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La revue de Presse du quatrième trimestre 2004 -
octobre, novembre, décembre 2004.

L'actualité de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche dans le monde d'octobre à décembre 2004 :

L'histoire méconnue de la greffe du rein

22 décembre 2004, Le Figaro

Il y a cinquante ans, après toute une série d'échecs, une équipe américaine réussissait la première transplantation d'organes
L'histoire méconnue de la greffe du rein
Il y aura cinquante ans demain que la première greffe de rein couronnée de succès a été pratiquée, le 23 décembre 1954, par une équipe de Boston (États-Unis). Ronald et Richard Herrick, le donneur et le receveur, étaient deux vrais jumeaux. L'épopée de la greffe du rein, portée aussi à l'époque en France par un petit nombre de pionniers, a été toujours empreinte du désir de sauver des individus qui avaient tous une histoire bien à eux. Retour sur ces pages héroïques et méconnues.

Le 12 janvier 1951, au petit matin, deux équipes de médecins sont présentes à la prison de la Santé pour récupérer les reins d'un condamné à mort Jean-Louis Estingoy qui, avant de mourir, avait fait don de son corps à la science (1). L'une vient de Broussais, sous la houlette du professeur Paul Milliez, l'autre de Créteil, dirigée par le professeur André Lemaire. Chacune prélève un rein afin de tenter de sauver deux malades, une femme de 44 ans, une autre, très jeune de 24 ans toutes deux à l'article de la mort. C'est une grande première en Europe. Malheureusement, les deux malades succombent, respectivement deux et trois semaines plus tard. Pourtant, d'autres chirurgiens persévèrent et réalisent cinq autres greffes dans les premiers mois de l'année 1951. Cinq échecs. "Le but recherché, remplacer le parenchyme rénal insuffisant, n'a jamais été atteint", constatent, non sans une certaine amertume, ces pionniers.

Un an plus tard, une autre équipe française (Hamburger, Delinotte, Oeconomos, Vaysse) tente l'impossible. Dans la nuit du 25 au 26 décembre 1952, ces médecins et chirurgiens décident de greffer un rein à un jeune charpentier de seize ans, Marius Renard, sévèrement blessé à la suite d'une terrible chute d'un chantier de neuf mètres de haut. Mais pas n'importe quel rein. Celui de sa mère Gilberte, prête à tout pour sauver son fils.

Constatant que le rein droit était éclaté, le chirurgien décide de le lui enlever pour mettre fin à l'hémorragie interne qui menace ses jours. Mais Marius Renard est né avec un seul rein, une particularité anatomique qui avait échappé à l'équipe chirurgicale. Tant et si bien que, en le lui enlevant pour le sauver, le chirurgien l'a définitivement privé de l'organe qui lui permettait de filtrer ses déchets. Le jeune homme est transporté à Paris à Necker, dans un état très grave avec un taux d'urée dans le sang à 4,3 grammes par litre (au lieu de 0,15 à 0,5).

Sa mère qui l'a accompagné n'hésite pas, elle propose un de ses reins pour le sauver. L'intervention est un succès. Le taux d'urée chute très rapidement à 0,50 gramme et les fonctions urinaires reprennent. Marius recommence à se lever et à faire quelques pas. Mais le 16 janvier 1953, il n'arrive plus à uriner. Le taux d'urée remonte très vite et le jeune homme meurt dans un état convulsif. Victime d'une crise de rejet, du fait de l'incompatibilité tissulaire entre son organisme et celui de sa mère. Un phénomène qui allait rester quelques années incompris jusqu'à ce que Merrill en janvier 1959 à Boston, puis Hamburger, à Paris en juin de la même année, passent à un deuxième stade, celui de conditionner le receveur par une exposition au télécobalt destinée à freiner les réactions de rejet, après la greffe.

Au fil des ans, chercheurs et médecins - en particulier pour la France Jean Dausset, Jean Hamburger, René Küss, Marcel Legrain et Paul Milliez - conjuguent leurs talents pour trouver des solutions aux multiples problèmes posés par ces interventions de la dernière chance, destinées à des personnes en état d'insuffisance rénale sévère : groupage tissulaire entre donneur et receveur, techniques de conservation du greffon, mise au point de médicaments immunosuppresseurs pour lutter contre le rejet, organisation des prélèvements et des transplantations à l'échelle nationale, etc.

La réussite d'une transplantation dépend en effet d'une préparation minutieuse du donneur et du receveur, du contrôle de la réponse immunitaire dans la prévention du rejet, d'une organisation sans faille des prélèvements d'organes et d'une bonne technique chirurgicale.

Depuis les années 50, la greffe de rein, destinée à des patients en insuffisance rénale terminale, a connu un extraordinaire succès. Aujourd'hui, à la lecture des courbes de survie communiquées par l'Établissement français des greffes, les résultats sont excellents.

Mais le manque crucial d'organes représente toujours un problème de taille dans notre pays même si le "plan greffes", mis en place en 2000, a porté ses fruits. Le nombre de transplantations est passé de 1 580 en 1997 à 2 147 cinq ans plus tard.

L'an dernier, 8 000 personnes en France étaient en attente de transplantation rénale. Le quart d'entre elles seulement (2 023) a pu bénéficier de l'intervention salvatrice. "60 à 70% des candidats sur listes d'attente le sont pour une greffe de rein", reconnaît le Dr Corinne Antoine, néphrologue à Saint-Louis et médecin expert auprès de l'Établissement français des greffes. Mais il est difficile de dire combien de temps un patient risque d'attendre. De deux à quinze ans, en fonction de son groupe sanguin, de son groupe tissulaire HLA, de l'existence ou non d'anticorps anti-HLA. Et les délais sont aussi très différents d'une région à une autre en sachant qu'il existe en tout 45 équipes de transplanteurs dont neuf exclusivement consacrées aux enfants.

95% des greffons sont prélevés sur des personnes en état de mort cérébrale, ce qui soulève encore bien des difficultés en raison de l'opposition des familles au prélèvement. Les greffes avec donneur vivant sont réputées donner de bien meilleurs résultats à moyen et surtout à long terme. Mais 5% seulement sont dans ce cas, contre 50% aux États-Unis et 50 à 60% dans les pays nordiques.

On attend toujours les décrets d'application de la nouvelle loi de Bioéthique qui devrait élargir le cercle des donneurs (jusqu'ici restreint aux parents et aux frères et soeurs du malade) aux grands parents, au conjoint, aux oncles et tantes et même aux cousins et cousines. "Mais la décision de pratiquer une transplantation à partir de tels donneurs devra être entérinée par un collège indépendant d'experts comprenant notamment juriste et psychologue, explique ce médecin. Pour s'assurer que le donneur potentiel prend une telle décision en toute indépendance."

(1) Cette histoire est racontée dans un ouvrage de Pierre Bourget et Claude Blouin intitulé Histoire de la médecine depuis 1940, paru en 1983 aux Éditions des Presses de la Cité.Article du 06-Déc-2004 par Bruno FANTINO,Françoise PIOT-FANTINO

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Le pari gagné des frères Herrick et du docteur Murray

22 décembre 2004, Le Figaro

Ils ont, à eux trois, écrit l'une des pages les plus audacieuses de l'histoire médicale récente. Ce 23 décembre 1954, dans son hôpital de Boston, le docteur Joseph Murray pratique sans filet une greffe de rein qui, contrairement aux tentatives précédentes, ne débouchera pas sur un rejet. Et pour cause : le donneur sur lequel l'organe a été prélevé est le frère jumeau du receveur - un malade que ses graves problèmes néphrétiques menaçaient d'emporter à tout moment. Leur parfaite compatibilité tissulaire permet, pour la première fois, à un greffé rénal de survivre plus d'un an après l'opération. Succès qui, en stimulant la recherche, ouvrira la voie à la mise en oeuvre de nombreux types de transplantations.

Lorsque le hasard le met en présence des frères Herrick, courant 1954, Joseph E. Murray planche depuis deux ans déjà sur un projet de transplantations de rein. Ce chirurgien, qui s'est distingué pendant la Seconde Guerre mondiale en reconstruisant des blessés gravement brûlés ou mutilés, travaille à prélever des reins sur des chiens avant de les leur réimplanter. Son objectif : peaufiner la technique chirurgicale avant de pouvoir régler le problème de la compatibilité tissulaire.

Avant lui, en effet, plusieurs équipes ont tenté, en vain, de greffer des organes - lesquels ont systématiquement été rejetés par le système immunitaire des receveurs. "Or soudain, sur le pas de notre porte, nous avons trouvé deux jumeaux identiques, se souvient Joseph Murray (1). L'un était en train de succomber à une maladie des reins et l'autre était sain. C'était la configuration idéale pour un transfert à l'homme de nos résultats de laboratoire."

Avant de faire le grand saut, le chirurgien multiplie les précautions. Pour vérifier que les deux hommes sont bien de vrais jumeaux homozygotes - seule façon de garantir leur parfaite histocompatibilité -, il compare leurs empreintes digitales après les avoir fait relever à cet effet par la police de Boston. De surcroît, il commence par greffer sur le receveur un lambeau de peau prélevé sur son frère afin d'exclure tout risque de rejet. Quant à Richard Herrick, le malade, et à son frère Ronald, alors âgés de 23 ans, ils n'hésitent guère : "Bien sûr, nous savions qu'une telle chose n'avait jamais été faite, raconte Ron, aujourd'hui âgé de 73 ans. Mais nous sentions très fort que ça allait marcher."

De fait, l'opération, qui dure cinq heures et demie, est un succès. Pourvu d'un rein en état de fonctionnement, Richard Herrick peut commencer une nouvelle vie. Dans la salle de réveil de l'établissement, Richard fait en effet la connaissance de Clare, cadre infirmière qui, n'ayant rien prévu pour les vacances de Noël, a accepté de veiller sur le miraculé. Une fois sorti de l'hôpital, il l'épousera et ils auront deux enfants - appelés à devenir respectivement enseignant et... infirmière dans un service de dialyse rénale. Richard Herrick, lui, mourra huit ans plus tard sous l'effet d'une nouvelle maladie rénale, sans lien avec la greffe.

Quant à Joseph Murray, l'un des pères de la transplantation, il a poursuivi sa carrière de chirurgien en se concentrant sur les greffes rendues possibles par l'avènement des traitements immuno-suppresseurs. Ceux-ci permettent de réaliser des transplantations, même lorsque donneur et receveur ne sont pas totalement compatibles. Grâce, entre autres, à ses travaux, plusieurs centaines de millions de greffes ont ainsi été pratiquées à travers le monde au cours des cinquante dernières années. Un pas en avant qui lui a valu de partager en 1990 le prix Nobel de médecine avec un autre pionnier de la transplantation - spécialisé dans les greffes de moelle osseuse -, Donnall Thomas.

(1) Dans le cadre d'un entretien récemment accordé à l'organisation New York Organ Donor Network.

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Il y a 50 ans : la première greffe d'organe

21 décembre 2004, Le Nouvel Observateur

C ela s'est passé un 23 décembre et pourrait être un conte de Noël : un frère fait don d'un de ses reins à son jumeau malade, lui sauvant la vie et permettant au greffé de tomber amoureux de l'infirmière qui veilla sur lui pendant les fêtes... Cette histoire vraie fut surtout une grande première médicale : le 23 décembre 1954, le Dr Joseph Murray réussit à Boston la première greffe d'organe de l'histoire de la médecine.

Les travaux sur les greffes ont commencé au début du 20ème siècle. Cependant les tentatives, notamment sur l'animal, se heurtaient au problème du rejet de l'organe par le receveur. Après-guerre, la recherche sur le système immunitaire a progressé et les médecins tentent de résoudre le problème de la compatibilité donneur-receveur. En 1952 une tentative de greffe de rein entre une mère et son fils échoue à Paris.

Outre-Atlantique, à Boston, le chirurgien Joseph Murray est persuadé que la greffe est possible entre deux vrais jumeaux. En 1954, le cas de Ronald et Richard Herrick lui offre l'occasion de tester ses travaux théoriques. Richard souffre de néphrite, une inflammation du rein potentiellement mortelle. Ronald lui donne un rein. L'opération réussit.
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Le premier greffé vivant épouse l'infirmière qui veille sur lui en salle de réanimation et gagne huit ans de vie.

La greffe a ensuite progressé avec la meilleure compréhension du système immunitaire, notamment des antigènes HLA. Présents à la surface des cellules de l'organe greffé, ces antigènes sont identifiés par le système immunitaire de l'hôte comme des éléments étrangers qu'il faut combattre. Les traitements anti-rejets se sont améliorés en parallèle de la recherche fondamentale. Et les premières se sont succédées : première greffe de foie 1963, première greffe de cœur réalisée en 1967 par le Pr Christian Barnard en Afrique du Sud.

Quant au Pr Murray il poursuivit ses travaux sur la greffe de reins à partir de donneurs décédés. Il reçut le prix Nobel de médecine en 1990 à égalité avec un autre pionnier, l'Américain E. Donnall Thomas, qui avait lui réussi des greffes de moelle osseuse. Aujourd'hui âgé de 85 ans, Joseph Murray a participé cette année à plusieurs cérémonies pour le cinquantenaire de la première greffe aux côtés du donneur, Ron Herrick.

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Une greffe sans précédent à Taiwan

8 décembre 2004, Canadian Press

C'est une première médicale à Taiwan : une greffe réussie d'un rein provenant d'un donneur au groupe sanguin incompatible avec celui du receveur. La patiente qui a bénéficié de la transplantation a quitté hier en pleine forme l'hôpital de l'université de Taiwan.

" Je ne te remercierai jamais assez pour le reste de ma vie ", a déclaré Hu Pao-chu, la greffée, à son mari, le donneur d'organe, lors d'une cérémonie organisée pour son retour à une vie normale.

Agée de 54 ans, Hu Pao-chu, de groupe sanguin B, a reçu le 24 novembre dernier un des reins de Yu Kuo-hsun, de type AB. " C'était sa dernière chance", a expliqué ce dernier dont l'épouse attendait depuis des années, sans succès, un organe provenant d'un donneur compatible.

Plus d'une centaine d'opérations de ce type ont été menées au Japon ces dernières années selon une procédure particulière pour que l'organe greffé ne soit pas rejeté. Cette réussite médicale locale relance les espoirs de nombreux patients dans l'attente d'une transplantation.

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Les relations du médecin généraliste avec l'entourage de ses patients : Quelles conséquences pour l'entourage du patient ?

6 décembre 2004, Le Quotidien du Médecin

Si l'HAD est désormais possible grâce à une organisation et à une technicité médicale en constant progrès, elle nécessite impérativement une présence familiale et sociale, l'aménagement de l'habitat, l'installation de technologies particulières et de services logistiques.
La présence de l'entourage apparaît donc à la fois comme la raison d'être et la condition principale du maintien à domicile.
C'est la famille, les proches que l'on va retrouver en première ligne lorsqu'il faudra planifier les interventions de l'aide soignante, du kinésithérapeute, de l'infirmière, ou quand il faudra être là pour aider à prendre les repas.
Si le médecin coordonnateur, ce " facilitateur de soins " joue un rôle primordial pour conjuguer les interventions des différentes catégories de soignants, il sait trouver les appuis nécessaires auprès de l'entourage pour que la " machine HAD " ne se " grippe " pas.
Mais l'entourage du patient n'est pas mis à contribution seulement dans l'HAD. Différentes études de proximologies ont permis récemment d'identifier l'impact de certaines ­ma­sladies chroniques sur la vie de cet entourage si souvent sollicité. Quel­ques exemples illustreront mieux le propos.

Ainsi la dialyse rénale retentit-elle grandement sur les conjoints. L'immense majorité de ceux-ci avouent subir les conséquences directes de la maladie et de sa prise en charge thé­rapeutique sur leur vie quotidienne. En particulier, ils doivent organiser leur journée en fonction des séances de dialyse et, surtout, réduire les loisirs et sorties bien plus fréquemment que si le malade avait bénéficié d'une greffe. Les départs en vacances sont, par ailleurs, notablement réduits.
La pathologie a un impact sur les relations de couple et les relations familiales : une surveillance accrue, l'autocensure dans le domaine des projets, la crainte de fatiguer le malade sont des éléments plus fréquemment cités lorsque le malade n'est pas greffé. Il ne faut pas occulter les conséquences financières liées à la pathologie, plus importantes une fois encore chez les sujets en dialyse. A l'arrêt ou à la réduction de l'activité du malade s'ajoutent les difficultés pour obtenir un prêt bancaire. Tandis qu'un conjoint sur deux garde un bon ou un très bon moral lorsque le malade est greffé, ils ne sont plus qu'un sur quatre quand il y a dialyse.
Quel que soit le mode de suppléance de la fonction rénale, les besoins et attentes des conjoints portent essentiellement sur l'information liée au traitement. Les informations sur la maladie rénale, les conseils pratiques pour faire face à la situation, l'accès aux centres de dialyse constituent les préoccupations essentielles des conjoints.
L'aide psychologique et l'aide ménagère à domicile, mais aussi l'aide financière sont des attentes récurrentes, même si leur intensité peut varier selon que le malade soit dialysé ou greffé.

[...]

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Les relations du médecin généraliste avec l'entourage de ses patients : Rendre compatible la maladie et l'évasion

6 décembre 2004, Le Quotidien du Médecin

Ils viennent de s'unir et ont eu un enfant. Deux ans plus tard, son mari se sent en pleine forme, mais il prend un peu de poids. Il travaille comme enseignant et, lors de la visite médicale, l'analyse d'urine trouve de l'albumine. Les compléments d'analyses (créatinine, urographie, etc.) indiquent rapidement qu'une dialyse rénale est indispensable.

Tout s'est enchaîné d'une façon rapide : hospitalisation pour créer la fistule, visite du service d'hémodialyse, puis l'annonce : " dans deux semaines vous serez là ". Aussitôt, on a proposé la dialyse à domicile, soulignant l'avantage des horaires, l'absence de contrainte et les aides possibles.
Trois mois plus tard, ils dialysent à la maison. " Nous dialysions vers 23 heures, car mon mari travaillait et faisait des travaux pratiques avec ses élèves. Nous débutions la dialyse vers 23 heures pour finir vers 3 heures du matin. Seulement, le lendemain à 7 heures, il fallait se préparer car nous retravaillions tous les deux et nous devions également nous occuper de notre enfant. "
Une nuit de décembre, vers 2 heures du matin, on est venu les prévenir qu'il allait être greffé.
Mais le greffon ne remplissait pas suffisamment sa fonction et deux mois après la greffe, il faut reprendre les dialyses. Ils ont envisagé de faire des séances de plasmaphérèse qui " marchaient très bien ". Il en a subi 15. Le matin, 4 heures de dialyse, l'après-midi, 2 heures de plasmaphérèse et cela tous les jours, pour conclure, un peu plus tard, que cela ne servait plus à rien : le greffon ne fonctionnait plus.
Puis un jour, son mari a uriné du sang. Le greffon a dû être retiré. Les dialyses ont repris, au rythme de un jour sur deux. Quelques problèmes " comme tout le monde " : syndrome de l'eau dure, oedème cérébral, poussées de tension'
Au niveau professionnel, tout a été remis en question. " On n'investit pas sur des malades, donc aucune promotion en vue. Ensuite, vous tenez votre poste ou vous démissionnez. On est dans le privé. "
Quant à elle, elle n'a aucun regret. " J'ai fait ce que tout le monde aurait fait à ma place. J'aime mon mari, je ne veux en aucun cas être séparée de lui. Nous avons connu des moments dramatiques, mais cela a renforcé nos sentiments. " Elle a passé des nuits entières, seule, assise à le veiller. " Il ne faut pas oublier que personne ne peut vous aider en pleine nuit. "
Quand nous avions un ennui avec la machine, nous pouvions toujours téléphoner à l'hôpital, car nous avions quand même une ligne directe. Mais les techniciens n'étaient jamais joignables. On nous répondait simplement : " Débranchez votre mari et laissez un message sur le répondeur "'
Pour finir, leur vie de famille a été très perturbée et leurs enfants ont souffert de voir leur père dans des moments très difficiles. " Je n'ai jamais eu beaucoup de temps à leur consacrer. Nous ne sommes jamais partis tous ensemble en vacances, etc. "
" Une chose est positive : les progrès de la médecine. Les machines sont plus performantes. On vit plus longtemps : pour nous cela fait 25 ans. Mais je crois aussi qu'à l'heure actuelle les greffes marchent beaucoup mieux. "

Quel rôle pour le médecin traitant ?' Ce témoignage est bouleversant et tout aussi étonnant. Comment l'épouse n'a-t-elle jamais " craqué " ?
En tout cas, elle ne le raconte pas. Car s'occuper d'un patient en dialyse péritonéale ou en centre n'est pas une mince épreuve. Outre les épisodes classiques inhérents à la technique s'installe une routine à double tranchant : elle permet d'oublier le handicap lorsque les choses sont à peu près sous contrôle, le malade restant plus ou moins socialement inséré ; elle use par un rituel sans fin qui rappelle chaque jour une dépendance, dépendance souvent davantage vécue par l'entourage que par le sujet dialysé lui-même. Cette dépendance à la machine qui condamne les loisirs, les vacances et happe toute l'organisation de la vie familiale.
C'est le médecin généraliste qui, parfois, devra impulser, forcer le cours des choses, pour rendre possible une évasion, un répit. Pour cela, il faut oser aborder la question, dire que ce sera bien pour le moral de tout le monde et replacer la maladie dans le cadre familial. Ne pas taire qu'elle retentit sur l'équilibre de tous et que, en conséquence, tous doivent " négocier avec elle ". Choisir un lieu de vacances où la dialyse sera possible parce qu'un centre existe et a de la place, par exemple. Mais aussi organiser le répit, de quelques heures, pour que cette femme s'occupe un peu d'elle. Dire qu'elle en a le droit et, sans doute même, l'obligation pour mieux entourer son mari ensuite. Parce que si elle va mieux, son mari aussi ira mieux.
Déculpabiliser et expliquer cette vérité est ici encore le rôle essentiel du médecin généraliste : cette explication peut avoir lieu en tête-à-tête avec l'épouse ou, mieux, en présence du patient, dans une discussion ouverte et sereine.

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Lancement du projet européen ALLIANCE-O : Pour la première fois, 7 pays d'Europe s'associent pour lutter contre la pénurie d'organes

3 décembre 2004, Communiqué de presse de l'EfG

Pour la première fois, 7 pays d’Europe s’associent pour lutter contre la pénurie d’organes

L'activité de greffe, thérapeutique efficace qui améliore ou sauve la vie de nombreux patients, souffre aujourd’hui d’une pénurie de greffons, sensible dans chaque pays européen. Dans ce contexte et pour la première fois, l’Allemagne, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Italie, le Portugal et le Royaume-Uni se sont regroupés dans le cadre d’un projet financé, pendant trois ans, par la Commission Européenne pour mettre en commun leur savoir-faire et leurs pratiques et faire avancer leur réflexion dans ce domaine. Il s’agit du projet ALLIANCE-O « European Group for Coordination of National Research Programmes on Organ Donation and Transplantation» (Programme ERANET du 6ème Programme Cadre de Recherche et Développement Technologique).
ALLIANCE-O est piloté par l’Etablissement français des Greffes et a pour objectif de coordonner les programmes de recherche nationaux et régionaux de chacun de ces pays autour de plusieurs axes de travail :

  • Augmentation du nombre de donneurs (donneurs décédés et donneurs vivants) ;
  • Amélioration de l’équité et de l’efficacité des règles de répartition ;
  • Amélioration de la sécurité et de la qualité de la greffe d’organes ;
  • Amélioration des méthodes d’évaluation de l’activité de prélèvement et de greffe ;
  • Amélioration de la coordination en recherche fondamentale ;
  • Analyse comparative des aspects éthiques et légaux du prélèvement et de la greffe.

A travers un travail d’identification, d’évaluation et d’analyse comparative, ALLIANCE-O permettra d’harmoniser les programmes en cours dans chacun des pays et de définir de meilleures pratiques communes. La première étape de ce projet est d’établir un état des lieux de la question dans l’Union Européenne, disponible au printemps 2006.

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La dialyse à domicile a de l'avenir

2 décembre 2004, Le Quotidien du Médecin

Moins contraignante, moins onéreuse, la dialyse à domicile a la faveur des patients comme des pouvoirs publics. Encore insuffisamment prescrite, elle pourrait être comme une solution d'avenir grâce à des techniques telles que la dialyse péritonéale automatisée.

FACE A LA VOLONTE des pouvoirs publics de développer la dialyse à domicile*, et à quelques mois de la mise en place de nouveaux schémas régionaux d'organisation sanitaire (Sros), les Laboratoires Baxter ont jugé indispensable de pérenniser une réunion annuelle sur l'évolution des techniques. La première Journée de la dialyse à domicile, organisée à Paris, a été l'occasion de faire le point sur les solutions existantes et d'en envisager le développement.
Premier constat : le domicile est insuffisamment prescrit en France, tout comme à l'étranger d'ailleurs. Sur les 45 000 patients français atteints d'insuffisance rénale chronique terminale, 10 % seulement sont traités par dialyse péritonéale et 2 % environ par hémodialyse à domicile. Toutefois, l'augmentation du nombre d'insuffisants rénaux lié au vieillissement de la population (+7 000 cas chaque année), le constant manque de greffons (à ce jour, seulement 35 % des patients ont pu bénéficier d'une greffe), le coût pour la collectivité ainsi que des évolutions technologiques récentes ont relancé l'attrait pour ces modes de prise en charge.
Première technique de domicile, la dialyse péritonéale (DP) permet au patient de gérer lui-même son traitement (avec l'aide d'un proche ou d'une infirmière, au besoin), via un cathéter permanent. Il existe désormais deux modalités de DP : la DP continue ambulatoire, où le patient change manuellement la solution de dialyse quatre fois par jour ; et la dialyse péritonéale automatisée (DPA), réalisée à l'aide d'un cycleur pendant le sommeil du patient. Moins contraignante que l'hémodialyse, la DP présente beaucoup d'autres avantages. On constate que les patients en DP ont une meilleure préservation de la fonction rénale résiduelle, d'où un régime et une diète hydrique moins stricts. Le délai de fonctionnement du greffon après transplantation est plus court chez ces patients ; or la survie du rein transplanté dépend de ce délai. En outre, les effets cardio-vasculaires sont diminués et le capital veineux préservé (pas d'accès vasculaire). Enfin, dans l'environnement protégé du domicile, le risque d'infection nosocomiale et l'incidence des hépatites sont plus faibles. De façon générale, la qualité de vie des patients est meilleure. La DP offre notamment une plus grande liberté de maintien des activités professionnelles.

Une autonomie à géométrie variable.
Cette technique répond à des indications très variées, depuis l'attente de tranplantation jusqu'au maintien à domicile de la personne âgée. Elle doit pouvoir être désormais proposée aux patients chaque fois que leur état médical et leur contexte de vie le permettent. L'autre possibilité, l'hémodialyse à domicile (HDD), nécessite un appareillage plus lourd - un dialyseur - auquel le patient se connecte via une fistule artério-veineuse. Ce qui explique peut-être le faible pourcentage de patients en HDD. L'hémodialyse quotidienne semble toutefois bénéficier aujourd'hui d'un regain d'intérêt.
Le choix du « domicile » apparaît cependant comme plus important que le choix de la technique elle-même, la perception de l'autonomie étant tout à fait individuelle. En outre, « l'autonomie ne se décrète pas ; elle se construit, pour le malade et avec lui », souligne la psychologue Josiane Patin. « Aucune méthode n'est bonne ou mauvaise, tout dépend du rapport de chacun avec son traitement. C'est à l'équipe soignante de chercher avec le patient et de l'aider à trouver les moyens de son autonomie », renchérit Guislaine Becel, venue apporter son témoignage. Une aide qui passe par une information pluridisciplinaire, provenant de chacun des membres de l'équipe : néphrologue, diététicien, psychologue, assistante sociale. Une multidisciplinarité d'autant plus essentielle que les traitements hors centre nécessitent une prise en charge globale du patient.
D'un point de vue purement économique, le choix semble vite fait : la dialyse à domicile coûte moitié moins cher que l'hémodialyse en centre : 32 000 euros par an contre 61 000. Mais les études qui permettent d'avancer ces chiffres ont dix ans pour la plupart. Elles ont été réalisées sur de petits échantillons de patients et ne tiennent pas compte du coût de certains postes, tels que transports ou aménagement du domicile. Le différentiel de coût reste donc à affiner.

> HELENE GRILLON

* Décret du 23 septembre 2002.

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Greffe de moelle osseuse : Un plan pour trouver 100000 donneurs

26 novembre 2004, Communiqué de presse de l'EfG

100 000 nouveaux donneurs de moelle osseuse dans le fichier français pour répondre aux besoins des patients

Pour améliorer l’activité de greffe de moelle osseuse en France et répondre aux besoins des patients, l’Etat s’engage, dès 2005, à recruter 100 000 nouveaux donneurs en 10 ans pour le fichier français des volontaires au don de moelle osseuse.
Pour guérir certaines maladies graves et notamment des maladies hématologiques malignes, comme les leucémies par exemple, le médecin dispose de diverses modalités de traitement, dont l’allogreffe de moelle osseuse. Celle-ci ne constitue pas un recours systématique mais représente, dans certains cas, une possibilité thérapeutique essentielle.

Lorsqu’un tel traitement est envisagé, le médecin va d’abord chercher un donneur dans la fratrie. On parle alors de greffe intra-familiale ou d’allogreffe apparentée de moelle osseuse. Elles représentent 68.3 % des allogreffes de moelle osseuse en 2003. Mais parfois, ce donneur familial n’existe pas, soit parce que le malade n’a pas de frère et sœur, soit parce que ces derniers ne sont pas compatibles avec lui. Les médecins font alors appel au fichier mondial des volontaires au don de moelle osseuse. Il compte près de 9 millions de donneurs, dont 130 000 sont issus de l’actuel fichier français. Mais il reste parfois difficile, voire impossible, de trouver un donneur compatible car le système HLA est très complexe et très polymorphe. En 2003, en France, 31,7 % des allogreffes de moelle osseuse ont été réalisées en faisant appel aux fichiers répertoriant les volontaires au don de moelle osseuse.

Pour répondre aux besoins des patients, l’Etat engage aujourd’hui un plan d’action sur dix années, visant à rendre accessible l’allogreffe1 de moelle osseuse à davantage de malades. Le recrutement de 100 000 nouveaux donneurs est programmé pour une durée de dix ans, à raison d’un recrutement de 10 000 donneurs par an.
Afin de faciliter l’accueil des donneurs de moelle osseuse dans les centres donneurs de l’Etablissement Français du Sang et des établissements de soins, un projet pilote sera lancé sur deux villes, Marseille et Montpellier. Il s’adressera aux médecins libéraux pour les faire participer au recrutement des donneurs, en particulier en leur confiant la réalisation de la consultation médicale et de l’entretien préalable au don.

Ce plan d’action tient compte à la fois des recommandations d’un groupe d’experts et du souhait des associations de voir s’étendre le fichier français. Ces dispositions permettent également de participer à l’effort mondial de recrutement de nouveaux donneurs et d’être en mesure de proposer aux patients étrangers les ressources du fichier français, comme nous faisons appel, pour les patients français, aux ressources du fichier mondial. Ce recrutement devrait conduire à augmenter le taux d’allogreffes non-apparentées réalisées à partir du fichier français de 25 % à 50 %. En 2003, en effet, 75 % des allogreffes de moelle osseuse non-apparentées ont été réalisées à partir de donneurs issus du fichier mondial.

Actuellement, le type de recrutement retenu pour le fichier français vise à l’augmenter en quantité et en qualité car un certain déséquilibre y a été constaté : la proportion de femmes inscrites y est de 60 % et 60 % des hommes de ce fichier ont plus de 40 ans. La France a la chance de disposer d’une population qui a bénéficié au fil des siècles des apports des populations migrantes. Les antigènes HLA2 y sont donc très divers et constituent une véritable richesse. Cette diversité est insuffisamment représentée au sein du fichier. Aussi, le recrutement cherche à intégrer plus volontiers au fichier français des hommes de moins de 40 ans d’origines géographiques diverses.

De nouvelles techniques pourraient contribuer à définir différents niveaux de typage et nous permettre de gagner en temps et en coûts, donc en efficacité lors du recrutement des donneurs. Seuls les phénotypes à priori les plus intéressants seraient complètement explorés et subiraient l’ensemble des examens nécessaires. Une expertise de ces nouvelles techniques est en cours en collaboration avec l’Etablissement français des Greffes et l’Etablissement français du Sang, afin d’étudier les changements qu’elles impliquent.

Malheureusement, il y aura toujours des malades qui n’auront jamais de donneur compatible en raison de l’extrême complexité du système d’identité tissulaire, et ceci même si l’ensemble de la population mondiale était typée. Pour ceux-ci, la greffe de sang placentaire constitue une alternative thérapeutique (il y a aujourd’hui 5 000 unités de sang placentaires en France et 170 000 dans le monde).

Au décours de l’accouchement, il en effet possible de prélever le sang contenu dans le cordon ombilical, riche en cellules souches et utilisables pour la greffe sans aucun dommage pour le nouveau né. Ces cellules ont, par rapport, à celles de la moelle, l’avantage d’une meilleure tolérance : une stricte compatibilité donneur/receveur n’est donc pas nécessaire.

Seules les villes de Bordeaux et Besançon assurent actuellement la collecte du sang placentaire.

Dès 2005, deux maternités supplémentaires assureront cette collecte ; à Toulouse et à Créteil, permettant ainsi de disposer d’un plus grand nombre de lieux, mieux répartis sur le territoire national, améliorant ainsi la diversité des phénotypes représentés. En fonction des résultats de cette première extension, et des besoins enregistrés, d’autres lieux seront envisagés.

1 Une allogreffe (ou greffe allogénique) est une greffe faisant appel à un donneur, que le donneur soit non-apparenté ou qu’il soit familial. Il faut la différencier de l’autogreffe, où la propre moelle osseuse du malade est utilisée.
2 Un donneur compatible avec un patient pour qui une greffe de moelle osseuse est envisagée est une personne dont les antigènes HLA (ou dont le système HLA – Human Leucocyte Antigen) sont identiques ou sont aussi proches que possible de ceux du patient.

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Quelles perspectives pour la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire en France ?

26 novembre 2004, Communiqué de presse de l'EfG

Devant la faible d’activité de greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire en France, l’Etablissement français des Greffes et la communauté des greffeurs ont travaillé à la définition de nouveaux critères de prélevabilité des greffons, destinés à relancer cette activité dans notre pays, et ont réfléchi sur l’optimisation de l’organisation de la greffe. Ce premier travail a déjà porté ses fruits puisque l’activité de greffe pulmonaire en France enregistre pour les 10 premiers mois de l’année 2004 une augmentation de plus de 60 %.
La greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire enregistre une baisse d’activité certaine depuis le début des années 90 : 92 greffes pulmonaires ont été réalisées en 2003 alors que 181 avaient été réalisées en 1991. Dans ce domaine, la France se situe loin derrière les autres pays européens : 1,5 greffes pulmonaires par million d’habitants contre 2,4 aux Pays-Bas et 6,4 en Belgique. C’est le résultat d’une activité de prélèvement pulmonaire trop faible dans notre pays. Elle représente 9% de l’activité totale de prelèvement contre 30% dans certains pays (pour mémoire, le coeur et le foie représentent respectivement 29% et 69%).

Ce constat a conduit l’Etablissement français des Greffes et les professionnels de santé à travailler pendant un an avec un double objectif :

Etablir de nouveaux critères médicaux de proposition et de non-proposition de greffons pulmonaires aux équipes de greffe, admis par l’ensemble de la communauté, et proposer des recommandations d’experts pour améliorer la prise en charge des donneurs potentiels en vue d’un prélèvement pulmonaire.
Elaborer, de façon collégiale, un référentiel de la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire portant sur l’organisation et la qualité des pratiques. Les équipes rencontrent en effet depuis quelques années des problèmes d’organisation. Ce travail va se poursuivre par un audit de l’ensemble des équipes afin de proposer des recommandations pouvant servir à l’élaboration d’un prochain schéma d’organisation de la greffe.
Le fruit de ce travail a été présenté et débattu lors de la Journée d’information et d’échanges de l’Etablissement français des Greffes, le 22 novembre 2004. Cette réunion a également permis de mettre en commun les expériences de chacun en matière d’activité de prélèvement et de greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire.

Des résultats en très net progrès pour la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire
Les professionnels ont d’abord souligné les résultats en nette progression de la greffe pulmonaire qui sont souvent ignorés. Il faut rappeler que la greffe pulmonaire est « jeune », datant des années 80. Cette thérapeutique reste victime d’une image négative datant des années 90, due, en particulier, au taux de décès précoce qu’elle présentait à cette époque (50% de décès lors de la première année suivant la greffe). Des changements dans les pratiques médicales, les thérapeutiques nouvelles ainsi que l’expérience accumulée ont radicalement modifié cette situation. Le taux de survie à un an est désormais de l’ordre de 70% pour les cohortes de patients les plus récentes. La survie à 3 ans et 5 ans est également améliorée. Il s’agit désormais, d’une part, de regagner la confiance des pneumologues en amont, en leur montrant que cette thérapeutique peut constituer un réel recours pour certains patients et, d’autre part, de mobiliser les personnes en charge du prélèvement des greffons en aval.

De nouveaux critères simples de prélèvement permettant d’augmenter le nombre de greffons disponibles
Les professionnels du prélèvement et de la greffe ont souligné l’intérêt d’avoir défini, en collaboration avec l’Etablissement français des Greffes, de nouveaux critères simples de prélèvement et de nouvelles modalités de prise en charge des donneurs potentiels. Ce travail permet de proposer aux patients des greffons pulmonaires qui auraient été considérés, à tort, comme non-prélevables, au regard des critères antérieurs de prélèvement de poumon. Les professionnels ont également insisté sur l’intérêt de disposer de critères de non-prélèvement, c’est-à-dire de critères permettant l’exclusion absolue de certains donneurs.
Force est de constater aujourd’hui une forte hétérogénéité du prélèvement pulmonaire en France. La région Aquitaine prélève à elle seule 28 % des greffons pulmonaires alors que d’autres régions ont des taux faibles, voire nuls. Cette région, comme toute la région Sud, a en effet mis en place une stratégie proposant systématiquement les greffons pulmonaires aux greffeurs, sauf dans le cas de contre-indications absolues. Dans le cas de greffons dits « limites » (âge du donneur par exemple), l’avis de l’expert greffeur local est systématiquement demandé. La concertation entre l’Etablissement français des Greffes, les équipes de prélèvement et les professionnels de la greffe a été fortement recommandée, à l’issue des discussions, pour augmenter le nombre de greffons proposés.

Par ailleurs, en 2005, les recommandations du groupe d’experts SFAR-SRLF1 , réunis par l’Etablissement français des Greffes, concernant les critères de prélevabilité des greffons pulmonaires et cardio-pulmonaires et la prise en charge des donneurs potentiels en vue d’un prélèvement pulmonaire seront éditées. L’application anticipée de certaines de ces recommandations par les équipes a déjà permis d’enregistrer, pour les 10 premiers mois de l’année, une progression de 60 % pour l’activité de greffe pulmonaire et de 55 % pour l’activité de greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire par rapport à l’année 20032.

1Société française d’anesthésie réanimation-Société de réanimation de langue française.
2 En octobre 2003, 69 greffes de poumons et 13 greffes cœur-poumons ont été réalisées, contre 112 greffes de poumons et 15 greffes cœur-poumons en octobre 2004.

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C'est greffe, docteur?

25 novembre 2004, Libération

Le livre s'intitule la Greffe, mais son sujet est la greffe de moelle osseuse, on pourrait aussi bien dire la greffe de sang, puisque la moelle contient les cellules qui deviendront globules rouges, globules blancs et plaquettes. A la différence d'un organe (rein, coeur...), qui a une localisation fixe et limitée, le sang circule, il irrigue chaque point du corps. La question de l'identité, jamais absente des greffes d'organes (le philosophe Jean-Luc Nancy, greffé cardiaque, parlait dans l'Intrus (Galilée) du "double, à l'intérieur de lui"), se pose avec encore plus d'évidence dans la greffe de moelle, précisément parce que le sang est intimement mêlé à la totalité du corps. Les auteurs de la Greffe entre biologie et psychanalyse sont Jean-Pierre Jouet, hématologue, fondateur de l'unité de greffe de moelle osseuse au Centre hospitalier régional et universitaire de Lille, et Jacques Ascher, psychanalyste, qui a travaillé dix ans dans ce service. Leur livre tourne autour d'une question troublante : qu'est-ce qui change dans l'identité psychique quand l'identité biologique est modifiée par la médecine ?

La greffe de moelle est un des traitements de la leucémie. Elle guérit un malade sur deux, mais provoque le décès de 15 à 20 % des receveurs, notamment lorsque le greffon attaque le greffé. Comme dans les autres greffes, il faut trouver un donneur compatible ; à la différence des autres greffes, il s'agit d'un donneur vivant qu'on recherche d'abord dans la famille, puisqu'on a une chance sur quatre de trouver un donneur compatible parmi les frères et soeurs. On pourrait penser que le greffé guéri est content d'avoir échappé à la maladie, et aux effets secondaires de la greffe ; ça n'est jamais aussi simple. "J'étais content que ce soit mon frère C... mais il est chasseur et moi je suis écologiste", dit un receveur. "Est-ce que je vais devenir une fille ?", demande un garçon de 9 ans qui a reçu la moelle de sa soeur. Le sentiment d'identité peut vaciller chez celui qui assiste "à l'invasion de sa maison corporelle intime et familière par l'intime de l'autre, étranger du dehors", disent les auteurs.

Mais un des aspects les plus pénibles, et les plus tabous aussi, c'est "la problématique du don et de la dette". La greffe est un bouleversement pour le receveur. Pour le donneur aussi, qui doit "supporter d'être celui qui peut modifier le cours du destin d'un autre humain", de manière favorable, ou très défavorable quand, dans une terrible trahison, le greffon tue le greffé au lieu de le guérir. Sans parler du fait que les "donneurs apparentés" sont pris dans une "contrainte d'altruisme quasi obligatoire". Comme le remarquent Ascher et Jouet, "la liberté du donneur intrafamilial est relativement formelle". Un enfant ou un adolescent en particulier a souvent l'impression qu'il ne donne pas sa moelle, mais qu'on la lui prend. Symétriquement, il arrive que le receveur trouve la dette très lourde ­ "C'est très beau le geste de ma soeur, mais elle m'a toujours humiliée", dit une malade ­, jusqu'à l'insupportable parfois : "Ta moelle, tu peux te la garder", dit un autre. Autre menace : avoir littéralement le même sang dans les veines entraîne la perte de l'"espace psychique personnel", donneur et receveur sont comme siamois. Ma soeur parle "comme si mes pensées étaient les siennes", dit un jeune garçon. Sans compter que les idées d'introjection et d'intimité corporelle réveillent des angoisses d'inceste. "Mon frère et moi nous nous évitons plus ou moins, on ne se rencontre jamais seuls", dit une receveuse. Il y a aussi la troublante histoire d'Eric qui, atteint d'une leucémie, reçoit la moelle de sa soeur et doit quitter le service un 1er février. La date approchant, il est de plus en plus agité, jusqu'à faire un épisode délirant qui se déclenche le 1er février précisément. Neuroleptiques, rencontre avec le psychanalyste : le délire régresse et Eric raconte en sanglotant comment, il y a plus de vingt ans, à l'âge de 5 ans, il a été privé de son anniversaire. Le 1er février 1969, son frère Patrick est mort d'une leucémie, dans ce même hôpital. Sa mère confirme, et ajoute que, chaque matin, avant de rendre visite à Eric, elle va sur la tombe de Patrick.

En ouverture de cette réflexion passionnante sur une technique devenue si ordinaire qu'on en oublie à quel point elle est étrangère aux relations "naturelles" entre les corps et les personnes, il y a la préface lumineuse du psychanalyste Michel de M'Uzan. Après avoir fait part de sa perplexité à voir que tout un vocabulaire occupe "une place également légitime en biologie et en psychanalyse : incorporer, rejeter, assimiler, identifier", il montre de manière absolument convaincante la similitude troublante de deux processus. "Il y a des situations en marge de la vie ordinaire qui mobilisent des fonctionnements biophysiologiques et/ou psychologiques surprenants : la greffe de moelle et la situation analytique." Il rappelle qu'en 1977 déjà, il écrivait que, pendant la séance, vu la tolérance de l'analyste aux propos de son patient, tout se passait "comme si l'analysant envahissait littéralement l'esprit de l'analyste, lequel, à la limite, devenait l'appareil psychique même de l'analysant". Aujourd'hui, il ajoute que "l'assimilation de l'interprétation à un greffon, si audacieuse soit-elle, ne saurait surprendre puisqu'on en espère, après l'ébranlement initial, un changement profond dans l'économie psychique".

La Greffe entre biologie et psychanalyse

Jacques Ascher et Jean-Pierre Jouet
Préface de Michel de M'Uzan. PUF, 238 pp., 19 €.

Par Natalie LEVISALLES

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Réponse aux propos du Pr Didier Sicard

16 novembre 2004, Communiqué de presse de l'EfG

L'Etablissement français des Greffes souhaite apporter quelques précisions aux propos tenus dans le Figaro du 16 novembre par le Professeur Didier Sicard concernant les voyages de malades à l'étranger dans le but de se faire greffer à partir de donneurs vivants rémunérés :
En France, la loi encadre de façon très stricte l'activité de prélèvement et de greffe et prévoit, comme principes premiers du don et de la greffe, le consentement, l'anonymat et la gratuité. Elle condamne sévèrement la commercialisation d'organes en vue de greffe. Cet acte illégal est passible de 7 ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende, pour le médecin se livrant à cette pratique comme pour le patient.

L'Etablissement français des Greffes met tout en œuvre pour lutter contre la pénurie de greffons et offrir aux malades inscrits sur la liste nationale d'attente un meilleur accès à la greffe. Il faut d'ailleurs noter que depuis 10 ans, le nombre de greffes d'organes n'a cessé d'augmenter.
L'Etablissement français des Greffes a réalisé en 2002, à la demande de son Conseil médical et scientifique, une enquête auprès de l'ensemble des équipes de greffe rénale françaises afin de connaître le nombre de greffes faites à l'étranger à partir de donneurs vivants non apparentés rémunérés, c'est-à-dire dans des conditions contraires aux dispositions légales françaises au regard de la gratuité.
Le taux de réponse à cette enquête s'est élevé à 37 % et a montré qu'en 5 ans, 10 patients avaient été se faire greffer à l'étranger à partir de donneurs vivants rémunérés. Les pays dans lesquelles ces greffes ont eu lieu sont l'Inde, la Chine, la Turquie, l'Egypte.
Après recoupement avec la base de données de l'Etablissement français des Greffes pour examiner les malades effectivement sortis de liste pendant ces 5 années, pour greffe à l'étranger, il est apparu que les réponses au questionnaire reflètent la réalité. La greffe de résidents français à l'étranger à partir de donneurs rémunérés conserve donc un caractère sporadique et isolé.
Les patients greffés dans ces conditions à l'étranger s'adressant aux services hospitaliers en France pour le suivi après greffe sont bien entendu pris en charge.
Il faut rappeler l'obligation légale du secret professionnel qui interdit au médecin de dénoncer le malade qu'il a en charge.
L'Etablissement français des Greffes continue à exercer sa vigilance dans ce domaine en poursuivant la collecte régulière d'informations sur ce type de greffe auprès des médecins et des chirurgiens transplanteurs. De plus, il contribue activement à la lutte contre la commercialisation des organes menée dans le cadre des institutions internationales, notamment au niveau Européen (Conseil de l'Europe et lors de l'adhésion de nouveaux états membres).

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La commercialisation du corps, un phénomène irréversible

16 novembre 2004, Le Figaro

Un entretien avec le président du Comité consultatif national d'éthique

Lors des Journées annuelles d'éthique qui s'ouvrent aujourd'hui à Paris, les membres du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) vont aborder plusieurs nouveaux champs de réflexion dont celui des nouvelles technologies de la reproduction et la commercialisation du corps. Le professeur Didier Sicard, président du comité, fait le point.
Propos recueillis par Catherine Petitnicolas

Le FIGARO. - Des étudiantes américaines vendent aujourd'hui leurs ovocytes à prix d'or, lorsqu'elles sont belles et issues d'universités prestigieuses, pour permettre à des femmes stériles d'avoir des enfants. Que pensez-vous d'un tel phénomène ?

Professeur Didier SICARD. - La commercialisation du corps humain me semble être un phénomène de société irréversible. Nous sommes en train de passer du corps-personne au corps-machine. Culturellement, on est arrivé à un stade où l'on donne aux individus le sentiment qu'ils ne sont qu'un amas de pièces détachées indéfiniment remplaçables - rein, foie, coeur, poumons, peau, ovocytes voire tissus foetaux. Et donc que tout est réparable et commercialisable.

Et l'éthique dans tout cela ?

La France est leader en ce domaine, mais elle est très minoritaire. Elle est presque le seul pays au monde à revendiquer deux principes, l'indisponibilité et l'inviolabilité du corps. Un individu ne peut pas décider de son propre chef qu'il va donner son rein. Il ne peut le faire que dans le cadre de la loi et uniquement à des personnes très proches - ascendants ou descendants, frères ou soeurs, conjoint ou concubin - et, tout récemment, cette possibilité a été élargie aux cousins de premier degré. Le but étant de tout faire pour éviter une commercialisation cachée et une contrainte sur le donneur. Même si, dans une situation familiale donnée, je pense qu'il y a plus de contraintes exercées sur le donneur qu'on ne le croit. Comment un frère, par exemple, peut-il résister à la proposition médicale de donner un rein à son frère en attente de greffe ?

Le paradigme en France de la non-commercialisation, c'est le don du sang. Depuis soixante ans, c'est même un des fondements éthiques de la médecine et de la société. On imagine mal un retour à la vente du sang. Mais cette vision française du don bénévole, anonyme, est extraordinairement isolée en Europe. En Allemagne, en Suisse, en Autriche, on est payé pour cela. Pas grand-chose, certes, de l'ordre de 15 à 20 euros, et bien souvent les gens redonnent cette somme à des oeuvres.

Ne vaut-il pas mieux qu'il n'y ait aucun lien d'argent entre donneur et receveur ?

Oui et non. Effectivement, cela protège des tentations. Mais cela permet aussi toutes les transgressions souterraines. Pour revenir aux greffes d'organes, on sait très bien qu'un grand nombre de Français vont se faire transplanter un rein en Inde ou au Moyen-Orient. En France, la loi est certes très autoritaire, mais il existe une très grande permissivité. Contrairement à la Grande-Bretagne. Les Anglais sont permissifs au niveau de la loi mais très rigoureux au niveau de ses applications individuelles.

Les membres du comité d'éthique se penchent sur ce sujet. Je ne sais pas encore quelles vont être leurs conclusions. Mais la tentation serait peut-être d'indemniser le donneur afin d'obtenir une plus grande transparence. Le principe de la commercialisation du corps mérite en tout cas d'être interrogé dans ses conséquences positives et négatives. Car le pire danger, c'est le marché, surtout lorsqu'il a des connotations mafieuses.

Il existe en France une grave pénurie de greffons prélevés sur des personnes en état de mort cérébrale, contrairement à d'autres pays. Que proposez-vous ?

J'avais voulu plaider, lors de la révision de la loi de bioéthique, pour que le consentement au don d'organes soit systématiquement demandé. Par exemple au moment où l'on passe le permis de conduire ou lors de l'établissement de la carte d'identité. Il faudrait que chaque citoyen ait alors la possibilité de donner son agrément ou son refus (1). Sans passer par un tiers ou par la famille. Car, au moment voulu, après un accident par exemple, les proches sont dans une détresse telle qu'ils sont dans l'impossibilité de consentir à un tel prélèvement. En revanche, si cette décision est apposée sur un document officiel, on peut la considérer comme un testament.

[...]

(1) Il existe un registre des refus. Cinquante mille personnes ont fait une telle démarche.

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A peine convalescent, Jonah Lomu rêve toujours à la Coupe du monde 2007

13 novembre 2004, Le Monde

Jonah Lomu est de retour au stade. Pas encore sur le terrain, mais il en rêve à haute voix, trois mois après avoir subi une greffe de rein.

"J'espère revêtir un maillot de rugby d'ici à un an", a confié l'ancien ailier des All Blacks, mercredi 10 novembre à Rome, où il recevait des récompenses de la part du Comité olympique italien et de la Fédération italienne de rugby. Il s'agit de son premier voyage à l'étranger et de son premier contact avec la presse depuis l'intervention chirurgicale qu'il a dû subir après l'avoir repoussée de toutes ses forces.

Samedi 13 novembre après-midi, le Néo-Zélandais sera dans les tribunes du stade Flaminio, à Rome, pour encourager ses anciens coéquipiers dans leur test-match contre l'Italie. Les yeux rivés sur le ballon ovale, mais la tête déjà ailleurs : "Je rêve à la Coupe du monde 2007 sous le maillot noir des Blacks, dit-il de sa voix douce. J'aimerais les aider à la gagner."

S'il a un peu grossi, cela ne se voit pas, ses 125 kg étant parfaitement sanglés dans un costume redingote sombre. Une tenue d'aristocrate du rugby, chemise blanche et cravate finement rayée sous un gilet boutonné très haut.

Jonah Lomu porte beau, mais il sait que le chemin de la convalescence sera long : "J'entretiens ma forme en faisant du kick boxing et de la course, explique-t-il. Et je compte reprendre l'entraînement sur le terrain l'année prochaine."

DONNEUR COMPATIBLE

En attendant, le géant qui avait terrassé à lui seul l'Angleterre en demi-finales de la Coupe du monde 1995 se contente de répondre simplement aux questions simples qu'on adresse à un miraculé. "Je vais mieux, bien mieux, sourit-il. Mes globules rouges sont encore en dessous de la norme mais je suis en train de retrouver une énergie que je n'avais pas avant."

Avant quoi ? Avant cette transplantation, seul remède à sa néphropathie, une maladie génétique rare, diagnostiquée en 1996 à l'âge de 21 ans ? Avant cette fatigue qui, d'année en année, sapait toujours plus son corps de colosse (1,98 m pour 118 kg au meilleur de sa forme) ? Avant d'être contraint par ce foutu syndrome néphrétique à renoncer au maillot noir à la fougère argentée (sa dernière sélection remonte à novembre 2002, contre le Pays de Galles, à Cardiff) ? Avant sa première dialyse, le 31 mai 2003, puis la longue attente d'un donneur compatible?

Désormais, Jonah Lomu rechigne à parler de ces moments terribles, où le champion surpuissant, qui renversait tout sur son passage, ne tenait même plus debout. Il avait beau avoir couru le 100 m en moins de 11 secondes, la maladie l'avait bel et bien rattrapé. A bientôt 30 ans, pourra-t-il retrouver le haut niveau, alors que le rugby est toujours plus intense et les contacts plus violents ?

"Lomu a été l'ambassadeur du rugby dans le monde entier, j'espère qu'il pourra l'être à nouveau bientôt", répond John Kirwan, son ancien compagnon de chambre chez les All Blacks, aujourd'hui sélectionneur de l'équipe d'Italie.

Jonah balaie les objections : il a envie d'ajouter des exploits à ses 37 essais marqués en 63 sélections."Je suis encore jeune, sourit-il. Il y a des joueurs qui ont connu leur première cape internationale à 29 ans, alors je dois y croire."

Jean-Jacques Bozonnet

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La transplantation rénale à tout âge

10 novembre 2004, La Libre Belgique

Vienne, 5 au 10 septembre 2004, 20e Congrès international de la société de transplantation. «Si le vieillissement de la population explique partiellement l'augmentation exponentielle des personnes qui doivent recourir à la dialyse rénale, ce sont cependant le diabète et l'hypertension artérielle qui sont les principaux pourvoyeurs de pathologies rénales. Notre priorité est donc de traiter ces affections le plus agressivement possible pour prévenir et éviter l'insuffisance rénale et le recours à la dialyse.»

Etrange message de la part d'une société internationale vouée à la transplantation? Pas vraiment, quand on connaît les difficultés résurgentes pour trouver des donneurs, difficultés d'autant plus grandes que la demande est en constante augmentation. Par ailleurs, plusieurs études ont montré que la survie des patients âgés en dialyse est nettement améliorée lorsqu'ils peuvent bénéficier d'une greffe rénale, au point que les recommandations internationales proposent à présent la transplantation comme premier geste thérapeutique chez les plus de 65 ans dès que le rein n'est plus capable d'exercer sa fonction.

Corriger l'anémie

Il faut trouver des alternatives pour permettre une survie de qualité. La première d'entre elles passait par l'amélioration de la qualité de vie des patients dialysés, ce qui est chose faite maintenant, notamment par la correction de l'anémie avec les nouvelles érythropoïétines, et par le traitement agressif de toutes les affections cardiovasculaires concomitantes (les malades dialysés meurent plus souvent d'une affection cardiovasculaire que de leur maladie rénale)...

De nouveaux traitements

La deuxième étape passait par l'élargissement des critères d'acceptation des donneurs. Traditionnellement limité aux personnes de moins de 65 ans, le don d'organe a été étendu maintenant au-delà de cet âge, à condition d'avoir un rein correctement irrigué, de ne pas avoir présenté de risques cardiovasculaires majeurs (tabagisme, athérosclérose étendue,...), de n'être porteur d'aucun cancer actif ou d'une infection récurrente (hépatite, tuberculose,...) et de n'avoir pris aucun médicament toxique pour le rein. Dans ces conditions, les chances de survie d'un patient âgé recevant une greffe d'un donneur âgé («old to old») sont multipliées par deux par rapport à la dialyse classique, même idéalement menée.

Mais cela passe aussi d'abord par une éducation du public et une conscientisation à l'importance du don d'organes, ensuite par une éducation du corps médical à maintenir dans des conditions cliniques acceptables toute personne en état de mort cérébrale, quel que soit son âge, en attendant d'avoir établi les possibilités de don d'organe.

Enfin, une fois la greffe établie, il reste encore à optimaliser les chances de survie. Or, très souvent, chez les personnes âgées, la polythérapie favorise le rejet. D'autre part, l'âge diminue la tolérance aux médicaments anti-rejet et les possibilités de cicatrisation sont moindres. Aussi, de nouveaux traitements immunosuppresseurs permettent d'en réduire la toxicité, voire de réduire le nombre de médicaments à prendre pour éviter un rejet de la greffe.

On le voit, le travail ne manque pas. Il a été coordonné en Europe par le programme ESP (Eurotransplant Senior Program). Ses résultats à 3 ans ont été présentés au cours du XXe Congrès de la Société internationale de transplantation, et sont extrêmement encourageants, puisqu'ils montrent que la survie des patients greffés âgés de plus de 65 ans est équivalente à celle des patients plus jeunes, lorsqu'ils ont reçu une greffe dans les conditions susmentionnées. De la même manière, la survie des patients jeunes greffés avec un rein provenant d'un donneur âgé, est également excellente, et ce, quelle que soit l'origine du greffon (donneur vivant ou décédé).

Dr Dominique-Jean Bouilliez

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Prélèvement du rein sur donneur vivant : coelioscopie versus chirurgie « à ciel ouvert »

30 octobre 2004, Communiqué de presse de l'ANAES

L'Anaes, à la demande de l'Association française d'urologie, a édité un rapport d'évaluation technologique et économique portant sur le : Prélèvement du rein sur donneur vivant : cœlioscopie versus chirurgie « à ciel ouvert ».
Cette évaluation montre que si le prélèvement rénal cœlioscopique chez le donneur vivant apparaît comme une alternative viable par rapport au prélèvement « à ciel ouvert », des études ultérieures sont nécessaires afin de renforcer les preuves de sécurité et d'efficacité de cette technique et d'en déterminer les conséquences économiques. Compte tenu de l'expérience accumulée avec le prélèvement « à ciel ouvert », cette technique reste le standard de référence.

Les besoins de la population française en matière de greffe rénale continuent d'augmenter : 3,8 % en 2002 avec 2 637 nouveaux inscrits en attente d'une greffe de rein contre 2 541 en 2001. Sur les 7 784 candidats à la greffe rénale en 2002, 67 % sont en attente d'un transplant. Or les transplants disponibles ne peuvent satisfaire que
29 % des besoins.
Le prélèvement rénal cœlioscopique pour greffe à partir d'un donneur vivant est une alternative récente (premier cas décrit en 1995) au prélèvement chirurgical (approche standard actuelle). Cette technique moins invasive pour le donneur, a pour objectif de réduire les inconvénients observés lors d'un prélèvement chirurgical « à ciel ouvert ».

Cette évaluation fondée sur une analyse critique de la littérature clinique et économique et des avis d'experts met en exergue les points suivants :

L'absence d'étude comparative correctement menée empêche une comparaison précise entre les deux procédures.
En terme de sécurité pour les donneurs, il n'apparaît pas, dans les études cliniques analysées, de différence significative entre la procédure cœlioscopique et la procédure ouverte. Cependant, une enquête multicentrique américaine* nuance ces résultats et rapporte une différence significative entre les deux techniques en faveur de la procédure ouverte.
En terme d'efficacité, le prélèvement cœlioscopique semble une intervention plus longue, avec un temps d'ischémie chaude plus long. La convalescence postopératoire chez le donneur semble de meilleure qualité après la procédure cœlioscopique, ce qui peut la rendre plus attractive vis-à-vis des donneurs potentiels. Par ailleurs, il n'a pas été montré de différence significative entre les deux techniques concernant la fonction du transplant et sa survie à court terme. En ce qui concerne les complications et la survie à long terme du transplant, des études poussées et un suivi plus long sont nécessaires afin d'obtenir des résultats significatifs.
Le groupe de travail préconise donc :

La constitution d'équipes rassemblant des cœliscopistes formés et des chirurgiens transplanteurs afin d'optimiser les résultats.
Le développement d'une information auprès du donneur sur la sécurité et l'efficacité des différentes techniques.
La mise en œuvre d'essais contrôlés de haute qualité afin de renforcer les preuves de sécurité et d'efficacité du prélèvement cœlioscopique, et d'en évaluer les bénéfices pour les donneurs et les receveurs, ainsi que la mise en place d'études médico-économiques permettant de mesurer les coûts directs et indirects de cette intervention.
* Matas AJ, Bartlett ST, Leichtmann AB, Delmonico FL. Morbidity and mortality after living kidney donation, 1999-2001 : Survey of United States transplant centers. Am J Transplant 2003;3(7):830-4

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Insuffisance rénale chronique : moyens thérapeutiques pour en ralentir la progression

27 octobre 2004, Communiqué de presse de l'ANAES

L'Anaes met à la disposition des professionnels de santé de nouvelles recommandations portant sur les « Moyens thérapeutiques pour ralentir la progression de l'insuffisance rénale chronique chez l'adulte ».
Ces recommandations pour la pratique clinique ont été élaborées à la demande du Collège universitaire des enseignants en néphrologie. Elles font suite aux travaux sur le diagnostic de l'insuffisance rénale chronique chez l'adulte publiés par l'Anaes en 2002.

Ces recommandations portent sur les moyens thérapeutiques qui permettent de ralentir la progression de l'insuffisance rénale chronique (IRC), et donc de retarder un traitement de suppléance par dialyse ou transplantation rénale, chez des patients adultes atteints d'IRC modérée (débit de filtration glomérulaire compris entre 30 et 60 ml/min).

Les moyens thérapeutiques évalués dans ces recommandations sont :

  • les traitements antihypertenseurs,
  • le régime restreint en protéines,
  • le traitement des dyslipidémies,
  • le traitement de l'anémie,
  • le traitement de l'obésité,
  • le sevrage tabagique.

Seuls les antagonistes du système rénine-angiotensine, inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II (ARA2), ont montré un « effet néphroprotecteur », c'est-à-dire permettant de ralentir la progression de l'IRC, chez les patients ayant une IRC modérée avec une hypertension artérielle (PA > 130/80 mmHg) et une protéinurie supérieure à 0,5 g/j.
Les ARA2 sont recommandés chez les diabétiques de type 2 et les IEC dans les autres cas. Les autres moyens thérapeutiques évalués dans ces recommandations restant justifiés dans le cadre de la prévention du risque cardiovasculaire.

Le groupe de travail propose dans ces recommandations une stratégie thérapeutique fondée sur les deux principaux facteurs de progression de l'IRC qui sont modifiables : l'hypertension artérielle et la protéinurie.

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Des donneurs vivants honorés

22 octobre 2004, La Tribune

La 10e cérémonie d'honneur à l'endroit des donneurs d'organes s'est déroulée vendredi avant-midi la cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke. Pour la première fois, cette année, on rendait hommage aux donneurs vivants dont le geste a permis de sauver une vie.

C'est, par exemple, une personne qui accepte de son vivant de donner un de ses deux reins à son enfant ou autre personne, par amour pour elle et dans un geste de pure gratitude.

"Avec cette 10e cérémonie, on inaugure une nouvelle tradition, celle d'étendre la reconnaissance à des donneurs vivants. On leur remettra la Médaille du Grand Samaritain en reconnaissance de leur geste porteur de vie", a indiqué jeudi le grand manitou de l'Association canadienne des dons d'organes (ACDO), Richard Tremblay.

Il a précisé que 43 donneurs vivants seront ainsi honorés.

Du côté des personnes dont la reconnaissance se fera à titre posthume, il y aura l'énumération de 223 noms. Ces Ambassadeurs de la santé ont fait l'objet d'une cérémonie sobre et empreinte de chaleur et de respect.

François Gougeon

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Première greffe aux Etats-Unis d'un rein trouvé par internet

21 octobre 2004, Libération

DENVER - Un Américain de 58 ans a subi mercredi la première greffe de rein effectuée aux Etats-Unis avec un organe trouvé sur un site web privé spécialisé dans le don d'organes.

Bob Hickey, originaire du Colorado, a reçu un des reins de Robert Smitty, 32 ans, du Tennessee, après une opération de quatre heures à l'hôpital presbytérien Saint-Luc de Denver.

Les médecins avaient tout d'abord refusé d'effectuer l'opération quand ils ont appris que l'organe avait été trouvé par les services d'un site web privé, appelé MatchingDonors.com. Ils ont ensuite accepté après que les médias eurent été alertés et que Hickey leur eut expliqué que Smitty effectuait ce don d'organe par charité, sans contrepartie financière.

La liste d'attente officielle de l'organisme chargé des dons d'organes, United Network of Organ Sharing, compte 80.000 personnes. De plus en plus de malades en attente d'un organe utilisent les services privés dont des sites web.

La société gérante du site MatchingDonors.com souligne qu'elle fonctionne sans but lucratif et réinvestit la totalité de ses honoraires dans ses services. Le site, opérationnel depuis janvier, compte une dizaine de personnes en attente d'un organe.

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Des chercheurs arrivent à des conclusions semblables, de manière indépendante, au sujet de érythroblastopénie

2 octobre 2004, CNW Telbec

Des équipes de recherche
indépendantes, établies à la Northwestern University aux Etats-Unis et au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) au Canada, rapportent des conclusions similaires sur une forme rare d'anémie, susceptible de menacer le pronostic vital, l'érythroblastopénie. Cette maladie est associée à l'érythropoiétine recombinante humaine (époétine), produit fréquemment utilisé pour l'anémie chez des patients atteints de cancer ou des personnes en dialyse.
L'époétine a permis à des centaines de milliers de patients souffrant d'insuffisance rénale chronique ou d'autres maladies d'éviter les transfusions sanguines. Il s'agit du produit biotechnologique qui a connu le plus de succès sur le marché actuellement. La formulation prédominante associée à cette
toxicité rare mais grave était Eprex(R), formulation d'époétine sur le marché au Canada, en Europe, en Asie et en Australie, mais non aux Etats-Unis. Près de 200 patients atteints d'insuffisance rénale chronique au niveau mondial ont
présenté une forme rare d'érythroblastopénie, dans laquelle des anticorps de l'érythropoiétine recombinante se développent et attaquent une hormone naturelle de l'organisme responsable de la formation des globules rouges.
L'anémie qui en résulte est grave et nécessite des transfusions sanguines hebdomadaires ou presque.
Dans une étude publiée dans le numéro du 1er octobre 2004 du Journal of the American Society of Nephrology, le Dr Denis Cournoyer, chercheur du CUSM (à la division de l'Hématologie et au Bureau de recherche éthique) et ses
collègues du Groupe d'étude canadien de l'érythroblastopénie (Canadian PRCA Focus Group), ont estimé le risque d'érythroblastopénie associée à l'érythropoiétine chez des patients insuffisants rénaux chroniques pendant la période allant de janvier 1998 à mars 2003. Ils ont établi qu'Eprex sans sérum-albumine humaine et administré par voie sous-cutanée était associé au risque le plus élevé d'érythroblastopénie (26,9 cas sur 100 000 patients-années d'exposition). Le Groupe d'étude canadien de l'érythroblastopénie a conclu qu'Eprex sans sérum-albumine humaine était contre-indiqué par voie sous-cutanée pour les patients atteints d'insuffisance rénale chronique, en raison du risque accru d'érythroblastopénie.
Selon les résultats, l'administration sous-cutanée d'Eprex avec sérum-albumine humaine et du NeoRecormon présente un risque légèrement supérieur à certains produits 'érythropoiétine administrés par voie intraveineuse.
Toutefois, il n'existe actuellement aucune preuve établissant que d'autres produits d'administration sous-cutanée sont plus sûrs que ces deux produits.
Par conséquent, on ne peut faire aucune recommandation à l'égard de l'usage de produits spécifiques d'érythropoiétine, sauf d'éviter l'usage d'Eprex sans sérum-albumine humaine chez des patients insuffisants rénaux chroniques sans
instrumentation intraveineuse (par exemple en prédialyse ou en dialyse à domicile).
Les chercheurs du Groupe d'étude canadien de l'érythroblastopénie ont noté que les résultats de leur analyse devraient être pris en considération compte tenu des limitations affectant les données de pharmacovigilance.
L'analyse de risque des anticorps anti-érythropoiétine a été effectuée à partir de données auto-signalées par les patients ou issues du marketing et non dans le cadre d'une étude prospective.
Dans une autre étude publiée dans le numéro du 30 septembre 2004 du New
England Journal of Medicine, un chercheur, le Dr Charles L. Bennett, et des collègues de la Northwestern University, du Jesse Brown Veterans Administration Hospital et d'établissements en Italie et en France, ont rapporté que des agences nationales de santé publique en Europe et au Canada
ont collaboré avec des sociétés pharmaceutiques fabriquant l'époétine pour trouver la cause et réduire l'incidence de l'érythroblastopénie liée à l'usage du médicament.
Au niveau mondial, on a rapporté 191 cas d'érythroblastopénie associée à l'époétine; dans 92 pour cent des cas, il s'agissait d'Eprex administré par voie sous-cutanée à des personnes en dialyse rénale. Bien que l'époétine soit largement utilisée par des patients atteints de cancer, aucun des cas signalés
n'est survenu dans cette indication. Le nombre de cas d'érythroblastopénie associée à l'époétine a commencé à augmenter de manière dramatique chez les patients insuffisants rénaux chroniques en France, en Angleterre, en Espagne et au Canada en 1998 pour atteindre un sommet en 2001 dans les trois pays européens, et en 2002 au Canada.
En 1998, la formulation d'Eprex a été modifiée, en réponse aux
inquiétudes soulevées par le fait que la sérum-albumine humaine utilisée dans la production du médicament pouvait transmettre une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. En outre, les pays qui enregistraient un grand nombre de
cas avaient administré la nouvelle formulation d'Eprex par voie sous-cutanée à des patients en dialyse, alors que les pays qui signalaient un petit nombre de cas avaient privilégié généralement la voie intraveineuse. A compter de 2002
en Europe et un an plus tard au Canada, après des améliorations aux méthodes de conservation et de manipulation de l'ensemble des formulations d'Eprex et
après qu'on ait recommandé exclusivement la voie intraveineuse dans le cas de l'insuffisance rénale chronique, l'incidence de l'érythroblastopénie associée à Eprex a chuté de 83 pour cent, retrouvant pratiquement les niveaux observés
avant 1998. Les deux groupes de chercheurs ont commencé une collaboration et suivront attentivement à l'échelle internationale cette grave complication, pour en élucider les causes manifestement multifactorielles et formuler des
recommandations susceptibles d'améliorer l'efficacité globale des évaluations de sécurité post-marketing de tous ces produits pharmaceutiques.

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Dialysés : Mauvais calculs

1er octobre 2004, Le Point

Une enquête de l'Igas accuse la Fondation Transplantation : investissements douteux, salaire excessif et laxisme pour l'ouverture d'un nouveau centre.

Le rapport dort depuis trois mois dans les tiroirs du ministère de la Santé, au grand dam des associations de dialysés. Les 400 pages rédigées par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) que Le Point a pu consulter sont sévères pour la Fondation Transplantation, essentiellement financée par des prestations médicales facturées à la Sécurité sociale. Créée il y a douze ans par un industriel alsacien et un ex-président de l'Agence française du sang, la fondation a pour objectif d'améliorer la prise en charge des malades dialysés.

Les deux inspecteurs de l'Igas, qui ont enquêté d'octobre 2003 à mai 2004, reprochent à la Fondation Transplantation de se disperser, avec l'argent des dialysés, dans des activités qui l'éloignent de sa vocation. Comme le fait d'avoir investi dans une société d'imagerie cérébrale en difficultés financières.

Surcoût pour la sécu

Ce que justifie Robert Lohr, président de la Fondation Transplantation : « C'est un mauvais procès. La fondation est en bonne santé financière et il s'agit d'utiliser ses fonds pour sauver 160 emplois et le savoir-faire d'une entreprise de pointe. » Dans le rapport, les inspecteurs s'étonnent aussi du salaire élevé du directeur de la Fondation Transplantation, 88 % supérieur à celui d'un directeur d'hôpital, son précédent poste.

Mais ce qui a mis le feu aux poudres, c'est le temps qu'aurait perdu la fondation pour ouvrir un nouveau centre de dialyse à Dijon, alors que la Bourgogne est notoirement sous-équipée.
« L'autorisation a été donnée en septembre 2000, le centre vient à peine de voir le jour, accuse Jean-Paul Fallet, président de l'association de Bourgogne de la Fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux. Pendant quatre ans, des malades ont dû parcourir de 100 à 200 kilomètres aller et retour, trois fois par semaine, pour leur dialyse. » C'est d'ailleurs cette association régionale qui, au printemps 2003, a fait pression auprès de l'Agence régionale d'hospitalisation pour que l'Igas diligente une enquête. Un retard qui, selon le rapport, aurait pu être préjudiciable à la santé des malades, avec pour la Sécurité sociale un surcoût annuel estimé à plus de 400 000 euros en remboursement de frais de taxi.

Certains malades envisagent, si aucune suite n'est donnée au rapport, d'aller manifester devant le ministère de la Santé.

Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens

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Greffes : Les hôpitaux mobilisés pour recenser les donneurs

1er octobre 2004, Le Quotidien du Médecin

Afin d'augmenter l'activité de greffe en France, l'Etablissement français des greffes organise une campagne d'information auprès des personnels hospitaliers sur le don d'organes. Cette action d'information concerne en priorité les personnels des hôpitaux non autorisés à prélever.

« UN REFLEXE pour la greffe » : l'intitulé de la campagne de communication lancée par l'Etablissement français de greffes (Efg) est explicite. Face à la pénurie d'organes, l'Efg entend sensibiliser une large partie des personnels hospitaliers dans le but d'augmenter l'activité de greffe d'organes en France. Chaque année, plus de 10 000 personnes ont besoin d'une greffe d'organes et seulement 3 410 ont pu en bénéficier en 2003.
Pour augmenter le nombre de prélèvements et donc de greffes en France, il existe deux terrains d'actions complémentaires. Le premier consiste à chercher, par le biais de campagnes nationales et régionales, la réduction du taux de refus en incitant le public à prendre une position et à la faire connaître à ses proches. C'est le but de la journée du 22 juin. La seconde action concerne la sensibilisation et la mobilisation des professionnels de santé à l'importance du prélèvement et de la greffe pour que le recensement des donneurs potentiels soit exhaustif. Les principales approches poursuivies en ce sens depuis la création de l'Efg ont consisté à augmenter le nombre de personnes dédiées au prélèvement dans les hôpitaux, à créer des formations et à développer des outils proposés aux hôpitaux autorisés à prélever. Aujourd'hui, ce sont les personnels des hôpitaux non autorisés à prélever qui sont visés car ils peuvent, eux aussi, rencontrer des cas de patients dont l'état pourrait conduire à un don d'organes en vue de greffe notamment aux urgences, en réanimation ou en soins intensifs.

80 établissements, 240 greffes de plus.
Quelque 80 hôpitaux du grand Ouest de la France (situés en Basse-Normandie, en Bretagne, dans les Pays de la Loire, dans une partie de la région Centre, en Poitou-Charentes et en Limousin) inaugurent, jusqu'en février prochain, l'action de communication intitulée « Un réflexe pour la greffe ». Depuis l'adoption de la nouvelle loi de bioéthique (« le Quotidien » du 13 juillet), chaque établissement de santé, qu'il soit autorisé à prélever ou non, doit participer à l'activité de prélèvement d'organes et de tissus en étant particulièrement attentif au recensement de donneurs potentiels dans leur hôpital (art. L.1233-1 du code de santé publique). « Compte tenu du potentiel que l'on connaît dans ces hôpitaux, l'engagement de 80 hôpitaux à recenser annuellement deux donneurs potentiels pourrait conduire à une augmentation annuelle significative du nombre de greffes d'organes : 240 malades supplémentaires pourraient être greffés chaque année », indique-t-on à l'Efg.
Dans un premier temps, tous les personnels de l'hôpital reçoivent de façon personnalisée un document d'information sur l'activité de prélèvement et de greffe en France. Certains hôpitaux choisissent de compléter cette information par un article présentant ce sujet de santé publique dans les pages de leur journal interne. Le cœur de la campagne d'information consiste en l'organisation d'une rencontre entre les personnels de l'hôpital et les médecins et infirmiers du prélèvement et de la greffe de la région. Ces « porte-parole » de la greffe présentent notamment l'intérêt des réseaux de prélèvement centrés autour de l'établissement autorisé à prélever et du CHU de la région. Ils racontent le quotidien de leur activité et l'organisation nécessaire à la réalisation de ces actes thérapeutiques. « Leur intervention permet de souligner l'importance de l'acte de don, le bénéfice de la greffe et l'importance de l'implication des hôpitaux non autorisés dans l'augmentation de l'activité de greffe en France », explique-t-on à l'Efg. A l'occasion de la campagne, une exposition itinérante sur le prélèvement et la greffe est installée pendant deux semaines dans chaque établissement. Cette rencontre est aussi l'occasion pour les médecins de l'hôpital directement impliqués dans l'activité de recensement, d'être en contact avec leurs interlocuteurs privilégiés : l'Efg, les médecins et infirmiers de la coordination hospitalière de l'hôpital autorisé à prélever le plus proche et les responsables du centre greffeur de référence.
En parallèle, l'Efg, en collaboration avec les centres de prélèvement et le CHU de référence, met en place des sessions de formation permettant d'aider les médecins à développer cette activité à l'hôpital et à délivrer une information claire et transparente aux proches des donneurs potentiels.

> STÉPHANIE HASENDAHL

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Témoignage : de la dialyse à la transplantation
 
 
 
 
 


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