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dernière
mise à jour le 15/09/04
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Vos droits en tant que patients... |
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L'insuffisance
rénale est une affection aux traitements lourds, qui
peut entraîner des situations de vulnérabilité
et de dépendance. Il faut savoir que toute personne
malade dispose de droits fondamentaux dans son parcours de
patient.
Avertissement
: ce qui suit est issu d'un travail de recherche "amateur",
afin de tenter de répondre aux nombreuses questions
d'ordre social posées sur le site ou sur le forum...
Je n'ai aucune formation d'assistante sociale, j'ai juste
tenté d'approfondir mes connaissances en la matière
et de les partager au mieux. Suggestions, remarques et critiques
bienvenues !
Yvanie
Connaître
ces droits permet d'établir un dialogue responsable
et adulte avec le personnel soignant. Au delà des règles
juridiques, il est importante de mettre en place une relation
basée sur la confiance mutuelle et la collaboration.
Souvenez-vous,
et n'hésitez pas au besoin à le rappeler à
ceux qui sembleraient l'avoir oublié, que tout malade
reste avant tout une personne...
L'arsenal
législatif et réglementaire qui affirme vos
droits est vaste et complexe, mais l'avancée la plus
récente est sans aucun doute La Loi du 4 mars 2002
sur les droits des malades, dite loi Kouchner. Voici un apperçu
de ce qui doit vous être garanti dans le cadre de votre
prise en charge médicale :
Vos
droits fondamentaux
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Le droit au soulagement de la douleur |
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Avoir
moins mal, ne plus avoir mal, c'est possible, et c'est un
droit.
"
toute personne a le droit de recevoir des soins visant à
soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance
prévenue, évaluée, prise en compte et
traitée " - article
L. 1110-5 du code de la santé publique
La prise en charge de la douleur bénéficie aujourd'hui
d'un cadre juridique et de mesures législatives qui
font de son traitement une priorité.
Vous avez un rôle majeur dans la prise en charge
de votre douleur : en l'exprimant, en aidant au diagnostic
et en participant à son évaluation.
Il existe aujourd'hui de nombreux médicaments antalgiques
qui sont très actifs. Parmi eux, la morphine occupe
une place de choix. Contrairement à une idée
reçue, elle n'entraîne aucune accoutumance. Elle
peut également être auto-administrée par
le malade lorsqu'il en ressent le besoin, par l'intermédiaire
d'une pompe auto-contrôlée. Son usage est possible
dans le cadre de l'insuffisance rénale et les néphrologues
connaissent les posologies adaptées.
De nombreux traitements spécifiques, compatibles avec
l'insuffisance rénale, sont aujourd'hui à votre
disposition. Les douleurs provoquées par le traitement
ou les soins doivent être soulagées, même
quand elles sont considérées comme "mineures".
C'est
par exemple le cas pour les douleurs occasionnées par
les ponctions lors des séances de dialyse. Il existe
des patchs anesthésiants (EMLA), disponibles en pharmacie,
qui peuvent être appliqués une heure environ
avant chaque séance au niveau des futurs points de
ponction. Ce traitement est remboursé à 100%
par l'assurance maladie et vous pouvez en demander la prescription
à votre néphrologue.
Les
textes réglementaires :
- Le
code de déontologie médicale :
"En toutes circonstances, le médecin doit
s'efforcer de soulager les souffrances de son malade, l'assister
moralement
" (art.37).
- La
Charte du patient hospitalisé : "Tout
établissement doit se doter des moyens de prendre
en charge la douleur des patients et intégrer ces
moyens dans son projet d'établissement, comme le
précise la loi".
- Selon
les articles 31 et 32 de la loi du 4 février 1995
(JO du 5 février), la prise en charge de la douleur
doit dorénavant être une priorité.
- Le
plan douleur de décembre 1998.
Le précédent Secrétaire d'Etat à
la Santé, Bernard Kouchner a fait du traitement de
la douleur une priorité.
- Le
Plan quadriennal de lutte contre la douleur 2002-2005.
Un nouveau programme d'actions a été mis en
place, élargissant les objectifs du 1er plan de 1998.
Voir
le contrat d'engagement du programme national de lutte contre
la douleur (2002-2005) du Ministère de la Santé
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Le droit à linformation et consentement |
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Le
contenu de linformation
Tout
médecin a une obligation dinformation. Il doit
notamment vous expliquer :
- les
investigations pratiquées
- les
actes de prévention utiles
- le
diagnostic
- le
pronostic
- la
nature du traitement
- les
risques fréquents ou graves normalement prévisibles
En
cas de refus de soins, il doit vous informer des conséquences
de ce refus. Vous devez également être informé
du coût de lacte médical et des conditions
de son remboursement par la Sécurité sociale.
Cependant,
la loi prévoit certaines exceptions à cette
obligation dinformation : en cas durgence, dimpossibilité
de vous informer en raison de votre état de santé
(coma, troubles psychiques, etc.), ou encore en raison de
votre refus explicite dêtre informé. Dans
ce dernier cas, le médecin doit respecter votre refus,
sauf si des tiers sont exposés à un risque de
transmission ou de contamination.
En
pratique, les personnes insuffisantes rénales doivent
être informées le plus tôt possible, et
chaque fois que les circonstances le permettent bien avant
l'échéance de la prise en charge en dialyse,
des différents types de traitements disponibles : hémodialyse
(en centre, à domicile...), dialyse péritonéale,
transplantation (y compris de donneur vivant).
La
forme de linformation
Toutes
ces informations doivent vous être transmises lors dun
entretien individuel. Linformation que vous fournit
le médecin doit être compréhensible et
intelligible. Il doit donc sexprimer dans un langage
simple. Vous ne devez jamais hésiter à linterroger
si vous ne comprenez pas ce quil vous dit.
Si
vous êtes dans lincapacité de recevoir
les informations, votre médecin doit alors les fournir
à la ou les personnes qui sont aptes à consentir
à lacte médical (conjoint, proches, parents).
Le
consentement libre et éclairé renforcé
Il vous appartient de prendre toutes décisions, avec
laide du médecin, concernant votre santé.
Larticle L.1111-4 du Code de la santé publique
prévoit :
« Aucun acte médical ni traitement ne peut
être pratiqué sans le consentement libre et éclairé
de la personne ».
Si
vous refusez un traitement médical, le médecin
doit respecter votre choix. Il peut seulement tout mettre
en uvre pour vous convaincre daccepter les soins
indispensables proposés. En aucun cas, il ne peut outrepasser
votre refus et pratiquer les soins envisagés.
Si
vous êtes hors détat dexprimer votre
volonté, le médecin doit avoir le consentement
dune personne habilitée à vous représenter
(conjoint, proches, parents) pour pratiquer une intervention,
sauf en cas durgence ou dimpossibilité
de requérir tout consentement.
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Le
droit d'accès à votre dossier médical |
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La
principale avancée de la loi du 4 mars 2002 est la
création dun accès direct à lensemble
de votre dossier médical. Larticle L 1111-7 du
Code de santé publique (CSP) dispose :
«
Toute personne a accès à lensemble des
informations concernant sa santé détenues par
des professionnels et établissements de santé
».
Avant
cette loi, vous ne pouviez accéder à votre dossier
médical que par lintermédiaire dun
médecin désigné par vous-même.
Le
contenu du dossier médical
Dune
manière générale, votre dossier médical
contient toutes les informations formalisées et utiles
au traitement (article L 1111-7 CSP : « Toutes les informations
formalisées et qui ont contribué à lélaboration
et au suivi du diagnostic et du traitement ou dune action
de prévention ou ont fait lobjet déchanges
écrits entre professionnels de santé »).
Il comprend notamment et nécessairement les résultats
dexamens, les comptes rendus de consultations, dinterventions,
dhospitalisations, les feuilles de surveillance, les
traitements prescrits.
Les
modalités daccès au dossier médical
Vous
pouvez, comme dans le passé, accéder à
ces informations par lintermédiaire dun
médecin librement désigné. Mais vous
avez aussi le droit dy accéder directement et
personnellement. Votre médecin peut vous recommander
la présence dune tierce personne lors de la consultation
du dossier, mais vous avez toujours le droit de refuser.
Par
contre, dans lhypothèse dune hospitalisation
sur demande dun tiers ou dune hospitalisation
doffice, il peut vous être imposé la présence
dun médecin. Cette même présence
est obligatoire lorsque les risques médicaux encourus
figurant dans le dossier sont particulièrement graves.
Vous
devez faire une demande écrite d'obtention de votre
dossier médical. Celle-ci peut être faite par
courrier simple, mais un recommandé avec accusé
de réception est conseillé.
Télécharger
un modèle de lettre de demande du dossier médical.
La
communication du dossier médical doit intervenir au
plus tôt après un délai de réflexion
de 48 heures et au plus tard dans les 8 jours suivant la demande.
Ce délai est porté à 2 mois lorsque les
informations médicales datent de plus de 5 ans (article
L.1111-7 du CSP). Laccès sur place au dossier
médical est gratuit. Seuls sont à votre charge
les coûts de copie. En cas de consultation à
distance, les frais de copie et denvoi seront à
votre charge.
Recours
contre un refus de communication du dossier médical
La
loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades ne précisant
pas les voies de recours, ce sont les règles de droit
commun qui sappliquent. En cas de refus de communication
du dossier médical ou de certaines pièces du
dossier médical, vous pouvez effectuer un recours devant
le tribunal compétent : le Tribunal de grande instance
(TGI) si la non-communication émane dune personne
privée, le tribunal administratif si la non-communication
émane dune personne publique.
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Aide
aux victimes d'accidents médicaux ou d'aléas thérapeutiques |
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Les
victimes des accidents médicaux peuvent désormais
être indemnisées grâce à la mise
en place du dispositif ONIAM (Office National d'Indemnisation
des Accidents Médicaux). La loi sur le droit des malades
a en effet créé un fonds d'indemnisation spécifique
, reposant principalement sur deux piliers :
- Une
amélioration de l'aide aux victimes, notamment
par la mise en place de commissions régionales
de conciliation et d'indemnisation et surtout d'autre
part, sur une redéfinition des principes de la
responsabilité médicale afin d'unifier
et de stabiliser les règles de ce domaine en pleine
mouvance.
-
Et la grande innovation de la loi, pour les dommages
non imputables à une faute, prévoit l'indemnisation
au titre de la solidarité. Les dommages concernés
sont ceux résultant d'une affection iatrogène,
d'une infection nosocomiale ou d'un accident médical.
Il
est désormais possible de déposer un dossier
de demande dindemnisation dans toutes les commissions
régionales dindemnisation. Cette procédure
est gratuite.
Les
conditions nécessaires pour saisir la commission
stipulent :
-
que la procédure prend en compte les accidents médicaux
survenus à partir du 5 septembre 2001. Pour
les cas précédents cette date, les victimes
conservent leur droit daction auprès des tribunaux.
- La
victime aura à prouver un dommage grave, une
incapacité permanente partielle supérieure
à 24 % ou une durée dincapacité
temporaire de travail dau moins 6 mois consécutifs
(ou 6 mois non consécutifs sur 12 mois), ou lorsquelle
a été déclarée inapte à
exercer une activité professionnelle.
Ce
qui est important à noter, et qui est toute la philosophie
de ce nouveau droit, cest que lONIAM indemnisera
toutes les victimes dun préjudice lié
à un acte de prévention, de diagnostic ou de
soins, même en absence de faute de la part du professionnel
(aléa thérapeutique).
Toutes
les réponses à vos questions sur le site de
l'ONIAM
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Votre
participation à une recherche biomédicale |
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Dans
le cadre de votre prise en charge, un médecin peut
vous proposer de participer à une recherche biomédicale
sur un médicament, un produit ou un matériel,
ceci afin de développer les connaissances scientifiques
ou médicales.
La
loi du 20 décembre 1988 modifiée par la loi
du 25 juillet 1994, vous protège dans ce cas, et définit
les conditions de cette recherche.
Aucune
expérimentation ne peut être menée sans
votre accord préalable.
Votre
consentement doit toujours vous être demandé.
Il doit être recueilli par écrit. Vous êtes,
bien entendu, libre de refuser de participer à la recherche
ou à tout moment de mettre fin à votre participation.
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et encore... |
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Pour
trouver des infos complémentaires et vous faire aider
dans la résolution de problèmes sociaux, quelques
pistes supplémentaires :
Les assistantes sociales - Les
problèmes relatifs à l'IRC étant bien
spécifiques, ce sera beaucoup plus simple si vous vous
adressez à une personne spécialisée.
Certains centres de dialyse et la plupart des centres de transplantation
disposent d'une assistante sociale ; n'hésitez pas
à demander à la rencontrer si cela ne vous a
pas été proposé.
La
FNAIR
a une commission sociale très performante, puisqu'une
personne bénévole compétente qui connaît
la législation sur le bout des doigts se charge de
répondre aux questions. Vous pouvez par exemple poser
vos questions par e-mail : fnair@wanadoo.fr
-
Enfin, vous pouvez tenter de poser vos questions auprès
de la ligne téléphonique Droit des malades
infos service, au 0810 51 51 51
Les problèmes sociaux liés
à l'insuffisance rénale font théoriquement
partie de leurs domaines de compétence.
"Ouverte en mars 2004, la ligne Droits des Malades
Info (DMI) a pour objectif d'apporter une réponse juridique
à des demandes de plus en plus nombreuses sur les droits
individuels, notamment laccès aux informations
médicales, le secret professionnel et la confidentialité,
le droit à linformation et au consentement, laccès
à lassurance, etc., et les droits collectifs
des patients.
DMI
informe, conseille, soutient et oriente tous les usagers du
système de santé et leurs proches, du simple
usager à la personne atteinte dune pathologie
lourde ainsi que les professionnels de santé."
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