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dernière
mise à jour le 10/08/2005
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Les médicaments immunosuppresseurs
utilisés pour la greffe |
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Lorsqu'un
malade est transplanté, son système immunitaire
va identifier le greffon comme un corps étranger et
se défendre en le détruisant. C'est le mécanisme
du rejet.
Pour
le combattre, on utilise des médicaments immunossuppresseurs
(ou encore anti-rejet). Ils ont pour objectif d'abaisser le
système immunitaire du patient pour le rendre incapable
de se retourner contre le greffon, tout en le maintenant à
un niveau suffisant pour qu'il puisse continuer à remplir
son rôle de protection de l'organisme...
C'est
un pari difficile et un équilibre précaire que
l'on cherche donc à atteindre. D'autant que le traitement
devra être maintenu aussi longtemps que le greffon fonctionne.
Dans la mesure où l'organisme ne reconnaîtra
jamais le greffon comme une partie de lui-même, le rejet
peut intervenir n'importe quand, même des années
après la greffe...
C'est
pourquoi il est indispensable de prendre ses médicaments
chaque jour, en respectant parfaitement la prescription médicale
!
Voir la rubrique consacrée à l'observance
Plusieurs
types de médicaments sont désormais disponibles.
La plupart du temps, c'est une combinaison de plusieurs d'entres
eux qui est utilisée. Ces
associations de plusieurs molécules ont permis de faire
baisser le taux de rejet aigu d'environ 50 % au début
des années 90 à environ 15%, voire moins, à
l'heure actuelle.
Si
chaque molécule a ses propres effets indésirables,
les effets secondaires dus à l'immunosuppression elle-même
sont malheureusement une réalité : c'est la
survenue d'infections et de cancers. Relativisons tout de
même : une surveillance accrue associée à
une adaptation des traitements permet d'en limiter la fréquence
et les effets...
Voici
un panorama des molécules disponibles à l'heure
actuelle, et de leurs principales caractéristiques...
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Les
traitements d'induction |
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Ce
sont les
médicaments qui sont utilisés dans les premiers
jours suivant la greffe (on parle d'induction, ils permettent
une immunosuppression plus intense durant cette période
clé...) ou encore ponctuellement, pour lutter contre
un rejet aigu.
On
peut citer la Thymoglobuline®, le Muromonab (OKT3®),
le Daclizumab (Zénapax®), le Basiliximab (Simulect®)
et le CD52 (campath-1h®), qui devrait prochainement être
introduit en France.
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Les "inhibiteurs de la synthèse des purines" |
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L'Azathioprine (Imurel®)
Cette
molécule est un des plus anciens immunsuppresseurs,
puisqu'elle est utilisée depuis les années 60.
Son action consiste à inhiber la division des cellules
en bloquant la duplication de son ADN. Elle est aujourd'hui
de moins en moins utilisée au profit de traitements
plus efficaces pour lutter contre le rejet. Elle
sadministre en association avec les corticoïdes
ou dautres agents immunosuppresseurs.
L'Acide
mycophénolique (Cellcept®, Myfortic®)
Il
est commercialisé sous deux formes différentes
: le mycophénolate mofétil (Cellcept®) et
le sel sodique (Myfortic®).
Pour
résumer, ce médicament bloque une enzyme qui
intervient dans la fabrication d'un des constituants de l'ADN.
La prolifération cellulaire caractéristique
de la réaction immunitaire du rejet devient impossible.
Le
mycophénolate mofétil ou MMF peut avoir des
effets secondaires digestifs importants (diarrhées...)
ou infectieux. Il est contre indiqué en cas de grossesse
(risque de malformation du foetus)...
Le
Myfortic®est un nouveau venu sur le marché, et
constitue une alternative au Cellcept®. Il serait mieux
toléré du point de vue digestif, mais cet avantage
n'a pas été validé par la commission
de la transparence...
Ces
deux médicaments sont en fait très similaires.
Tous deux sont utilisés en association avec d'autres
immunosuppresseurs.
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Les
"inhibiteurs de la calcineurine" : ciclosporine et
tacrolimus |
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La
Ciclosporine (Sandimmun®, Néoral®)
La
ciclosporine est certainement le plus connu des immunosuppresseurs.
C'est cette molécule qui a transformé le paysage
de la transplantation d'organes au début des années
80. Schématiquement, son action est de limiter la production
de certaines substances qui interviennent dans l'activation
de nombreuses cellules immunitaires. L'intensité des
réactions immunitaires contre le greffon est donc fortement
réduite.
Le
principal inconvénient de la ciclosporine est qu'il
est néphrotoxique, c'est à dire qu'il peut endommager
le greffon et induire à terme une insuffisance rénale...
Les
autres effets indésirables possibles du traitement
dépendent en général de la dose utilisée,
ce sont principalement :
- l'hyperpilosité
- l'hypertrophie
des gencives
- les
tremblements
- l'hypertension
artérielle
La
ciclosporine doit être prise toutes les 12h. Il semble
que le pamplemousse puisse augmenter les taux résiduels
de ciclo dans le sang, donc il est déconseillé
d'en absorber en même temps que ce médicament.
Le Tacrolimus (Prograf®, aussi
appelé FK506...)
C'est
un médicament très proche de la ciclosporine.
Ses effets secondaires sont similaires, il est également
néphrotoxique, il ne provoque toutefois ni hyperpilosité,
ni hypertrophie des gencives (les filles seront sensibles
à ces arguments !), mais peut induire une élévation
des taux de sucre dans le sang, voire un diabète.
Même
problème avec le pamplemousse, à éviter
!
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Les
"inhibiteurs de la mTOR" : sirolimus et évérolimus |
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Sirolimus (Rapamune®) et évérolimus
(Certican®)
Le
sirolimus se distingue de la ciclosporine et du tacrolimus
par son mode daction et par labsence de néphrotoxicité.
Pour schématiser, la rapamycine bloque l'activation
des lymphocytes contre le greffon.
Cependant, il est à lorigine dhyperlipidémies
(augmentation des taux de cholestérol) nécessitant
ladministration de statines et de problèmes dermatologiques
(acné, aphtes). Lévérolimus en
est proche.
Il
semble qu'il ait des propriétés antiprolifératives,
c'est à dire qu'il puisse freiner ou stopper l'évolution
d'un cancer. Pour cette raison, il est de plus en plus souvent
utilisé chez les greffés qui développent
des cancers de la peau.
L'évérolimus
vient d'être introduit sur le marché, il est
très similaire au sirolimus.
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Les
corticoïdes |
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encore
appelés stéroïdes, ou glucocorticoïdes,
ou plus simplement cortisone (Solupred®, Cortancyl®)
Depuis
quelques années, un certain nombre d'équipes
en France et dans le monde n'utilisent plus la cortisone en
transplantation rénale, ou ne l'utilisent qu'à
faibles doses au début de la greffe pour l'arrêter
au bout de quelques mois, sauf dans des cas bien précis
(patients immunisés par exemple). L'intérêt
de pouvoir se passer de ce médicament est certain au
regard de ses multiples effets secondaires, comme la prise
de poids et la rétention d'eau, la cataracte, la fragilité
de la peau, l'intolérance au glucose (diabète),
l'ostéoporose, etc.
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Interactions médicamenteuses
: attention !
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Les précautions à prendre lorsqu'on est sous
traitement immunosuppresseur
Lorsqu'on
prend plusieurs types de médicaments en même
temps, des interactions peuvent se produire. Les " mélanges
" peuvent modifier ou perturber les propriétés
des médicaments, en augmentant ou en diminuant leurs
effets, voire en les rendant toxiques.
On
comprend facilement l'importance de ce problème avec
les immunosuppresseurs, d'autant que les molécules
susceptibles de provoquer des interactions sont nombreuses
: certains anti-hypertenseurs (les inhibiteurs calciques,
les inhibiteurs de l'enzyme de conversion), certains médicaments
contre le cholestérol, certains anti dépresseurs,
certains antibiotiques, certains antifongiques, les diurétiques,
les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ce sont
des anti-douleur, certains d'entre eux sont vendus sans prescription
médicale !), etc.
Il
est donc indispensable d'être très vigilant,
d'éviter absolument l'automédication et d'interroger
votre équipe de transplantation avant de prendre tout
nouveau médicament, même s'il est prescrit par
un médecin ou conseillé par un pharmacien. En
effet, les différentes interactions médicamenteuses
avec les anti-rejets sont si spécifiques que seuls
les spécialistes de la transplantation sont à
même de les connaître avec précision
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L'avenir des immunosuppresseurs...
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De
nouvelles molécules sont actuellement à l'essai
ou à l'étude et les laboratoires pharmaceutiques
travaillent d'arrache pieds à la recherche du "médicament
miracle", en suivant quatre pistes distinctes et pas
forcément contradictoires :
- augmenter
l'efficacité,
- diminuer
les effets secondaires,
- personnaliser
la prescription au malade : c'est l'individualisation du
traitement
Actuellement,
l'adaptation des doses de médicaments est basée
essentiellement sur le poids des patients... Or, on sait depuis
peu que la pénétration des médicaments
dans les cellules, et donc leur degré d'efficacité
(ou de toxicité), varie d'un individu à l'autre
en fonction de certaines mutations génétiques.
Cette science nouvelle s'appelle la pharmacogénétique.
Elle permettra probablement de mieux individualiser les traitements
immunosuppresseurs pour les rendre à la fois plus efficace
et moins toxique.
- induire
ou en détecter un état de tolérance.
Cette
dernière option s'appelle "l'induction de tolérance",
son objectif étant l'utilisation d'un traitement immunosuppresseur
à la phase initiale de la greffe, puis son arrêt
et la poursuite de la fonction du greffon. Cette technique
nécessitera vraisemblablement une très lourde
immunosuppression initiale faisant courir un risque important
au patient... Elle fait l'objet de nombreux projets de recherche
à l'heure actuelle, aux Etats Unis notament. L'équipe
de Pittsburgh est particulièrement active et ses résultats
semblent prometteurs, même s'il faut rester très
prudent... Transplantation
: un pas vers l'induction de tolérance
Une
piste assez similaire, sur laquelle travaille en France l'équipe
de Nantes, vise à identifier les malades qui pourraient
spontanément devenir tolérants à leur
greffon. Une fois dépistés, ces patients "particuliers"
pourraient voire leur traitement immunosuppresseur fortement
diminué, voire totalement arrêté.
Afin
dencourager le développement clinique des médicaments
immunosuppresseurs de lavenir, la Direction générale
pour la Recherche de la Commission européenne a décidé
de soutenir un Projet Intégré répondant
aux priorités de lUnion.
Ainsi, laccent sera mis sur lutilisation de cellules
tolérogènes
générées dans des plates-formes de thérapie
cellulaire,
le partenariat entre les équipes académiques
et lindustrie
européenne (en particulier les entreprises de biotechnologie),
la formation du personnel de santé aux principes de
la tolérance en transplantation, et la participation
active des associations représentatives des patients.
Gratifié
du soutien financier de lUnion européenne pour
un
montant de 10 millions deuros pour les années
2005 à 2010,
le projet, dénommé RISET (Reprogramming the
Immune
System for the Establishment of Tolerance), rassemble vingt
et un partenaires de dix pays différents, parmi lesquels
quatorze centres de recherche académique, dont quatre
équipes francophones.
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