramment
plusieurs années.
Ceci
signifie que lorsqu'un organe est transplanté, un autre
malade n'en bénéficie pas, au détriment
de sa qualité de vie, de sa santé, voire de
sa vie.
Il
existe donc des règles de répartition précises
qui visent à concilier les intérêts de
chaque malade avec ceux de tous les inscrits sur la Liste
nationale d'attente selon des critères qui soient à
la fois médicalement validés et socialement
acceptables. Leur objectif est de mieux répartir les
greffons au sein des équipes afin que tous soient soignés
au mieux. Il faut trouver de plus la meilleure adéquation
possible entre l'activité de prélèvement,
le nombre et le type de malades candidats, et l'activité
de greffe. Enfin, il s'agit de ne perdre aucun greffon au
cours d'un processus guidé et arbitré par des
règles et des contraintes logistiques parfois extrêmement
contraignantes.
Les
critères pris en compte
Historiquement,
en transplantation rénale, les critères immunologiques
d'appariement donneur-receveur (compatibilité
HLA) ont été considérés comme
base des systèmes de répartition par les transplanteurs
il y a plus de 30 ans. Malgré une large remise en cause
de leur influence à la lumière de l'amélioration
générale de l'efficacité et de la tolérance
des traitements immunosuppresseurs, ils demeurent importants.
La plupart des organisations de régulation accordent
une "priorité universelle" aux malades parfaitement
compatibles (0 incompatibilités HLA A, B, DR). Ils
utilisent à des degrés divers la compatibilité
HLA dans leurs systèmes de répartition.
La
durée d'attente, prise en compte à partir de
la date d'inscription sur la liste, est le critère
d'attribution le plus sensible en transplantation rénale.
Enfin,
d'autres critères peuvent intervenir, comme l'appariement
selon l'âge du donneur et du receveur, selon leurs poids,
voire selon leurs sexe ou selon leurs caractéristiques
virales respectives.
La
complexité du modèle s'est encore accrue, parce
que depuis plusieurs années les greffons sont prélevés
chez des donneurs de plus en plus âgés et leur
qualité tend à se dégrader. Ce fait impose
d'adapter la répartition aux caractéristiques
fonctionnelles des organes.
Deux grands modes de répartition
En
France, Il
y a deux grands modes de répartition possibles des
greffons :
Le
greffon prélevé peut être réparti
dans une équipe,
soit à proximité du lieu de prélèvement
(répartition "locale"), soit par un système
de tour de rôle. Par exemple, lorsqu'un prélèvement
est effectué et que le centre préleveur dispose
d'un service de transplantation rénale, un des deux
reins lui est systèmatiquement attribué ("le
rein local"). Cette mesure a un caractère incitatif
au prélèvement, au bénéfice d'un
malade inscrit dans le centre où il s'est effectué.
L'équipe
a la responsabilité de l'attribution à l'un
des malades de sa propre liste en fonction des critères
qui lui semblent les meilleurs.
Un avatar de ce type de répartition est le système
de "tour d'équipes", largement utilisé
en France pour l'attribution des greffons dans la région
Nord et la région Centre Rhône-Alpes.
Il
ne prend en compte ni l'inégalité du nombre
de malades inscrits, ni l'inégalité d'accès
aux greffons, ni les différences entre les capacités
des équipes. Il n'a qu'une justification politique
: équilibrer l'activité de prélèvement
et de greffe entre les équipes.
Le
mode de répartition "au malade"
est basé sur les besoins d'une plus grande équité
et d'une parfaite transparence vis-à-vis dupublic et
des autorités de santé.
Elle
est la seule méthode de gestion des malades urgents
et des malades ayant des difficultés pour obtenir un
greffon. (cas des hyperimmunisés
qui doivent avoir accès à un "pool"
de donneurs très large, à l'échelon national
voire international).
Les régles d'attribution de l'EFG
A
la création de l'Etablissement français des
Greffes, en 1994, le législateur a chargé cette
nouvelle agence "d'établir et de soumettre à
homologation par arrêté du ministre chargé
de la santé, les règles de répartition
et d'attribution des greffons".
Pendant
deux ans s'est déroulée une large consultation
publique, basée sur une réflexion sociétale,
qui a permis d'aboutir à la promulgation le 6 novembre
1996 de l'arrêté homologuant les règles
de répartition et d'attribution des greffons prélevés
chez des sujets décédés.
L'arrêté
énonce les grands principes,notamment l'égalité
des chances et l'efficacité ; ses modalités
d'applications sont décidées par le Directeur
Général de l'EFG après avis de son Conseil
Médical et Scientifique. Elles peuvent être modifiées
en cas de nécessité (notamment un progrès
médical) dans les mêmes conditions.
Les
règles communes définissent d'une part le principe
général de la greffe en stricte compatibilité
ABO (notamment un malade de groupe sanguin A ou B ne pourra
pas recevoir, sauf dérogation, un greffon de groupe
O), d'autre part des catégories prioritaires
à l'échelon national :
- les
malades "urgents" dont la vie est menacée
à très court terme,
- les
malades dont la probabilité d'accès à
la greffe est très faible,
- et
enfin les enfants de moins de 16 ans.
Les
règles spécifiques à la répartition
des reins prévoient quatre catégories de priorités
nationales :
-
Les "super-urgences".
Il s'agit notamment des malades pour lesquels la poursuite
de la dialyse est rendue impossible, par exemple en raison
de l'épuisement de possibilités d'abord vasculaire.
-
Les malades hyperimmunisés,
possédant plus de 80 % d'anticorps
anti-HLA dans le sérum. La
greffe s'effectue dans le respect de la stricte identité
ABO.
- Les
malades "full match",
ayant une compatibilité HLA parfaite avec le donneur,
pour les patients immunisés (taux d'anticorps anti-HLA
supérieur à 5 %).
- Les
enfants de moins de 16 ans,
pour les greffons prélevés chez des donneurs
de moins de 16 ans.
Après
l'application de ces priorités nationales, trois catégories
de priorités s'exerçant à l'échelon
inter-régional sont définies :
- Les
greffes combinées d'organes
différents (multi-greffes), à l'exclusion
des greffes rein-pancréas
-
Les malades "immunisés
de groupe rare", chez lesquels la priorité
est sollicitée au cas par cas par le médecin
du centre de transplantation d'inscription.
- Enfin,
les malades de moins de 16 ans,
pour les greffons de donneurs âgés
de 16 à 30 ans.
Dans
le cas des "super-urgences" et des priorités
"immunisés de groupe rare", c'est l'équipe
clinique qui sollicite le placement d'un malade inscrit dans
l'une de ces catégories.
L'EFG,
qui reçoit cette demande, sollicite l'avis de trois
experts du collège rein-pancréas qui statuent
à la majorité sur la recevabilité de
la demande.
Dans
le cas des malades "immunisés de groupe rare",
des simulations sont effectuées pour quantifier la
difficulté d'accès à la greffe du malade.
Une dérogation à la règle de l'appariement
ABO peut être également sollicitée pour
ces malades.
Pour
l'année 2000, 119 greffons (6,1 % des greffes) ont
été attribués et transplantés
à des malades entrant dans l'une de catégories
prioritaires à l'échelon national (dont 53 priorités
nationales pédiatriques), et 66 (3,4 % des greffes)
à des malades prioritaires à l'échelon
inter-régional dont 20 enfants et 42 greffes combinées,
pour l'essentiel des doubles greffes rein-foie.
Ceci
signifie que plus de 90 % des greffons sont transplantés
à des malades n'entrant pas dans le cadre des priorités
nationales ou inter-régionales.
Lorsqu'un
greffon prélevé chez un donneur n'est pas attribué
à un malade entrant dans l'une des 7 catégories
prioritaires énumérées plus haut, sa
modalité de répartition dépend de l'inter-région
et du lieu de prélèvement. Il est en effet assujetti
aux modalités de répartition qui varient selon
les 7 inter-régions EfG.
Globalement,
environ 60 % des greffons sont répartis à des
équipes qui l'attribuent à un malade (greffons
"locaux" dans la plupart des cas ou attribution
par un système de tour dans la région Nord et
la région Centre Rhône-Alpes). Environ 35 % sont
attribués directement à un malade par un système
algorithmique basé sur la compatibilité HLA
décroissante.
Les
règles de répartitions font régulièrement
l'objet de débats, voir par exemple
l'intervention de Jean-François Mattei, actuel
ministre de la santé, dans le cadre des auditions de
la Commission de consultation publique sur les règles
de répartition et d'attribution des organes prélevés
sur des personnes décédées, en avril
1996.
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Une expérience intéressante en
Ile de France... |
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Et si le malade trouvait enfin sa
place au centre du système de répartition des
organes ?
Si
l'on examine la situation des malades n'appartenant à
aucune des catégories actuellement prioritaires, qui
représentent 90% des personnes qui attendent un rein
en France, on constate que les règles de répartition
qui vont s'appliquer sont extrêmement hétérogènes
selon les régions.
Globalement, il existe deux grands modes de répartitions
:
Les greffons prélevés peuvent être attribués
au malade ayant la meilleure compatibilité HLA. Il
faut préciser que jusqu'à ce jour, la notion
de durée d'attente sur la liste n'entre en ligne de
compte que pour départager les éventuels "
ex aequos ". On estime que sur le territoire, 35% des
greffons sont attribués de la sorte.
Les greffons prélevés peuvent aussi être
attribués à une équipe, c'est ce qui
se produit dans 65% des cas. L'attribution peut être
purement géographique (proximité du lieu de
prélèvement, c'est la répartition "
locale "), ou dépendre d'un système de
tour de rôle. Ni l'inégalité du nombre
de malades inscrits, ni l'inégalité d'accès
aux greffons, ne sont alors prises en compte. L'équipe
a la responsabilité de sélectionner un des malades
de sa propre liste en fonction des critères qui lui
semblent les meilleurs
D'un
point de vue purement éthique, on ne peut que regretter
le manque de transparence qui résulte de cette hétérogénéité,
qui est bien évidemment génératrice de
grandes injustices entre les malades.
C'est
justement dans le but de gommer ces inégalités
qu'une initiative très intéressante a été
mise en place à titre expérimental en Ile-de-France.
Les greffons de cette région sont attribués
depuis avril 2004 en fonction d'un score, calculé pour
chaque malade en fonction de plusieurs critères pondérés.
Ainsi (et c'est une vraie nouveauté !) l'ancienneté
d'inscription en liste d'attente, la difficulté
d'accès à la greffe et l'appariement
en âge du donneur et du receveur sont réellement
pris en considération, en plus de la compatibilité
HLA, qui devient un critère parmi tant d'autres et
perd sa prépondérance historique.
Des objectifs ont été clairement définis
: diminuer le nombre des malades en attente prolongée
tout en garantissant des résultats de transplantation
optimaux.
Le
malade est enfin placé au centre des règles
d'attribution, et cette expérience va clairement dans
le sens d'une répartition plus juste et plus équitable.
Preuve en est les constatations faites par les équipes
de transplantation ces derniers mois : les malades qui ont
été greffés depuis la mise en place du
score attendaient tous depuis des durées extrêmement
importantes, excédant souvent la dizaine d'années,
et il est vraisemblable que nombre d'entre eux n'auraient
jamais pu bénéficier d'une transplantation dans
le cadre des anciennes règles de répartition.
On
peut espérer que tous les " oubliés "
de l'ancien système, ceux qui sont restés au
bord du chemin, pourront être greffés dans un
délai raisonnable et que le score permettra à
terme d'homogénéiser les durées d'attentes.
Une évaluation de ces nouvelles règles sera
réalisée six mois et un an après leur
mise en place. Souhaitons que ses conclusions soient de nature
à les pérenniser et à entraîner
leur généralisation sur l'ensemble du territoire...
Il
faut bien comprendre que, pour qu'un système de ce
type fonctionne de façon optimale, il faut qu'il soit
appliqué dans un cadre le plus large possible. On conçoit
facilement qu'une répartition nationale des greffons
rénaux basée sur un système de score
constituerait du point de vue éthique le modèle
le plus transparent, le plus juste et le plus équitable.
Serait-il pour autant le plus efficace ? Quelles seraient
les conséquences d'un mode de distribution des greffons
aussi large sur l'activité des différentes équipes
(notamment sur celles qui souffrent actuellement le moins
de la pénurie), sur la qualité des greffes réalisées,
et plus prosaïquement sur les coûts (même
si le poids de ce dernier critère doit rester très
relatif au regard des autres enjeux) ?
A
l'heure où les malades en attente sont confrontés
à des situations souvent dramatiques, ces questions
méritent d'être posées et de trouver des
réponses.
Yvanie
Caillé
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Témoignage : de la dialyse à la transplantation
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