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Livre d'Or.
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dernière
mise à jour le 10/02/03
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Les archives de la revue de Presse 2002 |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde en 2002 :
- 30
décembre 2002
Plus les malades attendent longtemps en dialyse avant une
greffe de rein, moins leur pronostic est favorable...
- 27
décembre 2002
La secte des raéliens revendique le premier bébé
cloné
- 27
décembre 2002
LAcadémie de Médecine remet ses prix
! Le domaine des greffes à l'honneur...
- 26
décembre 2002
Eliane Ringot : La passeuse
- 26
décembre 2002
Jacques Petit : Le don du don
- 24
décembre 2002
Des cellules souches utilisées
pour générer des reins de type humain fonctionnels
chez la souris
- 20
décembre 2002
RODEZ
- Le service dialyse en mauvaise santé
- 17
décembre 2002
Les
nouvelles ambitions de la transplantation d'organe
- 12
décembre 2002
Jean-François
Mattéi, ministre de la santé, dévoile
les positions du gouvernement sur le projet de loi relatif
à la bioéthique
- 2
décembre 2002
L'EFG
espère atteindre l'objectif du plan greffe dès
la fin 2002
- 29
novembre 2002, Le Parisien
Les
lycéens " acteurs " du don d'organes
- 22
novembre 2002, Le Quotidien du Médecin
Une
meilleure prise en charge de l'insuffisance rénale
chronique
- 22
novembre 2002, Le Quotidien du Médecin
Pour
augmenter le nombre de dons d'organe, une Europe des greffes
- 14
novembre 2002, New York Times
Psst
! Vous vendez votre rein ?
- 4
novembre 2002, Reuters
D'après
un transplanteur allemand, Le paiement des organes en vue
de greffe pourrait être la seule solution à
la pénurie
- 20
octobre 2002, Reuters
Le
gouvernement anglais envisage de lever l'interdiction de
commercialisation des organes humains
- 26
septembre 2002, Reuters
Barry
White est dialysé...
- 22
septembre 2002, AFP
Une
jeune Palestinienne reçoit un rein d'un étudiant
juif tué dans un attentat
- 20
septembre 2002, AFP
Les pionniers de la dialyse reçoivent
une récompense pour leurs travaux
- 16
septembre 2002, Futura-Sciences
Réduction des immunosuppressifs chez les greffés
- 14
août 2002, Le Républicain Lorrain
Expérience médicale pour un Lorrain sur
le Chimborazo
- 20
juillet 2002, la dépêche du Midi
Une fillette reçoit des lobes pulmonaires de
ses parents
- 19
juillet 2002, Le Républicain Lorrain
La grâce pour une greffe
- 22
Juin 2002, L'Humanité
Julien a sauvé quatre vies
- 25
Janvier 2002, L'Humanité
Alerte à l'hépatite C à l'hôpital
de Béziers
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Plus
les malades attendent longtemps en dialyse avant une greffe
de rein, moins leur pronostic est favorable |
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30
décembre 2002, Washington Times
Traduction partielle de l'article
de Joyce Howard Price
Plus
les malades attendent longtemps en dialyse avant une
greffe de rein, moins leur pronostic est favorable :
tel est le résultat d'une étude conduite
par une équipe de chercheurs de l'Université
de Floride, qui vient d'être publiée dans
le "Medical Journal of Transplantation".
"Une
fois de plus, la valeur thérapeutique de la transplantation
rénale par rapport à la dialyse est réaffirmée,
et montre l'importance d'une inscription rapide sur
liste d'attente de greffe", déclare le Dr
Bruce Kaplan, directeur médical du programme
de transplantation rénale et pancréatique
du Shands Medical Center et co-auteur de cette publication.
"La dialyse vous maintient en vie, mais vous ne
pouvez en aucun cas espérer les mêmes bénéfices
qu'avec une greffe" affirme t-il. Son étude
prouve également que les patients dialysés
pendant deux années avant d'être greffés
ont trois fois plus de chances de perdre leur greffon
que ceux qui n'attendent que six mois. Le Dr Kaplan
fait l'hypothèse que plus les malades restent
longtemps en dialyse, plus leur état général
se détériore, ce qui permettrait au moins
partiellement d'expliquer ces résultats. Le taux
de mortalité durant la première année
de dialyse aux USA est en effet de 22%, et il atteint
60% au bout de cinq ans.
Un
autre point abordé par cette étude concerne
les greffes à partir de donneurs vivants : elle
montre en effet que les malades qui en bénéficient
au bout de deux années de dialyse ou plus vont
plutôt moins bien que ceux qui reçoivent
des reins de cadavres rapidement
L'intérêt
de la greffe à partir de donneur vivant pour
le patient ne serait donc vérifié que
s'il en bénéficie après une courte
durée de dialyse.
Le
Docteur Kaplan tient toutefois à préciser
que même si ces résultats peuvent paraître
décourageants pour les malades en attente de
greffe depuis de nombreuses années, il ne doivent
pas occulter le fait que la transplantation leur apportera
de toute façon d'indiscutables bénéfices
par rapport à la dialyse. Les statistiques montrent
par exemple que les patients qui demeurent en dialyse
pendant trois ans avant d'être greffés
ont une espérance de vie supérieure de
dix années à celle à laquelle ils
auraient pu prétendre s'ils n'avaient pas été
transplantés.
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La secte des raéliens revendique
le premier bébé cloné |
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27
décembre 2002, AFP
La scientifique française et membre de la secte
des raéliens Brigitte Boisselier affirme avoir
mis au monde jeudi un bébé obtenu par
la technique du clonage.
Le
bébé, une petite fille, est venue au monde
"aujourd'hui" (jeudi) "par césarienne".
"Ca s'est très bien passé",
s'est bornée à affirmer Mme Boisselier,
présidente de la société de clonage
humain Clonaid, jointe par téléphone.
Il n'est pas possible, en l'absence d'une publication
scientifique dans les règles de l'art, d'obtenir
pour l'instant une quelconque confirmation d'experts
indépendants que le bébé est bien
un clone.
Interrogée
sur les circonstances de cette naissance, la scientifique
française a refusé de fournir immédiatement
davantage de précisions, en particulier la technique
de clonage mise en oeuvre et le lieu de naissance, ajoutant
qu'elle ferait une présentation publique vendredi
en Floride. Elle n'a pas précisé non plus
si elle présenterait le bébé à
cette occasion.
Si
cette naissance d'un clone humain était confirmée
de source scientifique indépendante, il s'agirait
du premier bébé obtenu par la technique
controversée du clonage humain et dont la naissance
aura été rendue publique.
Surtout
elle marquerait l'entrée de l'humanité
dans l'ère de la reproduction asexuée
car, pour la première fois, un enfant ne serait
plus le fruit d'un mélange génétique
d'un père et d'une mère mais la reproduction
à l'identique de l'un des deux parents.
Le
27 novembre, Mme Boisselier avait indiqué que
cette naissance était attendue par un couple
d'Américains. L'enfant né jeudi serait
donc une copie génétique de sa mère,
à des années d'intervalle.
De
nombreux scientifiques ont mis en garde contre l'application
à l'homme du clonage, une technique qui connaît
encore des taux d'échec très importants
chez l'animal et des séquelles parfois rédhibitoires
chez les nouveaux-nés: malformations congénitales,
difformités physiques, déficiences du
système immunitaire, vieillissement prématuré,
etc.
Agée
de 46 ans, Brigitte Boisselier, chimiste de formation,
s'est engagée en 1997 dans le projet controversé
du clonage humain en prenant les rênes de Clonaid,
dont les bureaux se trouvent à Las Vegas (Nevada).
Fin
novembre, le professeur et gynécologue italien
Severino Antinori avait annoncé la naissance
d'un bébé créé par clonage
pour janvier. Un autre scientifique, l'andrologue américain
Panos Zavos, a annoncé publiquement être
aussi dans la course pour produire le premier bébé
cloné.
A
la controverse scientifique sur le clonage humain reproductif
qui suscite une large réprobation dans la communauté
scientifique, politique et religieuse, risque de s'ajouter
une dimension "théologique", Mme Boisselier
se décrivant en effet aussi comme une "évêque
raélienne".
De
nature ufologique et areligieux, le mouvement des raéliens,
qui réfute l'appellation de "secte",
a été fondé en 1973 par un ancien
journaliste français, Claude Vorilhon, installé
au Québec et qui se fait appeler "Raël".
Se
présentant comme un prophète dans la lignée
de Moïse ou Mahomet, il prône une interprétation
scientiste de la Bible. Il affirme ainsi que la vie
humaine sur Terre a été établie
par des extra-terrestres (les "Elohim" de
la Genèse) arrivés en soucoupes volantes
il y a 25.000 ans et que les humains ont été
créés par clonage. Le clonage humain est
donc à la base de la "croyance" raélienne.
Selon
"Raël", le clonage permettra à
l'humanité d'atteindre un jour la vie éternelle,
en permettant de renouveler régulièrement
son enveloppe corporelle.
Les
raéliens, qui revendiquent 55.000 adeptes dans
le monde, se disent aussi partisans de la "géniocratie",
le pouvoir des plus intelligents.
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LAcadémie
de Médecine remet ses prix ! Le domaine des greffes
à l'honneur... |
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27
décembre 2002, Yahoo! Santé
LAcadémie
nationale de Médecine vient de distribuer 30
prix, pour une valeur de 390 000 euros. Dans une volonté
de rajeunissement, les sages ont voulu récompenser
des chercheurs de moins de
50 ans.
Les
prix de lAcadémie sont décernés
chaque année à la même époque.
Leur financement est assuré par les revenus de
legs dont lAcadémie est bénéficiaire,
les distinctions respectant la volonté des donateurs
daider plus particulièrement tel ou tel
domaine de la recherche médicale.
Par
le nombre et la valeur des prix attribués, la
tendance se situe cette année dans le domaine
des greffes.
[extrait
de la liste des lauréats :
Prix DRIEU-CHOLET attribué à Seiamak BAHRAM
pour ses travaux sur les nouveaux gènes d'histo-compatibilité
chez l'homme - De la découverte à l'application
clinique.
Prix Emile DELANNOY-ROBBE attribué à Benoît
BARROU pour ses travaux sur la chirurgie expérimentale
en transplantation - immunologie de transplantation.]
Mais
les acteurs de santé sur le terrain ne sont pas
oubliés non plus. Les médailles dhonneur
cette année, sont ainsi revenues à lassociation
les Alcooliques Anonymes et à deux surveillantes
générales détablissements
hospitaliers. Et pour contribuer plus encore à
léclosion de jeunes talents, depuis 1998
lAcadémie attribue des bourses de recherche
à des étudiants de troisième cycle
en médecine, pharmacie ou en sciences vétérinaires.
Voir
le site de l'Académie
de médecine
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Eliane
Ringot : La passeuse |
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26
décembre 2002, l'Express
Longtemps
infirmière, elle est aujourd'hui coordinatrice
des prélèvements au CHR. Elle sait, avec
humanité, faire accepter le don d'organes aux
familles en deuil
La poitrine du petit garçon se soulève
à chaque respiration. Sa main est encore chaude.
Sa mère ne peut quitter des yeux le monitoring
de la salle de réanimation, qui dessine les battements
d'un cur luttant désespérément
contre la mort. Seule la petite femme en blouse blanche
qui lui adresse alors la parole parvient à faire
oublier le bip strident de l'électrocardiogramme.
«Elle était très douce, jamais une
syllabe plus haute que l'autre. J'avais l'impression
qu'elle souffrait autant que moi.» Pascale Blanchard
a rencontré Eliane Ringot le 26 avril 2002. Quelques
heures après avoir vu son fils de 5 ans se faire
mortellement percuter par une voiture. «Elle nous
a déclaré, à mon mari et à
moi, que Kylian présentait toutes les caractéristiques
pour le don d'organes. Il fallait faire vite, car cela
devenait trop dur de le maintenir en vie. Mais elle
nous a laissé le temps. Dans ces moments-là,
on voudrait qu'il reste tout entier à vous. Elle
m'a dit que l'opération serait aussi soignée
que si l'enfant devait se réveiller. Elle a ajouté
que ses organes iraient en priorité à
d'autres enfants qui, sans cela, risquaient de mourir.»
«Aller
au début de la chaîne»
Eliane Ringot est infirmière au centre hospitalier
régional de Lille. Coordinatrice des prélèvements,
c'est elle qui accueille les familles des défunts
et qui tente d'obtenir leur aval pour le don d'organes.
En 2002, au CHR de Lille, plus de 50 prélèvements
d'organes ont été effectués. Un
record en France. Les greffons recueillis ont prolongé
ou sauvé la vie de plus de 120 personnes. A l'heure
où ses anciennes collègues goûtent
une retraite méritée, Eliane Ringot continue
d'apporter la vie aux uns via la mort des autres. Au
chevet des greffés pendant plus de trente ans,
elle a choisi, en 1995, d' «aller au début
de la chaîne». Aujourd'hui, elle reste admirative
devant ces familles qui lui disent «oui».
«Imaginez: votre enfant ou votre conjoint vient
de disparaître brutalement. Et moi, je vous parle
d'autres personnes qui ont besoin de ses organes.»
A présent, quand des proches encore sous le choc
lui lancent: «Vous n'avez pas honte de ce que
vous faites?», elle les regarde droit dans les
yeux et répond calmement: «Non, je n'ai
pas honte.» Puis elle explique pourquoi. «J'ai
connu l'attente de ces malades, condamnés à
mourir faute de dons d'organes. J'ai vécu avec
ces greffés qui fêtent deux anniversaires,
celui de leur naissance et celui de leur transplantation.»
Sa capacité à émouvoir et à
convaincre les plus réticents, Eliane Ringot
l'attribue modestement à son expérience:
«Peut-être se disent-ils que je n'ai pas
20 ans, que ce que je raconte doit être sérieux.»
Les familles sont unanimes. «Elle est d'une humanité
sans bornes», confie Pascale Blanchard, qui, sept
mois après la disparition de son petit garçon,
continue de l'appeler régulièrement: «Quand
je ne vais pas bien, je sais que je peux lui parler.»
Cette année, le frère d'un défunt
lui a demandé la permission de l'embrasser, quand
tout fut fini.
«Elle
a une aura extraordinaire», témoigne Michel
Moreeuw, kinésithérapeute lillois qui,
en 1996, a perdu brutalement Manu, son enfant de 19
mois. Il n'a pas oublié «la gentillesse
incroyable» de celle qu'il décrit affectueusement
comme «une sage-femme à l'autre bout de
la vie». «Elle a donné à ce
geste une dimension affective que je n'oublierai jamais.
Elle nous a assurés qu'elle resterait avec Manu
jusqu'à la restitution du corps. Grâce
à elle, il est resté quelqu'un jusqu'à
la fin.»
Le
soir, seule dans sa maison de Carvin, Eliane Ringot
téléphone souvent à sa sur
ou à ses nièces: «J'ai beau m'être
blindée, je ne peux pas toujours tout garder
pour moi
» Parfois, son entourage lui dit
qu'à force de s'occuper des autres elle ne prend
plus assez soin d'elle. «Depuis cinq ans, je me
jure que c'est la dernière année, mais
il y a un tel manque de coordinatrices
»
Et puis, que faire ensuite? «J'ai toujours voulu
être infirmière.» La première
qu'elle a rencontrée avait les traits d'une religieuse
qui venait lui administrer des piqûres lors d'une
maladie survenue à l'âge de 7 ans. Dix
ans après cet épisode, la jeune fille
passionnée de lecture n'attend pas d'avoir son
bac pour passer avec succès les examens de l'école
de la Croix-Rouge, à Lens. Elle est trop jeune?
On l'accepte tout de même. Un an plus tard, elle
pratique sa première intraveineuse sur son père,
victime d'un ulcère: «Je lui ai fait croire
que j'en avais l'habitude. Ce n'était pas vrai,
mais j'ai réussi. Il était très
fier de moi.»
Après
son embauche, en 1965, au CHR de Lille, Eliane Ringot
pénètre pour la première fois dans
un bloc opératoire: «J'ai eu une révélation.»
Le mari et les enfants attendront
«Je veux
faire les choses à fond et comme il le faut.
C'était soit l'un, soit l'autre
»
Infirmière stricte et rigoureuse - «dans
le service, j'ai une réputation de dragon»
- elle est nommée surveillante en chef, avant
de devenir coordinatrice des prélèvements,
un poste créé en 1995 dans l'espoir d'augmenter
les dons d'organes.
Depuis
sept ans, Eliane Ringot conserve dans un dossier les
cartes des familles qui la remercient pour sa «gentillesse»,
sa «chaleur», sa «générosité»
Sur l'une d'elles, on peut lire : «Nous
souhaitons vivement que les trois petits enfants greffés
soient en bonne santé et que leur avenir soit
fait de joie, de bonheur et, surtout, de bonne santé.»
A l'heure actuelle, en France, plus de 6 000 personnes
sont en attente de greffes d'organes.
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Jacques
Petit : Le don du don |
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26
décembre 2002, l'Express
Ce
chirurgien n'est pas seulement l'un des meilleurs spécialistes
de la transplantation rénale. Il sait aussi,
mieux que personne, parler du don d'organe, de la vie
et de la mort
Jacques Petit assiste au réveil de ses patients
après chaque opération. Et leur pose invariablement
la même question: «Etes-vous content?»
Un sourire du malade, un acquiescement, un revers de
la main qui balaie la souffrance endurée: «J'ai
passé l'âge, mais ça me touche à
chaque fois
» avoue le chirurgien.
Chef
du service d'urologie à l'hôpital d'Amiens,
professeur à la faculté de médecine,
Jacques Petit, 56 ans, pratique la transplantation rénale
depuis vingt-quatre ans, «surspécialisation»
acquise en 1978 à la Pitié-Salpêtrière,
auprès du Pr Küss, l'un des pionniers de
la technique. Après une première opération
réussie, le 5 avril 1989, au sein du service
qu'il a créé au CHU d'Amiens, il assure,
seul, pendant cinq ans, toutes les interventions et
toutes les gardes. «C'est une chirurgie lourde
et une activité difficile, souvent nocturne»,
explique-t-il. Une activité gratifiante aussi.
Cet homme réservé, à l'élocution
lente et posée, est encore ému par nombre
de souvenirs: son premier patient (opéré
à Paris, mais amiénois), toujours en vie
après vingt-quatre ans de greffe; son premier
«transplanté» au CHU d'Amiens, voilà
treize ans, qui n'a connu depuis aucune complication
chirurgicale; des lettres de remerciements qu'il conserve,
souvent adressées par les familles de donneurs
décédés.
«J'essaie
de faire comprendre aux gens que savoir recevoir, c'est
aussi savoir donner»
Le
service du Pr Petit vient de pratiquer sa 500e greffe.
L'équipe réalise aujourd'hui une cinquantaine
de transplantations par an, atteignant en 2000 la 11e
place du classement régional de l'Etablissement
français des greffes. La pénurie d'organes
reste cependant préoccupante. 2 000 individus
souffrant d'une insuffisance rénale sont opérés
chaque année en France, mais 5 000 demeurent
en attente. Les prélèvements sont à
95% effectués sur des personnes en situation
de mort cérébrale, ce qui représente
à peine 0,5% des décès. En l'absence
de refus clairement exprimé, le défunt
est réputé consentant au don de ses organes.
Mais, la plupart du temps, ce sont les familles qui
s'opposent à l'intervention, et les praticiens
préfèrent renoncer.
Selon
Jacques Petit, il faut commencer par «mobiliser
les vivants». Se définissant lui-même
comme «un technicien, un manuel», sa retenue
laisse place à un enthousiasme passionné
dès qu'il s'agit de communiquer. «Prêchant
la bonne parole partout où on le demande»,
il multiplie les conférences pour expliquer ce
qu'est le don d'organes, et surtout parler de la mort.
«J'essaie de faire comprendre aux gens que savoir
recevoir, c'est aussi savoir donner, martèle-t-il.
Leur dire qu'ils peuvent devenir des donneurs,
mais aussi des receveurs potentiels. La
mort, ça ne concerne pas toujours les autres.»
La technicité des prélèvements
pose également souvent problème. Les petites
structures hospitalières n'ont pas toujours les
moyens d'assurer les interventions ou les transferts.
Depuis un an, Jacques Petit travaille donc à
la mise au point, pour 2003, d'une équipe médicale
mobile qui irait prélever les reins sur place.
La
pénurie d'organes, mais aussi les bons résultats
obtenus en matière de transplantation, seront
au centre d'une manifestation organisée à
l'hôpital d'Amiens par le professeur le 5 avril
2003, date anniversaire de la première opération.
Elle réunira les 500 patients greffés
par le service d'urologie, ainsi que toutes les équipes
hospitalières qui les ont côtoyés.
Un arbre sera planté pour l'occasion en souvenir
des donneurs. Une pensée pour eux, c'est aussi
ce que Jacques Petit demande toujours aux malades qu'il
opère.
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Des
cellules souches utilisées pour générer
des reins de type humain fonctionnels chez la souris |
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24
décembre 2002, Reuters
Ces
résultats laissent espérer que l'on parviendra
un jour à réitérer cette expérience
chez l'homme, ce qui sauverait potentiellement la vie
des milliers de personnes atteintes d'insuffisance rénale
et en attente de greffe.
Les
cellules souches utilisées avaient un âge
gestationnel de sept à huit semaines et provenaient
de ftus avortés. Elles étaient similaires
à des cellules souches embryonnaires, qui sont
extraites d'embryons surnuméraires créés
in vitro.
Les
cellules ftales sont actuellement plu faciles
à obtenir que les cellules embryonnaires, qui
font l'objet d'une controverse puisque leur prélèvement
conduit à la destruction de l'embryon.
Les chercheurs sont également parvenus à
faire se développer des reins de type porcin
chez des souris, à partir de cellules souches
embryonnaires porcines.
Les organes obtenus semblent être tolérés
par un système immunitaire de type humain recréé
chez la souris.
Cela semble indiquer la possibilité de faire
se développer chez l'homme des organes créés
à partir de cellules souches embryonnaires porcines.
Le
chef de ce projet de recherche, le Dr Yair Reisner du
Weizmann Institute of Science de Rehovot, en Israël,
a publié ces résultats très encourageant
dans le dernier numéro de Nature Medecine.
Ces expériences ont été réalisées
chez des souris sous immunosuppression. Les reins obtenus
étaient de petite taille, mais fonctionnels,
et produisaient de l'urine. De plus, les chercheurs
ont noté qu'ils étaient vascularisés
par les propres vaisseaux de la souris, et non par des
vaisseaux générés en même
temps que l'organe lui même. Ce dernier élément
semble indiquer une tolérance de l'organe par
le système immunitaire de la souris, et des risques
de rejets réduits.
Ces
travaux, bien que très encourageants, demeurent
expérimentaux, et une application clinique à
l'homme ne pourra s'envisager que d'ici plusieurs années.
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RODEZ
- Le service dialyse en mauvaise santé |
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20
décembre 2002, La Dépêche du Midi
Gaston Eche, un Cransacois âgé de 79 ans,
n'apprécie pas beaucoup les mesures toutes récentes
prises par l'hôpital Combarel au sujet du service
de néphrologie (maladies liées au rein).
« Ils ont réduit les heures d'ouverture
de la dialyse et ça pose déjà des
difficultés à pas mal de gens. Je pense
notamment à ce jeune homme qui venait de trouver
du travail mais qui doit abandonner son emploi car il
ne peut plus se faire soigner le soir », peste
ce grand-père lui-même dialysé.
Et
cette colère qui monte risque de prendre rapidement
de l'ampleur car rien n'indique que les dysfonctionnements
actuels s'estompent rapidement. Pour le centre hospitalier,
la difficulté trouve sa source dans une malheureuse
conjonction de problèmes de... santé!
Sur les trois praticiens attitrés, l'un est exclu
depuis longtemps déjà des tours de garde
pour raison médicale et le second néphrologue
vient d'envoyer un arrêt maladie. « La semaine
dernière, dans la précipitation, nous
avons dû prendre une décision car il faut
savoir qu'une dialyse ne peut pas se faire sans la présence
du médecin. Or, le seul restant n'a pas la possibilité
d'être auprès des patients constamment
», confirme, ce mercredi, Vincent Thomas, directeur
adjoint en charge des finances.
SUR
ALBI, TOULOUSE OU AURILLAC...
Face à cette pénurie, Combarel a réduit
l'ouverture de son service de dialyse qui ferme désormais
à 18 heures et dont le fonctionnement est systématiquement
interrompu le week-end et les jours fériés.
En guise de compensation, des séances supplémentaires
ont été rajoutées les après-midi
mais il ne s'agit là que d'un pis-aller n'offrant
aucune réelle solution pour les urgences et les
malades ayant une vie active. « Dans certains
cas, nous aiguillons les patients sur les hôpitaux
de la région, du côté d'Albi, Toulouse
ou Aurillac... », admet le directeur adjoint conscient
de la gêne occasionnée par cette réduction
de service.
Le
responsable ne semble d'ailleurs pas très optimiste
quant à l'évolution à court terme
dans la mesure où le remplacement au pied levé
d'un tel spécialiste relève presque de
la gageure. « Trouver sur cette discipline quelqu'un
qui accepte un emploi temporaire n'est franchement pas
simple », confie Vincent Thomas qui fonde davantage
d'espoir dans la demande de création d'un quatrième
poste de néphrologue. Mais là, la difficulté
provient à la fois de la procédure budgétaire
obligatoire et de la démographie médicale
guère encourageante. « Le principe d'ouvrir
ce poste supplémentaire a été voté
à l'unanimité en juin par le conseil d'administration
et depuis, le dossier a été transmis à
l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH)
», détaille l'adjoint de Vincent Rouvet,
directeur de l'établissement. C'est donc dorénavant
à l'ARH de débloquer une situation qui,
selon certaines confidences, trouverait en fait sa source
bien en amont du congé maladie d'un des trois
titulaires. Depuis trop longtemps déjà,
deux des trois praticiens ne seraient plus en mesure
d'assurer toute la plénitude de leurs fonctions,
information qui, dit-on pudiquement, a été
transmise à l'autorité de tutelle. Las!
pour l'heure, les dialysés subissent directement
les conséquences calamiteuses d'une carence qui
les dépasse.
Marc
Dejean.
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Les
nouvelles ambitions de la transplantation d'organe |
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17
décembre
2002, Le Quotidien du Médecin
La transplantation d'organe est devenue courante, voire
banale, et on dénombre désormais quelque
50 000 greffes chaque année à travers
le monde. Depuis la première transplantation
cardiaque, tentée en 1967 par Christian Barnard,
en Afrique du Sud, les progrès réalisés
ont été considérables, grâce
notamment à la mise au point de traitements immunosuppresseurs
de plus en plus fiables.
Tant
et si bien que la greffe de rein est désormais
considérée comme la meilleure option pour
les patients atteints d'une insuffisance rénale
grave. Le taux de survie est plus élevé
après transplantation que sous dialyse et, au
final, le traitement se révèle moins onéreux.
Ce qui explique en partie que la transplantation de
rein et de rein-pancréas compte aujourd'hui pour
50 à 60 % de l'ensemble des greffes.
Le taux de survie des patients ayant bénéficié
d'une greffe de rein a doublé depuis 1988 et
atteint désormais dix à douze ans, en
moyenne*. Certains records permettent de fonder
de réelles espérances pour l'avenir, par
exemple ce malade encore vaillant quarante ans après
une greffe de rein, cet autre, toujours en vie vingt-trois
ans après une greffe cardiaque. Les ambitions
de la transplantation ne se limitent donc plus à
l'opération chirurgicale elle-même ou à
empêcher le rejet du greffon. Promouvoir et optimiser
le don d'organe reste LA grande priorité. Mais
pas seulement.
Le manque d'organes est cependant le problème
crucial. Le taux de 15 à 30 dons d'organe par
million d'habitants dans les pays occidentaux demeure
très insuffisant. Les listes d'attente ne cessent
de s'allonger et comptent leurs morts... En Grande-Bretagne,
seulement un tiers des patients inscrits sur liste d'attente
au 31 décembre 1996 avaient bénéficié
d'une greffe en 1999. Aux Etats-Unis, où quelque
21 665 transplantations sont effectuées chaque
année, 75 000 patients attendent un don d'organe.
En fait, le fossé ne cesse de s'accroître
entre l'offre et la demande. Il est donc essentiel de
promouvoir le don d'organe et d'optimiser la durée
de vie des organes greffés.
Limiter
les effets secondaires
Les
Laboratoires Roche participent activement à ce
double combat pour la vie. Distributeurs de CellCept,
une nouvelle génération d'immunosuppresseur
(mycophénolate mofétil - MMF -, inhibiteur
de la prolifération des lymphocytes), Roche soutient
la recherche à travers sa fondation (fondation
Roche pour la recherche en transplantation d'organes,
ROTRF) et finance un programme extensif d'études
cliniques visant à une meilleure efficacité
et à une moindre toxicité des traitements
immunosuppresseurs au long cours. Car la trithérapie
immunosuppressive que l'on utilise actuellement (stéroïdes
+ inhibiteur de la calcineurine (CNI) + antiprolifératif)
peut produire des effets secondaires qui menacent le
greffon.
Avec CellCept, Roche participe à la plus vaste
étude jamais engagée sur la greffe de
rein : ELITE (Efficacy Limiting Toxicity Elimination)
- Symphony Study*. L'objectif de cette étude,
qui s'appuie sur une cohorte de 1 300 patients, est
de démontrer que la combinaison d'immunosuppresseurs
à faible toxicité (MMF, daclizumab, corticostéroïdes)
permet de réduire le dosage des molécules
les plus néfastes (ciclosporine, tacrolimus,
sirolimus) tout en maintenant l'efficacité du
traitement. Les résultats de cette étude,
qui commence à peine, devraient ouvrir la voie
à des traitements immunosuppresseurs aux effets
secondaires limités et ajustables au cas par
cas.
Une piste sérieuse qui devrait permettre d'accroître
encore l'espérance de vie des receveurs d'organes.
*Ndlr
: Il y a manifestement une confusion entre l'espérance
de vie du receveur et la demie vie du greffon...
Hélène
Grillon
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Jean-François Mattéi, ministre de la santé,
dévoile les positions du gouvernement sur le projet
de loi relatif à la bioéthique |
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12
décembre 2002, communiqué de presse du
Sénat
Jeudi
12 décembre 2002, la commission des Affaires
sociales du Sénat a auditionné M. Jean-François
Mattei, ministre de la santé, de la famille et
des personnes handicapées, sur le projet de loi
relatif à la bioéthique. Ce texte, dont
le rapporteur est M. Francis Giraud (UMP Bouches-du-Rhône),
a été déposé par le précédent
gouvernement et adopté par lAssemblée
nationale en janvier 2002 ; il sera examiné par
le Sénat en séance publique à la
fin du mois de janvier 2003.
Evoquant
la recherche sur lembryon, M. Jean-François
Mattei a souligné quil nétait
pas question de revenir sur le principe fondamental
fixé par larticle 16 du code civil qui
« garantit le respect de lêtre humain
dès le commencement de sa vie ». Il a considéré
que lembryon pouvait être un objet détude
si lon respectait son intégrité
et si les recherches étaient menées dans
lintérêt de lembryon.
Après
avoir formulé le souhait que la France se distingue
par un engagement massif dans la recherche sur les cellules
souches adultes, M. Jean-François Mattei a expliqué
que les perspectives thérapeutiques des cellules
souches embryonnaires apparaissaient encore lointaines.
Il a jugé indispensable de mener de front, pendant
quelques années au moins, des recherches sur
les cellules embryonnaires et sur des cellules souches
adultes, afin de comparer leur potentialité et
leur innocuité pour lhomme. Souhaitant
ouvrir une « fenêtre pour la recherche »
strictement délimitée, il a fait observer
que la médecine avait toujours progressé
par transgressions successives, quil sagisse
par exemple de lautopsie, de la transfusion ou
de la transplantation dorganes.
Le
ministre a souligné que la possibilité
de mener des recherches sur lembryon et les cellules
embryonnaires aurait « un caractère
dérogatoire et transitoire » et que ses
conditions de mise en uvre seraient très
précisément circonscrites. Les recherches
ne pourront être menées que sur des embryons
in vitro conçus dans le cadre dune assistance
médicale à la procréation et pour
lesquels il nexiste plus de projet parental. Le
bien-fondé de cette recherche sera réexaminé
au bout de cinq ans.
M.
Jean-François Mattei a estimé que la création
dembryons humains à des fins de recherche
devait demeurer fermement exclue et sévèrement
sanctionnée ; il a jugé par conséquent
que la possibilité, introduite par lAssemblée
nationale par voie damendement au projet de loi,
que des embryons soient créés pour lévaluation
de nouvelles techniques dassistance médicale
à la procréation (AMP) était inacceptable.
Il
a également rejeté toute possibilité
de clonage thérapeutique, quil a qualifié
de « porte ouverte au clonage reproductif ».
Afin dempêcher toute tentation de clonage
à visée reproductive, M. Jean-François
Mattei a souhaité la création, dans le
code pénal, dune nouvelle incrimination,
baptisée « crime contre la dignité
de la personne humaine », qui viserait tant le
clonage à but reproductif que les pratiques eugéniques
tendant à lorganisation de la sélection
des personnes. Cette incrimination ne pourrait être
prescrite que trente ans après la majorité
de lenfant cloné et aurait une portée
extraterritoriale.
Evoquant
la question du don dorganes et le grave problème
posé par le déficit en greffons, M. Jean-François
Mattei a estimé que le texte adopté en
janvier dernier par lAssemblée nationale
choisissait de répondre par la facilité
en élargissant sans précaution le champ
des donneurs vivants aux personnes ayant « un
lien étroit et stable » avec le receveur.
Il a jugé queu égard aux risques
inhérents à ces prélèvements,
il convenait au contraire de rendre pleinement effectif
le régime actuel de consentement présumé
des personnes décédées, notamment
par une politique dinformation plus active. Il
a souhaité que la liste des donneurs vivants
dorganes ne soit élargie quà
des personnes limitativement énumérées,
afin de prévenir toute dérive commerciale
et toute forme de pression sur les donneurs potentiels.
Sagissant
de lAgence de la procréation, de lembryologie
et de la génétique humaines (APEGH), M.
Jean-François Mattei a proposé de constituer
aussi rapidement que possible, mais si nécessaire
en deux étapes, une Agence de la biomédecine
et des produits de santé comportant cinq départements
dédiés respectivement aux médicaments,
aux dispositifs médicaux, au sang, aux organes
et aux tissus, à lassistance médicale
à la procréation, à la médecine
embryonnaire et ftale et à la génétique
humaine. Il a précisé quune étape
intermédiaire à la constitution de cette
grande agence pourrait consister à regrouper
les activités de lAPEGH et de lEtablissement
français des greffes (EFG) en une Agence de la
biomédecine, la proximité des questions
scientifiques et la parenté des questions éthiques
traitées par lune et lautre lui paraissant
légitimer ce rapprochement.
Evoquant
la brevetabilité déléments
du corps humain, M. Mattei a souligné que la
rédaction adoptée par lAssemblée
nationale à larticle 12 bis (« Un
élément isolé du corps humain ou
autrement produit par un procédé technique,
y compris la séquence ou la séquence partielle
dun gène, ne peut constituer une invention
brevetable »), si elle correspondait parfaitement
à ses convictions, ne pourrait toutefois trouver
à sappliquer dès lors quelle
était directement contraire aux dispositions
de larticle 5 de la directive européenne
98-44/CE. Il a estimé quil fallait, pour
sortir de cette impasse, trouver une formulation juridique
empêchant quun brevet puisse interdire aux
chercheurs de mener des recherches concernant des applications
nouvelles sur des molécules, gènes ou
autres éléments du corps humain qui seraient
déjà couverts par un brevet.
La
commission des Affaires sociales du Sénat examinera
le mercredi 15 janvier 2003 le rapport de M. Francis
Giraud sur ce projet de loi.
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L'EFG
espère atteindre l'objectif du plan greffe dès
la fin 2002 |
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L'objectif
fixé dans le plan greffe 2001/2003 d'arriver
à 20 prélèvements par million d'habitants
chaque année devrait être atteint dès
la fin 2002, espère le directeur de l'Etablissement
français des greffes (EFG).
"Les
progrès réalisés en France en matière
de prélèvement vont permettre d'atteindre
l'objectif fixé pour 2003 dès la fin 2002,
c'est-à-dire de passer de 15 à 20 prélèvements
par million d'habitants par an", indique lundi
le Pr Didier Houssin, à l'occasion de la journée
annuelle d'information et d'échanges organisée
par l'EFG à Lyon en fin de semaine dernière.
Cette journée a permis de faire le bilan des
actions de communication menées sur le prélèvement
et la greffe, sur l'évolution de l'activité
de prélèvement et également de
réfléchir avec les participants -200 à
250 médecins et infirmiers coordinateurs, spécialistes
de sciences humaines- sur la construction de l'opinion
et sur les futures actions à mener.
"L'an dernier, le nombre de prélèvements
atteignait 1.066. D'après un dernier état
des lieux, nous en sommes à 1.064 pour 2002 et
il reste encore plus d'un mois, ce qui devrait nous
permettre d'arriver à 1.200, soit un taux de
20 par million d'habitants", précise-t-il.
"Nous avons encore des progrès à
faire, mais cette avancée valide l'efficacité
des stratégies adoptées", commente-t-il.
"Comme en Espagne, ce résultat est obtenu
grâce aux efforts faits dans les hôpitaux,
à la professionnalisation du métier de
coordinateur, au renforcement des moyens et aux actions
de formation/information", souligne le directeur
de l'EFG.
Le renforcement des ressources humaines prévu
par le plan greffe devrait être achevé
fin 2003, avec un total de quelque 130 postes supplémentaires
pour la coordination du prélèvement (infirmiers
ou médecins).
Les progrès français ont pu être
constatés au cours du congrès de l'association
des coordinateurs européens ETCO (European Transplant
Coordinators Organisation) qui s'est tenu vendredi également
à Lyon.
Différentes communications de la part d'équipes
françaises "ont traduit la mobilisation
des hospitaliers", rapporte le Pr Houssin.
Des travaux épidémiologiques ont été
présentés, une étude sur les facteurs
associés au refus du don dans l'Ouest de la France,
de même qu'une communication sur l'amélioration
de la qualité du prélèvement à
Chalons-sur-Saône grâce à l'implantation
du programme Donor Action dans ce centre hospitalier
général, ou encore le réseau de
Languedoc-Roussillon REPRELAR (cf dépêche
APM du 6 novembre).
"Il existe une dynamique dont on voit les effets",
se félicite le directeur de l'EFG.
"Les Espagnols restent les plus efficaces avec
un taux qui dépasse 30 prélèvements
par million d'habitants. Mais les progrès réalisés
par la France sont très encourageants pour les
pays voisins -comme l'Allemagne qui en est encore à
13 ou 14 ppm- car ils montrent que l'on peut obtenir
une progression importante grâce à une
méthode analogue à celle de l'Espagne".
D'autres
présentations ont prouvé l'intérêt
d'une bonne coopération hospitalière,
notamment en Belgique. Comparant différents systèmes
européens, Frank Van Gelder de l'hôpital
universitaire de Louvain a expliqué que la réussite
reposait sur une association de facteurs favorables
dont la législation, le nombre de lits en unité
de soins intensifs ou le système d'identification
des donneurs.
Une coordination nationale centrée sur le donneur
n'est pas la seule solution pour augmenter le nombre
de donneurs d'organes, mais il apparaît plutôt
que la pierre angulaire d'un système optimal
repose sur un dépistage approfondi et une structure
d'organisation bien implantée dans les régions
et localement dans les différents hôpitaux,
a-t-il ajouté, prenant l'exemple de son pays.
Une
équipe polonaise a insisté sur l'importance
d'un travail suivi sur plusieurs années en matière
de formation, de relations entre professionnels impliqués
et de financement.
Les Italiens, de leur côté, ont pu passer
de 6 à 17 prélèvements par million
d'habitants au cours des dernières années,
certaines régions se situant entre 20 et 35 ppm,
grâce à une meilleure organisation et à
une approche plus collective qui "crée une
famille de la greffe". A l'inverse de la France
où la séparation prélèvement/greffe
a été privilégiée, les Italiens
tirent bénéfice de la dynamique de l'activité
de greffe pour motiver les équipes au prélèvement,
rapporte Didier Houssin.
UNE
REFLEXION SUR LES PERSONNES A COEUR ARRETE
Pour la France et les autres pays européens,
l'Espagne reste toujours le modèle et son expérience
montre la voie à suivre, notamment sur les donneurs
à coeur arrêté.
Francisco del Rio Gallegos de l'hôpital San Carlos
de Madrid a présenté les résultats
13 ans après la mise en place d'un protocole
spécifique pour le prélèvement
sur les donneurs à coeur arrêté.
Sur 328 donneurs potentiels à coeur arrêté
morts chez eux ou dans la rue d'un arrêt cardiaque
soudain, 263 reins ont été prélevés,
28 foies, 6 poumons et des tissus (os, cornées,
tissus tendineux, îlots de Langerhans, vaisseaux,
nerfs, valves cardiaques).
Les reins obtenus sont de bons reins par rapport à
ceux obtenus à coeur battant. En revanche, les
foies, malgré une optimisation des critères
de sélection, ne sont pas encore bons. Le programme
spécifique des poumons vient d'être mis
en place.
"Nous devons aussi y réfléchir en
France", estime le directeur de l'EFG. "Face
à des patients en arrêt cardiaque, il faut
bien sûr tout faire pour les sauver, mais aussi
pouvoir s'orienter vers le prélèvement
en cas d'échec. Cela demande une étude
juridique, éthique et de revoir différents
aspects techniques d'organisation. C'est l'un des projets
à développer", ajoute-t-il.
Par
ailleurs, des Allemands ont tenté d'améliorer
le soutien aux familles de donneurs d'organes grâce
à une prise en charge systématique. En
France, cela se fait davantage à la demande,
selon une évaluation des besoins faite par les
équipes de prélèvement.
Au
cours de cette réunion européenne, il
a aussi été question des conséquences
pratiques de l'âge plus avancé des donneurs,
en particulier des précautions à prendre
pour ne pas compromettre les résultats de la
greffe.
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Les
lycéens " acteurs " du don d'organes
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