Identifiez-vous !
Adhérer à Renaloo Faire un don à Renaloo

Powered by Easytagcloud v2.1
En pratique, après la greffe...

Greffe et vaccination

Mis à jour le lundi, 17 octobre 2011 12:12 - Écrit par Yvanie le dimanche, 16 octobre 2011 11:44

Greffe et vaccination

Par Sylvie et le Dr Elisabeth Cassuto-Viguier

alt

  • doit-on, ou non, être vacciné lorsque l’on est greffé ? Si oui, contre quoi ? 
  • Est-il dangereux de se faire vacciner lorsque l’on est immunodéprimé ?
  • Quels vaccins sont nécessaires lorsque l’on voyage ?

Autant de questions que se posent souvent les patients transplantés, sans toujours parvenir à obtenir de réponses… Cet article nous donne l’occasion de faire le point.

Les patients transplantés rénaux sont une population fragilisée, dont les vaccinations doivent être à jour. Néanmoins, certains vaccins sont contre-indiqués et d’autres, qui ne font pas partie des vaccinations usuelles, sont recommandés.

 


 

La vaccination chez les personnes greffées du rein, quand et comment ?

En premier lieu, il est nécessaire de respecter un délai minimal de 6 mois après la transplantation avant d’être vacciné(e), l’immunosuppression en début de greffe étant en général trop forte pour que les vaccins soient efficaces.

D’autre part, il est conseillé d’anticiper certaines vaccinations avant l’arrivée au stade terminal de l’insuffisance rénale, en particulier les vaccinations qui seront impossibles une fois la greffe réalisée.

Certains vaccins contiennent en effet des microorganismes vivants, atténués par des procédés de laboratoire, afin qu’ils ne soient plus capables de provoquer de maladies.

Malgré l’atténuation, ces vaccins peuvent entraîner la maladie chez les personnes immunodéprimées, c’est la raison pour laquelle ils sont contrindiqués chez les patients transplantés.

Font partie de ces vaccins, appelés vaccins vivants atténués, les vaccins contre la rougeole, la rubéole, les oreillons, la varicelle, la fièvre jaune, la tuberculose et la fièvre typhoïde.

Idéalement, un bilan vaccinal systématique devrait ainsi être réalisé avant une inscription sur liste d’attente de greffe, voire au stade de l’insuffisance rénale « pré-terminale ».

Ainsi, les vaccinations contre la rougeole, les oreillons, la rubéole (ROR), et la varicelle devraient être réalisées si possible avant la transplantation chez les patients en attente de greffe, à la condition qu’ils ne reçoivent pas de traitement immunosuppresseur.

Le BCG est formellement contre-indiqué, y compris chez les patients dialysés et / ou en attente de transplantation.

 


 

Calendrier vaccinal "classique"

Après la greffe, les vaccinations du calendrier vaccinal de l’adulte n’ont aucune raison de ne pas être faites normalement, dès lors qu’il ne s’agit pas de vaccins fabriqués à partir de virus vivant

En France, elles incluent :

  • un rappel diphtérie-tétanos-polio tous les 10 ans avec, à l’occasion d’un rappel décennal, une vaccination par un vaccin contenant la valence coqueluche pour les adultes n’ayant pas reçu de rappel anticoquelucheux dans les 10 dernières années
  • la vaccination antigrippale annuelle à partir de l’âge de 65 ans, et chez les personnes atteintes de certaines maladies prises en charge à 100% au titre des ALD (l’insuffisance rénale chronique en fait partie) ;
  • la vaccination contre les infections invasives à méningocoque du groupe C chez les adultes de 18 à 24 ans (rattrapage dans le cadre de la vaccination généralisée de l’enfant de 12 à 24 mois) ;
  • la vaccination contre les infections à papillomavirus des jeunes femmes de 18 à 23 ans (rattrapage dans le cadre de la vaccination des jeunes filles de 14 ans).

 


 

Des vaccins en plus

De plus, certaines vaccinations complémentaires sont recommandées chez le patient transplanté

  • La vaccination antigrippale est recommandée chaque année, en raison d’un risque accru d’infections sévères, en particulier respiratoires. 
  • La vaccination contre les infections à pneumocoque doit être réalisée (avec rappel tous les 5 ans), par le vaccin Pneumo 23® (vaccin polysaccaridique dirigé contre 23 valences du pneumocoque)
  • La vaccination contre le virus de l’hépatite B est recommandée, si elle n’a pas déjà été réalisée (c’est en général le cas pour les patients qui ont été dialysés avant la greffe) en particulier pour les patients à risque d’exposition (risque majoré de passage à la chronicité chez les patients greffés en cas d’infection).

 


 

Vaccinations du voyageur

Avant de partir vers un pays où des risques infectieux existent, il est recommandé d’évoquer suffisamment tôt avant le départ ce projet avec votre médecin transplanteur, qui pourra éventuellement vous orienter vers une consultation de prévention et de conseils au voyageur.

Il est préférable qu’elle soit réalisée par un spécialiste des pathologies du voyageur ayant une expertise dans la prise en charge de patients immunodéprimés.

Au cours de cette consultation, seront prescrites les mesures préventives des risques sanitaires liés à la zone visitée, notamment les diarrhées ainsi que les maladies transmises par les insectes (moustiques, tiques…), comme le paludisme. …

Cette consultation devra aussi permettre la mise à jour des vaccinations usuelles et la prescription ou la contre-indication des “vaccinations du voyageur”.

 

Pour la plupart des vaccins du voyageur (vaccins inertes), leurs indications seront portées au cas par cas en fonction de la destination, de la période envisagée et des conditions de voyage.

Il n’existe à l’heure actuelle pas de données concernant les vaccinations contre la typhoïde, les infections à méningocoques, la rage, l’encéphalite japonaise chez les patients transplantés…

 


 

Le "cas" de la fièvre jaune

La vaccination contre la fièvre jaune (vaccin vivant) est contre-indiquée pour les patients transplantés.

En cas de voyage dans certains pays d’Afrique subsaharienne ou d’Amérique du Sud, la vaccination contre la fièvre jaune est recommandée, voire obligatoire. Le voyage est donc contre-indiqué si le patient transplanté n’a pas été vacciné avant sa greffe.

Certaines personnes ont pu être vaccinées avant, soit parce qu’elles ont fait un séjour dans un de ces pays, soit parce qu’elles en sont originaires.

Dans ce cas, un dosage des anticorps dirigés contre le virus de la fièvre jaune est nécessaire pour vérifier que le patient est toujours protégé. Dans le cas contraire, le voyage devra être déconseillé.

Il peut aussi être utile chez les personnes originaires d’Afrique subsaharienne ou d’Amérique du Sud d’anticiper cette vaccination avant la greffe s’ils n’ont pas été vaccinés auparavant.

Lorsqu’il s’agit d’un voyage impératif (en particulier pour raisons familiales), les conseils de protection contre les moustiques (qui transmettent la maladie) seront particulièrement détaillés et devront être appliqués de façon très rigoureuse.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, un vaccin inactivé contre la fièvre jaune est en cours de développement et semble très prometteur. Il sera indiqué pour les personnes transplantées et devrait selon toute vraisemblance être disponible à l’horizon 2015.

 

 

 

 

Pour poster un commentaire veuillez vous identifier.