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Mon
mari, grand amateur de sport et que je suivais partout,
et par tous les temps, décida que par commodité,
et j'espère par amour, nous ferions mieux de
vivre ensemble.
Fin 1976 nous avons eu une petite fille : c'était
le bonheur. Rien n'a changé dans notre vie, nous
étions trois, par tous les temps sur les terrain
de sport.
Deux
ans plus tard, mon mari se sentait en pleine forme,
il prenait un peu de poids, lui qui était assez
mince. Il travaillait comme enseignant en hôtellerie,
comme partout visite médicale. Il avait été
réformé de l'armée pour albuminurie.
Analyse d'urine, toujours albumine, mais cette fois
ci complément d'analyses, créatine, urographie...
Résultats catastrophiques.
Tout
s'est enchaînés d'une façon rapide
: hospitalisation pour préparer la fistule, on
nous fait visiter le service d'hémodialyse, puis
on nous dit " dans 2 semaines vous serez là
". Mon mari n'a jamais voulu le croire, hélas
c'était vrai. Aussitôt on nous à
proposé la dialyse à domicile : avantage
des horaires, aucune contrainte, nous serions bien secondés...
quel beau discours !
A
ce moment là je travaillais en bloc opératoire.
C'est vrai, je n'avais pas peur de la machine, et puis
le néphrologue m'avait avertie : une personne
dialysée 10 ans dans un service devenait une
loque humaine en fauteuil roulant, mon mari n'avait
que 30 ans
J'ai donc accepté tout de suite.
3 mois plus tard nous dialysions à la maison.
Il ne faut pas oublier que nous étions dans les
années 80. Le matériel était loin
d'être performant.
Nous
dialysions vers 23 heures, car mon mari travaillait
et faisait des travaux pratiques avec ses élèves
dans un restaurant quatre étoiles. La clientèle
n'est pas pressée, le collègue de mon
mari ayant refusé de faire trois soirs dans la
semaine. Nous débutions donc la dialyse vers
23h pour finir vers 3h du matin
Seulement le lendemain
à 7h il fallait se préparer car nous retravaillions
tous les deux et nous devions également nous
occuper de notre petite fille.
Fin
1979, au mois de novembre, vers 2 h du matin, on est
venu nous prévenir qu'il allait être greffé.
Que fallait il penser ? bonheur ? ou malheur ?
Un
mois et 13 jours après la greffe, reprise des
dialyses. Le greffon ne remplissait pas suffisamment
sa fonction, mais cela ne paraissait pas alarmer les
médecins.
Ils ont envisagé de faire des séances
de plasmaphérèse qui " marchaient
très bien ". Il en a subi 18... Le matin,
4 heures de dialyse, l'après midi, 2 heures de
plasmaphérèse, cela tous les jours, pour
nous annoncer un peu plus tard que tout était
fini : le greffon ne fonctionnait plus.
Début
février 1980, mon mari a uriné du sang,
ablation du greffon. Ensuite nous avons eu un peu de
calme, la dialyse ne se passait pas trop mal, une séance
tous les deux jours... Quelques problèmes "comme
tout le monde" : syndrôme de l'eau dure,
dème cérébral, poussées
de tension énormes, tout cela de nuit bien sur
En
1989, ablation du rein gauche. Cela s'est mal passé.
Ils l'ont gardé dans un sommeil artificiel pendant
3 jours. Il avait des tuyaux partout.. Il a mis une
année pour récupèrer, il ne pouvait
plus marcher
Je
vais conclure là, car il y a tellement de choses,
et je ne veux pas vous ennuyer davantage.
En
résumé, pour mon mari, la dialyse a détruit
sa vie.
Au
niveau travail, tout à été remis
en question. On n'investit pas sur des malades, donc
aucune promotion en vue. Ensuite vous tenez votre poste
ou vous démissionnez. On est dans le privé.
Au
niveau médical, cette greffe fut un échec.
Six mois avant les néphrologues avaient fait
une communication officielle sur la revue du médecin
concernant le rôle de la plasmaphérèse.
On avait de très bon résultats pour sauver
un greffon
Quant
à moi, je n'ai aucun regret. J'ai fait ce que
tout le monde aurait fait à ma place. J'aime
mon mari, je ne veux en aucun cas être séparée
de lui. Nous avons connu des moments dramatiques, mais
cela à renforcé nos sentiments. J'ai passé
des nuits entières, seule, assise à le
veiller. Il ne faut pas oublier que personne ne peut
vous aider en pleine nuit
S'il nous arrivait un
ennui avec la machine, nous pouvions toujours téléphoner
à l'hôpital, car nous avions quand même
une ligne directe, mais les techniciens n'étaient
jamais joignables. On nous répondait simplement
" débranchez votre mari et laissez un message
sur le répondeur "
Pour
finir, notre vie de famille à été
très perturbée, nos enfants ont souffert
de voir leur père dans des moments très
difficiles. Je n'ai pas eu beaucoup de temps à
leur consacrer. Nous ne sommes jamais partis tous ensemble
en vacances, etc.
Une
chose est positive : les progrès de la médecine.
Les machines sont plus performantes. On vit plus longtemps
: pour nous cela fait 25 ans
Mais je crois aussi
qu'à l'heure actuelle les greffes marchent beaucoup
mieux.
Je
souhaite à tous de vivre le mieux possible suivant
leurs choix.
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