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Le
texte suivant a été rédigé par
un groupe de travail de la Société Française
de Transplantation, et approuvé par les responsables
des équipes adultes et pédiatriques. Il est
destiné à l'information des malades.
La
transplantation est la seule alternative thérapeutique
à la dialyse, dans le cadre de la prise en charge de
l'insuffisance rénale chronique évoluée.
La décision d'être inscrit sur la liste d'attente
nécessite un choix libre et éclairé du
patient ou de son représentant légal.
En France, l'organisation générale du prélèvement
et de la transplantation d'organes est sous la responsabilité
d'un établissement public, l'Etablissement français
des Greffes. Ses missions sont notamment la gestion de la
liste d'attente, la répartition des greffons, la vigilance
sanitaire, l'évaluation des résultats de la
transplantation. Ces missions sont définies par des
textes réglementaires en conformité avec les
lois de bioéthique.
L'état
de santé du receveur doit être évalué
par une série d'examens dont les résultats peuvent
contre-indiquer la transplantation.
L'inscription sur la liste d'attente doit être validée
par l'Etablissement français des Greffes.
L'attente avant transplantation peut être longue, parfois
plusieurs années en raison du nombre limité
de greffons disponibles. Elle est différente entre
les receveurs en fonction notamment de leur profil biologique
(groupe sanguin ou degré d'immunisation). Elle n'est
pas directement liée à la date d'inscription
sur la liste d'attente.
La
répartition des greffons est organisée par l'Etablissement
Français des Greffes en fonction de règles définies
par un texte réglementaire. Certains patients bénéficient
d'une priorité nationale, c'est le cas des receveurs
de moins de 16 ans et des patients hyperimmunisés.
En dehors de ces priorités, les greffons sont répartis
en fonction de nombreux critères, notamment le degré
de compatibilité et la concordance d'âge entre
le donneur et le receveur. L'attribution définitive
de l'organe est sous la responsabilité des équipes,
en fonction de l'état de santé du receveur et
de l'évaluation de l'organe proposé.
Le
greffon est susceptible d'être porteur de certaines
maladies graves. C'est en particulier le cas de certaines
maladies virales. Ce risque est actuellement très faible
grâce au dépistage réalisé chez
le donneur avant tout prélèvement.
Les
résultats de la greffe sont régulièrement
évalués. A l'heure actuelle, en prenant en compte
l'ensemble de la population des transplantés, le pourcentage
de décès est inférieur à 4 % au
cours de la première année. A plus long terme,
au-delà de 10 ans, le risque vital n'est pas plus important
après transplantation qu'au cours du traitement par
dialyse.
Un
an après la transplantation, 90% des greffons fonctionnent,
ce pourcentage est de 60 % après 10 ans. Après
12 ans de greffe, la moitié des patients ont un greffon
fonctionnel.
Le
succès de la transplantation nécessite
- un traitement immunosuppresseur destiné à
combattre les phénomènes de rejet, à
suivre rigoureusement tant que le greffon fonctionne, et parfois
un traitement complémentaire (antihypertenseur, antibiotiques)
- un suivi médical spécialisé.
- des règles hygiéno-diététiques
précises.
Le
traitement immunosuppresseur, indispensable tout au long de
la vie de la greffe, comporte l'association de plusieurs médicaments.
Les protocoles d'immunosuppression varient en fonction de
l'état immunologique du receveur, de la période
après la greffe, et de l'éventualité
d'épisodes de rejet aigu. Chaque receveur doit être
clairement informé des particularités du traitement
choisi et des effets secondaires liés aux médicaments
utilisés.
En
cas de succès, la greffe permet une excellente réhabilitation
et une meilleure qualité de vie, en particulier dans
le domaine scolaire ou socioprofessionnel. Par ailleurs, la
transplantation corrige mieux que la dialyse les complications
de l'insuffisance rénale chronique ; c'est le cas de
l'anémie, des complications osseuses et de la croissance
chez l'enfant. La grossesse, qu'il est extrêmement difficile
de mener à terme par les patientes traitées
par dialyse, est souvent possible après transplantation.
Les
décès durant l'anesthésie ou l'acte chirurgical
sont exceptionnels. Après la transplantation, ils peuvent
être la conséquence des complications de l'immunosuppression
ou de l'aggravation d'affections préexistantes qui
ne sont pas liées directement à la greffe c'est
le cas des accidents cardiovasculaires, d'autant que la transplantation
est possible chez patients de plus en plus âgés.
La
perte du greffon est, dans de rares cas, liée à
des complications chirurgicales, vasculaires ou urinaires.
Dans les autres cas, elle peut être la conséquence
à la phase initiale d'épisodes de rejets aigus
non contrôlés par le traitement et, à
long terme, d'une altération progressive de la fonction
du transplant, appelée rejet chronique ou de la récidive
de la maladie initiale. En cas d'échec précoce
ou tardif, la reprise de la dialyse est nécessaire,
mais une nouvelle transplantation est possible avec de bons
résultats.
Le
traitement immunosuppresseur, s'il permet habituellement le
contrôle de la réaction de rejet, diminue les
défenses de l'organisme vis-à-vis des infections
et peut faciliter le développement de certaines tumeurs.
L'infection après transplantation est source de complications
sérieuses, parfois mortelles. C'est le cas de certaines
infections virales dont la fréquence et la gravité
sont diminuées par des traitements antiviraux actuellement
disponibles.
La fréquence des tumeurs est plus importante chez le
transplanté que dans la population non soumise à
l'immunosuppression. Ces tumeurs peuvent être précoces,
c'est le cas des tumeurs du système lymphoïde,
mais sont le plus souvent tardives, plusieurs années
après la transplantation.
La gravité de ces tumeurs est toutefois largement diminuée
par une politique extrêmement vigilante de dépistage
précoce et de prévention. A titre d'exemple,
la protection solaire prévient le développement
des tumeurs de la peau.
Des
progrès sont régulièrement réalisés
dans le domaine de la transplantation: l'amélioration
des résultats est obtenue grâce à l'utilisation
de nouveaux médicaments, qui doivent être évalués
au cours d'essais thérapeutiques. La participation
à ce type d'essai pourra être proposée
au receveur après une information complète et
ne sera entreprise qu'avec son consentement éclairé,
ou celui de son représentant légal.
La transplantation est actuellement un traitement validé
de l'insuffisance rénale évoluée.
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