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dernière
mise à jour le 15/11/06
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Comment sont répartis les organes ? |
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La
première égalité, c'est l'équité.
Victor Hugo, extrait de " Les Misérables "
Commençons
par un fait, largement évoqué dans ces pages
: il y a plus de candidats en attente de greffe que d'organes
disponibles.
C'est
cette situation de pénurie qui a conduit à la
création d'une liste d'attente sur laquelle sont inscrits
les candidats à la greffe, et à élaborer
des règles de répartition et d'attribution des
organes prélevés chez les sujets en état
de mort cérébrale. En
France, si l'on prend l'exemple de la greffe rénale,
il y avait en 2004 plus de trois fois plus de malades à
greffer que de transplantations réalisées annuellement,
et les durées d'attente dépassent couramment
plusieurs années.
Ceci
signifie que lorsqu'un organe est transplanté, un autre
malade n'en bénéficie pas, au détriment
de sa qualité de vie, de sa santé, voire de
sa vie.
Si
les objectifs de justice et d'équité sont difficiles
à atteindre en matière de santé (la maladie
elle-même est injuste !), ils deviennent presque utopiques
lorsqu'il s'agit de transplantation... Les infos suivantes
viendront peut être éclairer la réflexion
de chacun sur un sujet complexe et polémique.
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Le point sur les régles de répartition en France |
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A
la création de l'Etablissement français des
Greffes, en 1994, le gouvernement a chargé cette nouvelle
agence "d'établir et de soumettre à homologation
par arrêté du ministre chargé de la santé,
les règles de répartition et d'attribution des
greffons".
Pendant
deux ans s'est déroulée une large consultation
publique, basée sur une réflexion sociétale,
qui a permis d'aboutir à la promulgation le 6 novembre
1996 de l'arrêté homologuant les règles
de répartition et d'attribution des greffons prélevés
chez des sujets décédés.
L'arrêté
énonce les grands principes,notamment l'égalité
des chances et l'efficacité ; ses modalités
d'applications sont décidées par le Directeur
Général de l'EfG après avis de son Conseil
Médical et Scientifique. Elles peuvent être modifiées
en cas de nécessité (notamment un progrès
médical) dans les mêmes conditions.
Les
règles communes définissent le principe général
de la greffe en stricte compatibilité ABO (notamment
un malade de groupe sanguin A ou B ne pourra pas recevoir,
sauf dérogation, un greffon de groupe O), même
si cette greffe est possible du point de vue médical.
Elles
établissent ensuite trois échelons géographiques
pour l'attribution des greffons :
- Echelon
local : représente la liste des patients inscrits
sur la LNA d'une équipe de transplantation donnée
- Echelon
inter-régional : regroupe
les listes de patients inscrits sur la LNA des équipes
d'une inter-région, sachant que la France est divisée
en 6 inter-régions (Nord, Est, Centre-Est/La Réunion,
Ouest, Ile de France/Centre/Antilles, Sud)
- Echelon
national : représente
l'ensemble des patients inscrits sur la LNA
L'arrêté
ministériel du 6 novembre 1996, modifié par
l'arrêté du 30 août 2002, définissent
les règles de priorités successives suivantes
:
Priorités
à l'échelon national :
Les
règles spécifiques à la répartition
des reins prévoient quatre catégories de priorités
nationales :
- Les
" super-urgences ". Il s'agit notamment des
malades pour lesquels la poursuite de la dialyse est rendue
impossible, par exemple en raison de l'épuisement
de possibilités d'abord vasculaire.
- Les
malades hyperimmunisés, possédant plus
de 80 % d'anticorps anti-HLA dans le sérum. La greffe
s'effectue dans le respect de la stricte identité
ABO.
- Les
malades "full match", ayant une compatibilité
HLA parfaite avec le donneur, pour les patients immunisés
(taux d'anticorps anti-HLA supérieur à 5 %).
- Les
enfants de moins de 16 ans, pour les greffons prélevés
chez des donneurs de moins de 16 ans.
Après
l'application de ces priorités nationales, trois catégories
de priorités s'exerçant à l'échelon
inter-régional sont définies :
- Les
greffes combinées d'organes différents
(multi-greffes), à l'exclusion des greffes rein-pancréas
- Les
malades "immunisés de groupe rare",
chez lesquels la priorité est sollicitée au
cas par cas par le médecin du centre de transplantation
d'inscription.
- Enfin,
les malades de moins de 16 ans, pour les greffons de
donneurs âgés de 16 à 30 ans.
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En
pratique, plus de 90 % des greffons sont transplantés
à des malades n'entrant pas dans le cadre des
priorités nationales ou inter-régionales.
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Lorsqu'un
greffon prélevé chez un donneur n'est pas attribué
à un malade entrant dans l'une des 7 catégories
prioritaires énumérées plus haut, sa
modalité de répartition dépend de l'inter-région
et du lieu de prélèvement. Il est en effet assujetti
aux modalités de répartition locale qui varient
selon les 7 inter-régions.
Globalement,
il existe deux grands modes de répartition locale :
- Les
greffons prélevés peuvent être attribués
au malade ayant la meilleure compatibilité HLA.
Il faut préciser que jusqu'à ce jour, la notion
de durée d'attente sur la liste n'entre en ligne
de compte que pour départager les éventuels
" ex aequos ". On estime que sur le territoire,
35% des greffons sont attribués de la sorte. Ce mode
de répartition est aujourd'hui très contesté,
car l'importance du HLA est largement remise en cause, notamment
depuis les progrès réalisés dans le
domaine de l'immunosuppression.
- Ils
peuvent être également attribués
à une équipe, c'est ce qui se produit
dans 65% des cas. L'attribution peut être purement
géographique (proximité du lieu de prélèvement,
c'est la répartition " locale "),
ou dépendre d'un système de tour de rôle.
Ni l'inégalité du nombre de malades inscrits,
ni l'inégalité d'accès aux greffons,
ne sont alors prises en compte. L'équipe a la responsabilité
de sélectionner un des malades de sa propre liste
en fonction des critères qui lui semblent les meilleurs
- Globalement,
environ 60 % des greffons sont répartis à
des équipes qui l'attribuent à un malade
(greffons "locaux" dans la plupart des cas
ou attribution par un système de tour dans
la région Nord et la région Centre Rhône-Alpes).
- Environ
35 % sont attribués directement à un
malade par un système algorithmique basé
sur la compatibilité HLA décroissante.
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Les
règles de répartitions font régulièrement
l'objet de débats, voir par exemple
l'intervention de Jean-François Mattei, ancien
ministre de la santé, dans le cadre des auditions de
la Commission de consultation publique sur les règles
de répartition et d'attribution des organes prélevés
sur des personnes décédées, en avril
1996.
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Ce système de répartition est-il
satisfaisant ? |
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En
2003, l'EfG a réalisé une étude portant
sur les disparités géographiques d'accès
aux greffes en France, a été particulièrement
révélatrice en la matière. Elle a montré
par exemple des taux de transplantation très hétérogènes
en fonction des régions, le plus élevé
étant relevé dans l'Ouest de la France, avec
63%, et le plus faible en région parisienne, avec seulement
43%.
Pour
finir de se convaincre de ces inégalité, il
suffit d'examiner les durées médianes d'attente
pour le rein (durée à l'issue de laquelle 50%
des inscrits sur liste d'attente sont greffés), des
chiffres lourds de sens pour les malades : elles ont varié
en 2003 entre 8,8 mois dans l'Est et 28,5 mois en Ile de France
! On sait bien qu'un individu lambda n'attendra pas aussi
longtemps selon qu'il sera inscrit dans un centre A ou dans
un centre B, y compris à l'intérieur d'une même
région
Voir
les durées médianes d'attente par centre
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Peut-on faire mieux ? L'exemple EKTAS |
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Depuis
quelques années, un système de score informatisé
de répartition des reins centré sur le malade
a été mis en place sur la zone Euro Transplant
(Benelux, Allemagne, Autriche et Slovénie). Il a pour
objectifs de diminuer la durée d'attente moyenne et
le nombre de malades inscrits sur la liste d'attente depuis
plus de 5 ans et aussi d'augmenter l'accès à
la greffe pour les hyper immunisés.
Les
différentes caractéristiques d'un greffon prélevé
sur cette zone sont envoyées au centre de régulation,
ce centre va calculer le score des receveurs potentiels présents
sur la liste d'attente et le greffon sera attribué
au receveur ayant le score le plus élevé présentant
un cross-match négatif.
Ce système, nommé ETKAS (Euro Transplant Kidney
Allocation System), prend en considération deux types
de variables pour établir le score :
- les
variables médicales : Groupe HLA (A, B, DR),
Probabilité d'incompatibilité HLA, Durée
d'attente
- les
variables logistiques : Distance entre le donneur
et le receveur potentiel, Balance import-export de greffon
(permet d'éviter que certains pays exportent ou
importent trop de greffons rénaux)
Le
poids des variables dans la fonction score a été
paramétré à partir de simulations, puis
ensuite ajusté lors de l'application réelle
de la fonction. De plus, les poids doivent être modifiés
en fonction de l'évolution de la liste d'attente.
Une
étude menée par l'équipe de De Meester
sur les résultats de ce système après
un an d'exploitation a montré que la durée d'attente
globale diminuait, ainsi que le pourcentage de patients en
attente de plus de cinq ans et les patients possédant
des phénotypes HLA rares. Néanmoins, il a été
observé que la proportion de receveur hyper immunisé
dans la liste d'attente n'a pas diminué. Même
si ces patients sont bien classés, ils n'accèdent
pas à la greffe car le cross-match réalisé
se révèle positif. Depuis cette étude
le système de la zone Euro Transplant possède,
comme la France, un programme Antigène permis, qui
a permis de faire baisser le taux de cross-match positif à
moins de 5%...
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L'exemple
ETKAS montre qu'il existe une alternative au système
de répartition français des greffons rénaux,
qui semble améliorer l'équité des
patients vis à vis de l'accès à
la greffe.
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Le
Score : Et si le malade trouvait enfin sa place au centre
du système de répartition des organes ? |
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Dans
le but de gommer les inégalités évoquées
plus haut, qu'une initiative intéressante a été
mise en place à titre expérimental en Ile-de-France
: les greffons de cette région sont attribués
depuis avril 2004 en fonction d'un score, calculé pour
chaque malade en fonction de plusieurs critères pondérés.
Ainsi
(et c'est une vraie nouveauté !) l'ancienneté
d'inscription en liste d'attente, la difficulté
d'accès à la greffe et l'appariement
en âge du donneur et du receveur sont réellement
pris en considération, en plus de la compatibilité
HLA, qui devient un critère parmi tant d'autres et
perd sa prépondérance historique.
Des objectifs ont été clairement définis
: diminuer le nombre des malades en attente prolongée
tout en garantissant des résultats de transplantation
optimaux.
Le
malade est enfin placé au centre des règles
d'attribution, et cette expérience va clairement dans
le sens d'une répartition plus juste et plus équitable.
Preuve en est les constatations faites ces derniers mois :
les malades qui ont été greffés depuis
la mise en place du score attendaient tous depuis des durées
extrêmement importantes, excédant souvent la
dizaine d'années, et il est vraisemblable que nombre
d'entre eux n'auraient jamais pu bénéficier
d'une transplantation dans le cadre des anciennes règles
de répartition.
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Au
mois d'octobre 2004, (soit 6 mois après la mise
en place du score), 80% des reins attribués au
score régional avaient été greffés
à des patients inscrits depuis plus de 5 ans.
!
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On
peut espérer que tous les " oubliés "
de l'ancien système, ceux qui sont restés au
bord du chemin, pourront être greffés dans un
délai raisonnable et que le score permettra à
terme d'homogénéiser les durées d'attentes.
Il
faut bien comprendre que, pour qu'un système de ce
type fonctionne de façon optimale, il faut qu'il soit
appliqué dans un cadre le plus large possible. On conçoit
facilement qu'une répartition nationale des greffons
rénaux basée sur un système de score
constituerait du point de vue éthique le modèle
le plus transparent, le plus juste et le plus équitable.
Serait-il pour autant le plus efficace ? Quelles seraient
les conséquences d'un mode de distribution des greffons
aussi large sur l'activité des différentes équipes
(notamment sur celles qui souffrent actuellement le moins
de la pénurie), sur la qualité des greffes réalisées,
et plus prosaïquement sur les coûts (même
si le poids de ce dernier critère doit rester très
relatif au regard des autres enjeux) ?
A
l'heure où les malades en attente sont confrontés
à des situations souvent dramatiques, ces questions
méritent d'être posées et de trouver des
réponses. Le score est actuellement en cours de généralisation
à l'ensemble du territoire français...
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Les autres raisons de l'inéquité
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Il
serait illusoire de penser que la mise en place d'un "
bon " système de répartition des greffons
sera suffisante pour gommer toutes les inégalités.
En effet, d'autres éléments jouent un rôle
considérable :
La diversité et l'inégalité des moyens
mis à disposition des équipes
Certaines
se sont professionnalisées dans le domaine de la greffe,
beaucoup ont intégré cette activité dans
une structure assumant tous les aspects thérapeutiques
de l'insuffisance rénale (hémodialyse, dialyse
péritonéale, néphrologie)
Ainsi,
on sait que l'argument de la pénurie peut parfois devenir
un prétexte pour justifier un faible nombre de greffes,
qui est en fait lié à des moyens humains ou
matériels insuffisants ou à un manque de volonté
des directions d'hôpitaux.
L'inégalité est aussi la conséquence
des flux d'inscription de malades qui se concentrent vers
certaines équipes sans tenir compte de leur capacité
fonctionnelle ni de leurs ressources en greffons.
On
connaît bien les " effets centres ", qui entraînent
encore à l'heure actuelle (par exemple) des migrations
de patients de province vers les équipes parisiennes,
alors que les durées d'attentes y sont incomparablement
supérieures
A l'heure actuelle, certaines " écoles "
prêchent pour la mise en place de systèmes de
régulation, qui reviendraient à imposer une
équipe à un malade. Il s'agirait là d'une
dérive dangereuse, en totale contradiction avec le
libre choix du lieu de soin inscrit dans la loi du 4 mars
2002. Cependant, il faut bien admettre que ces flux représentent
parfois une véritable perversion du système,
qui nuit directement aux malades. Une démarche pédagogique
d'information des patients, en collaboration avec les néphrologues,
l'ABM, et les associations, pourrait contribuer à les
limiter à des options raisonnables et justifiées.
Encore faudrait-il qu'elle soit entreprise.
Les
malades ont un véritable rôle à jouer
dans ce cadre, ne serait-ce qu'en s'informant et en prenant
en compte les données (durées médianes
d'attentes, notamment
) disponibles dans les rapports
de l'Agence de la Biomédecine...
Enfin, les différences d'attente sont aussi liées
au couplage des activités de greffe et de prélèvement
aux échelons locaux (de chaque équipe) et
des inter régions.
Ce
système, hérité du découpage inter
régional par France-Transplant en 1987, doit-il être
réformé en faveur d'une répartition fondée
sur plus de solidarité à l'échelon national,
et permettant l'application d'une véritable politique
d'attribution des organes ? La aussi, l'exemple d'Eurotransplant,
organisme de organisant la répartition des reins par
un système centralisé pour 6 nations (Bénélux,
Allemagne, Autriche et Slovénie), montre l'intérêt
et la faisabilité d'un tel système. Le temps
d'ischémie moyen d'Eurotransplant est inférieur
à celui de la France (18h versus 22h
) !
Le
25 mai 2005, lors d'une intervention sur la priorité
nationale donnée au prélèvement et à
la greffe, Philippe Douste Blazy, alors ministre de la Santé,
annonçait la préparation par l'Agence de la
Biomédecine d'un nouveau schéma d'organisation
de la greffe basé sur des données territoriales.
La disparition de la carte sanitaire est l'occasion de s'interroger
sur le nombre, la répartition territoriale, les moyens
et le niveau d'excellence des équipes de greffe. Les
SIOS greffe sont actuellement en cours de mise en oeuvre.
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Résultats
de l'étude sur les disparités géographiques
d'accès à la transplantation |
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Les
disparités géographiques d'accès aux
greffes en France seraient dues notamment aux différences
d'expérience des centres de transplantation et à
l'activité de prélèvement d'organes de
chaque région, selon une étude soutenue par
l'Etablissement français des greffes (EfG).
Françoise
Roudot-Thoraval, du service de santé publique de l'hôpital
Henri Mondor à Créteil (Val-de-Marne) et ses
collègues ont analysé les données relatives
aux greffes dans chacune des 7 régions définies
par l'EFG, à partir de 1994.
- Après
4 mois de suivi, 49% des 3.553 patients sur liste d'attente
avaient reçu une greffe: 64% des 797 patients en
attente d'une greffe de foie, 52% des 549 patients en attente
d'une greffe cardiaque et 22% des 2.207 patients en attente
d'une greffe de rein.
- Les
taux de mortalité sur la liste d'attente s'élevaient
respectivement à 10%, 14% et 1% pour les patients
en attente d'une greffe de foie, de coeur et de rein.
- Le
taux de transplantation le plus élevé a été
relevé dans l'Ouest de la France, avec 63%, et le
plus faible en région parisienne, avec 43%.
- De
même le taux de mortalité le moins élevé
a été observé dans l'Ouest, avec 2%,
et le plus élevé dans le Sud-Est et la région
parisienne avec 7%.
- Mais
la situation n'est pas identique pour tous les organes au
sein d'une région. Ainsi les patients de la région
I (Nord) avaient un bon accès aux greffes de rein
et de coeur, mais pas à celles de foie.
Les
auteurs indiquent qu'aucune région ne "vole"
d'organes aux autres régions afin de satisfaire ses
patients, ce qui est en accord avec les lois françaises
d'attribution des greffes qui préconisent qu'un organe
prélevé dans une région doit être
donné en priorité aux habitants de cette région.
Pour
expliquer les disparités géographiques mises
en évidence par leur étude, Françoise
Roudot-Thoraval et ses collègues mentionnent des différences
d'expérience entre les équipes de transplantation,
telles que l'ancienneté du centre, la présence
d'un médecin reconnu au niveau international ou l'existence
d'un réseau d'équipes de prélèvement
et de transplantation habituées au travail collectif.
Même
s'il est tentant de chercher un lien entre l'activité
de prélèvement et le temps d'attente, les auteurs
indiquent que les deux régions qui présentent
l'activité la plus élevée ont des caractéristiques
bien différentes: la région IV (Ouest) présente
le temps d'attente le moins élevé des 7 régions
tandis que la région III (Centre) fait partie des régions
à moyenne voir longue durée d'attente, ce qui
s'explique probablement par le faible nombre d'unités
actives de transplantation.
De
même, des deux régions présentant les
plus bas taux de prélèvement d'organe, la région
I (Nord) présente un temps d'attente très court
pour les greffes de coeur, mais moyen voire long pour les
greffes de rein et de foie et la région IV (Sud-Est)
présente un temps moyen d'attente pour une transplantation
de foie et un temps long pour une transplantation de coeur
ou de rein.
Par
ailleurs, les auteurs indiquent que certaines régions
inscrivent leurs patients sur la liste d'attente à
un stade de la maladie plus précoce par rapport à
d'autres régions. Selon les auteurs, cette inégalité
pourrait être corrigée par une standardisation
des pratiques, notamment par un consensus sur la gravité
de la défaillance à partir de laquelle les patients
peuvent être inscrits sur la liste.
Même
si certaines disparités géographiques ne pourront
être facilement effacées, les auteurs souhaitent
que des mesures soient prises afin de les réduire.
"Améliorer l'accès à la transplantation
et garantir une égalité d'accès sur tout
le territoire constitue une des priorités de l'EfG",
soulignent les auteurs, ajoutant que l'EfG cherche à
augmenter le nombre de dons et à changer les règles
de répartition des organes afin de tenir compte du
temps d'attente sur la liste.
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Témoignage : de la dialyse à la transplantation
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