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La revue de Presse du troisième trimestre
2003 - juillet, août, septembre 2003 |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde de juillet à septembre 2003
- 30
septembre 2003
IRC
préterminale : plaidoyer en faveur des réseaux
de soins
- 30
septembre 2003
REIN
: un système d'information et un projet de santé
publique
- 30
septembre 2003
Dépister
et traiter la maladie de Berger
- 30
septembre 2003
La
contribution d'un industriel au traitement de l'insuffisance
rénale chronique
- 30
septembre 2003
La
progression des maladies rénales, un enjeu majeur
de santé publique
- 30
septembre 2003
IRC,
de l'enfant à l'adulte
- 30
septembre 2003
La
dialyse à l'heure de la télémédecine
- 30
septembre 2003
Une
nécessaire refonte du suivi du transplanté
- 30
septembre 2003
Cinq
années difficiles pour la néphrologie
- 30
septembre 2003
La
dialyse péritonéale chez le sujet jeune en
attente de greffe
- 25
septembre 2003
Greffe
avec donneur vivant : des avantages au prix de problèmes
éthiques
- 25
septembre 2003
Avec
le prélèvement d'organes, "on marche
sur des oeufs"
- 25
septembre 2003
Derrière
le corps, la personne
- 6
septembre 2003
Journée
nationale du don d'organes en Suisse
- 2
septembre 2003
Greffe
hépatique : mortalité nulle chez les donneurs
vivants japonais
- 28
août 2003
La
sélection embryonnaire, un moyen de guérison
pas encore éthique en France
- 26
août 2003
On
manque de donneurs de moelle osseuse
- 22
août 2003
Florian,
entre éthique et Belgique
- 22
août 2003
Les
nanotechnologies au secours des systèmes vasculaires
- 21
août 2003
Le
patient à la langue greffée quitte l'hôpital
et réapprend à parler
- 18
août 2003
Un
rein bio-artificiel externe au secours des insuffisants
rénaux
- 12
août 2003
Un
triple échange de rein rend trois greffes possibles
aux USA
- 8
août 2003
Des
médecins jugent Lomu médicalement inapte à
la pratique du rugby
- 6
août 2003
Le
retour de Lomu, info ou business ?
- 4
août 2003
Novartis
à l'amende au sujet de la ciclosporine
- 30
juillet 2003
Les
organes d'un petit Palestinien sauvent trois enfants israéliens
arabes
- 26
juillet 2003
Les
Britanniques vainqueurs des Jeux mondiaux des transplantés
- 25
juillet 2003
Les
Jeux mondiaux des transplantés se poursuivent à
Nancy malgré la mort d'un joueur
- 24
juillet 2003
Profil
: Malade, greffé, ressuscité
-
24 juillet 2003
Arrêté
en se faisant délivrer de l'EPO
- 23
juillet 2003
SRAS
: les greffés sont plus menacés
- 22
juillet 2003
Première
transplantation d'une langue
- 21
juillet 2003
Nomination
de Carine Camby à la direction générale
de l'Etablissement Français des Greffes
- 21
juillet 2003
Défis
sportifs Des jeux pour inciter au don d'organes
- 18
juillet 2003
L'Inserm
rend hommage à Jean Dausset, Prix Nobel de médecine
- 17
juillet 2003
Olivier
Jacque aux Jeux Mondiaux des Transplantés
- 17
juillet 2003
Une
course pour le don d'organe
- 9
juillet 2003
Un
an après une greffe pulmonaire bilatérale
: la petite Marseillaise va bien
- 10
juillet 2003
Une
nouvelle directrice générale à l'EfG
?
- 7
juillet 2003
Une
protéine osseuse aurait la propriété
d'inverser le processus de l'insuffisance rénale
- 5
juillet 2003
Décès
du chanteur de soul américain Barry White
- 3
juillet 2003
Deux
médecins tchèques inculpés en Slovaquie
pour trafic d'organes
- 1er
juillet 2003
Le
Conseil de l'Europe contre les trafics d'organes
- 1er
juillet 2003
Première
naissance avec un utérus greffé
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IRC préterminale : plaidoyer
en faveur des réseaux de soins |
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Le
Pr Maurice Laville (hôpital Edouard-Herriot, Lyon)
est le créateur du premier réseau français
de prise en charge globale de l'insuffisance rénale
préterminale, si l'on retient le caractère
exhaustif des services rendus aux patients. Du récit
de cette entreprise, nous avons volontairement gommé
les décourageantes vicissitudes administratives
pour mieux souligner son éclatant intérêt
de santé publique.
Brisons
immédiatement le suspens. A la question : La
création d'un réseau de soins visant à
dépister et à organiser la prise en charge
de l'insuffisance rénale préterminale
est-elle utile en termes de santé publique pour
sa population cible et rentable en termes de dépenses
de santé par patient par rapport à un
autre malade hors réseau ?, la réponse
est incontestablement et doublement oui. Si personne
aujourd'hui n'en disconvient plus, il semble cependant
utile de rappeler pourquoi.
L'insuffisance rénale préterminale est
une pathologie qui nécessite, dans tous les cas,
une prise en charge multidisciplinaire. Le réseau
de soins, qui joue avant tout en faveur de l'amélioration
de l'échange d'information au sein d'un groupe
d'acteurs de santé, peut apparaître comme
une spécialisation, une optimisation, une synchronisation
des structures informelles déjà en place.
Or l'enjeu, en l'occurrence, est bien de gagner en efficacité
et donc en rapidité d'intervention, puisque l'on
sait aujourd'hui que l'insuffisance rénale n'évolue
pas de façon inexorable vers la dialyse, pour
peu qu'elle soit reconnue et traitée à
temps. Les grands essais ont montré qu'il était
possible de diminuer de 30 à 50 % la vitesse
de progression vers l'insuffisance rénale terminale
et que, ainsi, par exemple, six ans de traitement par
un inhibiteur de l'enzyme de conversion permettaient
de gagner trois ans de dialyse. Les diabétiques
de type 2 traités par un inhibiteur de l'angiotensine
2 voient leur vitesse d'évolution vers l'insuffisance
rénale réduite de près d'un tiers
et on a également démontré qu'il
était possible de stopper, voire de faire régresser
l'atteinte rénale d'un diabétique correctement
et globalement pris en charge. Les concepts à
cet égard ont donc largement évolué
durant les dix dernières années. Voilà
pour le versant dépistage et « prévention
».
Mais il en est de même pour ce qui concerne le
traitement de l'ensemble des comorbidités, notamment
cardio-vasculaires, qui finissent par emporter le patient.
Et précisément, le réseau de soins,
par la diversité des acteurs qu'il réunit,
permet également de mieux prévenir l'apparition
de complications cardio-vasculaires, métaboliques,
phosphocalciques et nutritionnelles, de mieux informer
et éduquer le malade qui devra finalement avoir
recours à une forme ou l'autre d'épuration
extrarénale.
Le passage en dialyse ne représente plus une
rupture brutale survenant dans la vie professionnelle
d'un insuffisant rénal avec lequel on aura pris
le temps de discuter des diverses méthodes disponibles,
de préparer un abord vasculaire, de poser un
cathéter de DP, de finaliser une vaccination
contre l'hépatite B, etc. Au total, le séjour
hospitalier pour le passage en dialyse est réduit
au minimum, le patient peut se diriger directement vers
des méthodes d'épuration autonomes, donc
moins coûteuses...
Il a fallu cinq ans au Pr Maurice Laville, qui n'a pourtant
pas ménagé ses efforts, pour mettre sur
pied un réseau de ce type. Des milliers de pages
de dossiers soumises aux autorités de tutelle,
elles-mêmes « bouleversées »
à l'époque par les nouvelles dispositions
réglementaires sur la régionalisation
des réseaux, la collaboration d'un cabinet de
conseil, la recherche de financements institutionnels
et privés, ont été nécessaires
pour donner vie au réseau TIRCEL (Traitement
de l'insuffisance rénale chronique dans l'Est-Lyonnais).
Un
réseau au coeur du réseau
Son
objectif est de réunir les 1 400 professionnels
de santé - néphrologues, biologistes,
médecins généralistes, infirmières
libérales, diététiciennes, assistantes
sociales - ciblés au sein d'un bassin de population
d'un million deux cent mille personnes ! En pratique,
150 sont actuellement adhérents, car les opérations
d'adhésion formelle n'ont commencé qu'à
l'agrément du réseau en 2002. De tels
effectifs rendent nécessaire l'existence d'une
structure opérationnelle de coordination, interprofessionnelle,
actuellement animée pour TIRCEL par un cadre
infirmier et une secrétaire, toutes deux à
temps plein.
Aujourd'hui, TIRCEL est « matérialisé
» par un site Internet qui héberge le dossier
des patients, chaque professionnel ayant la possibilité,
après identification, de renseigner le dossier
en cours. Tout autre intervenant bénéficie
ainsi immédiatement de l'information la plus
récente concernant un patient donné. C'est
ce coeur informatique qui, en produisant en temps réel
les statistiques de fonctionnement du réseau,
permet en outre de fournir un rapport d'activité
précis aux organismes financeurs. TIRCEL propose
également des séances d'information collectives
- les professionnels répondent aux questions
des malades - et prend en charge le paiement de prestations
hors nomenclature, telles que la consultation chez la
diététicienne libérale ou les gestes
de ponction/déponction de l'hémodialysé
à domicile.
Et à ceux qui doutent encore de l'intérêt
des réseaux pour la prise en charge de l'insuffisance
rénale préterminale, rappelons que, dans
le cas de TIRCEL, gagner trois mois de dialyse chez
la moitié des patients inclus revient à
rentabiliser les frais de fonctionnement annuel de l'ensemble
du dispositif...
Dr
J. A.
D'après
un entretien avec le Pr Maurice Laville, hôpital
Edouard-Herriot à Lyon.
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REIN : un système d'information
et un projet de santé publique |
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30
septembre 2003, Le Quotidien du Médecin
5e
Réunion commune de la Société de
néphrologie et de la Société francophone
de dialyse. Nancy, 30 sept.-3 oct. 2003.
La
communauté néphrologique française
s'est dotée d'un système d'information,
baptisé REIN (Réseau épidémiologie
et information en néphrologie), véritable
projet de santé publique. Plusieurs partenaires
se sont mobilisés pour le rendre possible.
A
la demande de la direction générale de
la Santé, l'INSERM a réalisé en
1997 une étude approfondie des besoins en information
des différents acteurs et institutions concernés
par la prise en charge de l'insuffisance rénale
chronique : professionnels de santé, assurance-maladie,
agences régionales de l'hospitalisation, ministère
de l'Emploi et de la Solidarité, Etablissement
français des greffes, Institut de veille sanitaire
et INSERM. Cette étude a montré que les
systèmes existants ne permettaient pas d'avoir
une vue d'ensemble des patients traités. Elle
a établi un noyau commun d'informations qui permettrait
de répondre à des objectifs complémentaires
de santé publique et de recherche.
Les décrets n°s 2002-1197 et 2002-1198 relatifs
au traitement de l'insuffisance rénale chronique
par la pratique de l'épuration extrarénale
remplacent l'ancien indice de besoin largement décrié,
par un système de régulation fondé
sur une appréciation épidémiologique
des besoins de santé de la population, inaugurant
ainsi un nouveau mode de gestion de la politique sanitaire.
Ce nouveau dispositif, produit de la concertation entre
patients, professionnels, assurance-maladie et Etat,
nécessite un système d'information fiable.
Du
réseau au système d'information
Le
REIN (Réseau épidémiologie et information
en néphrologie) a donc été conçu
comme un projet de santé publique d'intérêt
commun à ces différents acteurs. Elaboré
à l'initiative de la Société de
néphrologie et de l'Etablissement français
des greffes, support institutionnel du projet, il est
financé et soutenu par un ensemble de partenaires,
dont la Caisse nationale d'assurance-maladie, l'Institut
de veille sanitaire, l'INSERM et l'Université,
les sociétés savantes de dialyse et de
transplantation. Les associations d'infirmiers et de
patients sont également présentes au sein
d'un comité d'orientation et de suivi chargé
de veiller au respect de ses objectifs.
En termes de santé publique, l'objectif principal
du REIN est de décrire la prise en charge de
l'insuffisance rénale pour orienter la politique
sanitaire et évaluer les mesures visant à
améliorer la prévention ainsi que l'accessibilité,
la qualité et la sécurité des traitements.
Pour la recherche, le REIN va permettre d'étudier
les variations temporo-spatiales, d'évaluer les
pratiques médicales et de servir de fondement
à la mise en oeuvre d'études spécifiques
de recherche clinique, d'épidémiologie
et d'économie de la santé.
Un
recueil au long cours
Le
système d'information du réseau REIN concerne
l'ensemble des patients en traitement de suppléance
pour insuffisance rénale chronique. En pratique,
un nouveau patient est signalé au REIN par le
centre de dialyse qui le prend en charge dans les quarante-cinq
jours suivant la mise en ?uvre du traitement. L'ancrage
sur le système d'information de l'Etablissement
français des greffes permet de rassembler les
données relatives à la dialyse et à
la greffe rénale, et de reconstituer la filière
de soin.
Le système d'information est organisé
en trois niveaux. Au niveau local, les centres de dialyse
ont la charge de recueillir et de transmettre les informations
au REIN et disposent, en retour, des statistiques régionales
et nationales de l'insuffisance rénale chronique
traitée, et ont la possibilité de faire
des demandes spécifiques.
Le niveau régional a pour mission de contrôler
la qualité des données et de les analyser
pour la zone géographique couverte, afin de répondre
aux besoins des néphrologues et de l'agence régionale
de l'hospitalisation. Selon la région, l'opérateur
chargé de ces tâches peut être rattaché
à un département hospitalier de santé
publique ou d'information médicale ou à
un observatoire régional de la santé.
Le niveau national a pour missions essentielles de coordonner
l'ensemble du dispositif. Il comporte un groupe de pilotage,
constitué d'experts en néphrologie, épidémiologie
et informatique, issus des sociétés savantes,
des agences, de l'Université et de l'INSERM,
ainsi que de représentants de la CNAM, de la
direction de l'Hospitalisation et de l'Organisation
des soins, et des patients. Enfin, il est prévu
que REIN contribue au registre de l'European Renal Association
- European Dialysis and Transplant Association, qui
rassemble et analyse les données des registres
nationaux participants à l'échelon européen.
Ainsi, REIN est organisé pour assurer un recueil
d'informations, au long cours, sur la cohorte des malades
insuffisants rénaux, en assurant la qualité
des informations et des analyses à l'échelon
régional et national.
Dr
Gérard BOZET
D'après
un entretien avec le Dr Bénédicte Stengel,
INSERM U258, Villejuif.
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Dépister et traiter la
néphropathie à IgA primitive (maladie de
Berger) |
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30
septembre 2003, Le Quotidien du Médecin
5e
Réunion commune de la Société de
néphrologie et de la Société francophone
de dialyse. Nancy, 30 sept.-3 oct. 2003.
La
néphropathie à IgA est responsable de
10 % des nouveaux cas annuels d'insuffisance rénale
chronique terminale nécessitant la dialyse. C'est
donc une pathologie relativement fréquente qu'il
convient de diagnostiquer le plus précocement
possible, d'autant que, contrairement à certaines
idées reçues, elle peut et doit être
traitée. La corticothérapie et le contrôle
de l'HTA et de la protéinurie par un IEC ou un
antagoniste de l'angiotensine 2 améliorent le
pronostic.
L'incidence
annuelle de la néphropathie à IgA primitive,
ou maladie de Berger, est estimée entre 35 et
40 cas par million d'habitants. C'est la plus fréquente
des maladies glomérulaires dans les différentes
régions du monde. Sa prévalence est de
l'ordre de 800 à 1 000 cas par million d'habitants.
Elle touche toutes les tranches d'âge avec néanmoins
un pic de fréquence entre 20 et 30 ans et une
nette prédominance masculine (70 à 75
%). Elle est responsable de 10 % des nouveaux cas d'IRC
terminale nécessitant une dialyse. Ainsi, chaque
année, en France, 660 patients atteints de néphropathie
à IgA entrent en dialyse.
Il
semble qu'il existe une prédisposition génétique
(voir encadré), mais le facteur déclenchant
est le plus souvent infectieux, soit bactérien,
soit viral. L'épisode infectieux n'est pas spécifique.
Il peut s'agir d'une bronchite, d'une sinusite, d'une
gastro-entérite... Le principal symptôme,
l'hématurie macroscopique, associée ou
non à une protéinurie, apparaît
au cours de l'épisode fébrile (intra-infectieuse).
Cette hématurie macroscopique transitoire (2
à 3 jours) avec des urines marrons sans caillots
est présente dans 30 à 40 % des cas ;
certains patients présentent des hématuries
macroscopiques à répétition, lors
de chaque épisode infectieux, très évocateur
du diagnostic.
La découverte fortuite d'une hématurie
microscopique et/ou d'une protéinurie à
la bandelette au cours d'un examen systématique
est actuellement moins fréquente, car la médecine
préventive (scolaire, militaire, universitaire,
du travail) est moins active que dans le passé.
C'est dans un certain nombre de cas devant une hypertension
artérielle, et/ou une insuffisance rénale
chronique, complications de la néphropathie,
que le diagnostic est fait.
Le
diagnostic repose sur la biopsie rénale qui reste
indispensable. Les lésions en immunofluorescence
sont caractérisées par des dépôts
granuleux, diffus et généralisés
d'IgA dans le mésangium (intercapillaire) ; tous
les glomérules sont touchés et l'ensemble
du glomérule est atteint. On retrouve d'autres
dépôts, notamment de C3 et d'autres immunoglobulines
(IgG ou IgM), mais les dépôts d'IgA sont
prédominants.
Le pronostic est difficile à déterminer
car c'est une maladie qui évolue longtemps à
bas bruit et dont la date de début est souvent
imprécise (découverte systématique).
On connaît néanmoins les facteurs de risque
prédictifs d'une évolution défavorable
vers l'IRC, puis l'IRCT :
- l'apparition d'une HTA ;
- une protéinurie supérieure à
1 g/j ;
- un score élevé à la biopsie rénale
: on évalue de façon quantitative, en
microscopie optique, les lésions glomérulaires,
tubulaires, interstitielles et vasculaires ; une échelle
permet ensuite d'établir un score entre 0 et
20. A partir de 9, on considère qu'il s'agit
d'une atteinte sévère ;
- le surpoids est aussi un facteur de risque indépendant
;
- l'épaisseur des membranes basales glomérulaires
en microscopie électronique. Ainsi, les membranes
fines (30 % des cas environ) constituent un facteur
de protection.
Au bout de 20 ans d'évolution, 50 % des patients
ont développé une insuffisance rénale
chronique (filtration glomérulaire < 60 ml/min
calculée par la formule de Cockroft) et 20 %
d'entre eux sont déjà traités par
dialyse et/ou transplantation.
L'efficacité
de la corticothérapie est démontrée
Le
traitement comprend le contrôle des facteurs de
risque ; l'un des principaux objectifs est de normaliser
la pression artérielle et de contrôler
la protéinurie. Les médicaments de choix
sont les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC)
et les antagonistes de l'angiotensine 2 (AIIA) car ils
sont antihypertenseurs et protecteurs rénaux.
En cas de surpoids, il faut également tenter
d'obtenir un amaigrissement significatif.
Mais le traitement n'est pas limité à
la prise en charge des facteurs de mauvais pronostic.
Contrairement à certaines idées reçues,
la néphropathie à IgA peut et doit être
traitée : la corticothérapie a fait la
preuve de son efficacité. Les patients qui ont
une maladie sévère, c'est-à-dire
un score supérieur ou égal à 9,
doivent recevoir, pendant environ trois mois, de fortes
doses de corticoïdes, les posologies sont ensuite
diminuées progressivement. Une corticothérapie
de plusieurs mois diminue de façon significative
le risque d'évolution vers une IRC.
Par ailleurs, deux études ont mis en évidence
l'efficacité des huiles de poisson ; Les omégas
3 permettraient de réduire la protéinurie
et de diminuer le risque évolutif, mais ces essais
n'ont pas été confirmés et leur
intérêt reste aujourd'hui controversé.
La néphropathie à IgA n'est pas une contre-indication
à la greffe, malgré un risque de récidive
histologique d'environ 50 %. En effet, on observe peu
de récidives cliniques et les résultats
de la transplantation, en termes de survie des malades
et des greffons, sont bons.
Dr
Marine JORAS
D'après
un entretien avec le Pr François Berthoux, Saint-Etienne
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La contribution d'un industriel
au traitement de l'insuffisance rénale chronique |
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30
septembre 2003, Le Quotidien du Médecin
5e
Réunion commune de la Société de
néphrologie et de la Société francophone
de dialyse. Nancy, 30 sept.-3 oct. 2003.
Quel
est le rôle de l'industrie dans le traitement
de l'insuffisance rénale ? L'exemple de Baxter,
pionnier dans ce domaine, est exemplaire. Marie-Caroline
Camara, directrice de la division thérapies rénales,
analyse pour nous la place de cette entreprise innovante.
Créé
en 1931, Baxter, pionnier dans le domaine du traitement
de l'insuffisance rénale, a développé
le premier rein artificiel en 1956, le premier système
complet de dialyse péritonéale ambulatoire
en 1979 et la première machine portable de dialyse
péritonéale automatisée en 1994.
Faciliter
l'accès à l'autonomie
En
hémodialyse, Baxter distribue aujourd'hui une
gamme complète de produits. Il assure également
le développement et la production de solutions
d'hémodialyse en poches souples, de cartouches
et de solutions de nutrition.
En 2003, Baxter lance Arena, un nouveau générateur
d'hémodialyse. Il a pour vocation de simplifier
et de sécuriser les manipulations, et de répondre
ainsi aux nouveaux impératifs de sécurité
et de traçabilité renforcés par
le processus d'accréditation. Il permet également
de faire face à la charge de travail des soignants
et de faciliter l'accès à l'autonomie
lorsque cela est possible. Arena comporte, par exemple,
un grand écran tactile en couleurs qui facilite
la saisie de données. Le malade peut, en outre,
activer un bouton pour l'administration de solution
saline destinée à prévenir la survenue
de crampes. La « carte patient » : une fiche
de données préprogrammable contient une
prescription de dialyse individualisée. Cela
assure l'enregistrement correct de la prescription et
réduit le temps de mise en place. Grâce
au système d'information dont il est doté,
Arena permet la surveillance à distance des séances.
Un
matériel évolutif
En
dialyse péritonéale, Baxter a cherché
à rendre possible l'individualisation du traitement.
Une gamme de solutions complète et de solutions
biocompatibles permet, séparément ou en
combinaison, le respect du poids sec, le maintien d'un
bon état nutritionnel, le contrôle de l'équilibre
phosphocalcique et la préservation de la membrane
péritonéale. Le matériel proposé
au sujet, quel que soit son âge et son degré
d'autonomie, est évolutif et compatible. Il lui
permet de mener une vie aussi proche que possible de
ce qu'elle était avant la maladie.
La
dialyse péritonéale automatisée
La
dialyse péritonéale automatisée
est en pleine expansion : selon les pays, elle concerne
entre 30 et 60 % des patients. Grâce à
sa carte informatisée, le système Homechoice
Pro facilite le suivi et peut permettre l'anticipation
des problèmes. Il garantit l'observance de la
dialyse, qui est un des points clés du traitement
à domicile, et autorise la maintenance à
distance, ainsi que la modification de prescription.
Après avoir historiquement contribué à
diminuer la mortalité des patients atteints d'insuffisance
rénale, Baxter s'est donné pour mission
d'améliorer leur qualité de vie et de
contribuer à prévenir l'insuffisance rénale.
En hémodialyse, l'action de Baxter porte ainsi
sur l'instrumentation et les solutions de dialyse aiguë.
Baxter est aussi impliqué dans le développement
de matériel d'hémodialyse à domicile.
Dans le cadre d'une approche globale de la maladie et
du recentrement de ses activités, Baxter a, en
outre, en développement une érythropoïétine
recombinante et a annoncé la cession des activités
de gestion de centres de dialyse au niveau mondial.
Le travail de recherche s'effectue en partenariat avec
la communauté scientifique. Sous l'impulsion
du Pr Lee Henderson, Baxter a, par exemple, créé
un programme de recherche coopérative avec la
Société Internationale de néphrologie.
Renal Discoveries a pour objectif de permettre à
des chercheurs de poursuivre leurs travaux et à
Baxter d'identifier de nouvelles opportunités
de développement. A ce jour, 221 chercheurs issus
de 20 pays différents (dont plusieurs équipes
françaises) ont bénéficié
de bourses d'un montant de plus de 25 millions de dollars.
Baxter participe également à la mise en
place d'une vaste étude coopérative internationale
sur le suivi des patients au stade de la prédialyse.
Un
registre européen des solutions de dialyse péritonéale
La
division thérapies rénales France favorise
le contact entre les équipes françaises
et les centres de recherche. Dans le même esprit,
une étude de phase 4 a permis la création
d'un registre européen des solutions de dialyse
péritonéale pour mieux appréhender
l'impact et la tolérance des solutions innovantes
nouvellement mises à disposition du corps médical.
Notre équipe, composée de collaborateurs
ayant souvent une double formation, est impliquée
au quotidien dans des actions de formation à
nos produits et logiciels. Le Dr Sylvie Chauvé,
néphrologue, est un interlocuteur privilégié
du corps médical. De nombreux séminaires
de formation ont été réalisés.
En outre, nous avons été les premiers
à soutenir la création du Registre de
dialyse péritonéale de langue française,
et à contribuer à la réalisation
d'une conférence de consensus sur la dialyse
péritonéale, et d'un symposium consacré
à la néphrologie gériatrique.
Dr
Gérard BOZET
D'après
un entretien avec Marie-Caroline Camara, directrice
de la division thérapies rénales, Baxter
France.
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La progression des maladies rénales,
un enjeu majeur de santé publique |
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30
septembre 2003, Le Quotidien du Médecin
5e
Réunion commune de la Société de
néphrologie et de la Société francophone
de dialyse. Nancy, 30 sept.-3 oct. 2003.
Environ
11 % de la population générale a une atteinte
rénale. L'insuffisance rénale et la protéinurie
sont parmi les prédicteurs les plus puissants
de morbi-mortalité cardio-vasculaire. De nombreux
essais d'intervention ont démontré qu'il
est possible de ralentir ou d'empêcher la progression
de l'insuffisance rénale.
Le
risque de progression vers l'insuffisance rénale
terminale augmente avec la pression artérielle
systolique(Photo S Toubon/"le Quotidien")
Contrairement à une opinion répandue,
les maladies rénales ne sont pas des affections
rares. Les dialysés et transplantés ne
représentent qu'une très faible fraction,
spectaculaire, des patients ayant une atteinte rénale.
Les DOQI américains (Dialysis Outcomes Quality
Initiative de la National Kidney Foundation) et, plus
récemment, l'ANAES ont recommandé le recours
systématique à la clairance de la créatinine
calculée selon la formule de Cockcroft pour le
dépistage de l'insuffisance rénale (IR)
et la quantification de la fonction rénale en
pratique quotidienne. En appliquant ces recommandations,
environ 11 % de la population générale
a une atteinte rénale. Cette prévalence
augmente fortement avec l'âge, mais aussi avec
la présence d'un diabète ou d'une hypertension
artérielle.
Le dépistage de l'IR est devenu un enjeu de santé
publique, d'autant que de nombreux essais thérapeutiques
d'intervention ont démontré la possibilité
de ralentir, voire d'empêcher, la progression
de la maladie vers les stades les plus ultimes. Ces
essais ont aussi mis en évidence un excès
de risque cardio-vasculaire dans ces populations : l'IR,
même débutante, et la protéinurie
sont parmi les plus puissants prédicteurs de
morbi-mortalité cardio-vasculaire.
Atteinte
rénale et risque cardio-vasculaire
L'étude
HOPE (Heart Outcomes Prevention Evaluation) a cherché
à évaluer les effets de l'adjonction d'un
inhibiteur de l'enzyme de conversion (IEC) à
un traitement antihypertenseur conventionnel sur la
morbi-mortalité cardio-vasculaire de patients
normo- ou hypertendus, mais ayant un risque cardio-vasculaire
élevé. Chez les patients présentant
une IR modérée, le risque cardio-vasculaire
a augmenté proportionnellement à la réduction
de la fonction rénale. Le traitement par IEC
a apporté un bénéfice cardio-vasculaire
très net, comme chez les patients sans atteinte
rénale. On peut raisonnablement en déduire
que tous les patients ayant une néphropathie
et des complications cardio-vasculaires patentes devraient
être traités par un IEC, après exclusion
d'une hypertension réno-vasculaire ou d'une néphropathie
ischémique. Ils devraient probablement être
« ciblés » pour bénéficier
d'interventions plus intensives.
Le risque de progression de l'IR vers la dialyse-transplantation
est maintenant mieux identifié. Les principaux
facteurs de progression sont l'HTA et, surtout, l'abondance
de la protéinurie, sans effet de seuil.
Dans une métaanalyse récente, T.H. Jafar
a regroupé onze grands essais qui ont comparé
l'effet des IEC et d'un traitement conventionnel sur
la progression des maladies rénales. Il a montré
que le risque d'IR terminale augmente avec l'augmentation
de la pression artérielle systolique et de protéinurie.
L'effet bénéfique des IEC n'est que partiellement
dépendant de la réduction tensionnelle,
mais dépend fortement de la réduction
de la protéinurie. Le bénéfice
individuel du traitement IEC est très important
chez les malades très protéinuriques,
même en cas de protéinurie résiduelle.
Cependant, en termes de santé publique, le bénéfice
des IEC est important chez les patients ayant une protéinurie
modérée, car ces malades sont les plus
nombreux et ils contribuent au nombre total d'IR terminales.
Diabète
de type 2 : on peut retarder l'insuffisance rénale
La
néphropathie associée au diabète
de type 2 est devenue la première cause mondiale
d'IR terminale (elle représente 25 à 50
% des cas de mise en dialyse dans les pays occidentaux).
Son incidence progresse très rapidement. Les
causes de cette explosion épidémiologique
sont multiples : augmentation de la prévalence
du diabète et de l'obésité dans
la population générale, mais aussi, paradoxalement,
amélioration de la mortalité cardio-vasculaire
dans ces populations très exposées (peut-être
grâce à l'utilisation plus large des statines).
Contrôler
la pression artérielle est essentiel
Bien
que les complications diabétiques soient très
dépendantes d'un médiocre contrôle
glycémique au fil des années, l'étude
britannique UKPDS a montré que c'est surtout
la réduction stricte de la pression artérielle
qui ralentit et prévient les complications diabétiques
liées à la microangiopathie (au niveau
de l'?il et du rein).
Deux grandes études randomisées contrôlées,
l'étude RENAAL (Reduction of End-points in NIDDM
with Angiotensin 2 Antagonist Losartan) et l'étude
IDNT (Irbesartan in Diabetic Nephropathy Trial), ont
pour la première fois démontré
la possibilité d'influer sur le cours de l'atteinte
rénale des diabétiques de type 2 par des
interventions non métaboliques. La réduction
du risque d'IR terminale est de 35 % avec un traitement
par un antagoniste du récepteur de l'angiotensine
2 (ARA2) à un niveau tensionnel équivalent
à celui obtenu par un traitement antihypertenseur
« conventionnel » (sans IEC ni ARA2).
Ainsi, les essais cliniques d'intervention visant à
ralentir la progression des maladies rénales
réalisés au cours des dernières
années ont permis de valider le concept d'autoaggravation
des néphropathies dépendant de l'hémodynamique
et/ou de la protéinurie. Ils ont également
confirmé l'efficacité du blocage du système
rénine-angiotensine.
Dr
Gérard BOZET
D'après
un entretien avec le Pr Thierry Hannedouche, hôpitaux
universitaires de Strasbourg.
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IRC, de l'enfant à l'adulte |
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30
septembre 2003, Le Quotidien du Médecin
5e
Réunion commune de la Société de
néphrologie et de la Société francophone
de dialyse. Nancy, 30 sept.-3 oct. 2003.
Les
progrès techniques de la dialyse, l'érythropoïétine
recombinante, l'hormone de croissance, un meilleur accès
à la transplantation et les traitements immunosuppresseurs
ont profondément modifié le pronostic
des enfants insuffisants rénaux chroniques. Avec
l'amélioration de la prise en charge éducative,
psychologique et diététique, ces jeunes
patients bénéficient aujourd'hui d'une
meilleure qualité de vie et atteignent une taille
adulte acceptable. Reste le problème des complications
cardio-vasculaires, qui impose une lutte précoce
et vigilante contre les facteurs de risque dès
le plus jeune âge.
Le
premier progrès dans la prise en charge des enfants
atteints d'insuffisance chronique a été
leur prise en charge. En effet, jusqu'au début
des années 1970, l'issue était fatale
et beaucoup considéraient que leur proposer une
dialyse relevait d'un acharnement thérapeutique.
L'amélioration des techniques de dialyse, qui
a permis une réduction sensible de la durée
du traitement hebdomadaire et une meilleure tolérance,
a donné la possibilité d'étendre
ses indications. Depuis quelques années, la prise
en charge des nourrissons est même devenue envisageable.
La transplantation rénale s'est développée
grâce aux progrès des traitements immunosuppresseurs.
Récemment, le principe de priorité pour
les enfants de moins de 16 ans a permis de réduire
les délais d'attente et même, pour certains,
d'éviter le passage par le stade de dialyse.
La mise à disposition de l'érythropoïétine
recombinante a transformé la vie de ces jeunes
patients, qui, au prix de transfusions répétées,
d'une surcharge en fer, sans parler du risque viral,
souffraient d'une grande fatigabilité. L'hormone
de croissance obtenue par génie génétique
a, quant à elle, transformé leur pronostic
statural. Plus tôt l'hormonothérapie est
mise en route, meilleur est le pronostic de taille.
Une étude récente a montré qu'avant
l'arrivée de l'hormone de croissance la taille
finale des enfants, dont l'insuffisance rénale
avait commencé avant 16 ans, était inférieure
à 2 déviations standards pour environ
45 % des enfants. Dans la série de la Société
française de néphrologie pédiatrique,
pour les enfants traités par hormone de croissance,
le gain de croissance est de 9,3 +/- 2 cm la première
année et de 7,4 +/- 1,6 cm la deuxième
année, pour une croissance annuelle avant traitement
de 5,1 +/- 2,1 cm. Il faut noter qu'un certain nombre
de facteurs interviennent sur la taille définitive
: la maladie causale, l'âge au moment de la survenue
de l'insuffisance rénale terminale, la qualité
des apports nutritionnels. Une taille finale supérieure
à - 2 déviations standards peut être
espérée si le traitement est instauré
précocement, avant un déficit trop important.
Une meilleure maîtrise des problèmes nutritionnels
et phosphocalciques a également contribué
à l'amélioration de la qualité
de vie et du devenir des enfants dont la réhabilitation
et l'insertion socioprofessionnelle doivent être
maintenant la règle.
Simultanément, l'accompagnement de l'enfant et
de sa famille s'est amélioré grâce
à la coordination des compétences de divers
professionnels : diététiciennes, enseignants,
travailleurs sociaux, pédopsychiatres, psychologues...
La prise en charge globale inclut l'éducation,
la scolarité, la formation professionnelle et,
bien entendu, l'équilibre psychologique ; elle
permet, au-delà de la restauration physique du
déficit rénal, grâce à la
transplantation, une authentique réhabilitation
et la potentialité d'une vie adulte sensiblement
normale sur les plans familial et professionnel. Le
soutien familial reste fondamental.
Limiter
les conséquences
Un
certain nombre de problèmes restent néanmoins
à résoudre. D'abord, celui de la morbidité
cardio-vasculaire à long terme. Le risque lié
aux troubles du métabolisme phosphocalcique,
qui favorisent les dépôts calciques dans
les vaisseaux, à l'hyperlipémie et à
l'hypertension artérielle est notable. Il faut
donc une prise en charge minutieuse le plus précoce
possible pour limiter au mieux aussi les conséquences
ultérieures de la maladie. Comme pour d'autres
pathologies, l'absence d'évaluation spécifique
chez l'enfant et le manque de préparations galéniques
adaptées constituent une sérieuse difficulté
dans la prise en charge efficace de ces facteurs de
risque.
Les progrès ne doivent pas non plus occulter
la lourdeur des moyens à mettre en oeuvre, l'investissement
familial nécessaire et le vécu des jeunes
patients. Ils ne peuvent faire oublier l'inégalité
des chances existant, pour cette maladie comme pour
d'autres, selon les pays et les milieux où naissent
ces enfants.
Dr
Marine JORAS
D'après
un entretien avec le Dr Jean-Luc André, Nancy.
Des
étiologies différentes de celles de l'adulte
Chez l'enfant, les uronéphropathies constitutionnelles
sont prépondérantes (entre 65 et 70 %).
Une analyse exhaustive, réalisée en Lorraine
en 1995, a montré que les hypo- et les dysplasies
constituaient 11 % des causes d'insuffisance rénale
chronique chez l'enfant, les uropathies, entre 25 et
30 %, les néphropathies héréditaires,
entre 16 et 20 %, les glomérulopathies, entre
22 et 30 %, et les anomalies vasculaires, environ 5
% (10 % pour toutes les autres causes confondues).
La forte proportion de causes malformatives explique
les atteintes extrarénales associées.
Prévalence
et incidence
L'enquête menée par l'EDTA (European Dialysis
and Transplant Association), dont la dernière
mise à jour date du 1er janvier 1994, montre
que, en France, la prévalence de l'insuffisance
rénale chronique était de 1 778 patients
pris en charge avant l'âge de 15 ans. En valeur
absolue, pour l'année 1994, notre pays comptait,
après le Royaume-Uni, le plus grand nombre de
nouveaux enfants pris en charge par dialyse ou transplantation,
soit un taux de six par million d'enfants.
Ces chiffres sont sans doute sous-estimés, les
nouveaux cas annuels seraient de l'ordre de sept à
huit par million d'enfants. Depuis 1989, on observe
une tendance à la stabilisation ou à la
baisse relative du nombre de nouveaux patients âgés
de 10 à 15 ans, et une augmentation du nombre
de nourrissons de moins de 2 ans.
La
survie
La
survie en insuffisance rénale terminale a beaucoup
progressé. Elle est maintenant supérieure
à 95 % à 5 ans et de 92 % à 15
ans, pour les enfants de plus de 2 ans. Pour l'ensemble
de la France, entre 1985 et 1996, sur un total de 1
117 transplantations effectuées avec des reins
de donneur en état de mort cérébrale,
la survie des greffons était de 84 % à
un an, de 68 % à 5 ans et de 52 % à 10
ans. Les résultats sont meilleurs pour les 146
transplantations de rein provenant de donneurs vivants
apparentés : 93 % à un an, 81 % à
5 ans et 71 % à 10 ans. Une survie plus longue
des greffons est attendue avec l'utilisation des nouveaux
immunosuppresseurs.
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La dialyse à l'heure de
la télémédecine |
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30
septembre 2003, Le Quotidien du Médecin
5e
Réunion commune de la Société de
néphrologie et de la Société francophone
de dialyse. Nancy, 30 sept.-3 oct. 2003.
La
télémédecine a pour objet l'intervention
médicale à distance. Depuis quelques années,
la télédialyse a fait son apparition,
en particulier au Canada et en France. Les méthodes
employées sont variées, et les résultats,
encourageants, permettent d'envisager une diminution
de la morbidité liée à la dialyse.
A
Nancy, le programme Diatélic est un système
intelligent qui permet la télésurveillance
des patients en dialyse péritonéale à
domicile. L'enregistrement des données du patient
et des échanges de messages avec les médecins
est quotidien. Chaque patient enregistre ses données
grâce à une application conviviale. Les
généralistes disposent d'un service de
messagerie leur permettant de communiquer avec les spécialistes
et les patients, et ils ont accès aux données
de leurs malades. Le centre de soins peut visualiser
l'ensemble des données du patient pour participer
au soin ou réagir aux alertes générées
par le système expert, notamment sur son état
d'hydratation. Les données recueillies sont traitées
selon un modèle dit markovien : le système
calcule la probabilité pour un malade de se trouver
dans un état prédéfini, hyperhydraté,
déshydraté ou normal, en adaptant ses
règles de calcul en fonction des valeurs des
jours précédents, et des éventuelles
corrections apportées par le néphrologue
référent à ses diagnostics antérieurs.
Le système est autoapprenant.
Dans une étude prospective contrôlée
randomisée, il a été montré
que le système Diatélic a permis de réduire
de façon importante la morbidité grâce
à ce meilleur contrôle de l'hydratation.
L'expérience acquise à Nancy peut être
rapprochée de celle de P. Simon et coll. Le centre
hospitalier de Saint-Brieuc dispose du centre de dialyse
le plus important de Bretagne et assure la responsabilité
d'un centre situé à Lannion, sans néphrologue
en juillet et en août.
Le système mis en place, baptisé Mégalis,
comporte une téléassistance permanente
et une assistance par visiophone. La téléassistance
permet la surveillance d'une séance de dialyse
à partir d'un poste central, grâce à
un logiciel (Dialmaster, Gambro-Hospal). L'assistance
par visiophone permet de communiquer avec l'infirmière
et le patient, et elle est matérialisée
par la constitution d'un acte médical de dialyse
(AMD). Le résumé des paramètres
fournis par le logiciel est intégré dans
l'AMD, puis dans le dossier de surveillance au long
cours.
Mégalis en est à sa troisième année
d'existence. Les résultats satisfaisants des
deux premières années ont conduit l'agence
régionale de l'hospitalisation à étendre
l'autorisation d'ouverture du centre de Lannion aux
vacances de Toussaint, Noël, février et
Pâques en 2003-2004. Un centre de dialyse permanent
de huit postes, entièrement télésurveillé,
ouvrira en 2005, en partenariat avec l'Association pour
l'aide aux urémiques de Bretagne.
A Strasbourg, J. Cinqualbre et son équipe étudient
depuis deux ans un programme dont le premier principe
est de centrer l'action de soins sur le patient lui-même
et de l'encadrer par le centre de greffes et par un
médecin exerçant à proximité
de son domicile. Ce médecin, partenaire à
part entière, doit bénéficier d'un
accès complet et permanent au dossier hospitalier,
dès lors qu'il a suivi une courte formation spécifique.
Le second principe est de s'appuyer sur le patient comme
partenaire actif.
Strasbourg,
Canada : des expériences encourageantes
Le
dispositif est développé à partir
d'un logiciel de transmission, de présentation
et d'analyse de données (AlisLap) et d'un logiciel
de visioconférence. Il fonctionne même
si le patient ne dispose que d'une ligne téléphonique
standard. Le médecin doit, en revanche, disposer
d'un haut débit. L'interface patient est très
simple, ce qui facilite la transmission d'informations.
Son observance peut être vérifiée
et une action pédagogique est possible.
Au Canada, TELENEPHRO a vu le jour en 1998. Ce programme
a été développé par la corporation
hospitalière Beauséjour (Nouveau-Brunswick).
Celle-ci est composée de trois établissements
de santé dont l'hôpital régional
Dr Georges-L.-Dumont, qui est l'un des deux centres
de la province qui comporte un service de néphrologie.
TELZENEPHRO permet le transfert d'images radiologiques,
la gestion des données de dialyse, la vidéoconférence
et la gestion des informations cliniques. Il s'adresse
aux patients habitant à une distance comprise
entre cent et deux cent cinquante kilomètres
du service de néphrologie de la corporation.
Un lien direct est établi entre les patients
à domicile ou dans un centre de dialyse auxiliaire,
et les infirmières, les néphrologues et
les autres membres de l'équipe multidisciplinaire
de la corporation. Ce projet favorise donc la téléconsultation,
le télédiagnostic, la téléradiologie
et le téléapprentissage pour les patients
et les professionnels de santé qui n'ont pas
accès à cette expertise dans leur région.
Ce système améliore la qualité
de vie des patients et facilite l'accès des patients
et des professionnels de santé à des services
spécialisés. Les patients disposent d'un
soutien pédagogique. TELENEPHRO contribue ainsi
à diminuer la morbidité.
Dr
Gérard BOZET
D'après
un entretien avec le | | | |