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La revue de Presse du quatrième trimestre 2004 -
octobre, novembre, décembre 2004. |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde d'octobre à décembre 2004 :
- 22
décembre 2004, Le Figaro
L'histoire méconnue de la greffe du rein
- 22
décembre 2004, Le Figaro
Le pari gagné des frères Herrick et du
docteur Murray
- 21
décembre 2004, Le Nouvel Observateur
Il y a 50 ans : la première greffe d'organe
- 8
décembre 2004, Canadian Press
Une greffe sans précédent à Taiwan
- 6
décembre 2004, Le Quotidien du Médecin
Les relations du médecin généraliste
avec l'entourage de ses patients : Quelles conséquences
pour l'entourage du patient ?
- 6
décembre 2004, Le Quotidien du Médecin
Les relations du médecin généraliste
avec l'entourage de ses patients : Rendre compatible la
maladie et l'évasion
- 3
décembre 2004, EfG
Lancement du projet européen ALLIANCE-O : Pour
la première fois, 7 pays d'Europe s'associent pour
lutter contre la pénurie d'organes
- 2
décembre 2004, Le Quotidien du Médecin
La dialyse à domicile a de l'avenir
- 26
novembre 2004, EfG
Greffe de moelle osseuse : Un plan pour trouver 100000
donneurs
- 26
novembre 2004, EfG
Quelles perspectives pour la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire
en France ?
- 25
novembre 2004, Libération
C'est greffe, docteur?
- 23
novembre 2004, Clinacoo
Course contre la montre pour un rein
- 16
novembre 2004, EfG
Réponse aux propos du Pr Didier Sicard
- 16
novembre 2004, Le Figaro
La commercialisation du corps, un phénomène
irréversible
- 13
novembre 2004,
Le Monde
peine
convalescent, Jonah Lomu rêve toujours à la
Coupe du monde 2007
- 10
novembre
2004, La Libre Belgique
La transplantation rénale à tout âge
- 30
octobre 2004, Anaes
Prélèvement du rein sur donneur vivant
: coelioscopie versus chirurgie « à ciel ouvert
»
- 27
octobre 2004, Anaes
Insuffisance rénale chronique : moyens thérapeutiques
pour en ralentir la progression
- 22
octobre 2004, La Tribune (Québec)
Des
donneurs vivants honorés
- 21
octobre 2004, Libération
Première
greffe aux Etats-Unis d'un rein trouvé par internet
- 2
octobre 2004, CNW Telbec
Des
chercheurs arrivent à des conclusions semblables,
de manière indépendante, au sujet de érythroblastopénie
- 1er
octobre 2004, Le Point
Dialysés
: Mauvais calculs
- 1er
octobre 2004, Le Quotidien du Médecin
Greffes
: Les hôpitaux mobilisés pour recenser les
donneurs
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L'histoire
méconnue de la greffe du rein
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22
décembre 2004, Le Figaro
Il
y a cinquante ans, après toute une série d'échecs,
une équipe américaine réussissait la
première transplantation d'organes
L'histoire méconnue de la greffe du rein
Il y aura cinquante ans demain que la première greffe
de rein couronnée de succès a été
pratiquée, le 23 décembre 1954, par une équipe
de Boston (États-Unis). Ronald et Richard Herrick,
le donneur et le receveur, étaient deux vrais jumeaux.
L'épopée de la greffe du rein, portée
aussi à l'époque en France par un petit nombre
de pionniers, a été toujours empreinte du désir
de sauver des individus qui avaient tous une histoire bien
à eux. Retour sur ces pages héroïques et
méconnues.
Le
12 janvier 1951, au petit matin, deux équipes de médecins
sont présentes à la prison de la Santé
pour récupérer les reins d'un condamné
à mort Jean-Louis Estingoy qui, avant de mourir, avait
fait don de son corps à la science (1). L'une vient
de Broussais, sous la houlette du professeur Paul Milliez,
l'autre de Créteil, dirigée par le professeur
André Lemaire. Chacune prélève un rein
afin de tenter de sauver deux malades, une femme de 44 ans,
une autre, très jeune de 24 ans toutes deux à
l'article de la mort. C'est une grande première en
Europe. Malheureusement, les deux malades succombent, respectivement
deux et trois semaines plus tard. Pourtant, d'autres chirurgiens
persévèrent et réalisent cinq autres
greffes dans les premiers mois de l'année 1951. Cinq
échecs. "Le but recherché, remplacer le
parenchyme rénal insuffisant, n'a jamais été
atteint", constatent, non sans une certaine amertume,
ces pionniers.
Un
an plus tard, une autre équipe française (Hamburger,
Delinotte, Oeconomos, Vaysse) tente l'impossible. Dans la
nuit du 25 au 26 décembre 1952, ces médecins
et chirurgiens décident de greffer un rein à
un jeune charpentier de seize ans, Marius Renard, sévèrement
blessé à la suite d'une terrible chute d'un
chantier de neuf mètres de haut. Mais pas n'importe
quel rein. Celui de sa mère Gilberte, prête à
tout pour sauver son fils.
Constatant
que le rein droit était éclaté, le chirurgien
décide de le lui enlever pour mettre fin à l'hémorragie
interne qui menace ses jours. Mais Marius Renard est né
avec un seul rein, une particularité anatomique qui
avait échappé à l'équipe chirurgicale.
Tant et si bien que, en le lui enlevant pour le sauver, le
chirurgien l'a définitivement privé de l'organe
qui lui permettait de filtrer ses déchets. Le jeune
homme est transporté à Paris à Necker,
dans un état très grave avec un taux d'urée
dans le sang à 4,3 grammes par litre (au lieu de 0,15
à 0,5).
Sa
mère qui l'a accompagné n'hésite pas,
elle propose un de ses reins pour le sauver. L'intervention
est un succès. Le taux d'urée chute très
rapidement à 0,50 gramme et les fonctions urinaires
reprennent. Marius recommence à se lever et à
faire quelques pas. Mais le 16 janvier 1953, il n'arrive plus
à uriner. Le taux d'urée remonte très
vite et le jeune homme meurt dans un état convulsif.
Victime d'une crise de rejet, du fait de l'incompatibilité
tissulaire entre son organisme et celui de sa mère.
Un phénomène qui allait rester quelques années
incompris jusqu'à ce que Merrill en janvier 1959 à
Boston, puis Hamburger, à Paris en juin de la même
année, passent à un deuxième stade, celui
de conditionner le receveur par une exposition au télécobalt
destinée à freiner les réactions de rejet,
après la greffe.
Au
fil des ans, chercheurs et médecins - en particulier
pour la France Jean Dausset, Jean Hamburger, René Küss,
Marcel Legrain et Paul Milliez - conjuguent leurs talents
pour trouver des solutions aux multiples problèmes
posés par ces interventions de la dernière chance,
destinées à des personnes en état d'insuffisance
rénale sévère : groupage tissulaire entre
donneur et receveur, techniques de conservation du greffon,
mise au point de médicaments immunosuppresseurs pour
lutter contre le rejet, organisation des prélèvements
et des transplantations à l'échelle nationale,
etc.
La
réussite d'une transplantation dépend en effet
d'une préparation minutieuse du donneur et du receveur,
du contrôle de la réponse immunitaire dans la
prévention du rejet, d'une organisation sans faille
des prélèvements d'organes et d'une bonne technique
chirurgicale.
Depuis
les années 50, la greffe de rein, destinée à
des patients en insuffisance rénale terminale, a connu
un extraordinaire succès. Aujourd'hui, à la
lecture des courbes de survie communiquées par l'Établissement
français des greffes, les résultats sont excellents.
Mais
le manque crucial d'organes représente toujours un
problème de taille dans notre pays même si le
"plan greffes", mis en place en 2000, a porté
ses fruits. Le nombre de transplantations est passé
de 1 580 en 1997 à 2 147 cinq ans plus tard.
L'an
dernier, 8 000 personnes en France étaient en attente
de transplantation rénale. Le quart d'entre elles seulement
(2 023) a pu bénéficier de l'intervention salvatrice.
"60 à 70% des candidats sur listes d'attente le
sont pour une greffe de rein", reconnaît le Dr
Corinne Antoine, néphrologue à Saint-Louis et
médecin expert auprès de l'Établissement
français des greffes. Mais il est difficile de dire
combien de temps un patient risque d'attendre. De deux à
quinze ans, en fonction de son groupe sanguin, de son groupe
tissulaire HLA, de l'existence ou non d'anticorps anti-HLA.
Et les délais sont aussi très différents
d'une région à une autre en sachant qu'il existe
en tout 45 équipes de transplanteurs dont neuf exclusivement
consacrées aux enfants.
95%
des greffons sont prélevés sur des personnes
en état de mort cérébrale, ce qui soulève
encore bien des difficultés en raison de l'opposition
des familles au prélèvement. Les greffes avec
donneur vivant sont réputées donner de bien
meilleurs résultats à moyen et surtout à
long terme. Mais 5% seulement sont dans ce cas, contre 50%
aux États-Unis et 50 à 60% dans les pays nordiques.
On
attend toujours les décrets d'application de la nouvelle
loi de Bioéthique qui devrait élargir le cercle
des donneurs (jusqu'ici restreint aux parents et aux frères
et soeurs du malade) aux grands parents, au conjoint, aux
oncles et tantes et même aux cousins et cousines. "Mais
la décision de pratiquer une transplantation à
partir de tels donneurs devra être entérinée
par un collège indépendant d'experts comprenant
notamment juriste et psychologue, explique ce médecin.
Pour s'assurer que le donneur potentiel prend une telle décision
en toute indépendance."
(1)
Cette histoire est racontée dans un ouvrage de Pierre
Bourget et Claude Blouin intitulé Histoire de la médecine
depuis 1940, paru en 1983 aux Éditions des Presses
de la Cité.Article du 06-Déc-2004 par Bruno
FANTINO,Françoise PIOT-FANTINO
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Le
pari gagné des frères Herrick et du docteur
Murray
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22
décembre 2004, Le Figaro
Ils
ont, à eux trois, écrit l'une des pages les
plus audacieuses de l'histoire médicale récente.
Ce 23 décembre 1954, dans son hôpital de Boston,
le docteur Joseph Murray pratique sans filet une greffe de
rein qui, contrairement aux tentatives précédentes,
ne débouchera pas sur un rejet. Et pour cause : le
donneur sur lequel l'organe a été prélevé
est le frère jumeau du receveur - un malade que ses
graves problèmes néphrétiques menaçaient
d'emporter à tout moment. Leur parfaite compatibilité
tissulaire permet, pour la première fois, à
un greffé rénal de survivre plus d'un an après
l'opération. Succès qui, en stimulant la recherche,
ouvrira la voie à la mise en oeuvre de nombreux types
de transplantations.
Lorsque
le hasard le met en présence des frères Herrick,
courant 1954, Joseph E. Murray planche depuis deux ans déjà
sur un projet de transplantations de rein. Ce chirurgien,
qui s'est distingué pendant la Seconde Guerre mondiale
en reconstruisant des blessés gravement brûlés
ou mutilés, travaille à prélever des
reins sur des chiens avant de les leur réimplanter.
Son objectif : peaufiner la technique chirurgicale avant de
pouvoir régler le problème de la compatibilité
tissulaire.
Avant
lui, en effet, plusieurs équipes ont tenté,
en vain, de greffer des organes - lesquels ont systématiquement
été rejetés par le système immunitaire
des receveurs. "Or soudain, sur le pas de notre porte,
nous avons trouvé deux jumeaux identiques, se souvient
Joseph Murray (1). L'un était en train de succomber
à une maladie des reins et l'autre était sain.
C'était la configuration idéale pour un transfert
à l'homme de nos résultats de laboratoire."
Avant
de faire le grand saut, le chirurgien multiplie les précautions.
Pour vérifier que les deux hommes sont bien de vrais
jumeaux homozygotes - seule façon de garantir leur
parfaite histocompatibilité -, il compare leurs empreintes
digitales après les avoir fait relever à cet
effet par la police de Boston. De surcroît, il commence
par greffer sur le receveur un lambeau de peau prélevé
sur son frère afin d'exclure tout risque de rejet.
Quant à Richard Herrick, le malade, et à son
frère Ronald, alors âgés de 23 ans, ils
n'hésitent guère : "Bien sûr, nous
savions qu'une telle chose n'avait jamais été
faite, raconte Ron, aujourd'hui âgé de 73 ans.
Mais nous sentions très fort que ça allait marcher."
De
fait, l'opération, qui dure cinq heures et demie, est
un succès. Pourvu d'un rein en état de fonctionnement,
Richard Herrick peut commencer une nouvelle vie. Dans la salle
de réveil de l'établissement, Richard fait en
effet la connaissance de Clare, cadre infirmière qui,
n'ayant rien prévu pour les vacances de Noël,
a accepté de veiller sur le miraculé. Une fois
sorti de l'hôpital, il l'épousera et ils auront
deux enfants - appelés à devenir respectivement
enseignant et... infirmière dans un service de dialyse
rénale. Richard Herrick, lui, mourra huit ans plus
tard sous l'effet d'une nouvelle maladie rénale, sans
lien avec la greffe.
Quant
à Joseph Murray, l'un des pères de la transplantation,
il a poursuivi sa carrière de chirurgien en se concentrant
sur les greffes rendues possibles par l'avènement des
traitements immuno-suppresseurs. Ceux-ci permettent de réaliser
des transplantations, même lorsque donneur et receveur
ne sont pas totalement compatibles. Grâce, entre autres,
à ses travaux, plusieurs centaines de millions de greffes
ont ainsi été pratiquées à travers
le monde au cours des cinquante dernières années.
Un pas en avant qui lui a valu de partager en 1990 le prix
Nobel de médecine avec un autre pionnier de la transplantation
- spécialisé dans les greffes de moelle osseuse
-, Donnall Thomas.
(1)
Dans le cadre d'un entretien récemment accordé
à l'organisation New York Organ Donor Network.
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Il
y a 50 ans : la première greffe d'organe
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21
décembre 2004, Le Nouvel Observateur
C
ela s'est passé un 23 décembre et pourrait être
un conte de Noël : un frère fait don d'un de ses
reins à son jumeau malade, lui sauvant la vie et permettant
au greffé de tomber amoureux de l'infirmière
qui veilla sur lui pendant les fêtes... Cette histoire
vraie fut surtout une grande première médicale
: le 23 décembre 1954, le Dr Joseph Murray réussit
à Boston la première greffe d'organe de l'histoire
de la médecine.
Les
travaux sur les greffes ont commencé au début
du 20ème siècle. Cependant les tentatives, notamment
sur l'animal, se heurtaient au problème du rejet de
l'organe par le receveur. Après-guerre, la recherche
sur le système immunitaire a progressé et les
médecins tentent de résoudre le problème
de la compatibilité donneur-receveur. En 1952 une tentative
de greffe de rein entre une mère et son fils échoue
à Paris.
Outre-Atlantique,
à Boston, le chirurgien Joseph Murray est persuadé
que la greffe est possible entre deux vrais jumeaux. En 1954,
le cas de Ronald et Richard Herrick lui offre l'occasion de
tester ses travaux théoriques. Richard souffre de néphrite,
une inflammation du rein potentiellement mortelle. Ronald
lui donne un rein. L'opération réussit.
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Le
premier greffé vivant épouse l'infirmière
qui veille sur lui en salle de réanimation et gagne
huit ans de vie.
La
greffe a ensuite progressé avec la meilleure compréhension
du système immunitaire, notamment des antigènes
HLA. Présents à la surface des cellules de l'organe
greffé, ces antigènes sont identifiés
par le système immunitaire de l'hôte comme des
éléments étrangers qu'il faut combattre.
Les traitements anti-rejets se sont améliorés
en parallèle de la recherche fondamentale. Et les premières
se sont succédées : première greffe de
foie 1963, première greffe de cur réalisée
en 1967 par le Pr Christian Barnard en Afrique du Sud.
Quant
au Pr Murray il poursuivit ses travaux sur la greffe de reins
à partir de donneurs décédés.
Il reçut le prix Nobel de médecine en 1990 à
égalité avec un autre pionnier, l'Américain
E. Donnall Thomas, qui avait lui réussi des greffes
de moelle osseuse. Aujourd'hui âgé de 85 ans,
Joseph Murray a participé cette année à
plusieurs cérémonies pour le cinquantenaire
de la première greffe aux côtés du donneur,
Ron Herrick.
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Une greffe sans
précédent à Taiwan
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8
décembre
2004, Canadian Press
C'est
une première médicale à Taiwan : une
greffe réussie d'un rein provenant d'un donneur au
groupe sanguin incompatible avec celui du receveur. La patiente
qui a bénéficié de la transplantation
a quitté hier en pleine forme l'hôpital de l'université
de Taiwan.
"
Je ne te remercierai jamais assez pour le reste de ma vie
", a déclaré Hu Pao-chu, la greffée,
à son mari, le donneur d'organe, lors d'une cérémonie
organisée pour son retour à une vie normale.
Agée
de 54 ans, Hu Pao-chu, de groupe sanguin B, a reçu
le 24 novembre dernier un des reins de Yu Kuo-hsun, de type
AB. " C'était sa dernière chance",
a expliqué ce dernier dont l'épouse attendait
depuis des années, sans succès, un organe provenant
d'un donneur compatible.
Plus
d'une centaine d'opérations de ce type ont été
menées au Japon ces dernières années
selon une procédure particulière pour que l'organe
greffé ne soit pas rejeté. Cette réussite
médicale locale relance les espoirs de nombreux patients
dans l'attente d'une transplantation.
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Les
relations du médecin généraliste avec
l'entourage de ses patients : Quelles conséquences
pour l'entourage du patient ?
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6
décembre 2004, Le Quotidien du Médecin
Si
l'HAD est désormais possible grâce à une
organisation et à une technicité médicale
en constant progrès, elle nécessite impérativement
une présence familiale et sociale, l'aménagement
de l'habitat, l'installation de technologies particulières
et de services logistiques.
La présence de l'entourage apparaît donc à
la fois comme la raison d'être et la condition principale
du maintien à domicile.
C'est la famille, les proches que l'on va retrouver en première
ligne lorsqu'il faudra planifier les interventions de l'aide
soignante, du kinésithérapeute, de l'infirmière,
ou quand il faudra être là pour aider à
prendre les repas.
Si le médecin coordonnateur, ce " facilitateur
de soins " joue un rôle primordial pour conjuguer
les interventions des différentes catégories
de soignants, il sait trouver les appuis nécessaires
auprès de l'entourage pour que la " machine HAD
" ne se " grippe " pas.
Mais l'entourage du patient n'est pas mis à contribution
seulement dans l'HAD. Différentes études de
proximologies ont permis récemment d'identifier l'impact
de certaines masladies chroniques sur la vie de
cet entourage si souvent sollicité. Quelques exemples
illustreront mieux le propos.
Ainsi
la dialyse rénale retentit-elle grandement sur les
conjoints. L'immense majorité de ceux-ci avouent subir
les conséquences directes de la maladie et de sa prise
en charge thérapeutique sur leur vie quotidienne.
En particulier, ils doivent organiser leur journée
en fonction des séances de dialyse et, surtout, réduire
les loisirs et sorties bien plus fréquemment que si
le malade avait bénéficié d'une greffe.
Les départs en vacances sont, par ailleurs, notablement
réduits.
La pathologie a un impact sur les relations de couple et les
relations familiales : une surveillance accrue, l'autocensure
dans le domaine des projets, la crainte de fatiguer le malade
sont des éléments plus fréquemment cités
lorsque le malade n'est pas greffé. Il ne faut pas
occulter les conséquences financières liées
à la pathologie, plus importantes une fois encore chez
les sujets en dialyse. A l'arrêt ou à la réduction
de l'activité du malade s'ajoutent les difficultés
pour obtenir un prêt bancaire. Tandis qu'un conjoint
sur deux garde un bon ou un très bon moral lorsque
le malade est greffé, ils ne sont plus qu'un sur quatre
quand il y a dialyse.
Quel que soit le mode de suppléance de la fonction
rénale, les besoins et attentes des conjoints portent
essentiellement sur l'information liée au traitement.
Les informations sur la maladie rénale, les conseils
pratiques pour faire face à la situation, l'accès
aux centres de dialyse constituent les préoccupations
essentielles des conjoints.
L'aide psychologique et l'aide ménagère à
domicile, mais aussi l'aide financière sont des attentes
récurrentes, même si leur intensité peut
varier selon que le malade soit dialysé ou greffé.
[...]
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Les
relations du médecin généraliste avec
l'entourage de ses patients : Rendre compatible la maladie
et l'évasion
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6
décembre 2004, Le Quotidien du Médecin
Ils
viennent de s'unir et ont eu un enfant. Deux ans plus tard,
son mari se sent en pleine forme, mais il prend un peu de
poids. Il travaille comme enseignant et, lors de la visite
médicale, l'analyse d'urine trouve de l'albumine. Les
compléments d'analyses (créatinine, urographie,
etc.) indiquent rapidement qu'une dialyse rénale est
indispensable.
Tout
s'est enchaîné d'une façon rapide : hospitalisation
pour créer la fistule, visite du service d'hémodialyse,
puis l'annonce : " dans deux semaines vous serez là
". Aussitôt, on a proposé la dialyse à
domicile, soulignant l'avantage des horaires, l'absence de
contrainte et les aides possibles.
Trois mois plus tard, ils dialysent à la maison. "
Nous dialysions vers 23 heures, car mon mari travaillait et
faisait des travaux pratiques avec ses élèves.
Nous débutions la dialyse vers 23 heures pour finir
vers 3 heures du matin. Seulement, le lendemain à 7
heures, il fallait se préparer car nous retravaillions
tous les deux et nous devions également nous occuper
de notre enfant. "
Une nuit de décembre, vers 2 heures du matin, on est
venu les prévenir qu'il allait être greffé.
Mais le greffon ne remplissait pas suffisamment sa fonction
et deux mois après la greffe, il faut reprendre les
dialyses. Ils ont envisagé de faire des séances
de plasmaphérèse qui " marchaient très
bien ". Il en a subi 15. Le matin, 4 heures de dialyse,
l'après-midi, 2 heures de plasmaphérèse
et cela tous les jours, pour conclure, un peu plus tard, que
cela ne servait plus à rien : le greffon ne fonctionnait
plus.
Puis un jour, son mari a uriné du sang. Le greffon
a dû être retiré. Les dialyses ont repris,
au rythme de un jour sur deux. Quelques problèmes "
comme tout le monde " : syndrome de l'eau dure, oedème
cérébral, poussées de tension'
Au niveau professionnel, tout a été remis en
question. " On n'investit pas sur des malades, donc aucune
promotion en vue. Ensuite, vous tenez votre poste ou vous
démissionnez. On est dans le privé. "
Quant à elle, elle n'a aucun regret. " J'ai fait
ce que tout le monde aurait fait à ma place. J'aime
mon mari, je ne veux en aucun cas être séparée
de lui. Nous avons connu des moments dramatiques, mais cela
a renforcé nos sentiments. " Elle a passé
des nuits entières, seule, assise à le veiller.
" Il ne faut pas oublier que personne ne peut vous aider
en pleine nuit. "
Quand nous avions un ennui avec la machine, nous pouvions
toujours téléphoner à l'hôpital,
car nous avions quand même une ligne directe. Mais les
techniciens n'étaient jamais joignables. On nous répondait
simplement : " Débranchez votre mari et laissez
un message sur le répondeur "'
Pour finir, leur vie de famille a été très
perturbée et leurs enfants ont souffert de voir leur
père dans des moments très difficiles. "
Je n'ai jamais eu beaucoup de temps à leur consacrer.
Nous ne sommes jamais partis tous ensemble en vacances, etc.
"
" Une chose est positive : les progrès de la médecine.
Les machines sont plus performantes. On vit plus longtemps
: pour nous cela fait 25 ans. Mais je crois aussi qu'à
l'heure actuelle les greffes marchent beaucoup mieux. "
Quel
rôle pour le médecin traitant ?' Ce témoignage
est bouleversant et tout aussi étonnant. Comment l'épouse
n'a-t-elle jamais " craqué " ?
En tout cas, elle ne le raconte pas. Car s'occuper d'un patient
en dialyse péritonéale ou en centre n'est pas
une mince épreuve. Outre les épisodes classiques
inhérents à la technique s'installe une routine
à double tranchant : elle permet d'oublier le handicap
lorsque les choses sont à peu près sous contrôle,
le malade restant plus ou moins socialement inséré
; elle use par un rituel sans fin qui rappelle chaque jour
une dépendance, dépendance souvent davantage
vécue par l'entourage que par le sujet dialysé
lui-même. Cette dépendance à la machine
qui condamne les loisirs, les vacances et happe toute l'organisation
de la vie familiale.
C'est le médecin généraliste qui, parfois,
devra impulser, forcer le cours des choses, pour rendre possible
une évasion, un répit. Pour cela, il faut oser
aborder la question, dire que ce sera bien pour le moral de
tout le monde et replacer la maladie dans le cadre familial.
Ne pas taire qu'elle retentit sur l'équilibre de tous
et que, en conséquence, tous doivent " négocier
avec elle ". Choisir un lieu de vacances où la
dialyse sera possible parce qu'un centre existe et a de la
place, par exemple. Mais aussi organiser le répit,
de quelques heures, pour que cette femme s'occupe un peu d'elle.
Dire qu'elle en a le droit et, sans doute même, l'obligation
pour mieux entourer son mari ensuite. Parce que si elle va
mieux, son mari aussi ira mieux.
Déculpabiliser et expliquer cette vérité
est ici encore le rôle essentiel du médecin généraliste
: cette explication peut avoir lieu en tête-à-tête
avec l'épouse ou, mieux, en présence du patient,
dans une discussion ouverte et sereine.
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Lancement
du projet européen ALLIANCE-O : Pour la première
fois, 7 pays d'Europe s'associent pour lutter contre la pénurie
d'organes
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3
décembre
2004, Communiqué de presse de l'EfG
Pour
la première fois, 7 pays dEurope sassocient
pour lutter contre la pénurie dorganes
L'activité
de greffe, thérapeutique efficace qui améliore
ou sauve la vie de nombreux patients, souffre aujourdhui
dune pénurie de greffons, sensible dans chaque
pays européen. Dans ce contexte et pour la première
fois, lAllemagne, lEspagne, la France, la Hongrie,
lItalie, le Portugal et le Royaume-Uni se sont regroupés
dans le cadre dun projet financé, pendant trois
ans, par la Commission Européenne pour mettre en commun
leur savoir-faire et leurs pratiques et faire avancer leur
réflexion dans ce domaine. Il sagit du projet
ALLIANCE-O « European Group for Coordination of National
Research Programmes on Organ Donation and Transplantation»
(Programme ERANET du 6ème Programme Cadre de Recherche
et Développement Technologique).
ALLIANCE-O est piloté par lEtablissement français
des Greffes et a pour objectif de coordonner les programmes
de recherche nationaux et régionaux de chacun de ces
pays autour de plusieurs axes de travail :
- Augmentation
du nombre de donneurs (donneurs décédés
et donneurs vivants) ;
- Amélioration
de léquité et de lefficacité
des règles de répartition ;
- Amélioration
de la sécurité et de la qualité de
la greffe dorganes ;
- Amélioration
des méthodes dévaluation de lactivité
de prélèvement et de greffe ;
- Amélioration
de la coordination en recherche fondamentale ;
- Analyse
comparative des aspects éthiques et légaux
du prélèvement et de la greffe.
A
travers un travail didentification, dévaluation
et danalyse comparative, ALLIANCE-O permettra dharmoniser
les programmes en cours dans chacun des pays et de définir
de meilleures pratiques communes. La première étape
de ce projet est détablir un état des
lieux de la question dans lUnion Européenne,
disponible au printemps 2006.
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La dialyse
à domicile a de l'avenir
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2
décembre 2004, Le Quotidien du Médecin
Moins
contraignante, moins onéreuse, la dialyse à
domicile a la faveur des patients comme des pouvoirs publics.
Encore insuffisamment prescrite, elle pourrait être
comme une solution d'avenir grâce à des techniques
telles que la dialyse péritonéale automatisée.
FACE
A LA VOLONTE des pouvoirs publics de développer la
dialyse à domicile*, et à quelques mois de la
mise en place de nouveaux schémas régionaux
d'organisation sanitaire (Sros), les Laboratoires Baxter ont
jugé indispensable de pérenniser une réunion
annuelle sur l'évolution des techniques. La première
Journée de la dialyse à domicile, organisée
à Paris, a été l'occasion de faire le
point sur les solutions existantes et d'en envisager le développement.
Premier constat : le domicile est insuffisamment prescrit
en France, tout comme à l'étranger d'ailleurs.
Sur les 45 000 patients français atteints d'insuffisance
rénale chronique terminale, 10 % seulement sont traités
par dialyse péritonéale et 2 % environ par hémodialyse
à domicile. Toutefois, l'augmentation du nombre d'insuffisants
rénaux lié au vieillissement de la population
(+7 000 cas chaque année), le constant manque de greffons
(à ce jour, seulement 35 % des patients ont pu bénéficier
d'une greffe), le coût pour la collectivité ainsi
que des évolutions technologiques récentes ont
relancé l'attrait pour ces modes de prise en charge.
Première technique de domicile, la dialyse péritonéale
(DP) permet au patient de gérer lui-même son
traitement (avec l'aide d'un proche ou d'une infirmière,
au besoin), via un cathéter permanent. Il existe désormais
deux modalités de DP : la DP continue ambulatoire,
où le patient change manuellement la solution de dialyse
quatre fois par jour ; et la dialyse péritonéale
automatisée (DPA), réalisée à
l'aide d'un cycleur pendant le sommeil du patient. Moins contraignante
que l'hémodialyse, la DP présente beaucoup d'autres
avantages. On constate que les patients en DP ont une meilleure
préservation de la fonction rénale résiduelle,
d'où un régime et une diète hydrique
moins stricts. Le délai de fonctionnement du greffon
après transplantation est plus court chez ces patients
; or la survie du rein transplanté dépend de
ce délai. En outre, les effets cardio-vasculaires sont
diminués et le capital veineux préservé
(pas d'accès vasculaire). Enfin, dans l'environnement
protégé du domicile, le risque d'infection nosocomiale
et l'incidence des hépatites sont plus faibles. De
façon générale, la qualité de
vie des patients est meilleure. La DP offre notamment une
plus grande liberté de maintien des activités
professionnelles.
Une
autonomie à géométrie variable.
Cette technique répond à des indications très
variées, depuis l'attente de tranplantation jusqu'au
maintien à domicile de la personne âgée.
Elle doit pouvoir être désormais proposée
aux patients chaque fois que leur état médical
et leur contexte de vie le permettent. L'autre possibilité,
l'hémodialyse à domicile (HDD), nécessite
un appareillage plus lourd - un dialyseur - auquel le patient
se connecte via une fistule artério-veineuse. Ce qui
explique peut-être le faible pourcentage de patients
en HDD. L'hémodialyse quotidienne semble toutefois
bénéficier aujourd'hui d'un regain d'intérêt.
Le choix du « domicile » apparaît cependant
comme plus important que le choix de la technique elle-même,
la perception de l'autonomie étant tout à fait
individuelle. En outre, « l'autonomie ne se décrète
pas ; elle se construit, pour le malade et avec lui »,
souligne la psychologue Josiane Patin. « Aucune méthode
n'est bonne ou mauvaise, tout dépend du rapport de
chacun avec son traitement. C'est à l'équipe
soignante de chercher avec le patient et de l'aider à
trouver les moyens de son autonomie », renchérit
Guislaine Becel, venue apporter son témoignage. Une
aide qui passe par une information pluridisciplinaire, provenant
de chacun des membres de l'équipe : néphrologue,
diététicien, psychologue, assistante sociale.
Une multidisciplinarité d'autant plus essentielle que
les traitements hors centre nécessitent une prise en
charge globale du patient.
D'un point de vue purement économique, le choix semble
vite fait : la dialyse à domicile coûte moitié
moins cher que l'hémodialyse en centre : 32 000 euros
par an contre 61 000. Mais les études qui permettent
d'avancer ces chiffres ont dix ans pour la plupart. Elles
ont été réalisées sur de petits
échantillons de patients et ne tiennent pas compte
du coût de certains postes, tels que transports ou aménagement
du domicile. Le différentiel de coût reste donc
à affiner.
>
HELENE GRILLON
*
Décret du 23 septembre 2002.
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Greffe
de moelle osseuse : Un plan pour trouver 100000 donneurs
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26
novembre 2004, Communiqué de presse de l'EfG
100
000 nouveaux donneurs de moelle osseuse dans le fichier français
pour répondre aux besoins des patients
Pour
améliorer lactivité de greffe de moelle
osseuse en France et répondre aux besoins des patients,
lEtat sengage, dès 2005, à recruter
100 000 nouveaux donneurs en 10 ans pour le fichier français
des volontaires au don de moelle osseuse.
Pour guérir certaines maladies graves et notamment
des maladies hématologiques malignes, comme les leucémies
par exemple, le médecin dispose de diverses modalités
de traitement, dont lallogreffe de moelle osseuse. Celle-ci
ne constitue pas un recours systématique mais représente,
dans certains cas, une possibilité thérapeutique
essentielle.
Lorsquun
tel traitement est envisagé, le médecin va dabord
chercher un donneur dans la fratrie. On parle alors de greffe
intra-familiale ou dallogreffe apparentée de
moelle osseuse. Elles représentent 68.3 % des allogreffes
de moelle osseuse en 2003. Mais parfois, ce donneur familial
nexiste pas, soit parce que le malade na pas de
frère et sur, soit parce que ces derniers ne
sont pas compatibles avec lui. Les médecins font alors
appel au fichier mondial des volontaires au don de moelle
osseuse. Il compte près de 9 millions de donneurs,
dont 130 000 sont issus de lactuel fichier français.
Mais il reste parfois difficile, voire impossible, de trouver
un donneur compatible car le système HLA est très
complexe et très polymorphe. En 2003, en France, 31,7
% des allogreffes de moelle osseuse ont été
réalisées en faisant appel aux fichiers répertoriant
les volontaires au don de moelle osseuse.
Pour
répondre aux besoins des patients, lEtat engage
aujourdhui un plan daction sur dix années,
visant à rendre accessible lallogreffe1 de moelle
osseuse à davantage de malades. Le recrutement de 100
000 nouveaux donneurs est programmé pour une durée
de dix ans, à raison dun recrutement de 10 000
donneurs par an.
Afin de faciliter laccueil des donneurs de moelle osseuse
dans les centres donneurs de lEtablissement Français
du Sang et des établissements de soins, un projet pilote
sera lancé sur deux villes, Marseille et Montpellier.
Il sadressera aux médecins libéraux pour
les faire participer au recrutement des donneurs, en particulier
en leur confiant la réalisation de la consultation
médicale et de lentretien préalable au
don.
Ce
plan daction tient compte à la fois des recommandations
dun groupe dexperts et du souhait des associations
de voir sétendre le fichier français.
Ces dispositions permettent également de participer
à leffort mondial de recrutement de nouveaux
donneurs et dêtre en mesure de proposer aux patients
étrangers les ressources du fichier français,
comme nous faisons appel, pour les patients français,
aux ressources du fichier mondial. Ce recrutement devrait
conduire à augmenter le taux dallogreffes non-apparentées
réalisées à partir du fichier français
de 25 % à 50 %. En 2003, en effet, 75 % des allogreffes
de moelle osseuse non-apparentées ont été
réalisées à partir de donneurs issus
du fichier mondial.
Actuellement,
le type de recrutement retenu pour le fichier français
vise à laugmenter en quantité et en qualité
car un certain déséquilibre y a été
constaté : la proportion de femmes inscrites y est
de 60 % et 60 % des hommes de ce fichier ont plus de 40 ans.
La France a la chance de disposer dune population qui
a bénéficié au fil des siècles
des apports des populations migrantes. Les antigènes
HLA2 y sont donc très divers et constituent une véritable
richesse. Cette diversité est insuffisamment représentée
au sein du fichier. Aussi, le recrutement cherche à
intégrer plus volontiers au fichier français
des hommes de moins de 40 ans dorigines géographiques
diverses.
De
nouvelles techniques pourraient contribuer à définir
différents niveaux de typage et nous permettre de gagner
en temps et en coûts, donc en efficacité lors
du recrutement des donneurs. Seuls les phénotypes à
priori les plus intéressants seraient complètement
explorés et subiraient lensemble des examens
nécessaires. Une expertise de ces nouvelles techniques
est en cours en collaboration avec lEtablissement français
des Greffes et lEtablissement français du Sang,
afin détudier les changements quelles impliquent.
Malheureusement,
il y aura toujours des malades qui nauront jamais de
donneur compatible en raison de lextrême complexité
du système didentité tissulaire, et ceci
même si lensemble de la population mondiale était
typée. Pour ceux-ci, la greffe de sang placentaire
constitue une alternative thérapeutique (il y a aujourdhui
5 000 unités de sang placentaires en France et 170
000 dans le monde).
Au
décours de laccouchement, il en effet possible
de prélever le sang contenu dans le cordon ombilical,
riche en cellules souches et utilisables pour la greffe sans
aucun dommage pour le nouveau né. Ces cellules ont,
par rapport, à celles de la moelle, lavantage
dune meilleure tolérance : une stricte compatibilité
donneur/receveur nest donc pas nécessaire.
Seules
les villes de Bordeaux et Besançon assurent actuellement
la collecte du sang placentaire.
Dès
2005, deux maternités supplémentaires assureront
cette collecte ; à Toulouse et à Créteil,
permettant ainsi de disposer dun plus grand nombre de
lieux, mieux répartis sur le territoire national, améliorant
ainsi la diversité des phénotypes représentés.
En fonction des résultats de cette première
extension, et des besoins enregistrés, dautres
lieux seront envisagés.
1
Une allogreffe (ou greffe allogénique) est une greffe
faisant appel à un donneur, que le donneur soit non-apparenté
ou quil soit familial. Il faut la différencier
de lautogreffe, où la propre moelle osseuse
du malade est utilisée.
2 Un donneur compatible avec un patient pour qui une greffe
de moelle osseuse est envisagée est une personne
dont les antigènes HLA (ou dont le système
HLA Human Leucocyte Antigen) sont identiques ou sont
aussi proches que possible de ceux du patient.
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Quelles
perspectives pour la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire
en France ?
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26
novembre 2004, Communiqué de presse de l'EfG
Devant
la faible dactivité de greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire
en France, lEtablissement français des Greffes
et la communauté des greffeurs ont travaillé
à la définition de nouveaux critères
de prélevabilité des greffons, destinés
à relancer cette activité dans notre pays, et
ont réfléchi sur loptimisation de lorganisation
de la greffe. Ce premier travail a déjà porté
ses fruits puisque lactivité de greffe pulmonaire
en France enregistre pour les 10 premiers mois de lannée
2004 une augmentation de plus de 60 %.
La greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire enregistre une baisse
dactivité certaine depuis le début des
années 90 : 92 greffes pulmonaires ont été
réalisées en 2003 alors que 181 avaient été
réalisées en 1991. Dans ce domaine, la France
se situe loin derrière les autres pays européens
: 1,5 greffes pulmonaires par million dhabitants contre
2,4 aux Pays-Bas et 6,4 en Belgique. Cest le résultat
dune activité de prélèvement pulmonaire
trop faible dans notre pays. Elle représente 9% de
lactivité totale de prelèvement contre
30% dans certains pays (pour mémoire, le coeur et le
foie représentent respectivement 29% et 69%).
Ce
constat a conduit lEtablissement français des
Greffes et les professionnels de santé à travailler
pendant un an avec un double objectif :
Etablir
de nouveaux critères médicaux de proposition
et de non-proposition de greffons pulmonaires aux équipes
de greffe, admis par lensemble de la communauté,
et proposer des recommandations dexperts pour améliorer
la prise en charge des donneurs potentiels en vue dun
prélèvement pulmonaire.
Elaborer, de façon collégiale, un référentiel
de la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire portant sur lorganisation
et la qualité des pratiques. Les équipes rencontrent
en effet depuis quelques années des problèmes
dorganisation. Ce travail va se poursuivre par un audit
de lensemble des équipes afin de proposer des
recommandations pouvant servir à lélaboration
dun prochain schéma dorganisation de la
greffe.
Le fruit de ce travail a été présenté
et débattu lors de la Journée dinformation
et déchanges de lEtablissement français
des Greffes, le 22 novembre 2004. Cette réunion a également
permis de mettre en commun les expériences de chacun
en matière dactivité de prélèvement
et de greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire.
Des
résultats en très net progrès pour la
greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire
Les professionnels ont dabord souligné les résultats
en nette progression de la greffe pulmonaire qui sont souvent
ignorés. Il faut rappeler que la greffe pulmonaire
est « jeune », datant des années 80. Cette
thérapeutique reste victime dune image négative
datant des années 90, due, en particulier, au taux
de décès précoce quelle présentait
à cette époque (50% de décès lors
de la première année suivant la greffe). Des
changements dans les pratiques médicales, les thérapeutiques
nouvelles ainsi que lexpérience accumulée
ont radicalement modifié cette situation. Le taux de
survie à un an est désormais de lordre
de 70% pour les cohortes de patients les plus récentes.
La survie à 3 ans et 5 ans est également améliorée.
Il sagit désormais, dune part, de regagner
la confiance des pneumologues en amont, en leur montrant que
cette thérapeutique peut constituer un réel
recours pour certains patients et, dautre part, de mobiliser
les personnes en charge du prélèvement des greffons
en aval.
De
nouveaux critères simples de prélèvement
permettant daugmenter le nombre de greffons disponibles
Les professionnels du prélèvement et de la greffe
ont souligné lintérêt davoir
défini, en collaboration avec lEtablissement
français des Greffes, de nouveaux critères simples
de prélèvement et de nouvelles modalités
de prise en charge des donneurs potentiels. Ce travail permet
de proposer aux patients des greffons pulmonaires qui auraient
été considérés, à tort,
comme non-prélevables, au regard des critères
antérieurs de prélèvement de poumon.
Les professionnels ont également insisté sur
lintérêt de disposer de critères
de non-prélèvement, cest-à-dire
de critères permettant lexclusion absolue de
certains donneurs.
Force est de constater aujourdhui une forte hétérogénéité
du prélèvement pulmonaire en France. La région
Aquitaine prélève à elle seule 28 % des
greffons pulmonaires alors que dautres régions
ont des taux faibles, voire nuls. Cette région, comme
toute la région Sud, a en effet mis en place une stratégie
proposant systématiquement les greffons pulmonaires
aux greffeurs, sauf dans le cas de contre-indications absolues.
Dans le cas de greffons dits « limites » (âge
du donneur par exemple), lavis de lexpert greffeur
local est systématiquement demandé. La concertation
entre lEtablissement français des Greffes, les
équipes de prélèvement et les professionnels
de la greffe a été fortement recommandée,
à lissue des discussions, pour augmenter le nombre
de greffons proposés.
Par
ailleurs, en 2005, les recommandations du groupe dexperts
SFAR-SRLF1 , réunis par lEtablissement français
des Greffes, concernant les critères de prélevabilité
des greffons pulmonaires et cardio-pulmonaires et la prise
en charge des donneurs potentiels en vue dun prélèvement
pulmonaire seront éditées. Lapplication
anticipée de certaines de ces recommandations par les
équipes a déjà permis denregistrer,
pour les 10 premiers mois de lannée, une progression
de 60 % pour lactivité de greffe pulmonaire et
de 55 % pour lactivité de greffe pulmonaire et
cardio-pulmonaire par rapport à lannée
20032.
1Société
française danesthésie réanimation-Société
de réanimation de langue française.
2 En octobre 2003, 69 greffes de poumons et 13 greffes cur-poumons
ont été réalisées, contre 112
greffes de poumons et 15 greffes cur-poumons en octobre
2004.
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C'est greffe, docteur?
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25
novembre 2004, Libération
Le
livre s'intitule la Greffe, mais son sujet est la greffe de
moelle osseuse, on pourrait aussi bien dire la greffe de sang,
puisque la moelle contient les cellules qui deviendront globules
rouges, globules blancs et plaquettes. A la différence
d'un organe (rein, coeur...), qui a une localisation fixe
et limitée, le sang circule, il irrigue chaque point
du corps. La question de l'identité, jamais absente
des greffes d'organes (le philosophe Jean-Luc Nancy, greffé
cardiaque, parlait dans l'Intrus (Galilée) du "double,
à l'intérieur de lui"), se pose avec encore
plus d'évidence dans la greffe de moelle, précisément
parce que le sang est intimement mêlé à
la totalité du corps. Les auteurs de la Greffe entre
biologie et psychanalyse sont Jean-Pierre Jouet, hématologue,
fondateur de l'unité de greffe de moelle osseuse au
Centre hospitalier régional et universitaire de Lille,
et Jacques Ascher, psychanalyste, qui a travaillé dix
ans dans ce service. Leur livre tourne autour d'une question
troublante : qu'est-ce qui change dans l'identité psychique
quand l'identité biologique est modifiée par
la médecine ?
La
greffe de moelle est un des traitements de la leucémie.
Elle guérit un malade sur deux, mais provoque le décès
de 15 à 20 % des receveurs, notamment lorsque le greffon
attaque le greffé. Comme dans les autres greffes, il
faut trouver un donneur compatible ; à la différence
des autres greffes, il s'agit d'un donneur vivant qu'on recherche
d'abord dans la famille, puisqu'on a une chance sur quatre
de trouver un donneur compatible parmi les frères et
soeurs. On pourrait penser que le greffé guéri
est content d'avoir échappé à la maladie,
et aux effets secondaires de la greffe ; ça n'est jamais
aussi simple. "J'étais content que ce soit mon
frère C... mais il est chasseur et moi je suis écologiste",
dit un receveur. "Est-ce que je vais devenir une fille
?", demande un garçon de 9 ans qui a reçu
la moelle de sa soeur. Le sentiment d'identité peut
vaciller chez celui qui assiste "à l'invasion
de sa maison corporelle intime et familière par l'intime
de l'autre, étranger du dehors", disent les auteurs.
Mais
un des aspects les plus pénibles, et les plus tabous
aussi, c'est "la problématique du don et de la
dette". La greffe est un bouleversement pour le receveur.
Pour le donneur aussi, qui doit "supporter d'être
celui qui peut modifier le cours du destin d'un autre humain",
de manière favorable, ou très défavorable
quand, dans une terrible trahison, le greffon tue le greffé
au lieu de le guérir. Sans parler du fait que les "donneurs
apparentés" sont pris dans une "contrainte
d'altruisme quasi obligatoire". Comme le remarquent Ascher
et Jouet, "la liberté du donneur intrafamilial
est relativement formelle". Un enfant ou un adolescent
en particulier a souvent l'impression qu'il ne donne pas sa
moelle, mais qu'on la lui prend. Symétriquement, il
arrive que le receveur trouve la dette très lourde
"C'est très beau le geste de ma soeur, mais
elle m'a toujours humiliée", dit une malade ,
jusqu'à l'insupportable parfois : "Ta moelle,
tu peux te la garder", dit un autre. Autre menace : avoir
littéralement le même sang dans les veines entraîne
la perte de l'"espace psychique personnel", donneur
et receveur sont comme siamois. Ma soeur parle "comme
si mes pensées étaient les siennes", dit
un jeune garçon. Sans compter que les idées
d'introjection et d'intimité corporelle réveillent
des angoisses d'inceste. "Mon frère et moi nous
nous évitons plus ou moins, on ne se rencontre jamais
seuls", dit une receveuse. Il y a aussi la troublante
histoire d'Eric qui, atteint d'une leucémie, reçoit
la moelle de sa soeur et doit quitter le service un 1er février.
La date approchant, il est de plus en plus agité, jusqu'à
faire un épisode délirant qui se déclenche
le 1er février précisément. Neuroleptiques,
rencontre avec le psychanalyste : le délire régresse
et Eric raconte en sanglotant comment, il y a plus de vingt
ans, à l'âge de 5 ans, il a été
privé de son anniversaire. Le 1er février 1969,
son frère Patrick est mort d'une leucémie, dans
ce même hôpital. Sa mère confirme, et ajoute
que, chaque matin, avant de rendre visite à Eric, elle
va sur la tombe de Patrick.
En
ouverture de cette réflexion passionnante sur une technique
devenue si ordinaire qu'on en oublie à quel point elle
est étrangère aux relations "naturelles"
entre les corps et les personnes, il y a la préface
lumineuse du psychanalyste Michel de M'Uzan. Après
avoir fait part de sa perplexité à voir que
tout un vocabulaire occupe "une place également
légitime en biologie et en psychanalyse : incorporer,
rejeter, assimiler, identifier", il montre de manière
absolument convaincante la similitude troublante de deux processus.
"Il y a des situations en marge de la vie ordinaire qui
mobilisent des fonctionnements biophysiologiques et/ou psychologiques
surprenants : la greffe de moelle et la situation analytique."
Il rappelle qu'en 1977 déjà, il écrivait
que, pendant la séance, vu la tolérance de l'analyste
aux propos de son patient, tout se passait "comme si
l'analysant envahissait littéralement l'esprit de l'analyste,
lequel, à la limite, devenait l'appareil psychique
même de l'analysant". Aujourd'hui, il ajoute que
"l'assimilation de l'interprétation à un
greffon, si audacieuse soit-elle, ne saurait surprendre puisqu'on
en espère, après l'ébranlement initial,
un changement profond dans l'économie psychique".
La
Greffe entre biologie et psychanalyse
Jacques
Ascher et Jean-Pierre Jouet
Préface de Michel de M'Uzan. PUF, 238 pp., 19 €.
Par
Natalie LEVISALLES
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Réponse
aux propos du Pr Didier Sicard
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16
novembre 2004, Communiqué de presse de l'EfG
L'Etablissement
français des Greffes souhaite apporter quelques précisions
aux propos tenus dans le Figaro du 16 novembre par le Professeur
Didier Sicard concernant les voyages de malades à l'étranger
dans le but de se faire greffer à partir de donneurs
vivants rémunérés :
En France, la loi encadre de façon très stricte
l'activité de prélèvement et de greffe
et prévoit, comme principes premiers du don et de la
greffe, le consentement, l'anonymat et la gratuité.
Elle condamne sévèrement la commercialisation
d'organes en vue de greffe. Cet acte illégal est passible
de 7 ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende, pour
le médecin se livrant à cette pratique comme
pour le patient.
L'Etablissement
français des Greffes met tout en uvre pour lutter
contre la pénurie de greffons et offrir aux malades
inscrits sur la liste nationa | | |