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La dialyse

Dialyse : vers quel futur allons-nous ?

Mis à jour le mardi, 12 mars 2013 06:47 - Écrit par Yvanie le vendredi, 04 novembre 2011 10:00

 

Renaloo : Dialyser impose d’y consacrer beaucoup de son temps. Peut-on espérer que les progrès techniques permettent de le réduire ?

Pr Christian Combe : La question de la réduction du temps de dialyse n’est pas prête de changer car à dose égale d’épuration, diminuer la durée représenterait une agression très importante pour le système cardio-vasculaire.

Il faut bien comprendre que le problème n’est pas technique : nous savons tourner les boutons pour délivrer la même dose de dialyse en deux heures plutôt que quatre. C’est l’organisme qui est ici le facteur limitant. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 30 minutes de dialyse en moins (ce qui équivaut à faire des séances de 3h30 au lieu de 4h), c’est 30 % de mortalité en plus, d’après l’étude internationale DOPPS - Dialysis Outcomes & Practice Patterns Study - qui a collecté des données sur plus de 60 000 patients.

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La dialyse idéale serait une dialyse de 24 h. sur 24 du point de vue de la tolérance de l’organisme et de la dose d’épuration. Bien évidemment, cela est impossible et inenvisageable.

Pour autant, dans ce que nous avons déjà à disposition, l’hémodialyse quotidienne (6 fois 2 heures par semaine) représente un intérêt à plusieurs égards. Au plan médical, une étude récente(3) révèle une moindre fréquence des événements cardiovasculaire par rapport à la dialyse conventionnelle. Si ces résultats se confirment, cette approche sera peut-être amenée à se développer en France, malgré son coût sensiblement plus élevé que celui de la dialyse conventionnelle.

Nous rencontrerons cependant un frein, celui de l’abord vasculaire. Cette question est forcément plus complexe lorsqu’on dialyse 6 fois par semaine plutôt que 3. Le recul fait dire que le meilleur abord reste la fistule artério-veineuse.

Aussi, des chercheurs travaillent sur des prothèses totalement artificielles à partir de cultures de cellules des patients, de manière à refaire des vaisseaux artificiels. La littérature montre que c’est faisable, mais pour le moment cela revient extrêmement cher et l’on n’a pas le recul suffisant pour savoir si sa durée de fonctionnement est probante ou non. Cela reste néanmoins une piste intéressante.

 

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