|
Bonjour,
je m'appelle Pascale, et j'ai 41 ans. Mon mari, veuf
d'un premier mariage, a deux enfants, ensemble nous
n'avons jamais réussi à en avoir, à
mon plus grand désespoir !
Voici
en quelques lignes mon histoire...
Tout
a commencé en fin d'année 1994, par de
très forts maux de tête et des vomissements
au réveil. Au début le médecin
pensait que c'était à cause de ma tension
qui était très élevée, puis
quelques examens ont détecté un problème
rénal et la biopsie du rein a confirmé
la maladie de Berger, c'était en Mai 1995.
Quelle
surprise ! Personne dans mon entourage n'avait jamais
entendu parler de cette drôle de maladie.
Quant à la dialyse nous en connaissions à
peine l'existence !
Souvent je me suis demandée comment j'avais bien
pu l'attraper, et qu'est-ce que j'avais bien pu faire
de mal pour l'avoir ? A part fumer quelques années
une dizaine de cigarettes par jour, puisqu'un radiologue
m'avait dit que c'était une maladie de fumeur
?
Est-ce cela ? Mystère ? ? ?
Ma
maladie a évolué doucement avec une créatinine
qui a augmenté petit à petit. C'est en
juillet 2001 que la dialyse a débuté avec
sa suite de complications.
La
néphrologue n'ayant pas programmé assez
tôt la préparation de ma fistule, j'ai
du être dialysée plusieurs fois dans l'aine
par un cathéter.
Dur dur, surtout quand c'est un interne qui n'a pas
l'habitude et qui s'y reprend à plusieurs fois
!
Je me suis souvent retrouvée avec un bleu énorme
autour de la cuisse.
Une fois le cathéter retiré, il faut rester
allongé plusieurs heures avec un poids dessus
pour éviter une hémorragie.
Ma
fistule, qui a été faite à droite
alors que je suis droitière, n'a pas marché
assez tôt, ils ont donc décidé de
m'en faire une deuxième, qui a été
très longue aussi avant de fonctionner.
J'en avais assez des cathéters dans l'aine, j'ai
donc eu droit au cathéter dans la poitrine. La
dialyse était mieux, pas douloureuse du tout,
mais j'ai développé un staphylocoque il
a fallu le retirer début Février 2002,
entre temps la fistule avait eu le temps de se développer.
Un
jour en piquant dans ma fistule une infirmière
a piqué trop profond et a traversé la
veine et une artère. Résultat bloc opératoire
pour arrêter la fuite qui était dangereuse
pour le cur ! Total : je me retrouve avec trois
cicatrices sur le bras, (dont une grande et sans compter
celle du passage de la caméra ) au lieu d'une
seule ! et des séquelles car j'ai eus des nerfs
sectionnés.
C'est
l'occasion pour moi de parler un peu du personnel hospitalier,
qui n'est pas toujours très tendre avec les patients.
Ceci uniquement dans le but de faire prendre conscience
aux professionnels de santé, et notamment aux
médecins, que le patient est avant tout un être
humain
Quelque soit son âge, il a besoin
d'être respecté, et écouté.
En
dialyse à l'hôpital je me retrouvais avec
des personnes âgées dans une grande pièce
pas accueillante du tout, et d'un triste ! Pas un mot
réconfortant, ni des infirmières, ni des
médecins !
Et voilà, ça y est vous êtes dans
l'ambiance !
L'intimité
des personnes n'est pas respectée par tout le
personnel, lorsque j'avais le cathéter dans la
poitrine au moment du débranchement, il y avait
des allées venues de techniciens (ou autre) dans
la pièce, qui ne se sentaient pas gênés
du tout de jeter un il ! Et quand vous avez l'impression
qu'une infirmière est complice avec eux, parce
que vous les voyez rire ensemble, vous vous demandez
vraiment ce que vous faites là !
J'avais
souvent des problèmes avec ma fistule, il fallait
souvent que les infirmières repiquent plusieurs
fois avant d'y arriver, ce qui fait que j'avais des
bleus sur le bras. Deux jours après évidement
les bleus n'avaient pas eu le temps de se résorber,
et ça faisait des caillots qui bouchaient l'aiguille.
J'avais encore le cathéter, mais il fallait malgré
tout qu'elles insistent, elles voulaient absolument
piquer dans la fistule. Seulement c'est moi qui avais
mal, et quand je refusais et que je leur demandais de
me brancher par le cathéter, ça ne leur
plaisait pas car elles devaient se changer et s'habiller
en stérile !
Un
jour je me suis aperçue qu'il y avait une erreur
de filtre !
Un autre on m'apporte un plateau repas avec une orange
pas épluchée, avec une seule main c'est
un vrai jeu de patience !
Quand vous voyez une aide soignante se faire soigner
son ongle incarné, avec du pus (c'est elle qui
le disait) par les infirmières dans la salle
de dialyse, il y a vraiment de quoi se poser des questions,
est-ce bien l'endroit idéal pour ce genre de
choses ?
Et les moqueries qu'elles se disent entre elles sans
penser que l'on entend. Du style : il n'a qu'à
appeler, en parlant d'un monsieur sous assistance respiratoire,
ou bien en rouspétant après une dame âgée
qui a fait saigner sa fistule en se levant, la pauvre
elle ne l'avait pas fait exprès ! Ou encore quelqu'un
qui appelle l'infirmière, et elle de répondre
: elle attendra !
Quand
on travaille au contact de personnes malades, il faut
être plus humain, on se sent assez diminué
comme ça...
Sinon il faut changer de métier !
Je suis sûrement un peu trop directe, mais dites
vous que ça n'arrive pas qu'aux autres. Et peut-être
aimeriez vous être entourés de personnes
compréhensives si vous étiez à
notre place !
J'ai
passé tout les examens pré-implantatoires
qui étaient bons, et j'ai été inscrite
sur la liste des greffes entre Noël 2001 et le
jour de l'an 2002, date à laquelle je suis montée
dans un centre d'autodialyse. Là, c'était
mieux, au niveau du cadre, des soins, de la compétence
des infirmières, et les visites était
autorisées. Ma mère est venue me voir
plusieurs fois, ce qui me faisait très plaisir,
car le temps passait plus vite et c'était sympa.
A l'hôpital les visites ne sont pas autorisées
!
Et
puis le mercredi 27 février 2002 vers 16h, nous
visitions tous ensemble, avec mes surs, le nouvel
appartement de nos parents, quand mon portable s'est
mis à sonner. Un greffon avait été
trouvé pour moi et il fallait que je rentre le
lendemain matin à 6h à l'hôpital
à quelques kilomètres de chez moi.
En raccrochant je me suis mise à pleurer sous
le choc. Je ne voulais plus y aller par peur de l'opération
et des suites opératoires. Ma famille était
autour de moi et m'a bien soutenue et encouragée
à le faire.
La
journée du lendemain, le 28 février 2002,
fut très longue : je devais être opérée
le matin et pour cause d'imprévu et d'urgence
la greffe n'a eu lieu qu'à 17h. Je me suis réveillée
en réanimation à 22h.
Mon greffon est resté dans la glace 28h, c'est
pourquoi il était un peu nécrosé.
J'ai
beaucoup pleuré en pensant à ma donneuse,
et encore maintenant je pense très souvent à
elle en mettant la main sur mon greffon, car elle est
un peu à l'intérieur de moi.
Il
lui aura fallu une dizaine de jours pour se réveiller,
et une dialyse pour l'aider un peu.
Le
médecin me disait que j'étais critique,
et je perdais le moral pensant qu'il faudrait le retirer.
L'équipe de transplantation, qui n'est pas au
même endroit que pour mes dialyses, est vraiment
super, et me remontait le moral en me disant qu'il fallait
quelques fois 15 jours ou plus, pour qu'il démarre
!
La
sonde urinaire me faisait énormément souffrir,
je l'ai gardée dix jours, pendant lesquels mes
urines ont été rouges. Quand ils me l'ont
retirée, elles sont redevenues normales, mais
les infections urinaires ont commencé, et depuis
elles durent toujours...
Mais
je ne regrette pas, et au contraire j'encourage toutes
les personnes qui hésitent à franchir
le cap, à le faire.
Retrouver sa vie d'avant sans la contrainte de la dialyse,
avec seulement des contrôles sanguins et autres
examens, je me dis qu'il n'y a pas photo !
Pour tous ceux qui sont déjà sur la liste
d'attente, gardez toujours l'espoir, je sais c'est facile
à dire.
Craquez, laissez vous aller quand vous en ressentez
le besoin, on ne peut pas toujours être au top,
et ça soulage bien quelques fois.
Mais essayez de garder cette petite lueur d'espoir au
fond de vous, et rester positif au maximum.
Et vous verrez votre patience sera récompensée
!
Comme le dit le proverbe : tout arrive à point
à qui sait attendre !
Merci,
merci beaucoup à ma donneuse et à sa famille,
ainsi qu'à toutes les autres familles qui nous
permettent de reprendre une vie " normale ".
Merci
à ma famille ainsi qu'à mon mari de m'avoir
bien soutenue et remonté le moral dans toutes
ces épreuves.
Et enfin, merci à la médecine de toujours
progresser !
Pascale
|