En pratique, après la greffe...

Les génériques des immunosuppresseurs

Mis à jour le mardi, 29 mai 2012 11:36 - Écrit par Yvanie le mardi, 04 janvier 2011 05:04

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Depuis novembre 2010, le Mycophénolate mofétil (Cellcept®), un des immunosuppresseurs fréquemment utilisé après transplantation rénale, est passé dans le domaine public. Depuis cette date, les patients peuvent se voir proposer par leur pharmacien la substitution de leur médicament habituel par un générique, qui aura un autre nom, un autre boîtage, des comprimés différents.

Les patients transplantés sont en général familiarisés avec les médicaments génériques, qui leurs sont souvent proposés pour les antihypertenseurs, les antilipidémiants, ou autres. Cependant, le remplacement du Cellcept® peut être déstabilisant ou angoissant, puisqu’il s’agit d’une molécule cruciale, destinée à prévenir le rejet du greffon.

Claude Allary nous propose de faire le point sur le sujet...

  


 

Qu’est-ce qu’un générique ?

Les médicaments jouissent en général d’une protection par brevet de 20 ans à partir de leur création. Cette protection interdit à un médicament identique d’être commercialisé avant la fin de la protection. En moyenne, les médicaments nécessitent 12 ans de développement avant d’être mis sur le marché (Source : PhRMA).

A l’échéance du brevet, tout producteur pharmaceutique peut déposer auprès de l’AFSSAPS, l’Agence française qui encadre la mise sur le marché et le suivi réglementaire des médicaments, un dossier d’enregistrement d’un produit ayant la même composition, appelé générique pour les produits chimiques et biosimilaire pour les produits biologiques.

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En théorie, un générique a le même principe actif, le même dosage, même mode d'administration que le médicament d'origine qui lui sert de modèle. Il a une efficacité équivalente.

 



Doit-on se méfier des génériques ?

Il n'existe donc a priori aucune raison de se méfier des génériques. Néanmoins, leur forme, leur apparence, leur capacité à être bien digéré par l'organisme, leur « absorption » peut légèrement changer, ce qui pourrait expliquer certaines variations de leur efficacité parfois observées. Un médicament moins bien toléré est souvent plus facilement oublié...

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Si ces différences sont en général sans importance, on peut comprendre que les patients transplantés soient inquiets de se voir proposer en lieu et place de leur antirejet habituel un médicament « inconnu »…

 


 

Qu’est-ce que le droit de substitution ?

Le principal avantage des génériques est économique : en règle générale, ils sont de 30 à 50% moins chers que les médicaments de marque.

C’est pourquoi la loi autorise (et même incite) le pharmacien à remplacer les médicaments prescrits par leurs équivalents génériques : c’est ce qu’on appelle le droit de substitution.

En général il ne détient qu’un, voire deux, génériques dans son stock et il arrive assez fréquemment que, d’un renouvellement de prescription à l’autre, le patient se voit délivrer une autre marque, qui aura encore une fois une forme différente (taille, forme, couleur, marquage…).

Cellcept® n’est pas le premier immunosuppresseur qui devient généricable. C’est déjà le cas de l'Azathioprine (Imurel®), dont la substitution est parfois proposée, mais aussi de la ciclosporine (Néoral®) et du tacrolimus (Prograf ®), qui n’ont à ce jour pas été génériqués en France, mais qui pourraient très bien le devenir.

Pour le Cellcept®, un très grand nombre de génériques sont apparus en quelques semaines : en décembre 2010, il n’en existe pas moins de neuf. Leurs producteurs s’appellent Accord Healthcare, Dr. Reddy, Teva, Actavis, Intas et Zydus. Il n’est pas exclu que d’autres arrivent peu à peu sur le marché.

 


Peut-on refuser la substitution ?

Un patient a la possibilité de refuser la substitution du médicament qui lui a été prescrit, mais le pharmacien peut dans ce cas lui faire perdre le bénéfice du tiers payant. Il doit alors régler intégralement le prix des médicaments au pharmacien et se faire rembourser dans un second temps par la sécurité sociale.

La suspension de l'avance de frais en cas de refus du générique s'applique à la totalité de l'ordonnance.
Tous les assurés sont concernés, y compris les bénéficiaires de la CMU complémentaire ou les assurés remboursés à 100%.

Cette mesure est donc particulièrement pénalisante pour les patients transplantés, dont les ordonnances mensuelles représentent des coûts de plusieurs centaines d’euros. Ils peuvent donc se trouver dans l’incapacité de régler ce montant…

Un bémol cependant : en tant que patient transplanté, vous êtes un « bon client » de votre pharmacien, vous êtes fidèle et vous représentez un « chiffre d’affaire » mensuel non négligeable.

Il n’a pas l’obligation de vous proposer un générique, notamment s'il estime que la substitution peut influer sur la qualité des soins délivrés. Si vous refusez le générique et qu’il menace de vous faire perdre le bénéfice du tiers payant, rien ne vous empêche de le lui rappeler.
Et s’il insiste, d’aller voir ailleurs, dans une autre officine plus à l’écoute des patients.

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Quelques conseils pour gérer l’arrivée des génériques des antirejets

Les immunosuppresseurs étant des médicaments très importants pour les patients transplantés, à prendre sans faute et à un rythme régulier, il est compréhensible d'être perturbé par les formes pharmaceutiques différentes. Voici quelques conseils :

Un article de Claude Allary