Revue de Presse 2002

 
 
 
 

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Livre d'Or.




dernière mise à jour le 10/02/03
Les archives de la revue de Presse 2002

L'actualité de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche dans le monde en 2002 :

 

Plus les malades attendent longtemps en dialyse avant une greffe de rein, moins leur pronostic est favorable

30 décembre 2002, Washington Times
Traduction partielle de l'article de Joyce Howard Price

Plus les malades attendent longtemps en dialyse avant une greffe de rein, moins leur pronostic est favorable : tel est le résultat d'une étude conduite par une équipe de chercheurs de l'Université de Floride, qui vient d'être publiée dans le "Medical Journal of Transplantation".

"Une fois de plus, la valeur thérapeutique de la transplantation rénale par rapport à la dialyse est réaffirmée, et montre l'importance d'une inscription rapide sur liste d'attente de greffe", déclare le Dr Bruce Kaplan, directeur médical du programme de transplantation rénale et pancréatique du Shands Medical Center et co-auteur de cette publication.
"La dialyse vous maintient en vie, mais vous ne pouvez en aucun cas espérer les mêmes bénéfices qu'avec une greffe" affirme t-il. Son étude prouve également que les patients dialysés pendant deux années avant d'être greffés ont trois fois plus de chances de perdre leur greffon que ceux qui n'attendent que six mois. Le Dr Kaplan fait l'hypothèse que plus les malades restent longtemps en dialyse, plus leur état général se détériore, ce qui permettrait au moins partiellement d'expliquer ces résultats. Le taux de mortalité durant la première année de dialyse aux USA est en effet de 22%, et il atteint 60% au bout de cinq ans.

Un autre point abordé par cette étude concerne les greffes à partir de donneurs vivants : elle montre en effet que les malades qui en bénéficient au bout de deux années de dialyse ou plus vont plutôt moins bien que ceux qui reçoivent des reins de cadavres rapidement… L'intérêt de la greffe à partir de donneur vivant pour le patient ne serait donc vérifié que s'il en bénéficie après une courte durée de dialyse.

Le Docteur Kaplan tient toutefois à préciser que même si ces résultats peuvent paraître décourageants pour les malades en attente de greffe depuis de nombreuses années, il ne doivent pas occulter le fait que la transplantation leur apportera de toute façon d'indiscutables bénéfices par rapport à la dialyse. Les statistiques montrent par exemple que les patients qui demeurent en dialyse pendant trois ans avant d'être greffés ont une espérance de vie supérieure de dix années à celle à laquelle ils auraient pu prétendre s'ils n'avaient pas été transplantés.

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La secte des raéliens revendique le premier bébé cloné

27 décembre 2002, AFP

La scientifique française et membre de la secte des raéliens Brigitte Boisselier affirme avoir mis au monde jeudi un bébé obtenu par la technique du clonage.

Le bébé, une petite fille, est venue au monde "aujourd'hui" (jeudi) "par césarienne". "Ca s'est très bien passé", s'est bornée à affirmer Mme Boisselier, présidente de la société de clonage humain Clonaid, jointe par téléphone. Il n'est pas possible, en l'absence d'une publication scientifique dans les règles de l'art, d'obtenir pour l'instant une quelconque confirmation d'experts indépendants que le bébé est bien un clone.

Interrogée sur les circonstances de cette naissance, la scientifique française a refusé de fournir immédiatement davantage de précisions, en particulier la technique de clonage mise en oeuvre et le lieu de naissance, ajoutant qu'elle ferait une présentation publique vendredi en Floride. Elle n'a pas précisé non plus si elle présenterait le bébé à cette occasion.

Si cette naissance d'un clone humain était confirmée de source scientifique indépendante, il s'agirait du premier bébé obtenu par la technique controversée du clonage humain et dont la naissance aura été rendue publique.

Surtout elle marquerait l'entrée de l'humanité dans l'ère de la reproduction asexuée car, pour la première fois, un enfant ne serait plus le fruit d'un mélange génétique d'un père et d'une mère mais la reproduction à l'identique de l'un des deux parents.

Le 27 novembre, Mme Boisselier avait indiqué que cette naissance était attendue par un couple d'Américains. L'enfant né jeudi serait donc une copie génétique de sa mère, à des années d'intervalle.

De nombreux scientifiques ont mis en garde contre l'application à l'homme du clonage, une technique qui connaît encore des taux d'échec très importants chez l'animal et des séquelles parfois rédhibitoires chez les nouveaux-nés: malformations congénitales, difformités physiques, déficiences du système immunitaire, vieillissement prématuré, etc.

Agée de 46 ans, Brigitte Boisselier, chimiste de formation, s'est engagée en 1997 dans le projet controversé du clonage humain en prenant les rênes de Clonaid, dont les bureaux se trouvent à Las Vegas (Nevada).

Fin novembre, le professeur et gynécologue italien Severino Antinori avait annoncé la naissance d'un bébé créé par clonage pour janvier. Un autre scientifique, l'andrologue américain Panos Zavos, a annoncé publiquement être aussi dans la course pour produire le premier bébé cloné.

A la controverse scientifique sur le clonage humain reproductif qui suscite une large réprobation dans la communauté scientifique, politique et religieuse, risque de s'ajouter une dimension "théologique", Mme Boisselier se décrivant en effet aussi comme une "évêque raélienne".

De nature ufologique et areligieux, le mouvement des raéliens, qui réfute l'appellation de "secte", a été fondé en 1973 par un ancien journaliste français, Claude Vorilhon, installé au Québec et qui se fait appeler "Raël".

Se présentant comme un prophète dans la lignée de Moïse ou Mahomet, il prône une interprétation scientiste de la Bible. Il affirme ainsi que la vie humaine sur Terre a été établie par des extra-terrestres (les "Elohim" de la Genèse) arrivés en soucoupes volantes il y a 25.000 ans et que les humains ont été créés par clonage. Le clonage humain est donc à la base de la "croyance" raélienne.

Selon "Raël", le clonage permettra à l'humanité d'atteindre un jour la vie éternelle, en permettant de renouveler régulièrement son enveloppe corporelle.

Les raéliens, qui revendiquent 55.000 adeptes dans le monde, se disent aussi partisans de la "géniocratie", le pouvoir des plus intelligents.

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L’Académie de Médecine remet ses prix ! Le domaine des greffes à l'honneur...

27 décembre 2002, Yahoo! Santé

L’Académie nationale de Médecine vient de distribuer 30 prix, pour une valeur de 390 000 euros. Dans une volonté de rajeunissement, les sages ont voulu récompenser des chercheurs de moins de… 50 ans.

Les prix de l’Académie sont décernés chaque année à la même époque. Leur financement est assuré par les revenus de legs dont l’Académie est bénéficiaire, les distinctions respectant la volonté des donateurs d’aider plus particulièrement tel ou tel domaine de la recherche médicale.

Par le nombre et la valeur des prix attribués, la tendance se situe cette année dans le domaine des greffes.

[extrait de la liste des lauréats :
Prix DRIEU-CHOLET attribué à Seiamak BAHRAM pour ses travaux sur les nouveaux gènes d'histo-compatibilité chez l'homme - De la découverte à l'application clinique.

Prix Emile DELANNOY-ROBBE attribué à Benoît BARROU pour ses travaux sur la chirurgie expérimentale en transplantation - immunologie de transplantation.]

Mais les acteurs de santé sur le terrain ne sont pas oubliés non plus. Les médailles d’honneur cette année, sont ainsi revenues à l’association les Alcooliques Anonymes et à deux surveillantes générales d’établissements hospitaliers. Et pour contribuer plus encore à l’éclosion de jeunes talents, depuis 1998 l’Académie attribue des bourses de recherche à des étudiants de troisième cycle en médecine, pharmacie ou en sciences vétérinaires.

Voir le site de l'Académie de médecine

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Eliane Ringot : La passeuse

26 décembre 2002, l'Express

Longtemps infirmière, elle est aujourd'hui coordinatrice des prélèvements au CHR. Elle sait, avec humanité, faire accepter le don d'organes aux familles en deuil

La poitrine du petit garçon se soulève à chaque respiration. Sa main est encore chaude. Sa mère ne peut quitter des yeux le monitoring de la salle de réanimation, qui dessine les battements d'un cœur luttant désespérément contre la mort. Seule la petite femme en blouse blanche qui lui adresse alors la parole parvient à faire oublier le bip strident de l'électrocardiogramme. «Elle était très douce, jamais une syllabe plus haute que l'autre. J'avais l'impression qu'elle souffrait autant que moi.» Pascale Blanchard a rencontré Eliane Ringot le 26 avril 2002. Quelques heures après avoir vu son fils de 5 ans se faire mortellement percuter par une voiture. «Elle nous a déclaré, à mon mari et à moi, que Kylian présentait toutes les caractéristiques pour le don d'organes. Il fallait faire vite, car cela devenait trop dur de le maintenir en vie. Mais elle nous a laissé le temps. Dans ces moments-là, on voudrait qu'il reste tout entier à vous. Elle m'a dit que l'opération serait aussi soignée que si l'enfant devait se réveiller. Elle a ajouté que ses organes iraient en priorité à d'autres enfants qui, sans cela, risquaient de mourir.»

«Aller au début de la chaîne»
Eliane Ringot est infirmière au centre hospitalier régional de Lille. Coordinatrice des prélèvements, c'est elle qui accueille les familles des défunts et qui tente d'obtenir leur aval pour le don d'organes. En 2002, au CHR de Lille, plus de 50 prélèvements d'organes ont été effectués. Un record en France. Les greffons recueillis ont prolongé ou sauvé la vie de plus de 120 personnes. A l'heure où ses anciennes collègues goûtent une retraite méritée, Eliane Ringot continue d'apporter la vie aux uns via la mort des autres. Au chevet des greffés pendant plus de trente ans, elle a choisi, en 1995, d' «aller au début de la chaîne». Aujourd'hui, elle reste admirative devant ces familles qui lui disent «oui». «Imaginez: votre enfant ou votre conjoint vient de disparaître brutalement. Et moi, je vous parle d'autres personnes qui ont besoin de ses organes.»

A présent, quand des proches encore sous le choc lui lancent: «Vous n'avez pas honte de ce que vous faites?», elle les regarde droit dans les yeux et répond calmement: «Non, je n'ai pas honte.» Puis elle explique pourquoi. «J'ai connu l'attente de ces malades, condamnés à mourir faute de dons d'organes. J'ai vécu avec ces greffés qui fêtent deux anniversaires, celui de leur naissance et celui de leur transplantation.» Sa capacité à émouvoir et à convaincre les plus réticents, Eliane Ringot l'attribue modestement à son expérience: «Peut-être se disent-ils que je n'ai pas 20 ans, que ce que je raconte doit être sérieux.» Les familles sont unanimes. «Elle est d'une humanité sans bornes», confie Pascale Blanchard, qui, sept mois après la disparition de son petit garçon, continue de l'appeler régulièrement: «Quand je ne vais pas bien, je sais que je peux lui parler.» Cette année, le frère d'un défunt lui a demandé la permission de l'embrasser, quand tout fut fini.

«Elle a une aura extraordinaire», témoigne Michel Moreeuw, kinésithérapeute lillois qui, en 1996, a perdu brutalement Manu, son enfant de 19 mois. Il n'a pas oublié «la gentillesse incroyable» de celle qu'il décrit affectueusement comme «une sage-femme à l'autre bout de la vie». «Elle a donné à ce geste une dimension affective que je n'oublierai jamais. Elle nous a assurés qu'elle resterait avec Manu jusqu'à la restitution du corps. Grâce à elle, il est resté quelqu'un jusqu'à la fin.»

Le soir, seule dans sa maison de Carvin, Eliane Ringot téléphone souvent à sa sœur ou à ses nièces: «J'ai beau m'être blindée, je ne peux pas toujours tout garder pour moi…» Parfois, son entourage lui dit qu'à force de s'occuper des autres elle ne prend plus assez soin d'elle. «Depuis cinq ans, je me jure que c'est la dernière année, mais il y a un tel manque de coordinatrices…» Et puis, que faire ensuite? «J'ai toujours voulu être infirmière.» La première qu'elle a rencontrée avait les traits d'une religieuse qui venait lui administrer des piqûres lors d'une maladie survenue à l'âge de 7 ans. Dix ans après cet épisode, la jeune fille passionnée de lecture n'attend pas d'avoir son bac pour passer avec succès les examens de l'école de la Croix-Rouge, à Lens. Elle est trop jeune? On l'accepte tout de même. Un an plus tard, elle pratique sa première intraveineuse sur son père, victime d'un ulcère: «Je lui ai fait croire que j'en avais l'habitude. Ce n'était pas vrai, mais j'ai réussi. Il était très fier de moi.»

Après son embauche, en 1965, au CHR de Lille, Eliane Ringot pénètre pour la première fois dans un bloc opératoire: «J'ai eu une révélation.» Le mari et les enfants attendront… «Je veux faire les choses à fond et comme il le faut. C'était soit l'un, soit l'autre…» Infirmière stricte et rigoureuse - «dans le service, j'ai une réputation de dragon» - elle est nommée surveillante en chef, avant de devenir coordinatrice des prélèvements, un poste créé en 1995 dans l'espoir d'augmenter les dons d'organes.

Depuis sept ans, Eliane Ringot conserve dans un dossier les cartes des familles qui la remercient pour sa «gentillesse», sa «chaleur», sa «générosité» … Sur l'une d'elles, on peut lire : «Nous souhaitons vivement que les trois petits enfants greffés soient en bonne santé et que leur avenir soit fait de joie, de bonheur et, surtout, de bonne santé.» A l'heure actuelle, en France, plus de 6 000 personnes sont en attente de greffes d'organes.

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Jacques Petit : Le don du don

26 décembre 2002, l'Express

Ce chirurgien n'est pas seulement l'un des meilleurs spécialistes de la transplantation rénale. Il sait aussi, mieux que personne, parler du don d'organe, de la vie et de la mort

Jacques Petit assiste au réveil de ses patients après chaque opération. Et leur pose invariablement la même question: «Etes-vous content?» Un sourire du malade, un acquiescement, un revers de la main qui balaie la souffrance endurée: «J'ai passé l'âge, mais ça me touche à chaque fois…» avoue le chirurgien.

Chef du service d'urologie à l'hôpital d'Amiens, professeur à la faculté de médecine, Jacques Petit, 56 ans, pratique la transplantation rénale depuis vingt-quatre ans, «surspécialisation» acquise en 1978 à la Pitié-Salpêtrière, auprès du Pr Küss, l'un des pionniers de la technique. Après une première opération réussie, le 5 avril 1989, au sein du service qu'il a créé au CHU d'Amiens, il assure, seul, pendant cinq ans, toutes les interventions et toutes les gardes. «C'est une chirurgie lourde et une activité difficile, souvent nocturne», explique-t-il. Une activité gratifiante aussi. Cet homme réservé, à l'élocution lente et posée, est encore ému par nombre de souvenirs: son premier patient (opéré à Paris, mais amiénois), toujours en vie après vingt-quatre ans de greffe; son premier «transplanté» au CHU d'Amiens, voilà treize ans, qui n'a connu depuis aucune complication chirurgicale; des lettres de remerciements qu'il conserve, souvent adressées par les familles de donneurs décédés.

«J'essaie de faire comprendre aux gens que savoir recevoir, c'est aussi savoir donner»

Le service du Pr Petit vient de pratiquer sa 500e greffe. L'équipe réalise aujourd'hui une cinquantaine de transplantations par an, atteignant en 2000 la 11e place du classement régional de l'Etablissement français des greffes. La pénurie d'organes reste cependant préoccupante. 2 000 individus souffrant d'une insuffisance rénale sont opérés chaque année en France, mais 5 000 demeurent en attente. Les prélèvements sont à 95% effectués sur des personnes en situation de mort cérébrale, ce qui représente à peine 0,5% des décès. En l'absence de refus clairement exprimé, le défunt est réputé consentant au don de ses organes. Mais, la plupart du temps, ce sont les familles qui s'opposent à l'intervention, et les praticiens préfèrent renoncer.

Selon Jacques Petit, il faut commencer par «mobiliser les vivants». Se définissant lui-même comme «un technicien, un manuel», sa retenue laisse place à un enthousiasme passionné dès qu'il s'agit de communiquer. «Prêchant la bonne parole partout où on le demande», il multiplie les conférences pour expliquer ce qu'est le don d'organes, et surtout parler de la mort. «J'essaie de faire comprendre aux gens que savoir recevoir, c'est aussi savoir donner, martèle-t-il. Leur dire qu'ils peuvent devenir des “donneurs”, mais aussi des “receveurs” potentiels. La mort, ça ne concerne pas toujours les autres.» La technicité des prélèvements pose également souvent problème. Les petites structures hospitalières n'ont pas toujours les moyens d'assurer les interventions ou les transferts. Depuis un an, Jacques Petit travaille donc à la mise au point, pour 2003, d'une équipe médicale mobile qui irait prélever les reins sur place.

La pénurie d'organes, mais aussi les bons résultats obtenus en matière de transplantation, seront au centre d'une manifestation organisée à l'hôpital d'Amiens par le professeur le 5 avril 2003, date anniversaire de la première opération. Elle réunira les 500 patients greffés par le service d'urologie, ainsi que toutes les équipes hospitalières qui les ont côtoyés. Un arbre sera planté pour l'occasion en souvenir des donneurs. Une pensée pour eux, c'est aussi ce que Jacques Petit demande toujours aux malades qu'il opère.

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Des cellules souches utilisées pour générer des reins de type humain fonctionnels chez la souris

24 décembre 2002, Reuters

Ces résultats laissent espérer que l'on parviendra un jour à réitérer cette expérience chez l'homme, ce qui sauverait potentiellement la vie des milliers de personnes atteintes d'insuffisance rénale et en attente de greffe.

Les cellules souches utilisées avaient un âge gestationnel de sept à huit semaines et provenaient de fœtus avortés. Elles étaient similaires à des cellules souches embryonnaires, qui sont extraites d'embryons surnuméraires créés in vitro.

Les cellules fœtales sont actuellement plu faciles à obtenir que les cellules embryonnaires, qui font l'objet d'une controverse puisque leur prélèvement conduit à la destruction de l'embryon.
Les chercheurs sont également parvenus à faire se développer des reins de type porcin chez des souris, à partir de cellules souches embryonnaires porcines.
Les organes obtenus semblent être tolérés par un système immunitaire de type humain recréé chez la souris.
Cela semble indiquer la possibilité de faire se développer chez l'homme des organes créés à partir de cellules souches embryonnaires porcines.

Le chef de ce projet de recherche, le Dr Yair Reisner du Weizmann Institute of Science de Rehovot, en Israël, a publié ces résultats très encourageant dans le dernier numéro de Nature Medecine.
Ces expériences ont été réalisées chez des souris sous immunosuppression. Les reins obtenus étaient de petite taille, mais fonctionnels, et produisaient de l'urine. De plus, les chercheurs ont noté qu'ils étaient vascularisés par les propres vaisseaux de la souris, et non par des vaisseaux générés en même temps que l'organe lui même. Ce dernier élément semble indiquer une tolérance de l'organe par le système immunitaire de la souris, et des risques de rejets réduits.

Ces travaux, bien que très encourageants, demeurent expérimentaux, et une application clinique à l'homme ne pourra s'envisager que d'ici plusieurs années.

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RODEZ - Le service dialyse en mauvaise santé

20 décembre 2002, La Dépêche du Midi

Gaston Eche, un Cransacois âgé de 79 ans, n'apprécie pas beaucoup les mesures toutes récentes prises par l'hôpital Combarel au sujet du service de néphrologie (maladies liées au rein). « Ils ont réduit les heures d'ouverture de la dialyse et ça pose déjà des difficultés à pas mal de gens. Je pense notamment à ce jeune homme qui venait de trouver du travail mais qui doit abandonner son emploi car il ne peut plus se faire soigner le soir », peste ce grand-père lui-même dialysé.

Et cette colère qui monte risque de prendre rapidement de l'ampleur car rien n'indique que les dysfonctionnements actuels s'estompent rapidement. Pour le centre hospitalier, la difficulté trouve sa source dans une malheureuse conjonction de problèmes de... santé! Sur les trois praticiens attitrés, l'un est exclu depuis longtemps déjà des tours de garde pour raison médicale et le second néphrologue vient d'envoyer un arrêt maladie. « La semaine dernière, dans la précipitation, nous avons dû prendre une décision car il faut savoir qu'une dialyse ne peut pas se faire sans la présence du médecin. Or, le seul restant n'a pas la possibilité d'être auprès des patients constamment », confirme, ce mercredi, Vincent Thomas, directeur adjoint en charge des finances.

SUR ALBI, TOULOUSE OU AURILLAC...
Face à cette pénurie, Combarel a réduit l'ouverture de son service de dialyse qui ferme désormais à 18 heures et dont le fonctionnement est systématiquement interrompu le week-end et les jours fériés. En guise de compensation, des séances supplémentaires ont été rajoutées les après-midi mais il ne s'agit là que d'un pis-aller n'offrant aucune réelle solution pour les urgences et les malades ayant une vie active. « Dans certains cas, nous aiguillons les patients sur les hôpitaux de la région, du côté d'Albi, Toulouse ou Aurillac... », admet le directeur adjoint conscient de la gêne occasionnée par cette réduction de service.

Le responsable ne semble d'ailleurs pas très optimiste quant à l'évolution à court terme dans la mesure où le remplacement au pied levé d'un tel spécialiste relève presque de la gageure. « Trouver sur cette discipline quelqu'un qui accepte un emploi temporaire n'est franchement pas simple », confie Vincent Thomas qui fonde davantage d'espoir dans la demande de création d'un quatrième poste de néphrologue. Mais là, la difficulté provient à la fois de la procédure budgétaire obligatoire et de la démographie médicale guère encourageante. « Le principe d'ouvrir ce poste supplémentaire a été voté à l'unanimité en juin par le conseil d'administration et depuis, le dossier a été transmis à l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH) », détaille l'adjoint de Vincent Rouvet, directeur de l'établissement. C'est donc dorénavant à l'ARH de débloquer une situation qui, selon certaines confidences, trouverait en fait sa source bien en amont du congé maladie d'un des trois titulaires. Depuis trop longtemps déjà, deux des trois praticiens ne seraient plus en mesure d'assurer toute la plénitude de leurs fonctions, information qui, dit-on pudiquement, a été transmise à l'autorité de tutelle. Las! pour l'heure, les dialysés subissent directement les conséquences calamiteuses d'une carence qui les dépasse.

Marc Dejean.

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Les nouvelles ambitions de la transplantation d'organe

17 décembre 2002, Le Quotidien du Médecin

La transplantation d'organe est devenue courante, voire banale, et on dénombre désormais quelque 50 000 greffes chaque année à travers le monde. Depuis la première transplantation cardiaque, tentée en 1967 par Christian Barnard, en Afrique du Sud, les progrès réalisés ont été considérables, grâce notamment à la mise au point de traitements immunosuppresseurs de plus en plus fiables.

Tant et si bien que la greffe de rein est désormais considérée comme la meilleure option pour les patients atteints d'une insuffisance rénale grave. Le taux de survie est plus élevé après transplantation que sous dialyse et, au final, le traitement se révèle moins onéreux. Ce qui explique en partie que la transplantation de rein et de rein-pancréas compte aujourd'hui pour 50 à 60 % de l'ensemble des greffes.
Le taux de survie des patients ayant bénéficié d'une greffe de rein a doublé depuis 1988 et atteint désormais dix à douze ans, en moyenne*. Certains records permettent de fonder de réelles espérances pour l'avenir, par exemple ce malade encore vaillant quarante ans après une greffe de rein, cet autre, toujours en vie vingt-trois ans après une greffe cardiaque. Les ambitions de la transplantation ne se limitent donc plus à l'opération chirurgicale elle-même ou à empêcher le rejet du greffon. Promouvoir et optimiser le don d'organe reste LA grande priorité. Mais pas seulement.
Le manque d'organes est cependant le problème crucial. Le taux de 15 à 30 dons d'organe par million d'habitants dans les pays occidentaux demeure très insuffisant. Les listes d'attente ne cessent de s'allonger et comptent leurs morts... En Grande-Bretagne, seulement un tiers des patients inscrits sur liste d'attente au 31 décembre 1996 avaient bénéficié d'une greffe en 1999. Aux Etats-Unis, où quelque 21 665 transplantations sont effectuées chaque année, 75 000 patients attendent un don d'organe. En fait, le fossé ne cesse de s'accroître entre l'offre et la demande. Il est donc essentiel de promouvoir le don d'organe et d'optimiser la durée de vie des organes greffés.

Limiter les effets secondaires
Les Laboratoires Roche participent activement à ce double combat pour la vie. Distributeurs de CellCept, une nouvelle génération d'immunosuppresseur (mycophénolate mofétil - MMF -, inhibiteur de la prolifération des lymphocytes), Roche soutient la recherche à travers sa fondation (fondation Roche pour la recherche en transplantation d'organes, ROTRF) et finance un programme extensif d'études cliniques visant à une meilleure efficacité et à une moindre toxicité des traitements immunosuppresseurs au long cours. Car la trithérapie immunosuppressive que l'on utilise actuellement (stéroïdes + inhibiteur de la calcineurine (CNI) + antiprolifératif) peut produire des effets secondaires qui menacent le greffon.
Avec CellCept, Roche participe à la plus vaste étude jamais engagée sur la greffe de rein : ELITE (Efficacy Limiting Toxicity Elimination) - Symphony Study*. L'objectif de cette étude, qui s'appuie sur une cohorte de 1 300 patients, est de démontrer que la combinaison d'immunosuppresseurs à faible toxicité (MMF, daclizumab, corticostéroïdes) permet de réduire le dosage des molécules les plus néfastes (ciclosporine, tacrolimus, sirolimus) tout en maintenant l'efficacité du traitement. Les résultats de cette étude, qui commence à peine, devraient ouvrir la voie à des traitements immunosuppresseurs aux effets secondaires limités et ajustables au cas par cas.
Une piste sérieuse qui devrait permettre d'accroître encore l'espérance de vie des receveurs d'organes.

*Ndlr : Il y a manifestement une confusion entre l'espérance de vie du receveur et la demie vie du greffon...

Hélène Grillon

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Jean-François Mattéi, ministre de la santé, dévoile les positions du gouvernement sur le projet de loi relatif à la bioéthique

12 décembre 2002, communiqué de presse du Sénat

Jeudi 12 décembre 2002, la commission des Affaires sociales du Sénat a auditionné M. Jean-François Mattei, ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées, sur le projet de loi relatif à la bioéthique. Ce texte, dont le rapporteur est M. Francis Giraud (UMP – Bouches-du-Rhône), a été déposé par le précédent gouvernement et adopté par l’Assemblée nationale en janvier 2002 ; il sera examiné par le Sénat en séance publique à la fin du mois de janvier 2003.

Evoquant la recherche sur l’embryon, M. Jean-François Mattei a souligné qu’il n’était pas question de revenir sur le principe fondamental fixé par l’article 16 du code civil qui « garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ». Il a considéré que l’embryon pouvait être un objet d’étude si l’on respectait son intégrité et si les recherches étaient menées dans l’intérêt de l’embryon.

Après avoir formulé le souhait que la France se distingue par un engagement massif dans la recherche sur les cellules souches adultes, M. Jean-François Mattei a expliqué que les perspectives thérapeutiques des cellules souches embryonnaires apparaissaient encore lointaines. Il a jugé indispensable de mener de front, pendant quelques années au moins, des recherches sur les cellules embryonnaires et sur des cellules souches adultes, afin de comparer leur potentialité et leur innocuité pour l’homme. Souhaitant ouvrir une « fenêtre pour la recherche » strictement délimitée, il a fait observer que la médecine avait toujours progressé par transgressions successives, qu’il s’agisse par exemple de l’autopsie, de la transfusion ou de la transplantation d’organes.

Le ministre a souligné que la possibilité de mener des recherches sur l’embryon et les cellules embryonnaires aurait « un caractère dérogatoire et transitoire » et que ses conditions de mise en œuvre seraient très précisément circonscrites. Les recherches ne pourront être menées que sur des embryons in vitro conçus dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation et pour lesquels il n’existe plus de projet parental. Le bien-fondé de cette recherche sera réexaminé au bout de cinq ans.

M. Jean-François Mattei a estimé que la création d’embryons humains à des fins de recherche devait demeurer fermement exclue et sévèrement sanctionnée ; il a jugé par conséquent que la possibilité, introduite par l’Assemblée nationale par voie d’amendement au projet de loi, que des embryons soient créés pour l’évaluation de nouvelles techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) était inacceptable.

Il a également rejeté toute possibilité de clonage thérapeutique, qu’il a qualifié de « porte ouverte au clonage reproductif ». Afin d’empêcher toute tentation de clonage à visée reproductive, M. Jean-François Mattei a souhaité la création, dans le code pénal, d’une nouvelle incrimination, baptisée « crime contre la dignité de la personne humaine », qui viserait tant le clonage à but reproductif que les pratiques eugéniques tendant à l’organisation de la sélection des personnes. Cette incrimination ne pourrait être prescrite que trente ans après la majorité de l’enfant cloné et aurait une portée extraterritoriale.

Evoquant la question du don d’organes et le grave problème posé par le déficit en greffons, M. Jean-François Mattei a estimé que le texte adopté en janvier dernier par l’Assemblée nationale choisissait de répondre par la facilité en élargissant sans précaution le champ des donneurs vivants aux personnes ayant « un lien étroit et stable » avec le receveur. Il a jugé qu’eu égard aux risques inhérents à ces prélèvements, il convenait au contraire de rendre pleinement effectif le régime actuel de consentement présumé des personnes décédées, notamment par une politique d’information plus active. Il a souhaité que la liste des donneurs vivants d’organes ne soit élargie qu’à des personnes limitativement énumérées, afin de prévenir toute dérive commerciale et toute forme de pression sur les donneurs potentiels.

S’agissant de l’Agence de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaines (APEGH), M. Jean-François Mattei a proposé de constituer aussi rapidement que possible, mais si nécessaire en deux étapes, une Agence de la biomédecine et des produits de santé comportant cinq départements dédiés respectivement aux médicaments, aux dispositifs médicaux, au sang, aux organes et aux tissus, à l’assistance médicale à la procréation, à la médecine embryonnaire et fœtale et à la génétique humaine. Il a précisé qu’une étape intermédiaire à la constitution de cette grande agence pourrait consister à regrouper les activités de l’APEGH et de l’Etablissement français des greffes (EFG) en une Agence de la biomédecine, la proximité des questions scientifiques et la parenté des questions éthiques traitées par l’une et l’autre lui paraissant légitimer ce rapprochement.

Evoquant la brevetabilité d’éléments du corps humain, M. Mattei a souligné que la rédaction adoptée par l’Assemblée nationale à l’article 12 bis (« Un élément isolé du corps humain ou autrement produit par un procédé technique, y compris la séquence ou la séquence partielle d’un gène, ne peut constituer une invention brevetable »), si elle correspondait parfaitement à ses convictions, ne pourrait toutefois trouver à s’appliquer dès lors qu’elle était directement contraire aux dispositions de l’article 5 de la directive européenne 98-44/CE. Il a estimé qu’il fallait, pour sortir de cette impasse, trouver une formulation juridique empêchant qu’un brevet puisse interdire aux chercheurs de mener des recherches concernant des applications nouvelles sur des molécules, gènes ou autres éléments du corps humain qui seraient déjà couverts par un brevet.

La commission des Affaires sociales du Sénat examinera le mercredi 15 janvier 2003 le rapport de M. Francis Giraud sur ce projet de loi.

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L'EFG espère atteindre l'objectif du plan greffe dès la fin 2002

L'objectif fixé dans le plan greffe 2001/2003 d'arriver à 20 prélèvements par million d'habitants chaque année devrait être atteint dès la fin 2002, espère le directeur de l'Etablissement français des greffes (EFG).

"Les progrès réalisés en France en matière de prélèvement vont permettre d'atteindre l'objectif fixé pour 2003 dès la fin 2002, c'est-à-dire de passer de 15 à 20 prélèvements par million d'habitants par an", indique lundi le Pr Didier Houssin, à l'occasion de la journée annuelle d'information et d'échanges organisée par l'EFG à Lyon en fin de semaine dernière.
Cette journée a permis de faire le bilan des actions de communication menées sur le prélèvement et la greffe, sur l'évolution de l'activité de prélèvement et également de réfléchir avec les participants -200 à 250 médecins et infirmiers coordinateurs, spécialistes de sciences humaines- sur la construction de l'opinion et sur les futures actions à mener.
"L'an dernier, le nombre de prélèvements atteignait 1.066. D'après un dernier état des lieux, nous en sommes à 1.064 pour 2002 et il reste encore plus d'un mois, ce qui devrait nous permettre d'arriver à 1.200, soit un taux de 20 par million d'habitants", précise-t-il.
"Nous avons encore des progrès à faire, mais cette avancée valide l'efficacité des stratégies adoptées", commente-t-il.
"Comme en Espagne, ce résultat est obtenu grâce aux efforts faits dans les hôpitaux, à la professionnalisation du métier de coordinateur, au renforcement des moyens et aux actions de formation/information", souligne le directeur de l'EFG.
Le renforcement des ressources humaines prévu par le plan greffe devrait être achevé fin 2003, avec un total de quelque 130 postes supplémentaires pour la coordination du prélèvement (infirmiers ou médecins).
Les progrès français ont pu être constatés au cours du congrès de l'association des coordinateurs européens ETCO (European Transplant Coordinators Organisation) qui s'est tenu vendredi également à Lyon.
Différentes communications de la part d'équipes françaises "ont traduit la mobilisation des hospitaliers", rapporte le Pr Houssin.
Des travaux épidémiologiques ont été présentés, une étude sur les facteurs associés au refus du don dans l'Ouest de la France, de même qu'une communication sur l'amélioration de la qualité du prélèvement à Chalons-sur-Saône grâce à l'implantation du programme Donor Action dans ce centre hospitalier général, ou encore le réseau de Languedoc-Roussillon REPRELAR (cf dépêche APM du 6 novembre).
"Il existe une dynamique dont on voit les effets", se félicite le directeur de l'EFG.
"Les Espagnols restent les plus efficaces avec un taux qui dépasse 30 prélèvements par million d'habitants. Mais les progrès réalisés par la France sont très encourageants pour les pays voisins -comme l'Allemagne qui en est encore à 13 ou 14 ppm- car ils montrent que l'on peut obtenir une progression importante grâce à une méthode analogue à celle de l'Espagne".

D'autres présentations ont prouvé l'intérêt d'une bonne coopération hospitalière, notamment en Belgique. Comparant différents systèmes européens, Frank Van Gelder de l'hôpital universitaire de Louvain a expliqué que la réussite reposait sur une association de facteurs favorables dont la législation, le nombre de lits en unité de soins intensifs ou le système d'identification des donneurs.
Une coordination nationale centrée sur le donneur n'est pas la seule solution pour augmenter le nombre de donneurs d'organes, mais il apparaît plutôt que la pierre angulaire d'un système optimal repose sur un dépistage approfondi et une structure d'organisation bien implantée dans les régions et localement dans les différents hôpitaux, a-t-il ajouté, prenant l'exemple de son pays.

Une équipe polonaise a insisté sur l'importance d'un travail suivi sur plusieurs années en matière de formation, de relations entre professionnels impliqués et de financement.
Les Italiens, de leur côté, ont pu passer de 6 à 17 prélèvements par million d'habitants au cours des dernières années, certaines régions se situant entre 20 et 35 ppm, grâce à une meilleure organisation et à une approche plus collective qui "crée une famille de la greffe". A l'inverse de la France où la séparation prélèvement/greffe a été privilégiée, les Italiens tirent bénéfice de la dynamique de l'activité de greffe pour motiver les équipes au prélèvement, rapporte Didier Houssin.

UNE REFLEXION SUR LES PERSONNES A COEUR ARRETE
Pour la France et les autres pays européens, l'Espagne reste toujours le modèle et son expérience montre la voie à suivre, notamment sur les donneurs à coeur arrêté.
Francisco del Rio Gallegos de l'hôpital San Carlos de Madrid a présenté les résultats 13 ans après la mise en place d'un protocole spécifique pour le prélèvement sur les donneurs à coeur arrêté. Sur 328 donneurs potentiels à coeur arrêté morts chez eux ou dans la rue d'un arrêt cardiaque soudain, 263 reins ont été prélevés, 28 foies, 6 poumons et des tissus (os, cornées, tissus tendineux, îlots de Langerhans, vaisseaux, nerfs, valves cardiaques).
Les reins obtenus sont de bons reins par rapport à ceux obtenus à coeur battant. En revanche, les foies, malgré une optimisation des critères de sélection, ne sont pas encore bons. Le programme spécifique des poumons vient d'être mis en place.
"Nous devons aussi y réfléchir en France", estime le directeur de l'EFG. "Face à des patients en arrêt cardiaque, il faut bien sûr tout faire pour les sauver, mais aussi pouvoir s'orienter vers le prélèvement en cas d'échec. Cela demande une étude juridique, éthique et de revoir différents aspects techniques d'organisation. C'est l'un des projets à développer", ajoute-t-il.

Par ailleurs, des Allemands ont tenté d'améliorer le soutien aux familles de donneurs d'organes grâce à une prise en charge systématique. En France, cela se fait davantage à la demande, selon une évaluation des besoins faite par les équipes de prélèvement.

Au cours de cette réunion européenne, il a aussi été question des conséquences pratiques de l'âge plus avancé des donneurs, en particulier des précautions à prendre pour ne pas compromettre les résultats de la greffe.

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Les lycéens " acteurs " du don d'organes