Prenons l'exemple d'une personne epiléptique, je ne vois pas comment vous pouvez prendre aucun risque sans la considérée directe inapte...
Cela semble bien plus fréquent que vous semble l'insinuer.
De plus les critères seront de toute façon de plus en plus strictes. Il ne faut pas rêver.
Là aussi, vous avez tout faux.
Pour un épileptique
aussi c'est du cas par cas.
Tout dépend du traitement qu'il prend, de ses effets sur les crises, si le traitement a des effets secondaires, est-ce que la personne sent ou pas la crise venir....
Entre un épileptique qui, sous traitement, ne fait pas une seule crise et dont le traitement ne provoque pas de somnolence excessive et celui qui fait 50 crises par jour avec le traitement puis qu'il dort toute la journée, il y a un monde !!
Si vous regardez un tant soit peu les différents arrêtés pris dans la durée (celui de 1988, celui de 1997, celui de 2005 et celui de 2010, soit
ici pour celui de 1988 et
ici pour celui de 1997, 2005 et 2010, ces trois arrêtés vous donneront une petite idée sur la durée), vous verrez surtout que de plus en plus de marge de manoeuvre est laissée au médecins agréés.
Ceci parce qu'ils se sont rendus compte avec le temps que la décision ne peut pas se prendre en disant un diagnostic = une décision, mais bien qu'il faut évaluer l'ensemble de la question avant de décider.
Pour prendre l'exemple des troubles du rythme, en 1988, seules les tachycardies et bradycardies sinusales ainsi que les extrasystoles isolées monomorphes étaient tolérées pour l'aptitude à la conduite.
En 2010, pour les arythmies, c'est avis du spécialiste et la décision d'inaptitude est prise seulement en cas de symptômes pouvant être dangereux (lipothymie, syncope....).
Donc on est passé du tout ou rien, noir ou blanc, à une prise en compte que tous les niveaux de gris existent et qu'il faut juger en fonction du niveau de gris, non uniquement en fonction de la maladie elle-même.
A contraire de vos fantasmes, j'ai remarqué en comparant ces trois arrêtés que les règles laissent de plus en plus d'appréciation aux médecins agréés pour décider d'une aptitude/inaptitude à la conduite.
J'ai plutôt remarqué qu'on est passé de la notion du diagnostic = décision à une logique d'évaluation globale qui ne se focalise pas uniquement sur le diagnostic.
Après, et pour me faire bien comprendre, on parle du permis A et B.
Pour les poids lourds, les critères sont beaucoup plus stricts (pour les poids-lourds, l'épilepsie est une contre-indication).
Le simple bon sens des gens suffit à ce qu'il se rendent compte eux même qu'ils peuvent réaliser ou non leur métier (artisan qui ne vend plus/ne produit plus assez, employé sans cesse remercié...)
Pas toujours justement. certaines personnes ne se rendent pas compte qu'elles ne sont plus en état d'exercer leur métier.
Pour le métier qui les passionne, tout dépend aussi du handicap/maladie chronique et du métier en lui-même.
Les aménagements sont quelques choses de normal! Vos exemples de:
-personnes en fauteuil (donc pas de pédales pour conduire)
-personnes avec eczema (donc gants pour coiffer)
sont du simple BON sens.
Evidemment, j'ai pris les exemples les plus simples pour être compréhensible de tout le monde.
Après, certains aménagements sont plus compliqués à réaliser, en fonction de la configuration du lieu et des possibilités de chacun.
Giulia écrit:
Après tout, vous ne poussez pas des cris d'orfraie dès que vous devez passer une visite médicale du travail.
vurtuel écrit:
Manque de bol, je n'en passe aucun... (et oui comme quoi c'est possible !)
Tant mieux pour vous. Sachez juste que ce n'est pas le cas de tout le monde !
D'ailleurs, et vu que vous avez aussi un tant soit peu de culture médicale, ce genre de visite permet de dépister des maladies sérieuses avant qu'elles n'engendrent des complications graves. Vous savez aussi bien que moi que l'hypertension artérielle n'entraine pas toujours des symptômes, et qu'à long terme, elle endommage le coeur, les reins et le cerveau.
Ces dommages peuvent rendre la conduite dangereuse, et donc c'est bien de soigner avant que ça ne fasse que trop de dégâts.
Je verrais un système du genre bien plus efficace et logique:
Obtention d'un permis définitif: ok
Infraction (excès de vitesse, grillage de stop...): amende,confiscation, prison pour les cas graves
Accident: Contrôle médical et même évaluation sur la conduite
Ce système ne surchargerait pas encore inutilement les médecins (déjà bien bondés), ne creuserait pas encore notre déficit, et pénaliserait les mauvais conducteurs!
Parce que bien évidemment, vous n'avez absolument pas remarqué que ce que vous proposez est exactement ce qui se fait déjà, et que les spécialistes gueulent parce que trop de personnes pas en étant de conduire roulent.
Par exemple, ceux qui abusent des médicaments sur prescription (ceux qui prennent des benzodiazépines comme si c'était des bonbons).
Et ça ne concerne pas que les séniors, ça concerne même des jeunots de 25 ans.
Ensuite, les personnes en infractions sont déjà lourdement sanctionnées. Ce que vous proposez existe déjà, et a même été renforcé avec la loi LOPPSI 2.
Enfin, ceux qui ont des accident peuvent aussi passer en visite médicale (saisine du préfet par les services de police). Si si, allez voir l'arrêté du 8 février 1999, et pour être exacte, prêtez attention à l'article 2 de cet arrêté.
Dans la pratique, soit les services de police saisissent systématiquement la préfecture pour qu'il y ait visite médicale sur le conducteur, soit le conducteur doit passer cette visite pour cause d'alcool/stupéfiants.
Donc c'est prévu par la législation, et ça se fait dans la pratique quotidienne.
Last but not least, ces visites ne sont pas payées par la collectivité mais par le conducteur lui-même (au prix de 33€ la visite depuis septembre 2011, non remboursés par la Sécu). Idem pour les examens complémentaires : si le médecin agréé vous demande une prise de sang, c'est de votre poche, et non remboursé par la Sécu.
Sachez que vos propositions ont déjà été mises en oeuvre, et depuis un bout de temps. Vous n'avez donc pas inventé l'eau chaude.
Malheureusement, les spécialistes se rendent compte que sans visite médicale systématique (comme pour les visites du travail), c'est comme si on ne faisait rien : en effet, certains malades chroniques ne se rendent pas compte de leur état et continuent de conduire, sans compter que si on doit imposer une visite médicale, elle doit être imposée à tout le monde ou à personne.
Pour les tests sur route, ça peut aussi être prévu dans certain cas, sur prescription du médecin agréé. Le préfet peut également demander un test sur route.
Finalement, vous proposez ce qui existe déjà mais est très loin de régler tous les problèmes.
Parce que le volet répression que vous proposez, c'est bien joli, mais si aucune prévention ne se passe derrière, c'est mettre un emplâtre sur une jambe de bois.
La visite médicale fait partie de vraies action de prévention, et qui permettent de diminuer vraiment les accidents, en particulier les accidents graves et/ou mortels.
Au Québec, par exemple, pour 5.985.463 véhicules en circulation, on comptabilise 479 décès en 2011. Ce qui donne un total de 0,08 décès pour mille véhicules en circulation (source SAAQ).
En France, pour 3.744.000 véhicules en circulation selon le Comité des Constructeurs Français d'automobiles, la Prévention Routière (qui est une association privée à but non lucratif et non un organe officiel) dénombre 3970 décès en 2011. Ce qui nous donne un total de 0,10 décès pour mille véhicules en circulation.
Le Canada a mis en place un vrai système d'évaluation médicale (à la différence du système français, le système anglophone tient compte des rapports du médecin traitant, qui connait le patient sur la durée).
Vous voulez d'autres statistiques dans d'autres pays qui ont mis sérieusement en place un système d'évaluation médicale ?