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La greffe, ailleurs...

Le don d'organes en Espagne

Mis à jour le jeudi, 01 octobre 2009 12:36 - Écrit par Yvanie le mercredi, 01 juillet 2009 02:58

Le Dr Blanca Miranda, directrice adjointe de l'ONT, a été interrogée sur le programme adopté par son pays durant le séminaire "Joigning Forces", consacré au don d'organes en 1995 :

Q : Quelle est la principale raison du taux de prélèvement record en Espagne ?

R : Nous avons implémenté une procédure de prélèvement standard dans chaque hôpital du pays. Elle est basée sur la mise en place d'équipes dédiées au prélèvement dans tous les hôpitaux. Elles sont responsables des performances en terme de don de leur hôpital.

Q : Pourquoi ces équipes fonctionnent-elles si bien ?

R : L'important est qu'elles soient composées d'individus capables de prendre en charge le processus et de lui donner de la crédibilité. Ce sont des médecins et des infirmières des urgences, qui ont une position très respectée dans leur service et qui choisissent de consacrer une partie de leur temps à cette tâche, en plus de leurs occupations habituelles.

L'important est qu'elles soient composées d'individus capables de prendre en charge le processus et de lui donner de la crédibilité. Ce sont des médecins et des infirmières des urgences, qui ont une position très respectée dans leur service et qui choisissent de consacrer une partie de leur temps à cette tâche, en plus de leurs occupations habituelles.

De plus, lorsque l'hôpital possède aussi des équipes de transplantation, il est très important qu'elles soient totalement indépendantes.

Q : Quel est exactement le rôle de ces équipes ?

R : Elles prennent en charge le processus dans son intégralité. Elles identifient les donneurs potentiels, effectuent leurs évaluations, s'assurent que la famille a compris la notion de mort clinique et demandent leur consentement. Elles sont aussi chargées de faire de la formation, de gérer leurs ressources, des relations avec les médias et de diverses autres tâches administratives.

Q : Quel est le moment le plus approprié pour approcher la famille d'un donneur ?

R : Nous demandons à nos coordinateurs de ne pas parler de don d'organe avant d'être sûr que la famille a compris que leur proche était en état de mort cérébrale. Avant de faire la demande de don, il est important qu'une relation de confiance se soit établie. Dans ce but, les coordinateurs interviennent très tôt. En fait, ils sont informés dès qu'un malade présentant des lésions cérébrales sévères est admis.

Le timing exact de la demande de don diffère en fonction de la famille. Quand les coordinateurs la rencontrent pour la première fois, son objectif est de s'assurer de sa compréhension de la situation. A chaque étape du processus, ils doivent faire le point et analyser les informations qui ont été fournies à la famille par l'équipe médicale.
Ils doivent également déterminer combien de membres de la famille sont présents et lequel prendra la décision finale. En Espagne, les liens familiaux sont très forts, et il n'est pas rare de voir une dizaine de personnes à l'hôpital.

Q : Quels progrès souhaitez vous encore apporter ?

R : Nous estimons que l'Espagne a un potentiel d'environ 50 donneurs pmh. C'est le chiffre que nous souhaiterions atteindre, en mettant en œuvre plusieurs mesures :
La première est l'identification des donneurs. Nous estimons que, faut d'identification des sujets en état de mort encéphalique, nous perdons environ 10 donneurs pmh chaque année.
La seconde est le suivi clinique des donneurs. Il s'écoule souvent plusieurs heures entre la constatation de la mort encéphalique et les prélèvement. Pendant cette période, nous perdons 10 à 14% de nos donneurs suite à des arrêts cardiaques, des instabilités hémodynamiques ou des septicémies.
Enfin, le taux de refus de prélèvement est à l'heure actuelle de 24%, et nous pensons pouvoir le faire diminuer.

En plus des greffes à partir d'organes cadavériques, nous allons probablement tenter de développer les greffes à partir de donneurs vivants. Elle ne représentent actuellement qu'1% des transplantations rénales.

Nous souhaitons également travailler sur des donneurs à cœurs non battant et nous préparons d'ailleurs un texte de consensus sur ce sujet.

 

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