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Livre d'Or.
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dernière
mise à jour le 22/04/04
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Greffe de Vie |
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Greffe
de Vie est né !
Le Collectif d'Ile de France en faveur du Don d'Organes
Personnes
greffées ou en attente, donneurs et familles de donneurs,
associations ou institutions concernées par la greffe
ont décidé d'allier leurs forces afin de promouvoir
le don d'organes.
Pour qu'enfin la vie soit la plus forte !
C'est
à la suite de la journée nationale de réflexion
sur le don d'organes et la greffe 2003 que toutes les associations
et personnes mobilisées ont éprouvé le
désir d'aller plus loin : l'idée d'un collectif
pour la promotion du don d' organes s'est concrétisée
dans la foulée.
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Un projet fort |
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Pour
sa première année d'activité, Greffe
de Vie a décidé de concentrer ses efforts sur
un projet unique :
En
collaboration
avec des équipes de coordination hospitalières
de l'AP-HP , médecins et infirmier(e)s et avec des
représentants de l' EfG, un dossier de presse a été
réalisé. Son objectif est de servir de support
et d'incitation à la publication d'articles et de dossiers
dans la presse, en ciblant en particulier, mais pas uniquement,
les journaux des municipalités et collectivités
territoriales d' Ile de France. En effet, ces supports sont
trés lus et touchent directement les habitants dans
leur cadre familial, favorisant par la même une ébauche
de discussion ou d' interrogation sur ce sujet encore et trop
souvent tabou, difficile à aborder parce qu' il nous
renvoie à notre propre mort.
Voici
le contenu de ce dossier, diffusez le, parlez en autour de
vous, dans votre commune, auprès du journal de votre
société ou de votre mutuelle : l'important est
qu'il circule et qu'il soit à l'origine du plus grand
nombre d'articles possible...
Vous
pouvez également télécharger
et diffuser la version pdf de ce dossier.
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Le Don et la Greffe d'organes : foire aux questions |
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Aujourd'hui,
chacun d'entre nous peut être concerné, un jour
ou l'autre, par le don d'organes ou par la greffe.
Alors qu'un demi-siècle nous sépare des premières
transplantations réussies, nombreux sont ceux qui doivent
leur vie aux progrès extraordinaires de la recherche
médicale, mais aussi à la formidable générosité
de leur donneur. Malheureusement, beaucoup d'autres n'ont
pas eu cette chance, faute de greffon disponible
Qui
peut donner, qui peut recevoir, quels organes,
et dans quelles conditions ?
Ce
qui suit a pour but d'apporter des réponses à
vos principales interrogations. Prenez le temps de les découvrir,
et de réfléchir à votre position par
rapport au don d'organes. Que vous soyez pour ou contre, parlez-en
en famille et informez vos proches de votre décision
Qu'est-ce
qu'une greffe ?
On
parle de greffe ou de transplantation. Il s'agit de remplacer
un organe qui ne fonctionne plus par un organe sain, prélevé
sur un autre individu. C'est l'unique solution pour sauver
la vie de très nombreux malades de tous âges.
Quels
organes peuvent être greffés ?
En
général, tous les organes vitaux.
Le cur, le foie, le rein, les poumons, le pancréas,
l'intestin peuvent être greffés. Dans certains
cas, on greffe en même temps plusieurs organes distincts.
Pour
quels résultats ?
Aujourd'hui,
plusieurs dizaines de milliers de personnes en France vivent
grâce à un organe transplanté. Les taux
de réussite des greffes sont en hausse constante, tout
comme l'espérance de vie des transplantés. La
greffe, ça marche !
D'où
proviennent les organes que l'on greffe ?
Ils
ont été préalablement prélevés
sur une personne que l'on appelle donneur.
Il existe deux types de donneurs :
- les
donneurs en état de mort encéphalique :
C'est
une forme rare de la mort (un décès sur mille).
Elle survient le plus souvent à la suite d'un traumatisme
crânien ou d'un accident vasculaire cérébral,
et conduit en quelques heures à la destruction progressive
et définitive du cerveau. La personne en état
de mort encéphalique est réellement morte.
La
mort encéphalique est diagnostiquée après
un examen clinique soigneux et approfondi, par deux médecins,
qui constatent l'absence de tout fonctionnement cérébral.
Ce diagnostic est complété par des examens para-cliniques
: deux électroencéphalogrammes ou une radiographie
des vaisseaux cérébraux (angiographie). L'ensemble
de ces examens a été rendu obligatoire par le
législateur (lois bioéthiques).
La
mort encéphalique par sa brutalité est difficile
à comprendre et à accepter par les proches puisque
la personne décédée respire et a le cur
qui bat, ceci grâce aux techniques de réanimation.
Dans
certains cas, une personne en bonne santé a la possibilité
de donner un organe de son vivant. C'est le cas par exemple
du rein, d'une partie du foie ou très rarement du poumon.
Il est en effet possible de vivre avec un seul rein, une partie
du foie (car c'est un organe qui se régénère
rapidement) ou une partie des poumons.
Ce don n'est possible que si le donneur est majeur et très
proche du receveur. Le texte de révision de la loi
de bioéthique prévoit que le donneur ne peut
être que : le père, la mère, le conjoint,
le frère, la sur, le fils, la fille, les grands-parents,
l'oncle, la tante, le (la) cousin(e) germain(e), le conjoint
du père ou de la mère, ou toute personne faisant
la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec le receveur.
Les
greffes de donneur vivant les plus fréquentes concernent
le rein, le risque pour le donneur étant extrêmement
faible. Elles présentent beaucoup d'avantages pour
le receveur.
Y
a t-il un âge limite pour donner ou recevoir un organe
?
Il
n'y a pas vraiment de règle en matière d'âge.
Les greffes chez les jeunes enfants sont très bien
maîtrisées. Dans l'autre sens, les personnes
âgées de 70 ans, et plus parfois, peuvent prétendre
selon certaines conditions à ce type d'opération.
Pour
les donneurs comme pour les receveurs, les médecins
auront plus tendance à parler d'âge " biologique
", c'est à dire l'état de santé
du patient et seuls des examens approfondis pourront permettre
aux équipes médicales de se prononcer.
Que
dit la loi sur le prélèvement sur un donneur
décédé ?
La
loi de Bioéthique encadre strictement cette situation
inconnue de nos ancêtres.
Les activités de prélèvement d'organes
en France obéissent à trois grands principes
:
Le
consentement présumé : Tout citoyen est
donneur d'organes potentiel s'il n'a pas exprimé de
refus de son vivant. Si le médecin n'a pas directement
connaissance de la volonté du défunt, il doit
s'efforcer de recueillir auprès des proches l'opposition
au don d'organes éventuellement exprimée de
son vivant par le défunt, par tout moyen. Pour les
enfants, l'autorisation des deux parents ou du tuteur légal
est obligatoire.
La
gratuité : Les organes ne peuvent être ni
vendus, ni achetés : il s'agit d'un don.
L'anonymat
: Ni la famille du donneur, ni le receveur ne peuvent avoir
connaissance de leurs identités réciproques.
Comment
cela se passe t-il ?
Concrètement,
lorsqu'une personne se trouve en situation de mort encéphalique
à l'hôpital, une équipe dite de coordination,
composée de médecins et d'infirmières,
est chargée d'étudier la possibilité
et, le cas échéant, d'organiser un éventuel
prélèvement. Si les conditions médicales
sont réunies, après s'être assurée
que le défunt n'est pas inscrit sur le registre national
des refus, elle informe et assiste sa famille. Il s'agit d'une
démarche effectuée dans l'urgence, les organes
se dégradent très vite et le prélèvement
n'est possible que durant un laps de temps très court.
Le
prélèvement n'entraîne évidemment
aucun frais pour la famille du donneur.
Il
s'agit d'opération chirurgicale qui se déroule
au bloc opératoire.
Le défunt est traité avec le plus grand respect
à toutes les étapes du processus. En particuliers,
les équipes de prélèvement veillent à
ce que son apparence physique soit totalement préservée.
A l'issue du prélèvement, le corps est restitué
à la famille qui a la possibilité d'organiser
les obsèques comme elle le souhaite.
Comment
les organes prélevés sont ils attribués
?
L'Etablissement
français des Greffes (EfG) est un organisme public,
sous la tutelle du Ministère de la Santé, chargé
de gérer la liste des patients en attente de greffe.
La grande Agence de Biomédecine viendra se substituer
à celui-ci courant 2004. Les greffons sont attribués
selon des règles de répartition bien précises,
qui visent à les utiliser de la façon la plus
équitable possible tout en prenant en compte les contraintes
techniques et médicales.
Il
n'existe pas de " passe droit " pour les malades,
les seules priorités qui peuvent être accordées
concernent les enfants ou l'urgence vitale à très
court terme, après l'avis d'un comité d'experts.
Pourquoi
parle t-on de pénurie ?
Chaque
année, 10 000 personnes en France ont besoin d'une
greffe d'organe. Parmi celles ci, 3500 seront greffées,
mais 6500 resteront sur liste d'attente. Plusieurs centaines
décèderont parce qu'ils n'ont pas pu être
greffés.
De
nombreux malades doivent attendre de longs mois, parfois plusieurs
années, dans des conditions extrêmement difficiles,
en espérant désespérément la transplantation
qui sauvera leur vie.
Dans
le même temps, un tiers environ des personnes en état
de mort encéphalique ne deviennent pas donneurs d'organes
parce que leurs familles s'y opposent, sauvent faute de connaître
la volonté du défunt.
Que
disent les différentes religions ?
Les
autorités des grands courants religieux occidentaux
se sont prononcées en faveur du don d'organe et de
la transplantation.
Comment
puis-je exprimer ma volonté ?
- Vous
êtes pour le don en vue de greffe ?
Le
principal est de l'exprimer clairement à vos proches,
de façon à ce qu'ils soient en mesure d'en témoigner.
Trop souvent, les familles, ignorant la volonté du
défunt, préfèrent s'opposer au prélèvement
de ses organes.
Vous
pouvez également inscrire votre souhait sur un papier
libre, ou porter sur vous une carte de donneur. Les Associations
d'information sur le don d'organes ou l'EfG vous en feront
parvenir sur simple demande.
- Vous
êtes contre le don en vue de greffe ?
Là
aussi, parlez-en à vos proches.
Vous avez également la possibilité de vous inscrire
sur le registre national des refus, géré par
l'EfG. Celui ci est obligatoirement interrogé avant
d'envisager un prélèvement. L'EfG
vous informera de la procédure d'inscription sur simple
demande.
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Pourquoi
il est important de prendre une décision et d'en parler
en famille. |
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Le
22 juin de chaque année, c'est la Journée du
Don d'organes.
Parlez-en
en famille et décidez en toute connaissance de cause.
Pour
ou contre
Il ne s'agit pas ici d'une démarche scientifique, mais
de vies à sauver, dans l'urgence.
Contrairement au don du corps qui se prévoit auprès
d'une faculté de médecine, le don d'organes
est avant tout une décision qui affirme la libre disposition
de son moi pour chacun. Un donneur d'organes est respecté,
son corps est restauré et rendu à sa famille
pour les obsèques souhaitées.
La loi française offre la possibilité de s'opposer
à tout prélèvement en s'inscrivant sur
le registre des refus.
Divers organismes délivrent gratuitement une carte
" de donneur " qui permet de confirmer un consentement
auquel on a réfléchi.
Ne pas décider serait risquer d'exposer ses proches
à une violence de circonstances très difficiles
à vivre, les obliger à décider dans la
douleur.
Conditions
de prélèvement
C'est très particulier, rare et difficile. Les contraintes
médicales sont énormes, les circonstances très
particulières. Non seulement on ne prélèvera
que des organes en parfait état, mais l'équipe
médico-chirurgicale et l'établissement hospitalier
doivent répondre à des normes très rigoureuses
et posséder un agrément.
Par ailleurs, le patient qui recevra doit être opéré
en parallèle. Tout cela implique une organisation sans
faille et un personnel nombreux y compris pour assurer les
examens de laboratoire, les liaisons, les transports.
Prendre
sa décision
Est-on d'accord pour qu'après sa mort un ou des organes
vitaux soient transplantés à des malades ? Accepte-t-on
un prélevement de peau, d'os, de cornée pour
un inconnu brûlé, immobilisé, aveugle
? Ce qui est important, c'est que chacun se détermine.
Décide.
Informer
ses proches
C'est un des éléments essentiels de la démarche
de réflexion et décision. La loi française
prévoit que le corps médical recueille le "
témoignage " des familles. Notre culture comporte
en effet, un respect quasi indéfectible des "dernières
volontés".
Lorsque
les circonstances du décès, les contraintes
médicales et chirurgicales sont réunies, lorsqu'on
a fait le constat d'une mort encéphalique, que le prélèvement
pourrait être possible, il est très difficile
pour une équipe hospitalière de demander à
une famille sous le choc d'un décès inattendu,
souvent brutal de décider pour leur proche. La décision
est importante, la faire connaître, essentiel.
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Paroles de donneurs |
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Quelles
souffrances quotidiennes ! Savoir que l'enfant que l'on a
mis au monde peut mourir comme cela tout d'un coup, sans signe
avant coureur.
La fonction rénale de mon fils s'est arrêtée
en quelques instants, ses deux reins n'ont plus fonctionné.
On a dû l'emmener à l'hôpital en urgence,
le dialyser pour qu'il puisse vivre.
Mais quelle vie à 25 ans, jeune marié avec l'avenir
devant soi, une compagne, un jour des enfants, quel espoir
gâché, quel avenir pour cet être que l'on
a soi-même désiré ? On ne peut accepter.
La vie doit sourire. Je ne pouvais imaginer de ne pas transmettre
ce que nous ont donné nos parents, le bonheur d'être
là pour rendre ceux qu'on aime heureux, sans fil à
la patte qui vous rappelle toujours que vous êtes "
malade ". Je crois à la VIE. Je n'ai pas hésité
à la redonner à mon fils. Mon mari, mes autres
enfants avaient peur pour moi mais pas moi.
Aujourd'hui, plus de 4ans et demi après la transplantation,
il est heureux. Je le constate tous les jours. Il est un papa
comme tous les papas.
Le plus important dans la vie, c'est la VIE.
Vivette
Le
28 février 1995, ma fille Virginie âgée
de 29 ans, mourait subitement d'une rupture d'anévrisme.
Transférée à l'hôpital, pour tenter
de la sauver, après une heure d'attente, un médecin-réanimateur
est venu nous dire d'aller lui dire Adieu.
Douleur IMMENSE, indescriptible.
On nous indique que Virginie est dans un service spécial.
Là, dans une minable petite salle d'attente, froide
et triste, la coordonnatrice s'adresse à ma sur,
pour lui demander si je serais d'accord pour le Don d'Organes.
Immédiatement, j'ai dit "OUI".
Après l'enterrement de Virginie, je suis revenue voir
La coordonnatrice, pour savoir.
J'ai su l'âge et le sexe de ceux qui ont reçu
les organes de ma fille. J'ai suivi à travers la coordonnatrice
le résultat de ces greffes.
Ma fille voulait reprendre ses études de médecine
pour soigner. Elle a non seulement soigné, mais guéri
de nombreuses personnes.
Je rêve à ces petits-enfants qui, grâce
aux organes greffés de ma fille sur l'un de leurs parents
sont aussi un peu "mes petits-enfants".
Christiane
Te
donner ce rein était ma volonté extrême.
Jamais rien ne m'aurait fait changer d'avis. Tu es la jeunesse,
moi j'ai déjà parcouru beaucoup d'années
dans le confort d'une bonne santé.
Je ne voulais pas que tu passes toutes ces années de
jeunesse en dialyse. Je savais que je pouvais avoir une victoire
sur ta maladie, t'épargner cette dépendance
et toutes ces souffrances morales et physiques
J'allais
te revoir vivre comme avant.
J'aurais été capable d'affronter des montagnes
pour cet objectif.
Je
mesure aujourd'hui toute la force de l'amour qui t'a amenée
à me faire ce cadeau inestimable, ce don de vie, cette
nouvelle chance. Je sais que jamais tu ne t'es posée
une seule question à son sujet. Tes choix te sont toujours
apparus comme les seuls possibles, tu qualifies toi même
ton attitude de " naturelle ". Moi, je la trouve
infiniment généreuse et courageuse. Les mots
me manquent ou me paraissent dérisoires pour pouvoir
la qualifier comme je le souhaiterais.
Aujourd'hui,
tu es redevenue la jeune femme indépendante, heureuse
de vivre, que je connaissais.
Tu avais peur pour moi
Tu vois, je vis à l'identique.
Mon état de santé est le même qu'avant,
je n'ai mal nulle part. Tu portes en toi le rein de l'amour
et forcément, il ne peut que bien fonctionner.
Pour
m'avoir donné la vie une seconde fois, Merci, Maman.
Jocelyne,
60 ans, donneuse & Yvanie, 31 ans, receveuse
Donner,
c'est naturel, humain.
Donner ses organes,
c'est une décision personnelle, qu'il faut prendre
et faire connaître.
Pour celui qui recevra, peut-être, c'est la vie.
Pour celui qui donnera, c'est faire un cadeau, facile.
C'est donner un sens à sa fin, être utile encore,
transmettre.
Pour moi, c'est évident.
Yolande
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Paroles de receveurs |
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Ma
vie fut bouleversée le 17 Avril 2001 par cet appel
en pleine nuit : choisie parmi toutes celles et ceux en attente
de transplantation rénale, je n'osais y croire, puisque
à peine inscrite sur la liste nationale des malades
en attente de greffe, résonnaient toujours en moi les
discours médicaux : "Vous êtes du groupe
O+, le délai d'attente est de 2 ou 3 ans". J'ai
évité la dialyse, ma transplantation du rein
fut une expérience très forte en émotions,
dévoilant à moi une vie nouvelle, consciente
de toute sa valeur, richesse, mais aussi précarité.
Une vie d'insuffisance rénale, avec ses combats, épreuves,
souffrances, désespoirs, incapacités, renoncements...
la greffe l'a redessinée, je l'ai apprivoisée,
j' ai tout accepté d' elle. Elle m'a redonné
aussi la force de courir, de faire du ski de fond, du VTT...
pendant des heures... Cette part de l'Autre qui me fait vivre,
que je fais revivre...qui me protège et que je contiens
L'attente, l'espoir ne sont jamais vains, ne serait ce que
pour une seule vie.
Accepter de Donner, Accepter de Recevoir, cela ne relève
t-il pas des rares actes les plus élevés du
genre humain ?
Michelle
La
transplantation cardiaque qui m'a sauvé la vie, le
27 juillet 1993 est la conséquence d'une longue maladie
commencée en août 1987.
Tout a débuté par un dème pulmonaire
avec insuffisance cardiaque et fuite à la valve mitrale.
Remis sur pied, j'ai continué à travailler jusqu'au
19 octobre 1992.
Ce jour là première décompensation cardiaque.
De nouveau sur pied je continue à travailler.
Ensuite l'histoire se reproduit trois fois.
Très vite essoufflé, il ne m'était même
plus possible de me baisser pour attacher mes lacets. J'étouffais.
C'était la fin de mon activité et l'inscription
sur la liste d'attente. Le verdict était tombé
: il fallait une transplantation cardiaque.
J'ai attendu trois mois. Et, là, grâce à
un don anonyme et à une équipe de prélèvement
et de transplantation, j'ai retrouvé le plaisir de
me lever, de respirer normalement, de marcher sans m'essouffler.
Cela fait maintenant onze ans et il ne se passe pas de jour
sans que je pense à un donneur inconnu qui m'a permis
de revivre.
Merci.
Gérard
Quel
acte merveilleux que celui du don d'organes !
J'étais condamnée et je suis revenue à
la vie grâce au don, grâce à un "
oui ", petit pour certain, énorme pour moi, car
il m'a permis de réaliser mon rêve : devenir
grand-mère.
J'ai vu le mariage de mes enfants et la venue au monde de
cinq petits bouts de choux, leur apprentissage de la vie.
Que vouloir de plus : un mari attentionné, une retraite
agréable
la VIE.
Merci, mille fois merci à ceux qui ont dit oui le lundi
10 août 1987 !
Claude
8
septembre 2000, 15 heures, je sors de l'hôpital avec
une très mauvaise nouvelle, carcinome hépato-cellulaire
avancé, résultats sanguins catastrophiques.
Cette fois, c'est moi qui entre dans les statistiques, cancer
du foie, la vie s'échappe.
A 45 ans, deux jeunes enfants, une épouse aimée,
tout s'écroule, c'est dur à vivre. Après
le découragement, la bataille pour survivre s'engage
avec un corps médical réservé sur les
chances de réussite. Les rendez-vous dans les hôpitaux
se succèdent, les examens se multiplient. Après
huit mois de tests et d'espoirs, le verdict tombe, seule une
transplantation me sauverait, mais le temps presse et les
organes manquent, en moyenne un an d'attente.
La solution viendra de ma famille, ma sur me donnera
la moitié de son foie. Je l'accepte malgré mes
inquiétudes pour sa vie. Une telle opération
n'est pas sans risques pour le donneur.
24 juillet 2001, je me réveille à l'hôpital.
Le Professeur et son équipe ont accompli le prodige.
Ma sur va bien, ils m'ont sauvé !
Vive la vie !
François
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Propos du corps médical |
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L'annonce
du décès d'un patient à sa famille est
toujours un épisode difficile pour un médecin
réanimateur. C'est souvent synonyme d'échec.
Quand le malade est jeune, quand le décès est
brutal (accident de moto par exemple), la douleur des familles
peut parfois se traduire par une agressivité à
l'égard de l'équipe soignante.
En cas de prélèvement d'organes envisagé,
l'entretien avec la famille va rechercher la position du défunt
vis à vis du don d'organes. Avait-il clairement exprimé
son refus
de faire don de ses organes à sa mort ? Ce sont les
termes de la loi. Bien souvent encore, les volontés
du défunt ne sont pas connues. Souvent, il n'en avait
jamais parlé !
Parler de la mort à 20 ans
Le dialogue est alors
difficile, le désarroi se rajoute à la douleur,
la décision est impossible à prendre.
Et le prélèvement n'a pas lieu
Pourtant,
la loi donne la possibilité de clairement afficher
notre position vis à vis du don d'organes : par le
registre des refus ou par l'expression claire de ses volontés
au près de sa famille ou de ses amis.
Je
suis médecin réanimateur.
Pour moi l'annonce d'un décès à une famille
est toujours une épreuve. La douleur immense des familles
peut parfois s'accompagner de colère, d'incompréhension
voire d'agressivité
envers l'équipe soignante.
Aborder dans ces conditions le don d'organes peut majorer
cette douleur et provoquer un grand désarroi surtout
si le défunt ne s'était pas clairement exprimé
de son vivant. La discussion est alors difficile et le consentement
rarement obtenu.
A l'inverse, si la personne décédée s'était
clairement exprimée de son vivant et même si
la douleur est là, le dialogue est tout autre, plus
facile, moins traumatisant car la prise de position a fait
l'objet d'une discussion ensemble parfois à l'occasion
d'un film ou d'une émission de télévision.
On sait. On connaît.
La loi nous donne la possibilité de faire connaître
notre position sur le don d'organes soit en s'inscrivant sur
le registre national automatisé des refus, soit en
faisant savoir à son entourage notre position. Utilisons
cette possibilité.
Je
suis médecin réanimateur et je travaille dans
un hôpital autorisé à pratiquer des prélèvements
d'organes sur des personnes décédées.
La loi me demande, si j'envisage de réaliser un prélèvement,
de rechercher l'opposition éventuelle du défunt.
C'est le plus souvent la famille qui est dépositaire
de ces volontés. Dans de nombreux cas, la famille ne
sait pas parce que le défunt ne s'est pas exprimé.
Il s'agit souvent de gens jeunes décédés
lors d'accident de la voie publique et la mort était
loin de leur pensée. Les familles dans leur douleur
ne peuvent prendre une telle décision et souvent refusent
le prélèvement d'organes.
La loi envisage les possibilités pratiques d'expression
de notre position face au don d'organes : inscription sur
le registre national des refus, expression auprès de
nos proches de nos volontés en cas de décès.
Ne mettons pas nos proches dans le désarroi, exprimons
très nettement notre volonté.
Je
suis Anesthésiste Réanimateur et travaille dans
un centre hospitalier qui réalise des prélèvements
d'organes. C'est l'une des situations les plus difficiles
psychologiquement que d'annoncer à une famille la mort
de l'un des siens et successivement lui " parler "
du don de ses organes. Quels que soient les termes employés
et la progressivité du message, le traumatisme affectif
peut s'associer à des réactions très
négatives et hostiles vis à vis du médecin
: a-t-il tout fait pour sauver le patient ? Celui-ci est-il
réellement mort ?
Souvent dans l'ignorance du souhait du défunt, la famille
préfère refuser le prélèvement.
Parfois certains membres sont pour, d'autres sont contre et
la décision finale dépendra du dialogue qui
s'instaurera entre eux.
La décision d'être donneur ne doit plus être
laissée à une famille traumatisée ; elle
doit être prise sereinement par chacun d'entre nous
et soit exprimée clairement à nos proches, soit,
comme nous la loi nous en laisse la possibilité d'inscrire
notre refus sur le registre national automatisé.
L'approche
de l'entourage d'un patient en état de mort encéphalique,
est extrêmement sensible puisque le contexte de cette
mort est toujours d'origine violente, considérée
comme particulièrement injuste dans le cas de certains
accidents de la voie publique. L'entourage est donc au moment
de l'annonce de la mort dans la situation la plus angoissante
qui soit, d'où cette grande difficulté d'aborder
sereinement le questionnement relatif à la position
du décédé sur le don d'organes. L'attitude
des équipes prenant en charge ces donneurs potentiels
est donc basée sur le respect la tolérance et
l'empathie. Avant d'aborder la notion de don, il est évident
que l'entourage doit avoir validé qu'il a bien reçu
l'information.
C'est à ce moment seulement, que l'on peut commencer
l'entretien en vue du don. La famille n'a, dans la majorité
des cas, jamais été confrontée à
ce type de demande et est très souvent désarmée
pour s'exprimer sur la volonté du défunt. L'effort
pour essayer de penser à sa place est énorme,
d'où l'intérêt de s'être exprimé
au calme, avant le drame.
Chantal
La
mort reste un sujet " tabou " en France.
Sujet encore difficile à aborder avec ses proches et/ou
sa famille, car cela dérange. Cependant, la mort peut
aussi redonner la vie ou bien améliorer considérablement
la qualité de vie de personnes malades. En effet, la
mort encéphalique (1 % des décès) permet
de donner ses organes pour des malades qui n'ont aucune autre
solution thérapeutique. Dans le contexte d'un décès
brutal, toujours perturbant et considéré comme
injuste, il est important d'éviter à la famille
de devoir parler au nom d'un proche, raison pour laquelle
j'insisterai sur la nécessité d'exprimer son
désir. En tant que coordinatrice de prélèvement
d'organes, et étant confrontée à ces
familles en grande détresse, ma fonction me paraît
importante dans l'accompagnement des familles endeuillées.
Il faut réellement prendre position sur ce sujet de
son vivant : en parler autour de soi, prendre la carte de
donneur d'organes ou en cas de refus, s'inscrire sur le registre
national prévu à cet effet. Cet acte de générosité
reste primordial dans notre société où
chacun peut être amené un jour aussi à
recevoir.
France
Anesthésiste réanimateur j'ai longtemps eu à
annoncer à des familles le décès d'un
proche aimé, jeune ou moins jeune, mort, le plus souvent,
à la suite d'un traumatisme ou d'un accident vasculaire
cérébral .
L'annonce de cette mort inattendue constitue le premier traumatisme
pour une famille en détresse. Ayons à cur
de ne pas lui infliger un second traumatisme, celui de prendre
position pour nous. C'est pourquoi, il est essentiel, tandis
que nous sommes bien vivants de prendre position : inscrivons
nous sur le registre automatisé national des refus
si tel est notre choix.
Par contre, si notre choix est d'être donneur d'organes
et de tissus, parlons-en à notre famille, elle portera
à la connaissance du médecin le témoignage
de notre volonté, ultime respect dû au défunt.
Elisabeth
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Les associations à l'origine
de Greffe de Vie |
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Association
des Insuffisants Rénaux de la région parisienne
AIRRP
167 Avenue Ledru Rollin 75011 Paris
Tél 01 43 79 66 59
www.airrp.free.fr
e-mail airrp@free.fr
Association
Foies Sans Frontières
Centre Hépato-biliaire de l'Hôpital Paul Brousse
12/14 Avenue Paul Vaillant-Couturier 94804 Villejuif cedex
Tél 01 45 59 69 90 - Fax 01 45 59 38 57
Cardio-Greffes
Association des greffés du coeur et des poumons d'Ile
de France
36 rue Petit 75019 Paris
Tél 01 42 38 63 71
Association
Nationale des Cheminots pour le Don Bénévole
de Sang et d'Organes
9, rue de Chateau - Landon 75010 PARIS
Tel : 01 58 20 15 06 - Fax : 01 58 20 15 07
www.dondusang-sncf.org
e-mail : contacts@dondusang-sncf.org
France
ADOT 75 - 77 - 78 - 91 - 93
Associations d'information et de promotion du Don d'Organes
B P 35 75462 Paris cedex 10
Tél 01 42 45 63 40
www.france-adot.org
Association
des greffés et transplantés sportifs de la région
parisienne Trans-forme
66 Boulevard Diderot 75012 Paris
Tél 01 43 46 75 46 - Fax 01 43 43 94 50
www.trans-forme.org
e-mail info@trans-forme.org
Association
Nationale des Déficients Transplantés Hépatiques
Trans-hepate
6 rue de l'Aubrac 75012 Paris
Tél 01 40 19 07 60
www.members.aol.com/transhepat
e-mail transhepat@aol.com
Association
Française de Lutte contre la Mucoviscidose Vaincre
la Mucovicidose
181 rue de Tolbiac 75013 Paris
Tél 01 40 78 91 91 - Fax 01 45 80 86 44
www.vaincrelamuco.org
e-mail : info@vaincrelamuco.org
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