Identifiez-vous !
Adhérer à Renaloo Faire un don à Renaloo

Powered by Easytagcloud v2.1
La dialyse

L'hémodialyse

Mis à jour le lundi, 21 janvier 2013 10:44 - Écrit par Yvanie le vendredi, 26 juin 2009 10:09

Ces pages tentent d'exposer ce qu'est l'hémodialyse, à quoi elle sert, quelles sont ses limites et comment elle se déroule.

alt


Les principes physiques de l'hémodialyse

Le terme dialyse vient du grec dialusis, qui signifie dissolution.

L’hémodialyse périodique a pour but l’élimination des produits de déchet liés au fonctionnement de l’organisme et le maintien de son équilibre hydro-électrolytique, à l’aide d’échanges discontinus de solutés et d’eau entre le sang du malade et une solution de dialyse de composition voisine de celle du liquide extracellulaire normal au travers d’une membrane semi-perméable.

deux principes physiques distincts interviennent :

  • La diffusion (ou conduction) : Lorsqu'on met en contact, au travers d’une membrane semi-perméable, deux solutions contenant différentes concentrations de certaines substances (en l'occurrence, le sang et le dialysat), les molécules qui les composent se répartissent de l'une vers l'autre en se déplaçant du milieu le plus concentré vers le moins concentré, jusqu'à l'obtention d'un équilibre.

    altLa membrane comporte une multitude de trous de tailles différentes, de façon à ce que les petites comme les grosses molécules puissent la traverser, mais pas les cellules sanguines ni les grosses molécules comme les protéines.

    Les minéraux et autres substances (comme l’urée et la créatinine par exemple) en excès dans le sang vont passer dans le dialysat (c’est la diffusion).

    Réciproquement. Les minéraux en excès dans le dialysat (par exemple le calcium) vont passer dans le sang (c’est la rétrodiffusion)

     
  • L'ultrafiltration (ou transport convectif)
    altOn exerce une pression sur le compartiment sanguin au travers de la membrane de dialyse ; le gradient de pression et la résultante entre la pression sanguine positive et la pression négative du dialysat.

    C'est ce phénomène qui va permettre de corriger l'excès d’eau et de sodium dans l’organisme du malade. L’eau et le sodium qu'elle contient en excès traversent la membrane et rejoignent le dialysat.

     

L'objectif de l'hémodialyse est de débarrasser le sang des impuretés et du fluide en excès qu'il contient, et de le complémenter en certains minéraux dont le taux peut être abaissé.


Comment ça fonctionne ?

Pendant la séance de dialyse, le sang du malade est mis en contact avec une solution appelée dialysat*, composée d'eau et de différents minéraux de concentrations connues, au travers d'une membrane semi-perméable.

Ce contact est réalisé grace à une structure appelée dialyseur. Le sang traverse un compartiment dans un sens et le dialysat circule dans un autre compartiment, en sens inverse, ce qui permet d’obtenir un gradient de concentration maximum.

Pour accéder à un débit sanguin suffisant, on utilise un abord vasculaire.

alt

alt

Le générateur de dialyse permet de contrôler de nombreux paramètres, comme le flux sanguin, la pression et la vitesse des échanges, le tout étant programmé à l'avance en fonction des besoins du malade.

Dans la mesure où on ne peut traiter qu'une petite quantité de sang à la fois et que plusieurs passages dans le dialyseur sont nécessaires, le patient doit rester branché à la machine pendant une durée suffisante pour assurer l'efficacité du traitement.

Il existe plusieurs fréquences possibles pour l'hémodialyse, notamment :

  • 4 à 5h, trois fois par semaine (modalité la plus répandue)
  • 2 à 3h, six jours par semaine (on parle d'hémodialyse quotidienne)
  • 6 à 8h, trois nuits par semaine (on parle d'hémodialyse longue nocturne)

*Le dialysat est fabriqué à partir d’une eau préalablement traitée par un système de traitement d’eau comprenant une déminéralisation et une double osmose inverse. Plusieurs filtres antibactériens sont disposés sur le circuit afin d’obtenir une eau « ultra-pure » (absence de germes microbiens et taux indétectable d’endotoxines). Cette eau est mélangée par la machine de dialyse à un « concentré de dialyse » contenant des électrolytes (potassium, calcium, magnésium, glucose, bicarbonate, chlore, sodium)


L'hémodialyse remplace t-elle le fonctionnement des reins ?

Des reins normaux filtrent en moyenne 1 600 litres de sang par jour, tandis qu’une séance de 4 heures d’hémodialyse ne permet de traiter qu’environ 50 litres de sang, tous les deux jours…

Les séances de dialyse à elles seules ne peuvent donc pas corriger tous les symptômes de l'insuffisance rénale, de nombreux médicaments sont nécessaires pour tenter d'améliorer l'état des malades.

Pour juger de l’efficacité du traitement, la surveillance clinique du patient est indispensable (normalisation de la pression artérielle, amélioration des symptômes, de l’asthénie ou fatigue, de l’état nutritionnel, de l’appétit et des troubles digestifs, …).
Des examens complémentaires sont nécessaires.

Quelques uns des (nombreux) médicaments qui peuvent être prescrits en plus de la dialyseIl s’agit essentiellement de dosages biologiques, réalisés à intervalles réguliers. Ainsi sont surveillés la créatininémie et l’urée pour juger de la qualité de l’épuration mais aussi de l’état nutritionnel du patient.
De plus, le respect d'un régime alimentaire très strict est indispensable. Voir la rubrique Diététique.

La dialyse ne guérit pas l'insuffisance rénale, elle permet de survivre tout en tentant de mener une existence aussi "normale" que possible, en attendant une éventuelle transplantation.

En outre, de nombreuses complications peuvent apparaître à plus ou moins long terme.

 


Les différentes modalités d’hémodialyse

Deux modes de traitement sont disponibles :

L'hémodialyse "autonome", où le patient réalise lui-même les gestes nécessaires à son traitement.

  • L’hémodialyse à domicile

    Il est possible de réaliser soi même, chez soi, ses séances d’hémodialyse.
    La présence d’un proche est généralement nécessaire, pour apporter une aide en cas de problème durant la séance notamment.

    A domicile, les horaires, la fréquence et la durée du traitement peuvent être adaptées aux besoins de la personne ainsi qu’à son style de vie : trois fois quatre heures par semaine au minimum, trois nuits entières par semaine, ou encore deux heures chaque jour, six jours par semaine… Les modalités plus fréquentes ou plus longues correspondent à une qualité de dialyse supérieure et donnent de meilleurs résultats. 

  • L’autodialyse (ATD)

    L’autodialyse constitue, en théorie, une alternative à l’hémodialyse à domicile, pour les personnes qui ne souhaitent pas amener leur traitement à la maison ou qui n’ont pas la place pour installer chez elles une machine de dialyse et stocker les consommables.

    Il s’agit d’un lieu de dialyse de proximité, avec la présence d’une infirmière pour 6 à 8 patients, en fonction de leur degré d’autonomie.

    En pratique, les contraintes sont souvent plus importantes : pas de liberté des horaires, peu de souplesse quant à la durée et à la fréquence du traitement.

L'hémodialyse non autonome

Ces modalités de dialyse sont normalement destinées à des patients ayant des problèmes de santé importants et nécessitant une surveillance rapprochée, ou encore à ceux qui, pour différentes raisons, ne sont pas en mesure d’être autonomes.

  • L’hémodialyse en centre

dans cette modalité, ce sont les infirmières qui préparent la machine, branchent et débranchent le patient et assurent la surveillance de la séance. Un médecin est présent lors de chaque séance. Cette modalité est en principe réservée aux patients les plus fragiles, venant de débuter le traitement ou atteints de pathologies multiples s’ajoutant à leur insuffisance rénale ou encore d’un handicap sévère.

  • L’hémodialyse en unité de dialyse médicalisée (UDM)

    La différence avec la modalité précédente est que la présence du médecin n’est pas systématique à chaque séance. Elle est destinée à des malades non autonomes, mais ne nécessitant pas une surveillance médicale aussi "serrée".

 


le déroulement type d'une séance d'hémodialyse

 

alt

Avant de débuter la séance, la machine doit être préparée :

  • Rinçage du circuit et préparation du bain de dialyse, ou dialysat
  • Montage des lignes et mise en place du « dialyseur » (le rein de dialyse)
  • Purge du circuit avec du sérum physiologique
     

Cette opération dure environ ½ heure.

 

Le cahier de dialyse doit être complété des informations nécessaires à la bonne réalisation de la séance : poids du patient à son arrivée, pression artérielle… Le cahier devra mentionner toutes les informations relatives aux paramètres, au réglage de la machine et aux incidents éventuels survenus pendant la séance.

Le patient se pèse donc afin de déterminer la perte de poids qui devra être programmée sur la machine en fonction de la durée de la dialyse, grâce à l’ultrafiltration.

La pression artérielle est un élément important de la surveillance du bon déroulement de la séance et elle doit donc être prise avant de la débuter puis régulièrement ensuite jusqu’à son terme.
alt

La fistule est ponctionnée, à l’aide d’aiguilles spécifiques au traitement par dialyse Les aiguilles sont fixées par du sparadrap de manière à ce qu'elle restent en place pendant toute la séance.
 

 

alt

Dans le cas où le patient n’a pas de fistule mais un cathéter central, c’est l’infirmière qui réalisera tous les gestes de branchement et de débranchement.

Le patient et l’infirmière portent systématiquement un masque chirurgical, afin d’éviter tout risque d’infection du cathéter. Le pansement du cathéter sera refait après chaque séance d’hémodialyse.

Les tubulures des aiguilles (ou du cathéter) sont reliées à celles du circuit, puis la pompe est mise en route et son débit réglé.

Un anticoagulant est injecté pour éviter que le sang ne coagule dans le circuit : la dialyse commence.

alt

Durant la séance, différents paramètres comme le débit sanguin peuvent être modifiés et des alarmes peuvent se déclencher, nécessitant souvent des ajustements.

La pression artérielle est surveillée régulièrement (une fois par heure, au minimum).

Lorsque la durée programmée est écoulée, un signal sonore se met en marche. Il faut alors démarrer la restitution (une solution saline vient chasser le sang du circuit pour le "rendre" au patient).

Une fois que les lignes sont "nettoyées", les tubulures des aiguilles sont clampées et elles sont débranchées du reste du circuit. Les aiguilles peuvent être retirées.

alt

Les points de ponction doivent être compressés pendant quelques minutes pour éviter tout saignement (le débit dans la fistule est important, ce qui ralentit la fermeture du « trou » laissé par les aiguilles dont le diamètre est plus élevé que celui des aiguilles classiques).

alt

 

Un dernier contrôle de la pression artérielle est effectué et le patient se pèse à nouveau afin de vérifier que le « poids de base » ou « poids sec » a été atteint.

Les lignes sont démontées et le circuit du dialysat est rincé à l’aide d’une solution de stérilisation.

Si tout va bien, ce qui est généralement le cas, le patient peut regagner son domicile, jusqu’à la prochaine séance.

 

 

 

 

Pour poster un commentaire veuillez vous identifier.