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La revue de Presse du quatrième trimestre 2003 - octobre,
novembre, décembre 2003 |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde d'octobre à décembre 2003
- 24
décembre 2003, Afssaps
La
biovigilance s'intéresse à la chaîne
de prélèvement et au suivi des donneurs vivants
- 19
décembre 2003, Reuters
Résultats
d'une étude l' EfG sur les disparités géographiques
d'accès à la transplantation
- 11
décembre 2003, Reuters
Les
députés adoptent la loi sur la bioéthique
- 10
décembre 2003, Le Monde
Cellules
souches : Les chercheurs se sentent freinés dans
leurs travaux
- 10
décembre 2003, Le Nouvel Observateur
Bioéthique
: l'embryon au centre du débat
- 10
décembre 2003, Silicon.fr
eBay
bloque une enchère sur un rein humain
- 9
décembre 2003, Cybersciences
Un
trafic d'organes démantelé au Brésil
- 9
décembre 2003, Cybersciences
Maladie du greffon : des lymphocytes à la rescousse
- 8
décembre 2003, Cybersciences
Xénogreffe réussie
- 3
décembre 2003, Edicom
Jonah Lomu reporte une greffe rénale pour poursuivre
sa carrière
- 2
décembre 2003, Edicom
Une cornée biosynthétique plus fonctionnelle
que les allogreffes
- 4
novembre 2003, le Quotidien du Médecin
L'EFG
présente un bilan de l'activité 2002 «
très positif »
- 31
octobre 2003, le
Quotidien du Médecin
Greffes
: un agent antirejet a priori peu toxique testé avec
succès chez le singe
- 29
octobre 2003, le
Quotidien du Médecin
Les
néphrologues libéraux militent pour la dialyse
péritonéale
- 29
octobre 2003, le Monde
Des biologistes français ont découvert
un nouveau moyen pour multiplier les cellules-souches du
sang
- 27
octobre 2003, le Quotidien du Médecin
Un demi-siècle de greffe cardiaque raconté
par le Pr Norman Shumway
- 27
octobre 2003, le Quotidien du Médecin
L'Etablissement
français des greffes remercie les donneurs
- 24
octobre 2003, le Quotidien du Médecin
La
définition de la mort, expression d'une solidarité
nouvelle
- 23
octobre 2003, le Quotidien du Médecin
Dijon
: « L'arbre éternel » au Bocage
- 20
octobre 2003, le Quotidien du Médecin
Grippe
à l'hôpital : 60% de décès dans
les services de greffes
- 13
octobre 2003, le Quotidien du Médecin
1er
Colloque France-Maghreb à Marseille : Le Maghreb
veut développer les greffes
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La
biovigilance s'intéresse à la chaîne
de prélèvement et au suivi des donneurs
vivants |
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24
décembre 2003, communiqué Afssaps
Le décret n°2003-1206 du 12 décembre
2003 crée le système national de biovigilance
dont la mise en uvre a été confiée
à l'Agence française de sécurité
sanitaire des produits de santé (Afssaps).
[...]
Le
système national de biovigilance repose sur le
signalement, par les professionnels de santé
:
-
des incidents, survenus au cours de la chaîne
allant du prélèvement à l'administration
aux patients,
- des effets indésirables (quelle que soit leur
gravité), observés chez les patients donneurs
vivants ou receveurs.
Ces signalements devront être transmis aux correspondants
locaux de biovigilance par l'intermédiaire d'une
fiche de biovigilance ; prochainement nommés
dans chacun des établissements désignés
ci-dessus, ceux-ci déclareront à leur
tour les incidents ou effets indésirables à
la cellule de biovigilance de l'Afssaps et, lorsqu'il
s'agit de greffes d'organes ou de tissus, en informeront
également l'EfG. En cas d'urgence, notamment
lorsque des mesures de police sanitaire sont à
prendre pour assurer la sécurité d'éventuels
autres receveurs, le professionnel de santé devra
informer sans délais et directement la cellule
de biovigilance de l'Afssaps et l'EfG, s'il s'agit de
greffes d'organes ou de tissus.
Comme
pour tous les systèmes de vigilance qu'elle coordonne
déjà (pharmacovigilance, hémovigilance,
matériovigilance, etc.), l'Afssaps assurera le
recueil des données transmises par les correspondants
locaux de biovigilance, leur évaluation et, éventuellement,
la prise de mesures nécessaires, en concertation
avec les autres intervenants. Dans les prochains jours,
une présentation complète du système
national de biovigilance sera disponible sur le site
Internet de l'Afssaps, ainsi que la fiche de biovigilance
téléchargeable au format PDF.
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de la revue de presse
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Résultats
d'une étude l' EfG sur les disparités géographiques
d'accès à la transplantation |
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19
décembre 2003, Afidtn
Les disparités géographiques d'accès
aux greffes en France seraient dues notamment aux différences
d'expérience des centres de transplantation et
à l'activité de prélèvement
d'organes de chaque région, selon une étude
soutenue par l'Etablissement français des greffes
(EFG).
Françoise
Roudot-Thoraval du service de santé publique
de l'hôpital Henri Mondor à Créteil
(Val-de-Marne) et ses collègues ont analysé
les données relatives aux greffes dans chacune
des 7 régions définies par l'EFG, à
partir de 1994.
Après 4 mois de suivi, 49% des 3.553 patients
sur liste d'attente avaient reçu une greffe:
64% des 797 patients en attente d'une greffe de foie,
52% des 549 patients en attente d'une greffe cardiaque
et 22% des 2.207 patients en attente d'une greffe de
rein.
Les taux de mortalité sur la liste d'attente
s'élevaient respectivement à 10%, 14%
et 1% pour les patients en attente d'une greffe de foie,
de coeur et de rein.
Le taux de transplantation le plus élevé
a été relevé dans l'Ouest de la
France, avec 63%, et le plus faible en région
parisienne, avec 43%.
De même le taux de mortalité le moins élevé
a été observé dans l'Ouest, avec
2%, et le plus élevé dans le Sud-Est et
la région parisienne avec 7%.
Mais la situation n'est pas identique pour tous les
organes au sein d'une région. Ainsi les patients
de la région I (Nord) avaient un bon accès
aux greffes de rein et de coeur, mais pas à celles
de foie.
Les
auteurs indiquent qu'aucune région ne "vole"
d'organes aux autres régions afin de satisfaire
ses patients, ce qui est en accord avec les lois françaises
d'attribution des greffes qui préconisent qu'un
organe prélevé dans une région
doit être donné en priorité aux
habitants de cette région.
Pour expliquer les disparités géographiques
mises en évidence par leur étude, Françoise
Roudot-Thoraval et ses collègues mentionnent
des différences d'expérience entre les
équipes de transplantation, telles que l'ancienneté
du centre, la présence d'un médecin reconnu
au niveau international ou l'existence d'un réseau
d'équipes de prélèvement et de
transplantation habituées au travail collectif.
Même s'il est tentant de chercher un lien entre
l'activité de prélèvement et le
temps d'attente, les auteurs indiquent que les deux
régions qui présentent l'activité
la plus élevée ont des caractéristiques
bien différentes: la région IV (Ouest)
présente le temps d'attente le moins élevé
des 7 régions tandis que la région III
(Centre) fait partie des régions à moyenne
voir longue durée d'attente, ce qui s'explique
probablement par le faible nombre d'unités actives
de transplantation.
De
même, des deux régions présentant
les plus bas taux de prélèvement d'organe,
la région I (Nord) présente un temps d'attente
très court pour les greffes de coeur, mais moyen
voire long pour les greffes de rein et de foie et la
région IV (Sud-Est) présente un temps
moyen d'attente pour une transplantation de foie et
un temps long pour une transplantation de coeur ou de
rein.
Par
ailleurs, les auteurs indiquent que certaines régions
inscrivent leurs patients sur la liste d'attente à
un stade de la maladie plus précoce par rapport
à d'autres régions. Selon les auteurs,
cette inégalité pourrait être corrigée
par une standardisation des pratiques, notamment par
un consensus sur la gravité de la défaillance
à partir de laquelle les patients peuvent être
inscrits sur la liste.
Même
si certaines disparités géographiques
ne pourront être facilement effacées, les
auteurs souhaitent que des mesures soient prises afin
de les réduire. "Améliorer l'accès
à la transplantation et garantir une égalité
d'accès sur tout le territoire constitue une
des priorités de l'EFG", soulignent les
auteurs, ajoutant que l'EFG cherche à augmenter
le nombre de dons et à changer les règles
de répartition des organes afin de tenir compte
du temps d'attente sur la liste.
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Les députés adoptent
la loi sur la bioéthique |
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11
décembre 2003, Reuters
Les députés français ont adopté
jeudi en deuxième lecture le projet de loi sur
la bioéthique présenté par le ministre
de la Santé Jean-François Mattei, qui
révise les lois de 1994 et fait notamment du
clonage reproductif un "crime contre l'espèce
humaine".
Les groupes UMP et UDF ont voté pour, les groupes
PS et PCR contre le texte que le Sénat examinera
en seconde lecture en février.
Ce
projet, voté en première lecture par les
députés en janvier 2002, sous la précédente
législature, a été profondément
remanié lors de son examen par le Sénat
en janvier dernier. Les sénateurs avaient adopté
environ 200 amendements dont un bon tiers présenté
par le ministre de la Santé.
D'où
les critiques portées par la gauche lors du nouveau
débat à l'Assemblée.
"Ce
texte cède aux courants conservateurs et constitue
un recul par rapport à la première rédaction",
a estimé Jacqueline Fraysse, député
communiste des Hauts-de-Seine.
Le
projet de loi fait du clonage reproductif "un crime
contre l'espèce humaine", passible de trente
ans de prison et 7,5 millions d'euros.
De
plus, il interdit le clonage thérapeutique, qui
devient passible de sept ans de prison et 100.000 euros
d'amende et supprime la possibilité de transferts
d'embryons produits in vitro après le décès
de l'homme.
Par
ailleurs, le texte rétablit la nécessité
de la preuve d'une vie commune de deux ans pour avoir
droit à l'assistance médicale à
la procréation (AMP), à laquelle ont recours
chaque année entre 7.000 et 8.000 couples.
De
plus, le texte limite la recherche sur les embryons
congelés surnuméraires ne faisant plus
l'objet d'un projet parental. Aux termes du projet de
loi, celle-ci n'est autorisée que "par dérogation
et pour une durée limitée à cinq
ans".
La
disposition a été vivement dénoncée
par l'opposition, qui souhaitait le retour au texte
voté en janvier 2002 et autorisant la recherche
sur les embryons surnuméraires.
Au
terme d'un long débat, un amendement "bébé
médicament", a été adopté.
Il propose d'élargir le champ d'application du
diagnostic pré-implantatoire (DIP).
FACILITER
LES DONS D'ORGANES
Actuellement,
le DIP est ouvert aux couples ayant de forts risques
de donner naissance à un enfant atteint d'une
grave maladie génétique. Il permet de
sélectionner des embryons pour avoir un enfant
non porteur de cette maladie.
L'amendement
permet de sélectionner un embryon ayant des tissus
compatibles avec ceux d'un aîné souffrant
d'une maladie génétique et de prélever
des cellules souches provenant du sang du cordon ombilical
de l'enfant à naître pour les implanter
sur son frère ou sa soeur aîné,
dans le but de le ou la sauver.
Le
projet de loi prévoit également la création
d'une Agence de la biomédecine qui, sous la forme
d'un nouvel établissement public, se substituera
à l'Etablissement français des greffes
(EFG) et à la Commission nationale de médecine
et de biologie de la reproduction et du diagnostic prénatal
(CNMBRDP).
Un
amendement rédigé par le rapporteur du
texte, le député UMP de Val-de-Marne,
Pierre-Louis Fagniez, dispose que "si le médecin
n'a pas directement connaissance de la volonté
du défunt, il doit s'enquérir auprès
de la famille d'une opposition au don d'organes éventuellement
exprimée de son vivant par le défunt".
Suivant
un autre amendement, les médecins ayant procédé
à un prélèvement sur un défunt
ou à une autopsie devront s'assurer "de
la restauration aussi parfaite que possible du corps".
L'un
des derniers amendements votés en commission
dispose que "les règles de répartition
et d'attribution des greffons doivent respecter le principe
d'équité".
Dans
le cadre de l'information de la famille d'une personne
atteinte d'une maladie grave, l'un des amendements retenus
oblige le médecin à informer "le
patient de la responsabilité qui serait la sienne
s'il omettait de prévenir les membres de sa famille
de l'anomalie génétique détectée".
L'Assemblée
a décidé que cette loi ferait l'objet
d'un nouvel examen d'ensemble par le Parlement dans
un délai maximum de cinq ans après son
entrée en vigueur.
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Les chercheurs se sentent freinés
dans leurs travaux |
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10
décembre 2003, Le Monde
Les équipes souhaiteraient avancer dans la recherche
sur les cellules-souches embryonnaires.
Parmi les sujets de controverse dans le débat
sur la révision des lois de la bioéthique,
deux thèmes concernent au premier chef les équipes
de chercheurs : l'évaluation de nouvelles techniques
d'assistance médicale à la procréation
(AMP) et l'interdiction des recherches sur les cellules-souches
embryonnaires. L'entourage de Jean-François Mattei
explique que "les professionnels concernés
ne demandent pas à aller plus loin. Toutes les
recherches sur les gamètes et les milieux de
culture restent possibles. La limite que nous fixons
est d'interdire la création d'embryons".
Les
chercheurs expriment un avis fort différent.
"La grande majorité des équipes travaillant
sur la reproduction humaine souhaiteraient être
autorisées à faire des recherches sur
l'embryon", résume le docteur Jacques de
Mouzon, spécialiste des questions de reproduction
(Inserm U569, Le KremlinBicêtre)."Il est
dommage de fermer durablement la porte aux différents
domaines de l'expérimentation sur l'embryon,
regrette le professeur François Olivennes, chef
de service de l'unité de médecine de la
reproduction humaine à l'hôpital Cochin
(Paris). Il serait plus intelligent d'adopter un système
à l'anglaise, où la loi définit
des grands principes et où une commission autorise
ou non une technique." Et le professeur Olivennes
de prendre l'exemple de la congélation des ovocytes,
une technique qui n'est pas encore au point : "Si,
demain, il était techniquement possible d'obtenir
une grossesse avec un ovocyte congelé, ce serait
un progrès très important. Or, si la loi
est adoptée en l'état, l'évaluation
de cette nouvelle technique serait virtuellement impossible."
Cette
éventualité inquiète François
Olivennes : "Il se développe un tourisme
médical. Même s'ils restent pudiques, certains
centres étrangers développent une activité
importante en faisant appel au don d'ovocyte. Il existe
un risque de sélection par l'argent. De plus,
de nouvelles techniques peuvent être mises au
point à l'étranger et arriver en France
sans que nous ayons pu effectuer des essais."Au
nombre des nouvelles techniques d'AMP, le professeur
Olivennes énumère : le transfert de noyau
(utilisé jusqu'ici pour des clonages), le transfert
de cytoplasme, la maturation in vitro des gamètes
(spermatozoïdes ou ovocytes) et, enfin, dans le
futur, la congélation des ovocytes.
"MORATOIRE
DE CINQ ANS"
Pour
Axel Kahn (Institut Cochin de génétique
moléculaire, Paris), la solution pour la recherche
sur l'embryon humain, retenue par le gouvernement et
adoptée par le Sénat, est "hypocrite"
: "Elle interdit ces recherches, mais décide
d'un moratoire de cinq ans pour accorder des dérogations
à quelques équipes. Il est évident
qu'il ne manquera pas d'arguments pour dire que l'on
a appris en travaillant sur les cellules- souches embryonnaires
et le développement embryologique précoce.
Par conséquent, il n'y a aucune chance pour que
l'on revienne sur ce moratoire."
Le
professeur Kahn rappelle que, sur dix fécondations
réussies naturellement, seulement deux ou trois
donneront effectivement naissance à un enfant.
"Il en va de même pour l'AMP", note
Axel Kahn. Le généticien s'interroge :
"Les embryons obtenus par une fécondation
in vitro et ne faisant plus l'objet d'un projet parental
sont voués à la destruction. Ne pourrait-on
pas considérer que faire l'objet de recherches
serait la seule chance de leur faire rejoindre un projet
humain ?"
Paul
Benkimoun
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Bioéthique : l'embryon
au centre du débat |
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10
décembre 2003, Le Nouvel Observateur
Parmi les six questions abordées lors de la présentation
du projet de loi sur la bioéthique mardi soir,
le débat a largement été dominé
par la controverse sur la recherche sur les embryons
surnuméraires.
A
gence de biomédecine, dons et greffes d'organes,
"brevetabilité" du vivant, régime
juridique de l'assistance médicale à la
procréation, recherches sur les embryons, clonage:
six questions majeures étaient abordées
mardi soir devant les députés lors de
la présentation du projet de loi sur la bioéthique.
Mais le débat a été dominé
par la controverse sur la recherche sur les embryons
surnuméraires, qui a souvent transcendé
le clivage droite-gauche.
Comme Alain Claeys (PS) l'avait fait en fin d'après-midi,
l'ancien ministre de la Recherche Roger-Gérard
Schwartzenberg (PRG, app-PS) a reproché au ministre
de la Santé, Jean-François Mattei, d'avoir
"accepté au Sénat des amendements
qui dénaturent le texte" voté en
première lecture à l'Assemblée,
en janvier 2002.
Alors que les députés avaient autorisé,
sous condition, les recherches sur des cellules souches
embryonnaires, les sénateurs ont interdit le
principe de "toute recherche sur l'embryon",
autorisant toutefois pendant une période de cinq
ans, "dans un cadre très strict", des
recherches sur les cellules embryonnaires lorsqu'elles
sont "susceptibles de permettre des progrès
thérapeutiques".
"Ce renversement de perspective constitue à
nos yeux une régression", a déclaré
M. Schwartzenberg, en accusant le ministre de "pénaliser
les malades" et "les chercheurs français".
En
revanche, s'élevant contre "la marchandisation
de l'humain", Noël Mamère (Verts) s'est
déclaré "favorable à la solution
de compromis du Sénat", jugeant "souhaitable
de restreindre la recherche sur l'embryon humain aux
seuls domaines où la recherche sur l'animal aura
été largement défrichée".
"Conception
utilitariste de l'embryon"
Le
débat a également traversé le groupe
UMP, où la liberté de vote sera de mise.
Christine Boutin s'est ainsi élevée contre
la "conception utilitariste de l'embryon",
alors qu'Yves Bur s'est prononcé en faveur de
la recherche sur les embryons surnuméraires,
qui ne font plus l'objet d'un projet parental.
Répondant aux accusations de l'opposition, le
ministre a déclaré qu'il fallait "trouver
la juste mesure entre (ces) critiques, qui sont excessives,
et les atermoiements, et quelque fois les frilosités,
qui le sont aussi". "Dans cinq ans, nous ferons
le bilan, et s'il est nécessaire de continuer,
naturellement nous continuerons", a-t-il affirmé,
en rappelant qu'il s'était engagé, à
l'ouverture des débats, à présenter
un dispositif transitoire permettant que des recherches
sur l'embryon "soient menées dès
la promulgation de la loi".
Présumé
volontaire au don d'organe
L'examen
des articles doit commencer mercredi après-midi,
après la dernière motion de procédure
du groupe PS qui sera présentée par Jean-Marie
Le Guen.
Ce texte prévoit d'abord la création d'une
Agence de la biomédecine qui se substituera à
l'Etablissement français des greffes ainsi qu'à
la Commission nationale de médecine et de biologie
de la reproduction et du diagnostic prénatal.
Concernant le don et la greffe d'organes, la commission
des affaires sociales de l'Assemblée a adopté
mardi un amendement faisant du prélèvement
et du don d'organes une priorité nationale.
Selon cet amendement, le régime du consentement
présumé doit être renforcé.
En dehors des personnes inscrites sur le registre national
des refus, toute personne est présumée
consentante au don d'organe. Les médecins ayant
procédé à un prélèvement
sur une personne décédée doivent
s'assurer de la restauration décente du corps.
Le texte propose que le prélèvement soit
considéré comme une activité médicale
pleine et entière. Un amendement du gouvernement
tend d'ailleurs à intégrer le prélèvement
dans les missions de service public des établissements
de santé. Il s'agit de transformer l'autorisation
de prélèvement en obligation de service
publique.
Pour le don du vivant, le Sénat avait déjà
élargi le cercle des donneurs potentiels aux
parents du 2e degré et à la personne apportant
la preuve de deux ans de vie commune avec le receveur.
Devenir
des enfants
Pour
l'assistance médicale à la procréation
(AMP), une attention toute particulière devra
être apportée à "l'AMP-vigilance",
c'est-à-dire le dispositif permettant de prendre
en considération le devenir des enfants conçus
selon les différentes techniques de procréation.
Le suivi médical de ces enfants sera renforcé.
Le projet de loi clarifie également les cas dans
lesquels il doit être mis fin aux activités
de l'AMP.
Quant au "bébé médicament",
il ne peut être question de recourir à
la procréation artificielle pour le seul intérêt
thérapeutique d'autrui. En revanche, pour des
parents ayant un enfant menacé de mort par une
maladie génétique incurable, il est permis
aujourd'hui d'avoir un autre enfant indemne grâce
au diagnostic pré-implantatoire.
Dans le cadre de la recherche sur les embryons surnuméraires
ne faisant plus l'objet d'un projet parental, le texte
de loi stipule que la recherche sur l'embryon est interdite.
Seules des dérogations très encadrées
sont prévues.
Le clonage, enfin, est interdit, et devient un crime
contre l'espèce humaine, passible de 30 ans de
réclusion criminelle et de 7,5 millions d'euros
d'amende.
Quant au clonage thérapeutique, il devient un
délit passible de sept ans d'emprisonnement et
d'un million d'euros d'amende.
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eBay bloque une enchère
sur un rein humain |
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10
décembre 2003, Silicon.fr
Le site d'enchères eBay reste vigilant: il vient
de bloquer l'offre d'un internaute qui recherchait à
vendre son rein afin de financer un traitement médical.
Peter Randall souhaitait réunir 85.000 dollars
afin d'offrir à sa sur, atteinte d'une
maladie cérébrale, un traitement onéreux
qui lui aurait permis de remarcher. En accord avec son
épouse, il a mis en vente son rein sur le site
d'enchères eBay.
L'annonce
se voulait 'saine' : "Homme de 49 ans, non fumeur,
qui ne boit qu'en société et qui est en
bonne santé". Mais elle a été
interceptée par eBay, qui l'a rapidement retirée.
Rappelons
qu'eBay spécifie que les offres portant sur des
"humains, corps humains ou n'importe quelle partie
du corps humain ne peuvent pas être proposées
sur eBay ou faire partie d'un cadeau, d'un prix, ni
être en relation avec une uvre caritative".
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Un trafic d'organes démantelé
au Brésil |
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9
décembre 2003, Le Quotidien du Médecin
Neuf Brésiliens et deux Israéliens ont
été arrêtés à Recife,
au Brésil, pour trafic international d'organes.
Le groupe dirigé par les deux Israéliens
recrutait des volontaires pour la vente d'un de leurs
reins. Après des examens médicaux et des
tests de compatibilité sanguine avec les demandeurs,
les candidats sélectionnés étaient
emmenés à Durban, en Afrique du Sud. Ils
y étaient opérés et recevaient
10 000 dollars. La police estime que 30 de ces ventes
d'organes ont eu lieu. Dernièrement, le prix
d'un rein avait chuté à 6 000 dollars,
face à l'augmentation de l'offre, a précisé
un porte-parole de la police.
La
loi brésilienne interdit la commercialisation
d'organes même si le donneur y consent. Elle n'autorise
le don d'organes (gratuit) qu'après la mort et
avec le consentement de la famille. Dans des cas exceptionnels,
le don d'organes est possible entre personnes vivantes,
en général au sein d'une même famille.
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Maladie du greffon : des lymphocytes
à la rescousse |
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9
décembre 2003, Sciences et Avenir
Lors dune greffe d organe, il arrive souvent,
malheureusement, que le corps hôte rejette le
corps étranger. Il existe certains traitements
pour diminuer ce risque, mais pas toujours suffisamment
efficaces. Depuis longtemps les médecins se penchent
sur ce sujet pour trouver la technique miracle. Des
chercheurs français ont peut-être enfin
découvert une thérapie qui utilise une
sous population de lymphocytes T.
La
maladie du greffon, souvent mortelle, se manifeste lorsque
les lymphocytes T, cellules du système immunitaire,
ne reconnaissent pas le tissu greffé comme appartenant
à lorganisme, considérée
comme étrangère, la greffe est attaquée.
Cest
en 1995, que des chercheurs ont découvert des
lymphocytes T dits « régulateurs»
capables dinhiber laction destructrice des
lymphocytes T et donc de prévenir les maladies
auto-immunes. José Cohen et ses collègues
de lInserm se sont intéressés à
ces cellules immunitaires particulières, qui
pourraient éviter les rejets lors des greffes.
Lannée
dernière, José Cohen a montré les
bénéfices de linjection massive
de «régulateurs» chez des souris
greffées. En effet, chez ces dernières,
les chercheurs avaient observé un ralentissement
de la maladie du greffon.
Les
nouveaux travaux de José Cohen, publiés
dans la revue Journal of Clinical Investigation parue
la semaine dernière, consistent à familiariser
in vitro les lymphocytes «régulateurs»
du receveur avec les tissus du donneur. Ainsi lors de
la greffe, les «régulateurs» reconnaissent
le corps implanté et le protégent de lattaque
des autres cellules du système immunitaire.
Létude
de José Cohen montre que les «régulateurs»
sont non seulement capables de contrôler la progression
de la maladie, mais aussi de rendre les autres lymphocytes
moins agressifs et ainsi la greffe a plus de chance
de réussir. Cette découverte pourrait
ouvrir la voie vers de nouveaux traitements et ainsi
éviter les rejets.
Olivier
Frégaville-Arcas
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Xénogreffe réussie
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8
décembre 2003, Cybersciences
Un
des obstacles majeurs à la greffe d'organe d'une
espèce à une autre est le rejet aigu de
l'organe transplanté. Cet obstacle a été
surmonté : huit babouins ont survécu 81
jours avec des reins de porc, annonce aujourd'hui le
site Internet de Nature. Comme le système immunitaire
du babouin ressemble beaucoup à celui de l'homme,
il s'agit d'un pas de plus vers la greffe d'organes
de porc à des humains.
Les
cochons de l'expérience n'étaient pas
des animaux ordinaires. Il s'agissait de porcs modifiés
génétiquement expressément dans
le but de prélever leurs organes. Les scientifiques
avaient désactivé le gène GGTA1,
qui commande la production d'une molécule de
sucre habituellement présent sur les cellules
du porc. C'est ce sucre, appelé alpha-1,3-galactose,
qui engendre la réaction de rejet de l'organe.
Quand l'organisme du babouin (ou de l'humain) en perçoit
la présence, il comprend qu'il se trouve face
à un organe étranger et il lance une attaque
massive du système immunitaire pour le détruire.
Les
porcs ont été conçus en 2002, en
collaboration avec la firme de biotechnologie Immerge
BioTherapeutics, à Cambridge au Massachusetts.
Les transplantations ont été effectuées
par l'équipe de David Sachs du Massachusetts
General Hospital, qui a annoncé le résultat
de ses travaux lors du dernier Congrès international
sur la xénotransplantation à Glasgow.
Tous
les problèmes potentiels de la xénotransplantation
ne sont pas réglés pour autant. Il faudra
encore éviter le rejet chronique, qui oblige
le receveur à prendre des médicaments
immunosuppresseurs à vie c'est d'ailleurs
ce type de rejet qui a fini par tuer quelques-uns des
babouins. La menace de virus qui pourraient passer des
porcs aux hommes lors de la transplantation n'est pas
non plus écartée.
Catherine
Dubé
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Jonah Lomu reporte une greffe rénale
pour poursuivre sa carrière |
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3
décembre 2003, Edicom
Le
Néo-Zélandais Jonah Lomu a décidé
de reporter la greffe rénale qu'il doit subir
pour pouvoir continuer à jouer au rugby, a annoncé
lundi sa femme.
Fiona Lomu a expliqué à un magazine néo-zélandais
que son mari était prêt à subir
dix heures de dialyse par jour au lieu d'une transplantation
pour pouvoir poursuivre sa carrière. A 28 ans,
il »a encore beaucoup d'années à
jouer», selon elle.
Jonah Lomu souffre d'une insuffisance rénale
en raison d'un rare type de néphrite.
Une greffe supprimerait les séances de dialyse
mais pourrait également être synonyme de
retraite pour Jonah Lomu, car un rein greffé
pourrait ne pas supporter les chocs inhérents
au rugby.
Les déclarations de sa femme interviennent alors
que l'ancienne star du rugby mondial a annulé
des engagements en Grande-Bretagne en raison d'effets
secondaires dus à son traitement.
Selon son manager, Phil Kingsley-Jones, des problèmes
nerveux aux pieds dus à la dialyse l'empêchent
pratiquement de marcher. Sa femme a expliqué
qu'il avait plusieurs fois changé de régime
de dialyse pour en réduire les effets depuis
le début de la thérapie, en juin.
Les patients subissant des séances de dialyse
souffrent régulièrement d'engourdissement,
voire de paralysie, dans les pieds et les jambes.
Lomu a disputé 73 matches avec les All Blacks,
mais ses problèmes de reins l'ont écarté
de l'équipe. Son mauvais état de santé
l'a également privé d'une partie de la
saison du Super 12 avec son club des Wellington Hurricanes.
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Une cornée biosynthétique
plus fonctionnelle que les allogreffes |
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2
décembre 2003, Le Quotidien du Médecin
Une
matrice synthétique composée de collagène
et de copolymère semble posséder toutes
les propriétés nécessaires au remplacement
d'une cornée endommagée. Le résultat
serait plus satisfaisant que les allogreffes, puisque
la réinnervation de l'implant semble possible.
Des Canadiens ont peut-être trouvé une
alternative à la greffe de cornée avec
donneur. Ils ont en effet réussi à synthétiser
une matrice hydratée qui peut se substituer aux
tissus cornéens endommagés. Cette matrice
possède des propriétés physiques
et optiques similaires à celles de la cornée
humaine. En outre, implantée chez un cochon,
la matrice permet la reconstruction des trois couches
cellulaires caractéristiques d'une cornée
normale (l'épithélium, le stroma et l'endothélium)
et, surtout, l'innervation de cette structure.
La
matrice de Li et coll. (université d'Ottawa,
Institut de l'oeil, Ottawa, Canada) a été
conçue pour imiter la matrice extracellulaire
de la cornée humaine : elle contient du collagène
et des copolymères (TERP5) synthétisés
à partir de N-isopropylacrylamide.
Ces polymères ont la propriété
de permettre la croissance de cellules à leur
surface. Comme une véritable matrice extracellulaire
élaborée in vivo par les cellules d'un
organisme, la matrice synthétique forme un microenvironnement
capable de stimuler la croissance et la différenciation
ou le maintien des cellules avoisinantes.
Cette matrice est aussi transparente et perméable
qu'une cornée naturelle. Elle adopte une courbure
et des dimensions permettant son implantation. Elle
est suffisamment robuste pour pouvoir être suturée
sans craquer ou se déchirer.
Différents tests menés in vitro ont démontré
que cette matrice permettait la formation d'un épithélium
à sa surface et que des cellules nerveuses pouvaient
y croître. Li et coll. ont alors tenté
de greffer leur substitut cornéen chez des porcs
miniatures. Ils ont comparé l'efficacité
de cette greffe avec l'efficacité d'une allogreffe
de cornée.
L'implant synthétique et l'allogreffe ont été
bien tolérés par les porcs greffés
(aucune inflammation, ni aucune réaction immunitaire
n'a été observée à l'issue
de l'intervention chirurgicale) et sont restés
parfaitement transparents. Vers le quatrième
ou le cinquième jour postopératoire, l'implant
et l'allogreffe étaient tous deux recouverts
d'un épithélium. Au bout d'une semaine,
cet épithélium possédait l'intégralité
de ses propriétés de « barrière
». Cinq semaines plus tard, l'épithélium
était toujours intact et bien attaché.
De plus, l'analyse du stroma de la matrice synthétique,
trois semaines après son implantation, a révélé
la présence de cellules nerveuses, stromale et
endothéliale. Les allogreffes, elles, ne permettent
pas, même en six semaines, d'obtenir une réinnervation
du tissus.
Ainsi l'implantation d'une matrice de collagène
et copolymère synthétisée par Li
et coll. semble aboutir, non pas à un aussi bon
résultat qu'une allogreffe, mais à un
résultat bien plus satisfaisant, puisque la réinnervation
de l'implant semble possible.
Tout laisse à penser que cette nouvelle matrice
pourrait être utilisée en médecine
réparatrice chez l'homme. Elle permettrait non
seulement de régler le problème soulevé
par le déséquilibre entre le nombre actuellement
croissant de demandeurs de greffe de cornée et
le nombre de donneurs, mais aussi d'améliorer
la qualité du résultat de la greffe, puisqu'une
innervation des implants pourrait être obtenue.
Elodie
BIET
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L'EfG présente un bilan de
l'activité 2002 « très positif »
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4
novembre
2003, Le Quotidien du Médecin
Un
entretien avec la directrice générale
de l'Etablissement français des greffes
Carine
Camby, qui a remplacé le Pr Didier Houssin à
la direction générale de l'Etablissement
français des greffes (EFG), présente au
« Quotidien » le bilan de l'activité
pour 2002. Cette ancienne conseillère référendaire
à la Cour des comptes se prépare à
relever les futurs défis qui attendent l'établissement
public.
Que
peut-on retenir du bilan de l'activité de l'EFG
en 2002 ?
Il
y a plusieurs points. Concernant tout d'abord l'évolution
du taux de prélèvement, nous avons atteint
quasiment l'objectif que nous nous étions fixé
au début du plan greffe (en 2000) d'atteindre
20 prélèvements par million d'habitants.
Fin 2002, nous avons atteint précisément
19,6 prélèvements par million d'habitants
c'est-à-dire 1 198 personnes prélevées
(il faut savoir que chaque prélèvement
multiorganes peut conduire à trois ou quatre
personnes greffées. C'est une très bonne
nouvelle pour l'EFG. L'évolution du nombre de
greffes est également positive, puisque, en 2002,
nous comptons un peu plus de 3 600 greffes. On retrouve
le niveau de greffe qui était celui du début
des années 1990, avant la crise de confiance
que nous avons connue. Nous n'étions qu'à
2 800 greffes par an en 1997. Cette évolution
tient bien sûr à une bonne alimentation
en greffons, mais aussi à une bonne organisation
hospitalière. Le bilan global est très
positif. Il reste toutefois un bémol : l'augmentation
faible mais régulière du nombre de patients
en liste d'attente. Cela veut dire que l'on a beau faire
des efforts pour augmenter le taux de prélèvement
et le nombre de greffes, l'indication de greffe continue
d'augmenter. Si l'on prend la file active des patients
en attente de greffe, il y a 4 500 nouveaux inscrits
tous les ans, ce qui fait un groupe, en fin d'année
2002, de 6 500 patients inscrits en liste d'attente.
Quelles
sont les perspectives pour l'année à venir
?
La
première, c'est de maintenir ce taux de prélèvement,
qui reste un indicateur très important et qui
subit, en 2003, l'impact de la diminution, d'ailleurs
très heureuse, du nombre des décès
par accident de la route. Nous n'en sommes évidemment
pas les seuls responsables, puisque les prélèvements
sont réalisés dans les hôpitaux
sous leur responsabilité. Le rôle de l'EFG
est cependant important pour renforcer cette activité
et nous comptons évidemment continuer à
inciter les équipes, notamment les services de
réanimation, à mieux recenser les donneurs
potentiels. Je crois que l'on peut encore faire des
progrès dans ce domaine. Le deuxième objectif
est de pérenniser les moyens que nous avons obtenus
dans le cadre du Plan greffe : les coordinations hospitalières
qui ont été renforcées par des
créations de postes (170 environ) doivent se
structurer et s'intégrer dans un réseau
de prélèvement qui soit bien identifié,
afin de faciliter le recensement et le prélèvement.
Le troisième objectif que l'on poursuivra l'année
prochaine est la communication grand public. Il est
vrai que de plus en plus de personnes sont informées
sur la possibilité de donner, cependant, le taux
de refus reste stable, aux alentours de 30 %. Manifestement,
les déterminants de ce taux de refus sont extrêmement
difficiles à modifier. Pour le moment, nous n'allons
pas modifier le message que l'EFG diffuse depuis deux
ans et qui est d'inciter le public à prendre
position et à la faire connaître à
leurs proches. Mais, parallèlement, nous allons
mener des études pour mieux comprendre les raisons
du refus.
Enfin, je voudrais que l'EFG se réoriente vers
les équipes de greffe qui connaissent des difficultés
liées à l'organisation hospitalière
générale. Nous avons fait un premier travail
sur le rein pour que les moyens qui sont nécessaires
aux équipes de transplantation soient correctement
évalués et que leur organisation soit
expertisée. Il y a notamment un problème
qui émerge concernant la cohorte de patients
en suivi postgreffe. Aujourd'hui, ce suivi n'est pas
réglé dans de bonnes conditions. Nous
souhaitons aller vers la création de postes d'infirmière
de transplantation qui aient la possibilité d'assurer,
jusqu'à un certain niveau, le suivi des patients.
En
tant que nouvelle directrice générale
de l'EFG, comment percevez-vous votre mission ?
Contrairement
à mon prédécesseur, je ne suis
pas médecin. De par ma formation je connais cependant
bien le droit et l'économie du secteur sanitaire
et social, que j'ai enseigné pendant près
de dix ans à l'IEP de Paris. J'ai un profil d'administrateur
qui a été choisi en fonction de l'évolution
à laquelle l'EFG va bientôt être
confronté : la loi de bioéthique (en révision
actuellement) prévoit en effet que l'établissement
serve de support à la future agence de biomédecine.
Dans ce cadre, le fait d'avoir une formation administrative
apparaît comme un plus. J'ai déjà
été amenée à monter de gros
projets, par exemple, en 1993, lors de la création
de La Cinquième. Le travail d'impulsion et de
coordination est primordial entre les aspects juridiques,
budgétaires, mais aussi médico-techniques
et de recherche. Je trouve qu'il s'agit d'un projet
absolument passionnant, avec un enjeu éthique
et médical que l'on n'a pas souvent l'occasion
de rencontrer dans la sphère publique. Je me
vois surtout comme quelqu'un qui peut animer des équipes,
fédérer les efforts des uns et des autres,
et faire en sorte que tout fonctionne bien pour que
les objectifs qui nous sont fixés soient atteints,
c'est-à-dire que l'EFG aujourd'hui, et l'agence
de la biomédecine demain, remplissent au mieux
leurs missions.
Propos
recueillis par Stéphanie HASENDAHL
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Greffes : un agent antirejet a priori
peu toxique testé avec succès chez le singe |
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31
octobre 2003, Le Quotidien du Médecin
Des
chercheurs décrivent dans « Science »
un nouvel agent immunosuppresseur, inhibiteur sélectif
de la tyrosine kinase JAK-3, qui promet d'être
efficace et peu toxique. Actif par voie orale, il prévient
le rejet d'organe chez le singe sans entraîner
les effets secondaires des immunosuppresseurs actuels.
Sa bonne tolérance est aussi observée
chez des volontaires sains.
Les
effets secondaires des agents immunosuppresseurs dont
on dispose pour prévenir le rejet de greffe et
pour traiter les maladies auto-immunes sont liés
au fait que leurs cibles moléculaires sont exprimées
dans de nombreux types cellulaires.
L'idéal
serait un immunosuppresseur qui bloque l'action des
cellules immunes sans interférer avec les autres
cellules.
En quête d'un nouvel immunosuppresseur hautement
sélectif, des chercheurs de Pfizer (Groton, Connecticut)
ont développé un inhibiteur spécifique
de la tyrosine kinase JAK-3, appelé CP-690,550.
Son évaluation dans des modè | | | |