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Don d’organes et greffes en France

Le prélèvement sur donneurs décédés suite à un arrêt cardiaque

Mis à jour le lundi, 18 octobre 2010 09:28 - Écrit par Yvanie le mardi, 13 octobre 2009 10:55

Si les donneurs décédés en état de mort encéphalique sont de mieux en mieux recensés en vue d’un prélèvement, ces circonstances de décès sont rares et la pénurie d’organes impose d’explorer d’autres ressources en greffons.

Le développement de nouvelles sources de greffons représente donc un réel espoir pour tous les patients qui chaque année attendent une greffe d’organe.

Une alternative consiste à prélever des personnes décédées après arrêt cardiaque (prélèvement parfois dénommé « à coeur arrêté »). Dans ce cas, la destruction définitive de l’encéphale est la conséquence de l’arrêt de la circulation sanguine et l’arrêt de l’oxygénation des tissus provoqués par l’arrêt du coeur.

Les premières greffes au monde, et notamment la première greffe cardiaque (1967, par le Pr Barnard), ont été réalisées à partir d’organes prélevés sur des personnes décédées d’arrêt cardiaque… Mais les résultats étaient mauvais, les organes étant endommagés par les conditions de prélèvement.

Peu à peu, les situations, tout comme les techniques ont évolué. Les résultats se sont peu à peu améliorés, et depuis le début des années 2000, de nombreux pays se sont engagés dans cette voie...

 


 

L'organisation des prélèvements sur donneurs décédés suite à un arrêt cardiaque est particulièrement lourde. 

La préservation des organes, qui ne sont plus irrigués par le sang, impose un dispositif et une organisation spécifiques, plus contraignants que dans le cas du prélèvement sur donneurs décédés en état de mort encéphalique.

Dans le protocole actuellement appliqué en France, l’Agence de la biomédecine n’a retenu que le prélèvement d’organes sur des donneurs des catégories I, II ou IV de la classification internationale de Maastricht :

1. arrêt cardiaque hors contexte de prise en charge médicalisée ; le prélèvement n’est possible que si des gestes de réanimation de qualité ont été pratiqués moins de 30 minutes après l’arrêt du coeur.

2. arrêt cardiaque en présence de secours d’urgence qualifiés, aptes à réaliser un massage cardiaque et une ventilation artificielle efficaces, mais avec échec des tentatives de réanimation.

4. arrêt cardiaque lié à l’échec du maintien des fonctions vitales sur un défunt en état de mort encéphalique.

Le prélèvement à partir de donneurs décédés après arrêt cardiaque implique que la coordination hospitalière se donne le temps de s’entretenir avec la famille du défunt et de respecter son deuil. La qualité de l’abord des proches est un élément déterminant dans le processus de prélèvement.

Pour le moment, la France ne réalise pas de prélèvement lorsque l’arrêt cardiaque provient d’un arrêt concerté des traitements médicaux (catégorie 3 de Maastricht). Ceci pourrait évoluer compte tenu de la loi Leonetti et dans le cadre de la future loi de bioéthique.

Dans des pays comme le Japon, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, les Etats-Unis, cette catégorie représente en effet la possibilité de prélèvement la plus importante. On estime globalement que le développement de cette technique en France pourrait augmenter de 30% le nombre de greffons disponibles, notamment pour le rein, et donc transplanter environ 600 à 700 malades supplémentaires chaque année…

En France, le prélèvement d’organes sur donneur décédé après arrêt cardiaque est pour le moment uniquement pratiqué sur le rein, dans dix CHU pilotes sous convention avec l’Agence de la biomédecine. 


 

Le premier prélèvement rénal de ce type ayant abouti avec succès à une greffe a eu lieu à Paris en octobre 2006.

Entre 2007 et 2009, 200 donneurs à cœur arrêté ont été recensés (90% d’hommes) dont 70% de la catégorie I de Maastricht. L’âge médian est de 41 ans.

Le taux de refus est de 18 % (contre 30 % pour le prélèvement sur donneur en état de mort encéphalique).

Seuls 83 donneurs ont été prélevés : 95 reins ont été transplantés et 73 greffons ont été écartés.

Parmi les patients transplantés, après 16 mois de suivi, 95% des greffons sont fonctionnels.

Il n’y a eu qu’un seul cas de non-fonction primaire du greffon, en raison d’une erreur dans les examens médicaux.

90% des greffons ont eu une reprise de fonction retardée et ont nécessité en moyenne 15 jours de dialyse. Au bout d’un an, la clairance moyenne était de 49 ml/min (26 ml/min de moins qu’un donneur idéal). Ces résultats devraient être améliorer par l'introduction de nouvelles techniques médicales pour la prise en charge des donneurs (circulation extracorporelle normothermique).

En conclusion, les premiers résultats français sont très encourageants avec une augmentation de 15% de l’activité globale de transplantation sur 2 ans pour les centres participants, seulement 0,5% de non reprise de la fonction primaire.

La stimulation des équipes hospitalières a également permis l’augmentation du recensement des donneurs en état de mort encéphalique.

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