Revue de Presse 2003
quatrième trimestre

 
 
 
 

Ce site vous a plu ?
Laissez donc un petit message dans mon
Livre d'Or.




 
La revue de Presse du quatrième trimestre 2003 - octobre, novembre, décembre 2003

L'actualité de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche dans le monde d'octobre à décembre 2003

 

La biovigilance s'intéresse à la chaîne de prélèvement et au suivi des donneurs vivants

24 décembre 2003, communiqué Afssaps

Le décret n°2003-1206 du 12 décembre 2003 crée le système national de biovigilance dont la mise en œuvre a été confiée à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

[...]

Le système national de biovigilance repose sur le signalement, par les professionnels de santé :

- des incidents, survenus au cours de la chaîne allant du prélèvement à l'administration aux patients,
- des effets indésirables (quelle que soit leur gravité), observés chez les patients donneurs vivants ou receveurs.
Ces signalements devront être transmis aux correspondants locaux de biovigilance par l'intermédiaire d'une fiche de biovigilance ; prochainement nommés dans chacun des établissements désignés ci-dessus, ceux-ci déclareront à leur tour les incidents ou effets indésirables à la cellule de biovigilance de l'Afssaps et, lorsqu'il s'agit de greffes d'organes ou de tissus, en informeront également l'EfG. En cas d'urgence, notamment lorsque des mesures de police sanitaire sont à prendre pour assurer la sécurité d'éventuels autres receveurs, le professionnel de santé devra informer sans délais et directement la cellule de biovigilance de l'Afssaps et l'EfG, s'il s'agit de greffes d'organes ou de tissus.

Comme pour tous les systèmes de vigilance qu'elle coordonne déjà (pharmacovigilance, hémovigilance, matériovigilance, etc.), l'Afssaps assurera le recueil des données transmises par les correspondants locaux de biovigilance, leur évaluation et, éventuellement, la prise de mesures nécessaires, en concertation avec les autres intervenants. Dans les prochains jours, une présentation complète du système national de biovigilance sera disponible sur le site Internet de l'Afssaps, ainsi que la fiche de biovigilance téléchargeable au format PDF.

Retourner au sommaire de la revue de presse

Résultats d'une étude l' EfG sur les disparités géographiques d'accès à la transplantation

19 décembre 2003, Afidtn

Les disparités géographiques d'accès aux greffes en France seraient dues notamment aux différences d'expérience des centres de transplantation et à l'activité de prélèvement d'organes de chaque région, selon une étude soutenue par l'Etablissement français des greffes (EFG).

Françoise Roudot-Thoraval du service de santé publique de l'hôpital Henri Mondor à Créteil (Val-de-Marne) et ses collègues ont analysé les données relatives aux greffes dans chacune des 7 régions définies par l'EFG, à partir de 1994.
Après 4 mois de suivi, 49% des 3.553 patients sur liste d'attente avaient reçu une greffe: 64% des 797 patients en attente d'une greffe de foie, 52% des 549 patients en attente d'une greffe cardiaque et 22% des 2.207 patients en attente d'une greffe de rein.
Les taux de mortalité sur la liste d'attente s'élevaient respectivement à 10%, 14% et 1% pour les patients en attente d'une greffe de foie, de coeur et de rein.
Le taux de transplantation le plus élevé a été relevé dans l'Ouest de la France, avec 63%, et le plus faible en région parisienne, avec 43%.
De même le taux de mortalité le moins élevé a été observé dans l'Ouest, avec 2%, et le plus élevé dans le Sud-Est et la région parisienne avec 7%.
Mais la situation n'est pas identique pour tous les organes au sein d'une région. Ainsi les patients de la région I (Nord) avaient un bon accès aux greffes de rein et de coeur, mais pas à celles de foie.

Les auteurs indiquent qu'aucune région ne "vole" d'organes aux autres régions afin de satisfaire ses patients, ce qui est en accord avec les lois françaises d'attribution des greffes qui préconisent qu'un organe prélevé dans une région doit être donné en priorité aux habitants de cette région.
Pour expliquer les disparités géographiques mises en évidence par leur étude, Françoise Roudot-Thoraval et ses collègues mentionnent des différences d'expérience entre les équipes de transplantation, telles que l'ancienneté du centre, la présence d'un médecin reconnu au niveau international ou l'existence d'un réseau d'équipes de prélèvement et de transplantation habituées au travail collectif.
Même s'il est tentant de chercher un lien entre l'activité de prélèvement et le temps d'attente, les auteurs indiquent que les deux régions qui présentent l'activité la plus élevée ont des caractéristiques bien différentes: la région IV (Ouest) présente le temps d'attente le moins élevé des 7 régions tandis que la région III (Centre) fait partie des régions à moyenne voir longue durée d'attente, ce qui s'explique probablement par le faible nombre d'unités actives de transplantation.

De même, des deux régions présentant les plus bas taux de prélèvement d'organe, la région I (Nord) présente un temps d'attente très court pour les greffes de coeur, mais moyen voire long pour les greffes de rein et de foie et la région IV (Sud-Est) présente un temps moyen d'attente pour une transplantation de foie et un temps long pour une transplantation de coeur ou de rein.

Par ailleurs, les auteurs indiquent que certaines régions inscrivent leurs patients sur la liste d'attente à un stade de la maladie plus précoce par rapport à d'autres régions. Selon les auteurs, cette inégalité pourrait être corrigée par une standardisation des pratiques, notamment par un consensus sur la gravité de la défaillance à partir de laquelle les patients peuvent être inscrits sur la liste.

Même si certaines disparités géographiques ne pourront être facilement effacées, les auteurs souhaitent que des mesures soient prises afin de les réduire. "Améliorer l'accès à la transplantation et garantir une égalité d'accès sur tout le territoire constitue une des priorités de l'EFG", soulignent les auteurs, ajoutant que l'EFG cherche à augmenter le nombre de dons et à changer les règles de répartition des organes afin de tenir compte du temps d'attente sur la liste.

Retourner au sommaire de la revue de presse

Les députés adoptent la loi sur la bioéthique

11 décembre 2003, Reuters

Les députés français ont adopté jeudi en deuxième lecture le projet de loi sur la bioéthique présenté par le ministre de la Santé Jean-François Mattei, qui révise les lois de 1994 et fait notamment du clonage reproductif un "crime contre l'espèce humaine".
Les groupes UMP et UDF ont voté pour, les groupes PS et PCR contre le texte que le Sénat examinera en seconde lecture en février.

Ce projet, voté en première lecture par les députés en janvier 2002, sous la précédente législature, a été profondément remanié lors de son examen par le Sénat en janvier dernier. Les sénateurs avaient adopté environ 200 amendements dont un bon tiers présenté par le ministre de la Santé.

D'où les critiques portées par la gauche lors du nouveau débat à l'Assemblée.

"Ce texte cède aux courants conservateurs et constitue un recul par rapport à la première rédaction", a estimé Jacqueline Fraysse, député communiste des Hauts-de-Seine.

Le projet de loi fait du clonage reproductif "un crime contre l'espèce humaine", passible de trente ans de prison et 7,5 millions d'euros.

De plus, il interdit le clonage thérapeutique, qui devient passible de sept ans de prison et 100.000 euros d'amende et supprime la possibilité de transferts d'embryons produits in vitro après le décès de l'homme.

Par ailleurs, le texte rétablit la nécessité de la preuve d'une vie commune de deux ans pour avoir droit à l'assistance médicale à la procréation (AMP), à laquelle ont recours chaque année entre 7.000 et 8.000 couples.

De plus, le texte limite la recherche sur les embryons congelés surnuméraires ne faisant plus l'objet d'un projet parental. Aux termes du projet de loi, celle-ci n'est autorisée que "par dérogation et pour une durée limitée à cinq ans".

La disposition a été vivement dénoncée par l'opposition, qui souhaitait le retour au texte voté en janvier 2002 et autorisant la recherche sur les embryons surnuméraires.

Au terme d'un long débat, un amendement "bébé médicament", a été adopté. Il propose d'élargir le champ d'application du diagnostic pré-implantatoire (DIP).

FACILITER LES DONS D'ORGANES

Actuellement, le DIP est ouvert aux couples ayant de forts risques de donner naissance à un enfant atteint d'une grave maladie génétique. Il permet de sélectionner des embryons pour avoir un enfant non porteur de cette maladie.

L'amendement permet de sélectionner un embryon ayant des tissus compatibles avec ceux d'un aîné souffrant d'une maladie génétique et de prélever des cellules souches provenant du sang du cordon ombilical de l'enfant à naître pour les implanter sur son frère ou sa soeur aîné, dans le but de le ou la sauver.

Le projet de loi prévoit également la création d'une Agence de la biomédecine qui, sous la forme d'un nouvel établissement public, se substituera à l'Etablissement français des greffes (EFG) et à la Commission nationale de médecine et de biologie de la reproduction et du diagnostic prénatal (CNMBRDP).

Un amendement rédigé par le rapporteur du texte, le député UMP de Val-de-Marne, Pierre-Louis Fagniez, dispose que "si le médecin n'a pas directement connaissance de la volonté du défunt, il doit s'enquérir auprès de la famille d'une opposition au don d'organes éventuellement exprimée de son vivant par le défunt".

Suivant un autre amendement, les médecins ayant procédé à un prélèvement sur un défunt ou à une autopsie devront s'assurer "de la restauration aussi parfaite que possible du corps".

L'un des derniers amendements votés en commission dispose que "les règles de répartition et d'attribution des greffons doivent respecter le principe d'équité".

Dans le cadre de l'information de la famille d'une personne atteinte d'une maladie grave, l'un des amendements retenus oblige le médecin à informer "le patient de la responsabilité qui serait la sienne s'il omettait de prévenir les membres de sa famille de l'anomalie génétique détectée".

L'Assemblée a décidé que cette loi ferait l'objet d'un nouvel examen d'ensemble par le Parlement dans un délai maximum de cinq ans après son entrée en vigueur.

Retourner au sommaire de la revue de presse

Les chercheurs se sentent freinés dans leurs travaux

10 décembre 2003, Le Monde

Les équipes souhaiteraient avancer dans la recherche sur les cellules-souches embryonnaires.
Parmi les sujets de controverse dans le débat sur la révision des lois de la bioéthique, deux thèmes concernent au premier chef les équipes de chercheurs : l'évaluation de nouvelles techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP) et l'interdiction des recherches sur les cellules-souches embryonnaires. L'entourage de Jean-François Mattei explique que "les professionnels concernés ne demandent pas à aller plus loin. Toutes les recherches sur les gamètes et les milieux de culture restent possibles. La limite que nous fixons est d'interdire la création d'embryons".

Les chercheurs expriment un avis fort différent. "La grande majorité des équipes travaillant sur la reproduction humaine souhaiteraient être autorisées à faire des recherches sur l'embryon", résume le docteur Jacques de Mouzon, spécialiste des questions de reproduction (Inserm U569, Le KremlinBicêtre)."Il est dommage de fermer durablement la porte aux différents domaines de l'expérimentation sur l'embryon, regrette le professeur François Olivennes, chef de service de l'unité de médecine de la reproduction humaine à l'hôpital Cochin (Paris). Il serait plus intelligent d'adopter un système à l'anglaise, où la loi définit des grands principes et où une commission autorise ou non une technique." Et le professeur Olivennes de prendre l'exemple de la congélation des ovocytes, une technique qui n'est pas encore au point : "Si, demain, il était techniquement possible d'obtenir une grossesse avec un ovocyte congelé, ce serait un progrès très important. Or, si la loi est adoptée en l'état, l'évaluation de cette nouvelle technique serait virtuellement impossible."

Cette éventualité inquiète François Olivennes : "Il se développe un tourisme médical. Même s'ils restent pudiques, certains centres étrangers développent une activité importante en faisant appel au don d'ovocyte. Il existe un risque de sélection par l'argent. De plus, de nouvelles techniques peuvent être mises au point à l'étranger et arriver en France sans que nous ayons pu effectuer des essais."Au nombre des nouvelles techniques d'AMP, le professeur Olivennes énumère : le transfert de noyau (utilisé jusqu'ici pour des clonages), le transfert de cytoplasme, la maturation in vitro des gamètes (spermatozoïdes ou ovocytes) et, enfin, dans le futur, la congélation des ovocytes.

"MORATOIRE DE CINQ ANS"

Pour Axel Kahn (Institut Cochin de génétique moléculaire, Paris), la solution pour la recherche sur l'embryon humain, retenue par le gouvernement et adoptée par le Sénat, est "hypocrite" : "Elle interdit ces recherches, mais décide d'un moratoire de cinq ans pour accorder des dérogations à quelques équipes. Il est évident qu'il ne manquera pas d'arguments pour dire que l'on a appris en travaillant sur les cellules- souches embryonnaires et le développement embryologique précoce. Par conséquent, il n'y a aucune chance pour que l'on revienne sur ce moratoire."

Le professeur Kahn rappelle que, sur dix fécondations réussies naturellement, seulement deux ou trois donneront effectivement naissance à un enfant. "Il en va de même pour l'AMP", note Axel Kahn. Le généticien s'interroge : "Les embryons obtenus par une fécondation in vitro et ne faisant plus l'objet d'un projet parental sont voués à la destruction. Ne pourrait-on pas considérer que faire l'objet de recherches serait la seule chance de leur faire rejoindre un projet humain ?"

Paul Benkimoun

Retourner au sommaire de la revue de presse

Bioéthique : l'embryon au centre du débat

10 décembre 2003, Le Nouvel Observateur

Parmi les six questions abordées lors de la présentation du projet de loi sur la bioéthique mardi soir, le débat a largement été dominé par la controverse sur la recherche sur les embryons surnuméraires.

A gence de biomédecine, dons et greffes d'organes, "brevetabilité" du vivant, régime juridique de l'assistance médicale à la procréation, recherches sur les embryons, clonage: six questions majeures étaient abordées mardi soir devant les députés lors de la présentation du projet de loi sur la bioéthique.
Mais le débat a été dominé par la controverse sur la recherche sur les embryons surnuméraires, qui a souvent transcendé le clivage droite-gauche.
Comme Alain Claeys (PS) l'avait fait en fin d'après-midi, l'ancien ministre de la Recherche Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG, app-PS) a reproché au ministre de la Santé, Jean-François Mattei, d'avoir "accepté au Sénat des amendements qui dénaturent le texte" voté en première lecture à l'Assemblée, en janvier 2002.
Alors que les députés avaient autorisé, sous condition, les recherches sur des cellules souches embryonnaires, les sénateurs ont interdit le principe de "toute recherche sur l'embryon", autorisant toutefois pendant une période de cinq ans, "dans un cadre très strict", des recherches sur les cellules embryonnaires lorsqu'elles sont "susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques".
"Ce renversement de perspective constitue à nos yeux une régression", a déclaré M. Schwartzenberg, en accusant le ministre de "pénaliser les malades" et "les chercheurs français".

En revanche, s'élevant contre "la marchandisation de l'humain", Noël Mamère (Verts) s'est déclaré "favorable à la solution de compromis du Sénat", jugeant "souhaitable de restreindre la recherche sur l'embryon humain aux seuls domaines où la recherche sur l'animal aura été largement défrichée".

"Conception utilitariste de l'embryon"

Le débat a également traversé le groupe UMP, où la liberté de vote sera de mise. Christine Boutin s'est ainsi élevée contre la "conception utilitariste de l'embryon", alors qu'Yves Bur s'est prononcé en faveur de la recherche sur les embryons surnuméraires, qui ne font plus l'objet d'un projet parental.
Répondant aux accusations de l'opposition, le ministre a déclaré qu'il fallait "trouver la juste mesure entre (ces) critiques, qui sont excessives, et les atermoiements, et quelque fois les frilosités, qui le sont aussi". "Dans cinq ans, nous ferons le bilan, et s'il est nécessaire de continuer, naturellement nous continuerons", a-t-il affirmé, en rappelant qu'il s'était engagé, à l'ouverture des débats, à présenter un dispositif transitoire permettant que des recherches sur l'embryon "soient menées dès la promulgation de la loi".

Présumé volontaire au don d'organe

L'examen des articles doit commencer mercredi après-midi, après la dernière motion de procédure du groupe PS qui sera présentée par Jean-Marie Le Guen.
Ce texte prévoit d'abord la création d'une Agence de la biomédecine qui se substituera à l'Etablissement français des greffes ainsi qu'à la Commission nationale de médecine et de biologie de la reproduction et du diagnostic prénatal.
Concernant le don et la greffe d'organes, la commission des affaires sociales de l'Assemblée a adopté mardi un amendement faisant du prélèvement et du don d'organes une priorité nationale.
Selon cet amendement, le régime du consentement présumé doit être renforcé. En dehors des personnes inscrites sur le registre national des refus, toute personne est présumée consentante au don d'organe. Les médecins ayant procédé à un prélèvement sur une personne décédée doivent s'assurer de la restauration décente du corps.
Le texte propose que le prélèvement soit considéré comme une activité médicale pleine et entière. Un amendement du gouvernement tend d'ailleurs à intégrer le prélèvement dans les missions de service public des établissements de santé. Il s'agit de transformer l'autorisation de prélèvement en obligation de service publique.
Pour le don du vivant, le Sénat avait déjà élargi le cercle des donneurs potentiels aux parents du 2e degré et à la personne apportant la preuve de deux ans de vie commune avec le receveur.

Devenir des enfants

Pour l'assistance médicale à la procréation (AMP), une attention toute particulière devra être apportée à "l'AMP-vigilance", c'est-à-dire le dispositif permettant de prendre en considération le devenir des enfants conçus selon les différentes techniques de procréation. Le suivi médical de ces enfants sera renforcé. Le projet de loi clarifie également les cas dans lesquels il doit être mis fin aux activités de l'AMP.
Quant au "bébé médicament", il ne peut être question de recourir à la procréation artificielle pour le seul intérêt thérapeutique d'autrui. En revanche, pour des parents ayant un enfant menacé de mort par une maladie génétique incurable, il est permis aujourd'hui d'avoir un autre enfant indemne grâce au diagnostic pré-implantatoire.
Dans le cadre de la recherche sur les embryons surnuméraires ne faisant plus l'objet d'un projet parental, le texte de loi stipule que la recherche sur l'embryon est interdite. Seules des dérogations très encadrées sont prévues.
Le clonage, enfin, est interdit, et devient un crime contre l'espèce humaine, passible de 30 ans de réclusion criminelle et de 7,5 millions d'euros d'amende.
Quant au clonage thérapeutique, il devient un délit passible de sept ans d'emprisonnement et d'un million d'euros d'amende.

Retourner au sommaire de la revue de presse

eBay bloque une enchère sur un rein humain

10 décembre 2003, Silicon.fr

Le site d'enchères eBay reste vigilant: il vient de bloquer l'offre d'un internaute qui recherchait à vendre son rein afin de financer un traitement médical.

Peter Randall souhaitait réunir 85.000 dollars afin d'offrir à sa sœur, atteinte d'une maladie cérébrale, un traitement onéreux qui lui aurait permis de remarcher. En accord avec son épouse, il a mis en vente son rein sur le site d'enchères eBay.

L'annonce se voulait 'saine' : "Homme de 49 ans, non fumeur, qui ne boit qu'en société et qui est en bonne santé". Mais elle a été interceptée par eBay, qui l'a rapidement retirée.

Rappelons qu'eBay spécifie que les offres portant sur des "humains, corps humains ou n'importe quelle partie du corps humain ne peuvent pas être proposées sur eBay ou faire partie d'un cadeau, d'un prix, ni être en relation avec une œuvre caritative".

Retourner au sommaire de la revue de presse

Un trafic d'organes démantelé au Brésil

9 décembre 2003, Le Quotidien du Médecin

Neuf Brésiliens et deux Israéliens ont été arrêtés à Recife, au Brésil, pour trafic international d'organes. Le groupe dirigé par les deux Israéliens recrutait des volontaires pour la vente d'un de leurs reins. Après des examens médicaux et des tests de compatibilité sanguine avec les demandeurs, les candidats sélectionnés étaient emmenés à Durban, en Afrique du Sud. Ils y étaient opérés et recevaient 10 000 dollars. La police estime que 30 de ces ventes d'organes ont eu lieu. Dernièrement, le prix d'un rein avait chuté à 6 000 dollars, face à l'augmentation de l'offre, a précisé un porte-parole de la police.

La loi brésilienne interdit la commercialisation d'organes même si le donneur y consent. Elle n'autorise le don d'organes (gratuit) qu'après la mort et avec le consentement de la famille. Dans des cas exceptionnels, le don d'organes est possible entre personnes vivantes, en général au sein d'une même famille.

Retourner au sommaire de la revue de presse

Maladie du greffon : des lymphocytes à la rescousse

9 décembre 2003, Sciences et Avenir

Lors d’une greffe d ’organe, il arrive souvent, malheureusement, que le corps hôte rejette le corps étranger. Il existe certains traitements pour diminuer ce risque, mais pas toujours suffisamment efficaces. Depuis longtemps les médecins se penchent sur ce sujet pour trouver la technique miracle. Des chercheurs français ont peut-être enfin découvert une thérapie qui utilise une sous population de lymphocytes T.

La maladie du greffon, souvent mortelle, se manifeste lorsque les lymphocytes T, cellules du système immunitaire, ne reconnaissent pas le tissu greffé comme appartenant à l’organisme, considérée comme étrangère, la greffe est attaquée.

C’est en 1995, que des chercheurs ont découvert des lymphocytes T dits « régulateurs» capables d’inhiber l’action destructrice des lymphocytes T et donc de prévenir les maladies auto-immunes. José Cohen et ses collègues de l’Inserm se sont intéressés à ces cellules immunitaires particulières, qui pourraient éviter les rejets lors des greffes.

L’année dernière, José Cohen a montré les bénéfices de l’injection massive de «régulateurs» chez des souris greffées. En effet, chez ces dernières, les chercheurs avaient observé un ralentissement de la maladie du greffon.

Les nouveaux travaux de José Cohen, publiés dans la revue Journal of Clinical Investigation parue la semaine dernière, consistent à familiariser in vitro les lymphocytes «régulateurs» du receveur avec les tissus du donneur. Ainsi lors de la greffe, les «régulateurs» reconnaissent le corps implanté et le protégent de l’attaque des autres cellules du système immunitaire.

L’étude de José Cohen montre que les «régulateurs» sont non seulement capables de contrôler la progression de la maladie, mais aussi de rendre les autres lymphocytes moins agressifs et ainsi la greffe a plus de chance de réussir. Cette découverte pourrait ouvrir la voie vers de nouveaux traitements et ainsi éviter les rejets.

Olivier Frégaville-Arcas

Retourner au sommaire de la revue de presse

Xénogreffe réussie

8 décembre 2003, Cybersciences

Un des obstacles majeurs à la greffe d'organe d'une espèce à une autre est le rejet aigu de l'organe transplanté. Cet obstacle a été surmonté : huit babouins ont survécu 81 jours avec des reins de porc, annonce aujourd'hui le site Internet de Nature. Comme le système immunitaire du babouin ressemble beaucoup à celui de l'homme, il s'agit d'un pas de plus vers la greffe d'organes de porc à des humains.

Les cochons de l'expérience n'étaient pas des animaux ordinaires. Il s'agissait de porcs modifiés génétiquement expressément dans le but de prélever leurs organes. Les scientifiques avaient désactivé le gène GGTA1, qui commande la production d'une molécule de sucre habituellement présent sur les cellules du porc. C'est ce sucre, appelé alpha-1,3-galactose, qui engendre la réaction de rejet de l'organe. Quand l'organisme du babouin (ou de l'humain) en perçoit la présence, il comprend qu'il se trouve face à un organe étranger et il lance une attaque massive du système immunitaire pour le détruire.

Les porcs ont été conçus en 2002, en collaboration avec la firme de biotechnologie Immerge BioTherapeutics, à Cambridge au Massachusetts. Les transplantations ont été effectuées par l'équipe de David Sachs du Massachusetts General Hospital, qui a annoncé le résultat de ses travaux lors du dernier Congrès international sur la xénotransplantation à Glasgow.

Tous les problèmes potentiels de la xénotransplantation ne sont pas réglés pour autant. Il faudra encore éviter le rejet chronique, qui oblige le receveur à prendre des médicaments immunosuppresseurs à vie – c'est d'ailleurs ce type de rejet qui a fini par tuer quelques-uns des babouins. La menace de virus qui pourraient passer des porcs aux hommes lors de la transplantation n'est pas non plus écartée.

Catherine Dubé

Retourner au sommaire de la revue de presse

Jonah Lomu reporte une greffe rénale pour poursuivre sa carrière

3 décembre 2003, Edicom

Le Néo-Zélandais Jonah Lomu a décidé de reporter la greffe rénale qu'il doit subir pour pouvoir continuer à jouer au rugby, a annoncé lundi sa femme.
Fiona Lomu a expliqué à un magazine néo-zélandais que son mari était prêt à subir dix heures de dialyse par jour au lieu d'une transplantation pour pouvoir poursuivre sa carrière. A 28 ans, il »a encore beaucoup d'années à jouer», selon elle.
Jonah Lomu souffre d'une insuffisance rénale en raison d'un rare type de néphrite.
Une greffe supprimerait les séances de dialyse mais pourrait également être synonyme de retraite pour Jonah Lomu, car un rein greffé pourrait ne pas supporter les chocs inhérents au rugby.
Les déclarations de sa femme interviennent alors que l'ancienne star du rugby mondial a annulé des engagements en Grande-Bretagne en raison d'effets secondaires dus à son traitement.
Selon son manager, Phil Kingsley-Jones, des problèmes nerveux aux pieds dus à la dialyse l'empêchent pratiquement de marcher. Sa femme a expliqué qu'il avait plusieurs fois changé de régime de dialyse pour en réduire les effets depuis le début de la thérapie, en juin.
Les patients subissant des séances de dialyse souffrent régulièrement d'engourdissement, voire de paralysie, dans les pieds et les jambes.
Lomu a disputé 73 matches avec les All Blacks, mais ses problèmes de reins l'ont écarté de l'équipe. Son mauvais état de santé l'a également privé d'une partie de la saison du Super 12 avec son club des Wellington Hurricanes.

Retourner au sommaire de la revue de presse

Une cornée biosynthétique plus fonctionnelle que les allogreffes

2 décembre 2003, Le Quotidien du Médecin

Une matrice synthétique composée de collagène et de copolymère semble posséder toutes les propriétés nécessaires au remplacement d'une cornée endommagée. Le résultat serait plus satisfaisant que les allogreffes, puisque la réinnervation de l'implant semble possible.
Des Canadiens ont peut-être trouvé une alternative à la greffe de cornée avec donneur. Ils ont en effet réussi à synthétiser une matrice hydratée qui peut se substituer aux tissus cornéens endommagés. Cette matrice possède des propriétés physiques et optiques similaires à celles de la cornée humaine. En outre, implantée chez un cochon, la matrice permet la reconstruction des trois couches cellulaires caractéristiques d'une cornée normale (l'épithélium, le stroma et l'endothélium) et, surtout, l'innervation de cette structure.

La matrice de Li et coll. (université d'Ottawa, Institut de l'oeil, Ottawa, Canada) a été conçue pour imiter la matrice extracellulaire de la cornée humaine : elle contient du collagène et des copolymères (TERP5) synthétisés à partir de N-isopropylacrylamide.
Ces polymères ont la propriété de permettre la croissance de cellules à leur surface. Comme une véritable matrice extracellulaire élaborée in vivo par les cellules d'un organisme, la matrice synthétique forme un microenvironnement capable de stimuler la croissance et la différenciation ou le maintien des cellules avoisinantes.

Cette matrice est aussi transparente et perméable qu'une cornée naturelle. Elle adopte une courbure et des dimensions permettant son implantation. Elle est suffisamment robuste pour pouvoir être suturée sans craquer ou se déchirer.
Différents tests menés in vitro ont démontré que cette matrice permettait la formation d'un épithélium à sa surface et que des cellules nerveuses pouvaient y croître. Li et coll. ont alors tenté de greffer leur substitut cornéen chez des porcs miniatures. Ils ont comparé l'efficacité de cette greffe avec l'efficacité d'une allogreffe de cornée.
L'implant synthétique et l'allogreffe ont été bien tolérés par les porcs greffés (aucune inflammation, ni aucune réaction immunitaire n'a été observée à l'issue de l'intervention chirurgicale) et sont restés parfaitement transparents. Vers le quatrième ou le cinquième jour postopératoire, l'implant et l'allogreffe étaient tous deux recouverts d'un épithélium. Au bout d'une semaine, cet épithélium possédait l'intégralité de ses propriétés de « barrière ». Cinq semaines plus tard, l'épithélium était toujours intact et bien attaché.
De plus, l'analyse du stroma de la matrice synthétique, trois semaines après son implantation, a révélé la présence de cellules nerveuses, stromale et endothéliale. Les allogreffes, elles, ne permettent pas, même en six semaines, d'obtenir une réinnervation du tissus.
Ainsi l'implantation d'une matrice de collagène et copolymère synthétisée par Li et coll. semble aboutir, non pas à un aussi bon résultat qu'une allogreffe, mais à un résultat bien plus satisfaisant, puisque la réinnervation de l'implant semble possible.
Tout laisse à penser que cette nouvelle matrice pourrait être utilisée en médecine réparatrice chez l'homme. Elle permettrait non seulement de régler le problème soulevé par le déséquilibre entre le nombre actuellement croissant de demandeurs de greffe de cornée et le nombre de donneurs, mais aussi d'améliorer la qualité du résultat de la greffe, puisqu'une innervation des implants pourrait être obtenue.

Elodie BIET

Retourner au sommaire de la revue de presse

L'EfG présente un bilan de l'activité 2002 « très positif »

4 novembre 2003, Le Quotidien du Médecin

Un entretien avec la directrice générale de l'Etablissement français des greffes

Carine Camby, qui a remplacé le Pr Didier Houssin à la direction générale de l'Etablissement français des greffes (EFG), présente au « Quotidien » le bilan de l'activité pour 2002. Cette ancienne conseillère référendaire à la Cour des comptes se prépare à relever les futurs défis qui attendent l'établissement public.

Que peut-on retenir du bilan de l'activité de l'EFG en 2002 ?

Il y a plusieurs points. Concernant tout d'abord l'évolution du taux de prélèvement, nous avons atteint quasiment l'objectif que nous nous étions fixé au début du plan greffe (en 2000) d'atteindre 20 prélèvements par million d'habitants. Fin 2002, nous avons atteint précisément 19,6 prélèvements par million d'habitants c'est-à-dire 1 198 personnes prélevées (il faut savoir que chaque prélèvement multiorganes peut conduire à trois ou quatre personnes greffées. C'est une très bonne nouvelle pour l'EFG. L'évolution du nombre de greffes est également positive, puisque, en 2002, nous comptons un peu plus de 3 600 greffes. On retrouve le niveau de greffe qui était celui du début des années 1990, avant la crise de confiance que nous avons connue. Nous n'étions qu'à 2 800 greffes par an en 1997. Cette évolution tient bien sûr à une bonne alimentation en greffons, mais aussi à une bonne organisation hospitalière. Le bilan global est très positif. Il reste toutefois un bémol : l'augmentation faible mais régulière du nombre de patients en liste d'attente. Cela veut dire que l'on a beau faire des efforts pour augmenter le taux de prélèvement et le nombre de greffes, l'indication de greffe continue d'augmenter. Si l'on prend la file active des patients en attente de greffe, il y a 4 500 nouveaux inscrits tous les ans, ce qui fait un groupe, en fin d'année 2002, de 6 500 patients inscrits en liste d'attente.

Quelles sont les perspectives pour l'année à venir ?

La première, c'est de maintenir ce taux de prélèvement, qui reste un indicateur très important et qui subit, en 2003, l'impact de la diminution, d'ailleurs très heureuse, du nombre des décès par accident de la route. Nous n'en sommes évidemment pas les seuls responsables, puisque les prélèvements sont réalisés dans les hôpitaux sous leur responsabilité. Le rôle de l'EFG est cependant important pour renforcer cette activité et nous comptons évidemment continuer à inciter les équipes, notamment les services de réanimation, à mieux recenser les donneurs potentiels. Je crois que l'on peut encore faire des progrès dans ce domaine. Le deuxième objectif est de pérenniser les moyens que nous avons obtenus dans le cadre du Plan greffe : les coordinations hospitalières qui ont été renforcées par des créations de postes (170 environ) doivent se structurer et s'intégrer dans un réseau de prélèvement qui soit bien identifié, afin de faciliter le recensement et le prélèvement. Le troisième objectif que l'on poursuivra l'année prochaine est la communication grand public. Il est vrai que de plus en plus de personnes sont informées sur la possibilité de donner, cependant, le taux de refus reste stable, aux alentours de 30 %. Manifestement, les déterminants de ce taux de refus sont extrêmement difficiles à modifier. Pour le moment, nous n'allons pas modifier le message que l'EFG diffuse depuis deux ans et qui est d'inciter le public à prendre position et à la faire connaître à leurs proches. Mais, parallèlement, nous allons mener des études pour mieux comprendre les raisons du refus.
Enfin, je voudrais que l'EFG se réoriente vers les équipes de greffe qui connaissent des difficultés liées à l'organisation hospitalière générale. Nous avons fait un premier travail sur le rein pour que les moyens qui sont nécessaires aux équipes de transplantation soient correctement évalués et que leur organisation soit expertisée. Il y a notamment un problème qui émerge concernant la cohorte de patients en suivi postgreffe. Aujourd'hui, ce suivi n'est pas réglé dans de bonnes conditions. Nous souhaitons aller vers la création de postes d'infirmière de transplantation qui aient la possibilité d'assurer, jusqu'à un certain niveau, le suivi des patients.

En tant que nouvelle directrice générale de l'EFG, comment percevez-vous votre mission ?

Contrairement à mon prédécesseur, je ne suis pas médecin. De par ma formation je connais cependant bien le droit et l'économie du secteur sanitaire et social, que j'ai enseigné pendant près de dix ans à l'IEP de Paris. J'ai un profil d'administrateur qui a été choisi en fonction de l'évolution à laquelle l'EFG va bientôt être confronté : la loi de bioéthique (en révision actuellement) prévoit en effet que l'établissement serve de support à la future agence de biomédecine. Dans ce cadre, le fait d'avoir une formation administrative apparaît comme un plus. J'ai déjà été amenée à monter de gros projets, par exemple, en 1993, lors de la création de La Cinquième. Le travail d'impulsion et de coordination est primordial entre les aspects juridiques, budgétaires, mais aussi médico-techniques et de recherche. Je trouve qu'il s'agit d'un projet absolument passionnant, avec un enjeu éthique et médical que l'on n'a pas souvent l'occasion de rencontrer dans la sphère publique. Je me vois surtout comme quelqu'un qui peut animer des équipes, fédérer les efforts des uns et des autres, et faire en sorte que tout fonctionne bien pour que les objectifs qui nous sont fixés soient atteints, c'est-à-dire que l'EFG aujourd'hui, et l'agence de la biomédecine demain, remplissent au mieux leurs missions.

Propos recueillis par Stéphanie HASENDAHL

Retourner au sommaire de la revue de presse

Greffes : un agent antirejet a priori peu toxique testé avec succès chez le singe

31 octobre 2003, Le Quotidien du Médecin

Des chercheurs décrivent dans « Science » un nouvel agent immunosuppresseur, inhibiteur sélectif de la tyrosine kinase JAK-3, qui promet d'être efficace et peu toxique. Actif par voie orale, il prévient le rejet d'organe chez le singe sans entraîner les effets secondaires des immunosuppresseurs actuels. Sa bonne tolérance est aussi observée chez des volontaires sains.

Les effets secondaires des agents immunosuppresseurs dont on dispose pour prévenir le rejet de greffe et pour traiter les maladies auto-immunes sont liés au fait que leurs cibles moléculaires sont exprimées dans de nombreux types cellulaires.

L'idéal serait un immunosuppresseur qui bloque l'action des cellules immunes sans interférer avec les autres cellules.
En quête d'un nouvel immunosuppresseur hautement sélectif, des chercheurs de Pfizer (Groton, Connecticut) ont développé un inhibiteur spécifique de la tyrosine kinase JAK-3, appelé CP-690,550. Son évaluation dans des modè