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Livre d'Or.
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La
revue de Presse du premier trimestre 2004 -
janvier, février, mars 2004. |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde de janvier à mars 2004 :
- 31
mars 2004, Le bien public
Beaune a accueilli la Course
du cur
- 31
mars 2004, Le Parisien
dialyse à Evry : «
On se moque des patients »
- 25
mars 2004, Le Parisien
« Merci pour mes trois
coeurs ! »
- 24
mars 2004, Le Quotidien du Médecin
18e
Course du coeur pour le don dorganes
- 24
mars 2004, Viva
Le
succès des greffes malgré la pénurie
- 24
mars 2004, Viva
Deux
femmes à la coordination rouennaise
- 20
mars 2004, Le
Quotidien du Médecin
Record
de greffe aux Etats-Unis: huit organes pour un bébé
- 18
mars 2004, Le
Quotidien du Médecin
Course
du coeur : Les transplantés relèvent le défi
- 11
mars 2004, Le Quotidien du Médecin
Les
greffés du foie surveillés près de
chez eux
- 4
mars 2004, Le Parisien
Le
Pr Lantieri envisage une greffe bouche-nez
- 4
mars 2004, Libération
Les
greffes de visage font grimacer le comité d'éthique
- 3
mars 2004, Le Nouvel Observateur
La
greffe du visage "n'est pas éthique"
- 2
mars 2004, Libération
greffes
de la face : "Le receveur ne se retrouvera pas avec
le visage du donneur"
- 2
mars 2004, Le Quotidien du Médecin
Bientôt
à l'essai chez l'homme : un traitement pour la polykystose
rénale
- 19
février 2004, Reuters
La
greffe de visage entre mythe et réalité
- 17
février 2004, Reuters
Greffe
de visage : les chirurgiens sont prêts
- 13
février 2004, Reuters
Un
pas vers le clonage thérapeutique appliqué
à la transplantation...
- 12
février 2004, Firstinvest
Novartis
demande l'autorisation de mise sur le marché européen
d'un nouvel immunosuppresseur
- 11
février 2004, seniorplanet.fr
Linsuffisance
rénale en prévention
- 10
février 2004, Reuters
Nouvelle
tarification des activités de greffe en France
- 10
février 2004, Reuters
Rugby: Jonah Lomu contraint à une transplantation
- 3
février 2004, Le Quotidien du Médecin
Comment la mère tolère son ftus (et
comment le transplanté pourrait tolérer son
greffon...)
- 3
février 2004, L'Union
Grâce
à la famille
d'une donneuse d'organes, un salon d'accueil au service
réanimation
- 30
janvier 2004, Le Quotidien du Médecin
La greffe rénale expliquée aux enfants
- 22
janvier 2004, Le Quotidien du Médecin
L'hémodialyse quotidienne
- 21
janvier 2004, Le Quotidien du Médecin
XÉNOGREFFES : L'OMS inquiète
- 13
janvier 2004, Le Quotidien du Médecin
30 882 personnes sous dialyse en France
- 13
janvier 2004, Le Sud Ouest
Denis a les mains libres
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Beaune
a accueilli la Course du cur
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31
mars 2004, Le bien public
Destinée
à sensibiliser le grand public à la réussite
de la transplantation, et à la nécessité
du don d'organes, la Course du cur, de Paris à
Courchevel, est passée vendredi par Beaune et la région.
Retour.
Une
course à pied pendant quatre jours et quatre nuits,
entre Paris et Courchevel, soit quelque 750 kilomètres
en relais non-stop : telle se présente la Course du
cur, à laquelle ont pris part cent cinquante
coureurs dont une équipe de quatorze coureurs transplantés.
Un sympathique et remarquable défi sportif, qui est
avant tout l'occasion de sensibiliser le plus grand nombre
à la réussite de la transplantation et à
la nécessité du don d'organes.
Grâce à la participation de transplantés,
elle témoigne en effet de la réussite de la
transplantation d'organes, en montrant que la pratique sportive,
effectuée en toute sécurité, sous contrôle
médical, accompagne le transplanté vers une
véritable « renaissance » et une qualité
de vie retrouvée. Mais c'est surtout le moyen de sensibiliser
le grand public et de faire progresser cette cause dans les
mentalités.
En France, où se pratiquent environ 3 000 greffes d'organes
vitaux par an, quelque 15 000 personnes vivent avec un organe
greffé. Reste qu'on estime à plus de 10 000
le nombre de malades dans l'attente d'une greffe. Ainsi, en
2002, 277 malades sont décédés faute
d'une greffe.
A mi-chemin, ou presque, entre Paris et Courchevel, Beaune
avait été choisie pour être ville étape.
La « caravane », venant de Semur, s'est ainsi
arrêtée quelque temps place Carnot, vendredi.
L'occasion pour ceux qui le souhaitaient de venir se renseigner.
Plusieurs élus, Alain Suguenot en tête, ont encouragé
les participants, le député-maire saluant cette
«cause généreuse et indispensable»,
en invitant les «valides à y penser». Toujours
à Beaune, une course, symbolique, avec les enfants
des écoles avait même été prévue.
Mais - lourdeur du « Mammouth » ? - elle n'a finalement
pas eu lieu. Ce qui n'a en revanche pas empêché
les élèves de Notre-Dame de venir faire un petit
tour, tandis que des opérations de sensibilisation
avaient été menées durant la semaine.
Enfin, à Santenay, les enfants ont eu droit à
un spectacle alliant humour et poésie. Auparavant ils
avaient remis, en chanson, des petits curs en cartons
aux organisateurs, visiblement très touchés.
X. C.
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dialyse
à Evry : « On se moque des patients »
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31
mars 2004, Le Parisien
TROIS
FOIS par semaine, Souad se rend au service de néphrologie-dialyse
de l'hôpital d'Evry pour suivre pendant quatre heures
une hémodialyse. Un traitement sans lequel elle ne
peut pas vivre. Le déménagement du service sur
le site de Corbeil l'inquiète.
« Nous n'avons aucune information, si ce n'est ce que
nous dit le personnel, s'indigne cette conseillère
principale d'éducation dans un collège. J'ai
écrit à la directrice et j'attends toujours
une réponse. On a l'impression qu'on se moque des patients.
Des membres du personnel envisagent de partir. Les dialyses
du soir risquent de n'être plus assurées. Je
devrais arrêter de travailler alors que mon boulot me
permet de me sentir bien et d'oublier la maladie. »
Souad angoisse aussi de perdre sa place sur la longue liste
des demandeurs de dialyse. « Je vais peut-être
devoir aller me faire soigner dans un autre département,
s'alarme-t-elle. C'est de la non-assistance à personne
en danger. »
Agnès
Vives
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Max
Meynier : « Merci pour mes trois coeurs ! »
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25
mars 2004, Le Parisien
Ils
sont partis hier soir de Paris pour courir pendant quatre
jours. Objectif : sensibiliser les Français sur le
don d'organes. Un problème qu'a connu de près
Max Meynier, homme de radio et parrain de l'édition
2004.
IL
A QUITTE la radio il y a dix ans, ses célèbres
moustaches n'ornent plus les pare-brise des semi-remorques
de France, et pourtant, dans une brasserie parisienne hier,
son entrée ne passe pas inaperçue. On se détourne,
on murmure dans son dos, on le reconnaît, lui, l'homme
de radio qui pendant seize ans, chaque jour de 20 heures à
minuit, a animé les soirées de RTL. Les gens
de la rue n'ont pas oublié Max Meynier et sa célèbre
émission de radio, « Les routiers sont sympas
».
Aujourd'hui parrain de la Course du coeur, organisée
pour les dons d'organes, il a la voix qui résonne comme
une mélodie oubliée. L'homme a changé
pourtant. Il a mûri. Pas parce qu'il a 66 ans et les
cheveux grisonnants, pas parce qu'il n'est plus à l'antenne.
Non, simplement parce qu'il a réussi à estimer
le coût de la vie. De la sienne, celles de sa femme,
de ses cinq enfants, des autres. Et ça, ça calme.
Depuis vingt mois, cet homme-là étrenne son
troisième coeur. Le premier, il est né avec
et l'a gardé pendant 52 ans. Le second, greffé
en 1990, a tenu bon jusqu'il y a deux ans, où il en
a fallu un troisième. Alors, aujourd'hui, il est vraiment
libre, Max ! Bien plus que lorsque ses enfants, sur la route
des vacances, s'amusaient à compter le nombre d'autocollants
à l'effigie de leur célèbre papa collés
sur les camions. Aujourd'hui, il sait sa chance de vivre.
Il regarde briller le soleil et grandir ses deux derniers
enfants de 9 et 11 ans, et, pour lui, c'est un luxe, une chance
extraordinaire.
La greffe était son unique chance « Mon activité
principale, c'est de vivre ! » lance-t-il en riant.
Max Meynier a failli mourir. Plusieurs fois. Un grave infarctus
en 1985, et cinq oedèmes pulmonaires vont l'obliger
à arrêter « les Routiers ». Il aura
beau lever le pied, cela ne suffira pas. Son coeur est malade.
Usé jusqu'à la trame par le stress et les deux
paquets de cigarettes que Max fume au quotidien. En 1988,
le diagnostic des médecins est implacable : la greffe
est son unique chance. Enthousiaste, comme il l'est à
RTL, il dit banco au professeur Cabrol. « C'était
une nouvelle aventure... » La greffe prend. Il le dit
partout, enchaîne les télés pour en vanter
les mérites, écrit même un livre qui sera
un succès... Dix ans après, il doit déchanter.
Cette fois-ci, c'est un rein qui part en vrille. Insuffisance
rénale. Il rentre en dialyse et le vit très
mal.
« C'est mon pire souvenir, j'étais enfermé
dans ce corps malade, j'étais en prison. Trois fois
par semaine, pendant quatre heures, je passais à la
machine à laver, on me nettoyait l'intérieur.
J'étais extrêmement fatigué. » Son
coeur aussi s'épuise. Max Meynier fait un nouvel infarctus.
Il est loin de Paris, à Arcachon. Il frôle la
catastrophe. « J'ai été sauvé in
extremis. C'est ma femme, cardiologue, qui m'a sauvé.
Elle m'a fait rapatrier à la Pitié-Salpêtrière,
où ils m'ont annoncé qu'il fallait faire une
seconde greffe. » Et Max Meynier tente alors l'impossible
: il demande à son médecin de lui greffer en
même temps un nouveau rein ! « Tant qu'à
me faire opérer, je voulais qu'on me rénove
tout. Comme j'allais avoir un nouveau coeur - le troisième
! - je voulais un nouveau rein. Pas question de continuer
la dialyse avec un coeur neuf. » Le pari est risqué.
Le 31 juillet 2002, il passe sur le billard. Quatorze heures
de bloc. Côté coeur, c'est gagné ! Côté
rein, les médecins sont inquiets, très inquiets.
« Mais le corps humain a des ressources extraordinaires
». Après deux mois à l'hôpital et
un mois et demi en maison de « redressement »,
comme il dit, il est guéri. « C'est formidable,
on te change une pièce et tu repars ! C'est une renaissance,
j'ai retrouvé ma liberté... » A peine
deux ans après cette double opération, Max est
en forme. Et n'a de cesse de remercier médecins, chercheurs,
donneurs, ceux qui lui ont rendu la vie. Plusieurs fois. «
J'ai la pêche, je suis tonique, je marche... Je suis
heureux ! »
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18e Course du coeur pour le don dorganes
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24
mars 2004, Le Quotidien du Médecin
La
Course du cur 2004 sélancera mercredi,
24 mars, pour un parcours de 750 kilomètres en relais
pendant 4 jours et 4 nuits. Parrainée par le Pr Christian
Cabrol et soutenue par déminentes personnalités
du monde médical de la transplantation, cette opération
a pour objectif de sensibiliser le grand public à la
réussite de la transplantation et à la nécessité
du don dorganes. Dix équipes, dont celle de Trans-forme
qui comprend des coureurs de fond transplantés âgés
de 27 à 64 ans, prendront le départ des Fontaines
du Trocadéro à Paris pour rejoindre, dimanche
vers 16 heures, la station de ski de Courchevel 1850. La course
traversera près de 150 communes et villages. Des documents
sur le don dorganes ainsi que des cartes de donneurs
seront mis à la disposition du public tout au long
du parcours.
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Le succès des greffes malgré
la pénurie
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24
mars 2004, Viva
Prouesse
il y a encore peu, la greffe dorganes est de mieux en
mieux maîtrisée, mais la pénurie de greffons
pénalise les malades. Leur vie dépend souvent
de la générosité de familles plongées
dans le deuil. Médecins, infirmières, personnes
greffées sattachent à promouvoir ce geste
vital.
Gauthier, un petit garçon de huit ans, sportif, heureux,
na plus besoin depuis cinq ans dêtre nourri
par sonde. A trois ans, après une attente de trois
mois, grâce à une famille anonyme qui a accepté
le prélèvement de lorgane sur lun
des siens, il a bénéficié dune
greffe du foie.
Pour
lAssociation pour le don dorganes et de tissus
humains (Adot) [1], son histoire vaut témoignage :
donner un organe, cest donner la vie. Elle souligne
aussi que la technique de la greffe est de mieux en mieux
maîtrisée : les traitements du système
immunitaire, que lopéré doit suivre à
vie, limitent les rejets de greffons, fréquents jusque
dans les années 1960, et permettent den pratiquer
de plus en plus.
Chaque
année, ce sont 3 600 malades qui en bénéficient,
dont 60 % pour une intervention sur les reins, 25 % sur le
foie, 9 % sur le cur, 3 % sur les poumons, 2 % sur le
pancréas et 1 % sur les intestins ou pour des interventions
conjointes cur-poumons. Si les risques de rejet ne sont
jamais considérés comme totalement éliminés,
dans 60 à 80 % des cas la survie à cinq ans
est assurée.
Plus
fréquente aujourdhui, ce nest cependant
pas encore demain que la greffe dorganes deviendra courante.
« La technique est maîtrisée, mais la pratique
reste exceptionnelle », explique le Dr Edgar Menguy,
responsable au Chu de Rouen de la coordination des prélèvements
et des greffes (voir reportage p. 7). « Nous manquons
de tous les organes, plus particulièrement de poumons
et de reins », insiste le Dr Jacky Claquin, du Chu du
Kremlin-Bicêtre, chargé de superviser pour lIle-de-France
le prélèvement et la répartition des
organes. Ces deux médecins réanimateurs travaillent
pour lEtablissement français des greffes (Efg)
[2], chargé par le ministère de la Santé,
en 1994, de rationaliser lactivité de transplantation.
Liste
dattente et manque dorganes
«
Limportant, cest daller vite », souligne
le Dr Claquin. Les organes sont prélevés sur
des personnes en état de mort encéphalique,
au cerveau totalement détruit, mais dont le cur
et la respiration sont maintenus artificiellement en activité.
Après un traumatisme crânien, un accident vasculaire
cérébral, un suicide ou un accident de la route,
les victimes arrivent dans les services durgences ou
de réanimation. Ceux-ci sont reliés au centre
de coordination des prélèvements et des greffes,
qui repère les donneurs potentiels. Il consulte ensuite
le service régional de répartition des organes
(3), qui connaît les besoins des équipes de transplantation
et attribue les greffons selon des critères de priorité
(dabord les enfants de moins de 16 ans, par exemple),
durgence médicale, de compatibilité et
dinscription sur la liste dattente.
Pour
efficace quelle soit, cette organisation nempêche
pas la pénurie dorganes. En 2002, 10 000 malades
étaient en attente de greffe et plus de 200 sont décédés
faute dintervention. Dans le même temps, 1 100
personnes en état de mort encéphalique étaient
prélevées. Nettement insuffisant quand, hormis
les greffes du rein et du foie, possibles à partir
de donneurs vivants, lessentiel des transplantations
provient de donneurs morts.
Une
enquête menée en 2003 dans les services de réanimation
des hôpitaux de Rouen et du Havre montrait que, si 77
% des personnes décédées étaient
des donneurs potentiels, 46 % navaient pas été
signalées comme tels. A ces médecins insuffisamment
formés sajoutent des Français réticents
: 30 % dentre eux refusent les dons (contre 20 % des
Espagnols), un des taux les plus forts dEurope. Une
attitude que les pouvoirs publics essaient de changer : depuis
trois ans se tient en juin une Journée nationale du
don dorganes. La quatrième édition aura
lieu le 22 juin prochain
Car
rien ne sert à lIle-de-France, par exemple, dafficher
un record doffres sanitaires avec 11 équipes
de greffe du rein et 8 équipes de greffe du foie, contre
une seule dans la Région Nord-Pas-de-Calais, par exemple
si la réalisation dune greffe nest
pas plus rapide quailleurs, faute dorganes. Les
délais y sont même plus longs, et contraignent
les associations et les malades à comparer les temps
dattente dune Région à lautre.
La
ligne ténue entre la vie et la mort
Ce
constat contraste avec la générosité
sollicitée auprès de familles plongées
dans la réalité de deuils brutaux.
Caroline, consultée immédiatement après
la mort de son mari, a dû vaincre ses résistances.
« Nous étions tous les deux favorables au don,
reconnaît-elle. Mais, le jour où ça vous
tombe dessus, cest difficile à assumer. »
La loi de 1994 a cherché à épargner aux
proches les cas de conscience. Tout adulte qui naurait
pas spécifié son refus dans le Registre national
des refus, tenu par lEfg, est supposé consentir
au don. Une vérification doit toutefois être
effectuée auprès de la famille. Nuance dimportance
: ce nest pas sur sa propre position quon linterroge,
mais sur celle que le défunt aurait souhaité
adopter.
Claire
Boileau et Patrick Baudry, respectivement anthropologue et
sociologue, ont étudié, à la demande
de lEfg, les raisons du refus. Ils assurent que, dans
bien des cas, lexpérience de la disparition subite
dun proche, les conflits intrafamiliaux et la crainte
dun morcellement du corps augmentent la confusion angoissante
entre la mort et la vie. Dans la cour dhonneur du Chu
de Rouen, un ginkgo, arbre sacré en Chine et au Japon,
où il fut le seul végétal à survivre
au bombardement de Hiroshima, senracine depuis le printemps
dernier. Comme un remerciement aux donneurs et une promesse
de vie renouvelée aux malades.
Marianne
Rolot
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Deux femmes à la coordination
rouennaise
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24
mars 2004, Viva
Les
infirmières repèrent dans les services les donneurs
potentiels et établissent le contact avec les familles
et les équipes de transplantation.
Premier sous-sol du Chu de Rouen, 8 h 30. Au fond dun
couloir sombre, un local difficile à trouver mais baigné
de lumière naturelle et doù se dégage
un sentiment de sérénité. Cest
le centre de coordination de lEtablissement français
des greffes de Haute-Normandie, administrativement rattaché
à la Région Nord-Pas-de-Calais. « 14 prélèvements
dorganes en 2002, 24 lan dernier », commentent
sans triomphalisme Joëlle et Carole. Les deux infirmières
coordinatrices huit ans dexpérience pour
lune, deux ans pour lautre exercent, sous
lautorité du médecin expert, un métier
difficile. « Un an au moins pour commencer à
se sentir à laise, pour savoir se montrer calme,
motivée, pédagogue et, surtout, surtout, pour
faire appel à toutes ses qualités relationnelles
! »
Comme
tous les matins, il y a urgence à consulter sur lordinateur
la liste des personnes décédées depuis
la veille. Les personnes mortes « cur arrêté
» sont également répertoriées car
elles sont pourvoyeuses de cornées. Lan passé,
32 paires ont été prélevées, selon
un mode opératoire strictement chronométré
: vérifier les contre-indications, consulter le Registre
national des refus, rencontrer la famille au bureau de létat
civil, appeler les ophtalmologistes et organiser le prélèvement
qui se déroule dans une salle aménagée
de la chambre mortuaire, en présence dun technicien
de la banque de cornées.
Les
rencontres avec les proches sont bien sûr la partie
la plus délicate. « Les familles sont traumatisées,
particulièrement lorsque la mort est brutale. Dans
ce cas, nos entretiens se déroulent à plusieurs,
en présence du médecin coordinateur. Et, face
à un refus, nous essayons de reprendre la conversation.
»
Comme
tous les matins aussi, Joëlle a entrepris une tournée
des trois services de réanimation pour adultes et du
service pédiatrique afin de repérer, en étroite
relation avec les équipes soignantes de lhôpital,
les malades plongés dans le coma, donneurs potentiels
dorganes. A 10 heures, autour dun café,
les deux blouses blanches échangent leurs informations.
Un homme est décédé la veille en pneumologie,
« mais il présente des contre-indications »,
indique Carole. Les patients de Joëlle sont tous stationnaires
et la journée sannonce calme. Mais que survienne
une mort cérébrale avec accord de prélèvement
et « cest le marathon ». Jusquà
seize heures daffilée pendant lesquelles, sur
le qui-vive, elles devront faire confirmer médicalement
la mort du patient, contacter le service régional de
Lille, récupérer le dossier médical du
défunt, évaluer les organes prélevables,
joindre plusieurs équipes de transplantation dans toute
la France afin dorganiser leur déplacement, préparer
le bloc opératoire...
«
Les chirurgiens prélèvent à tour de rôle
lorgane quils sont venus chercher avant deffectuer
la transplantation dans leur propre hôpital. »
Enfin, le corps est préparé, puis rendu à
la famille, qui en assure les obsèques. « Quand
les proches le demandent, nous donnons des nouvelles sur létat
de santé de celui ou ceux qui ont reçu un organe.
Mais on les prévient : on dit toujours la vérité,
même si elle est difficile à entendre. »
Ni
dans un sens ni dans lautre, on ne communiquera didentité.
Cest la règle dor dun centre qui,
le soir venu, verrouille soigneusement portes et volets sur
ses fichiers de noms. Laissant aux infirmières, toutes
convaincues quelles sont de la nécessité
de lanonymat, un regret : celui de ne pouvoir jamais
« recevoir de remerciements de la part des greffés
».
Marianne
Rolot
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Record de greffe aux Etats-Unis: huit
organes pour un bébé
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20
mars 2004, Edicom
Une
Italienne de huit mois s'est fait greffer huit organes en
une seule opération. Ce record a été
établi et annoncé par des chirurgiens américains
de l'Université de Miami en Floride. L'opération
a eu lieu le 31 janvier. Le bébé se porte bien.
Durant l'intervention de 12 heures, le bébé,
Alessia Di Matteo, originaire de Gênes, a reçu
un foie, un estomac, un pancréas, le petit intestin,
le gros intestin, la rate et les deux reins, tous ces organes
provenant d'un nouveau-né de Floride.
La fillette, née le 4 juillet 2003, souffrait du syndrome
de la mégavessie, qui empêche l'estomac, les
intestins et les reins de fonctionner normalement. La greffe
d'organes était sa seule chance de survie.
Tous les organes de la fillette n'étaient pas déficients
mais les médecins ont préféré
transplanter, en une seule fois, huit organes du même
donneur pour minimiser les risques de rejet, ont-ils expliqué.
L'équipe de chirurgiens, qui avait déjà
réalisé une centaine de greffes simultanées
de plusieurs organes par le passé, a attendu une stabilisation
de l'état de santé du bébé avant
d'annoncer le succès de cette opération.
L'opération financée par le gouvernement italien
a jusqu'à présent coûté environ
375 000 dollars. Le bébé et sa mère pourrait
rentrer en Italie en juin si l'enfant ne souffre d'aucune
complication.
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Les transplantés relèvent
le défi
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18
mars 2004, le Quotidien du Médecin
CENT
QUARANTE COUREURS, dont des transplantés, vont relever
le défi de la Course du coeur, organisée par
l'association Trans-Forme* : courir 750 kms en relais, 24
heures sur 24 pendant quatre jours, du 24 au 28 mars, de Paris
à Courchevel. Répartis en dix équipes
de 14, les coureurs effectuent chacun quelque 20 km par jour,
à une allure moyenne de 10 à 12 kms/h.
Des
médecins et kinésithérapeutes bénévoles
les suivent pour s'assurer de leur sécurité.
Les greffés, âgés de 27 à 65 ans,
veulent montrer que la transplantation, ça marche,
et qu'il est possible ensuite de reprendre une activité
physique et sportive. Ils veulent aussi et surtout promouvoir
le don d'organes. Près de 300 malades en attente de
greffes décèdent encore chaque année
faute de donneurs. En 2002, 3 632 vies ont été
sauvées grâce à un don d'organes, 6 442
patients étaient sur une liste d'attente et 277 sont
morts.
Des
entreprises (Cisco Systems, Baxter, Roche, Renault Kangoo
4x4, Gaz de France...) ont des équipes dans la course,
pour aider Trans-Forme à faire connaître la cause
du don.
Le ministre des Sports Jean-François Lamour donnera
le départ le 24 mars à 20 h au Trocadéro,
à Paris, après un relais symbolique au Stade
de France, avec des enfants de la ville de Saint-Denis.
La
Course du cur traversera plus de 200 communes avant
l'arrivée à Courchevel, où elle se terminera
en raquettes. Au long du parcours, les enfants des écoles
viendront encourager les coureurs transplantés en leur
remettant des curs, qui iront ensuite aux unités
de transplantation en témoignage de soutien aux personnes
en attente de greffe. C'est l'opération les 10 000
coeurs pour l'hôpital (il y en avait 12 000 en 2003),
à laquelle s'associent cette année la Fnair
(Fédération nationale d'aide aux insuffisants
rénaux), France Adot (Fédération des
associations pour le don d'organes et de tissus humains) et
Familles rurales. Les internautes pourront suivre la course
sur le site www.sport24.com,
avec des reportages en quasi direct.
www.trans-forme.org, www.lacourseducoeur.com.
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Les greffés du foie surveillés
près de chez eux
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11
mars 2004, le Quotidien du Médecin
Déjà
en place au sein du CHU de Rennes, Prométhée
va s'étendre en 2004 à d'autres CHU de Bretagne
et Pays de la Loire qui assureront un suivi de proximité
des transplantés hépatiques, moins coûteux
et favorisant la coopération des professionnels de
santé.
Les
malades greffés du foie font l'objet d'une surveillance
à vie. La première année de la transplantation,
ils se rendent une trentaine de fois au centre hospitalier
qui a effectué la transplantation, rythme qui va diminuer
progressivement jusqu'à deux visites par an. Ainsi
le CHU de Rennes-Pontchaillou qui réalise de 80 à
100 greffes/ an (soit 10 % des transplantations réalisées
en France) suit-il aujourd'hui de cinq à six cents
patients venant des régions Bretagne et Pays de la
Loire. « La survie des greffés du foie étant
très bonne, le nombre de patients sous surveillance
augmente d'année en année et nos services hospitaliers
sont saturés », souligne le Pr Karim Boudjema,
chirurgien des hôpitaux (département de chirurgie
vasculaire), promoteur du projet Prométhée,
qui insiste sur le coût important des transports (en
VSL - véhicule sanitaire léger - pris en charge
dans 80 % des cas) et le temps perdu par les patients (une
journée en moyenne par visite) qui constitue un obstacle
à leur réinsertion professionnelle. Des déplacements
que l'on peut très bien éviter ou au moins réduire
à leur strict nécessaire. Passés les
quatre à cinq premiers contrôles postopératoires,
les greffés peuvent parfaitement être pris en
charge par les spécialistes plus proches de chez eux
qui les ont adressés au CHU de Rennes. Seuls les tubes
de sang pour les analyses spécifiques de cyclosporine
auront besoin de voyager jusqu'au centre de transplantation.
Le Pr Boudjema a mis à profit l'arrivée du réseau
haut débit Megalis pour inscrire le projet Prométhée
de réseau de surveillance de proximité des transplantés
hépatiques dans le cadre des appels à projet
des régions Bretagne et Pays de Loire. Le CHU de Rennes
(direction des systèmes de l'information des télécommunications
et de l'organisation) s'y retrouve partenaire des services
d'hépato-gastro-entérologie des CHU d'Angers,
Brest, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Tours et Blois.
Un
dossier partagé.
Par
l'homogénéité de la population traitée
et des problèmes rencontrés, le dossier de suivi
du patient greffé se prêtait bien à l'informatisation,
estime le chirurgien. Il y a aujourd'hui 600 dossiers partagés
Prométhée hébergés sur un serveur
protégé du CHU de Rennes et accessibles par
Intranet dans les services de chirurgie, hépato-gastro-entérologie,
réanimation, pharmacie, anatomopathologie. Une trentaine
de codes d'accès ont été distribués.
Les droits d'accès et de modification des dossiers
sont différents selon les intervenants, les informations
sont cryptées. Toutes les informations concernant le
prélèvement d'organe restent confidentielles
et réservés au CHU de Rennes. La base de données
a été déclarée à la CNIL
en vue d'une demande d'avis. Les patients devront donner leur
accord pour transmission aux médecins traitants de
proximité qui auront accès à l'ensemble
du dossier de « leurs » malades (hors informations
prélèvement). Les CHU de Saint-Brieuc et de
Saint-Malo devraient être les premiers à se connecter,
dit le Pr Boudjema qui pense avoir à distribuer une
cinquantaine de droits d'accès. L'avantage de Prométhée,
c'est pour les médecins traitants de voir revenir les
greffés. Ce qui ne peut qu'assurer la promotion de
la greffe en tant que modalité thérapeutique
efficace. Le travail en réseau va permettre de faire
de la FMC autour d'un dossier. Les médecins trouveront
sur le site les protocoles thérapeutiques ainsi que
toutes les interactions médicamenteuses des immuno-dépresseurs.
Des systèmes d'alerte émettront les convocations.
Tous les ans, des comptes-rendus du devenir des greffés
seront édités.
Les 27 centres de transplantation hépatiques du territoire
qui doivent surveiller une population de plus de 10 000 greffés
sont potentiellement intéressés.
MARIE-FRANÇOISE
DE PANGE
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Le Pr Lantieri envisage une greffe
bouche-nez
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4
mars 2004, le Parisien
Le
Pr LANTIERI a déclaré hier qu'il continuait
d'envisager de pratiquer une greffe partielle de la face tout
en se disant prêt à respecter l'avis donné
mardi par le Comité consultatif national d'éthique
(CCNE). Jugeant « très restrictif » le
cadre fixé par le CCNE, le chef du service de chirurgie
plastique reconstructrice de l'hôpital Henri-Mondor
de Créteil (Val-de-Marne) a estimé qu'il laissait
cependant la possibilité de pratiquer une transplantation
concernant le triangle bouche-nez qui présente le «
meilleur rapport risque - bénéfice pour le patient.
» Si le projet est « validé », une
transplantation de ce type pourrait être pratiquée
« dès cette année », a-t-il précisé.
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Les greffes de visage font grimacer le
comité d'éthique
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4
mars 2004, Libération
Le
CCNE a rendu un avis négatif sur de telles interventions.
«Il
est rare que des situations chirurgicales présentent
un point de non-retour aussi dramatique.» Le Comité
consultatif national d'éthique n non tranché,
avec une multitude d'arguments à l'appui. Hier, le
Comité consultatif national d'éthique (CCNE)
a rendu un avis particulièrement attendu sur les greffes
de visage. Il avait été saisi le 19 février
2002 sur la question par Laurent Lantieri, chirurgien à
l'hôpital Henri-Mondor (Libération d'hier). Celui-ci
se dit techniquement prêt à greffer, sur des
patients défigurés, des tissus prélevés
sur des personnes en état de mort cérébrale.
Pour aider des grands brûlés, victimes de cancer
de la face ou touchés par balle, à retrouver
un visage.
«Monsieur
Lantieri a eu la remarquable initiative de solliciter le comité
d'éthique avant de se lancer dans cette opération»,
a souligné Monique Canto-Sperber, responsable du groupe
de travail. Avant de justifier un refus formel des greffes
totales, et réservé sur «les greffes partielles
de la face, comme la greffe de menton». Trop de risques,
s'est justifié le CCNE.
D'abord,
faute d'informations précises à fournir au patient,
«aucun consentement ne peut être obtenu»,
note le comité. Ensuite, à cause des dangers
liés aux traitements immunosuppresseurs : «Pour
améliorer la qualité de vie du patient, on commencerait
par la détériorer. Peut-on en connaissance de
cause proposer au patient une perspective thérapeutique
qui allège son handicap, mais le rende malade alors
qu'il ne l'était pas ?» se demandent les sages.
Puis, le risque d'échec, «considérable».
En cas de rejet de la greffe, «il faudrait accepter
un résultat final bien plus mauvais que l'état
dans lequel était le patient avant. [...] Il est rare
que des situations chirurgicales présentent un point
de non-retour aussi dramatique». Le CCNE craint également
l'apparition de difficultés psychologiques importantes
: la personne greffée «peut accepter ce visage.
Mais elle peut aussi le refuser». Et «rien ne
permet d'informer le patient sur ce que serait son visage
après l'opération», relève Monique
Canto-Sperber.
De
plus, pas de greffe sans donneur. Or, «dans la mesure
où il est déjà difficile d'obtenir un
accord pour le prélèvement d'un organe intérieur,
il y a tout lieu de penser qu'une telle demande concernant
le visage rencontrera un refus quasi général».
Enfin, le CCNE s'interroge sur les réelles motivations
de cette intervention. «La demande des médecins
pour la voir réalisée ou pour la réaliser
eux-mêmes est certaine. Mais elle ne doit en aucun cas
se substituer à la demande réelle des personnes
défigurées.» En France, actuellement,
un seul patient serait candidat.
Par
Sandrine CABUT et Julie LASTERADE
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La greffe du visage "n'est
pas éthique" |
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3
mars 2004, Le Nouvel Observateur
Le
Comité consultatif national d'éthique (CCNE)
s'est dit mardi opposé aux greffes du visage en l'état
actuel des connaissances, demandant des recherches supplémentaires
pour évaluer les risques.
"Les transplantations faciales ne doivent pas être
pratiquées tant que ne sont pas réalisées
de recherches plus complète sur les procédures
elles-mêmes et tant qu'on ne dispose pas d'éléments
permettant d'apprécier de façon précise
les risques qui accompagnent ce genre de greffes", a
déclaré le CCNE dans un avis présenté
lors d'une conférence de presse.
Une greffe de tissu composite du visage entier "n'a actuellement
pas beaucoup de sens, la question ne se pose d'ailleurs pas
médicalement ou techniquement", selon le CCNE.
Quant à une greffe partielle reconstituant par exemple
le triangle bouche-nez, elle "relève encore du
domaine de la recherche et de l'expérimentation à
haut risque", pour le CCNE. "Elle ne saurait être
présentée comme un solution prochaine accessible
et idéale pour les douloureux problèmes des
altérations du visage".
Dans l'hypothèse même "où surgirait
la possibilité d'une telle greffe, l'idée même
du consentement informé du patient est illusoire",
a estimé le CCNE, soulignant que "l'échec
peut être une aggravation de la situation" du patient.
S'approprier
la face d'un autre
L'idée
de la greffe du visage avait été mise sur la
place publique en juillet dernier dans la revue médicale
britannique The Lancet dans un article cosigné par
le chirurgien britannique Paul Butler. Egalement prête
à s'engager dans cette nouvelle voie une équipe
de l'hôpital Henri-Mondor (Créteil, Val-de-Marne).
Cette transplantation s'adresserait à ceux dont le
visage gravement mutilé ne pourrait être réparé
à l'aide d'éléments pris sur leur propre
corps (auto-transplantation).
Le professeur Laurent Lantieri d'Henri Mondor a même
ciblé un candidat receveur "intéressé"
parmi une dizaine de grands mutilés du visage et envisage
d'entamer "dans les prochains mois", en partenariat
avec l'Établissement français des greffes, une
étude clinique comprenant cinq transplantations de
face, indiquait mi février Le Figaro dans un long développement
sur cette greffe d'un genre nouveau, car s'approprier la face
d'un autre n'est pas évident, même si la réparation
n'aboutira probablement pas à donner au malade exactement
l'allure du mort.
Autre problème, il faudra couvrir par un masque acceptable
le défunt donneur. Sans compter les risques de rejet
et, à plus long terme, les craintes concernant des
risques de cancérisation liés aux traitements
immunosuppresseurs.
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greffes
de la face : "Le receveur ne se retrouvera pas avec le
visage du donneur" |
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2
mars 2004, Libération
C'est
aujourd'hui que le Comité consultatif national d'éthique
(CCNE) rendra son avis sur les greffes totales ou partielles
de visage. Il "s'est attaché dans cet avis aux
questions éthiques liées aux possibilités
de reconstruction du visage en cas de défigurations
consécutives à un accident, brûlure, explosion
ou maladie, et non à la chirurgie esthétique
qui vise à l'amélioration de l'apparence physique
sans traumatisme ou maladie initiale", tient-il à
préciser.
Chirurgien,
chef du service de chirurgie plastique, reconstructrice et
esthétique de l'hôpital Henri-Mondor (Créteil),
le Pr Laurent Lantieri a saisi le comité d'éthique
le 19 février 2002 sur la question des transplantations
de visage.
Quand
est née l'idée de telles greffes ?
L'idée
est très ancienne, mais l'intervention n'est devenue
envisageable qu'à partir de la première transplantation
de main, en 1998. Jusque-là, on pensait que la peau
était la barrière immunologique ultime, qu'on
ne pouvait franchir. Depuis, des greffes de main ont été
pratiquées une quarantaine de fois ; et en dehors du
premier patient, qui avait arrêté son traitement
immunosuppresseur, il n'y a pas eu de rejet. Le problème
immunologique étant dépassé, grâce
aux nouvelles molécules, on pouvait penser à
d'autres greffes composites (comprenant plusieurs tissus différents
Ñ muscles, os, nerfs, peau... ndlr). Je me suis
penché sur la question en pensant aux patients dont
on ne parvenait pas à reconstruire le visage. Fin 2001,
j'ai rédigé un rapport pour poser la question
au comité d'éthique. Parallèlement, mon
équipe a commencé à s'entraîner
sur des cadavres il y a plusieurs mois.
Pourquoi
demander une "autorisation" ?
Parce
que ces transplantations soulèvent des questions éthiques
importantes, du côté du receveur, du donneur,
et surtout de la société. Pour le receveur,
c'est d'abord, comme dans le cas des greffes de main, le problème
de donner des immunosuppresseurs à vie pour une pathologie
non vitale. Les effets secondaires peuvent être sévères.
En cas de complication inacceptable, il faut prévoir
une "détransplantation" ; or ce n'est pas
possible au niveau du visage. Quant à l'impact psychologique,
ces patients vivent de toute façon un calvaire. Après
des dizaines d'autogreffes, certains sont toujours obligés
de mettre un masque pour sortir. J'ai ainsi un malade qui
a été opéré 45 fois. A chaque
fois, l'intervention comporte des risques : septiques, hémorragiques...
Est-ce
plus éthique que d'envisager une allogreffe ?
Ce
n'est pas comme dans le film Volte-Face, le receveur ne se
retrouve pas avec le visage du donneur ; il s'agit d'une reconstruction
faciale. Du côté du donneur, le problème
n'est pas tant médical que de trouver un moyen de rendre
rapidement son corps à la famille après le prélèvement
de visage. C'est nécessaire pour le travail de deuil.
Nous travaillons sur un système de masques en latex,
bien que pour l'instant ce ne soit pas satisfaisant. Le gros
problème éthique est cependant vis-à-vis
de la population. Il ne faudrait pas que la crainte des greffes
de face aboutisse à un rejet massif de la notion de
transplantation. Nous voulons travailler dans un cadre ; si
le CCNE nous dit que cette intervention n'est pas éthique,
nous ne nous lancerons pas. S'il pose des conditions, nous
les respecterons.
Au
moins deux équipes, l'une britannique, l'autre américaine,
sont aussi sur les starting-blocks. N'avez-vous pas peur de
vous faire griller ?
Si
c'était une course, quelqu'un l'aurait déjà
fait. En 1999, Brian Mack, l'un des chirurgiens américains,
m'avait dit: "On le fait dans six mois." Nous sommes
en 2004 et il n'y a toujours rien. On est techniquement prêts,
mais on se pose des questions. En Angleterre, le collège
royal des chirurgiens vient de mettre son veto. Il considère
que ces greffes sont prématurées parce qu'on
ne connaît pas leurs conséquences psychologiques
et leurs complications. Je trouve leur position régressive,
c'est du même niveau que de dire à une femme
de s'accepter avec une mastectomie. Par ailleurs, je ne crois
pas qu'il faille s'adresser à des chirurgiens pour
une question éthique.
Techniquement,
en quoi consistent ces greffes ?
Il
s'agit de greffes composites, avec de la peau, des muscles,
des artères, des nerfs et éventuellement de
l'os... Pour quelqu'un qui maîtrise la microchirurgie,
c'est relativement facile. On peut envisager trois types d'intervention
: des reconstructions complètes de la face ; des reconstructions
partielles (par exemple pour les traumatismes par balle) ;
et des transplantations complexes de scalp (après arrachement
du cuir chevelu par une machine). Il faut savoir qu'il y a
déjà eu des réimplantations complètes
de visage (sur la même personne, ndlr), une en Inde,
une aux Etats-Unis. Par ailleurs, il a presque 20 ans que
l'américain Buncke a réussi une greffe de scalp
entre deux vrais jumeaux (en 1986, ndlr). Les dissections
que nous pratiquons sur cadavre depuis quelques mois ne posent
pas de problème particulier, et nous avons fait plusieurs
réimplantations.
Combien
de patients pourraient en bénéficier ?
Elles
peuvent s'adresser aux cas exceptionnels mais dramatiques
: de grandes brûlures, accidents, importantes malformations
ou tumeurs de la face... J'ai fait une enquête auprès
des 20 grands services français de grands brûlés
et de chirurgie plastique. Une dizaine m'ont répondu,
ils voient chacun environ un cas chaque année. Il y
a donc au total au moins 10 à 15 nouveaux cas par an.
Les autogreffes actuelles, faites avec la peau du dos, nécessitent
des opérations à répétition. Le
patient peut ainsi parler et manger, mais esthétiquement,
on n'obtient qu'une sorte de masque, sans mobilité.
Par Sandrine CABUT
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Bientôt à l'essai chez l'homme
: un traitement pour la polykystose rénale
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2
mars 2004, le Quotidien du Médecin
Un
antagoniste du récepteur de la vasopressineV2 (Rvpv2)
ralentit considérablement la progression de la polykystose
rénale chez l'animal. Des essais cliniques ne devraient
pas tarder, d'autant que ce type d'antagonistes, déjà
évalué en phaseIII dans d'autres pathologies,
est bien toléré.
"
Puisque ces médicaments ciblent sélectivement
des récepteurs spécifiques sur les cellules
rénales et court-circuitent d'autres organes, cela
les rend relativement non toxiques et majore leur valeur comme
traitement potentiel de la maladie polykystique des reins
", observe le Dr Vicente Torres, de la Mayo Clinic à
Rochester (Minnesota), qui a dirigé ces travaux.
La
polykystose rénale héréditaire, caractérisée
par le développement de nombreux kystes liquidiens
dans les deux reins, est une cause majeure d'insuffisance
rénale chez les enfants et les adultes. La forme autosomique
dominante est la plus courante (90 % des cas), affectant 12,5
millions d'individus dans le monde. Les symptômes (douleurs,
hématurie, hypertension, infection urinaire) apparaissent
généralement entre 30 et 40 ans, mais peuvent
débuter dès l'enfance. La forme autosomique
récessive, plus rare, débute in utero ou dans
les premiers mois de la vie. Il n'existe actuellement aucun
traitement efficace.
De
récentes études ont montré que l'AMP
cyclique joue un rôle central dans le développement
des kystes, en stimulant la prolifération de l'épithélium
kystique et la sécrétion liquidienne. Les kystes
sont principalement dérivés des tubes collecteurs.
On sait aussi que la forme autosomique dominante est liée
à deux gènes - PKD1 et PKD2 (PDK étant
l'acronyme de Polycystic Kidney Disease) - qui codent pour
deux protéines d'un complexe régulant le calcium
intracellulaire. Les taux accrus d'AMPc pourraient peut-être
découler de cette anomalie calcique intracellulaire.
Dans les reins normaux, l'AMPc stimule la réabsorption
de l'eau dans les tubes collecteurs.
L'OPC31260, évalué par des chercheurs de la
Mayo Clinic et de l'université médicale d'Indiana
(Indianapolis), est un antagoniste du récepteur de
la vasopressine V2 (RVPV2), lequel est le principal agoniste
de l'AMPc dans le tube collecteur.
L'équipe a récemment montré son efficacité
dans deux modèles de polykystose rénale autosomique
récessive chez le rat et la souris.
L'évaluation présente a été menée
dans un modèle de polykystose autosomique dominante
chez la souris (Pkd2-/tm1Som), qui développe des kystes
dans les trois premiers mois.
Ces souris ont été traitées oralement
par OPC31260 à un âge compris entre la 3e et
la 16e semaine. Ce traitement réduit considérablement
les taux d'AMPc rénaux et corrigent la surexpression
d'aquaporine 2 et de VPV2R. Il ralentit aussi considérablement
le développement de la maladie (nombre des kystes et
fibrose), prévient l'élargissement du rein et
protège la fonction rénale.
Si
l'effet de ce traitement est similaire chez l'homme, il pourrait
retarder le besoin de dialyse et de transplantation rénale
chez les patients affectés de polykystose rénale
autosomique dominante.
"
Des essais cliniques d'antagonistes du récepteur de
la vasopressine V2 (RVPV2) semblent donc appropriés
dans la polykystose rénale autosomique dominante ",
concluent les chercheurs. Plusieurs de ces antagonistes sont
déjà évalués dans des essais de
phase III pour l'hyponatrémie et la rétention
d'eau associée à l'insuffisance cardiaque congestive
et la cirrhose.
Dr
VERONIQUE NGUYEN
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La
greffe de visage entre mythe et réalité |
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19
février 2004, Le Quotidien du Médecin
Pour
le Dr François Petit, chirurgien plasticien à
l'hôpital Henri-Mondor (Créteil) « même
si le Comité national d'éthique donne un avis
favorable, il reste des obstacles techniques avant d'imaginer
pouvoir greffer des visages ».
L'AVIS
DU COMITÉ national d'éthique sur les «
greffes de tissus composites et de visage » devrait
être rendu au début du mois de mars. Mais la
question d'une éventuelle première de greffe
de visage est déjà posée par le Pr Laurent
Lantiéri dans un
article publié le 17 février 2004 par «
le Figaro ».
Ce sujet avait déjà été soulevé
en 2002 (« le Quotidien » du 3 décembre
2002) à la suite de la publication par une équipe
britannique d'un article dans « The Lancet ».
A cette époque, le chirurgien britannique avançait
qu'il s'agissait d'une question de mois. La suite des événements
lui a donné tort.
En janvier 2003, le Dr François Petit, de l'équipe
de chirurgie plastique et reconstructrice de l'hôpital
Henri-Mondor, à Créteil, expliquait au «
Quotidien » (26 janvier 2003) qu'un rapport avait été
soumis au Comité national d'éthique afin d'envisager
ce type de greffes dans des cas très particuliers de
malformations, dans le cadre de traitements carcinologiques
ou, enfin, chez des sujets ayant subi des traumatismes majeurs
(brûlures, par exemple). Il semblerait que cet organisme,
sollicité pour « savoir s'il est éthiquement
convenable d'effectuer ce type d'intervention au niveau de
la face et de mettre en place les bases d'une réflexion
sur les problèmes que peuvent poser les reconstructions
de l'image du corps », soit enfin prêt à
émettre un avis.
Dissections
sur cadavres.
Pour
le Dr François Petit, membre de l'équipe de
l'hôpital Henri-Mondor, et auteur d'un article à
paraître en avril dans une revue spécialisée
de chirurgie réparatrice, « des dissections sur
cadavres sont actuellement réalisées à
but d'expérience, mais il ne faut pas pour autant conclure
que les greffes de visage pourraient être techniquement
réalisables dans les mois qui viennent. Actuellement,
nous ne disposons pas de données scientifiques qui
vont dans ce sens. En janvier 2003, une greffe mandibulaire
a été tentée mais l'os utilisé
était irradié, donc non vascularisé.
En juillet 2003, une équipe autrichienne aurait tenté
une allogreffe de langue mais aucune publication n'est venu
confirmer cette rumeur ».
Par ailleurs, la question du r&eacut | | |