La greffe à partir d’un donneur vivant

Les résultats, les avantages, les risques

Mis à jour le mardi, 29 mai 2012 10:59 - Écrit par Yvanie le vendredi, 03 juillet 2009 09:12

Pour le receveur, la greffe d’un rein provenant d’un donneur vivant présente des avantages très importants :

… le tout sans altérer la santé du donneur !

 

La meilleure des greffe : celle qui marche le mieux et le plus longtemps

En pratique, on utilise un indice statistique pour évaluer la longévité d’une greffe : la « demi-vie du greffon ». Il s’agit de la durée au bout de laquelle la moitié des reins greffés fonctionne encore.

À l’heure actuelle, en France, la demi-vie d’un greffon issu d’un donneur vivant est d’environ 20 ans, contre 13 ans pour un rein provenant d’un donneur décédé (source : Agence de la biomédecine). 

Ces excellents résultats s’expliquent par la « qualité » du rein greffé (qui provient d’une personne en excellente santé) et par la possibilité de programmer l’intervention, c’est-à-dire de réaliser presque simultanément le prélèvement et la greffe.

La durée pendant  laquelle le rein n’est pas en fonctionnement dans l’un des deux corps est donc très limitée (c’est ce que l’on appelle le temps d’ischémie froide). Or, plus ce temps est court, mieux la greffe fonctionnera. En revanche lorsque la greffe provient d’un donneur décédé, tout se passe dans l’urgence, le rein du donneur a souvent « souffert » et le receveur n’étant pas sur place le temps d’ischémie froide est beaucoup plus long.

Peut être aussi que l'amour a quelque chose à voir dans tout ça ?

 


Globalement, les avantages sont les suivants :

 



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D'autre part, les risques encourus par les donneurs sont très faibles

Comme toute intervention chirurgicale, le prélèvement d’un rein présente des risques. Néanmoins, on sait aujourd’hui qu’ils sont très faibles. On vit tout à fait normalement avec un seul rein.

On sait désormais que le don d’un rein ne modifie pas l’espérance de vie du donneur.
Sur le plan psychologique, même si des situations particulières peuvent survenir, le don a en règle générale des conséquences très positives, tant sur la qualité de vie du donneur que sur la relation
donneur – receveur.

Il n’y a aucune raison pour que le style de vie du donneur change après qu’il ait donné son rein (pas de régime, pas de traitement, reprise de toutes les activités antérieures, etc.).

altComme pour toute personne en bonne santé, il est recommandé d’avoir une vie saine : activité physique, régime équilibré, arrêt du tabac…
En effet, les donneurs dont la fonction rénale va se dégrader plus qu’elle ne devrait avec le temps sont ceux dont la tension artérielle est élevée, qui ont excessivement pris du poids, ont développé un diabète, etc. Toutes ces complications peuvent en grande partie être évitées par une bonne hygiène de vie.

Lorsqu’il partage la vie du receveur, il y a, de plus, fort à parier que la qualité de vie du couple sera largement améliorée par son geste !
Le don d’un rein n’empêche pas de donner la vie et n’augmente pas les risques lors d’une future grossesse.
De même, la fertilité masculine n’est absolument pas affectée.

  • Le risque de décès à l’occasion du prélèvement est très faible, de l’ordre de 3,1 cas pour 10 000 au plan mondial selon l’étude la plus récente[1]. Le registre français ne rapporte aucun décès.
    La consultation d’anesthésie, obligatoire, permet d’évaluer ce risque, d’écarter les donneurs pour lesquels il serait trop élevé, et de prendre toutes les précautions nécessaires.
  • Les complications graves liées à l’intervention chirurgicale sont rares (entre 0,3 et 1 %)2. Ce sont principalement, comme pour toute intervention, le risque de phlébite, voire d’embolie pulmonaire, de problèmes respiratoires, d’infection ou d’hématome au niveau de la cicatrice, pouvant au pire nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale et de façon plus spécifique, une infection urinaire ou une rétention d’urine. Plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue de ces complications, notamment un surpoids important.
  • A long terme, les risques pour le donneur de développer une insuffisance rénale, une hypertension artérielle ou une albuminurie sont équivalents à ceux de la population générale[3].
  • Donner un rein n’a pas d’impact sur l’espérance de vie.
    Une étude effectuée en Suède sur 430 donneurs vivants de reins montre même que leur espérance de vie est supérieure de 29% à celle de la population générale[4] ! Ce résultat peut vraisemblablement s’expliquer par la sélection exclusive de donneurs en excellente santé. Il montre cependant que le don d’un rein n’entraîne pas de risque de mortalité accru.
  • Au total, les risques sont ceux d’une pathologie qui toucherait le rein unique restant (calculs, traumatisme, tumeur…).

 


[1] Segev D, Muzaale A, Caffo B, Mehta S, Singer A, “Perioperative Mortality and Long-term Survival Following Live Kidney Donation”, American Medical Association, March 10, 2010 – Vol 303, No 10
[2] Matas AJ, Bartlett ST, Leichtman AB, Delmonico FL, « Morbidity and mortality after living kidney donation, 1999-2001:Survey of United States transplant centers », American Journal of Transplantation, 2003, n° 3, p. 830-834.
[3] Hassan N. Ibrahim, M.D., Robert Foley, M.B., B.S., LiPing Tan, M.D., Tyson Rogers, M.S., Robert F. Bailey, L.P.N., Hongfei Guo, Ph.D., Cynthia R. Gross, Ph.D., and Arthur J. Matas, M.D., « Long-Term Consequences of Kidney Donation », N Engl J Med 2009;360:459-69
[4] Fehrman-Ekholm I, Elinder CG, Stenbeck M, Tyden G, Groth CG, « Kidney donors live longer », Transplantation, 1997, n° 64, p. 976-978.