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dernière
mise à jour le 03/01/05
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Quelques définitions |
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Qu'est-ce
que le péritoine ?
Le
péritoine est une membrane formée de
deux feuillets, l'un qui tapisse la paroi abdominale, l'autre
qui entoure les organes abdominaux. Ces deux feuillets se
superposent, et restent quasiment accolés à
l'état normal. Ils délimitent cependant un espace
virtuel, nommé cavité péritonéale,
qui se distend si l'on y introduit une solution de dialyse.
Dans ce cas le péritoine offre une surface d'échange
importante, du même ordre de grandeur que la surface
corporelle (généralement entre 1,5 et 2 m²).
De plus le péritoine est abondamment vascularisé,
ce qui en fait un organe de choix pour la réalisation
de l'épuration extra-rénale.
Le
cathéter intra-péritonéal
C'est
un cathéter souple, qui est placé chirurgicalement
dans la cavité péritonéale, sous
anesthésie locale ou générale selon les
centres (AG dans mon cas). On fait ressortir l'extrémité
de ce cathéter par un petit trou pratiqué généralement
un peu en-dessous du nombril, et du côté droit
ou gauche, selon le souhait de l'équipe de greffe (la
plupart des chirurgiens préférant greffer à
droite, le cathéter est le plus souvent placé
à gauche). On installe ensuite sur ce cathéter
une ligne d'adaptation, qui permet le branchement sur le matériel
de dialyse, et protège (à l'aide d'un petit
bouchon gorgé de bétadine) l'accès au
péritoine entre deux séances. Cette ligne est
changée régulièrement par la suite.

Les
solutions de dialyse
Une
quantité variable de solution (généralement
entre deux et trois litres) est introduite par le biais du
cathéter dans la cavité péritonéale.
Les échanges s'effectuent alors comme en hémodialyse
: les déchets métaboliques, l'eau et les ions
en excès migrent du sang vers la solution de dialyse
au travers de la membrane péritonéale. Le liquide
est assez rapidement saturé (en quelques heures tout
au plus), c'est pourquoi il faut le renouveler plusieurs fois
par jour.
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Les différentes
techniques de dialyse
péritonéale |
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Il
existe principalement deux techniques de DP, qui sont
a priori équivalentes, mais dans la pratique on choisira
celle qui est le plus adaptée à chaque patient.
En effet, à la différence de l'hémodialyse,
on ne peut pas choisir la qualité de la membrane échangeuse,
et tous les péritoines ne fonctionnent pas de manière
équivalente.
Grosso-modo,
on peut distinguer :
-
le péritoine " hyper-perméable "
: il laisse passer très facilement les molécules
que l'on souhaite éliminer ; dans ce cas le liquide
est très rapidement saturé, et il faut le
renouveler très souvent ; on applique dans ce cas
la technique de DP automatisée (DPA);
- le
péritoine " hypo-perméable " :
il laisse moins facilement passer les dites molécules,
et le liquide doit rester dans la cavité péritonéale
plus longtemps pour épurer le sang suffisamment ;
dans ce cas on choisit la DP continue ambulatoire (DPCA).
- enfin
le péritoine intermédiaire, dit "
normo-perméable ", qui se contente aussi
bien de l'une ou de l'autre technique.
Attention
: avoir un péritoine hypo-perméable ne veut
pas dire que l'on est moins bien dialysé ! Les deux
techniques sont équivalentes, simplement l'une ou l'autre
sont plus ou moins bien adaptées aux particularités
physiologiques de chaque patient. La plupart du temps, les
patients peuvent choisir librement leur technique de DP. D'ailleurs,
au début de la dialyse, on a aucun moyen de connaître
la perméabilité péritonéale. Les
premiers tests sont effectués 3 à 6 mois après
le début de la dialyse, et s'il apparaît que
la technique choisie est mal adaptée, on peut en changer,
mais cela arrive assez rarement en pratique. En première
intention, on choisit souvent la DPA car elle est (un petit
peu) moins contraignante.
La
DPCA (dialyse péritonéale continue ambulatoire)
| C'est
la technique " à l'ancienne " : la dialyse
s'effectue entièrement manuellement. On connecte
un système appelé " double poche "
au cathéter du patient. Il est constitué
d'une poche de drainage (c'est-à-dire vide
)
et d'une poche remplie de deux litres de solution de dialyse.
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Dans
un premier temps, la cavité péritonéale
est vidangée dans la poche vide. Il suffit de la disposer
sur le sol, le patient reste assis sur une chaise, et le liquide
s'écoule sous la seule action de la gravité.
Il faut environ 15 à 30 minutes pour vidanger complètement
la cavité. Ensuite, on injecte le dialysat en accrochant
la poche pleine à un pied à perfusion, et le
liquide s'écoule, par gravité, dans le péritoine.
L'injection va généralement un peu plus vite,
et dure de 10 à 20 minutes. La plupart du temps on
effectue quatre échanges dans la journée (matin,
midi, soir, coucher), et on garde un liquide à plus
longue durée d'action pour la nuit. Il est aussi possible,
au moyen d'un appareillage très simple, de réaliser
un échange supplémentaire la nuit, sans avoir
à se réveiller.
La
DPA (dialyse péritonéale automatisée)
C'est
une technique plus moderne, qui est généralement
choisie car elle est un peu moins contraignante. Dans
ce cas, tous les échanges ont lieu la nuit. Il faut
installer suffisamment de poches sur un appareil appelé
" cycleur ", de les relier entre elles, puis
de connecter le cathéter à l'appareillage. La
machine prend ensuite en charge les vidanges et les injections.
Dans ce cas les temps de stagnation sont plus courts, ce qu'on
compense en augmentant le nombre des échanges (6 à
8 échanges avec des volumes de 2 à 3 litres,
en général le volume total doit se situer entre
15 et 20 litres). La durée totale du traitement (sans
compter le temps nécessaire à l'installation
et la désinstallation des poches) s'échelonne
de 8 à 10 heures. La journée, on restera selon
les cas le ventre vide, ou bien rempli d'un liquide à
plus longue durée d'action.
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Le déroulement d'une
séance de DPA |
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Merci
à Benoît pour les infos et les photos !
Après
s'être bien lavé les mains à la bétadine,
on connecte toutes les poches à la machine : le branchement
en lui-même est assez rapide mais il faut attendre que
la machine amorce les lignes (elle enlève l'air).

Lorsqu'on
est habitué, on met 20 à 25 minutes chaque soir
et 5-10 minutes le matin pour débrancher et ranger
le matériel.
Lorsque
le liquide situé dans la poche du réchauffeur
est passé dans le péritoine, cette poche se
remplit à nouveau et ainsi de suite. Le liquide qui
se vide du péritoine part directement dans le bidon-poubelle,
que l'on vide le matin.

Il
existe aussi des poches-poubelle baxter, que l'on peut facilement
emporter dans une valise lorsqu'on part en train part exemple
(en voiture, ça pose moins de problème).
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Etant
donné qu'il faut entre 15 et 20 litres de liquide
par nuit
vous imaginez le stockage qu'il faut
faire. Les livraisons se font pour un mois, soit, pour
nous, 60 cartons !
Il
faut de plus prévoir de la place pour tout le
"petit matériel" (compresses, champs
stériles ainsi que bouchons et coquilles pour
la connexion déconnexion, lignes, alcools, bétadine
)
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Voici
le fameux tuyau (cathéter de DP) qui entre dans le
péritoine.

L'intervention
pour la pose de ce système met 1 heure environ.

Sur cette photo, on voit la cicatrice, juste à droite
du nombril : très discrète.
Lors
des deux premiers mois, il faut mettre un pansement assez
volumineux (15*15cm) qui englobe sortie du tuyau et cicatrice.
Par
la suite, un simple petit pansement (hydrofilm) suffit.
Benoît
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Les
inconvénients de la dialyse péritonéale |
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Merci
à Simon pour son analyse sur les avantages et les inconvénients
de la DP
Les
inconvénients :
- La
durée du traitement est beaucoup plus longue.
En HD, on ne vit avec la dialyse que 3 demi-journées
par semaine, ce qui est déjà beaucoup, mais
en DP la dialyse c'est tous les jours, tout le temps.
- Il
faut être très indépendant, et ne
pas avoir peur de se retrouver seul face à sa machine
; de plus, on ne rencontre presque pas de compagnons d'infortune
avec qui discuter, échanger les expériences
ou solliciter des conseils. On doit apprendre et découvrir
la dialyse tout seul.
- Tout
le monde ne peut pas dialyser de cette manière :
en effet cette technique est relativement inefficace
comparée à l'hémodialyse, c'est
pour cela qu'il faut la faire tous les jours. Il est préférable,
la plupart du temps, d'avoir une fonction rénale
résiduelle, si faible soit elle, sans quoi l'épuration
extra-rénale risque d'être insuffisante, sauf
à rester accroché à sa machine 24 h
/ 24, ce qui, bien sûr est difficilement envisageable
A
titre d'exemple je donne les chiffres me concernant :
ma clairance rénale résiduelle était
aux environs de 4 ml/mn, la clairance totale sur une semaine
aux alentours de 9 ml/mn en moyenne, ce qui veut dire
que la dialyse ne fonctionne qu'à hauteur de 5
ml/mn en moyenne ! Ma créatinine est toujours restée
entre 1000 et 1200 µmol/l (soit entre 115 et 135
mg/l) pendant les trois ans et demi de DP, soit environ
dix fois le taux normal. Malgré cela, mon traitement
était considéré comme tout à
fait satisfaisant, puisque le minimum à atteindre
dans mon centre est fixé à 7 ml/mn en moyenne
sur une semaine (clairance résiduelle et dialyse).
-
Le cathéter est inesthétique et gênant.
De plus il constitue une porte d'entrée de choix
pour les micro-organismes, et augmente considérablement
le risque d'infection péritonéale.
C'est pourquoi la dialyse comme la réalisation du
pansement du cathéter nécessitent le respect
de conditions d'hygiène strictes : port d'un masque,
lavage chirurgical des mains, bonne hygiène des locaux
où se déroule la dialyse, etc. Malgré
toutes ces précautions, les cas de péritonite
ne sont pas rares, et même quasiment systématiques
au-delà de trois ans de dialyse (pour ma part, première
et unique péritonite à 34 mois de DP). Si
l'infection est détectée suffisamment tôt,
et si l'agent infectieux n'a pas migré dans le sang
(septicémie), le problème se règle
en quelques jours d'hospitalisation : lavages péritonéaux
à l'aide de solutions de dialyse auxquelles on ajoute
un antibiotique puissant, et une ou deux perfusions d'antibiotiques.
Encore
une fois, il convient de signaler le désavantage
d'être seul face à ce genre de problème
: c'est vous qui devez le premier diagnostiquer la péritonite
et vous rendre à l'hôpital pour la faire
traiter. Inutile de dire qu'il vaut mieux se déplacer
pour rien que de passer à côté d'une
réelle infection
-
Tout ce matériel prend beaucoup de place,
il est donc bon de disposer d'un local facilement accessible
et raisonnablement sain (évitez les caves très
humides ou les greniers très poussiéreux
Un garage, par exemple, fait parfaitement l'affaire à
condition qu'il ne gèle pas dedans en hiver) parce
que les cartons dans la chambre, c'est un peu encombrant.
Dans mon cas, je recevais une palette de 800 kilos tous
les mois
-
La solution de dialyse est très sucrée,
ça crée un apport de glucose très
important, donc le régime est assez strict au niveau
des sucreries, et le risque de diabète s'en
trouve accru (mais en fait, ça dépend surtout
de la réponse de l'organisme à cet apport
supplémentaire : s'il n'y a pas d'augmentation
significative de la glycémie et une " envolée
" des triglycérides, alors le régime
est beaucoup plus souple).
-
La solution dialyse aussi les protéines.
Il faut donc " jongler " (et c'est pas très
facile) avec les viandes-poissons-ufs-laitages pour
avoir un apport protidique suffisant sans faire trop monter
le phosphore. Il existe, pour les personnes présentant
un risque accru de dénutrition (en particulier
les personnes âgées), des solutions enrichies
en protéines qui limitent le phénomène
de déplétion protidique.
-
Enfin, à la différence de l'hémodialyse,
la durée du traitement est généralement
limitée, la qualité du péritoine
tend à se détériorer, ce qui
est encore accru par les éventuelles péritonites.
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Les
avantages de la dialyse péritonéale |
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- Le
principal avantage, en DP, c'est que c'est une technique
plus physiologique, plus " douce " que l'hémodialyse
: l'épuration extra-rénale se fait continuellement,
ce qui, même si elle est faible, est moins agressif
pour l'organisme, et au total pas moins efficace.
- L'ultra-filtration,
par exemple, a lieu en permanence, au lieu de perdre 3 kilos
à chaque séance d'HD on ne " rend "
qu'un litre d'eau environ par jour : donc pas de problème
de tension, de fatigue, de crampes, etc
(en tous
cas moins de problèmes de ce genre). Le régime
est aussi un peu moins contraignant, même si en théorie
c'est quasiment le même qu'en HD, mais en pratique
les écarts sont beaucoup plus tolérables.
- La
DP n'altère pas (ou peu) la fonction urinaire,
on a donc pas (ou peu) de restriction hydrique. Dans le
même ordre d'idée, l'aspect continuel de la
dialyse permet une surveillance plus facile des paramètres
biologiques, qui a priori (sauf bien sûr s'il y a
un problème, ou une aggravation de la pathologie)
n'évoluent pas ou peu dans le temps, quand le traitement
est bien stabilisé, à la différence
de l'HD ou ces paramètres augmentent entre chaque
séance. Ainsi, il est plus facile de juger de l'efficacité
du régime, et de l'adapter à bon escient si
besoin.
- D'autre
part, on bénéficie (en tous cas j'ai bénéficié)
d'un suivi médical que je qualifierais de souple
compte-tenu de la gravité de l'IRC : une consultation
par mois avec bilan biologique, et une consultation approfondie
tous les six mois (avec bilan plus complet, changement de
ligne d'adaptation sur le cathéter, mesure de la
perméabilité péritonéale, et
une fois par an quelques radios : à peine une journée
à l'hôpital).
-
L'autre avantage important de la DP est la relative autonomie
dont on dispose pendant le traitement. Il est infiniment
plus facile de partir en vacances, en week-end, même
de manière impromptue. Pour les vacances de longue
durée, il est généralement possible
de se faire livrer à l'avance tout le matériel
nécessaire sur le lieu de villégiature (même
à l'étranger), mais pour les durées
inférieures à une semaine, on peut se débrouiller
tout seul pourvu qu'on ait un coffre assez grand.
Je
prends (encore) mon exemple : il m'est arrivé de
partir une semaine entière avec tout le matériel
(machine + poches + accessoires divers) et aussi la poussette,
le lit pliant et la chaise haute de mon fils (j'ai un
kangoo, qui, il est vrai dispose d'un très grand
coffre).
J'ajoute
pour modérer un peu mon propos, que j'ai n'ai jamais
subi (ou bénéficié) d'hémodialyse,
donc je ne peux pas vraiment juger impartialement de la différence
entre les deux techniques. Tout ce que je connais de l'HD,
on me l'a raconté, ou je l'ai lu sur le forum ou sur
renaloo. Je pense néanmoins que je suis resté
en meilleure santé grâce à la DP.
D'autre
part je suis jeune, et en excellente santé par ailleurs
(je veux dire hormis l'IRC). Cela a contribué aussi
au fait que mon traitement se soit aussi bien déroulé,
et je crois que ça peut moins bien se passer chez des
personnes plus âgées, moins en forme et/ou souffrant
d'autres pathologies.
Simon
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Témoignage : de la dialyse à la transplantation
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