Commercialisé
par Fujisawa France depuis 1996, l'immunosuppresseur
sélectif Prograf (tacrolimus) sera disponible,
à compter du 1er juillet, en pharmacie de ville,
et pourra être renouvelé par les médecins
non hospitaliers. Un nouveau mode de distribution de
proximité afin de faciliter l'observance.
Une ordonnance hospitalière datant de moins de
six mois reste indispensable mais le médecin
de ville pourra renouveler la prescription à
l'identique entre deux consultations à l'hôpital.
Dans ce cas, le patient devra fournir au pharmacien
les deux ordonnances, celle du médecin de ville
et celle du médecin hospitalier datant de moins
de six mois.
Prograf est indiqué dans la prévention
du rejet du greffon au décours de la transplantation
rénale et hépatique (première intention)
et dans le traitement du rejet rebelle corticorésistant
après transplantation d'organes (seconde intention).
Le traitement ne doit jamais être interrompu ;
il y a deux prises quotidiennes, à jeun ou au
moins 1 heure avant ou 2-3 heures après un repas.
Boîte de 50 gélules à 0,5 mg, AMM
358 958,8, prix 76,48 euros. Boîte de 50 gélules
à 1 mg, AMM 358 957.1, prix 135,70 euros. Boîte
de 50 gélules à 5 mg, AMM 358 757.2, prix
626,63 euros. Liste I, remboursé à
100 %.
Vers un dépistage ciblé
de l'hépatite C à l'hôpital
27
juin 2003, Libération
La
France «réfléchit très sérieusement»
à un dépistage systématique de
l'hépatite C chez certaines catégories
de soignants et de malades. C'est ce qu'a annoncé
hier Lucien Abenhaïm, directeur général
de la santé (DGS), lors d'une conférence
de presse de l'Inserm.
Six
cent mille porteurs du virus, dont plusieurs dizaines
de milliers évoluent vers une cirrhose voire
un cancer du foie ; contamination essentiellement par
voie sanguine (qui explique le lourd tribut toujours
payé par les toxicomanes) ; mais aussi traitements
capables désormais de guérir 50 % des
malades... L'hépatite C a livré beaucoup
de ses mystères. La question de sa transmission
nosocomiale reste plus floue : quels sont les actes
médicaux potentiellement contaminants ? Quel
est précisément le risque pour un soignant
d'infecter son patient et vice versa ? Les mesures d'hygiène
(matériel à usage unique, nouvelles règles
de désinfection...) ont-elles été
efficaces ? A la demande du directeur de la santé,
«frappé ces derniers temps par le nombre
de cas potentiellement contractés lors de soins»,
l'Inserm s'est livrée à un travail d'expertise.
Ravages.
Résultats en demi-teinte. Parmi les bonnes nouvelles,
la quasi-disparition des hépatites C transfusionnelles.
«Depuis deux ans, il y en a moins d'une par an»,
se réjouit Françoise Roudot-Thoraval (hôpital
Henri-Mondor, Créteil). Autre lueur d'espoir,
la baisse de 40 % de l'incidence (nombre de nouveaux
cas par an) depuis 1990. Les bémols sont cependant
nombreux. Malgré cette chute des nouveaux cas,
la maladie devrait faire de plus en plus de ravages
jusqu'à 2030. Avec une augmentation des cirrhoses
(2 000 par an en 2002, 2 800 prévues en 2022)
et du nombre annuel de décès (3 300 en
2002, 4 500 prévus en 2022). Surtout, il reste
des «poches de contamination» nosocomiales.
Parmi les hépatites C identifiées en 2000-2001,
plus de 15 % auraient été contractées
lors d'un geste médical.
«Les
hémodialysés sont une population à
haut risque, avec une incidence annuelle de 0,5 %, précise
Jean-Pierre Bronowicki (CHU de Nancy). La transmission
se fait surtout de patient à patient, plus ou
moins liée au non-respect des règles d'hygiène.»
Des dépistages réguliers du virus chez
les hémodialysés devraient être
mis en place, suggère l'Inserm. Autres actes
contaminants : les interventions chirurgicales et l'endoscopie
digestive, mais aussi les actes d'anesthésie,
les soins dentaires, les piercings et tatouages... «Les
études dont nous disposons reflètent surtout
le risque existant dans les années 80 (sous-entendu:
avant les mesures de précaution sur le matériel
médical, ndlr)», tempère Jean-Pierre
Bronowicki.
«Modalités».
Une chose est sûre, la probabilité pour
un soignant infecté de contaminer son malade,
par exemple lors d'un soin, est loin d'être négligeable.
«Sur l'ensemble de sa carrière, le risque
pour un chirurgien est de 1 à 10 %, estime Lucien
Abenhaïm. Un à 10 %, c'est un risque que
nous ne prenons pas dans d'autres domaines ! Il faut
donc étudier les modalités d'un dépistage
systématique chez certains soignants.»
Le
DGS note enfin que l'imputabilité d'une hépatite
C à une cause nosocomiale est «extrêmement
difficile, voire impossible». Fortement sollicitée
sur cette question par les associations de patients,
dans le cadre de demandes d'indemnisation, les autorités
sanitaires devraient prendre position dans les prochaines
semaines.
Xénotransplantation : nouvelle
recommandation du Conseil de l'Europe
26
juin 2003, News Press
Le
Comité des Ministres du Conseil de l'Europe a
adopté une Recommandation aux Etats membres sur
la xénotransplantation, insistant sur la nécessité
d'informer les patients et demandant l'établissement
de procédures de veille et accords au niveau
mondial.
Cette
recommandation énonce des principes et lignes
directrices dont les Etats devraient s'inspirer en vue
de réduire au minimum les risques que peut poser
la xénotransplantation pour la santé publique
et la transmission de maladies. Elle précise
les conditions qui devraient être remplies avant
que la xénotransplantation ne soit autorisée.
La
xénotransplantation - transplantation d'organes
et de tissus d'origine animale - qui demeure une activité
largement expérimentale, pourrait être
l'une des réponses thérapeutiques à
l'insuffisance d'organes et de tissus d'origine humaine.
Cependant, elle comporte des risques inconnus et potentiellement
considérables pour la santé publique.
Greffe de moelle : une "
situation inacceptable ", selon les associations
26
juin 2003, Le Quotidien du Médecin
Alors
que se déroulait, dimanche dernier, la médiatique
journée de réflexion sur le don d'organes
et la greffe, France Moelle Espoir*, qui regroupe les
associations de lutte contre les leucémies, dénonçait
de son côté les retards pris par le Plan
greffe 2001-2003 et " l'absence de communication
auprès du grand public sur le don de moelle osseuse
".
"
Le sentiment qui domine aujourd'hui est un ras-le-bol.
Nous voulons avoir une entrevue avec le ministre de
la Santé ", s'exclame le Dr Sabine Senlecq,
la vice-présidente de la coordination France
Moelle Espoir (FME), qui regroupe 20 associations de
familles de personnes atteintes de leucémie.
L'Etablissement
français des greffes (EFG) a organisé,
dimanche dernier, la troisième journée
de réflexion sur le don d'organes et la greffe.
Cela ne suffit pas à la FME, qui dénonce,
dans un communiqué, " les retards accumulés
par le Plan greffe 2001-2003 qui prévoyait le
recrutement, en trois ans, de 30 000 donneurs ".
La FME n'en est pas à sa première action
de ce type. En 2001, l'association avait déjà,
à la même date, fait le siège du
ministère de la Santé pour obtenir le
financement du typage des donneurs de moelle osseuse,
une enveloppe de 12 millions de francs qui avait été
attribuée, l'année précédente,
par la ministre des Affaires sociales, Martine Aubry,
alors qu'elle dévoilait le Plan greffe.
Cette année, la FME renouvelle son action et
dénonce " l'inertie et l'indifférence
des dirigeants qui, paradoxalement, organisent une grande
journée d'information sur le don d'organes et
de tissus humains, en oubliant de sensibiliser l'opinion
publique sur le don de moelle osseuse ".
Promouvoir
le don
En
juin 2000, l'objectif du gouvernement était d'arriver
à recruter des donneurs volontaires de moelle
osseuse (cellules souches hématopoïétiques)
à raison de 10 000 nouveaux donneurs par an sur
trois ans. Aujourd'hui, malgré le déblocage
des crédits, " nous en sommes à 15
000 nouveaux donneurs recrutés pour un fichier
total de 100 000 donneurs, regrette le Dr Sabine Senlecq.
Parallèlement, l'Allemagne recrute 180 000 donneurs
par an pour un fichier aujourd'hui de 1,8 million de
donneurs. L'Allemagne peut ainsi greffer 700 personnes
à partir des donneurs de son fichier, tandis
qu'en France on en greffe 220 ". Pour les associations
de patients, cette différence s'explique en partie
par le manque de communication auprès du grand
public sur le don de moelle osseuse. Les greffes de
moelle osseuse sont destinées aux malades atteints
principalement d'aplasie médullaire ou de leucémie.
Pour qu'une greffe réussisse, il faut donner
au malade une moelle aussi proche que possible de la
sienne. C'est chez les frères et seurs que l'on
trouve plus facilement des sujets ayant le même
typage HLA. Mais, dans 3 cas sur 4, le malade ne pourra
bénéficier d'une greffe que si on trouve
un donneur volontaire ayant le même groupe HLA.
" Plus le fichier est fourni, plus on a de chances
de trouver un typage HLA compatible ", souligne
le Dr Senlecq.
" Même si l'objectif du plan greffe n'a été
qu'à moitié atteint ", le résultat
n'est pas négligeable, affirme de son côté
le directeur général de l'EFG, Didier
Houssin. " Nous avons une démarche ciblée
de recrutement de gens fidèles, dont l'engagement
est profond, pour qu'ils répondent présent
le jour où nous les solliciterons, explique-t-il.
La fidélité et la qualité des donneurs
sont des qualités reconnues du fichier français.
Il ne servirait à rien d'avoir des doublons en
termes de typage HLA ou d'avoir des volontaires inscrits
sur le fichier mais qui feraient faux bond le jour où
on les solliciterait. "
Le donneur doit, en effet, faire preuve d'une grande
motivation puisque le prélèvement s'effectue
sous anesthésie générale et demande
une hospitalisation de 48 heures. Le Pr Houssin reconnaît
toutefois que la mise en route de la démarche
de recrutement des donneurs a nécessité
des délais, puisque le don de moelle osseuse
dépend de plusieurs partenaires : l'EFG, l'Etablissement
français du sang, l'Association France Greffe
de moelle qui gère le fichier des donneurs et
les hôpitaux. " Mais il ne faut pas oublier
non plus que nous pouvons faire appel, pour les greffes
de moelle osseuse allogéniques, à l'ensemble
du fichier mondial, qui rassemble plusieurs millions
de personnes ", ajoute le directeur de l'EFG.
Les associations de familles veulent toutefois pouvoir
participer à l'élaboration et au suivi
des campagnes d'information sur le don de moelle osseuse.
Lomu submergé par les
propositions de don de reins
22
juin 2003, The Associated Press
SYDNEY
(AP) - L'ailier des All Blacks Jonah Lomu, atteint d'une
maladie rénale, est submergé par les propositions
de don de reins, a déclaré son manager
Phil Kingsley-Jones dimanche.
Kingsley-Jones a ajouté que Lomu, l'un des joueurs
de rugby les plus populaires de la planète, continuait
à progresser et qu'il espérait pouvoir
disputer la Coupe du monde au mois d'octobre en Australie.
"Il a entamé sa dialyse depuis quatre semaines
et il m'a dit vendredi qu'il ne s'était pas senti
aussi bien depuis neuf ans", a déclaré
Kingsley-Jones à la chaîne de télévision
Channel Seven.
"Ça lui fait le plus grand bien", a-t-il
poursuivi. "Il est en dialyse trois jours par semaine
pour des séances de quatre heures. Il se sent
bien."
Kingsley-Jones a ajouté qu'une transplantation
n'était pas à l'ordre du jour mais que
les donneurs potentiels ne manquaient pas.
"Si j'avais un frigo, il serait rempli de reins",
a-t-il dit. "Mais Jonah ne veut pas bénéficier
d'un traitement de faveur. Et en ce moment, nous ne
parlons pas de transplantation. Il est très content
de sa dialyse."
Tout
le monde peut être un jour victime dun accident
: il faut savoir dire sa position à ses proches
JULIEN avait 21 ans. Il circulait en Clio le 23 janvier,
sur une route départementale, entre Béthune
et Armentières, quand laccident sest
produit en début de soirée, à La
Couture. Un refus de priorité, où trois
voitures furent impliquées. Il ny était
pour rien.
Le choc fut effroyable. A bord du véhicule accidenté,
sa fiancée na été que légèrement
blessée. Pour Julien, en revanche, transporté
à lhôpital de Beuvry avant dêtre
acheminé vers le CHR de Lille, on a tout de suite
su quil y avait peu despoirs. « Il
est resté en soins intensifs pendant une petite
semaine. Ils se sont très bien occupés
de lui. Ils mont aussi prévenu que mon
fils avait peu de chances de sen sortir »,
raconte Alain, frappé par le destin.
Son épouse est décédée quatre
ans plus tôt dune longue maladie et toute
la famille a vécu ces moments douloureux à
lhôpital. « Un jour, Julien ma
dit, quand sa mère allait mal : "Si je pouvais
lui donner quelque chose, je le ferais..." »,
se souvient Alain. Son fils sen est allé,
il a sombré dans une mort encéphalique
dont nul ne pouvait le sortir.
« A 21 ans, cest un gâchis... »,
résume son père, Alain, qui lavait
quitté vingt minutes plus tôt. «
Cest terrible de perdre un fils comme cela. Cest
une grande partie de soi-même qui part. Il avait
des projets, il avait voulu sacheter une moto,
il me disait : "Papa, laisse-moi vivre ma vie..."
»
Sa vie sest arrêtée. Et en même
temps, quelque part, elle se prolonge car, grâce
à laccord donné par la famille de
Julien, dautres ont eu la possibilité de
survivre ou de vivre mieux.
Plusieurs organes ont pu être prélevés
sur son corps. « Dans ce gâchis, explique
Alain, je me dis quil a pu apporter quelque chose.
Si mon garçon avait été en attente
de greffe, et quil avait pu être sauvé,
jaurais dit bravo. Alors... »
Alors, il faut en parler tout simplement, faire savoir
en une phrase à ses proches sa position sur la
question, et toutes sont respectables, ou, pourquoi
pas, porter sur soi une carte de donneur dorganes
(elles sont régulièrement distribuées
par les associations). En parler
90 % des Français se prononcent pour le don dorganes,
mais 24 % seulement lont fait savoir à
leurs proches. Faute de connaître la volonté
dun défunt, un tiers environ refusent tout
prélèvement. En parler, cest le
principal message de la troisième journée
nationale de réflexion sur le don dorganes
organisée ce dimanche dans 27 grandes villes
de France.
Tout le monde simplique : lEtablissement
français des greffes, les associations de donneurs,
le CHRU de Lille qui vient de sensibiliser les professionnels
en interne durant plusieurs jours.
Sil est le seul à réaliser des greffes
dans la région, plusieurs hôpitaux généraux
du Nord - Pas-de-Calais sont accrédités
pour mettre en route des procédures de prélèvement.
« Ce sont eux qui accueillent des comas graves,
qui constatent le passage en mort encéphalique,
qui se chargent de la réanimation pour que les
organes soient préservés. Pour des raisons
techniques en revanche, cest une équipe
du CHRU ou dun autre centre de greffe qui effectue
le prélèvement », explique le professeur
Christian Noël, coordinateur de lEtablissement
français des greffes.
Contrairement à ce quon pourrait imaginer,
le nombre de prélèvements dorganes,
quoique en augmentation permanente, est relativement
faible : 52 au CHRU et 76 sur la région depuis
1997 : le nombre de morts encéphaliques est assez
peu élevé (cela concerne 4 % des personnes
qui pourraient être prélevées) :
il y en a eu environ 150 lan dernier dans le Nord
- Pas-de-Calais. Quarante-trois prélèvements
nont pu se faire parce que les familles lont
refusé, dautres pour des raisons de contre-indications.
Anonymat
A chaque fois quune proposition est faite aux
familles, une équipe se déplace qui accompagne
et sentretient avec elles. « Ces entretiens
durent dun quart dheure à six heures
selon les cas », explique Eliane Ringot, infirmière
coordinatrice régionale, mais souvent, il faut
faire vite : les délais sont de 4 heures pour
un coeur, 8 h pour un poumon, 16 h pour un foie, 36
à 48 h pour un rein. On sefforce de les
raccourcir pour éviter les problèmes.
« Il ny a pas dâge limite pour
un prélèvement, on la fait sur une
personne de 80 ans, explique le Pr Christian Noël.
Mais en général on sefforce dapparier
à peu près lâge du donneur
et du receveur. » Entre les deux, pas de contact,
puisque lanonymat est évidemment respecté.
Mais une immense gratitude de la part de ceux qui ont
eu la chance dêtre greffés et le
sentiment dans dautres familles que linjustice
dune vie enlevée a pu se transformer en
acte de foi et de générosité.
J.-P. BONDUEL
Le précurseur de la dialyse
rénale retrouvé mort à Seattle
21
juin 2003, dépêche AP
NEW
YORK (AP) - Le précurseur de la dialyse rénale,
le Dr Belding Scribner, a été retrouvé
mort pour des raisons encore inconnues à Seattle.
Il avait 82 ans.
Le corps du médecin, qui avait remporté
l'an dernier le prix Albert Lasker pour la Recherche
clinique médicale, a été retrouvé
jeudi par un kayakeur dans la baie de Portage, où
il résidait. On précise de source policière
qu'il se serait noyé et que rien n'indique qu'il
ait été victime d'un acte criminel.
Plus d'un million de patients dans le monde ont bénéficié
de son travail dans le domaine de la dialyse rénale.
Le rein artificiel, qui filtre le sang des patients
malades, a été développé
par le Dr Willem Kolff, qui avait partagé le
prix Albert Lasker avec le défunt.
Mais, à l'époque, leur utilisation chez
les insuffisants rénaux chroniques était
rendue difficile en raison de l'absence d'un accès
vasculaire permanent. Le Dr Scribner créera un
dispositif résolvant ces difficultés.
Avec ces deux découvertes, le pronostic de survie
pour les malades "avaient chuté de 90% de
taux de mortalité à 90% de taux de survie",
avait rappelé la Fondation Albert et Mary Lasker
en leur remettant leur prix.
Une charte en faveur du don d'organes
et de la greffe
12
juin 2003, Réseau-CHU
Jeudi
12 juin 03, Monsieur Paul Castel, Vice-Président
de la Conférence des Directeurs Généraux
de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires,
représentant Daniel Moinard, Président
et le Professeur Didier Houssin, Directeur de l'Etablissement
français des Greffes ont cosigné une charte
en faveur du don d'organes et de la greffe.
11 mesures concrètes ont été arrêtées
qui visent à renforcer la formation, la mobilisation
et la coordination des équipes, à établir
un recensement exhaustif des personnes en état
de mort encéphalique, à développer
les échanges au sein des réseaux, à
harmoniser les pratiques et à mutualiser les
moyens en valorisant la contribution de chaque intervenant
dans la chaîne de la greffe.
Acteurs
majeurs dans l'activité de prélèvement
et de greffe, les CHRU expriment dans cette charte leur
volonté de lutter, aux côtés de
l'EfG, contre la pénurie de greffons.
Texte
intégral de la charte
Les CHRU se mobilisent en faveur du prélèvement
et de la greffe
Dans
le respect de la volonté des personnes et de
la dignité humaine,
les CHRU se mobilisent pour :
Sauver
la vie ou améliorer la santé de milliers
de patients en attente de greffe d'organes, de cellules
ou de tissus.
Soutenir
les campagnes nationales d'information en faveur du
don d'organes, de cellules et de tissus et les relayer
sur le plan régional.
Favoriser
l'adhésion des professionnels de santé
au principe du prélèvement - activité
de soins à part entière - en organisant
des actions de sensibilisation, de formation en interne,
en rapprochant tous les acteurs et en coordonnant
mieux leurs interventions.
Donner
un maximum de chances aux patients en attente de greffe,
en veillant à établir un recensement
exhaustif des personnes en état de mort encéphalique,
et en alertant de façon systématique
la coordination hospitalière.
Accompagner, informer les familles des défunts
dans le respect de leur souffrance.
Inscrire
le prélèvement dans une démarche
d'amélioration continue de la qualité
de manière à harmoniser évaluer
les pratiques médicales et à en faire
progresser les résultats.
Animer
des réseaux intra et inter régionaux
en développant les échanges entre les
équipes de coordination, en mutualisant les
moyens, en précisant le rôle et la mission
de tous les intervenants et en valorisant la contribution
de chacun.
Favoriser
la recherche dans le domaine des greffes.
Dispenser
un enseignement sur le prélèvement et
la greffe, en tenant compte de toute leur complexité
(médicale, culturelle, éthique...)
Participer
aux débats sur les questions d'éthique
que soulèvent les pratiques de prélèvement
et de greffe d'organes et de tissus.
Contribuer
à la réflexion nationale sur l'organisation
générale du prélèvement
et de la greffe en France.
Professeur
Didier HOUSSIN
Directeur Général de l'Etablissement français
des Greffes
Monsieur
Daniel MOINARD
Président de la Conférence des Directeurs
Généraux de Centres Hospitaliers Régionaux
et Universitaires
La
charte a été co-signée, jeudi 12
juin 2003, par Paul Castel, Vice-Président de
la Conférence des Directeurs Généraux
de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires,
représentant Daniel Moinard, Président
et le Professeur Didier Houssin, Directeur Général
de l'Etablissement français des Greffes. L'enjeu
: sauver la vie ou améliorer la santé
de milliers de patients en attente de greffe d'organes,
de cellules ou de tissus.
Les
CHRU s'engagent à mener ces actions dans le respect
de la volonté des personnes, de la dignité
humaine et de la souffrance des familles.
La
Conférence des Directeurs Généraux
de CHRU a émis le souhait que la Conférence
des Présidents de Commissions Médicales
d'Etablissement des CHRU soit également signataire
de ce texte fédérateur après l'élection
de ses nouvelles instances dirigeantes.
Aux
avant-postes de l'innovation, les CHRU développeront
l'évaluation et la recherche sur les greffes
d'organes, de tissus et de cellules. Ils dispenseront
un enseignement qui, naturellement, tiendra compte de
l'avancée des connaissances médicales
en matière de prélèvement et de
greffe mais aussi de la complexité de ces notions
sur les plans culturel ou éthique.
Solidaires
des programmes développés par l'EfG, les
CHRU sont également partie prenante de la journée
nationale de réflexion sur le don d'organes et
la greffe du 22 juin 2003. En effet, à cette
occasion, de nombreuses animations seront organisées
par les CHRU : expositions, conférences, permanences
avec les associations en faveur de la greffe, diffusion
de plaquettes auprès du grand public, information
du personnel sur l'activité de prélèvement
et de greffe, affichage de la charte... Ces manifestations
seront annoncées à la presse régionale
et relayées sur les sites internet des CHRU.
L'activité
de prélèvement et de greffe des CHRU
Prélèvements
: Les CHRU représentent environ 30% des établissements
ayant une autorisation de prélever et réalisent
environ 77% de l'activité de prélèvement
notamment à partir de donneurs identifiés
et transférés par les Centres hospitaliers.
Pour
les établissements hospitalo-universitaires,
le challenge dans les années à venir réside
dans leur capacité à renforcer les réseaux
de prélèvement avec les centres hospitaliers
de manière à permettre d'augmenter l'activité
de prélèvement et à améliorer
le recensement des donneurs potentiels dans leurs services.
Nombre
total de prélèvements en France, dans
l'ensemble des établissements hospitaliers autorisés
: 1 198 en 2002 contre 1 016 en 2000 soit une augmentation
de 17%.
Greffes
: La quasi totalité des greffes d'organes (rein,
foie, coeur, poumon, pancréas, intestin) sont
faites dans les CHRU. Ainsi, sur les 3 632 organes greffés
en 2002, 3 519 (97%) ont réalisées par
les CHRU dont 154 à partir de donneurs vivants,
soit une augmentation de près de 12% par rapport
à 2000 (3137 greffes d'organes).
Le
22 juin 2003 : journée de réflexion sur
les dons d'organes et la greffe
Exemples
de manifestations organisées dans les CHRU à
cette occasion à Amiens, à Fort-de-France,
Lille, Poitiers, Saint-Etienne, Strasbourg
AMIENS
Le Centre Hospitalier Universitaire d'Amiens participe
à la journée nationale du don et de la
greffe le 22 juin 2003. Différentes animations
vont avoir lieu du 16 au 22 juin.
A l'intention des étudiants
Un stand d'information sera organisé au niveau
de la présidence de l'Université de Picardie
Jules Verne en partenariat avec ADOT 80 du lundi 16
au vendredi 20 juin de 10h à 16h.
A l'intention des professionnels de santé
Un stand d'information sera tenu au niveau des selfs
de restauration du personnel sur les sites nord et sud
de l'hôpital avec ADOT 80 le mardi 17 ou le jeudi
19 de 11h30 à 14h.
(Diffusion de la plaquette EFG). L'information est relayée
en interne : information sur Intranet + article dans
le journal Reflets.
Une réunion-buffet réseau sera organisée
le jeudi 19 juin à 18h45 au self du personnel.
L'objectif est de réunir au CHU l'ensemble des
différents hôpitaux pivots de la région
qui travaillent avec l'équipe de coordination
des prélèvements d'organes. Jusqu'à
présent, aucune oppportunité ne s'était
présentée pour le faire. Pour chaque hôpital
il y aurait le directeur, le médecin référent
et l'infirmière coordinatrice ainsi que les tutelles....
A l'intention du grand public
Une conférence-débat sur le don et la
greffe d'organes à l'amphitéâtre
de la faculté de droit au centre ville d'Amiens
avec la participation du Pr CABROL le jeudi 19 juin
juste après la réunion-buffet réseau.
Il s'agira d'une table ronde avec plusieurs médecins
(préleveurs et greffeurs) et 2 patients greffés
etc.... qui se tiendra de 20h30 à 23h (projection
de 2 petits films et quelques diapositives/aux chiffres)
avec la participation d'ADOT 80.
Un stand d'information sera tenu en centre ville le
samedi 21 juin de 14h à 18h en partenariat avec
ADOT 80.
Une Opération 1000 bougies aura lieu le samedi
21 juin à 22h à l'hôtel de ville
en partenariat avec la ville et ADOT 80.
Un stand d'information sera tenu le dimanche 22 juin
conjointement sur les sites nord et sud de l'hôpital
.
Pour
plus d'information contacter :
Vincent Prévoteau
Directeur des affaires générales et de
la communication
CHU d'Amiens
Place Victor Pauchet
80000 Amiens
Tél : 03.22.66.80.12.
Fax : 03 22 66 80 19
Mel : prevoteau.vincent@chu-amiens.fr
FORT
DE FRANCE Dans
le cadre de la journée nationale du Don et de
la Greffe du 22 juin, le CHU de Fort de France a prévu
plusieurs manifestations à destination des personnels
hospitaliers et du grand public.
-
du 20 au 30 juin, une exposition dans le hall d'accueil
de l'Hôpital Pierre ZOBDA-QUITMAN explicitera
sur différents panneaux :
l'état de mort encéphalique
la greffe de cornée
la greffe de rein
la greffe de peau
-
les 20 et 23 juin, un film sur le don d'organes sera
diffusé en continu au hall des consultations
externes ainsi qu'au restaurant du personnel.
-
du 23 au 27 juin, sera organisé avec le concours
de l'EFG un séminaire de formation des personnels
hospitaliers.
-
enfin à partir du 22 juin, une campagne d'information
télévisée sur le don d'organes
devrait être diffusée sur les ondes, faisant
apparaître des personnalités locales favorables
au don.
Pour
plus d'information contacter
Yolène PERRONNETTE-DAVILA
Directrice de communication
CHU de Fort de France
BP 632
97261 Fort de France cedex
Tél : 05 96 55 22 30
Fax : 05 96 75 84 02
Mel : Yolenne.Perronnette-Davila@chu-fortdefrance.fr
LILLE Le
CHRU de Lille relaye l'événement sur quatre
journées les 17, 18, 19 et 20 juin.
Toutes les équipes de prélèvement,
de greffe et de la banque de tissus se mobilisent pour
sensibiliser le personnel hospitalier.
Journal
interne du CHRU : Article de deux pages dans l'édition
paru fin mai.
Diffusion
de la plaquette par le circuit interne des fiches de
paie
Stands
d'information avec distribution de plaquettes, échanges?
but : sensibiliser le plus de personnel dans un délai
très court : au moment des repas. Les stands
seront tous positionnés aux alentours des selfs
ou cafétérias.
17 juin : hôpital cardiologique
18 juin : hôpital salengro
20 juin : institut de formation
Intervenants
Adot 59
Association des transplantés hépatiques
Coordination hospitalière
Equipe de prélèvement
Equipe de la banque des tissus?
Point
presse : le 20 juin, à 17h30, à l'hôpital
Calmette
But : sensibiliser au niveau régional le grand
public, par le biais des journalistes. L'objectif est
aussi de faire connaître les équipes du
CHRU qui travaillent pour que cette activité
se développe
Intervenants
Adot 59
Adot 62
Association des transplantés hépatiques
Equipes des différents services du CHRU (chirurgie
générale et endocrinienne, maladies du
sang, Ophtalmologie, Urgences)?
Intranet-internet
But : informer le personnel des manifestations mais
aussi les inviter par le biais d'outils très
fréquentés (intranet : 29 000 connections/jour
- internet : 500/jour)
Manifestations relayées sur les sites internet
et intranet.
Rubrique à découvrir et actualités
au CHRU de Lille
Pour
plus d'information contacter
Sandrine Okraszewski
Responsable de la communication
CHRU de Lille
2, av Oscar Lambret
59037 Lille cedex
Tél : 03 20 44 49 12
Fax : 03 20 44 52 71
Mel : sokraszewski@chru-lille.fr
POITIERS Le
CHU de Poitiers organise une exposition au cours des
deux semaines précédant le 22 juin dans
le hall principal de l'hôpital de la Milétrie
qui voit passer 7500 personnes/jour. Cette exposition
présente l'activité du CHU en matière
de prélèvement et de greffe d'organes.
Outre
cette exposition, un kiosque d'information avec une
permanence est envisagé dans la semaine du 22
juin, en collaboration avec l'Adot.
Enfin,
une conférence de presse prévue début
juin sera l'occasion de faire état de la campagne
2003.
De son côté, l'Association Adot organise
une journée "activités sportives"
le 14 juin, un concert le même jour à 20h30,
des rencontres d'information le 22 juin à l'hôpital
de la Milétrie. L'Adot est associée également
à l'opération des 1000 bougies prévue
la veille, le 21 juin, avec le concours de la ville
de Poitiers.
Pour
plus d'information contacter
Stephan Maret
Responsable de la communication
Direction de la Milétrie et de la Communication
CHU Poitiers
Jean Bernard - 2, rue de la Milétrie
B.P. 577 - 86021 POITIERS Cedex
Tél : 05 49 44 47 47
Fax : 05 49 44 47 48
E-mail : s.maret@chu-poitiers.fr
SAINT-ETIENNE Le
CHU de Saint-Etienne organise une manifestation dans
le cadre de la journée nationale du don et de
la greffe (communiqué de presse + annonce dans
les revues internes + affiches).
Notre
groupe de musiciens - soignants en pédiatrie
- proposera un petit concert (environ 45mn) au personnel,
patients et visiteurs dans le hall d'entrée de
l'Hôpital Nord le vendredi 20 juin en début
d'après-midi (14h30).
Les
cadres de santé de la Coordination hospitalière
des prélèvements d'organes tiendront également
un stand d'information dans ce hall afin de répondre
aux demandes des personnes présentes.
Pour
plus d'information contacter :
Isabelle Zedda
Responsable de la Communication
CHU Saint-Etienne
3, rue Claude Lebois
42055 Saint-Etienne
Tél : 04 77 42 70 00
Fax : 04 77 42 70 48
Mel : isabelle.zedda@chu-st-etienne.fr
STRASBOURG
Le CHU de Strasbourg s'associe à la campagne
nationale pendant la semaine du 16 au 20 juin au travers
des actions suivantes :
- une plaquette d'information sur le don et la greffe
sera distribuée à l'ensemble des agents
hospitaliers dans la semaine du 16 au 20 juin. Cette
plaquette, réalisée au niveau national,
comporte des informations et des photographies propre
à notre établissement.
- Une conférence de presse aurait lieu le lundi
16 juin ou le mercredi 18 juin (selon les agendas).
Elle serait axée sur le relais en local de cette
campagne nationale, sur la coordination hospitalière
et sur l'annonce de la plantation du gigko-biloba en
octobre-novembre pour remercier les donneurs.
- Une information sous forme de stands serait mise en
place dans le hall de Hautepierre
- un stand de l'Établissement Français
des Greffes
- un stand des associations,
- un stand "la greffe aux HUS"
Les objectifs de ces stands sont de poursuivre et de
compléter l'information aux personnels hospitaliers
qui sera permise par la distribution des plaquettes,
mais également de toucher les patients et leurs
familles ainsi que le grand public.
En effet, lors de la conférence de presse, une
information par rapport à la présence
de ces stands sera faite.
Le CHU accueillera également dans le cadre des
Jeux Mondiaux des Transplantés de Nancy qui se
dérouleront du 19 au 27 juillet 2003, un choeur
de 75 enfants de Nancy appelé « Choeur
des Jeux Mondiaux ». Un concert sera donné
le jeudi 10 juillet, en la chapelle catholique de l'Hôpital
Civil.
Pour tous renseignements complémentaires :
Christelle Carrier
Direction de la Communication
CHU de Strasbourg
1, pl de l'hôpital - BP 426
67091 Strasbourg cedex
Tél : 03.88.11.63.54
Fax : 03 88 11 53 83
Mel : cristelle.carrier@chru-strasbourg.fr
À
partir de quelques cellules humaines, des chercheurs
ont fait pousser des vaisseaux sanguins prêts
à greffer.
Un patient qui subit un pontage coronarien a besoin
de vaisseaux sanguins de rechange. À l'heure
actuelle, les chirurgiens utilisent soit des vaisseaux
provenant des jambes du malade, soit des vaisseaux faits
de matériaux synthétiques, qui ont tendance
à boucher après quelque temps. Ils rêvent
de pouvoir utiliser des vaisseaux neufs entièrement
biologiques, cultivés à partir de cellules
du malade, de façon à éviter tout
rejet.
Une
équipe de l'Université Duke, en Caroline
du Nord, a conçu de tels tissus. Dans EMBO Reports
(une publication de l'European Molecular Biology Organization)
du mois de juin, ils expliquent avoir cultivé
quatre artères d'une longueur de 8 centimètres
et d'un diamètre de 3 millimètres.
Ils
ont d'abord prélevé un échantillon
de cellules musculaires lisses humaines, le matériau
de base des vaisseaux sanguins, et ils les ont déposées
dans un milieu de culture pour qu'elles se multiplient.
Ce type de cellules présente cependant un défaut
majeur : elles prolifèrent de façon limitée.
Les chercheurs y ont donc introduit le gène TRTh,
connu pour sa capacité à faire proliférer
les cellules humaines. Ce gène commande la production
d'une partie précise d'une enzyme, la sous-unité
transcriptase inverse de la télomérase
humaine.
Ils
ont ensuite installé les tissus cultivés
sur des supports cylindriques en polymère biodégradable.
Au bout de deux mois, les supports s'étaient
dissous et les chercheurs avaient leurs vaisseaux. Il
ne restait plus qu'à déposer à
l'intérieur des cellules endothéliales,
qui forment la couche interne des vaisseaux.
Reste
deux importantes vérifications à faire
avant la première greffe. Premièrement,
il faut que ces tissus supportent la pression du sang
pompé par un coeur humain. Deuxièmement,
on sait que le gène TRTh est présent dans
90% des cellules cancéreuses; c'est lui qui leur
confère leur immortalité. Le gène
ne cause pas le cancer, mais il faut simplement s'assurer
qu'il ne sera responsable d'aucun autre dysfonctionnement.
Le Pr Degos à la présidence
de l'Etablissement français des greffes
6
juin 2003, Agence France Presse
Le
Professeur Laurent Degos, 57 ans, immunologiste, a été
nommé président du conseil d'administration
de l'Etablissement français des greffes (EFG),
a annoncé vendredi le ministère de la
Santé dans un communiqué.
Le Pr Degos remplace le Pr Jean-Pierre Revillard, décédé
lundi.
Docteur
en biologie humaine et en médecine, le Pr Degos
est chef du service clinique des maladies du sang de
l'hôpital Saint-Louis à Paris. Directeur
de l'unité INSERM Immunogénétique
de la transplantation de 1985 à 1997 et directeur
de l'institut universitaire d'hématologie de
l'hôpital Saint-Louis depuis 1993, il a occupé
la fonction de président du conseil scientifique
de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de
Paris) de 1995 à 2002.
Le
Pr Laurent Degos est également président
de l'Agence française de sécurité
sanitaire des produits de santé (AFSSAPS).
Le
Pr Degos devrait, selon toute vraisemblance, occuper
les mêmes fonctions dans la future Agence de biomédecine
qui devrait être créée en novembre.
Le projet de loi sur la bioéthique actuellement
en cours d'examen prévoit la création
d'une Agence de la biomédecine qui fusionne l'Etablissement
français des greffes (EFG) et une nouvelle entité,
l'Agence de la procréation, de l'embryologie
et de la génétique humaines (APEGH), rappelle-t-on.
Le texte devrait être adopté avant fin
juillet, d'après le calendrier parlementaire.
Le Pr Degos prend ses fonctions à l'EFG dès
jeudi, deux semaines après être arrivé
à l'AFSSAPS.
Par
ailleurs, le successeur du Pr Didier Houssin, directeur
de l'EFG depuis la création de l'établissement
en 1994, devrait être nommé prochainement.
Le Pr Houssin a annoncé début janvier
son souhait de mettre fin à ses fonctions de
directeur de l'EFG. Sa nomination au poste de directeur
de la politique médicale (DPM) à l'AP-HP
a été confirmée récemment
, mais le Pr Houssin assure toujours ses fonctions de
directeur de l'EFG en attendant la nomination de son
successeur.
Cela devrait se faire "dans les deux semaines qui
viennent", a annoncé le Pr Degos, sans donner
plus de précision.
En
janvier, le ministre de la Santé, de la famille
et des personnes handicapées, Jean-François
Mattei, avait indiqué qu'il comptait "prendre
son temps" pour trouver un successeur au directeur
général de l'EFG et avait précisé
qu'il attendrait la fin de la discussion du projet de
loi de bioéthique pour nommer son successeur.
Prélèvements d'organes
: une charte pour un changement culturel
3
juin 2003, communiqué de presse du CHU de Montpellier
Sauver
des vies ! Améliorer l'état de santé
des personnes ! Telles sont les valeurs thérapeutiques
unanimement reconnues aux transplantations d'organes
et aux greffes de tissus.
En 2001, 3211 greffes d'organes ont été
effectuées en France mais, avec une liste d'attente
de 6 036 patients, ces interventions sont loin de satisfaire
les besoins. Il existe un déséquilibre
fort entre le nombre de greffons susceptibles d'être
proposés et le nombre de malades en attente de
greffes.
Or,
l'offre de greffons résulte de l'activité
particulière de prélèvement d'organes
et de tissus, qui est l'étape initiale essentielle
de la transplantation. Pour renforcer cette activité
en Languedoc-Roussillon, quatre centres hospitaliers
ont décidé d'unir leurs efforts.
Sous
l'impulsion de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation
(ARH) et en adéquation avec la politique de l'Etablissement
Français des Greffes (EFG), un réseau
a été créé entre les CHU
de Montpellier et de Nîmes et les centres hospitaliers
de Perpignan et de Béziers : RE-PRE-LAR, le REseau
de PRElèvements multi-organes et tissus Languedoc-Roussillon
dont la vocation est de soutenir l'action des établissements
publics de santé en matière de prélèvement.
Ce
nouveau mode de fonctionnement a permis d'augmenter
significativement les taux de prélèvements
et de greffes : De 1999 à 2001 le taux de prélèvement
par million d'habitants en Languedoc Roussillon est
passé de 10,5 à 18, 7 dépassant
de près d'un point la moyenne nationale : 17,8.
Forts
de ce succès, les 4 établissements ont
souhaité formaliser leur démarche dans
une charte, unique en France, qui témoigne d'un
véritable changement culturel. Cette charte est
fondée sur une approche globale du prélèvement
en tant qu'enjeu de santé publique, sur un encouragement
à unir les efforts et à partager les résultats,
dans une conception non hiérarchique du travail
et selon le principe d'une libre adhésion. La
charte a été signée le 6 novembre
2002.
La
greffe en France et en Languedoc Roussillon en 1999
Jusqu' en 1999, le taux de transplantation d'organes
et tissus en Languedoc Roussillon se situait dans la
limite inférieure de la moyenne Nationale. Cette
situation pénalisait les patients. Les délais
d'attente de transplantation lourde étaient plus
longs et de nombreux patients inscrits sur la liste
d'attente décédaient. A ces terribles
conséquences sanitaires s'ajoutaient des considérations
économiques non négligeables représentées
par le coût de la prise en charge de l'insuffisance
rénale terminale par exemple.
A cette époque l'activité de prélèvement
reposait entièrement sur le CHU Montpellier.
Par ailleurs, le manque de sensibilisation et d'information
du grand public, induisait un taux important d'opposition
au don d'organes : 40% en Languedoc-Roussillon contre
32% au niveau national. En 2001 ce taux a été
ramené à 29%.
Après
1999, un réseau de soins s'est activé
en Languedoc-Roussillon
A partir de 1999, le CHU de Montpellier, en tant que
"tête de pont du Réseau ", a
organisé une coopération inter régionale
en réseau qui a permis aux CH de Béziers
et de Perpignan puis au CHU de Nîmes d'obtenir
l'autorisation de prélèvement. Chaque
établissement a institué un Comité
de Prélèvement, défini des objectifs
en matière de recensement et de Prélèvement
de donneur potentiel, et mis en place, grâce au
plan greffe, le personnel chargé de l'activité
de prélèvement.
Depuis 2002 ce réseau s'élargit aux cinq
autres établissements publics de santé
de la région : les centres hospitaliers de Mende,
d'Alès, de Bagnols/céze, de Sète
et de Narbonne. Ces établissements sont habilités
à prendre en charge les donneurs potentiels et
leur famille et à assurer le transfert du donneur
dans un établissement du réseau autorisé
à prélever.
WELLINGTON
(AP) - Alors que Jonah Lomu a subi samedi sa première
dialyse, l'avenir sportif du mythique ailier All Blacks,
qui est condamné à courte échéance
à une greffe du rein, semble très compromis.
John Mayhew, le docteur de la Fédération
néo-zélandaise de rugby, a indiqué
que des efforts sont faits pour trouver rapidement un
donneur compatible, ce qui permettrait à Lomu
d'échapper à une attente d'au moins trois
ans pour une opération. Le médecin n'exclut
pas un retour sur les pelouses du géant d'origine
maori même s'il reconnaît que «possible»
n'est pas forcément «probable».
«Nous allons remettre Jonah d'aplomb, lui trouver
un rein pour voir ensuite ce qu'il advient. Je dis que
c'est faisable (un retour au rugby), je ne dis pas que
c'est probable», a expliqué Mayhew.
Les avis des experts sont contradictoires concernant
l'avenir sportif d'un athlète bénéficiaire
d'une greffe d'un rein. Krishnan Madhan, un spécialiste
du rein à Auckland, reste optimiste, indiquant
qu'il est possible de vivre normalement après
ce genre d'opération et même de pratiquer
à nouveau un sport. D'autres estiment qu'il est
dangereux de s'exposer après une transplantation,
et qu'il faut éviter les sports de contacts comme
le rugby.
Lomu qui a indiqué se sentir «bien et fort»
après la dialyse, a clairement affirmé
sa volonté de retrouver le haut niveau. «Mon
rêve a toujours été de porter le
maillot des All Blacks», a-t-il dit sur son site
internet. «Ce rêve n'a pas changé.
Je vais faire tout mon possible pour revenir au meilleur
de ma forme».
Plus de 400 Néo-Zélandais sont en liste
d'attente pour recevoir un rein, et hormis la famille,
il est souvent difficile et long de trouver un donner
compatible.
Agé de 28 ans, Lomu a marqué de sa griffe
le rugby à XV moderne, par sa puissance et sa
vitesse d'exécution. Il est entré dans
la légende des All Blacks lors de la Coupe du
monde 1995, quand en demi-finale il avait inscrit quatre
essais face à l'Angleterre, jamais aucun Néo-Zélandais
n'ayant réussi pareil exploit auparavant.
Crédité de 63 sélections, Lomu
détient le record d'essais inscrits en Coupe
du monde, avec 15 réalisations.
Jonah
Lomu ne jouera sans doute plus jamais au rugby. La star
mondiale souffre dune grave maladie à un
rein et devra subir une greffe. La planète ovale
perd son plus grand ambassadeur, un extraterrestre qui
a révolutionné ce sport à lui tout
seul.
Une fin de carrière irrémédiable
A seulement 28 ans, Jonah Lomu doit mettre un terme
à sa carrière de joueur de rugby. La faute
à un grave dysfonctionnement rénal, le
syndrome néphrotique, qui détériore
les fonctions vitales du rein et entraîne de multiples
effets secondaires comme de lanémie, le
gonflement des membres ou des pertes de sang. Lomu,
comme de nombreux maoris, était a priori prédisposé
à cette maladie et en a toujours probablement
souffert alors que le mal ne fut décelé
quen 1996. Joeli Vidiri, un autre ailier All Black,
a connu le même problème et a mis un terme
à sa carrière après une greffe.
Le phénomène dorigine tonguienne
devra passer lui aussi sur le billard. Depuis 1996,
il suivait un traitement très lourd pour soigner
sa maladie et pouvoir continuer non seulement à
vivre normalement, mais aussi et surtout à jouer
au rugby. Durant ces sept années, il était
parvenu à dompter le mal, ou du moins à
repousser léchéance.
Cette année, le spectre du virus la rattrapé.
Auteur dune saison très moyenne avec les
Wellington Hurricanes dans le Super 12, Lomu nétait
que lombre de lui-même. Lent et pataud,
il ne jouait quasiment plus, et il avait même
été exclu de la liste des All Blacks retenus
pour la tournée de la France et de lAngleterre
en juin. En réalité, son état de
santé se détériorait chaque jour,
et la semaine dernière, il a du être hospitalisé
à Auckland dans un état de fatigue extrême
afin dy subir des séances de dialyse. Ensuite,
il devra se faire transplanter un rein valide pour retrouver
un vie normale. Il na plus dautre alternative
que de mettre un terme à sa carrière.
Car il faudra dabord trouver un organe compatible
(de nombreux fans se sont déjà portés
volontaires) et ensuite procéder à la
greffe, sans garantie de succès. Après,
il faudra épargner le nouveau rein, et il lui
sera impossible de le martyriser dans un sport de contact
comme le rugby. Jonah Lomu a donc disputé son
dernier match avec Wellington le 29 mars contre Waikato.
Une
carrière exceptionnelle
Lomu restera comme la première et peut-être
la plus grande star du rugby mondial. Joueur hors norme
(1, 96m pour 118 kilos), il débarque sur la planète
ovale en 1994 avec la fulgurance qui le caractérise
déjà. A 19 à peine et après
seulement trois matches à laile (il est
troisième ligne de formation), il est sélectionné
sous le mythique maillot à la fougère
argenté et devient le plus jeune All Black de
lhistoire. En 1995, il va éclabousser de
sa classe la Coupe du monde en Afrique de Sud et provoquer
inconsciemment la plus grande révolution de lhistoire
de ce sport. Par ses performances extraordinaires, notamment
ses quatre essais en demi-finale contre lAngleterre,
Lomu ouvre le rugby à la face du monde et va
attirer un public grandissant, en même temps que
des sponsors qui ont flairé le bon filon. Le
professionnalisme fera son entrée dans le rugby
un an plus tard, en partie grâce à un extraterrestre
néo-zélandais qui repousse les limites
de ce jeu.
Un
phénomène unique
Malgré une première interruption de carrière
en 1997 pour suivre un premier traitement, le plus célèbre
numéro 11 du monde ne cessera de susciter de
ladmiration chez les supporters en même
temps que de la peur chez les adversaires. Auteur de
37 essais en 63 sélections, sa puissance et sa
vitesse bouleversent les règles établies
dans le microcosme de lovalie. Les gabarits dans
les lignes de trois-quarts explosent, les systèmes
de défense sont travaillés pour tenter
de stopper «la machine Lomu». On ne verra
plus jamais sur un terrain ses charges dévastatrices,
ses courses folles, ses raffuts destructeurs dont le
pauvre ailier anglais Tony Underwood cauchemarde encore
depuis 1995. Sur son site internet, Lomu déclare
: Mon rêve a toujours été de porter
le maillot des All Blacks et il na pas changé.
Je vais tout faire pour retrouver ma meilleure forme,
et avec vous tous je peux y arriver. Il faut toujours
avoir un rêve.». Le grand joueur est aussi
un grand monsieur, dun courage et dune volonté
exemplaires. Mais il faut être réaliste,
Jonah Lomu ne rechaussera plus jamais les crampons.
Il aura été une étoile filante,
comme un mythe qui tutoie les sommets avant de replonger
brutalement dans la réalité. Le joueur
sen va, et son souvenir restera à tout
jamais dans nos mémoires, mais lhomme sera
bientôt guéri. Au fond, cest bien
là lessentiel.
Du nouveau dans le développement
du rein bio-artificiel
2
juin 2003, traduction de la dépêche Ascribe
David
Humes, professeur de médecine interne à
l'université du Michigan, et pionnier de la transplantation
hépatique, vient de se voir attribuer un financement
de 1,4 millions de dollars pour ses recherches relatives
au rein bio-artificiel pour les malades en hémodialyse
chronique. Ces patients souffrent fréquement
de complications liées à des phénomènes
inflammatoires. Humes pense qu'ils sont liés
au fait que l'hémodialyse classique ne remplace
pas les fonctions tubulaires de leurs reins défaillants.
Il envisage donc d'ajouter au circuit de dialyse un
dispositif contenant des cellules rénales tubulaires,
qui seraient en mesure d'assurer un contrôle des
phénomènes inflammatoires.
Xénogreffe de porc : le récepteur
du virus PERV est identifié
27
mai 2003, Le Quotidien du Médecin
On
sait que, en raison de la pénurie de greffons,
on espère pouvoir greffer à l'homme des
organes d'animaux (il s'agit des xénogreffes),
le porc apparaissant un bon donneur potentiel. Mais
on se heurte à un obstacle de taille avec les
organes de porc : le virus porcin PERV (Porcine Endogenous
RetroVirus) risquerait d'être transmis à
l'homme.
Pour bien prendre la mesure du problème, il faut
se rappeler que le PERV est intégré au
génome des cellules germinales du porc. De ce
fait, tout porcelet naît porteur du virus. Cela
ne pose aucun problème pour l'animal. Mais il
est logique de redouter que la greffe d'un organe du
porc transmette le virus à l'homme.
Un pas vient d'être fait : dans les « Proceedings
» de l'Académie des sciences américaine,
une équipe de la société Immerge
Biotherapeutics Inc. annonce l'identification du récepteur
utilisé par le PERV pour pénétrer
dans les cellules. Il s'agit d'une découverte
importante car elle va permettre de rechercher des stratégies
pour empêcher la réplication du PERV.
«
Proc Natl Acad Sci USA », 27 mai 2003, pp. 6759-6764.
Dix
ans après la création de lÉtablissement
français des greffes, la France veut faire de
la greffe un objectif de santé publique
Avec
un peu davance sur le calendrier, lÉtablissement
français des greffes (EFG), créé
en janvier 1994, célèbre aujourdhui
ses dix ans dexistence. Cet anniversaire coïncide
avec le projet, inclus dans la révision des lois
bioéthiques, de faire de la greffe une priorité
de santé publique. Il y a urgence, en effet.
Car si le secteur de la greffe a été redressé
et assaini, il bute toujours sur le problème
majeur du manque de greffons.
«
Nous sommes nés dans une période de crise
», se souvient le professeur Didier Houssin, président
de lEFG. Le mot nest pas trop fort. Au début
des années 1990, le secteur des greffes, en pleine
tourmente, tangue dangereusement. Il y a dabord
les « affaires », qui nen finissent
pas dalimenter la suspicion.
Celle
du sang contaminé, mais aussi celle dAmiens
: en 1991, des parents qui avaient accepté que
lon prélève des organes sur le corps
de leur fils découvrent que lhôpital
leur a menti sur le nombre et la nature des organes
prélevés. Ce ne sont pas quatre, mais
une dizaine de prélèvements qui ont été
effectués, dont ceux des deux cornées.
Ils apprendront ainsi que les globes oculaires de leur
fils ont été énucléés.
Cest
le début dune longue période de
défiance qui se traduira par une chute de 30
% des prélèvements de cornée entre
1991 et 1994. Parallèlement, les dons dorganes
plongent eux aussi de 20 %, après que la presse
sest fait lécho de suspicions de
trafics de priorités et a révélé
que certains centres greffent jusquà 80
% de patients non résidents, alors que lon
narrive même pas à satisfaire les
besoins nationaux
Dix
ans plus tard, cette sombre période nest
plus quun mauvais souvenir. LEFG, agence
gouvernementale créée pour rétablir
la situation, a moralisé le secteur. Et les résultats
sont là : depuis la fin des années 1990,
la courbe des prélèvements est repartie
à la hausse, signe que la confiance est revenue.
Le
plan greffe adopté en 2000 a permis de passer
de 15 à 20 prélèvements par million
dhabitants fin 2002, et lan dernier, les
1.198 prélèvements ont même été
atteints (contre 1.066 en 2001), un niveau record dépassant
pour la première fois celui de 1989. Mais,
dans le même temps, 10.797 patients restent inscrits
en attente de greffe. Et lan dernier, 227 dentre
eux sont décédés avant davoir
pu recevoir lorgane salvateur. Toujours à
cause dun manque de greffons.
Les
raisons de cet écart persistant entre loffre
et la demande sont multiples. Elles tiennent dabord
à la rareté de létat de «
mort encéphalique » ou « mort à
cur battant », seul compatible avec le don
dorgane. Celle-ci ne sobserve que dans 1
% des décès hospitaliers, ceux qui surviennent
en réanimation après un traumatisme crânien,
un accident vasculaire-cérébral, un suicide
ou un accident de la route, par exemple.
Les
« pourvoyeurs » potentiels de greffons sont
donc, à la base, en nombre limité. De
plus, ils ne sont pas toujours prélevés,
pour des raisons dorganisation ou de réticence
des équipes médicales. « Ce nest
pas facile pour les équipes de passer du «
on peut le sauver » à « on va le
prélever », analyse Didier Houssin.
Le
prélèvement se heurte ensuite à
un certain nombre de refus, de lordre de 30 %.
Avant 1994, ceux-ci ne pouvaient pas sexprimer,
car la loi Caillavet stipulait que toute personne nayant
pas fait connaître de son vivant son opposition
au prélèvement était présumée
consentante. En 1994, ces règles ne faisant plus
lunanimité, le législateur en a
fixé de nouvelles. Aujourdhui, toute personne
opposée au prélèvement peut sinscrire
sur un registre national des refus que les médecins
sont tenus de consulter.
En
outre, deuxième garde-fou, lorsquune personne
ne se trouve pas sur le registre, les médecins
doivent recueillir le « témoignage »
de sa famille, pour être sûrs de ne pas
aller contre la volonté du défunt. Cest
là que surgissent les refus.
Ceux-ci
ont plusieurs causes, complexes et entremêlées.
Claire Boileau, anthropologue, a interrogé de
manière approfondie, dans le cadre dune
recherche, une quarantaine de personnes sollicitées
pour un don. Selon elle, lopposition au prélèvement
relève de trois grandes causes.
Il
y a dabord la confrontation brutale au deuil :
«Certaines familles réalisent que leur
proche est mort quand on leur parle du prélèvement
! Les deux annonces se télescopent alors, rendant
difficile la prise de décision rapide quon
leur demande.»
Puis
le rejet du morcellement corporel quimplique le
prélèvement, « vécu à
la fois comme une violence faite au corps et comme une
réduction de la personne à ce même
corps ».
Il
y a, enfin, la question de la volonté du défunt,
qui nest pas toujours connue. « Et même
si la famille sait ce quil aurait souhaité,
il lui arrive de refuser, pour éviter des conflits
intra-familiaux. »
Compte
tenu de ces éléments, le sociologue Patrick
Baudry, spécialiste de la mort, sétonne
que lon soit surpris du nombre de refus : «
Le don ne va pas du tout de soi, car il est vécu
comme une atteinte au mort. Par ailleurs, il peut faire
craindre, imaginairement, quune partie de la personne
morte survive dans une autre. Or, toutes les cultures
sorganisent pour bien différencier les
morts des vivants. Cest la fonction des rites
funéraires. Le mélange, la confusion possible
entre la mort et la vie réactive ainsi des angoisses
fondamentales, comme la crainte que le mort puisse saisir
le vif. »
Est-ce
à dire que les 30 % dopposition (un pourcentage
qui na guère varié depuis 1995)
représentent un taux incompressible ? Ces observateurs
ne sont pas loin de le penser.
Un
homme, pourtant, est déterminé à
inverser la tendance. Le député (UMP,
Val-de-Marne) Pierre-Louis Fagniez, rapporteur des lois
bioéthiques, veut profiter de la deuxième
lecture du texte devant lAssemblée nationale
pour faire de la greffe une priorité nationale.
Il avance plusieurs propositions avec un espoir : que
lappel aux sentiments daltruisme et de solidarité
donne le moyen de dépasser des inquiétudes
éminemment humaines.
Un
mois avant la Journée nationale de réflexion
sur le don d'organes, organisée le 22 juin, la
Fédération des associations pour le don
d'organes et de tissus humains (ADOT) prépare
le terrain de la sensibilisation de l'opinion publique.
Parmi
tous les orateurs : le Pr Christian Cabrol - qui a réalisé,
en 1968, la première greffe du cur en Europe
-, Chantal Biccochi, la présidente de l'Association
française des coordinateurs hospitaliers de prélèvement,
et Marie-Claire Paulet, présidente de France
ADOT, Angélique de Lezardière est incontestablement
celle qui parle le mieux du don d'organes.
Lors
d'une conférence de presse organisée par
France Adot pour sensibiliser l'opinion, un mois avant
la Journée nationale de réflexion sur
le don d'organes, le 22 juin prochain, la jeune femme
de 20 ans, greffée du foie, s'est prêtée
avec simplicité au jeu du témoignage.
Et ce n'est pas tant son histoire qui frappe les esprits
que son sourire épanoui. Greffée à
l'âge de 4 ans, parce qu'elle souffrait d'une
atrésie des voies biliaires, Angélique,
qui arbore un grand pendentif en forme de cur,
n'a que peu de souvenirs des diverses opérations
qu'elle a dû subir avant de recevoir son nouveau
foie. « C'est en octobre 1987 que j'ai eu la chance
que quelqu'un me donne son foie, raconte-t-elle. Je
lui serai éternellement reconnaissante. J'estime
que j'ai une chance incroyable. Je prends des immuno-suppresseurs
mais j'y suis habituée : c'est comme me brosser
les dents. » Angélique anticipe les questions
sur sa scolarité : elle vient juste de passer
le concours d'HEC. « Je suis très heureuse
de vivre. Je me rends compte du prix de la vie »,
poursuit-elle. Chantal Biccochi, qui assure la coordination
du prélèvement d'organes à l'hôpital
Beaujon (AP-HP), évoque la difficulté
de parler du don d'organes aux familles confrontées
brutalement à la mort, à la particularité
de la mort encéphalique qui mime la vie et emprunte
la régularité des mouvements respiratoires.
« Il y a une scission très importante entre
les activités de prélèvement et
de transplantation, explique-t-elle. Mais nous avons
parfois la chance de rencontrer quelqu'un comme Angélique.
C'est notre récompense », assure-t-elle.
Pour les coordinateurs hospitaliers du prélèvement,
le recueil de la volonté du défunt se
révèle d'autant plus difficile quand la
famille l'ignore. La volonté se déduit
alors du mode de vie de la personne, de sa philosophie.
Paradoxe : si 90 % des Français se disent en
faveur du don, seulement 24 % d'entre eux ont fait connaître
leur décision. Or, l'enjeu de la greffe dépend
de la transmission de cet avis : c'est à la famille
qu'il reviendra de témoigner de la volonté
du défunt. « Nous demandons toujours le
témoignage de la famille, et cela même
si le défunt portait sur lui une carte de donneur
», précise Chantal Biccochi.
Chaque année, en France, plus de 3 600 personnes
bénéficient d'une greffe d'organes. La
journée du 22 juin 2003 sur le don d'organes,
organisée par l'Etablissement français
des greffes, a pour but d'inviter chacun à faire
connaître sa position, positive ou négative,
à sa famille. En France, le taux de refus est
encore trop élevé (environ 32 %), souvent
parce que la famille ne connaît pas la volonté
du défunt. Une campagne radio sera diffusée
du 18 au 22 juin. Le 22, un grand événement
symbolique délivrant un message d'espoir pour
les 10 000 malades en attente de greffe se déroulera
à Paris et dans 27 autres villes de France. Sur
une place centrale, les Français seront invités,
dans un geste de solidarité, à venir allumer
1000 bougies. En parallèle, 400 000 professionnels
de santé travaillant dans les hôpitaux
qui pratiquent des greffes seront personnellement informés
sur les activités de prélèvement
et de greffe et sur l'engagement de chacun dans la chaîne
continue où interviennent de nombreux métiers
jusqu'à l'aboutissement du prélèvement
et de la greffe.
Les corps après la mort
: débat autour du don d'organe
19
mai 2003, Le Monde
Le
scandale provoqué par la découverte, en
Grande-Bretagne, que des prélèvements
de cerveaux humains ont, durant les trente dernières
années, été effectués dans
des conditions illégales (Le Monde du 13 mai)
est riche d'enseignements. Il témoigne d'une
évolution notable, sans doute irréversible,
de l'opinion quant à ce que le corps médical
peut ou non être autorisé à faire
sur le corps des personnes décédées.
Il rappelle les difficultés croissantes auxquelles
sont confrontées les équipes médicales
spécialisées dans le prélèvement
et la greffe d'organes à des fins thérapeutiques.
Enfin,
l'affaire démontre l'urgence qu'il y a, en Grande-Bretagne
comme ailleurs - et notamment en France -, à
forger un nouveau cadre législatif qui permettrait
de concilier plusieurs nécessités : le
respect dû au corps humain après la mort,
l'expression de la volonté individuelle ainsi
que les progrès de la médecine et de la
biologie.
L'un
des aspects les plus étonnants de l'histoire
réside dans un paradoxe : si la loi de 1961 sur
les prélèvements d'organes (Human Tissue
Act) interdit toute ablation sans le consentement explicite
des proches du défunt, elle ne prévoit
pas de sanctionner les praticiens qui ne respecteraient
pas cette disposition... Sans doute peut-on voir là
l'une des formes du pragmatisme britannique et une manière,
certes quelque peu discutable, de ne pas s'opposer en
définitive aux progrès scientifiques.
Mais
ce qui pouvait être tacitement toléré
il y a quarante ans est aujourd'hui devenu proprement
intolérable. L'évolution des perceptions
dans ce domaine résulte, entre autres, du développement
considérable - grâce aux progrès
conjoints de la réanimation, de la chirurgie
et de la pharmacologie immunosuppressive - de la pratique
des greffes d'organes.
Après
une période où elles furent saluées
comme un exploit spectaculaire de la médecine
moderne (que l'on se souvienne de l'aura de Chris Barnard,
auteur, en 1967, de la première transplantation
de cur), ces greffes, en se multipliant, devaient
rapidement se banaliser. L'élargissement des
indications et, corollaire, du nombre des malades en
attente de l'intervention salvatrice conduisit, dans
de nombreux pays industrialisés, à une
demande sans cesse croissante d'organes. Le paradoxe
voulut que cette évolution se produisît
à une époque marquée, sinon par
une véritable contestation contre le "pouvoir
médical", du moins par une adhésion
de moins en moins forte à l'idéologie
triomphaliste d'une médecine "toute-puissante".
C'est
dans ce contexte qu'éclatèrent en France,
au début des années 1990, plusieurs affaires
dans lesquelles des médecins furent accusés,
comme aujourd'hui en Grande-Bretagne, d'avoir "
volé" des organes post mortem. En France,
il y eut notamment en 1992 le grand retentissement de
l' "affaire d'Amiens" après la découverte,
par les parents d'un adolescent décédé
après un accident de la circulation, qu'une équipe
du CHU de cette ville avait prélevé les
yeux de leur fils. Cela, alors même que - tout
en n'étant nullement opposés au principe
même du prélèvement - les parents
assuraient avoir explicitement demandé que l'on
ne procédât pas à cette amputation.
Il
y avait eu aussi, peu de temps auparavant, la découverte
à Nantes que des têtes de cadavres avaient
été utilisées, dans le cadre d'une
instruction judiciaire, à des fins de recherches
balistiques. Il y eut encore les réactions indignées
de ceux qui apprirent que des cadavres humains pouvaient
servir à améliorer la sécurité
des habitacles automobiles.
LES
DIFFÉRENTS USAGES
Bien
qu'étant de nature fondamentalement différentes,
toutes ces affaires avaient en commun l'utilisation,
par le corps médical, de cadavres humains dans
des conditions finalement considérées
comme inacceptables. Elles eurent, de ce fait, un impact
très négatif sur la pratique des prélèvements
d'organes, aucun effort de pédagogie n'ayant
été entrepris pour tenter d'expliquer
les différents usages (à visée
médico- légale, scientifique ou thérapeutique)
qui peuvent être faits du corps humain après
la mort.
Initialement
encadrée par la loi Caillavet de 1976 puis par
les lois de bioéthique de 1994, la pratique du
prélèvement d'organes à des fins
thérapeutiques a toujours, en France, été
fondée sur un malentendu. La loi Caillavet repose
sur le principe du consentement présumé
: ne pas s'opposer explicitement, de son vivant, au
prélèvement post mortem autorise, de facto,
ce prélèvement. Mais, dans la pratique,
les équipes médicales demandaient, de
manière quasi systématique, l'accord de
la famille - ne serait-ce que pour savoir si le défunt
avait de son vivant exprimé ou non une opinion.
Sans remettre en cause ce principe, les lois de 1994
ont prévu de faciliter l'expression du refus
en créant un registre national automatisé,
ce refus pouvant être révoqué à
tout moment.
Pour
autant, les médecins doivent toujours, en l'absence
d'un refus clairement exprimé, obtenir l'accord
de la famille. Le projet de révision des lois
de bioéthique de 1994 - dont l'examen en seconde
lecture par l'Assemblée nationale vient d'être
repoussé sine die - ne comporte, sur ce point
aucun changement. Sauf un : la possibilité de
passer outre la volonté de la famille, dès
lors que - référence à la forme
humaine de la maladie de la vache folle - des impératifs
de santé publique imposeraient la pratique de
l'autopsie afin d'établir les causes exactes
du décès.
Une
telle situation est d'un point de vue sanitaire doublement
pénalisante. Elle constitue tout d'abord un frein
majeur au développement des greffes d'organes
et condamne de ce fait à une mort programmée
des personnes en attente d'une greffe. Elle conduit,
d'autre part, à la quasi-disparition de la pratique
de l'autopsie scientifique, pratique essentielle à
la formation des praticiens et aux progrès de
la médecine. La situation est d'autant plus paradoxale
que, cinq ans après la création du registre
national du registre des refus, seules 55 000 personnes
ont manifesté leur opposition à toute
forme de prélèvement post mortem.
Le
moment, dès lors, semble venu d'entendre les
arguments de ceux qui, comme le professeur Claude Got,
spécialiste d'anatomo-pathologie et de santé
publique, plaident pour un dispositif qui imposerait
à chaque citoyen de formuler, de son vivant,
une acceptation ou un refus. C'est un choix qui, via
les technologies de l'informatique, pourrait être
modifié à tout moment.
Sans
doute ne sera-t-il pas simple d'expliquer les raisons
qui conduisent notre société à
devoir demander systématiquement à chacun
son avis, favorable ou défavorable, sur les différents
usages qui peuvent être faits de son corps après
sa mort. Pour autant, seule une telle entreprise permettra,
démocratiquement, de respecter les choix individuels
sans pour autant s'opposer aux développements
de la connaissance et aux progrès que la médecine
moderne parvient à accomplir en inventant de
nouvelles formes, biologiques, de solidarité
et de fraternité.
Des
chercheurs américains et français affirment
avoir réussi à créer in vitro des
ovocytes à partir de cellules souches embryonnaires
de souris.
Ces
"super-cellules", connues pour leur capacité
à donner naissance à de nombreux types
de cellules différenciées, n'avaient encore
jamais permis d'obtenir des cellules germinales.
L'annonce
de cette première est donc d'importance. Pour
la réaliser, Karin Hübner, de l'Université
de Pennsylvanie, et ses collègues ont progressivement
sélectionné certaines cellules souches
parmi toute une population en fonction de marqueurs
génétiques fluorescents signalant un potentiel
à devenir des ovocytes.
Ils
ont ainsi obtenu des follicules (des cellules ovariennes
qui permettent la maturation des ovocytes) et les fameux
ovocytes, apparemment sains et capables d'entrer en
méiose.
Déjà,
les législateurs entrevoient les implications
de cette découverte si elle était reproduite
chez l'homme. En effet, l'une des raisons invoquées
jusqu'à présent pour s'opposer au clonage
thérapeutique était la crainte de voir
s'organiser un véritable marché d'ovules,
nécessaires à la création d'embryons
clonés.
Mais dans le cas d'une fabrication en laboratoire de
ces ovules, l'argument ne ferait pas long feu.
L'examen
des nouvelles lois encore repoussé à l'Assemblée.
Le
report du vote des lois concernant l'aide médicale
à la procréation, le clonage, ou les greffes
d'organes ajoute à la confusion des règles
médicales. aura-t-il un jour de nouvelles lois
sur la bioéthique ? Elles devaient être
examinées au printemps à l'Assemblée
nationale en deuxième lecture. Mais cela traîne.
Adoptées en première lecture au Sénat
au début de l'année, elles ont manifestement
du mal à trouver une place dans le calendrier
parlementaire. D'abord prévues au début
du mois d'avril, repoussées ensuite à
la fin du mois de mai, les lois de bioéthique
pourraient maintenant passer devant les députés,
au mieux "dans la deuxième quinzaine de
juin", affirme-t-on au ministère de la Santé.
Qui se garde encore d'avancer une date précise.
Et
c'est bien ce qui inquiète. "Je ne vois
pas quand elles seront débattues. Il y a au moins
deux, voire trois, lois de santé qui sont prioritaires
sur la bioéthique et qui doivent être examinées
à cette période", souligne un parlementaire.
Pourtant, ces lois sont essentielles : elles abordent
non seulement les questions d'aide médicale à
la procréation mais aussi le clonage, les greffes
d'organes, et posent les jalons d'une nouvelle Agence
de la procréation. Aujourd'hui, tout reste en
suspens. On attend. Certaines règles médicales
deviennent confuses entre les médecins qui appliquent
l'ancienne loi et ceux qui ont anticipé la nouvelle.
En
janvier, le Sénat avait pourtant voté
le texte. Sans que la gauche et la droite aient d'ailleurs
réussi à s'accorder. Alors qu'en 1994,
comme au printemps 2002 lors de l'examen en première
lecture du texte proposé par le gouvernement
Jospin, la gauche et la droite s'étaient retrouvées.
La majorité UMP-UC du Sénat avait voté
l'interdiction du clonage théra peutique, y voyant
"une porte ouverte au clo nage reproductif",
les voix du PS et du PC se prononçant contre
cette interdiction.
Trois
mois plus tard, au début du mois d'avril, la
Commission des affaires sociales de l'Assemblée
a débattu puis adopté le projet de loi.
Rejetant encore un amendement déposé par
Roger-Gérard Schwartzenberg, l'ancien ministre
de la Recherche (PRG), qui demandait à légaliser
le clonage thérapeutique. Certains députés
estiment qu'en retardant l'examen des lois de bioéthique,
les arbitrages rendus deviennent caducs.
Transplantation : un pas vers l'induction
de tolérance
9
mai 2003, Reuters santé
Près
de 80 transplantés suivis au Centre médical
de l'université de Pittsburgh sont soumis actuellement
à un traitement anti-rejet peu conventionnel.
Certains d'entre eux ne prennent qu'une dose de médicament
par semaine, tout en conservant leur greffon sans aucun
problème. C'est le thème d'un article
paru la semaine dernière dans la revue médicale
"The Lancet".
Depuis
environ un an, les médecins de Pittsburgh proposent
à leurs patients transplantés (rein, foie,
pancréas et intestin) un protocole qui leur permet
d'espérer pouvoir se passer presque complètement,
à terme, d'immunosuppression.
"
Nous tentons pour chaque malade de déterminer
la dose minimale d'immunosuppression nécessaire
à la tolérance de son greffon, avec le
but d'éliminer totalement, à terme, les
anti-rejets. " déclare Ron Shapiro, directeur
du programme de transplantation rénale.
Le
pionnier de la transplantation Thomas Starzl et ses
collègues ont exposé les résultats
des 82 premiers patients de cette étude. Avant
leur greffe, chacun d'entre eux a reçu une dose
d'un médicament destiné à supprimer
toute réponse immunitaire.
Après
l'opération, et en l'absence de rejet, ils ont
été soumis à une thérapie
immunosuppressive constituée uniquement de Tacrolimus
(FK-506). D'ordinaire, les greffés doivent prendre
un cocktail de différents médicaments
pour empêcher les rejets. Après quatre
mois sous tacrolimus et en l'absence de problème
particulier, les médecins ont progressivement
diminué les doses.
Après un an, 78 des 82 patients étaient
toujours en vie. 13 à 18 mois plus tard, 72 d'entre
eux avaient toujours un greffon fonctionnel, et 43 prenaient
des doses de tacrolimus largement inférieures
à la norme.
Six
patients prennent ce médicament tous les deux
jours, 11 trois fois par semaine, 15 deux fois par semaine
et 11 une fois par semaine.
Une
thérapie immunosuppressive à vie pour
tous les transplantés a longtemps été
considérée comme un mal nécessaire.
Elle permet de prévenir les rejets, mais a également
pour conséquences de provoquer de graves infections,
des cancers, et même dans certains cas, paradoxalement,
la destruction du greffon qu'elle est sensée
protéger
Starlz
et son équipe pensent que leur protocole parvient
à un équilibre qui empêche les rejets
et permet l'installation d'une tolérance de l'organe
transplanté sur le long terme. C'est un concept
appelé "induction de tolérance".
Leur
étude doit être considérée
comme une preuve qu'une tolérance de greffe peut
être induite chez une large proportion des patients.
L'étape suivante consistera à déterminer
quels patients peuvent espérer bénéficier
de cette méthode et voir ainsi leur traitement
anti-rejet allégé ou tout simplement supprimé
Les
chercheurs de Pittsburgh travaillent actuellement sur
l'identification de ces candidats. Une étude
visant à déterminer les critères
qui font que certains greffés se portent mieux
avec le protocole de Starlz qu'avec un traitement classique
est en cours.
Une néphrologue de Chicago
donne un rein à une de ses malades
28
avril 2003, Chicago Sun Times
Traduction partielle de l'article de Chris Fusco
Pour
le Dr Susan Hou, âgée de 56 ans, donner
un rein était un projet de longue date.
Voilà trente ans, elle a vu un de ses amis de
la faculté de médecine affronter l'insuffisance
rénale.
"Il passait son temps à lire des ouvrages
médicaux sur le sujet - certains chapitres en
particuliers, ceux qui abordaient la façon dont
les insuffisants rénaux mourraient "
se rappelle t-elle.
"Compte tenu du coût du traitement à
l'époque, il se demandait quelle solution choisir
: mourir d'office, ou bien ruiner sa famille puis mourir.
C'est ainsi qu'est né mon projet de devenir une
donneuse de rein."
Elle
avait ainsi proposé son rein à son ami,
mais finalement celui ci a pu recevoir celui de son
frère
Ces
événements ont marqué le Dr Hou
à vie. Ils ont été à l'origine
de sa spécialisation en néphrologie, et
de sa nomination en tant que chef du service de Néphrologie
et transplantation au centre médical universitaire
de Loyola, dans la banlieue de Chicago. Son projet de
donner un de ses reins a aussi traversé les années
sans que sa volonté ne vacille. Elle s'est d'ailleurs
proposée pour une demi douzaine de receveurs
potentiels Parmi ceux là, un de ses amis
proches, mais aussi des patients qui n'ont jamais eu
connaissance de son projet, que des incompatibilités
diverses ont empêché de se concrétiser.
Mais
quand le Dr Hou a rencontré une nouvelle malade
le 11 janvier 2002, un étrange pressentiment
l'a assaillie. La jeune femme, Hermelinda Gutierrez,
avait une morphologie strictement identique à
la sienne. "Nous devons toutes les deux acheter
nos vêtements et nos chaussures au rayon enfant
!" résume t-elle
Hermelinda
souffrait de polykystose rénale, et fut placée
sur liste d'attente d'un greffon. Certains membres de
sa familles étaient volontaires comme donneurs
potentiels. Malheureusement, aucun d'entre eux n'était
compatible. Hermelinda était résolue à
attendre en dialyse un rein cadavérique pendant
au moins trois ans.
Les deux femmes ne se sont pas revues durant les neufs
mois qui ont suivi cette première rencontre.
Tandis
qu'Hermelinda s'installait dans la routine de la dialyse,
sa néphrologue se préparait tranquillement
à donner un de ses reins. Elle n'avait pas de
receveur spécifique à l'esprit, mais elle
savait qu'elle voulait que l'opération ait lieu
avant qu'elle ne soit trop vieille. Elle était
également persuadée que son équipe
de Loyola serait derrière elle et accepterait
de pratiquer la greffe.
"J'ai
fait mon bilan pré-greffe sans savoir à
qui irait mon rein." raconte t-elle. " Il
y avait plusieurs candidats potentiels, mais j'avais
tout de même le sentiment que Mme Gutierrez serait
la plus compatible En effet, à l'échographie
on avait découvert que mes reins (tout comme
moi, d'ailleurs ! ) étaient de petite taille.
Il aurait été dangereux d'en transplanter
un à une personne plus grande que moi."
De plus, le Dr Hou était impressionnée
par la volonté d'Hermelinda et par sa capacité
à se prendre en charge.
"Il était clair qu'elle prendrait tous ses
médicaments, et qu'elle ferait tout ce qui serait
possible pour prendre soin d'elle et de son greffon."
C'est
ainsi que le 10 septembre 2002, Hermelinda rencontra
le Dr Hou pour la seconde fois, pour ce qu'elle pensait
être une simple consultation de routine.
"Un
de mes amis m'a une fois dit qu'offrir un rein à
quelqu'un, c'est un peu comme l'inviter à un
rendez-vous galant " se souvient le Dr Hou.
"J'étais très nerveuse ".
Hou demanda ainsi à Hermelinda si elle serait
prête à accepter un de ses reins.
Cette
dernière est toujours stupéfaite par ce
qu'elle a vécu ce jour là. "Comment
quelqu'un peut il faire un geste pareil pour une personne
qu'elle ne connaît même pas ? Si ça
ne m'était pas arrivé, je ne pourrais
pas le croire ".
La
greffe a eu lieu le 10 octobre 2002 à Loyola.
L'opération a duré 3h30, et il semble
que ce soit la première fois aux Etats Unis qu'un
néphrologue donne un organe à une personne
qui ne lui est pas apparentée.
Tout
s'est parfaitement déroulé. Le Dr Hou,
qui a elle même pratiqué une biopsie de
son ancien rein quelques semaines plus tard, n'a eu
aucune complication.
Hermelinda a eu une période de rejet en décembre,
mais tout est finalement rentré dans l'ordre.
Elle prend à l'heure actuelle neuf médicaments
par jour.
Les
deux femmes sont en pleine forme, et le Dr Hou voit
sa patiente en consultation une fois par mois.
Toutes deux tiennent à témoigner de leur
expérience, afin de promouvoir le don d'organe.
Le Dr Hou espère que son geste pourra inspirer
d'autres personnes. "Beaucoup de gens me téléphonent
pour me dire combien ils m'admirent pour ce que j'ai
fait. Moi, ce que j'aimerais entendre plus souvent c'est
: je veux faire la même chose que vous, où
dois-je m'adresser ? A l'époque où j'ai
pensé à donner mon rein pour la première
fois, les donneurs sans lien de parenté n'étaient
pas acceptés. Mais si l'on a foi en l'homme et
qu'on croit à la fraternité universelle,
les liens du sang n'ont plus aucun sens particulier."
Susan Hou est née et a grandi à Boston.
Elle a étudié brillamment le chinois à
Harvard, Puis a enseigné l'anglais pendant 18
mois à Taiwan, a été brièvement
mariée à un chinois dont elle a conservé
le nom de famille. Elle avait 25 ans lorsqu'elle a intégré
la faculté de médecine de l'université
du Massachusetts. Au début des années
80, elle a mis en place un projet humanitaire afin de
permettre à une jeune chinoise insuffisante rénale,
Dadi Ding, d'être transplantée au USA.
Dadi est ensuite devenue infirmière et travaille
comme coordinatrice à Loyola Hou regrette
que leurs groupes sanguin ne lui aient pas permis d'être
donneuse, elle considère en effet Dadi comme
un membre de sa famille.
La fondation qui a vu le jour suite au succès
de la greffe de Dadi existe toujours, et vient en aide
aux insuffisants rénaux dans le besoin. Dernièrement,
Hou et son époux ont contribué à
la création d'un centre de transplantation en
Bolivie.
Le Don du Dr Hou pose des questions éthiques
Le
don du rein du Dr Hou à sa patiente, Hermelinda
Gutierrez, constitue une première aux Etat Unis.
Il ravive aussi un débat éthique autour
du nombre croissant de donneurs d'organes qui n'ont
aucun lien familial avec leurs receveurs. Le principal
problème étant de s'assurer que les motivations
des donneurs sont réellement purement altruistes,
et qu'ils n'ont pas été l'objet de pressions
ou de sollicitations financières.
L'UNOS
(équivalent américain de l'EFG) rapporte
que 55 dons de reins altruistes "anonymes"
ont eu lieu aux USA l'an dernier. Les donneurs et les
receveurs étaient de parfaits étrangers,
et le sont restés. Par ailleurs, 1007 transplantation
de donneurs vivants ont été réalisées,
alors que le donneur était une simple connaissance
du receveur, sans aucun lien familial ou marital.
En
1999, ces chiffres s'élevaient respectivement
à 6 et 423
Rien
dans le code de déontologie médical n'empêche
a priori un médecin de donner un organe à
son malade. Néanmoins, L'Association Médicale
Américaine se déclare surprise de savoir
que depuis la greffe, le Dr Hou continue de soigner
Hermelinda. La néphrologue insiste cependant
sur le fait que sa relation avec sa patiente reste strictement
professionnelle, " Certains de mes patients sont
devenus des amis, et viennent régulièrement
dîner à la maison Ce n'est pas le
cas pour Hermelinda. ".
Insuffisance rénale chronique
: le dépistage se met en place dans les laboratoires
24
avril 2003, AFIDTN
Les
quelque 4.000 laboratoires d'analyses biologiques en
France ont commencé à mettre en place
le calcul de la clairance de la créatinine par
la formule de Cockcroft afin de dépister des
insuffisances rénales chroniques débutantes,
a-t-on appris auprès des syndicats représentant
la profession.
Cette mesure s'inscrit dans un accord national de bon
usage des soins (AcBUS) avec l'assurance maladie, prévu
dans un avenant à la convention nationale des
directeurs de laboratoire privé d'analyse médicales,
publié au Journal officiel du 27 février.Reprenant
les recommandations de l'Anaes (cf dépêche
APM du 24 février), l'accord rappelle que la
créatininémie ne permet pas à elle
seule de dépister toutes les insuffisances rénales
et qu'il faut "impérativement" l'associer
à la clairance de la créatinine par un
calcul qui tient compte de l'âge, du sexe et du
poids du patient, c'est-à-dire la formule de
Cockcroft.
Environ 20% des créatininémies normales
masquent une insuffisance rénale chronique débutante,
rappelle-t-on.
Les trois syndicats signataires de l'accord -le Syndicat
des biologistes, le Syndicat national des médecins
biologistes et le Syndicat des laboratoires de biologie
clinique- ont commencé à utiliser la formule
de Cockcroft, a-t-on appris auprès de leur président.
UNE SIMPLE MODIFICATION DANS LES LOGICIELS
Les 2.000 laboratoires adhérents au Syndicat
des biologistes calculent la clairance de la créatinine
depuis jeudi 27 mars, comme le prévoit l'accord
(la date d'effet a été fixée à
un mois après la publication), assure à
l'APM son président, Jean Benoît.
Le Dr Claude Cohen indique pour sa part qu'il a envoyé
un courrier aux 700 adhérents du Syndicat national
des médecins biologistes qu'il préside,
leur demandant de faire le nécessaire.
Il a juste fallu enregistrer la formule de Cockcroft
dans les logiciels informatiques qu'utilisent les laboratoires,
"ce qui est techniquement assez simple", ajoute
Jean-Claude Mas, président du Syndicat des laboratoires
de biologie clinique (600 biologistes adhérents),
interrogé lui aussi par l'APM.
Il suffit ensuite de demander aux patients leur poids
et d'intégrer ce paramètre, en plus de
l'âge, du sexe et de la créatininémie,
pour que les logiciels calculent automatiquement la
clairance de la créatinine, explique-t-il.
Le calcul est fait pour toutes les personnes de 14 à
18 ans qui se sont fait prescrire une créatininémie,
précise Jean Benoît. Cependant, certains
patients échappent au dépistage, par exemple
lorsque les laboratoires reçoivent des prélèvements
effectués par des infirmières en zone
rurale, fait observer le Dr Cohen.
Il est en outre pas toujours facile de demander aux
patients leur poids, en particulier les femmes, d'autant
plus que, pour le moment, les biologistes n'expliquent
pas spontanément l'intérêt de fournir
cette information, ajoute Jean Benoît.
Des précisions sont données lorsque les
patients le demandent et l'accord prévoit que
les biologistes mentionnent la clairance de la créatinine
dans les comptes-rendus d'analyse et qu'ils informent,
"si nécessaire", les médecins
en cas de résultats anormaux.
Mais il revient aux médecins prescripteurs d'interroger
les patients au cours de la consultation et de leur
exposer les bénéfices attendus de cette
démarche, estime Jean Benoît.
L'accord prévoit que les caisses d'assurance
maladie mettent en place une campagne d'information
en direction des biologistes et des médecins,
mais "elles sont en retard", note-t-il.
UNE CAMPAGNE DE L'ASSURANCE MALADIE AUPRES DES MEDECINS
EN MAI
Les supports de cette campagne nationale, qui doit démarrer
"en mai", sont en cours de validation, indique-t-on
à la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM).
Le retard est lié à l'élaboration
des modalités pratiques de cette campagne, précise-t-on.
Des courriers, précisant les recommandations
de l'Anaes et la formule de Cockcroft, vont être
envoyés aux médecins généralistes
prescripteurs pour les inciter notamment à demander
aux patients leur poids et aux laboratoires à
le faire lorsque cette information ne figure pas sur
l'ordonnance.
Les caisses primaires vont également recevoir
des documents de support pour organiser des actions
de sensibilisation au niveau local.
La CNAM a diffusé cette semaine une circulaire
précisant qu'elle pouvait fournir des documents
aux médecins et aux biologistes qui souhaitent
avoir des informations sur la mise en oeuvre de l'accord,
ajoute-t-on à la CNAM.
Les 120.000 médecins membres des Unions régionales
des médecins libéraux (URML) sont, depuis
trois semaines, informés de l'intérêt
de la formule de Cockcroft et incités à
indiquer le poids des patients chaque fois qu'ils prescrivent
une créatininémie, rappelle le président
de la conférence des présidents des URML,
le Dr Patrick Brézac (cf dépêche
APM du 13 mars). Ils ont reçu une brochure éditée
en partenariat avec la Fédération nationale
d'aide aux insuffisants rénaux (FNAIR).
L'accord prévoit également que les partenaires
suivent périodiquement la mise en place du dispositif
"par l'analyse quantitative des comptes rendus
des analyses" et de réaliser des statistiques
sur le nombre d'insuffisants rénaux ainsi détectés,
en vue notamment de déterminer le montant des
éventuelles économies réalisées
grâce à un dépistage plus précoce.
L'impact de cette mesure sur le recours tardif des patients
au néphrologue, c'est-à-dire au stade
de l'insuffisance rénale chronique terminale
(30% des 7.000 nouveaux cas enregistrés chaque
année), il pourrait être évalué
dans les régions où est déjà
installé le Réseau épidémiologie
et information en néphrologie (REIN), estime
le Dr Christian Jacquelinet, coordinateur national de
ce projet.
Sous
le haut patronage du président de la République
de Tunisie et des ministres de la Santé français
et tunisien, une soirée-débat a réuni,
au Sénat, des médecins des deux pays pour
réfléchir aux questions éthiques
posées par le don d'organes.
Même
si la loi française sur le don d'organes devrait
subir quelques modifications dans les prochaines semaines,
la Tunisie dispose d'un cadre réglementaire comparable
à celui de la France.
La
première greffe rénale a eu lieu en 1986
; la loi tunisienne autorise depuis 1991 le prélèvement
sur un donneur vivant sous certaines conditions et le
prélèvement sur un cadavre en l'absence
du refus du donneur de son vivant, s'il n'y a pas d'opposition
des membres de la famille. En 1999, un décret
a institué la possibilité d'inscrire la
mention de donneur sur la carte d'identité nationale
tunisienne. Pourtant, les greffons disponibles sont
encore très insuffisants pour répondre
à la demande de transplantations.
Le
poids des traditions
A
l'instar de la religion catholique, l'islam ne s'oppose
pas et même encourage le don d'organes. Il a reconnu
la notion de mort cérébrale. « Beaucoup
de gens s'attachent aux coutumes et aux traditions plus
qu'aux règles religieuses », explique le
Pr Mohamed Gueddiche, président de l'Association
tunisienne de don d'organes.
En 2001, sur 75 cas de morts cérébrales
déclarées, 9 seulement ont fait l'objet
d'un prélèvement. En revanche, pour les
greffes rénales, 443 transplantations ont été
réalisées depuis 1986 avec une moyenne
annuelle stable. Les greffons proviennent surtout de
donneurs apparentés vivants.
Pour faire évoluer les mentalités, l'association
tunisienne de sensibilisation aux dons d'organes, organisme
non gouvernemental, a été créée
il y a quatre ans ; elle s'efforce de familiariser la
population et de l'inciter au don d'organes.
Les problèmes éthiques se posent également
pour le receveur. « Tous les receveurs risquent
de faire l'objet d'une discrimination. L'équité
lors de l'attribution se pose avec encore plus d'acuité
lorsque la demande excède largement les possibilités
», explique le Pr Béchir Hamza, président
du Comité national d'éthique médicale
à Tunis. Pour garantir l'égalité
des patients, le choix des critères d'attribution
est confié au Centre national pour la promotion
de la transplantation d'organes. Le CNPTO participe
à la formation des cadres médicaux et
paramédicaux intervenant dans les prélèvements
et participe à un programme de coopération
avec l'Etablissement français des greffes (EFG).
« La Tunisie a su se doter d'un cadre éthique
et réglementaire qui prend en compte les grands
principes de gratuité de don, de respect du corps
et d'anonymat du donneur et du receveur en cas de prélèvement
sur donneur décédé, souligne le
Dr Esmeralda Luciolli, chargée des projets de
coopération à l'EFG. L'adhésion
de la Tunisie à ces grands principes a permis
de mettre en place une intense coopération franco-tunisienne
dans le domaine du prélèvement et de la
greffe d'organes et de tissus, avec le soutien du ministère
français des Affaires étrangères.
»
La
Société de transplantation britannique souhaite
développer le don de rein altruiste
10
avril 2003, Reuters Santé
Traduction de l'article de Richard Woodman
Londres
- La Société de Transplantation britannique
s'est prononcée mardi dernier en faveur de la
création d'un registre des donneurs de rein volontaires,
destiné à tous ceux qui souhaitent donner
un rein de leur vivant et de façon anonyme, à
une personne en attente de greffe.
A
l'heure actuelle, les greffes à partir de donneur
vivant représentent environ 20% des toutes les
transplantations rénales, mais les donneurs sont
soit des parents, soit des amis proches des receveurs.
La Société de Transplantation souhaite
que, compte tenu de la pénurie croissante d'organes,
le gouvernement mette en place un plan intitulé
"don du vivant non dirigé", qui prévoit
que les greffons puissent être attribués
aux receveurs en attente les plus compatibles. Cette
approche a été expérimentée
avec succès en Amérique du Nord, où
15% des donneurs altruistes potentiels ont été
accepté à la suite de tests de sélection.
"Cela ne pose aucun problème éthique,
dans la mesure où les donneurs ont été
totalement informés, et ont compris le risque
individuel qu'ils couraient. Un tel don doit être
complètement anonyme et inconditionnel, même
si des nouvelles de l'état médical du
receveur pourront éventuellement être fournies
au donneur, à sa demande." déclare
le porte parole de la Société. Il insiste
de plus sur le fait que la pénurie de serait
réduite si les prélèvements d'organes
pouvaient se faire sur des donneurs à cur
non battant - à l'heure actuelle, ils sont limités
aux personnes en été de mort encéphalique,
mais dont les autres fonctions vitales sont maintenues
artificiellement.
Une cinquantaine de greffes de ce type ont été
réalisées en Grande Bretagne, et les premières
études montrent que les résultats sur
les cinq premières années sont identiques
à celles des transplantation "classiques".
Peter
Rowe, président du comité d'éthique
de la Société, et néphrologue à
Plymouth, affirme que de nombreux transplanteurs ont
déjà été contactés
par des anonymes qui désiraient offrir un de
leurs reins. Il estime que la quantité de greffons
disponibles pourrait être augmentée de
10 à 15% si le gouvernement retenait ces deux
mesures.
A
l'heure actuelle, 5053 personnes sont en attente d'une
transplantation rénale en Angleterre. Seuls 1718
reins ont pu être greffés en 2002.
10
avril 2003, Globe Staff
Traduction de l'article de David Filipov
Ashiriyan,
Irak - Les jours heureux sont trop courts, dit un proverbe
kurde.
La jeune Amira Abdul Aslan, n'ira pas le contredire.
mardi matin, c'est une vague de tristesse qui a accueilli
l'aube naissante, quand elle est morte à l'âge
de 29 ans.
Aslan n'a pas été victime des combats.
Elle est morte d'insuffisance rénale. Mais c'est
bel et bien la guerre qui a mis un terme à sa
courte vie.
Aslan
est née en 1974, à l'heure où les
soldats iraquiens fêtaient leur victoire sur une
tentative d'insurrection des kurdes, encouragée
par Washington.
Son destin a été scellé il y a
une vingtaine de jours, quand l'armée iraquienne
a fermé l'accès à Mosul, une ville
située au nord de Bagdad, toujours sous contrôle
du régime de Sadam. Aslan n'a plus été
en mesure de rejoindre la machine de dialyse qui la
maintenait en vie.
Il
y a un an, Aslan était une jeune femme heureuse,
mariée depuis peu et enceinte de son premier
enfant. Puis tout est allé de travers...
De
l'hypertension, une atteinte rénale et une fausse
couche plus tard, elle a dû retourner vivre chez
ses parents. Son époux ne s'estimait pas en mesure
de lui prodiguer les soins nécessaires.
Le
plus âgé de ses trois frères, Abdulrazaq
Abdullah Ismail Botani, 36 ans, savait qu'elle aurait
besoin d'une greffe. Sa grande famille regorgeait de
donneurs potentiels, mais aucun hôpital kurde
du Nord de l'Iraq n'était équipé
pour pratiquer l'opération. Le coût financier
d'une greffe aurait de plus été trop lourd
à assumer. Les maigres moyens des parents d'Aslan
permettaient tout juste de financer une dialyse hebdomadaire
La guerre a mis fin à cette possibilité.
Les
médecins d'Erbil, la capitale kurde, ont tenté
de lui venir en aide. Mais il n'avaient pas de quoi
la dialyser.
"Lundi dernier, les docteurs ont dit qu'ils ne
pouvaient plus rien faire" raconte Botani. "Quand
je suis rentré du travail, elle était
mourante. Nous avons prié toute la nuit."
Toute la famille a pleuré Aslan mardi matin.
Puis les femmes ont lavé son corps avec de l'eau
tiède, l'ont enveloppée dans un linceul
et l'ont emmenée à la mosquée,
où une prière a été dite.
Plus tard, les hommes se sont tenus silencieux à
côté de sa tombe, avant de rejoindre le
village.
Projet de loi de bioéthique
à l'Assemblée Nationale : les amendements
relatifs au prélèvement et à la greffe
3
avril 2003, Assemblée Nationale
La Commission des affaires sociales de l'Assemblée
nationale a adopté, mardi 1er avril, le projet
de loi sur la bioéthique après avoir examiné
les amendements apportés au texte. Le projet
de loi devrait être examiné à l'Assemblée
les 27 et 28 mai prochains. Plusieurs amendements et
modifications relatives au prélèvement
d'organes et aux greffes ont été adoptés.
Une
des principales décisions, essentiellement symbolique
mais qui revêt une importance incontestable concerne
la définition du prélèvement et
de la greffe d'organes comme des priorités
nationales.
De
plus, Le prélèvement et la greffe d'organes
ont été intégrés aux missions
du service public hospitalier.
Pour pratiquer des prélèvements d'organes,
les établissements devaient jusqu'alors y être
autorisés. Cet amendement signifie que cette
autorisation ne sera plus nécessaire, et que
tous les hôpitaux publics pourront effectuer des
prélèvements.
Mesures
relatives au prélèvements d'organes
Une
information systématique des jeunes sur le don
d'organes sera instituée lors de la journée
d'appel de préparation à la défense.
Cette mesure vient s'ajouter à celle qui prévoyait
l'information systématique des jeunes de 16 à
25 ans, sur les modalités du don d'organe à
des fins de greffe, par le corps médical. Il
s'agit de sensibiliser la population sur les enjeux
du don d'organe, et de faciliter la mise en valeur de
la volonté du défunt en cas de décès.
Un
amendement visant à donner la possibilité
de mentionner sur la carte Vitale l'acceptation ou le
refus de don d'organes a été adopté.
La
commission a examiné un amendement tendant à
éviter le contournement, trop souvent constaté,
de la règle du consentement présumé
en précisant que le médecin, s'il n'a
pas directement connaissance de la volonté du
défunt, "doit s'enquérir auprès
de la famille d'une opposition au don d'organes éventuellement
exprimée de son vivant par le défunt par
tout moyen".
Le
président Jean-Michel Dubernard a signalé
l'importance de cet amendement. En effet, la règle
du consentement présumé mis en place par
la loi Caillavet en 1976 n'a jamais été
appliquée. Dans la réalité, les
proches sont interrogés sur leur volonté
et non sur la volonté du défunt. L'actuelle
obligation pour le médecin de "s'efforcer
de recueillir le témoignage des proches"
sur la volonté du défunt donne donc à
la famille un rôle que n'avait pas prévu
le législateur. Cet amendement permet de rétablir
l'esprit de la loi et de rendre ainsi pleinement effectif
le régime du consentement présumé.
Mesures
relatives au don du vivant
Dans
le cadre de l'élargissement du cadre des donneurs
vivants, en dehors du père et de la mère,
un comité d'experts sera systématiquement
chargé d'apprécier les risques pour le
donneur et le bénéfice pour le receveur
et de s'assurer qu'il n'existe pas de réticences
inavouées de la part du donneur.
La
disposition introduite par le Sénat exigeant
que le parent d'un enfant mineur obtienne l'accord de
l'autre parent pour pouvoir donner un organe de son
vivant a été jugée comme allant
à l'encontre de la dimension individuelle du
don, et donc supprimée.
Selon
l'enquête CODIT/Novartis, l'impact de la prise en charge
thérapeutique de l'insuffisance rénale chronique
se traduit par une réduction des sorties et des vacances.
Pourtant, même traités par hémodialyse,
les patients peuvent aujourd'hui voyager, à condition
d'organiser leur séjour.
Les
contraintes liées à la prise en charge thérapeutique
de l'insuffisance rénale chronique ont un fort impact
sur la vie quotidienne des patients et celle de leur famille.
«Cela s'exprime notamment par une réduction des
sorties, des vacances et une organisation plus compliquée
aux jours de dialyse», dit le Pr François Berthoux
(CHU de Saint-Etienne), un des auteurs de l'étude CODIT/Novartis
sur les conjoints des greffés rénaux et des
dialysés, réalisée entre le 10 décembre
2001 et le 20 mars 2002. Et s'il existe dans les deux cas,
l'impact est plus important pour les patients dialysés
que pour les patients transplantés.
Les séances de dialyse de 3-4 heures trois fois par
semaine sont «comme un fil à la patte»
affirme Régis Volle, président de la FNAIR (Fédération
nationale d'aide aux insuffisants rénaux*). «Voyager,
partir en vacances est une manière de préserver
son autonomie. C'est pour nous un signe de liberté,
indispensable à l'équilibre psychologique.»
Dès 1968, un an après le début de ses
propres séances de dialyse, il a tenu à partir
en vacances. Il se souvient de son premier séjour à
Amsterdam : «Ce fut difficile, mais j'y ai appris un
certain nombre de choses. En particulier que la barrière
de la langue pouvait être un handicap pour le patient
qui doit expliquer ses symptômes.» Beaucoup de
voyages ont suivi, car Régis Volle l'affirme, «certains
insuffisants rénaux ont une psychologie particulière.
D'avoir souvent côtoyé la mort, ils ont un goût
à la vie extraordinaire. Ils veulent en profiter à
120, 130 %». Pour montrer à tous que cela était
possible, il a entrepris en 1986 la traversée de la
Méditerranée : «J'étais en complète
autonomie et je fabriquais mon eau de dialyse moi-même
à partir de l'eau de mer.» La transplantation
rénale réalisée en 1989, en le libérant
de la dialyse, rendra inutile son autre défi : la traversée
l'Atlantique.
Une
agence pour les dialysés et les transplantés
On
le dit volontiers «un peu fou», mais il sait que
tous les dialysés n'ont pas ce sens aigu de l'aventure
et tous n'ont pas connu les temps héroïques de
la dialyse. Aujourd'hui, beaucoup de patients sont anxieux
de partir, de peur de ne pas trouver la même qualité
de dialyse qu'en France.
Pour eux, il a créé l'association IDO (Organisation
internationale de la dialyse**). Grâce à un agrément
de la préfecture, elle fonctionne comme une agence
de voyage réservée aux seuls adhérents
: dialysés et transplantés. «On pourrait
s'imaginer que l'on peut partir par une agence normale, mais
celle-ci ne prend pas en compte les problèmes spécifiques
de l'insuffisance rénale», précise Régis
Volle. En particulier, «les assurances habituelles des
agences de voyage considèrent que la maladie chronique
est connue avant l'achat du voyage et ne couvre pas les événements
liés à l'insuffisance rénale».
Une assurance spécifique (5 % du prix du voyage) permet
aujourd'hui de couvrir les rapatriements sanitaires dans le
cas d'un appel de greffe pour les patients inscrits sur liste
d'attente ou pour n'importe quel autre problème de
santé. Le surcoût n'est pas prohibitif. «D'autres
agences proposent des voyages aux dialysés, mais tous
n'ont pas ce type d'assurance. Ils doivent donc se renseigner
d'abord», prévient Régis Volle.
«Nous travaillons à partir du souhait des patients.
Ils indiquent la période et le lieu où ils veulent
se rendre», explique Anne Stinat, qui organise les voyages
chez IDO. «Aujourd'hui, de plus en plus d'endroits sont
susceptibles d'accueillir les patients. En France, en Europe,
mais aussi en Tunisie, au Maroc et en Algérie, la qualité
des centres permet de tels voyages. Les destinations les plus
prisées sont l'Espagne, l'Italie, les îles Baléares,
les Canaries. Nous avons quelques demandes sporadiques pour
la Thaïlande.»
Le souci numéro un est que la prise en charge soit
totalement adéquate.
«Une fois la demande enregistrée, nous effectuons
toutes les démarches médicales et administratives
en relation avec le centre de dialyse habituel du patient.
Nous nous chargeons de contacter le centre de dialyse d'accueil
du lieu de séjour, en s'assurant qu'il pourra procurer
au patient le même traitement que celui qu'il a habituellement.
Lorsque nous avons cette confirmation, nous organisons le
voyage et le séjour.»
En France, les séances de dialyse sont intégralement
prises en charge par la caisse d'assurance-maladie. Elles
le sont aussi dans la plupart des pays européens avec
le formulaire E111 ou E112. Hors de l'Europe, les patients
doivent assumer le coût du traitement. «Dans ces
cas-là, nous leur fournissons un devis, de manière
qu'ils puissent, avant le départ, obtenir de leur caisse
d'assurance-maladie une entente préalable de remboursement.»
Pour les patients traités par une dialyse péritonéale,
l'agence se charge, grâce à un partenariat avec
certaines entreprises pharmaceutiques, de livrer sur place
le matériel nécessaire.
«Notre agence est administrée par des patients
eux-mêmes. C'est une structure parallèle à
celle de la FNAIR. Nous y avons une activité de conseil
pour tous les soucis que peuvent rencontrer l'insuffisant
rénal. Pour ceux qui ont moins de moyens, la fédération
organise des séjours pour les enfants et les adultes
à proximité de centres de dialyse», conclut
Régis Volle.
Ainsi, voyages et déplacements sont accessibles à
beaucoup, à condition de s'y prendre suffisamment à
l'avance (les centres d'accueil peuvent être saturés),
de ne rien laisser au hasard et d'être suffisamment
en forme pour apprécier.
Comme tous les transplantés, les patients qui ont bénéficié
d'une greffe de rein doivent veiller à se protéger
du soleil. Protection vestimentaire et crème antisolaire
(coefficient de protection UVB >30) diminuent le risque
de cancer cutané, plus élevé dans leur
cas.
Dr
Lydia ARCHIMÈDE
* 31, rue des Frères-Lion, 31000 Toulouse,
tél. 05.61.62.54.62.
** 9, ruelle du Pont, 69390 Vernaison, tél. 04.72 30
12 30.
Transplantés : prévoir,
plus que prévenir, les complications
3
avril 2003, le Quotidien du Médecin
En
vacances, malgré son traitement immunosuppresseur,
le greffé est un individu comme un autre. Seulement,
en cas de pathologie, les risques liés à l'intervention
refont surface. Au patient et à son médecin
d'avoir prévu cette éventualité
«Le
transplanté de foie, rein ou ceur, surtout lorsque
la greffe remonte à plus d'un an, peut mener une vie
"normale", notamment en vacances. C'est uniquement
lorsque survient un problème de santé qu'il
doit se souvenir de son statut de transplanté»
: en quelques mots, le Pr François-René Pruvot
(CHRU de Lille) situe parfaitement le sujet.
Le greffé, lorsqu'il part en vacances, doit simplement
prévoir la prise en charge d'un risque éventuel
pour sa santé. Mais la phobie d'une infection n'est
pas de mise.
En pratique, il est possible pour le transplanté, comme
pour tout un chacun, de contracter un simple rhume ou une
infection parfaitement banale, d'être victime d'un accident.
Une consultation médicale est alors indispensable.
Au patient de fournir au praticien tous les documents nécessaires
à sa sécurité et qu'il emporte sur lui.
Ils permettent au médecin consulté de prendre
contact avec le centre de transplantation qui suit et connaît
son greffé. Une attitude spécifique, des conseils
précis sur la conduite à tenir peuvent alors
être fournis.
Si le risque infectieux est majoré par le traitement
immunosuppresseur, ces molécules imposent aussi certaines
précautions en matière de prescription. Notamment
avant d'inscrire sur l'ordonnance une quinolone, un inhibiteur
de la pompe à protons, un pansement gastrique.
Les vacances, c'est aussi le soleil, la mer, les randonnées,
le sport. Là encore, le transplanté peut en
profiter comme les autres. A un détail près,
un risque de cancer cutané consécutif aux expositions
solaires majoré par le traitement. Le Pr Pruvot rapporte
10 % de cancers basocellulaires au sein de la population de
greffés de son service... dans le Nord. Plus bénignes,
des réactions cutanées sont possibles, du type
érythèmes ou bulles. D'où des conseils
de prévention et d'utilisation d'écrans solaires
de type total.
La
détente, pas la compétition
Les
baignades ne posent pas de problème, pas plus que les
randonnées. Dans cette dernière situation, l'éloignement
d'une pharmacie ou d'un médecin pendant plusieurs jours
justifie d'emporter suffisamment de médicaments. Quant
aux sports, pratiqués ici dans un esprit de détente
et non de compétition, ils sont en majorité
autorisés. L'exercice sportif à contact physique
marqué (football, rugby, handball...), les sports de
combat et la plongée sous-marine sont néanmoins
déconseillés. Un avis médical avant le
départ en vacances reste malgré tout souhaitable
et doit être assorti notamment d'une évaluation
de la résistance à l'effort.
Une
assistance médicale
Enfin,
en cas de départ à l'étranger, des détails
pratiques peuvent prendre leur importance, comme les formulaires
E 111 ou 112, de prise en charge des soins ; une assistance
médicale assurant le rapatriement et tous traitements
classiques avant séjour hors des frontières,
notamment en zone intertropicales (vaccins à jour,
antipaludéens, désinfectants, antidiarrhéiques,
antibiotiques...). En cas de départ en avion, il est
recommandé au patient d'avoir ses médicaments
sur lui et, s'il existe un décalage horaire, de prendre
son traitement aux horaires habituels, après s'être
calé sur l'heure du pays de destination.
Le Pr Pruvot conclut ses propos sur un conseil : « Toujours
consulter son médecin transplanteur, environ un mois
avant le départ, afin de s'assurer de l'absence de
contre-indication. Par précaution, nous donnons parfois
les coordonnées d'un centre dans la région de
villégiature, pour la France. Pour des séjours
longs, nous avons déjà proposé une consultation
systématique sur place. Le contact avec le centre de
référence reste bien sûr la prudence.
»
Un test prédictif des rejets aigus
de greffe rénale
3
avril 2003, Reuters Santé
Traduction de l'article d'Hannah Cleaver
Des
scientifiques allemands ont développé une procédure
de test destinée aux transplantés rénaux,
qui serait capable d'identifier les signes précoces
de rejet aigu.
Ce
test est basé sur la mesure des concentrations sanguines
du CD 30 soluble, une protéine présente à
la surface de certains globules blancs. Une étude effectuée
sur une population de 4000 patients, publiée l'an dernier,
a en effet prouvé que plus cette concentration était
élevée, plus le risque de rejet était
important.
"Ce
taux sanguin est incontestablement un facteur prédictif,
et nous essayons à présent de quantifier son
importance exacte en fonction de la période post-greffe,
de façon à anticiper les rejets potentiels."
explique le Dr Suesal, qui participe à ce projet.
"De plus, nous pensons également qu'il sera possible
d'utiliser ce marqueur en période pré-greffe,
pour mieux choisir et doser les thérapies immunosuppressives
en fonction des caractéristiques du patient. Les futurs
greffés identifiés comme étant "à
risque" seront soumis à des doses plus importantes
d'office, pour mieux prévenir les rejets, et pour ceux
qui le seront moins, nous pourrons utiliser traitement plus
légers, et minimiser les effets secondaires comme les
risques infectieux ou de cancers."
En
février dernier, l'équipe du Professeurr Gerhard
Opelz, de l'Hôpital universitaire d'Heidelberg a publié
les résultats d'une étude préliminaire
utilisant cette technique chez 45 patients, durant les jours
qui ont suivi leur transplantation. Des dosages élevés
de CD30 ont permis de prévoir une crise de rejet aigu
plusieurs jours avant qu'elle ne soit identifiable par biopsie
du rein transplanté, et a fortiori par une élévation
de la créatinine sanguine.
"A
l'heure actuelle, lorsqu'il y a une suspicion de rejet, nous
effectuons une biopsie du greffon une dizaine de jours après
la greffe. Mais c'est une procédure invasive."
explique Suesal. "Ce que nous tentons de faire, c'est
d'être en mesure de prévoir ce rejet par l'immunologie.
De cette façon, nous pourrons identifier les malades
sur le point de faire un rejet trois à cinq jours seulement
après la greffe".
"Nous
avons des traitements anti-rejet très efficaces, mais
qui ont des effets secondaires. Ils pourraient ainsi être
réservés aux malades qui en ont réellement
besoin. Nous nous orientons vers une prodédure où
nous effectuerions deux mesures des taux sanguins de CD30
durant la première semaine post transplantation, puis
deux autres jusqu'au 22ème jour.
Le test est bon marché (autour de 5 euros) et facile
à mettre en uvre, et nous avons les résultats
en quatre heures."
Une
nouvelle étude à grande échelle est en
cours pour confirmer ces résultats, elle devrait être
terminée d'ici la fin 2003.
Sources
: Journal of the American Society of Nephrology 2002;13:1650-1656;
Transplantation 2003;75:421-423.
Des
indications limitées pour les greffes hépatiques
avec donneur vivant
2
avril 2003, Le Quotidien du médecin
Pour le Pr Didier Houssin, directeur de l'Etablissement français
des greffes, le recours à un donneur vivant doit être
réservé à des situations exceptionnelles,
principalement chez l'enfant. En effet, la mortalité
et les complications auxquelles sont exposés les donneurs,
surtout en cas de greffe chez l'adulte, restent inacceptables.
«
Les greffes de foie avec donneur vivant doivent être
évitées au maximum », souligne le Pr Houssin.
« Cette position claire constitue un point de vue de
santé publique », précise le directeur
de l'Etablissement français des greffes. Mais pourquoi
cette question se pose-t-elle aujourd'hui ? Quelques données
préliminaires permettent de situer la problématique.
Les greffes de foie sont beaucoup moins fréquentes
que les transplantations rénales. Malgré les
progrès thérapeutiques, notamment dans le cadre
des hépatites virales, les besoins n'ont pas diminué,
mais sont au contraire en hausse (voir encadré). En
effet, les indications se sont sensiblement élargies,
notamment en cas de cirrhose alcoolique. Si l'attente est
beaucoup moins longue, de l'ordre de 6 ou 7 mois, pour la
greffe hépatique que pour les greffes rénales,
un certain nombre de malades, une centaine environ, décèdent
au cours de cette période. Dans le contexte initial
des greffes avec donneur vivant, il s'agissait du père
ou de la mère d'un enfant dont la maladie progressait
rapidement et qui ne pouvait pas sans risque vital attendre
un greffon. Dans ces situations d'urgence, l'un des parents
donne son foie gauche.
L'intervention
n'est pas sans risque, mais on peut comprendre que des parents
se portent volontaires pour cette option thérapeutique
alors que la technique est maintenant bien maîtrisée.
La situation est en revanche plus contestable pour les greffes
chez l'adulte. Ce sont les Japonais, qui, ne pouvant pas,
pour des raisons culturelles, utiliser les organes de personnes
décédées, ont développé
les greffes avec donneur vivant. Mais, lorsque le patient
est adulte, il faut un greffon plus important, le prélèvement
porte donc sur le foie droit. La mortalité chez les
donneurs atteint près de 1 %. Les complications sont
également plus fréquentes et plus graves. «
Cette mortalité et cette morbidité ne sont pas
acceptables », insiste le Pr Houssin. Il faut donc tout
faire pour trouver d'autres solutions. Les efforts développés
depuis une dizaine d'années pour augmenter les prélèvements
sur des personnes décédées doivent être
poursuivis. Nous sommes passés de 15 prélèvements
d'organes par million d'habitants (876) au milieu des années
1990 à 20 en 2002 (1 198). « Nous avons atteints
nos objectifs, note le Pr Houssin, mais cela reste insuffisant
et il faut privilégier les efforts pour augmenter les
prélèvements sur donneur décédé
plutôt que d'exposer des donneurs vivants à un
risque. »
Dr
Marine JORAS D'après un entretien avec le Pr Didier Houssin
450 patients en attente d'une greffe
Fin
2002, la liste des patients en attente d'une greffe, quel
que soit l'organe, comptait 6 744 malades, dont 5 448 pour
une greffe rénale et 450 pour une greffe de foie. En
1994, 621 greffes hépatiques (dont 5 à partir
d'un donneur vivant) ont été réalisées
dans notre pays. En 2002, ce chiffre est passé à
882 (dont 57 à partir d'un donneur vivant). Cette augmentation
est liée à l'élargissement des indications
et à l'augmentation des prélèvements.