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Livre d'Or.
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Les archives de la revue de Presse du premier
trimestre 2003 (janvier, février, mars 2003) |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde de janvier à mars 2003 :
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Insuffisance
rénale chronique : la parole aux patients
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27
mars 2003, Le Quotidien du Médecin
La Fédération nationale d'aide aux
insuffisants rénaux (FNAIR)* fête ses 30
ans. A cette occasion, le congrès organisé
le 30 mars au palais des Congrès de Versailles
retracera les grandes étapes de la prise en charge
de l'insuffisance rénale chronique (IRC) et donnera
largement la parole aux patients. En dépit des
progrès, les problèmes au quotidien sont
nombreux.
«
D'une époque où il était question
de survivre, nous sommes passés à une
époque où il est question de vivre »
: ces propos de Régis Volle résument à
eux seuls la situation du patient insuffisant rénal
chronique terminal, qu'il soit traité par dialyse
ou par transplantation.
Après
trente ans d'existence, la FNAIR (Fédération
nationale d'aide aux insuffisants rénaux) tient
son sixième congrès au palais des Congrès
de Versailles dans le cadre des Journées nationales
de l'insuffisance rénale. Son président,
Régis Volle, dialysé en 1967 et greffé
en 1989, a accompagné l'évolution de la
prise en charge de cette maladie chronique. «
J'ai été dialysé à l'époque
héroïque, chez Traeger à Lyon, et
j'en suis l'un des rares survivants. Je n'en connais
que trois ou quatre de cette époque. Je devrais
être mort, car, comme le raconte le Pr Traeger,
chaque semaine arrivaient dans ce service un ou deux
patients qu'on devait laisser mourir, faute de moyens.
Il fallait sélectionner les malades. »
Les
pionniers
Quarante
ans d'histoire de la médecine et trente ans de
vie associative ont changé le visage de l'IRC.
Le congrès se propose de rappeler les grands
moments de l'histoire de la maladie et de ses traitements
: du mal de Bright (coma urémique), rapidement
mortel ,à la maladie chronique aujourd'hui. Les
témoignages des principaux pionniers viennent
illustrer cette histoire. Celui du Pr Gabriel Richet,
qui a pratiqué les premières dialyses
chez des patientes en insuffisance rénale aiguë
après une infection post abortum. « Quatre
minutes de projection retrouvées dans les archives
de l'hôpital de Necker permettent de voir l'une
de ces séances. Le document est exceptionnel.
De même, dans le hall sera exposé l'appareil
de dialyse : une grosse machine à laver en inox
avec un gros tambour et un bac. On a l'impression d'un
appareil de torture », explique Régis Volle.
C'est au Pr Jules Traeger que revient le mérite
d'avoir ouvert à Lyon, en 1963, le premier centre
de dialyse en Europe : un extrait de l'émission
Cinq colonnes à la Une qui la fera découvrir
au public en 1967 sera également diffusé.
Mais c'est aux Etats-Unis que le Pr B. Scribner soignera
les premiers insuffisants rénaux chroniques parce
qu'il aura résolu le problème de l'accès
vasculaire grâce à l'implantation d'une
canule en silicone à demeure. Il sera présent
grâce à un film américain de l'époque
et à la présence d'un patient dialysé
dans son service en 1963.
Les Pr René Kuss et Christophe Legendre apporteront
leurs témoignages de la transplantation. Le premier
a fait les premières transplantations à
Paris chez le Pr Hamburger, le second est un défenseur
de la transplantation par donneur vivant. « Autant
nous avons été les pionniers dans beaucoup
de domaines, dialyse et transplantation, autant nous
sommes en retard dans le domaine de la transplantation
avec donneur vivant, loin derrière le Canada
ou les Etats-Unis. Ce déficit est regrettable
et nous voudrions attirer l'attention du ministère
là-dessus », souligne Régis Volle.
Pourtant, cela marche bien. Max-Alain Brochet, le plus
vieux transplanté avec donneur vivant en France,
peut en témoigner. Transplanté avec un
rein de son père en 1967, il poursuit aujourd'hui
son métier d'horticulteur et son père
toujours vivant continue à conduire son tracteur.
Beaucoup de témoignages de patients évoqueront
tous ces points. Le congrès sera « à
l'écoute des patients et centré sur eux
».
Le président de la FNAIR rappelle que l'association,
créée par une quinzaine de patients pour
informer, représenter et défendre l'intérêt
des patients, a participé à tous les combats.
« Dès 1974, nous avons demandé à
intégrer la Commission nationale de l'hémodialyse
et de la transplantation du ministère de la Santé
et ainsi participé à l'élaboration
de l'organisation du traitement de l'insuffisance rénale
chronique en France. » En 2001, lors des premières
Journées nationales, l'IRC était reconnue
comme la cinquième maladie majeure. Les deux
décrets adoptés en septembre 2002 marquent
une nouvelle étape pour l'organisation du traitement
par dialyse (« le Quotidien » du 22 novembre
2002). « Il a fallu trente ans pour obtenir la
suppression de la carte sanitaire. Cinq ans pour obtenir
l'indemnisation du temps passé en dialyse à
domicile par le conjoint et par le patient. »
Les combats n'ont pas été vains. «
Il a fallu innover. Dès les années 1970,
les patients se sont engagés, ont demandé
à être informés et formés.
La loi sur les droits de malades, nous l'avions déjà
appliquée. »
Il
reste pourtant beaucoup à faire
En
dépit de ces avancées, il reste pourtant
beaucoup à faire : développer la transplantation
avec donneur vivant, sensibiliser le public au don d'organes
pour éviter qu'il y ait autant de refus. La délivrance
en pharmacie de ville des immunosuppresseurs autre que
la ciclosporine (déjà autorisée)
et de l'érythropoïétine faciliterait
la vie des patients.
Sur le plan social, « nous avons toujours défendu
le fait qu'il fallait que les dialysés ou les
transplantés se prennent en charge, travaillent
et essayent de se réinsérer, ce qui est
souvent le cas. Malgré tout, des problèmes
demeurent ». Dans les entreprises, les dialysés
ont toujours du mal à se faire accepter. Ils
sont considérés comme de « grands
malades ». Lorsqu'un dialysé est transplanté,
il perd son invalidité de 80 % qui ouvre droit
à l'AAH, car il est considéré comme
guéri. « Or ce n'est pas parce que vous
êtes transplanté que vous allez trouver
un travail tout de suite. Ces transplantés se
retrouvent complètement démunis et nous
voudrions sensibiliser le secrétaire d'Etat aux
Handicapés sur ce sujet », ajoute Régis
Volle.
Si, « aujourd'hui, on aime, on travaille, on voyage
avec sa maladie », les difficultés psychologiques,
financières ou socioprofessionnelles demeurent
donc. Elles touchent le patient lui-même, mais
aussi son entourage. Au quotidien, la vie des insuffisants
rénaux reste difficile, soumise à des
contraintes importantes. « Notre objectif est
que, malgré la maladie chronique, par définition
non guérissable, nous puissions uvrer pour
que chaque patient insuffisant rénal tende, le
plus possible, vers une forme de guérison grâce
à la maîtrise de son destin », affirme
Régis Volle. Pour cela, il faut que la liberté
de choix de la structure et de son équipe soignante
soit réellement effective partout. « L'idéal
dans l'avenir serait que les patients pris en charge
dans les centres de dialyse ou les centres de néphrologie
puissent être suivis efficacement par des généralistes
et par des spécialistes formés. Il serait
intéressant que les généralistes,
comme les spécialistes, s'intéressent
plus à la maladie. La constitution de réseaux
améliorerait le suivi. »
Le volet préventif est aussi très important.
L'incidence de l'insuffisance rénale terminale
augmente régulièrement de 5 % par an et
sa prévalence de 8 %, compte tenu de l'allongement
de vie des patients traités. Pourtant, aujourd'hui,
l'évolution vers le stade terminal pourrait être
évitée pour 10 % des patients s'ils étaient
dépistés plus tôt. De même,
l'évolution pourrait être retardée
de dix ans pour 30 % des insuffisances rénales.
Dr
Lydia ARCHIMÈDE
L'histoire
étonnante de Robin Eady
Le Pr B. Scribner, à Seattle (Etats-Unis), est
le premier à annoncer au monde qu'il traite de
façon continue depuis plusieurs mois des patients
insuffisants rénaux. La nouvelle annoncée
dans « Paris-Match » va bouleverser la vie
de Robin Eady. Ce jeune Britannique francophile est
étudiant en médecine. Il a 20 ans, est
en insuffisance rénale et se sait condamné.
Il part pour Seattle où le Pr Scribner accepte
de le traiter. En 1965, il revient à Londres
où le premier centre de dialyse vient d'ouvrir.
Aujourd'hui, le Pr Robin Eady est spécialiste
en dermatologie.
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Les lois
de bioéthique à l'Assemblée
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27
mars 2003, Assemblée Nationale
La Commission des affaires sociales de l'Assemblée
examine depuis hier le projet de loi sur la bioéthique.
173 amendements ont été déposés.
Les députés ne pourront en débattre
dans l'hémicycle quà la fin du mois
de mai.
Le
19 mars dernier, la Commission des lois a examiné
pour avis, sur le rapport de Mme Valérie Pecresse,
le projet de loi relatif à la bioéthique
(n° 593).
A
cette occasion, Pierre-Louis Fagniez (UMP, Val de Marne)
rapporteur de la Commission des affaires culturelles,
familiales et sociales, a déclaré que
seul, le clonage reproductif devrait être interdit.
Selon lui, le clonage thérapeutique est "utile
à la science et au progrès médical".
Il préfère parler de "transfert nucléaire"
au lieu de clonage thérapeutique. Concernant
la recherche sur l'embryon, il pense que le prélèvement
cellulaire, que la loi autoriserait sur les embryons
surnuméraires, "ne porterait nullement atteinte
à l'embryon". Il craint que des lois "restrictives"
n'entravent les progrès de la recherche médicale.
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Dijon :
nouvelle crise pour la dialyse
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14
mars 2003, Le Bien Public
Inquiétante incertitude pour une douzaine d'habitants
de Côte-d'Or qui doivent subir des dialyses régulières.
Aujourd'hui, par manque de personnel, ces malades atteints
d'insuffisance rénale chronique, pourraient ne
pas recevoir les soins que nécessite leur état.
"Nous sommes dans une situation de crise aiguë",
souligne le professeur Gérard Rifle, chef du
service de néphrologie au centre hospitalier
régional universitaire.
A Dijon, le CHU dispose d'un centre de dialyse qui a
reçu l'autorisation de fonctionner en soirée,
pour faire face à l'augmentation des besoins.
A côté, se trouve un local dit "d'entraînement"
à l'auto-dialyse, géré par la fondation
pour le développement des techniques de suppléance
des fonctions vitales. Les autorités sanitaires
ont donné leur aval pour que ce service soit
temporairement dédié à une dialyse
lourde, là encore pour remédier à
l'insuffisance de places et éviter à des
patients de se déplacer à Vesoul, Pontarlier
ou Chaumont, dans des centres par ailleurs saturés.
"Avec un personnel infirmier mis en commun, nous
avions réussi à traiter dix-huit insuffisants
chroniques", explique le professeur Rifle. Selon
lui, les difficultés récentes sont liées
à la décision de la fondation de retirer
trois infirmières. "Nous avons eu 24 heures
pour nous retourner", dénonce le chef de
service, mettant l'accent sur le risque vital qu'encourent
ces patients. Hier, après rappel du personnel
hospitalier en repos ou en congés, ces personnes
ont pu être accueillies. Cet après-midi,
rien n'est moins sûr. Pour la présidente
de l'association des insuffisants rénaux de Côte-d'Or,
Marilyne Faure, ce constat est "insupportable et
intolérable" : "En dernier recours,
on finira par trouver une solution mais ce type de situation
ne devrait même pas être envisageable. Les
malades sont pris en otage !"
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Les
insuffisants rénaux militent pour le don d'organes
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5
mars
2003, Le Parisien
EN PICARDIE, la maladie touche près de 1 000
personnes. Ce week-end, l'association régionale
des insuffisants rénaux (AIR), basée à
Bailly, a tenu son assemblée annuelle. Présidente
régionale, Christine Menveux est la porte-parole
de 250 personnes. Elle détaille : "L'AIR
regroupe des malades qui vont en dialyse et d'autres
qui ont été greffés. On note actuellement
une augmentation des dialysés de plus de 6 %
par an. Les malades greffés sont en général
relativement satisfaits, à condition qu'il n'y
ait pas de problème d'incompatibilité
avec le donneur d'organes. En Picardie, un malade peut
recevoir une greffe dans l'année. C'est pour
cela que l'association milite aussi pour le don d'organes."
Mener le combat pour le bien-être des malades
passe par la récolte d'argent. Ainsi l'association
organise-t-elle diverses actions. En 2002 par exemple,
l'AIR a organisé une cinquantaine de manifestations
allant du loto au spectacle, en passant par les journées
d'information auprès du grand public, des élèves
infirmières et des lycéens.
Le
but est aussi de sensibiliser les plus jeunes à
la nécessité du don d'organes. Elle se
charge également de tisser des liens avec des
psychologues et néphrologues (spécialistes
des reins), afin qu'ils apportent des informations aux
malades et participent aux journées Santé
Handicaps Infos. Secrétaire de l'AIR-Picardie,
Henri Barbier précise : "La fédération
est en train de bouger grâce à la sortie
d'une loi l'an dernier en faveur de la prise en charge
des insuffisants rénaux, qui classe l'insuffisance
rénale chronique comme cinquième maladie
nationale." Regrettant un net recul des adhérents
depuis deux ans, il s'inquiète : "Il faudrait
que des gens nous rejoignent pour que l'association
continue à vivre." Quoi qu'il en soit, 2003
sera placé sous le signe de l'espoir. Le 5 avril,
l'AIR organisera en collaboration avec le CHU d'Amiens
les Olympiades des greffés. Au programme : des
randonnées cyclistes et la plantation d'un arbre
en hommage aux donneurs d'organes.
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Des
cellules souches adultes dans le sang ? |
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28
février 2003, Le Figaro
Cette découverte pourrait permettre de se passer
des cellules souches embryonnaires...
Des chercheurs américains annoncent avoir obtenu,
avec une facilité apparemment déconcertante,
des cellules souches humaines adultes pluripotentes,
à partir d'une population de globules blancs
présents en grande quantité dans le sang.
A partir de ces cellules de défense de l'organisme
(des "f-macrophages"), ils ont réussi
à induire la formation de plusieurs types cellulaires
: des macrophages standards, des lymphocytes, mais aussi
des cellules de peau, des cellules endothéliales,
neuronales et des cellules de foie. Le débat
de la révision des lois de bioéthique,
qui avait interdit en 1994 les travaux de recherches
sur l'embryon, et donc sur les cellules souches embryonnaires,
pourrait s'enrichir de cette découverte. En effet,
si elle se confirme, elle fournirait une alternative
puissante à la manipulation de cellules souches
embryonnaires.
[...]
Jean-Michel
Bader
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Demain, les clones ? |
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27
février 2003, Libération
Impossible de copier une personnalité, mais
l'essence de la médecine est de pallier les insuffisances
de la nature.
Demain,
les clones ? Non ! Pas plus que demain les transplantés
cardiaques, ou demain les trépanés du
cerveau. De même que l'on ne pratiquera pas la
transplantation ou la trépanation en l'absence
d'une évidente indication médicale et
seulement en cas de nécessité absolue,
de même il n'y aura pas "demain les clones".
On fait aujourd'hui un très mauvais procès
à la médecine et à la science en
imputant à la recherche sur le clonage l'intention
de changer la nature de l'homme et de sa société,
de violer ses droits, ou d'autres intentions diaboliques.
Nul doute qu'il y ait des dangers, mais ceux-ci viennent
d'ailleurs. D'abord la technologie du clonage chez l'animal
s'est révélée très difficile,
d'une navrante inefficacité, et provoque de plus
des défauts du développement conjugués
à une anormale expression de certains gènes.
L'annonce récente de la mort de la première
brebis clone et de ses maladies renforce encore le soupçon
que la technique est dangereuse. Les régulations
de l'éthique médicale interdisent formellement
d'appliquer à un être humain, même
avec son consentement, un procédé ou une
médication dont la sûreté et l'efficacité
n'ont pas pu être démontrées chez
l'animal. La technique du clonage reproductif, dans
son état actuel, ne saurait donc être appliquée
à l'homme, pour quelque bonne raison médicale
que ce soit.
Comment
alors expliquer l'intensité du débat sur
l'application du clonage reproductif chez l'homme ?
Ne s'agit-il pas, en voulant condamner toute procréation
d'un être humain génétiquement identique
(comme le fait une convention européenne de 1998),
d'une affirmation sur ce qu'est la nature humaine, une
nature entièrement déterminée par
les gènes ? Il y a là, à travers
ce procès du clonage, le danger de propager dans
le public un "dogme" de déterminisme
génétique qui, en réalité,
n'a pas de base scientifique. On nous parle de polycopier
l'homme et sa personnalité dans une croyance
extrême et réductionniste au tout-génétique.
L'esprit et l'âme sont-ils déterminés
dès la conception par l'assemblage des gènes,
niant le libre arbitre et la libre volonté ?
A l'âge de la phénoménologie qui
démontre la place centrale du vécu, reviendrons-nous
à la toute-puissance du sort prédéterminé
à la naissance, à l'instar de l'astrologie
? Ce n'est pas par hasard qu'une secte croyant aux extraterrestres
astraux s'est récemment servie d'une supercherie
de clonage pour répandre ses idées. Une
personne raisonnable croira-t-elle vraiment que l'on
puisse cloner la personnalité ?
Car,
en réalité, de quoi s'agit-il ? Biologiquement
parlant, le clonage donnerait naissance à un
jumeau génétique du parent apportant le
noyau utilisé pour féconder l'ovule énucléé.
Deux jumeaux ne sont pas une même personne dupliquée
; ils diffèrent en maints aspects, et leurs capacités
cognitives montrent notamment une corrélation
statistique de 50 %, haute il est vrai mais laissant
50 % de liberté façonnée par l'éducation,
l'environnement et l'expérience personnelle de
chacun. Les différences entre l'enfant clone
et son parent jumeau seraient encore plus grandes que
celles de vrais jumeaux, puisque les premiers ne seraient
pas issus du même utérus maternel et seraient
nés à des dizaines d'années d'intervalle,
accentuant l'hétérogénéité
environnementale. Génome identique ne signifie
pas comportement et personnalité identiques,
et même ce qui est héréditaire n'est
pas forcément inchangeable. Dans le débat
sur le clonage, on fait trop souvent croire au public
qu'il serait possible de "reproduire" une
personne décédée ou de copier la
beauté. Il faut expliquer que les gènes
ne sont qu'une partie de ce qui fait la personnalité
; même la beauté n'est pas entièrement
physique et dépend du désir de plaire.
Ce danger du tout-génétique a été
bien prévu par le Comité international
de bioéthique (CIB) de l'Unesco qui, dans sa
Déclaration universelle sur le génome
humain et les droits de l'homme, a pris soin d'affirmer
(article 2b): "Cette dignité [humaine] impose
de ne pas réduire les individus à leurs
caractéristiques génétiques..."
Qu'il
y ait danger dans une utilisation abusive de la science,
et notamment de la génétique humaine,
est indéniable, mais c'est le rôle même
de la bioéthique que de définir les limites
de ce qui est permis. La reproduction sexuée
assure la diversité des humains, et il ne doit
pas être question de lui substituer le clonage.
Mais c'est l'essence de la médecine que de pallier
les insuffisances de la nature, en la contournant si
besoin est. Pour un couple stérile qui refuse
un don de sperme ou d'ovule extraconjugal, la procréation
assistée par clonage (si la méthode était
sûre et efficace) serait par exemple une possibilité
nouvelle offerte par la médecine. Limitée
à des applications médicales individuelles
dans le respect des droits de l'homme, entre autres
celui de bénéficier de la science, cette
technologie ne mettrait pas plus la famille humaine
en danger que les fécondations in vitro. Cela
ne veut pas dire "demain les clones" mais
cela veut dire ne pas exclure a priori une nouvelle
technologie dans la lutte contre les maux de l'humanité.
La recherche sur le clonage promet d'ailleurs de contribuer
aussi à la technologie des cellules souches embryonnaires,
qui, prélevées d'un oeuf fécondé
au cinquième jour de son développement
in vitro, permettront de préparer en laboratoire
des tissus autologues pour réparer des organes
lésés, en cardiologie ou dans le diabète.
Jusqu'à ce jour, il n'a pas encore été
possible de produire par clonage un tel embryon humain
de cinq jours, mais on veut interdire cette recherche
(dite clonage thérapeutique) car elle pourrait
mener au clonage reproductif. L'ONU elle-même
est saisie de requêtes visant à interdire
globalement toute recherche pouvant mener au clonage.
C'est un mauvais procès fait à la science.
Certes,
interdire aujourd'hui le clonage à usage reproductif
chez l'homme est entièrement justifié
car la méthode est dangereuse, inefficace, et
son utilisation serait contre l'intérêt
et les droits du patient. De nombreux pays ont des lois
interdisant le clonage reproductif. En Israël,
cette loi établit aussi une commission dont le
rôle est de suivre l'avancement de cette science
et de conseiller le gouvernement sur la nécessité
ou non de prolonger l'interdiction, prévue à
l'origine pour cinq ans. En Israël comme au Royaume-Uni,
la loi n'interdit pas la recherche afin d'obtenir des
cellules souches clonées, sans implantation dans
l'utérus. Le CIB de l'Unesco s'est également
prononcé pour admettre la recherche sur cellules
souches d'embryons clonés et, dans un esprit
de pluralisme, laisse à chaque Etat le devoir
de débattre et de décider. Le vrai débat
bioéthique n'est pas "demain, les clones"
mais au contraire de dissiper le fantasme du déterminisme
génétique, de réfléchir
au statut de l'ovule fécondé, et de guider
les éventuelles applications médicales
dans le respect de la dignité humaine et du droit
de chacun.
Michel
REVEL
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Erreur de groupe sanguin: Jesica
est morte |
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23
février 2003, ATS
L'adolescente mexicaine, victime d'une erreur de groupe
sanguin lors d'une greffe coeur-poumons dans un hôpital
de Caroline du Nord, a été déclarée
morte. Selon les médecins, son coma était
irréversible. L'assistance médicale lui
a été retirée.
Agé de 17 ans, l'adolescente se trouvait depuis
vendredi dans un état critique, souffrant de
complications cérébrales après
une deuxième opération réussie
jeudi.
«La décision de supprimer l'assistance
a été prise en conformité avec
la loi de la Caroline du Nord, et sans protestation
de la part de la famille», a précisé
un porte-parole de l'hôpital, précisant
qu'un deuxième avis médical n'avait pas
été ordonné, contrairement à
ce qu'avait souhaité la famille dans un premier
temps.
A la suite d'une rare mais tragique erreur médicale,
la jeune fille, dont le groupe sanguin est O positif,
avait été greffée le 7 février
avec les organes non compatibles d'un donneur de type
sanguin A négatif.
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Jesica
a été de nouveau greffée |
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20
février 2003, Associated Press
Jesica Santillan, l'adolescente qui avait été
accidentellement transplantée d'un bloc cur
poumon dont le groupe sanguin était non compatible
avec le sien, a pu être de nouveau greffée.
L'opération
s'est parfaitement déroulée, ont indiqué
les responsables de l'hôpital universitaire de
Duke.
La jeune fille a été rapidement transférée
dans l'unité de soins intensifs pédiatriques
de l'établissement.
Néanmoins, les médecins estiment qu'elle
n'a qu'environ 50% de chances de survivre à l'intervention.
Sa condition physique s'était en effet rapidement
détériorée durant les quelques
jours qui ont été nécessaires pour
obtenir ses nouveaux organes. Elle a été
maintenue en vie artificiellement, et la réanimation
a provoqué des dommages cérébraux
et rénaux. Elle a dû subir plusieurs séances
de dialyse. Les prochaines heures seront donc décisives.
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L'inventeur
de la dialyse reçoit le prix de l'Engineering |
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18
février 2003, Reuters
Le Dr Willem Kolff, qui fut le premier à mettre
au point une machine à dialyse, a reçu
ce prix d'un montant de 500 000 $, qui lui a été
attribué par l'Académie américaine
d'Ingénierie. Il est considéré
mondialement comme l'équivalent du prix Nobel.
Le
premier dialyseur fut mis au point dans les années
quarante, sous l'occupation nazie. Mais Kolff ne s'est
pas arrêté là, puisqu'il a également
conçu la machine cur poumon, qui a rendu
possible les transplantations cardiaques et les opérations
à cur ouvert, une pompe intra aortique
d'assistance cardiaque, un il artificiel et même
un cur artificiel.
"Les
vies de plus de vingt millions de personnes au monde
sont maintenues, ou significativement améliorées,
par les techniques de remplacement d'organes",
déclare Leo Thomas, président du comité
de sélection.
"Les organes artificiels y jouent un rôle
clé, et le Dr Kolff a participé à
la conception de la quasi totalité de ceux qui
existent. C'est vraiment le père de la discipline."
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Une
adolescente entre la vie et la mort suite à une
erreur durant une transplantation |
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18
février 2003, Associated Press
traduction partielle de l'article de Emery P. Dalesio
Une jeune fille de 17 ans a reçu un greffon cur
poumon d'un donneur dont le groupe sanguin n'était
pas compatible avec le sien à l'hôpital
universitaire de Duke, aux USA.
La
condition physique de Jesica Santillan s'est progressivement
dégradée après l'opération,
le 7 février dernier. Elle a souffert d'une attaque
cardiaque le 10, et d'un arrêt cardiaque dimanche
dernier. Elle est à présent maintenue
en vie par des machines. Son organisme rejette ses nouveaux
organes, ses anticorps les détruisent peu à
peu.
La
jeune fille était de groupe O positif, et le
son donneur de groupe A. Le porte parole de l'hôpital
a déclaré qu'il ne pouvait donner aucune
explication quant aux raisons de cet accident. L'équipe
de greffe était persuadée que le greffon
était compatible. Il provenait de Boston, et
le responsable de la banque d'organe de Nouvelle Angleterre
certifie qu'il était munis des documents stipulant
son groupe sanguin, A.
Elle a été placée en priorité
extrême sur la liste d'attente américaine.
Seul une nouvelle transplantation pourrait lui permettre
de survivre, à condition qu'elle ait lieu très
rapidement.
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Greffes
: cinquante ans après, le même esprit que
les pionniers |
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10
février 2003, Le quotidien du médecin
Le
jour de Noël 1952, le Pr Jean Hamburger et son
équipe réalisent à l'hôpital
Necker, pour la première fois au monde, une greffe
de rein de donneur vivant. Au-delà de l'hommage
rendu au Pr Hamburger, la commémoration du cinquantenaire
de cet événement fondateur a été
l'occasion d'évoquer l'ère des pionniers,
animés à la fois d'un esprit de rigueur
et d'un culte de la transgression, au sens noble du
terme, qui survivent chez leurs successeurs, confrontés
à la pénurie de greffons.
Ce
n'était pas la première greffe rénale
mais ce fut la première faisant appel à
un donneur vivant. La mère de Marius Renard,
jeune apprenti charpentier victime d'une chute qui mettait
hors d'usage son unique rein, a supplié les médecins
pour qu'ils greffent à son fils un de ses propres
reins. En cette nuit de Noël 1952 - personne n'était
en repos compensateur, note le Pr Gabriel Richet ! -
la première greffe avec donneur vivant est réalisée
à l'hôpital Necker par l'équipe
du Pr Hamburger.
Elle
marquait une avancée mondiale, toujours d'actualité
dans un contexte de pénurie des greffons, et
le début d'une longue histoire de la transplantation
à Necker puis à l'Assistance publique.
Aujourd'hui, 30 % de l'activité nationale de
transplantation, tous organes confondus, est assurée
à l'AP-HP (873 greffes en 2001, 22 % rénale,
36 % hépatique, 36 % pulmonaire, 26 % cardiaque),
avec un quasi-monopole en Ile-de-France.
La greffe fut réalisée avec succès
; cependant, la prévention du rejet n'étant
pas alors maîtrisée, Marius mourut trois
semaines plus tard.
[Ndlr
: pour en savoir plus sur Marius Renard et sur l'histoire
des greffes en général, voir dans la rubrique
"la greffe : un peu
d'histoire"]
Les
grands principes
A
cette époque, déjà, le Pr Hamburger,
qualifié de visionnaire par le Pr Jean-François
Bach, énonçait les grands principes de
la réussite d'une greffe : une bonne vascularisation
de l'organe après greffe, un appariement du donneur
et du receveur comme on le faisait pour les transfusions
sanguines et la suppression des phénomènes
de rejet par des drogues appropriées. Tout était
dit, l'histoire de la transplantation allait se dérouler
comme prévu.
Un hommage est aujourd'hui rendu aux pionniers, le Pr
René Küss, père de la technique chirurgicale,
les infirmières de la "chambre stérile"
de Necker, comme Denise Lacombe, le Pr Jean Dausset,
prix Nobel qui découvrit les groupes tissulaires
d'histo-compatibilité HLA. On évoque ensuite
les débuts cahotants de l'immuno-suppression
(sérum antilymphocytaire avec le Pr Jean Dormont),
l'arrivée en 1984 de la ciclosporine qui donna
une impulsion décisive aux greffes.
Les transplantations ont été étendues
à d'autres organes : le cur avec la première
transplantation cardiaque en Europe effectuée
par le Pr Christian Cabrol en 1968 ; le foie avec les
innovations imaginées par le Pr Henri Bismuth
afin de pallier la pénurie de greffons (foie
réduit, révolution dans la transplantation
hépatique chez l'enfant, foie partagé,
foie "domino"). D'autres organes encore :
poumon, intestin et aussi, avec le Pr Dubernard, pancréas,
mains.
Rigueur
et transgression
Le
passé de la transplantation est prémisse
de son futur, souligne le Pr Christophe Legendre (hôpital
Saint-Louis, Paris). La richesse de l'héritage
des pionniers, ces "aventuriers", comme les
décrit le Pr Didier Houssin (Etablissement français
des greffes), tient en quelques mots : l'enthousiasme,
la rigueur, le culte de la transgression au sens noble
du terme. Les défis du futur vont dans le même
sens avec la transgression de certains dogmes. Par exemple,
l'utilisation des immunosuppresseurs pourrait ne pas
être indispensable chez tous les patients ; plusieurs
pistes sont à l'étude (induction d'état
de tolérance sans IS, emploi limité des
IS dans le temps). Les archaïsmes médicaux
doivent disparaître, "ce qui pourrait être
le plus difficile à mettre en uvre"
: développement de la multidisciplinarité
avec multiplication de réseaux, plus grande participation
des infirmières. Une restructuration des conditions
de fonctionnement de l'AP-HP en ce domaine est indispensable.
Le Pr Philippe Thibault, conseiller auprès de
Jean-François Mattei, ministre de la Santé,
estime pour sa part que trois mots clés résument
l'histoire des greffes : l'esprit (d'entreprise, de
refus de la maladie, la capacité à concevoir
des stratégies), la rigueur (du geste chirurgical,
de l'observation clinique, du biologiste), la persévérance.
La place prépondérante de l'AP-HP en ce
domaine doit se pérenniser, servir de creuset
pour la formation. Le ministère est attentif
au développement des prélèvements
d'organes sur cadavres (loi bioéthique en discussion)
avec une meilleure diffusion de l'information, surtout
auprès des jeunes, et aux problèmes des
prélèvements sur donneur vivant.
Dr
Janine DEFRANCE
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Des
cellules souches pour réparer le coeur humain |
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8
février 2003, Futura Science
Un
coeur endommagé peut être réparé
par l'utilisation de cellules souches! C'est ce que
viennent de démontrer une équipe de chercheurs
Français de l'hôpital européen Georges
Pompidou. Leurs travaux démontrent pour la première
fois que les cellules souches musculaires injectées
dans un coeur abîmé se développent
et prennent en charge une partie des fonctions des cellules
cardiaques.
Des
cellules souches musculaires (les myoblastes) ont été
prélevées dans le muscle de la cuisse
d'un homme ayant subit une attaque cardiaque. Ces cellules
ont été cultivées in vitro, puis
réinjectées dans son coeur. Les chercheurs
ont noté que le coeur de cet homme de 72 ans
fonctionnait mieux après le traitement.
Cependant, il a fallu attendre le décès
de cette personne pour apporter la preuve formelle du
rôle joué par les cellules souches et notamment
que celles-ci s'étaient transformées en
cellules cardiaques. Des résultats similaires
avaient déjà été observés
chez les animaux, mais c'est la première fois
que les résultats obtenus chez l'animal sont
confirmés chez l'Homme.
[...]
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La
greffe, cinquante ans plus tard |
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8
février 2003, communiqué de presse de
la Fondation pour la Recherche Médicale
Le
6 février 2003 était célébré
le cinquantenaire de la première greffe de rein
avec donneur vivant, une première mondiale réalisée
par le Professeur Jean Hamburger, membre fondateur de
la Fondation pour la Recherche Médicale. La transplantation
d'organe est devenue aujourd'hui une pratique courante.
Le
professeur Gabriel Richet se souvient...
En 1952, Marius Renard, un jeune charpentier tombe de
son échafaudage. Le chirurgien avait été
contraint de pratiquer une néphrectomie pour
arrêter une hémorragie autrement incontrôlable.
Malheureusement Marius était né avec un
seul rein. Autrement dit ce jeune homme de 16 ans allait
mourir d"urémie" en quelques
jours. Jean Hamburger et son équipe, dont Gabriel
Richet est un des derniers survivants prennent, pour
la première fois au monde, la décision
de prélever un rein sur la mère. Ce fut
la première greffe de rein avec donneur vivant.
Puis survint le drame engendré par le rejet du
rein greffé, et la mort du jeune Marius le 6
février 1953. Gabriel Richet se souvient aujourd'hui
de l'immense émotion internationale et du remarquable
élan de générosité de l'époque
: "cent onze "Hommes-Frères",
de tous les pays du monde se sont proposés comme
donneurs pour que Marius Renard bénéficie
d'une autre transplantation. Marius et sa mère
font partie de l'histoire de la science au même
titre que Joseph Meister que Pasteur sauva de la rage."
[Ndlr
: pour en savoir plus sur Marius Renard et sur l'histoire
des greffes en général, voir dans la rubrique
"la greffe : un peu
d'histoire"]
200 000 euros en 2002 pour que la recherche autour
des greffes avance
Cinquante ans après cette aventure, la Fondation
pour la Recherche Médicale continue de soutenir
des projets de recherche directement en relation avec
la compréhension des problèmes liés
à la transplantation et au rejet des greffes.
Ce sont en tout 11 projets de recherche qui ont été
ainsi soutenus en 2002, pour un montant global de 200
000 euros. Les chercheurs essaient, aujourdhui
encore, de mieux comprendre les processus moléculaires
du rejet de greffe après une transplantation.
Le rejet reste lécueil majeur de cette
approche thérapeutique, par ailleurs salvatrice
chez de très nombreux malades.
Lautogreffe de cellules de moelle osseuse fait
aussi lobjet de nombreuses recherches. Elle permet
à des patients atteints de cancer de reconstituer
leurs stocks de cellules immunitaires après la
greffe de leurs propres cellules prélevées
avant des traitements très agressifs tels que
la chimiothérapie ou la radiothérapie.
Les pistes pour demain
De très nombreux projets ont également
été soutenus dans le domaine de la thérapie
cellulaire qui constitue probablement lalternative
du futur à la transplantation dorgane.
Son avantage : elle permet dutiliser les propres
cellules des malades et ainsi déviter les
risques du rejet de greffe.
A
titre dexemple voici trois projets de recherche,
porteurs d'espoir, qui ont été soutenus
en 2002 par la Fondation pour la Recherche Médicale.
Projet de recherche du Dr Olivier Thaunat dans le
laboratoire du Pr. Kazatchine Unité INSERM 430
Hôpital Broussais Paris : Microdissection des
populations lymphocytaires dans le rejet de greffe chronique.
Utilisation dun modèle expérimental
chez le rat.
Si lamélioration des thérapeutiques
a permis de bien contrôler le rejet aigu, on ne
dispose actuellement daucun traitement curatif
contre le rejet chronique. Cest devenu le principal
enjeu en transplantation puisquil est la première
cause de perte de greffon dans un contexte général
de pénurie dorgane. Le rejet chronique
intéresse tous les organes transplantés
(poumons, coeur, rein, foie
). Sa traduction au
niveau des tissus se caractérise par une lésion
vasculaire commune caractéristique. Des travaux
de recherches ont montré que la transplantation
dune partie de laorte chez un animal dune
espèce différente de celle du donneur,
reproduisait la lésion vasculaire commune dans
tous les cas de rejet chronique. Le travail financé
par la Fondation pour la Recherche médicale est
l'étude
de la population des cellules lymphocytaires du receveur
qui infiltrent le greffon dans ce modèle expérimental.
Déterminer comment ces lymphocytes sont activés
par la présence du greffon et quelle est leur
cible va permettre de comprendre pourquoi les lymphocytes
dun receveur favorisent la synthèse danticorps
dirigés contre le greffon et quelles nouvelles
cibles thérapeutiques peuvent être proposées
dans la prévention du rejet chronique.
Projet de recherche du Dr Gwenola Boulday au cours dun
stage post doctoral effectué à Boston
USA : Rôle du VEGF sur lendothélium
dans le processus inflammatoire et le rejet de greffe.
Le «vascular endothélial growth factor»
(VEGF) a été décrit comme une molécule
jouant un rôle sur lendothélium (paroi
des vaissaux) et dans le rejet de greffes. Le but du
projet du Dr Boulday et qui a été financé
par la Fondation pour la Recherche Médicale,
est de comprendre comment le VEGF induit la synthèse
dautres molécules appelées chimiokines,
qui elles sont responsables du recrutement des cellules
immunitaires de lhôte dans le greffon et
entraînent ultérieurement son rejet. Comprendre,
à travers un modèle expérimental
de cellules en culture comment le VEGF régule
lactivité des cellules endothéliales
et lenvironnement inflammatoire de lendothélium
doit donner de nouvelles pistes thérapeutiques
pour éviter les rejets de greffes.
Projet de recherche de Monsieur Olivier Hequet dans
le laboratoire du Dr Lotteau à Lyon : Physiopathologie
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