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Je
m'appelle Magalie, j'ai actuellement 22 ans, je suis
malade des reins depuis l'age de 2 ans (SHU). Un microbe
aux intestins, qui est descendu au niveau des reins
et qui a détruit au fur et à mesure la
fonction rénale... Je vis avec, donc pour moi
tout est normal, je vais à l'hôpital régulièrement,
je fais des prises de sang...
La maladie vit avec moi et moi avec elle, nous "cohabitons"
très bien d'ailleurs, je fais ce que je veux,
je vis normalement, bien sûr avec la prise de
médicaments, mais bon.
A 18 ans je pars de chez moi pour vivre ma vie, ma mère
n'est pas d'accord car cet homme n'est pas recommandable,
elle m'annonce pour me récupérer qu'une
greffe est envisageable dans les années à
venir, mais moi je n'y crois pas, alors je décide
d'appeler mon pédiatre avec qui j'ai une relation
assez facile puisque depuis que je suis toute petite
il me suit. Il me dit "qu'il faut ménager
sa monture" car la maladie avance et on ne peut
l'arrêter, plus on fait attention, plus on va
loin. Mais les pédiatres ne sont plus autorisés
à suivre les patientes de + de 18 ans, alors
il m'oriente vers une Néphrologue. Elle m'explique
donc mon cas, et que nous pouvons même éviter
la dialyse, mais qu'il faut quand même avoir de
l'information à ce sujet. Ce jour là elle
me propose d'aller voir un dialysé. Je n'accepte
pas, le fait d'être branchée à une
machine m'est insupportable. Cependant ma mère
y va. Je pense que chaque patient est différent
et qu'il faut se regarder, pas regarder les autres dans
leurs souffrances.
Quelques
temps plus tard mon médecin part en congé
de maternité, donc je bascule vers un autre néphrologue
qui me sort le même barratin, quelques temps plus
tard même scénario, il quitte son poste.
Je
commence en avoir marre, se faire balancer à
droite et à gauche, je pense qu'il y a un lien
à construire avec le médecin, une certaine
confiance.
Bref,
je retourne en consult et j'ai donc un nouveau médecin,
le chef de service. Dès cette première
consultation, j'ai tout de suite compris qu'il n'était
pas à prendre avec des pincette., Il m'a fait
peur, et du coup j'ai décidé d'arrêter
mon suivi médical (ERREUR, GROSSE ERREUR !).
Les symptomes commencent à envahir ma vie d'étudiante,
mais cela ne me gêne pas.
Vers
le 5 septembre 2003, paniqu, je dois partir voir un
concert mais je me sens incapable d'y aller, il faut
que je vois un médecin. Je me rends chez mon
médecin traitant, qui me prend en charge et m'envoit
faire une prise de sang. Là tout bascule, je
suis en phase terminale de ma maladie, direction les
urgences avec ma mère. Mon néphrologue
qui m'avait fait si peur est là, mais pas question
de se laisser avoir cette fois : je
l'attaque sur son propre terrain (depuis tout va très
bien, j'adore aller le voir en consult)...
Bref j'ai eu ma première séance d'hémodialyse
par fémorale. La machine, si imposante, me surprend
mais je surmonte avec une telle volonté de combattre
cette fausse amie qui vivait en moi et qui commençait
à prendre beaucoup trop de place.
La
séance se passe bien, avec tout de même
une très belle crampe, mais bon les infirmières
étaient là. Je suis restée 15 jours
à l'hôpital, puis j'ai découvert
la dialyse péritonéale, avec le cycleur.
Tout le monde qui m'entourait m'a convaincue que c'était
la meilleure des solutions pour vivre le plus "normalement"
possible, j'ai donc suivi ce conseil. Le fait de m'occuper
de mes dialyses seule m'enchante, avec les poches, les
pansements à faire, je suis vraiment indépendante
de l'hôpital, en très grande forme. De
toute façon pour moi je n'étais pas malade,
je ne ressentais rien.
Ensuite
j'ai des problèmes avec la machine, des alarmes
à tout bout de champs, je n'arrive plus à
dormir, des dialyses qui ne se font pas entièrement,
j'ai des oedèmes, bref des désagréments
qui m'embêtent de plus en plus, alors je décide
de me faire poser une fistule.
J'ai eu 4 mois de dialyse. Pas énorme quand j'écoute
les autres patients, cela me fait un peu peur.
Et
le 12 décembre, alors que je suis au boulot,
coup de téléphone. Je n'ai pas le temps
de répondre, j'écoute ma messagerie :
c'était l'hôpital qui m'appelait en m'annonçant
qu'ils avaient un rein pour moi. J'ai halluciné,
j'étais avec ma collègue et c'est elle
qui m'a convaincue de rappeler, si j'avais été
toute seule je ne l'aurais pas fait, je n'étais
pas prête, c'était trop tôt.
Je suis partie pour l'hôpital, arrivée
là bas avec ma mère et ma collègue,
j'étais en colère, j'étais désagréable
avec mon médecin, les infirmières, bref
une vrai taigne.
Ma
mère parle un instant avec le néphrologue,
elle lui dit que je ne suis pas trop d'accord pour une
greffe. Alors nous discutons ensemble, je fini par lui
dire que si je suis là c'est pour le faire et
pas question de faire demi-tour, je suis donc partie
au bloc.
Quelques heures plus tard, j'étais sortie, dans
le gaz, vous imaginez. Les cinq premiers jours ça
c'est bien passé, mais ensuite le fait d'être
enfermée, de voir tout le temps les mêmes
personnes, et rester dans la même pièce
(car vous êtes isolé), pendant des journées
entières, de plus les fêtes de fin d'année
approchaient et il était hors de question que
je les passe à l'hopital. Pendant ces 12 jours
d'hospitalisation j'étais plus ou moin agréable,
un jour j'ai envoyé ballader tout le monde, j'avais
envie de ne rien faire, je ne me suis pas lavée
pendant 2 jours, puis une après midi ma mère
est arrivée et m'a fait bouger, remuer plutôt.
Ce qui est bien avec maman c'est qu'elle a toujours
été là pour moi, dans les bons
et mauvais moments, me remontant le moral ou me bousculant
quand il faut.
Enfin,
je suis sortie le 24 décembre, j'ai passé
les fêtes avec ma famille, au fur et à
mesure s'adapter à une nouvelle vie, une vie
normale car après tout, je ne savais pas ce que
c'était.
Le fait d'être greffée, je ne m'en rend
pas compte. Pour moi, c'était une opération,
c'est tout, je n'arrive pas à savoir ce que je
dois ressentir, je sais qu'"il" est présent
en moi, que j'étais faite pour cette cohabitation,
et ça ne me déplait pas. Je vis avec lui
et on s'entend très bien, j'ai l'impression que
quelqu'un d'autre vit en moi.
J'ai
eu du mal à accepter au début, pas le
fait d'être greffée mais tout ce changement
brutal... Mais bon, avec le temps, on se fait à
tout.
J'ai eu des problèmes d'acné avec les
médicaments, d'hyperpilosité, j'en avais
marre, depuis j'ai repris le boulot et je me sens bien,
mieux, je respire à nouveau, j'apprends à
vivre normalement, tout simplement.
Je souhaite à toutes et à tous bon courage
pour cette épreuve de la vie, qui est tout à
fait surmontable même si cela arrive brusquement
car après la pluie il y a toujours le beau temps.
Petit clin d'oeil à l'équipe hospitalière,
qui est très présente à chaque
moment, un grand merci.
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