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Livre d'Or.
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La
revue de Presse du deuxième trimestre 2004 -
avril, mai, juin 2004. |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde d'avril à juin 2004 :
- 24
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
Les succès de la greffe
rénale chez l'enfant
- 23
juin 2004, Réseau CHU
La greffe rénale enfin
possible aux Antilles-Guyane
- 23
juin 2004, Le Nouvel Observateur
Campagne d'information sur le don d'organes
- 22
juin 2004, Le Progrés
10 000 patients attentent une greffe
- 21
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
Donneur ou pas, il faut le
dire
- 18
juin 2004, La Voix du Nord
Ne laissez pas la décision
à vos proches : dossier greffe
- 17
juin 2004, Journal Officiel
Modification des règles de répartition et
d'attribution des greffons prélevés sur une
personne décédée en vue de transplantation
d'organes
- 17
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
Toujours plus, toujours mieux : Questions sur les greffes
de tissus composites
- 17
juin 2004, TF1
J'ai accepté de donner
les organes de ma fille décédée
- 16
juin 2004, Le Courrier du Viet Nam
Greffe rénale sur une fillette de 12 ans à
Hô Chi Minh-Ville
- 16
juin 2004, Le bien Public
Venez aider Quentin le 21 juin place Darcy
- 15
juin 2004, Journal de la Haute Marne
Chaumont - Don d'organes : une campagne pour en parler
- 11
juin 2004, Le Midi Libre
Don d'organes : paroles d'un père qui a dit oui...
- 10
juin 2004, Radio Canada
Appareils de dialyse : Baxter
International lance un avertissement
- 9
juin 2004, El Moudjahid
Conférence du recteur
de la Mosquée de Paris :
La science "doit se prémunir contre les dérapages"
- 8
juin 2004, le bien public
Beaune : Séminaire sur la transplantation
- 8
juin 2004, Le Matin
La fermeture du centre d'hémodialyse pose des problèmes
de survie aux insuffisants rénaux
- 4
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
Vers une médecine prédictive, A chaque individu
son code-barres : entretien avec le Pr Jean Dausset
- 4
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
greffes d'îlots de Langerhans
: Le premier greffé français va bien
- 2
juin 2004, AP
Biotechnologie: la Corée du Sud espère produire
en masse des organes de porc destinés à la
transplantation humaine
- 1er
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
Le point de vue de l'Unaformec
sur la prise en charge de l'IRC
- 1er
juin 2004, Le journal de Saône-et-Loire
Association " Soyons La
Vie "
3 100 euros à la recherche sur les transplantations
d'organes
- 27
mai 2004, Le Quotidien du Médecin
Une nouvelle molécule
à l'essai contre le rejet aigu
- 27
mai 2004, Le Quotidien du Médecin
Des propositions de l'Académie pour les greffes :
Elargir
le recours au donneur vivant
- 26
mai 2004, Académie de Médecine
L'Académie de médecine émet des recommandations
pour réduire la pénurie d'organes
- 25
mai 2004, Le Monde
Le retard pris dans la révision des lois de bioéthique
pourrait pénaliser les biologistes français
- 24
mai 2004, Le Quotidien du Médecin
Greffe : Un
atout, la cellule dendritique
- 24
mai 2004, Edicom
Greffe de cornée : succès d'une nouvelle technique
- 11
mai 2004, Le Quotidien du Médecin
Un greffon cardiaque change de profil antigénique
- 10
mai 2004, Ouest France
Nantes fière de sa 3
000e greffe de rein
- 8
mai 2004, La gazette des labos
LInserm et le CHU de
Nantes annoncent la 3000ème greffe de rein
- 16
avril 2004, Le Midi Libre
Dans le coeur de Sandrine bat
le bonheur de la vie
- 15
avril 2004, France - Amérique
Lavenir
des greffes dorganes
- 15
avril 2004, Le Quotidien du Médecin
Mucoviscidose
: Deux fois plus de patients en attente de greffe en 2010
- 14
avril 2004, Le Quotidien du Médecin
Les
prélèvements et les greffes en baisse en 2003
- 9
avril 2004, Libération
Greffes
: moins d'accidentés de la route, moins de donneurs
- 8
avril 2004, AFP
Greffe
d'organes: baisse de l'activité en 2003
- 8
avril 2004, Le Quotidien du Médecin
Hyperparathyroïdie
secondaire des dialysés
: un leurre pour les parathyroïdes
- 1er
avril 2004, Le Point
Greffe
: Le modèle nantais
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Les succès de la greffe rénale
chez l'enfant
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24
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
La
survie à long terme des enfants en insuffisance rénale
terminale, traités par dialyse ou transplantation rénale,
s'est nettement améliorée au cours des 4 dernières
décennies, comme l'atteste l'analyse du registre australien
et néo-zélandais : la survie est de 79 % à
10 ans et 66 % à 20 ans.
IL
Y A PLUS de 40 ans, l'insuffisance rénale terminale
(IRT) de l'enfant était invariablement fatale. L'avènement
de la dialyse et de la transplantation rénale a pu
lever cet arrêt de mort au fur et à mesure qu'un
nombre croissant d'enfants a pu bénéficier d'une
de ces deux thérapies rénales substitutives.
Aujourd'hui, beaucoup d'enfants peuvent espérer vivre
de nombreuses années.
On ne sait pas bien, cependant, quels sont les taux de survie
à long terme. L'IRT étant rare chez l'enfant
(incidence annuelle de 5 à 10 par million d'enfants),
il est difficile de suivre au long cours un grand nombre d'enfants
; le nombre de patients par centre est faible et, en grandissant,
beaucoup déménagent et sont perdus de vue.
Une étude de Mc Donald et Craig, publiée dans
le « New England Journal of Medicine » se fonde
sur le registre de dialyse et de transplantation en Australie
et Nouvelle-Zélande (Anzdata). Depuis 1963, il recueille
prospectivement chaque semestre les données de suivi
chez tous les enfants et adolescents (moins de 20 ans) traités
par dialyse ou transplantation rénale.
1
634 enfants suivis pendant 10 ans.
Leurs résultats portent sur 1 634 enfants et adolescents
suivis en moyenne pendant 10 ans (de 1 à 35 ans). Quatre-vingt-six
pour cent d'entre eux ont reçu une transplantation
rénale (n = 1 398), le plus souvent après dialyse.
Parmi les enfants de l'étude : la durée moyenne
de l'hémodialyse a été de 1,7 an, celle
de la dialyse péritonéale a été
de 1 an, et celle d'une greffe fonctionnelle a été
de 7,4 ans.
Un premier constat est la nette amélioration de la
survie des enfants. Traités dans les années
60 (1963-1973), n = 127 , la survie à 10 ans a été
de 25 % ; traités dans les années 70 (1973-1983),
n = 451, survie à 10 ans de 50 % et pour ceux traités
dans les années 80 (1983-1993), n = 545, survie à
10 ans de 79 %. Peu de changements ont été observés
depuis 1983 (1993-2002) : n = 511 ; survie à 10 ans
de 80 %. Cela tient vraisemblablement à la nature expérimentale
de la dialyse et de la transplantation au début des
années 60, puis à l'amélioration de ces
traitements.
Le deuxième constat est qu'une survie à long
terme peut être espérée pour la plupart
des enfants nécessitant une thérapie rénale
substitutive (dialyse ou transplantation), avec une survie
atteignant au moins 10 ans pour 79 % et une survie atteignant
au moins 20 ans pour 66 % d'entre eux.
Quatre
fois plus de décès avant l'âge de un an.
Deux facteurs de risque de décès ont été
identifiés :
- le jeune âge ; en particulier pour les nourrissons
âgés de moins de un an, dont le risque de décès
est 4 fois plus élevé que pour les 15 - 19 ans
;
- le traitement par dialyse ; il est associé à
4 fois plus de décès que la transplantation
rénale. Ce résultat, peut-être le plus
important, plaide pour une augmentation des taux de transplantation
rénale chez les enfants en IRT et l'effectuer le plus
tôt possible.
La transplantation demeure le principal facteur modifiable
pour améliorer la survie à long terme des enfants
et adultes en IRT, soulignent les auteurs.
Enfin, l'étude montre que, malgré l'amélioration
de la survie à long terme, les taux de mortalité
chez ces enfants restent 30 fois plus élevés
que dans la population normale. Les principales causes de
décès sont cardio-vasculaires (45 %), infectieuses
(21 %), et, pour les enfants transplantés, les affections
malignes tardives (16 %). Le futur défi, concluent
les investigateurs, est de réduire l'incidence des
affections cardio-vasculaires et malignes chez ces enfants.
>
Dr VERONIQUE NGUYEN
«
New England Journal of Medicine », 24 juin 2004, pp.
2 654 et 2 637
De
50 à 70 % de survie, à dix ans, en France
«
En France, nous arrivons actuellement, chez les enfants transplantés
rénaux, à des taux de survie, à dix ans,
de l'ordre de 50 à 70 %, rapporte le Dr Marie-France
Gagnadoux, hôpital Necker (Paris). A vingt ans, ce pourcentage
de survies passe à 25 - 30 %. » Mais, précise
la néphrologue, les traitements proposés voici
une vingtaine d'années différaient de ceux utilisés
de nos jours. Elle évoque, ici, essentiellement les
immunosuppresseurs. Ce qui lui permet d'ajouter que «
le temps limite de survie d'une greffe n'est pas connu ».
Comme dans tous les autres domaines de la transplantation,
la disponibilité d'organes constitue le principal obstacle.
Même si, il faut le savoir, les enfants de moins de
16 ans bénéficient d'une place prioritaire sur
les listes d'attente, dont ils représentent environ
2 %. Grâce à cet avantage, le délai d'attente
est passé pour eux de douze mois ou plus à moins
de six mois. En pratique, la moyenne se situe aux alentours
de trois à quatre mois.
Il faut rappeler que, en France, et contrairement à
ce qui se passe aux Etats-Unis, il n'y pas d'attitude incitative
vis-à-vis des parents pour donner un rein. Le choix
est laissé aux familles, sans négliger la nécessité
d'une compatibilité, qui n'existe pas toujours. Sur
ce point, les donneurs idéaux sont les frères
et surs. Mais, dans la situation d'une greffe pédiatrique,
ces frères et surs sont également le plus
souvent mineurs et « un donneur doit être majeur.
»
« Sur les 80 à 90 greffes rénales réalisées
chez des enfants en France, annuellement, de 10 à 15
% bénéficient d'un greffon issu d'un donneur
vivant » (environ 50 % aux Etats-Unis). La décision
du parent donneur est prise dans des conditions d'indépendance,
notamment face à une équipe médicale
non impliquée dans la transplantation.
« L'idéal est de transplanter l'enfant avant
qu'il ait à subir la dialyse, alors qu'il est au stade
d'insuffisance rénale préterminale. Nous réalisons
cet objectif chez environ 20 % de nos jeunes patients. »
Restent les difficultés techniques rencontrées
avant l'âge de deux ans. Chez ces nourrissons, des équipes
expérimentées sont nécessaires. Elles
bénéficient des améliorations réalisées
dans les techniques chirurgicales et anesthésiques.
>>>>> Dr GUY BENZADON
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La greffe rénale enfin possible
aux Antilles-Guyane
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23
juin 2004, Réseau CHU
Le
Lundi 26 Avril 2004, l'équipe de greffe rénale
"AG7RA" a été déclarée
ouverte sur le site du CHU de Pointe-à-Pitre. Cette
nouvelle équipe, qui est la première créée
en France depuis 1990, a pour mission d'offrir aux Guadeloupéens,
Martiniquais et Guyanais la meilleure méthode thérapeutique
de la maladie rénale chronique: la transplantation
rénale.
La
maladie rénale chronique est un problème majeur
de santé publique aux Caraïbes.
Le
nombre de personnes souffrant de maladies rénales (principalement
liées à l'hypertension artérielle et
au diabète) et traités par dialyse, est deux
fois plus important parmi les populations créoles et
indo-créoles que chez les européens.
Jusqu'à
ce jour, les dialysés résidant aux Antilles
et en Guyane devaient, s'ils souhaitaient être greffés,
être inscrits sur la liste d'attente d'une équipe
métropolitaine (habituellement à Paris). Or,
le nombre de greffes réalisées en Métropole
est insuffisant et défavorise depuis de nombreuses
années les malades résidant Outre-Mer. C'est
pourquoi il s'avérait indispensable de constituer une
équipe régionale qui assurerait les greffes,
éviterait, du fait de sa proximité, les déplacements
coûteux et pénibles des patients et améliorerait
les conditions de leur suivi.
Cette
étape marque l'aboutissement d'un long processus administratif
et d'un considérable travail d'organisation. Elle a
été précédée en 1994, jalon
essentiel, de la mise en place de l'activité de prélèvement
d'organes sur personne en état de mort encéphalique,
grâce à l'action sans relâche de praticiens
du CHU et au soutien des services de l'Etablissement Français
des Greffes.
A
côté de l'activité de prélèvement
s'est constituée, une équipe multidisciplinaire,
dont le noyau dur est le pôle universitaire régional
de néphrologie urologie et transplantation rénale,
qui a pour vocation de développer l'offre de soins
dans le domaine des maladies du rein et de l'appareil urinaire.
S'y est adjointe, au sein du laboratoire d'immuno-hématologie,
l'activité d'histocompatibilité d'urgence. A
un titre ou à un autre, tous les services de soins
et médico-techniques du CHU ont participé à
ce projet transversal. Enfin, un réseau de soins s'est
constitué avec les services de néphrologie,
les laboratoires et les acteurs du prélèvement
d'organe en Martinique et en Guyane.
Le
1er juin 2004, l'équipe de greffe rénale du
CHU de Pointe-à-Pitre à réalisé
dans d'excellentes conditions les deux premières transplantations
rénales.
Le
CHU de Pointe-à-Pitre a rejoint (pour le bénéfice
des malades des Départements Français d'Amérique.)
la grande aventure de la greffe, tout juste née il
y a 50 ans à Paris, à l'hôpital Necker.
" Gageons que ce moment augure le futur essor de notre
hôpital Universitaire " se réjouit Christian
Jolivière, Directeur Général du CHU.
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Campagne d'information sur le don d'organes
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23
juin 2004, Le Nouvel Observateur
L'Etablissement
français des greffes souhaite sensibiliser les Français
grace à la distribution de 8 millions de guides expliquant
le don d'organes.
Plus de 8 millions de guides expliquant le don d'organes sont
distribués mardi 22 juin en France par l'intermédiaire
des suppléments TV de 54 quotidiens régionaux
pour aider leurs lecteurs à exprimer leur choix sur
le don d'organes, a annoncé lundi l'Etablissement français
des greffes (EFG), promoteur de cette opération.
"Si la grande majorité des Français se
déclare favorable au don d'organes, ils sont en effet
bien moins nombreux à faire connaître leur position
à leurs proches alors que, selon la loi, la volonté
du défunt prime sur toutes les autres", explique
l'EFG.
Un
tiers de refus
"Faute
de connaître cette volonté, des familles se trouvent
chaque année dans la situation difficile de décider
au nom d'un proche décédé de façon
accidentelle. Une situation qui aboutit, dans un tiers des
cas, à un refus du don", constate l'EFG.
Le document distribué apporte des réponses simples
et concrètes sur cette question et incite les Français
à exprimer leur choix à leurs proches.
A la suite de la campagne d'information menée l'an
dernier, un Français sur trois déclare avoir
fait connaître sa position, selon l'Etablissement français
des Greffes. Publicité
En
2003, plus de 10.000 personnes étaient en attente d'une
greffe pour continuer à vivre ou vivre mieux. Un chiffre
qui ne cesse de croître, du fait de l'allongement de
la vie mais aussi de la pénurie d'organes disponibles.
Le greffon provient d'une personne en état de mort
encéphalique provoqué par l'arrêt définitif
du fonctionnement du cerveau à la suite, le plus souvent,
d'un accident vasculaire cérébral ou d'un traumatisme
crânien.
Chaque année, 1.000 donneurs font l'objet d'un prélèvement,
ce qui a permis de transplanter plus de 3.400 personnes mais
en a aussi laissé plus de 6.500 en liste d'attente.
Et près de 250 autres malades sont morts, faute d'avoir
pu bénéficier d'un organe.
1.119
prélèvements en 2003
En
2003, 1.119 prélèvements ont permis 283 greffes
de coeur, 16 de coeur et poumons, 76 de poumons seuls, 833
de foie, 2.127 de rein, 70 de pancréas et 5 d'intestin,
soit un total de 3.410 transplantations.
Le taux de survie des greffés au bout de cinq ans est
de 80% pour les reins, de 67% pour les foies et de 60% pour
les coeurs.
Les malades devant recevoir une greffe sont inscrits sur une
liste nationale d'attente.
La durée dépend du nombre de greffons disponibles
et du nombre de malades inscrits, ainsi que de facteurs biologiques
de compatibilité : groupe sanguin ou tissulaire.
Actuellement, en France, le délai d'attente varie,
selon l'organe, de plusieurs mois à plusieurs années.
Une priorité est prévue pour les patients atteints
d'une défaillance aiguë conduisant à une
mort rapide, ainsi que pour les enfants.
Le prélèvement ne connaît pas de limite
d'âge mais la qualité des organes est prise en
compte : ainsi, un coeur peut rarement être prélevé
après 60 ans, mais des reins peuvent l'être bien
au-delà de cet âge.
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10
000 patients attentent une greffe
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22
juin 2004, Le Progrés
Le
refus des familles n'explique pas à lui seul la pénurie.
Les mesures réprimant les infractions routières
ont permis de réduire le nombre de morts qui représentaient
la majorité des donneurs potentiels. La loi est favorable
au don, toute personne qui n'a pas exprimé d'opposition
peut être prélevée.
Plus
de huit millions de personnes ont trouvé dimanche dans
le supplément TV de leur quotidien régional
un guide de huit pages intitulé : " don d'organes
: donneur ou pas, je dois le dire à mes proches ".
Un document distribué aussi samedi dans certains centres
commerciaux et disponible dans plus de 240 hôpitaux
(1). L'objectif de cette initiative de l'Établissement
français des greffes (EFG) est d'inciter les Français
à réfléchir et surtout à donner
leur avis sur cette question avant leur décès.
Dans un tiers des cas en effet, les familles s'opposent au
prélèvement des organes, et même si ce
refus n'est pas motivé, il est toujours respecté.
La loi est favorable au don d'organes puisque toute personne
qui n'a pas exprimé d'opposition de son vivant peut
être prélevée. L'opinion publique l'est
tout autant puisque le sondage effectué en juillet
2003 par Louis Harris pour l'EFG montre que 87 % des Français
se déclarent pour, même s'ils ne sont plus que
69 % à être d'accord pour eux-mêmes et
60 % pour l'un de leurs proches. Mais 56 % d'entre eux reconnaissent
qu'ils n'ont pas informé leur entourage de leur position.
Résultat : plus de 10 000 patients sont actuellement
en attente d'une greffe alors que le nombre de transplantations
a baissé de 6 % en France entre 2002 et 2003. Plus
de 3 400 personnes ont été greffées l'année
dernière, mais 6 500 n'ont pas bénéficié
de cette intervention et 250 sont décédées,
faute de greffon.
Le refus des familles n'explique pas à lui seul cette
baisse. Les campagnes de prévention routière
et le renforcement des mesures réprimant les infractions
ont permis de réduire le nombre de morts par accident
de la circulation, qui représentaient la majorité
des donneurs potentiels. De plus, que ce soit à la
suite de décès brutaux ou par maladie, les organes
ne sont pas toujours de bonne qualité. On estime que
50 % environ des corps ne sont pas "utilisables"
et l'opposition des proches d'un défunt ne s'applique
donc qu'aux 50 % restants.
Un
nombre insuffisant d'équipes hospitalières
Enfin, si depuis le plan greffes lancé par Martine
Aubry en 200O, le nombre de postes hospitaliers réservés
au prélèvement et à la greffe a été
augmenté de 120, il demeure insuffisant. Le prélèvement
d'organes constitue une véritable intervention chirurgicale
qui requiert une équipe disponible et compétente,
agissant avec respect : le corps doit être restitué
à la famille dans son intégrité, c'est-à-dire
que les éléments manquants doivent par exemple
être remplacés par une prothèse.
C. C.
(1) On peut se le procurer en téléphonant au
numéro vert 0.800.20.22.24. Il est également
téléchargeable depuis le site de l'EFG www.efg.sante.fr
Roulez
pour la vie avec les motards
Une
trentaine de " motards en colère ",autour
de leur responsable Antoine Staffelli, se sont rassemblés,
samedi à Lons-le-Saunier, sur la place de la Liberté
en présence de Pierre Noir, président d'Adot
39, pour une opération de sensibilisation au don d'organes.
" Roulez pour la vie " était le thème
de l'opération.
Les motards prenaient ensuite le départ d'un circuit
les emmenant à Saint Lothain, Poligny, Arbois, Salins-les-Bains,
Champagnole avec retour sur la cité préfectorale.
A chaque arrêt un accueil était prévu
avec distribution de dépliants et de documents rappelant
que le don d'organes popularisé par France Adot depuis
35 ans est fait pour sauver des vies. Au 1er janvier 2OO4,
6592 malades se trouvaient en liste d'attente ; 252 sont décédés
en 2OO3 fautes d'organes. " L'idée du don d'organes
a encore besoin d'être développée.
Ensemble il nous faut continuer à mobiliser le grand
public... " indique Pierre Noir. Ce dernier a trouvé
avec " les motards en colère " un partenaire
de choix pour cette belle action.
François Tonnerre
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Donneur ou pas, il faut le dire
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21
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
L'EFG
organise, le 22 juin, la 4e Journée nationale de réflexion
sur le don d'organes et la greffe. Afin de faire baisser le
taux de refus, l'EFG veut inciter le public à exprimer
un choix.
CETTE
ANNÉE encore, l'Etablissement français des greffes
(EFG) dédie la journée de réflexion du
22 juin à l'expression de la position de chacun, pour
ou contre le don.
Si près de 70 % des Français se déclarent
favorables au don de leurs propres organes (enquête
Louis Harris, juillet 2003), ils sont beaucoup moins nombreux
à faire connaître leur position à leurs
proches : 56 % des personnes interrogées ayant pris
position en faveur du don de leurs organes disent ne pas en
avoir informé leurs proches, généralement
faute d'y avoir pensé.
Le prélèvement d'organes dépend de la
volonté du défunt, que le médecin et
l'infirmière de coordination des prélèvements
sont chargés de recueillir auprès des familles
endeuillées. Certaines familles acceptent ou s'opposent
au prélèvement en connaissance de cause. Mais
le refus (le taux de refus du don d'organes tourne toujours
autour de 32 %) résulte trop souvent de la méconnaissance
du souhait du défunt. En 2003, plus de 10 770 malades
ont eu besoin d'une greffe d'organes. Seulement 3 410 ont
été greffés, tandis que 250 malades sont
décédés.
Un
guide à 8 millions d'exemplaires.
L'EFG lance une grande campagne d'information, le 22 juin,
avec la diffusion d'un guide de 8 pages dans le supplément
télévision de 54 quotidiens régionaux
et nationaux présentant les programmes de la semaine
du 20 au 26 juin. Au total, plus de 8 millions de foyers français
sont visés.
Le guide, qui est également disponible au Numéro
Vert 0800.20.22.24 et téléchargeable depuis
le site www.efg.sante.fr, répond de façon simple
et concrète à toutes les questions relatives
au don d'organes : quels organes greffe-t-on ? Que dit la
loi ? Existe-t-il une limite d'âge pour être donneur
?
Le guide comprend par ailleurs la carte de donneur pour les
personnes favorables au don de leurs organes et le formulaire
d'inscription au registre national des refus pour ceux qui
s'y opposent. Ce guide sera proposé dans plus de 240
hôpitaux, et distribué dans de nombreux centres
commerciaux par les bénévoles des associations
en faveur de la greffe.
Pour la première fois, La Poste s'associe à
la campagne sur le don d'organes avec l'émission d'un
nouveau timbre. Ce timbre en couleur a été réalisé
par Hervé Di Rosa. L'artiste, qui a déjà
abordé le thème du corps, de l'anatomie et des
organes, a souhaité, pour réaliser cette uvre
originale, rencontrer des professionnels du prélèvement
et de la greffe. Le lancement officiel du timbre aura lieu
le 22 juin, à Paris et à Marseille, lors d'une
opération " premier jour ". A Paris, la vente
anticipée du timbre se déroulera au sein du
groupe hospitalier Cochin-Saint-Vincent-de-Paul. A Marseille,
La Poste installera un bureau de poste temporaire dans le
hall d'accueil de l'hôpital de La Timone. Le timbre
sera disponible, en tirage limité, à partir
du 23 juin, dans tous les bureaux de poste et sur Internet
(www.laposte.fr/philatélie).
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Ne laissez pas la décision à
vos proches : dossier greffe
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18
juin 2004, La Voix du Nord
LE
don d'organes, c'est une belle façon de faire en sorte
qu'au-delà d'un drame la solidarité l'emporte.
Ce sentiment, une grande partie des Français le partagent:
70% se déclarent en faveur d'un prélèvement
après leur décès. Le problème,
c'est que leurs proches ne le savent pas toujours, parce que
ce choix n'a pas été exprimé clairement.
Et donc, faute de savoir, entre 30 et 50% des familles confrontées
à un deuil subit opposent un refus. Un choix légitime
et que les médecins perçoivent avec respect,
mais qui ne s'explique le plus souvent que par une méconnaissance.
Méconnaissance
"Quand
on approfondit, on s'aperçoit qu'il n'y a que 10% de
refus dogmatiques", explique le Pr François-René
Pruvot (service de chirurgie digestive et de transplantation
du CHRU de Lille). Le front du refus n'existe pas. "Si
nous n'étions pas confrontés à cette
méconnaissance, nous pourrions doubler le nombre de
greffes que nous pratiquons, et sauver davantage de vies ",
ajoute le Pr Christian Noël, coordinateur à la
clinique de néphrologie du CHRU.
Responsable du centre régional de l'Établissement
français des greffes (qui rayonne jusqu'à la
Haute-Normandie), le docteur Benoît Averland confirme
le message: "Ce qu'il faut, c'est avant tout éviter
de mettre ses proches dans l'embarras. Quand les équipes
de coordination rencontrent les familles à la suite
d'un décès, elles ne leur demandent pas si elles
acceptent le prélèvement ou pas. Ce qu'elles
cherchent à savoir, c'est si la personne en avait parlé,
et ce qu'elle aurait répondu. C'est déjà
un moment difficile pour les familles épuisées
par le deuil et une douleur intense: c'est l'intérêt
de tous d'en parler avant."
L'activité "greffe" est importante dans notre
région, et elle se pratique autour de grandes équipes
du CHRU de Lille comme celles du Pr Christian Noël (pour
l'insuffisance rénale), du Pr Pruvot (foie notamment),
du Pr Pattou (cellules du pancréas) et des professeurs
Warembourg et Pratte (coeur).
"Il faut le dire, ça marche bien, c'est d'ailleurs
l'activité thérapeutique la plus encadrée
en médecine", explique Benoît AverlandDe
fait, elle offre selon les cas l'espoir d'une survie ou simplement
d'une vie un peu plus normale à des personnes soumises
à des traitements lourds comme les insuffisants rénaux
terminaux: les séances de dialyse, trois à quatre
fois par semaine à raison de trois ou quatre heures
perturbent évidemment la vie de tous les jours.
150
greffes par an dans la région
Une
centaine de greffes du rein sont réalisées dans
la région chaque année et dans la quasi-totalité
des cas, elles sont possibles parce que des prélèvements
ont pu y être opérés, au CHRU, mais aussi
dans l'un des douze hôpitaux du Nord - Pas-de-Calais
habilités. Une sorte de principe de préférence
régionale fait que la solidarité des habitants
du Nord - Pas-de-Calais bénéficie d'abord à
sa population, ce qui explique que le délai d'attente
y est d'un peu moins de huit mois en moyenne contre 26 mois
en région parisienne.
Outre les îlots de pancréas et les cornées,
l'éventail des transplantations se concentre surtout
désormais à Lille sur les greffes de foie (une
quarantaine par an) et les greffes de coeur (15).
"La greffe, c'est efficace, confirme le Pr François-René
Pruvot, puisqu'elle permet à des patients de survivre:
dans 8 cas sur 10 pour la greffe du foie et dans 6 cas sur
10 pour une greffe de coeur." Par contre, les greffons
ne sont pas éternels: pour la moitié des patients,
la durée est de dix ans pour un rein en moyenne, mais
certains malades se portent très bien avec un rein
greffé depuis plus de vingt ans.
Selon les derniers chiffres connus pour la région,
six personnes sont en attente d'une greffe de coeur, 10 d'une
greffe de foie (avec un délai d'attente de deux mois
et demi, ce qui peut être vital), 2 pour les îlots
de pancréas et 117 pour une greffe de rein, dont deux
enfants.
L'information
Nombreuses initiatives pour bien comprendre et aider à
se déterminer dans le Nord - Pas-de-Calais
ORGANISÉE
depuis quelques années, la journée nationale
de "réflexion sur le don d'organes et la greffe"
est fixée au 22 juin.
Dans la région, il a paru opportun d'avancer la date
au 19, afin de mieux diffuser ce message, et cette année,
l'opération va prendre un relief particulier dans le
Nord - Pas-de-Calais, grâce au soutien de nombreux partenaires
et à des bénévoles.
L'ensemble des actions menées à cette occasion
bénéficie du label de l'Agence régionale
de l'hospitalisation et du soutien de son directeur, Jean-Marie
Paulot.
"Nous savons que trop de familles ne savent pas comment
réagir au moment d'un décès même
si, en théorie, celui qui ne s'oppose pas à
un prélèvement est censé accepter. Le
message délivré est important: quand on en parle
avant, on libère sa famille dans une circonstance difficile
", explique Bernard Delaeter, secrétaire général
de l'ARH.
En partenariat avec l'Établissement français
des greffes, La Voix du Nord et Nord-Eclair proposent à
leurs lecteurs, dans le TV Magazine qui accompagne l'édition
de ce jour, un guide de 8 pages intitulé "Don
d'organes. Donneur ou pas, pourquoi je dois le dire à
mes proches".
Ce document apportera des réponses simples et incitera
ses lecteurs à exprimer leur choix à leurs proches.
L'opération est sans précédent et elle
réunit 54 titres de la presse quotidienne régionale
et nationale française. Huit millions de guides vont
ainsi être diffusés.
Au
supermarché
En
faisant leurs courses, demain dans un centre commercial de
la région, les consommateurs ont de fortes chances
de pouvoir se procurer le guide-information. Grâce à
la collaboration du Pôle distribution du centre national
des centres commerciaux, des espaces consacrés à
cette journée de réflexion autour du don d'organes
et de la greffe vont être installés dans les
galeries marchandes de 41 centres commerciaux. Les stands
seront repérables par de multiples affiches.
Participent à l'opération:
- Les centres Auchan d'Arras, Roncq, Lens, Grande-Synthe,
Petite-Forêt, Faches-Thumesnil, Cambrai, Noyelles-Godault,
Leers, Calais, Amiens, Saint-Quentin, Longuenesse, V2 (Villeneuve-d'Ascq),
Louvroil.
- Les centres Carrefour de Douai, Liévin, Wasquehal,
Valenciennes, Maubeuge, Saint-Pol, Armentières, Auchy,
Hazebrouck, Coquelles, Condé, Aire-sur-la-Lys, Calais,
Saint-Martin-au-Laërt, Denain, Euralille.
- Les centres Cora de Wattignies, Dunkerque, Cambrai, Lens,
Courrières, Flers (Villeneuve-d'Ascq).
- Le centre Leclerc d'Outreau, le Géant Casino de Roubaix,
la Galerie des Tanneurs à Lille, les commerçants
du centre de Lille (espace à l'angle des rues de Béthune
et rue Neuve).
Les stands que l'on pourra visiter vont bénéficier
de la collaboration de deux grandes associations: l'ADOT,
association pour le don d'organes et des tissus, qui milite
pour le respect de l'éthique (anonymat, gratuité,
volontariat) et la Fédération nationale des
insuffisants rénaux.
Participeront
également à la tenue des stands, des personnes
greffées, des membres des 67 clubs du Rotary International
des districts 1520 et 1670, fédérés à
l'initiative de Jacques Ménard, des élèves
d'écoles d'infirmières ainsi que des médecins
retraités.
La mutuelle des hospitaliers et la mutuelle générale
de l'industrie du pétrole diffuseront aussi le document.
La Poste a également décidé d'apporter
son appui à cette 4e journée nationale en lançant
un timbre "don d'organes" créé par
l'artiste Hervé Di Rosa (premier jour à Paris
et Marseille le 22). Ce timbre sera en vente dans les bureaux
de poste de la région à partir du 23juin.
Il
n'y a pas d'âge (ou presque
)
Contrairement à ce qu'on croit souvent, il n'est pas
nécessaire d'être jeune pour donner ses organes
ni même pour être greffé. La moyenne d'âge
des donneurs (45 ans environ) a ainsi grimpé de cinq
ans depuis 1999. "On peut donner des organes à
70 ans et être greffé à cet âge,
les Anglais appellent cela "old for old", commente
le professeur Pruvot. Les indications principales à
un âge plus avancé concernent essentiellement
le rein et le foie.
Progrès de la médecine aidant, l'horizon de
la greffe s'élargit et se modifie: "Nous discutons
aujourd'hui de greffes de foie pour des éthyliques
chroniques, nous n'y aurions jamais songé il y a une
dizaine d'années", explique le Pr Christian Noël
(CHRU de Lille). "Ces malades constituent d'excellentes
indications à condition de traiter bien sûr par
ailleurs tous les aspects sociaux et économiques",
explique-t-il.
La demande a tendance à augmenter pour les greffes
de rein et de foie. Par contre, les greffes cardiaques restent
en nombre limité, notamment grâce aux progrès
de traitements de substitution. Mais la région ne brille
pas par le nombre des prélèvements, d'autres
la devancent.
24heures pour agir
On imagine souvent que la plupart des prélèvements
s'opèrent sur des victimes de la route. Ce n'est plus
vrai aujourd'hui. Ils ne représentent plus que 13%
des cas. En partie sans doute parce que depuis quelques années
la sécurité routière s'est améliorée.
Les personnes victimes d'un accident vasculaire cérébral
constituent souvent des donneurs potentiels. Et là
aussi, cela peut arriver à tout le monde.
Au CHRU de Lille comme dans les douze hôpitaux habilités
de la région, la sensibilisation au prélèvement
est désormais une règle. "L'attente des
patients devient plus forte: pour certains dialysés,
il arrive un moment où la greffe devient indispensable",
explique Bernard Delaeter, secrétaire général
de l'Agence régionale d'hospitalisation.
Mais c'est aussi une course contre la montre qui s'engage.
"Nous disposons de 4heures entre le prélèvement
et la greffe pour le coeur, 12 heures pour le foie, 24heures
pour un rein", explique le Pr Pruvot. Or, ces interventions
sont imprévisibles: la moitié des greffes de
rein et les deux tiers des greffes de foie sont d'ailleurs
pratiquées la nuit ou le week-end.
Des contrôles drastiques
Les hôpitaux de la région travaillent en réseau
au sein de l'Organisation régionale des prélèvements,
une structure créée par la DRASS (direction
régionale des affaires sanitaires et sociales). Au
sein de chaque hôpital, un médecin coordinateur
et une infirmière ont pour mission de repérer
les cas possibles de dons d'organes et d'engager le processus
menant au prélèvement. Il faut naturellement
avoir la certitude de la mort encéphalique.
En France, la loi a prévu un luxe de précautions
à ce propos : il faut pratiquer deux électroencéphalogrammes
à 4 heures d'intervalle ou une artériographie
cérébrale. Deux médecins de deux services
différents doivent les vérifier. C'est alors
seulement qu'une rencontre s'organise avec la famille et qu'une
vérification est faite en direction du registre national
du refus à Marseille. Toute personne peut lui faire
savoir qu'elle s'oppose au prélèvement, les
formulaires se trouvent dans de nombreuses pharmacies. Le
plus âgé actuellement a 104 ans!
Ensuite, les médecins vérifient le bon état
de l'organe prélevé et organisent la sécurité
sanitaire (dépistage des infections potentielles).
Cela suppose toute une série d'examens biologiques
réalisés au CHRU de Lille: de Maubeuge à
Lille, les tubes de sang sont transportés en ambulance.
Ce n'est qu'ensuite que la décision peut être
prise.
Transparence
Les délais d'attente sont variables selon les régions
et selon les cas, y compris pour un même organe: "Ils
peuvent varier de six mois pour un groupe sanguin A à
deux ans pour un groupe 0", explique le Pr Pruvot. L'une
des régions où l'on attend le moins, c'est la
nôtre, notamment parce que la demande de soins y reste
moins forte qu'ailleurs.
L'Espagne est le pays européen où le don est
le plus répandu. On y prélève depuis
longtemps au-delà de l'âge de 60 ans.
En France, la transparence est de mise pour la liste nationale
d'attente: chaque médecin a la possibilité de
la consulter, de même que les députés
et le ministre de la Santé qui peut connaître
la situation en temps réel.
Rappelons qu'en France le don est gratuit et toujours anonyme.
Quelques chiffres
En France, en 2003, plus de 10000 personnes ont eu besoin
d'une greffe d'organe. 3410 patients en ont bénéficié.
6592 restent en attente d'une greffe: les chiffres semblent
plus imposants que pour notre région, mais l'attirance
pour la capitale expliquerait en partie une forte concentration
de demandes sur la région parisienne.
L'an dernier, 252 personnes sont décédées
faute de greffon disponible.
Témoignage
Lina Krol a été confrontée à la
question du don d'organes lors de la mort brutale de son mari
"Jean a permis de sauver cinq personnes"
SI
Lina Krol accepte de livrer son témoignage sur un sujet
aussi délicat et douloureux, c'est avec l'espoir de
convaincre, pour que demain, le principe du don d'organes
suscite moins de refus et de réticence.
Dans sa maison, près d'Arras, les photos de son mari,
Jean, sont très présentes. Un beau dimanche
d'été, Jean est parti comme chaque jour faire
un grand tour à vélo. Quatre-vingts kilomètres
ne faisaient pas peur à ce jeune retraité de
63 ans, très sportif. Il a été fauché
sur la route du retour, à 800 mètres de chez
lui, par une voiture folle.
Lina se souvient: la camionnette des gendarmes qui viennent
la prévenir de l'accident, le transfert à l'hôpital
d'Arras puis, dans la soirée, au CHR de Lille. Opéré,
Jean n'est jamais sorti du coma. Il a survécu neuf
jours avant d'être déclaré "mort
cliniquement". Les médecins avaient préparé
Lina à cette fin douloureuse.
Accord
familial
Quand
ils ont souhaité la revoir, rapidement après
le décès, pour aborder avec elle la question
du don d'organes, elle n'a pas vraiment été
surprise.
"J'avais deviné leur demande, j'ai tout de suite
donné mon accord, chez nous la mort n'était
pas un sujet tabou. Avec Jean, on avait parlé du don
d'organes, de l'incinération, on était sur la
même longueur d'onde, je me suis dit
si au moins
sa mort peut servir à d'autres."
La décision a fait l'objet d'un accord dans la famille.
Son fils, sa belle-fille, l'ont approuvée. Aujourd'hui,
tous ont avec leurs papiers d'identité la petite carte
de l'Établissement français des greffes qui
signale leur qualité de donneur potentiel.
Avec deux ans de recul, Lina ne regrette rien. Les rares personnes
qui ont osé lui reprocher son attitude, elle ne les
voit plus.
"Jean a sauvé cinq personnes", résume
cette femme de caractère et de conviction.
Les reins, le foie, les cornées (pour lesquelles il
a fallu signer une autorisation spéciale) ont été
prélevés sur le corps du défunt.
"Les proches d'une victime hésitent parfois, ils
s'imaginent qu'ils vont récupérer un corps mutilé,
c'est absolument faux, on vous rend l'être cher comme
endormi, le corps est intact", souligne Lina Krol.
Régulièrement, elle est en contact avec le service
lillois chargé d'organiser les greffes. L'anonymat
interdit aux familles des donneurs et des receveurs de se
connaître, mais un service assure un lien pour ceux
qui le souhaitent.
Pas
mort pour rien
"Tous
les deux mois, je prends des nouvelles, je demande si les
greffés ont une vie normale, quand on m'a dit que toutes
les greffes avaient réussi et que les gens étaient
en bonne santé, j'étais contente. Je me dis
que mon mari vit quelque part, finalement, ça m'aide
à passer le cap du deuil", confie Lina Krol.
"Jean est quelque part, il n'est pas mort pour rien,
finalement je m'en serais voulu si j'avais refusé le
don d'organes, même si le moment où l'on signe
n'est pas si facile", ajoute encore cette dame qui trouve
des accents militants pour mieux convaincre.
Elle parle de l'angoisse des malades en attente d'une greffe,
de la nécessité de se mettre à la place
des autres. Elle ajoute que ce sujet, il faudrait peut-être
l'aborder dès l'école. En évoquant les
souvenirs de 41 ans d'une vie commune heureuse, elle conclut:
"Se dire que Jean a sauvé des vies, c'est presque
un soulagement."
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Modification des règles de
répartition et d'attribution des greffons prélevés
sur une personne décédée en vue de transplantation
d'organes
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17
juin 2004, Journal Officiel
Arrêté
du 2 juin 2004 modifiant l'arrêté du 6 novembre
1996 modifié portant homologation des règles
de répartition et d'attribution des greffons prélevés
sur une personne décédée en vue de transplantation
d'organes
Article
1
Les règles de répartition et d'attribution des
greffons prélevés sur une personne décédée
en vue de transplantation d'organes annexées à
l'arrêté du 6 novembre 1996 susvisé sont
modifiées comme suit :
1°
Le 1 du point III relatif à la greffe simultanée
de deux organes différents est complété
par un paragraphe 1-5 ainsi rédigé :
«
1.5. Pour les malades en attente de greffes simultanées
dont l'une est le rein et l'autre un organe vital (coeur-poumons,
poumons, coeur, foie), toute demande d'inscription dans une
catégorie prioritaire ou dérogatoire conduit
l'Etablissement français des greffes à recourir
à un groupe d'experts issu des collèges d'experts
adéquats. »
2°
Le 2 du point III relatif aux greffons cardiaques, pulmonaires
et cardio-pulmonaires est ainsi rédigé :
«
2. Greffons cardiaques, pulmonaires et cardio-pulmonaires.
2.1.
Les malades dont la vie est menacée à très
court terme sont prioritaires à l'échelon national.
La possibilité d'inscription dans cette catégorie
prioritaire est offerte selon des modalités définies
par l'Etablissement français des greffes qui comportent
le recours au collège d'experts. Pour ces malades une
dérogation à la règle décrite
au point II.10 est possible selon des modalités définies
par l'Etablissement français des greffes qui comportent
le recours au collège d'experts.
2.2.
Une règle d'attribution prioritaire des greffons cardiaques,
pulmonaires ou cardio-pulmonaires à l'échelon
interrégional, pour des malades dont la vie est menacée
à très court terme, doit être approuvée
par l'Etablissement français des greffes. Pour ces
malades, une dérogation à la règle décrite
au point II.10 est possible, selon des modalités définies
par l'Etablissement français des greffes qui comportent
le recours au collège d'experts.
2.3.
Pour les malades pour lesquels la probabilité d'accès
à un greffon apparié est faible, une dérogation
à la règle décrite au point II.10 est
possible, selon des modalités définies par l'Etablissement
français des greffes qui comportent le recours au collège
d'experts.
2.4.
Une priorité à l'échelon interrégional
pour certains malades en attente de greffe cardiopulmonaire
doit être approuvée par l'Etablissement français
des greffes après recours au collège d'experts.
2.5.
Si le coeur et les poumons ne trouvent pas de receveur à
l'échelon local, ils sont proposés aux autres
équipes de l'interrégion avec une priorité
pour le bloc coeur-poumons. En l'absence d'acceptation du
coeur et des poumons dans l'interrégion, ils sont proposés
à l'échelon national avec priorité pour
le bloc coeur-poumons.
2.6.
En dehors des priorités définies ci-dessus,
si un greffon cardiaque ou pulmonaire ne trouve pas de receveur
à l'échelon local, les autres équipes
de l'interrégion sont appelées à tour
de rôle. Si un greffon cardiaque ou pulmonaire ne trouve
pas de receveur dans l'interrégion, les autres interrégions
sont appelées à tour de rôle. »
3°
Le 3 du point III relatif aux greffons hépatiques est
ainsi modifié :
a)
L'alinéa 3.4 devient l'alinéa 3.5.
b)
L'alinéa 3.4 est ainsi rédigé : «
Pour les malades pour lesquels la probabilité d'accès
à un greffon apparié est faible, une dérogation
à la règle décrite au point II.10 est
possible, selon des modalités définies par l'Etablissement
français des greffes qui comportent le recours au collège
d'experts. »
4°
Le 4 du point III relatif aux greffons rénaux est ainsi
rédigé
«
4. Greffons rénaux.
4.1.
Ceux-ci sont proposés en fonction des priorités
successives suivantes :
4.1.1.
En cas d'urgence, le malade peut bénéficier
d'une priorité nationale selon des modalités
définies par l'Etablissement français des greffes
qui comportent un recours au collège d'experts.
4.1.2.
Les patients dont la probabilité d'obtenir un greffon
apparié est très faible sont prioritaires à
l'échelon national ou à l'échelon interrégional.
Les différentes catégories de malades prioritaires
sont définies par l'Etablissement français des
greffes. L'inscription des malades dans une catégorie
prioritaire s'effectue selon des modalités pouvant
comporter le recours au collège d'experts. Chez les
patients prioritaires, il est possible de déroger à
la règle décrite au point II.10.
4.1.3.
Les enfants de moins de seize ans sont prioritaires à
l'échelon national pour les greffons prélevés
chez les donneurs de moins de seize ans et à l'échelon
interrégional pour les greffons prélevés
chez les donneurs de moins de trente ans.
4.2.
En dehors de ces priorités, le greffon est proposé
successivement à l'échelon local puis à
l'échelon interrégional selon des modalités
approuvées par l'Etablissement français des
greffes. Les greffons non utilisés à l'échelon
interrégional sont proposés à l'échelon
national selon des modalités définies par l'Etablissement
français des greffes et tenant compte de l'ancienneté
d'inscription sur la liste d'attente et du degré de
compatibilité HLA.
4.3.
Pour les malades ne relevant pas d'une des catégories
prioritaires du point 4.1 mais pour lesquels la probabilité
d'accès à un greffon apparié est très
faible, une dérogation à la règle décrite
au point II-10 est possible selon des modalités définies
par l'Etablissement français des greffes qui comportent
le recours au collège d'experts. »
Article
2
Le
directeur général de la santé et le directeur
de l'Etablissement français des greffes sont chargés,
chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent
arrêté, qui sera publié au Journal officiel
de la République française.
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Toujours plus, toujours mieux : Questions
sur les greffes de tissus composites
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17
juin 2004, Le Quotidien du Médecin
LA MEDECINE peut-elle aussi être tentée par l'exploit
et la recherche de prouesses techniques et/ou thérapeutiques.
Exploits des techniques thérapeutiques médicales
ou chirurgicales, mais aussi exploit concernant la recherche
médicale. Mais soins et recherche doivent être
soigneusement distingués. A-t-on le droit de limiter
la recherche scientifique au nom d'une performance à
venir critiquable ? ", s'interroge le Comité consultatif
national d'éthique (Ccne) dans le chapitre consacré
à la santé dans son avis sur la performance.
Pour illustrer ce propos, les experts ont choisi de s'interroger
sur le bien-fondé des expériences de greffes
de tissus composites. Ces interventions constituent un bénéfice
incontestable dans le domaine de la recherche sur l'immunotolérance
d'un grand nombre de tissus (tendons, peau, cartilages, os,
etc.). Pour le Ccne, " la question de la greffe de la
main, du bras, de la jambe, voire de la face, pose toutefois
des questions particulières. Certes, le désir
de retrouver une fonction corporelle, la mobilisation d'équipes
de qualité, le développement de la recherche
en amont et en aval plaident en faveur de ce type d'activité.
Elles n'en suscitent pas moins de sérieuses interrogations
". Le désir du patient de retrouver son intégrité,
s'il est légitime, doit s'accompagner d'une information
sur la nature et les risques inhérents au traitement
immunosuppresseur qui reste indispensable. L'une des autres
questions qui se posent tient à l'intérêt
d'une performance thérapeutique dont les retombées
naturelles en matière de connaissances sont importantes
(pour les greffes de peau chez les brûlés, les
connaissances sur la physiologie de la régénération
nerveuse), mais dont les applications dans la vie quotidienne
restent limitées. Enfin, les conséquences de
l'implication des tiers doivent aussi être prises en
considération. En effet, le risque de curiosité
morbide et la recherche d'un contact entre la famille du donneur
et le receveur ne peuvent être exclus. En outre, en
raison du symbolisme social attaché aux mains, la question
du consentement implicite ou explicite du donneur peut se
poser. Pour le Ccne, " il conviendrait d'intégrer
cette dimension dans les questionnaires des éventuels
futurs donneurs ".
Le
corps indéfiniment réparable ?
Pour conclure, les experts du Ccne soulignent que " la
greffe des tissus composites pose la question du corps humain
comme indéfiniment réparable (...) L'éthique
est là aussi pour dire que la vie n'est pas uniquement
la fonction (...) et que le respect de soi est inséparable
du respect dû à autrui, à son corps, à
son intégrité et à son unicité
".
Parfois critiquée pour les risques pris, l'équipe,
réunie autour du Pr Jean-Michel Dubernard, qui a réalisé
la première double allogreffe de main au monde ne regrette
rien. La réussite de l'opération subie par Denis
Chatelier, lourdement handicapé par l'amputation des
deux mains en 1996, a été confirmée et
plus d'une dizaine d'équipes dans le monde pratiquent
ce type de transplantations. " La greffe de rein non
plus n'est pas vitale, puisque les patients peuvent être
dialysés, rappelait un spécialiste en immunologie.
On peut donc mettre les greffes de tissus composites sur le
même plan que les greffes rénales. "
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J'ai accepté de donner les organes
de ma fille décédée
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17
juin 2004, TF1
Virginie
a 29 ans quand elle meurt dans les bras de sa maman d'une
rupture d'anévrisme. Bien que le sujet n'ait jamais
été abordé dans la famille et malgré
la terrible douleur, Christiane accepte sans hésitation
de donner les organes de sa fille. Découvrez le témoignage
émouvant d'une femme qui a choisi aujourd'hui de sensibiliser
le public à ce sujet encore tabou.
Une mort brutale
Virginie et sa maman Christiane sont chez leur avocat pour
parler de l'entreprise familiale, quand tout à coup
la jeune femme se lève brutalement en disant qu'elle
ne se sent pas bien. " Elle a crié " ma tête
" et s'est jetée en arrière. Je l'appelais,
je lui demandais si ça allait, elle me disait que oui,
mais j'ai senti immédiatement que je la perdais ",
se souvient Christiane. Devant la gravité de l'&e | | |