La dialyse

Quelques infos sur la dialyse péritonéale

Mis à jour le lundi, 28 mai 2012 03:14 - Écrit par Yvanie le vendredi, 26 juin 2009 10:57

Un grand merci à Simon et à Benoît, qui ont contribué à cette rubrique d'informations sur la dialyse péritonéale.

La DP repose sur le même principe physique que l'hémodialyse, la différence essentielle se situant au niveau de la membrane d'épuration : c'est une membrane artificielle, placée dans un appareil (le dialyseur) qui assure l'épuration extra-rénale en hémodialyse, alors que c'est une membrane naturelle, située dans l'abdomen et nommée "péritoine", qui remplit le même rôle en DP.


Qu'est-ce que le péritoine ?

Le péritoine est une membrane formée de deux feuillets, l'un qui tapisse la paroi abdominale, l'autre qui entoure les organes abdominaux. Ces deux feuillets se superposent, et restent quasiment accolés à l'état normal. Ils délimitent cependant un espace virtuel, nommé cavité péritonéale, qui se distend si l'on y introduit une solution de dialyse. Dans ce cas le péritoine offre une surface d'échange importante, du même ordre de grandeur que la surface corporelle (généralement entre 1,5 et 2 m²).

De plus le péritoine est abondamment vascularisé, ce qui en fait un organe de choix pour la réalisation de l'épuration extra-rénale.

Le cathéter intra-péritonéal

C'est un cathéter souple, qui est placé chirurgicalement dans la cavité péritonéale, sous anesthésie locale ou générale selon les centres (AG dans mon cas). On fait ressortir l'extrémité de ce cathéter par un petit trou pratiqué généralement un peu en-dessous du nombril, et du côté droit ou gauche, selon le souhait de l'équipe de greffe (la plupart des chirurgiens préférant greffer à droite, le cathéter est le plus souvent placé à gauche). On installe ensuite sur ce cathéter une ligne d'adaptation, qui permet le branchement sur le matériel de dialyse, et protège (à l'aide d'un petit bouchon gorgé de bétadine) l'accès au péritoine entre deux séances. Cette ligne est changée régulièrement par la suite.

Les solutions de dialyse

Une quantité variable de solution (généralement entre deux et trois litres) est introduite par le biais du cathéter dans la cavité péritonéale. Les échanges s'effectuent alors comme en hémodialyse : les déchets métaboliques, l'eau et les ions en excès migrent du sang vers la solution de dialyse au travers de la membrane péritonéale.

Le liquide est assez rapidement saturé (en quelques heures tout au plus), c'est pourquoi il faut le renouveler plusieurs fois par jour.


Il existe principalement deux techniques de DP, qui sont a priori équivalentes, mais dans la pratique on choisira celle qui est le plus adaptée à chaque patient. En effet, à la différence de l'hémodialyse, on ne peut pas choisir la qualité de la membrane échangeuse, et tous les péritoines ne fonctionnent pas de manière équivalente.

Grosso-modo, on peut distinguer :

Attention : avoir un péritoine hypo-perméable ne veut pas dire que l'on est moins bien dialysé ! Les deux techniques sont équivalentes, simplement l'une ou l'autre sont plus ou moins bien adaptées aux particularités physiologiques de chaque patient. La plupart du temps, les patients peuvent choisir librement leur technique de DP. D'ailleurs, au début de la dialyse, on a aucun moyen de connaître la perméabilité péritonéale. Les premiers tests sont effectués 3 à 6 mois après le début de la dialyse, et s'il apparaît que la technique choisie est mal adaptée, on peut en changer, mais cela arrive assez rarement en pratique. En première intention, on choisit souvent la DPA car elle est (un petit peu) moins contraignante.

La DPCA (dialyse péritonéale continue ambulatoire)

C'est la technique " à l'ancienne " : la dialyse s'effectue entièrement manuellement. On connecte un système appelé " double poche " au cathéter du patient. Il est constitué d'une poche de drainage (c'est-à-dire vide…) et d'une poche remplie de deux litres de solution de dialyse.

Dans un premier temps, la cavité péritonéale est vidangée dans la poche vide. Il suffit de la disposer sur le sol, le patient reste assis sur une chaise, et le liquide s'écoule sous la seule action de la gravité. Il faut environ 15 à 30 minutes pour vidanger complètement la cavité. Ensuite, on injecte le dialysat en accrochant la poche pleine à un pied à perfusion, et le liquide s'écoule, par gravité, dans le péritoine. L'injection va généralement un peu plus vite, et dure de 10 à 20 minutes. La plupart du temps on effectue quatre échanges dans la journée (matin, midi, soir, coucher), et on garde un liquide à plus longue durée d'action pour la nuit. Il est aussi possible, au moyen d'un appareillage très simple, de réaliser un échange supplémentaire la nuit, sans avoir à se réveiller.

La DPA (dialyse péritonéale automatisée)

C'est une technique plus moderne, qui est généralement choisie car elle est un peu moins contraignante. Dans ce cas, tous les échanges ont lieu la nuit.

Il faut installer suffisamment de poches sur un appareil appelé " cycleur ", de les relier entre elles, puis de connecter le cathéter à l'appareillage. La machine prend ensuite en charge les vidanges et les injections. Dans ce cas les temps de stagnation sont plus courts, ce qu'on compense en augmentant le nombre des échanges (6 à 8 échanges avec des volumes de 2 à 3 litres, en général le volume total doit se situer entre 15 et 20 litres). La durée totale du traitement (sans compter le temps nécessaire à l'installation et la désinstallation des poches) s'échelonne de 8 à 10 heures.

La journée, on restera selon les cas le ventre vide, ou bien rempli d'un liquide à plus longue durée d'action.

 


Comment est-ce qu'on apprend la DP ?

Un des grands avantages de la dialyse péritonéale, c'est qu'on peut la réaliser chez soi, à domicile. A condition, bien sûr, d'être spécifiquement formé pour cela. Renaloo TV revient sur cet apprentissage de l'autonomie...


Merci à Benoît pour les infos et les photos !

Après s'être bien lavé les mains à la bétadine, on connecte toutes les poches à la machine : le branchement en lui-même est assez rapide mais il faut attendre que la machine amorce les lignes (elle enlève l'air).

Lorsqu'on est habitué, on met 20 à 25 minutes chaque soir et 5-10 minutes le matin pour débrancher et ranger le matériel.

Lorsque le liquide situé dans la poche du réchauffeur est passé dans le péritoine, cette poche se remplit à nouveau et ainsi de suite. Le liquide qui se vide du péritoine part directement dans le bidon-poubelle, que l'on vide le matin.

Il existe aussi des poches-poubelle, que l'on peut facilement emporter dans une valise lorsqu'on part en train part exemple (en voiture, ça pose moins de problème).

Etant donné qu'il faut entre 15 et 20 litres de liquide par nuit… vous imaginez le stockage qu'il faut faire. Les livraisons se font pour un mois, soit, pour nous, 60 cartons !

Il faut de plus prévoir de la place pour tout le "petit matériel" (compresses, champs stériles ainsi que bouchons et coquilles pour la connexion déconnexion, lignes, alcools, bétadine…)

Voici le fameux tuyau (cathéter de DP) qui entre dans le péritoine.

L'intervention pour la pose de ce système met 1 heure environ.

Sur cette photo, on voit la cicatrice, juste à droite du nombril : très discrète.

Lors des deux premiers mois, il faut mettre un pansement assez volumineux (15*15cm) qui englobe sortie du tuyau et cicatrice.

Par la suite, un simple petit pansement (hydrofilm) suffit.

Benoît


Merci à Simon pour son analyse sur les avantages et les inconvénients de la DP !

Les inconvénients :


Les avantages :

J'ajoute pour modérer un peu mon propos, que j'ai n'ai jamais subi (ou bénéficié) d'hémodialyse, donc je ne peux pas vraiment juger impartialement de la différence entre les deux techniques. Tout ce que je connais de l'HD, on me l'a raconté, ou je l'ai lu sur le forum ou sur renaloo. Je pense néanmoins que je suis resté en meilleure santé grâce à la DP.

D'autre part je suis jeune, et en excellente santé par ailleurs (je veux dire hormis l'IRC). Cela a contribué aussi au fait que mon traitement se soit aussi bien déroulé, et je crois que ça peut moins bien se passer chez des personnes plus âgées, moins en forme et/ou souffrant d'autres pathologies.

Simon