Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe

 
 
 
 

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Livre d'Or.




dernière mise à jour le 24/05/04
La journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe 2004

22 juin 2004, une journée pour faire connaître sa position à ses proches

Le 22 juin 2004, aura lieu la 4ème journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe. Ce rendez-vous a pour but d'inviter chacun à faire connaître sa position à sa famille. En France, le taux de refus est encore trop élevé (environ 32 %) souvent parce que la famille ne connaît pas la volonté du défunt. Aujourd’hui, si vous faites connaître votre position sur le don d’organes, condition sine qua non de la greffe, vous donnez plus de chances à un malade d’être greffé.

La rubrique renaloo sur la journée 2003

La journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe 2004

Dixième anniversaire de la création de l'EfG : l'heure des bilans…


A l'occasion du dixième anniversaire de sa création, l'Etablissement Français des Greffes proposait à la presse le 8 avril dernier un bilan de ses activités et un état des lieux de la transplantation en France et de ses perspectives.

Un peu d'histoire…

Il faut se souvenir que la création de l'EfG s'est inscrite dans un contexte très difficile de crise de confiance de l'opinion publique : affaire du sang contaminé, affaire d'Amiens, nombre important de personnes non résidentes inscrites en liste d'attente, rumeurs sur le trafic d'organes ou de cornées… Dès sa création, son objectif a donc été de restaurer cette confiance et d'œuvrer pour augmenter le nombre de prélèvements d'organes, en collaborant avec tous les acteurs du monde de la greffe.

Une des premières mesures adoptées a été la mise en place d'un encadrement juridique très strict de cette activité, par la publication de plusieurs décrets et arrêtés permettant d'en améliorer l'organisation ainsi que la qualité et la sécurité des greffons (bonnes pratiques de prélèvement des produits issus du corps humain, conditions nécessaires permettant à un établissement d'obtenir une autorisation à recevoir, traiter, conserver et céder des tissus au chirurgien qui va les greffer, à importer des tissus étrangers, textes définissant les examens à réaliser chez le donneur pour protéger le receveur d'un risque éventuel de maladie transmissible, etc.).

L'ensemble de ces mesures découle essentiellement des lois de bioéthique de 1994 et de la loi de 1998 renforçant la veille sanitaire.

L'Etablissement français des Greffes, en collaboration avec l'AFSSAPS, a mis en place un dispositif permettant d'analyser les difficultés rencontrées dans la pratique du prélèvement et de la greffe afin de proposer, chaque fois que c'était nécessaire, des actions de correction ou de prévention.

" En parler, c'est agir "

Dès les premières greffes, les médias se sont attachés à les présenter comme une médecine de l'exploit et du miracle, faisant du chirurgien un dieu et du greffé un héros survivant. L'origine des greffons était systématiquement occultée… Le prélèvement, qui met en jeu des aspects éthiques, sociaux, culturels, restait dans l'ombre. L'EfG a donc choisi de communiquer essentiellement sur l'activité de prélèvement, en s'appuyant sur les hôpitaux qui la pratiquent. L'objectif était de la faire connaître puis reconnaître au sein de l'hôpital et auprès du public : reconnaissance d'une activité de soins à part entière, pratiquée dans un dispositif de sécurité sanitaire, selon le respect des lois et de pratiques médicales strictes. Les principaux messages véhiculés par l'Etablissement français des Greffes ont mis l'accent sur le fait que la greffe est probablement la thérapeutique la plus encadrée du point de vue juridique, que le prélèvement est une activité de soins à part entière, exercée par des professionnels spécifiquement formés pour lesquels la qualité de l'accueil des familles en deuil est une priorité, que ceux qui veulent avoir l'assurance de ne pas être prélevés peuvent s'inscrire que le Registre National des Refus et enfin que chaque individu est libre de son choix, mais devrait se positionner en faveur ou non du don d'organes ou de tissus et surtout le dire à ses proches. C'est le message récurrent aujourd'hui délivré lors des journées nationales organisées les 22 juin de chaque année.

L'EfG a entamé aujourd'hui une réflexion sur la pertinence de ce message, et prévoit de mettre à nouveau auprès du grand public l'accent sur la greffe, son efficacité thérapeutique et ses bénéfices pour le patient et la société. Parallèlement, l'information et la mobilisation des professionnels de santé apparaissent plus que jamais comme une priorité. Elle s'adresse en particulier aux hôpitaux non autorisés à prélever mais appartenant à des réseaux de prélèvement. L'objectif est d'amener ces hôpitaux à augmenter leur activité de recensement et le nombre de transferts en vue de prélèvement vers des hôpitaux autorisés à prélever.

Si la confiance semble aujourd'hui rétablie, notamment par rapport au contexte du début des années 90, il n'en reste pas moins qu'elle doit être considérée comme fragile. Le sujet, en effet, est par essence sensible car il touche au plus profond de l'être humain.

L'augmentation du nombre de prélèvements comme cheval de bataille

D'un point de vue plus technique, l'EfG a adopté des mesures visant à augmenter l'activité de prélèvement en France afin de disposer de greffons pour les malades en attente.

Le nombre de centres hospitaliers autorisés à prélever, équipés en moyens logistiques et humains conformes aux exigences réglementaires, a été augmenté. Cet enrichissement ne s'est pas fait au hasard. Des travaux ont mis en évidence le besoin de renforcer l'activité de prélèvement en moyens humains dans certaines régions à faible taux.
La création de 130 postes affectés à l'amélioration du recensement des donneurs potentiels, décidée en juin 2000 dans le cadre du plan greffe, a favorablement influencé l'activité de prélèvement en France. Cette augmentation a été notamment sensible dans les régions Sud et Nord de la France. La démarche de stabilisation de ce projet est en cours et vise à renouveler l'ensemble des autorisations à prélever sur le territoire afin de poursuivre l'augmentation de l'activité annuelle de prélèvement.

La dynamique des réseaux de prélèvements a été consolidée. Ces réseaux, basés sur la mise en commun des ressources sanitaires et sociales entre établissements, permettent, dès la détection d'un donneur potentiel, une prise en charge de ce dernier et de sa famille dans les meilleures conditions. Ils permettent également de garantir un niveau de formation et d'information des équipes dédiées à cette activité.

Des études ont eu pour objet d'examiner les possibilités d'augmentation du pool de donneurs, certaines portant, par exemple, sur les facteurs de risques inhérents aux donneurs et pouvant influencer la survie du greffon.
D'autres ont permis d'estimer le nombre de donneurs potentiels dans les hôpitaux et les services de réanimation au moyen d'outils d'analyse de l'activité et d'enquêtes mis en place par l'Etablissement français des Greffes. Elles ont montré que le recensement des donneurs n'était pas exhaustif, permettant ainsi d'envisager des perspectives d'évolution de l'activité de prélèvement.

Des études sur les facteurs associés au refus du prélèvement d'organes et de tissus ont également été menées sur le long terme en sociologie. Leurs résultats permettent d'envisager des mesures correctives ou préventives dans ce domaine. L'une d'elle, par exemple, repose sur le développement de formations des professionnels du prélèvement, notamment sur la prise en charge des familles en deuil mais aussi sur le deuil et les rites funéraires, sur la communication et la gestion des émotions.

L'EfG s'est fixé, en 2000, l'objectif de passer de 15 (résultat enregistré en 2000) à 20 prélèvements par million d'habitant en trois années (plan 15-20). Cet objectif a été presque atteint en 2002 puisque le taux de prélèvement par million d'habitants en France a été de 19,7. En 2003, en revanche, il passe à 18,3 (il était de 18 en 2001). Cette baisse de l'activité de prélèvement en 2003 est à mettre en rapport avec la diminution constatée des accidents traumatiques de la voie publique, résultats par ailleurs très positifs, mais aussi avec les difficultés actuellement rencontrées à l'hôpital en terme de réglementation du travail et de démographie médicale.

Pour que " répartition des greffons " rime avec Justice

Face aux inégalités constatées en matière de durées d'attente, sur la base d'études menées sur les disparités inter-régionales avant la greffe, des mesures correctives ont pu être envisagées. Ces études ont permis une évolution de la réglementation en matière de répartition des greffons, pour les patients hyper-immunisés qui bénéficient désormais d'une priorité nationale et la mise en place prochaine en Ile-de-France d'un score (rang de priorité) permettant l'attribution des greffons rénaux selon les caractéristiques des patients (donnant notamment plus de poids à la durée d'attente sur la liste nationale).

Le projet REIN, dont la revue FNAIR s'est déjà faite l'écho, vise à accéder à une meilleure connaissance des besoins en greffe de rein.

Par ailleurs, des travaux sur l'accès géographique à la greffe ont permis d'envisager la création de nouvelles équipes, une équipe de greffe rénale à Pointe-à-Pitre vient de débuter son activité.

Réorganisation de l'hôpital et reconnaissance du prélèvement…

La tarification à l'activité (plan hôpital 2007) se met en place et, avec elle, le financement des coordinations hospitalières et des prélèvements d'organes est transformé. Jusqu'à ce jour, le financement de cette activité relevait d'une réglementation spécifique datant de mai 2000 qui stipulait que l'établissement greffeur devait rembourser l'établissement préleveur sur la base de sa comptabilité analytique. Ce décret avait pour objet de permettre le remboursement sur la base des frais réels des établissements mais il comportait au moins trois inconvénients majeurs. Le premier inconvénient était que lorsque le prélèvement et la greffe avaient lieu dans le même hôpital, aucun remboursement ne pouvait se faire alors que le prélèvement représente un coût pour l'établissement. Le deuxième problème était que cette réglementation marginalisait l'activité de prélèvement qui sortait de la dotation globale et ne se voyait attribué aucune valorisation du travail effectué par les équipes et aucun moyen de se situer dans l'hôpital. Enfin, le troisième inconvénient majeur était l'hétérogénéité des factures générées par l'absence de méthode commune sur le plan national pour le calcul des frais de prélèvement.

Dans ce contexte, la tarification à l'activité représente pour l'organisation du prélèvement une véritable opportunité qui se situe à plusieurs niveaux. La nouvelle modalité de financement permet de pérenniser les moyens humains mis en place dans les hôpitaux pour développer l'activité de recensement de donneur potentiel et de prélèvement d'organes au travers du plan greffe 2000 - 2003 qui a permis de professionnaliser cette activité pour en faire une mission des hôpitaux. Au sein de l'hôpital, le financement de la structure de coordination hospitalière lui donne une véritable existence et scelle le prélèvement d'organes dans les activités de soins des établissements. Enfin, l'élaboration de tarifs nationaux, calculés sur la base des coûts réels liés à l'activité rend son financement totalement transparent et homogène sur le territoire français.

L'EfG tient à demeurer extrêmement vigilant en matière d'évolution des activités de prélèvement. En effet, le contexte actuel est difficile : mise en place de nouvelles normes et de rythmes de travail différents à l'hôpital ; problème de la démographie médicale notamment dans des spécialités qui regardent de près l'activité de prélèvement et de greffe, comme l'anesthésie réanimation ou la chirurgie ; pénurie en greffons restant un problème toujours d'actualité notamment du fait de l'augmentation des inscrits en liste d'attente parallèlement au vieillissement de la population ; diminution des accidents de la voie publique.

Les greffés, leurs vies, leurs suivis…
Les cohortes de patients greffés augmentant d'année en année, notamment du fait de l'amélioration de la qualité du greffon et de l'allongement de la durée de vie du greffon, les équipes peuvent-elles en assurer le suivi dans les meilleures conditions ?
L'Etablissement français des Greffes a entrepris un travail visant à répondre aux questions des besoins en moyens et en ressources humaines des équipes de greffes en réalisant un état des lieux.

Les 35 équipes de greffe rénale adultes en France, réparties sur tout le territoire, ont fait l'objet d'une étude, en collaboration avec la Société francophone de transplantation, la Société de néphrologie et l'Association française d'urologie. Il s'est agit de dresser un bilan des ressources humaines médicales et paramédicales qui se consacrent aux programmes de greffe, d'estimer la charge de travail qui leur revient pour la prise en charge des patients mais également pour la recherche, l'enseignement, la formation continue, l'information…
La première étape de l'étude a dressé un état des lieux des moyens médicaux et chirurgicaux des équipes sur la base d'un questionnaire. La deuxième étape a consisté en la mise en place de visites sur site de 14 équipes (tirées au sort), pour obtenir des informations qualitatives sur les différents modes d'organisation des équipes en fonction de leur histoire, des contraintes réglementaires, de la dynamique de la région et des volontés politiques.
Les résultats de ce travail ont débouché sur une série de propositions et de recommandations destinées à terme, à améliorer la prise en charge du patient : permettre aux équipes de se comparer en terme de moyens et d'organisation ; leur proposer des outils leur permettant de faire valoir leur activité au sein des contrats d'objectifs et de moyens de leur établissement de santé ; inciter à avoir une vision de l'ensemble de la filière de soins de l'insuffisance rénale.

L'importance de la recherche

L'Etablissement français des Greffes a consacré, depuis 1995, 380 000 Euros chaque année au financement de plusieurs thèmes de recherche : prélèvement, greffe en sciences humaines, amélioration des prélèvements, évaluation et amélioration de la sécurité et de la qualité des greffons, immunologie des greffes, xénogreffes, xénoassistance, recherche clinique, épidémiologie et santé publique. Cette dynamique va se poursuivre pour permettre aux équipes de disposer de nouvelles voies de traitement, notamment dans un contexte de pénurie qui ne cessera de s'accentuer du fait du vieillissement de la population.

La coopération internationale

L'EfG s'est impliqué dans une coopération active à l'émission d'avis au Conseil de l'Europe, notamment en matière de xénogreffe, de sécurité et de qualité des greffons et de coopération avec l'Union Européenne. D'autre part, il apporte sa contribution, dans certains pays du Maghreb ou de l'Europe de l'Est, à l'organisation et au développement des activités de prélèvement et de greffe comme à la production de certaines études scientifiques pour une meilleure connaissance des donneurs potentiels.

Actuellement, l'Etablissement français des Greffes participe, avec plusieurs autres pays européens, à des programmes de recherche européens. L'un, piloté par l'Espagne, et rassemblant l'Allemagne, la France, la Hongrie, l'Italie et la Portugal, porte sur l'amélioration des connaissances et des pratiques en matière de don d'organes. Un autre projet, actuellement soumis à l'approbation de la Commission Européenne quant à son financement et piloté par la France rassemble 7 pays (les partenaires précédents et la Grande-Bretagne). L'objectif est de coordonner à l'échelle européenne les programmes de recherche nationaux et régionaux destinés à améliorer la qualité et l'évaluation des greffes, les règles d'attribution des organes, le recensement des donneurs et à valoriser les programmes de recherche fondamentale. Chacun ayant des approches différentes de ces thématiques, il s'agira, dans un premier temps, d'établir un état des lieux de la question dans l'Union Européenne.
Enfin, les pays de l'Union Européenne impliqués dans l'activité de prélèvement et de greffe envisagent en 2005 d'instaurer une journée européenne pour le don d'organes.

L'avenir : espoirs et vigilance…

L'augmentation des prélèvements et des greffes en France reste actuellement l'objectif principal et conduit à envisager de nouvelles perspectives.
Sur le plan réglementaire, l'EfG travaille à l'amélioration de l'égalité d'accès à la greffe en particulier en poursuivant l'amélioration des règles de répartitions des greffons.
Par ailleurs, la réglementation en matière de greffe doit continuer à être améliorée en prenant en compte l'appréciation du bénéfice-risque pour le patient. Le greffon n'est pas un médicament. Il constitue un bien précieux que l'on ne peut accepter de perdre qu'en présence d'un argument solide. Sa perte entraîne parfois un décès. Les textes doivent donc évoluer et tenir compte des caractéristiques biologiques du donneur afin de pouvoir trancher entre la précaution face au risque virtuel et l'état de sécurité ainsi que le bénéfice du patient.

Sur le plan médical, l'Etablissement français des Greffes travaille, en collaboration avec les équipes au développement de nouvelles pratiques médicales, guidées en particulier par l'examen de l'évolution de la liste d'attente sur le plan quantitatif et qualitatif. Le développement de greffes à partir de donneurs plus âgés - l'âge n'étant pas un critère de pronostic en soi, car seules les pathologies, notamment vasculaires sont importantes - et dans certains cas, le recours à la greffe de deux reins d'un même donneur (bi-greffe) pour augmenter la fonction rénale sont des axes de travail importants.

Le prélèvement sur donneurs à coeur arrêté est également une perspective intéressante. Une réflexion sur le plan éthique et juridique est menée à la lumière des expériences réussies de nos voisins européens pour examiner la faisabilité et les conditions de développement d'une telle pratique qui demandera au préalable information et formation.

Enfin, l'Etablissement français des Greffes va évoluer en devenant l'Agence de la biomédecine, changement prévu dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. Avec cette création, s'opère le rapprochement des deux activités que sont la greffe et la procréation, l'embryologie et la génétique. Le lien fort entre ces deux domaines sont les règles éthiques qui les encadrent. L'Etablissement français des Greffes changera de nom mais assure que les missions qui lui sont confiées seront remplies à l'avenir comme elles le sont aujourd'hui.

Le site de l'EfG










 
 
 
 
 


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