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La revue de Presse du premier trimestre 2005 -
janvier, février, mars 2005 |
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L'actualité
de l'Insuffisance rénale, des greffes et de la recherche
dans le monde de janvier à mars 2005 :
- 31
mars 2005, Le Quotidien du Médecin
Transplantation rénale, sarcome de Kaposi et sirolimus
- 24
mars 2005, Le Quotidien du Médecin
immunosuppression des transplantés : un examen
annuel de la peau
- 10
mars 2005, CNW Québec
Un nouveau médicament prometteur dans le traitement
de l'anémie chez les malades dialysés
- 21
février 2005, Le Quotidien du Médecin
Syndrome des jambes sans repos : Une maladie neurologique
mieux définie et mieux traitée
- 21
février 2005, Caducée
Diabète de type I : transplantation d'îlots
d'un seul donneur
- 11
février 2005, Le Quotidien du Médecin
dialyse : la positive attitude
- 3
février 2005, Libération
Dons d'organes en 2004, la greffe finit par prendre
- 31
janvier 2005, EfG
Résultats préliminaires des activités
de prélèvement et de greffe dorganes
en 2004 en France
- 27
janvier 2005, Le Quotidien du Médecin
Médecins traitants des dialysés chroniques
?
- 26
janvier 2005, Le Quotidien du Médecin
Hyperparathyroïdie des dialysés : L'arrivée
du cinacalcet
- 20
janvier 2005, Aujourd'hui le Maroc
«Reins»
: Encourager la transplantation
- 19
janvier 2005, AFP
Première
greffe de tissus pancréatiques d'une personne vivante
au Japon
- 18
janvier 2005, Le Monde
Mortels
humains
- 15
janvier 2005, Le Figaro
Cinq
ans avec les mains d'un autre
- 14
janvier 2005, Le Monde
Cinq ans après l'opération, la greffe des
deux mains réalisée à Lyon est un succès
- 13
janvier 2005, Le Nouvel Observateur
Décès d'une petite Italienne qui avait
subi une transplantation de huit organes
- 10
janvier 2005, Le Soir
Moins de dons d'organes en Belgique
- 8
janvier 2005, AFP
Record de dons d'organes en Espagne en 2004
- 6
janvier 2005, Reader's Digest Québec
Dons d'organes: pénurie ou incurie ?
- 5
janvier 2005, Le Quotidien du Médecin
L'hémodialyse
quotidienne pour une meilleure survie
- 4
janvier 2005, Le Quotidien du Médecin
Le
débit de filtration glomérulaire : Un marqueur
clé dans l'insuffisance rénale
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Transplantation
rénale, sarcome de Kaposi et sirolimus
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31
mars 2005, Le Quotidien du Médecin
ON
SAIT QUE, par rapport à la population générale,
l'incidence du sarcome de Kaposi est 500 fois supérieure
chez les transplantés d'organe et 20 000 fois plus
élevée chez des hommes atteints de sida. Ce
qui suggère un rôle de l'immunosuppression dans
la genèse de cette pathologie. D'une façon générale,
les transplantés ont une incidence élevée
de cancer : après vingt ans d'immunosuppression, 40
% des receveurs ont un cancer. On sait aussi que le virus
herpès de type 8 (VHH8) a été impliqué
dans le Kaposi, par le biais du Vegf. Le sirolimus, médicament
immunosuppresseur antirejet, a probablement un effet antinéoplasique
(entre autres, en inhibant le production de VEegf). Constatations
qui ont conduit une équipe italienne (Giovani Stallone
et coll.) à évaluer l'effet du sirolimus chez
des greffés rénaux porteurs d'un Kaposi. Les
résultats de ce travail sont publié dans le
« New England Journal of Medicine ».
L'étude a porté sur 15 patients (48,7 ans en
moyenne ; 12 hommes) qui avaient reçu un greffon rénal
provenant d'un donneur décédé ; tous
avaient eu un test pour la recherche du VIH avant la greffe,
puis lors du diagnostic de Kaposi, puis six mois plus tard.
Le délai entre la greffe et le diagnostic de Kaposi
(preuve histologique) a été en moyenne de douze
mois. La ciclosporine a été interrompue et remplacée
par le sirolimus. Trois mois plus tard, toutes les lésions
de Kaposi ont disparu chez tous les patients. La rémission
a été confirmée histologiquement chez
tous les patients six mois après l'introduction du
sirolimus. Il n'y a pas eu d'épisode de rejet du greffon.
« Notre étude suggère que le sirolimus
inhibe la progression du sarcome de Kaposi chez les receveurs
de greffe rénale, tout en exerçant un effet
antirejet. Ce rôle dual peut se révéler
important dans d'autres situations dans lesquelles les receveurs
sont à haut risque de récurrence tumorale ou
de premier cancer », concluent les auteurs.
Le
chat et la souris.
Le « New England Journal of Medicine » a confié
la rédaction d'un éditorial aux Français
Jacques Dantal et Jean-Paul Soulilou (institut de transplantation
et de recherche en transplantation, Inserm U463, Chru de Nantes).
Différents groupes, rappellent-ils, étudient
l'incidence du cancer cutané comme critère primaire
chez les greffés rénaux. « L'article de
Stallone et coll. est une contribution potentiellement importante
parce qu'elle illustre le fait que des effets inattendus de
médicaments immunosuppresseurs, comme l'effet antitumoral
du sirolimus et l'action antivirale du mycophénolate
mofétil, peuvent modifier les règles du jeu
du chat et de la souris entre les receveurs et les médicaments
antirejet. »
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immunosuppression
des transplantés : un examen annuel de la peau
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24
mars 2005, Le Quotidien du Médecin
Les
patients transplantés sous traitement immunosuppresseur
doivent recevoir des conseils de protection solaire très
stricts afin de limiter la survenue de cancers cutanés.
Ils doivent également bénéficier d'un
examen dermatologique annuel, en sachant que les lésions
sont souvent trompeuses et que l'apparition d'un premier carcinome
spinocellulaire est hautement prédictive de celle d'autres
tumeurs cutanées. Explications du Dr Sylvie Euvrard*
PIONNIERE
en matière de transplantation, l'école lyonnaise
a acquis, au fil des années, une riche expérience
dans le domaine. Il n'est donc pas étonnant que le
Dr Sylvie Euvrard, dermatologue à l'hôpital Edouard-Herriot
de Lyon, se soit intéressée au suivi de la peau
chez les transplantés. Coordinatrice depuis 1994 d'un
sous-groupe de la Société française de
dermatologie intitulé Peau et greffes d'organe, ayant
pour présidente le Pr Camille Frances et pour vice-président
le Pr Selim Aractingi, le Dr Sylvie Euvrard rappelle en effet
que, « après vingt ans d'immunosuppression, la
moitié des greffés sont concernés par
la pathologie tumorale cutanée ». Le risque de
carcinome spinocellulaire est multiplié par cent avec
10 à 12 % de récidives locales et 8 % de métastases
; le risque de carcinome basocellulaire est multiplié
par 10, celui de sarcome de Kaposi est de 100 à 500
fois plus élevé que celui de la population générale
(voir encadré) et, enfin, le risque de mélanome
est quadruplé.
Un
suivi systématique.
D'où l'importance d'une surveillance dermatologique
annuelle de ces patients, prônée par le groupe
de travail de la SFD qui a établi des lignes de conduite
simples, à l'usage des malades, disponibles depuis
mai 2002 sur le site de la SFD (1) et que tous les dermatologues
peuvent donc se procurer.
Cette surveillance annuelle systématique semble aujourd'hui
bien respectée par la plupart des services de transplantation
rénale, mais des efforts restent encore à faire
pour les greffes cardiaques et hépatiques. Par ailleurs,
avec l'augmentation régulière des greffes d'organes,
de plus en plus de dermatologues libéraux sont amenés
à prendre en charge des patients transplantés.
La
qualité de l'immunosuppression.
« Longtemps, on a considéré que l'ancienneté
et l'intensité de l'immunosuppression constituaient
les principaux facteurs de survenue de ces cancers cutanés
», précise le Dr Sylvie Euvrard, « mais
l'on sait maintenant que la qualité de l'immunosuppression
intervient également ». Ainsi, certains immunosuppresseurs,
inhibiteurs de la protéine m-tor, comme la rapamycine
ou le sirolimus (Rapamune), auraient des propriétés
antitumorales. Avec un recul de plus de dix ans, cette molécule
a prouvé sa très bonne efficacité antirejet,
sa bonne tolérance notamment rénale, et les
patients recevant la rapamycine dès le début
de la greffe ont moins de cancers. A cet égard, le
Dr Sylvie Euvrard coordonne actuellement une étude
évaluant l'intérêt du remplacement de
la ciclosporine par la rapamycine chez des greffés
ayant eu un carcinome spinocellulaire.
Car une autre donnée capitale est progressivement apparue
lors du suivi cutané des transplantés : l'apparition
d'un premier carcinome spinocellulaire est hautement prédictive
de la survenue ultérieure de tumeurs multiples (autre
cancer spinocellulaire, mais aussi basocellulaire, maladie
de Bowen, kérato-acanthome, etc.) puisque l'on estime,
en effet, que, après la survenue de ce premier cancer,
« 70 % des patients présentent dans les deux
ans qui suivent au moins une autre tumeur cutanée ».
De plus, toutes ces lésions prennent un aspect volontiers
trompeur, comme celui d'une verrue inflammatoire, et nécessitent
à chaque fois une ablation chirurgicale avec contrôle
histologique.
L'éventualité de ces interventions à
répétition en zones découvertes, ainsi
que la mise en jeu croissante du pronostic vital, et ce malgré
une protection solaire très stricte, doivent induire
une nouvelle concertation avec le service transplanteur, et
faire envisager une révision du traitement immunosuppresseur.
Une
recherche européenne et internationale.
Ces conseils qui font partie des diverses recommandations
proposées par le groupe Peau et greffes d'organe ne
se destinent pas seulement aux dermatologues français.
Sylvie Euvrard se dit en effet « très fière
» que ce document ait été traduit et mis
à disposition des spécialistes européens
sur le site du Scope (Skin Care in Organ Transplant Patients
Europe) (2). Ce réseau multidisciplinaire, né
en 2000 de l'initiative de quelques équipes, notamment
françaises, a été étendu à
toute l'Europe en 2002. Il entretient des liens très
étroits avec l'Itscc (International Transplant Skin
Cancer Collaborative) (3), fondé en 2001 par des chirurgiens
dermatologues nord-américains et australiens.
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Un
nouveau médicament prometteur dans le traitement de
l'anémie chez les malades dialysés
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10
mars 2005, CNW Québec
ProMetic
Sciences de la Vie inc. annonce de nouveaux résultats
concluants à la suite d'analyses complémentaires
effectuées à l'issue de son étude clinique
de phase I pour le PBI 1402. (
) Ces résultats
corroborent le potentiel de l'utilisation du PBI 1402 dans
le traitement de l'anémie (
).
" Ce nouveau produit pourrait jouer un rôle prépondérant
dans le traitement de l'anémie consécutive à
la chimiothérapie et à la dialyse rénale
", a déclaré le Dr Denis Claude Roy, hématologiste
et directeur du laboratoire de thérapie cellulaire
à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, et chercheur
principal de cette étude. " Les études
subséquentes seront conçues de
manière à démontrer l'efficacité
clinique du PBI 1402, utilisé seul ou en combinaison
avec l'érythropoiétine ". (
)
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Syndrome
des jambes sans repos : Une maladie neurologique mieux définie
et mieux traitée
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21
février 2005, Le Quotidien du Médecin
Le
syndrome des jambes sans repos (Sjsr) n'est considéré
comme une véritable entité neurologique que
depuis quelques années. Il reste sous-diagnostiqué,
alors que sa prévalence est élevée, qu'il
peut perturber lourdement la qualité de vie et le sommeil
des patients, et qu'on dispose de traitements permettant de
l'améliorer.
Paradoxalement,
le Sjsr est une maladie neurologique pour laquelle le neurologue
n'est que rarement consulté. On sait depuis l'étude
INSTANT qu'en France le Sjsr concerne 8,5 % de la population,
2 % pour les formes sévères. Selon une autre
étude*, ces formes sévères qui gênent
particulièrement le patient dans sa vie quotidienne
ne donnent lieu à une consultation que dans la moitié
des cas, parmi lesquels 5 à 10 % seulement voient un
neurologue.
Le diagnostic est clinique et repose sur les données
de l'interrogatoire, avec une définition précise
qui permet de rattacher au Sjsr ces " impatiences "
qui appartiennent aussi à la séméiologie
de l'insuffisance veineuse chronique avec laquelle le Sjsr
est fréquemment confondu.
(
)
Ces symptômes provoquent des troubles du sommeil, des
difficultés d'endormissement, des réveils nocturnes
multiples avec leur corollaire, fatigue et somnolence diurne
excessive, d'autant que des mouvements périodiques
des jambes pendant le sommeil sont fréquemment associés
(80 % des cas de Sjsr). Certains patients ne sont qu'occasionnellement
gênés, mais, pour d'autres, la répétition
de ces symptômes plusieurs fois par semaine finit par
peser lourdement sur leur activité socioprofessionnelle
et familiale.
(
).
Des causes de Sjsr doivent être systématiquement
recherchées, au premier rang desquelles la carence
martiale (le fer est un cofacteur de la transmission dopaminergique
dont le dysfonctionnement est très souvent mis en cause
dans la physiopathologie de cette affection), mais aussi l'insuffisance
rénale dialysée, (
).
Divers
traitements sont utilisés depuis longtemps, mais ce
n'est que très récemment qu'on a pu disposer
d'études contrôlées permettant de démontrer
réellement leur efficacité. (
)
Dans
les formes modérées à sévères,
qui concernent en France 150 000 à 180 000 personnes,
les agonistes dopaminergiques représentent le traitement
de première intention. Le ropinirole est le seul à
avoir obtenu l'AMM dans l'indication " traitement du
syndrome des jambes sans repos idiopathique modéré
à sévère, responsable de perturbations
du sommeil et/ou d'un retentissement négatif sur la
vie quotidienne, familiale, sociale et/ou professionnelle
". En cas d'échec, on peut envisager la L-dopa
avec prudence, du fait des phénomènes de rebond
et/ou d'augmentation des symptômes. Si les dopaminergiques
sont contre-indiqués, inefficaces ou mal tolérés,
on pourra recourir aux benzodiazépines, aux opiacés
ou aux antiépileptiques en mono- ou polythérapie
(hors AMM). Dans les Sjsr secondaires, le traitement initial
est celui de la cause, un traitement spécifique n'est
institué que s'il se révèle insuffisant.
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Diabète
de type I : transplantation d'îlots d'un seul donneur
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21
février 2005, Caducée
Des
patients avec un diabète de type I qui ont bénéficié
d'une transplantation d'îlots provenant du pancréas
d'un seul donneur n'étaient plus sous dépendance
d'insuline un an plus tard, révèle une étude
parue dans le Journal of American Medical Association.
Bernhard
J. Hering (Université du Minnesota) et ses collaborateurs
ont conduit une étude afin de mesurer l'efficacité
et le profil de sécurité d'une procédure
de transplantation d'îlots issus d'un seul pancréas.
L'essai a été conduit entre juillet 2001 et
août 2003 auprès de huit femmes avec un diabète
de type 1.
Durant
l'essai, les auteurs indiquent qu'il n'y a pas eu d'effet
secondaire sérieux, inattendu ou lié à
la transplantation ou à l'immuno-suppression des patients.
Les huit patients ont retrouvé une indépendance
vis-à-vis de l'insuline et l'arrêt des complications
hypoglycémiques. Cinq d'entre eux sont restés
indépendants à l'insuline pendant plus d'un
an. Des problèmes d'échec de greffe ont été
reliés à des doses trop faibles d'immunosuppresseur.
"
Nos résultats marquent une avancée dans l'efficacité
des transplantations d'îlots. Nous avons d'une part
obtenu une indépendance à l'insuline en utilisant
des îlots du pancréas d'un seul donneur [à
comparer à deux ou quatre dans un autre essai] et d'autre
part abouti à un meilleur contrôle glycémique
(avec pour preuve les résultats normaux aux tests de
tolérance au glucose menés chez quatre des cinq
patients avec une indépendance à l'insuline
prolongée) en utilisant moins d'îlots ",
écrivent les auteurs.
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dialyse
: la positive attitude
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11
février 2005, Le Quotidien du Médecin
Des
patients en insuffisance rénale terminale, qui doivent
subir des séances d'hémodialyse au moins trois
fois par semaine. Des chercheurs américains (université
du Michigan) ont voulu savoir s'ils étaient malheureux
et s'apitoyaient ou non sur eux-mêmes. Ils ont eu l'idée
de les équiper pendant une semaine d'un PDA (ordinateur
de poche) programmé pour sonner au hasard dans la journée
: ils devaient alors noter en direct leur humeur. Il y avait
49 sujets et 49 personnes bien-portantes leur ont été
appariées, pour évaluer l'influence d'une grave
maladie sur l'état d'esprit.
Les résultats sont publiés dans le " Journal
of Experimental Psychology " : la plupart du temps, les
malades sont plutôt dans un état d'esprit positif
et ne se sentent pas plus malheureux, anxieux ou déprimés
que les bien-portants. Ces derniers pensent pourtant que s'ils
devaient subir une dialyse, ils seraient dans un triste état
psychologique.
C'est que l'on sous-estime le pouvoir de la résilience.
Ou, pour parler comme le Premier ministre se référant
à l'idole des pré-ados, la chanteuse Lorie,
celui de " la positive attitude ". Comme dit l'un
des patients cités par l'étude, " A quoi
sert de se plaindre ? "
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Dons d'organes
en 2004, la greffe finit par prendre
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3
février 2005, Libération
Après
des années de pénurie, le nombre d'opérations
a augmenté.
c'est
une année record pour les greffes en France. Plus 16
% en 2004, soit 530 patients supplémentaires traités.
Un vrai retournement de situation, au vu des chiffres catastrophiques
de l'année précédente. «Les équipes
médicales, qui avaient tendance à prélever
les accidentés de la circulation, commencent à
se réorienter», analyse Carine Camby, directrice
de l'établissement français des greffes.
Le
nombre d'accidentés de la route ayant diminué,
les médecins ont davantage cherché de greffons
chez les victimes d'accident vasculaire cérébral.
Du coup, «la moyenne d'âge des donneurs a augmenté»,
précise-t-elle. 45 ans en moyenne. Mais aucune incidence
sur la qualité de la greffe, assure la directrice.
«Autrefois, nous ne prélevions pas au-delà
d'un certain âge pour des coeurs, des reins ou des poumons.»
Mais les critères évoluent. «Pour un rein,
nous pouvons maintenant prélever des gens de plus de
80 ans. Et ce sont des greffes qui marchent.»
L'année
passée, l'institut s'est donc appliqué à
former et informer les différentes équipes médicales,
«il y a beaucoup moins de contre-indications qu'elles
ne le pensaient», continue Carine Camby. Donc beaucoup
plus de donneurs potentiels. La campagne a fonctionné.
Avec 30 % de refus, le taux d'opposition au don n'a pas diminué,
il reste stable depuis des années. Mais «il y
a un meilleur recensement des personnes en état de
mort cérébrale, et donc des donneurs».
Conséquence directe : le nombre de greffes du poumon
a doublé depuis l'année dernière (145
en 2004 contre 76 en 2003) et le nombre de pancréas
greffés est passé de 70 en 2003 à 102
en 2004.
Restent
toujours de gros problèmes d'organisation. «Surtout
pour les équipes qui font les greffes», précise
Carine Camby. Manque d'équipes complètes, de
chirurgiens, d'anesthésistes, de lits disponibles.
«Les greffes se font toujours dans l'urgence. Dans une
situation hospitalière tendue, elles sont plus difficiles
à réaliser.» En 2004, plus de 11 000 patients
étaient en attente d'organes. 3 945 ont pu être
greffés. Le nombre de patients inscrits sur liste d'attente
en 2004 a augmenté de 1,9 %. Les reins restent les
organes les plus demandés. Au 31 décembre, plus
de 5 000 malades étaient en attente d'un rein, ils
étaient 14,3 % de plus qu'en 2003. «La greffe
de rein est le meilleur traitement contre l'insuffisance rénale»,
observe Carine Camby. Les spécialistes n'hésitent
donc plus à inscrire ces malades sur liste d'attente.
«Lorsqu'ils sont greffés du rein, ces patients
meurent deux fois moins que les personnes sous dialyse.»
Par
Julie LASTERADE
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Résultats
préliminaires des activités de prélèvement
et de greffe dorganes en 2004 en France
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31
janvier 2005, EfG
Les
résultats préliminaires de lactivité
de prélèvement et de greffe en France en 2004
enregistrent une augmentation significative par rapport à
lannée 2003.
Un
taux de prélèvement proche de 21 par million
dhabitants et une activité de greffe en hausse
de près de 16 %
Pour la première fois en France, le taux de prélèvement
par million dhabitants (pmh) dépasse le seuil
de 20 et sélève, pour lannée
2004, à 20,9 (pour 18,4 pmh en 2003). 1 290 donneurs
ont été prélevés en 2004 contre
1119 en 2003, soit une augmentation denviron 15 %. En
conséquence, lactivité de greffe à
partir de donneurs décédés enregistre
une augmentation de plus de 15,7 % en 2004, soit plus de 530
greffes supplémentaires par rapport à lannée
précédente.
Les
accidents de la circulation ont continué à diminuer
mais le nombre de donneurs a pu progresser grâce à
une augmentation du recensement des donneurs dont la cause
de décès est laccident vasculaire cérébral.
Il faut rendre hommage au travail des équipes de prélèvement
dont lactivité a permis de confirmer les progrès
réalisés depuis quatre ans pour augmenter le
nombre de greffons disponibles pour les malades en attente
de greffe. A noter, enfin, en 2004, un taux dopposition
au prélèvement qui reste similaire à
celui de lannée passée et sélève
à 30 %.
Une
augmentation très importante de lactivité
de greffe pulmonaire et de la greffe pancréatique
Lactivité de greffe pulmonaire a quasiment doublé
en 2004 par rapport à lannée 2003 : 145
greffes réalisées en 2004 contre 76 en 2003.
Cette augmentation est à rapprocher du travail récent
mené conjointement par lEtablissement français
des Greffes et les experts de la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire.
Ce travail a permis la mise au point de nouveaux critères
médicaux de proposition et de non-proposition de greffons
pulmonaires aux équipes de greffe et lélaboration
de recommandations dexperts pour améliorer la
prise en charge des donneurs potentiels en vue dun prélèvement
pulmonaire1 .
Ce
groupe de travail a également réalisé,
de façon collégiale, un référentiel
de la greffe pulmonaire et cardio-pulmonaire portant sur lorganisation
et la qualité des pratiques. Les équipes rencontrent
en effet depuis quelques années des problèmes
dorganisation. Ce travail se poursuit actuellement par
un audit de lensemble des équipes afin détablir
des recommandations pouvant servir à lélaboration
dun prochain schéma dorganisation de la
greffe pulmonaire en France.
Il
faut de plus noter en 2004 une augmentation de la greffe pancréatique
qui passe de 70 greffes en 2003 à 102 greffes en 2004
suite aux modifications des règles de répartition
favorisant, dès 2003, la greffe rein-pancréas
pour les diabétiques de type I insuffisants rénaux.
La
liste dattente :
En 2004, plus de 11 000 personnes ont eu besoin dune
greffe dorgane2 alors que 3 945 seulement ont pu être
greffées. Le nombre de patients restant inscrits en
liste dattente au 31 décembre 2004 est de 6 707,
soit une hausse de 1,9 % par rapport au 31 décembre
2003. Les patients en attente de greffe de rein restent de
loin les plus nombreux : 5 593 malades restent inscrits en
liste dattente au 31 décembre 2004 (3,8 % de
plus quau 31 décembre 2003). Enfin, 2 976 nouveaux
patients ont été inscrits au cours de lannée
2004 pour une greffe de rein, soit une augmentation de 14,3
% par rapport à lannée 2003.
1Les recommandations du groupe dexperts SFAR-SRLF (Société
française danesthésie réanimation-Société
de réanimation de langue française), réuni
par lEtablissement français des Greffes, concernant
les critères de prélevabilité des greffons
pulmonaires et cardio-pulmonaires et la prise en charge des
donneurs potentiels en vue dun prélèvement
pulmonaire seront éditées courant 2005
2 En effet, en 2004, 4 872 patients ont été
nouvellement inscrits sur la liste dattente alors quau
31 décembre 2003, 6 579 restaient inscrits en liste
dattente. Aussi, 11 451 patients ont eu besoin dune
greffe en 2004 (4872+6579).
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Médecins
traitants des dialysés chroniques ?
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27
janvier 2005, Le Quotidien du Médecin
La
loi réformant l'assurance-maladie stipule que le médecin
traitant peut être un généraliste ou un
spécialiste, libéral, hospitalier ou salarié
d'un centre de santé. Parmi les médecins traitants
spécialistes (ils représenteront, pronostique-t-on,
5 à 10 % du total), on devrait retrouver notamment
des néphrologues choisis par les quelque 30 000 patients
hémodialysés chroniques, suivis trois fois par
semaine. « Ce n'est pas choquant, c'est même l'esprit
de la loi, confirme le Dr Jean-Paul Ortiz, président
du syndicat des néphrologues. Mais cela dépendra
de la pratique de chacun. Un certain nombre de néphrologues
encourageront certainement leurs patients à choisir
leur généraliste de proximité car il
y a des missions du généraliste qu'on ne peut
assumer. »
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Hyperparathyroïdie
des dialysés :L'arrivée du cinacalcet
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26
janvier 2005, Le Quotidien du Médecin
Amgen
annonce l'arrivée de Mimpara (cinacalcet), produit
innovant de la nouvelle classe des calcimimétiques.
Ce médicament est autorisé dans l'hyperparathyroïdie
secondaire des insuffisants rénaux dialysés.
Il est également destiné au traitement de l'hypercalcémie
chez les patients présentant un cancer de la glande
thyroïde.
PATHOLOGIE
IRREVERSIBLE caractérisée par une diminution
progressive de la fonction rénale, l'insuffisance rénale
chronique (IRC) n'est le plus souvent connue que trop tardivement.
Si elle est diagnostiquée et traitée précocement,
sa progression peut être ralentie. En revanche, en l'absence
de traitement la maladie peut évoluer jusqu'au stade
IV (IRC terminale) ; à ce stade, la dialyse ou la transplantation
rénale s'imposent. Parmi les complications graves de
l'IRC, on peut citer les maladies cardio-vasculaires, l'hypertension
artérielle, l'anémie, les ostéopathies
ainsi que l'hyperparathyroïdie secondaire (Hpts).
Calcifications,
hospitalisations, décès.
En
France, un grand nombre de patients atteints d'IRC chronique
dialysés souffrent d'Hpts, maladie grave caractérisée
par une élévation du taux de parathormone (PTH),
ainsi que des anomalies de la calcémie et de la phosphorémie.
Celles-ci peuvent entraîner des calcifications au niveau
vasculaire et au niveau des tissus mous. Les anomalies des
taux de PTH, de calcium et de phosphore sont associées
à une augmentation du risque d'hospitalisation et de
décès, souvent en raison de maladies cardio-vasculaires.
Jusqu'à aujourd'hui, les traitements disponibles pour
les patients atteints d'Hpts reposaient sur les chélateurs
du phosphore et les dérivés de la vitamine D.
L'arrivée de Mimpara (cinacalcet) apporte une réelle
innovation en agissant sur l'ensemble des paramètres
biologiques de l'Hpts.
Premier de la classe des calcimimétiques, Mimpara possède
un mécanisme d'action unique et agit directement sur
le récepteur sensible au calcium situé à
la surface des cellules de la glande parathyroïde, le
principal régulateur de la PTH, permettant dès
lors un traitement ciblé de l'Hpts. Mimpara a fait
l'objet d'un développement clinique important dans
l'Hpts des patients insuffisants rénaux chroniques
dialysés et a notamment été évalué
dans le cadre de trois essais randomisés.
Dans ces essais, Mimpara a été bien toléré
et est efficace en réduisant simultanément le
taux de PTH, la calcémie, la phosphorémie et
le produit phosphocalcique, indépendamment de l'âge,
du sexe, de la méthode de dialyse utilisée (hémodialyse
ou dialyse péritonéale), de l'ancienneté
de dialyse ou de la sévérité de la maladie.
Les
valeurs cibles.
Mimpara a permis de multiplier par sept le nombre de patients
atteignant les valeurs cibles préconisées par
les groupes d'experts internationaux (K/DOQI) ; avec les traitements
usuels, seuls 8 % des patients atteignent les quatre principaux
taux cibles.
En ce qui concerne les patients présentant une hypercalcémie
due à un carcinome parathyroïdien (sécrétion
excessive de PTH), l'ablation chirurgicale de la glande thyroïde
est le seul traitement curatif de cette maladie, mais son
succès n'est pas garanti. Chez la majorité de
ces patients, Mimpara a diminué de manière significative
la calcémie.
Mimpara se présente sous la forme de comprimés
pelliculés dosés à 30 mg, 60 mg et 90
mg et s'administre par voie orale, de préférence
au cours des repas ou immédiatement après. Pour
le traitement de l'hyperparathyroïdie secondaire, la
posologie initiale recommandée chez l'adulte de plus
de 18 ans est de 30 mg/j. Elle pourra être adaptée
toutes les deux à
quatre semaines sans dépasser 180 mg/j afin d'atteindre
le taux cible de PTH recommandé (taux compris entre
150 et 300 pg/ml). Lors de l'administration de Mimpara, la
calcémie doit être surveillée régulièrement
; si elle diminue au-dessous de la limite inférieure
de la normale, des mesures appropriées doivent être
prises pour la corriger. Commercialisé depuis le 10
janvier, Mimpara est disponible en pharmacie hospitalière.
Amgen a acquis la licence de Mimpara auprès de NPS
Pharmaceuticals Inc. en 1996. En plus de l'Union européenne
et des Etats-Unis (où il est commercialisé sous
le nom de Sensipar), Mimpara a également reçu
une AMM au Canada et en Suisse. Une demande d'autorisation
a par ailleurs été déposée en
Australie et en Nouvelle-Zélande.
>
Dr BRIGITTE VALLOIS
Conférence
de presse organisée par Amgen à laquelle participaient
: Marc de Garidel (P-DG d'Amgen), les Prs Tilmann Drueke (hôpital
Necker) et Jérôme Rossert (département
néphrologie de l'université Pierre-et-Marie-Curie),
ainsi que le Dr J.-C. Réglier (responsable des opérations
médicales en néphrologie, Amgen).
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Première
greffe de tissus pancréatiques d'une personne vivante
au Japon
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19
janvier 2005, AFP
Des
médecins japonais ont annoncé mercredi avoir
effectué la première greffe de tissus du pancréas
d'une personne vivante afin de tenter de venir en aide à
une jeune femme atteinte d'un grave diabète.
L'opération
a réussi, la jeune femme et le donneur, sa propre mère,
se trouvant dans un état stable, ont-ils précisé
lors d'une conférence de presse à Kyoto.
Les
médecins de l'hôpital de l'Université
de Kyoto ont prélevé une partie du pancréas
de sa mère quinquagénaire et injecté
à sa fille des îlots, ou groupes de cellules
pancréatiques, sécrétant de l'insuline.
Si
la greffe est acceptée, les îlots pancréatiques
injectés produiront de l'insuline dans le corps de
la jeune femme.
"Il
est hautement probable" que la jeune diabétique
pourra mener une vie normale sans injections d'insuline, a
déclaré Shinichi Matsumoto, qui a dirigé
l'équipe de médecins.
Des
greffes de pancréas ont été menées
à travers le monde en utilisant des îlots prélevés
sur des morts mais les donneurs manquent, ont expliqué
les médecins.
La
patiente avait développé un inflammation du
pancréas à l'âge de quatre ans et était
devenue diabétique à 15 ans, lorsque cet organe
avait fini par ne plus produire d'insuline.
Elle
était dépendante d'injections d'insuline depuis
plus d'une décennie et perdait parfois connaissance.
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«Reins»
: Encourager la transplantation
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20
janvier 2005, Aujourd'hui le Maroc
La
transplantation en est encore à son plus faible niveau
au Maroc. «Reins» est une association qui vient
de voir le jour et qui se mobilise afin de venir en aide,
moralement et financièrement, aux malades.
Problème
de santé majeur, linsuffisance rénale
chronique (IRC) est plus quune maladie. Cest un
véritable calvaire et seules les personnes qui en sont
atteintes savent de quoi il en ressort. Leur vie, si lon
peut se permettre de la qualifier de « vie »,
ne se résume plus quà des séances
interminables passées dans les centres de dialyse.
Encore faut-il en avoir les moyens. Travail, scolarisation,
grossesse, loisirs, intimité, jusquau sourire,
tout se perd dans les méandres de la maladie.
Face à ce quendure toute une frange de la société,
« Reins » est une association qui vient de se
constituer tout récemment, dans loptique de contribuer
à atténuer les outrages de la maladie. Information
de lopinion publique sur la maladie ; contribution à
la formation et à linformation sur la dialyse
et la transplantation rénale ; aide à linsertion
et à la réinsertion et apport daide financière
: telles sont les grandes lignes auxquelles «Reins»
envisage de se consacrer. Aussi, lencouragement de la
transplantation rénale est le grand défi à
relever pour la toute jeune association. « Linsuffisance
rénale chronique constitue un problème de santé
publique dont la résolution nécessite de plus
en plus de moyens. Ce qui rend la tâche davantage difficile
pour des pays comme le Maroc, où les moyens font encore
défaut. Aussi, la problématique de la prise
en charge se pose avec acuité. Surtout lorsque cette
même problématique saccompagne dénormes
soucis dordre médical, social et économique
», souligne le professeur Amal Bourquia, néphrologue
et présidente de lassociation « Reins ».
La présidente de « Reins » est, à
ce propos, bien placée pour pouvoir parler de lIRC
et des enjeux relatifs à la situation au Maroc. En
effet, diplômée du Certificat national de néphrologie
de la Faculté de médecine René Descartes
de Paris, Amal Bourquia a participé à la mise
en place et au développement de la dialyse périodique
et au démarrage de la transplantation rénale
au Maroc. Elle est, par ailleurs, lauteur de plusieurs
ouvrages sur la question.
Du haut de son expérience et en vertu de ses connaissances
du sujet, Amal Bourquia milite pour donner un véritable
coup de fouet à la transplantation au Maroc. À
noter que seule la transplantation est à même
de rendre au malade une vie normale. Mais, dans ce dessein,
beaucoup de chemin reste à parcourir et les embûches
ne manquent pas.
Sur le terrain, rares sont les établissements, exclusivement
publics, autorisés à pratiquer la transplantation.
A ce propos, Amal Bourquia met en avant la performance de
la médecine privée et déplore que celle-ci
en soit exclue. La rigidité de la loi sur cette question
puise sa légitimité dans une volonté
de contrôler cet aspect de la médecine, qui fait
lobjet dune convoitise vorace de la part des trafiquants
dorganes dans le monde. En ce sens, la loi insiste également
sur le fait que les donneurs autorisés doivent être
apparentés (frère, sur, parents
),
afin déviter toute « transaction ».
« Reins » met également en exergue lintérêt
du recours à des donneurs en état de mort cérébrale,
pratique autorisée par la loi marocaine mais non appliquée.
Il nest pas difficile de comprendre laspect antagonique
dun tel recours : sauver la vie dune personne
par la mort dune autre. Il faut aussi reconnaître
les obstacles religieux et sociaux au prélèvement
dorganes sur une personne décédée.
La question relève dune certaine sacralité
et la violation de lintégrité du corps,
puis sa mutilation, sont autant dentraves à cette
pratique. «Il faudra transformer lacte de dépossession
du corps du parent, à qui lon prélève
des organes, en un acte de générosité
et de noblesse», estime Amal Bourquia. Celle-ci espère
parvenir à lever ce tabou incommensurable, mettant
en relief le nombre de morts, se comptant par milliers, que
font les routes marocaines et lutilité de pouvoir
faire des prélèvements sur eux, insistant sur
«le tact et le respect» qui doivent prévaloir
lors de lapproche des parents de la victime.
Lorsque lon saisit les contraintes de la dialyse, lon
saisit, également, la dimension salutaire de la transplantation.
La dialyse coûte excessivement cher et lon ne
parvient à traiter quune petite quantité
de sang par séance. Plusieurs passages par le dialyseur,
par semaine, dune durée pouvant aller jusquà
5 heures, sont obligatoires pour faire le travail du rein.
En parallèle, un traitement médical et un régime
alimentaire strict sont à observer, sachant, dans le
meilleur des cas, que la survie se situe entre 20 et 25 ans.
Amal Bourquia précise que « La dialyse, avec
son lot de consultations, hospitalisations et traitements
stricts, bouleverse la vie du patient et de son entourage.
Cest un vrai handicap dans la vie quotidienne, avec
une diminution des sorties, loisirs et vacances ( ) et aussi
dans la vie professionnelle, car la dialyse, dont les séances
sont longues et fréquentes, implique souvent une cessation
dactivité. »
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Mortels humains
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18
janvier 2005, Le Monde
Soixante-dix-sept
ans, un accident cardiaque sévère dix ans plus
tôt, une tumeur de la vessie à l'avenir incertain
traitée jusque-là avec succès par des
moyens purement médicaux dont la dernière administration
conduit à un accès fébrile et à
l'hospitalisation en médecine où les choses
vont en quelques jours s'améliorer. Et, sans signe
annonciateur, la mort subite, un matin que rien, en dehors
de l'âge, des antécédents cardiaques et
de la maladie cancéreuse de la vessie, ne pouvait permettre
de prévoir. La famille s'interroge et ne comprend pas...
Les
situations de ce type sont courantes malgré l'effort
d'information claire, loyale et honnête mené
depuis plusieurs années dans les établissements
de soins. Il paraît licite d'en venir à s'interroger
sur la pertinence de cette information médicale délivrée
par le médecin au malade lors du colloque singulier
et sur son harmonie avec l'évolution de la pensée
collective sociétale.
Autrefois
encore, les églises étaient pleines, et, à
travers les prêches, les sermons et l'éducation
religieuse, l'idée du caractère fini de l'existence,
répété et entendu, faisait de la mort
l'un des éléments de la vie. Les drames guerriers
de la première moitié du XXe siècle,
que rien et pas même la foi la plus vive ne pouvait
faire accepter, ont probablement participé à
l'irrésistible montée de l'athéisme au
cours des cinquante dernières années. La croyance
dans les principes républicains de liberté,
d'égalité et de fraternité a remplacé
la foi, et, un peu plus tard, les débats politiques
médiatisés à l'extrême autour de
la démocratie ont pris la place des esprits philosophiques
des siècles passés.
La
science s'en est mêlée : tout semblait pouvoir
être compris, expliqué, voire contrôlé,
jusqu'aux origines de la vie. Les médecins ont largement
pris part à cette évolution avec la passion
de leur métier, mais aussi parfois avec un manque d'humilité.
Transplantation, décodage du génome, transfert
de gènes, mères porteuses, clonage et discours
emphatiques sur la guérison prochaine des cancers et
sur le dépistage, voire le traitement anténatal
de toutes les malformations, ne pouvaient être reçus
autrement par une population à laquelle toute idée
de mystère était peu à peu retirée.
Si la maladie gardait une place puisqu'on en parlait encore,
la mort n'en avait plus, ou si lointaine qu'elle faisait des
quinquas et des sexagénaires d'éternels adolescents
partageant avec les adolescents le sentiment d'invincibilité
ou même d'immortalité qui caractérise
la jeunesse.
Cette
culture de l'apparence et du paraître devrait conduire
à s'interroger sur le bien-fondé ou en tout
cas sur le caractère suffisant des efforts considérables
faits dans la direction de l'individu malade. Cette dépense
d'énergie, d'argent et de temps ne devrait-elle pas
être précédée ou accompagnée
d'une action en amont destinée à redonner à
chaque individu la pleine conscience de son appartenance à
la société, appartenance finie dans le temps
dont le caractère momentané est justement la
raison même de sa valeur inestimable. Rendre au vieillissement
sa part de noblesse, rappeler à chacun que d'autres
nous ont précédés et que d'autres nous
suivront, cela pourrait participer d'un projet de société
moins égocentrique et plus altruiste. Il appartient
aux gouvernants de nos sociétés démocratiques
de rechercher les voies de cette prise de conscience de la
"non-immortalité", au risque sinon d'avoir
un jour à faire face aux frais de l'hospitalisation
d'une société tout entière, malade de
la perte de son jugement lui faisant confondre progrès,
confort et illusion d'immortalité.
Marc-Olivier
Bitker
Marc-Olivier
Bitker est chirurgien, professeur d'urologie à l'hôpital
de la Pitié-Salpêtrière (Paris).
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Cinq ans avec les mains d'un autre
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15
janvier 2005, Le Figaro
Cinq
ans après la double greffe de main, une première
mondiale réalisée par une équipe internationale
sous l'égide du Pr Jean-Michel Dubernard à Lyon,
le bilan est globalement positif. Du moins pour le patient,
Denis Chatelier, qui avait bénéficié
de cette transplantation, quatre ans après avoir subi
une double amputation à la suite de l'explosion d'une
fusée artisanale à l'âge de trente ans.
C'est
le premier patient au monde à vivre avec les deux mains
d'un autre, et à les accepter comme siennes. Longues
et fines, elles bougent, s'animent et éprouvent une
bonne sensibilité.
Depuis
la première greffe unilatérale de ce type par
la même équipe en 1998 sur un Néo-Zélandais
de quarante-huit ans, au passé agité, Clint
Hallam (1), vingt-six patients dans le monde ont accepté
de tenter l'aventure. En France, Belgique, Autriche, Italie,
États-Unis et Chine.
Mais
les critiques qui s'étaient abattues sur l'équipe
lyonnaise lors des suites immédiates de la première
intervention sur une seule main, se poursuivent aujourd'hui.
Même si elles se sont atténuées. C'est
en particulier la nécessité de la prise à
vie d'un traitement très lourd à base d'immunosuppresseur
pour éviter le rejet d'un organe qui n'est pas vital,
à l'inverse d'un coeur, d'un rein ou d'un foie, qui
pose problème. Jean-Michel Dubernard, également
député UMP du Rhône, n'a cure de ces critiques
et poursuit son chemin. Il a réalisé une deuxième
greffe bilatérale il y a bientôt deux ans chez
un très jeune homme d'une vingtaine d'années.
Mais celui-ci a refusé toute médiatisation.
Et le chirurgien espère bien en réaliser deux
autres dans les mois à venir.
"C'est
une belle aventure que nous avons menée à bien
en dépit de trois grands défis qu'il nous fallait
relever", dit-il en reconnaissant que la technique du
repositionnement d'une main sur un avant-bras sectionné,
est maîtrisée par les chirurgiens depuis au moins
vingt-cinq ans. Premier défi : celui du rejet de la
greffe de peau. Jusque-là jamais un greffon de peau
non vascularisé n'avait survécu plus de quelques
jours. Alors que là, cinq ans après, il n'y
a pas eu de rejet sauf au 53e jour puis au 81e jour, deux
épisodes qui ont pu être totalement maîtrisés.
Deuxième
défi : comment les mains greffées peuvent-elles
à nouveau fonctionner - bouger les doigts, réussir
à prendre un objet - alors que la commande cérébrale
a disparu à la suite de l'amputation ? En fait il existe
une remarquable plasticité cérébrale.
Alors que l'image de la main, normalement très importante
au niveau du cortex moteur disparaît après l'amputation,
on la voit réapparaître après la greffe.
"Nous avons visualisé à l'IRM fonctionnelle
une réexpansion de la représentation de la main
au niveau de l'homonculus du cortex moteur dans les mois qui
ont suivi la transplantation", précise Pascal
Giraux, spécialiste en neurosciences au CNRS. Anticipation
et coordination des mouvements de la main sont réapparues
progressivement grâce à une rééducation
intensive suivie avec assiduité par le patient.
Troisième
défi : l'aspect psychologique. "Une des questions
les plus difficiles était de savoir comment le receveur
pourrait vivre avec les mains d'un autre sous les yeux et
se les approprier", souligne le professeur Dubernard
qui reconnaît avoir d'emblée beaucoup travaillé
avec psychiatres et psychanalystes. En fait, ceux-ci ont constaté
que l'appropriation progresse en même temps que le retour
de la sensibilité. Une fois passé le souvenir
traumatique du premier pansement où le patient se retrouve
confronté à des mains boursouflées, couturées,
quasiment impossibles à regarder, il va devoir accepter
le fait que ce sont les mains d'un autre mais qu'il ne doit
pas en tenir compte et faire comme si c'était les siennes.
"Durant
les premières semaines après l'intervention,
les patients évoquent "les" mains puis "mes"
mains lorsque la sensibilité atteint l'extrémité
des doigts et qu'il peut ainsi les apprivoiser", note
le psychiatre Gabriel Burloux, qui a longuement accompagné
tous les désarrois et les cauchemars de son patient,
tous les jours au début avec une autre psychiatre,
Danièle Bachman. "Tout devient plus facile lorsqu'il
a récupéré la motricité expressive,
c'est-à-dire le parler avec les mains."
"La
présence des psychiatres et des psychanalystes a également
été très apaisante pour nous", reconnaît
le professeur Dubernard, qui tient aussi à souligner
le rôle indispensable du médecin de famille.
Celui-ci suit Denis dans sa vie de tous les jours depuis son
retour au domicile. Son rôle est également prépondérant
pour l'épauler mais aussi pour détecter la moindre
complication, en particulier les risques liés au traitement
immunosuppresseur.
Quant
à l'éventualité d'effecteur un jour une
greffe de face, le professeur Dubernard s'est montré
très réservé. "On peut envisager
des greffes de parties de la face pour des indications bien
précises, mais les risques de rejet sont énormes."
(1)
Celui-ci a par la suite demandé à être
à nouveau amputé en 2001, ce qui montre bien
les difficultés à accepter la main d'un autre
et la lourdeur du traitement.
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Cinq ans après
l'opération, la greffe des deux mains réalisée
à Lyon est un succès
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14
janvier 2005, Le Monde
Les
leçons de la transplantation effectuée par le
professeur Dubernard pourraient conduire à de nouvelles
méthodes de rééducation. 26 interventions
du même type ont déjà été
pratiquées.
Le
13 janvier 2000, la direction des Hospices civils de Lyon
annonçait qu'une équipe chirurgicale internationale
dirigée par le professeur Jean-Michel Dubernard (hôpital
Edouard-Herriot) avait tenté le même jour une
greffe bilatérale de mains. Cette première chirurgicale
mondiale était pratiquée chez un homme de 33
ans, dont les mains avaient été amputées
quatre ans auparavant à la suite de l'explosion d'une
fusée artisanale. Elle nécessitait la collaboration
de 50 soignants - dont 18 chirurgiens.
Les
deux greffons avaient été prélevés
chez un même donneur décédé, dont
la famille, informée de la tentative, avait donné
l'autorisation de prélever les membres supérieurs.
Au terme d'une intervention de 17 heures, les mains et la
partie inférieure des avant-bras du donneur avaient
pu être simultanément greffés en suturant
les artères, veines, nerfs, tendons, muscles et la
peau après fixation des os de l'avant-bras.
Cinq
ans plus tard, le 13 janvier 2005, le chirurgien lyonnais,
également député et président
(UMP) de la commission des affaires sociales, a estimé
que la double transplantation était un succès.
Lors
d'une conférence de presse, tenue à Lyon en
présence de son patient, le chirurgien a indiqué
qu'aucune complication n'était apparue en cinq ans,
excepté deux brefs épisodes de rejet cutané
(en mars et avril 2000) traité avec succès par
des corticoïdes.
Après
une phase de rééducation intensive et de soutien
psychologique, le patient a pu reprendre une activité
professionnelle, en mai 2003. Il suit depuis cinq ans un traitement
immunosuppresseur du même type que celui qui est administré
aux personnes chez lesquelles a été greffé
un cur ou un rein.
Les
examens spécialisés ont mis en évidence
un retour progressif, en quelques mois, de la sensibilité
atteignant l'extrémité des doigts. Une sensibilité
plus fine, ainsi que la reconnaissance tactile des formes
et de la texture des objets hors du champ visuel, s'est par
la suite développée.
"Dès
la première année, les gestes utilisés
pour tenir un crayon, un verre, une paire de ciseaux, se raser
et prendre en charge son hygiène personnelle sont devenus
possibles, a observé l'équipe médicale
lyonnaise. Cette amélioration s'est poursuivie et notre
patient mène une vie normale."
APPROPRIATION
Pour
les médecins, l'une des questions les plus difficiles
était de savoir comment le receveur pouvait, d'un point
de vue psychologique, s'"approprier" des mains qui
avaient appartenu à quelqu'un d'autre. Les psychologues
ont observé que cette appropriation progressait en
même temps que revenait la sensibilité. Lorsque
cette sensibilité a atteint l'extrémité
des doigts, le patient a commencé à parler de
"ses" mains.
Pour
le chirurgien lyonnais, cette première a permis d'observer
l'existence d'une plasticité inattendue du cortex cérébral.
Contrairement à ce que certains postulaient, il a pu
être démontré que les muscles des mains
greffées retrouvent une représentation fonctionnelle
dans le cortex moteur des transplantés.
Ceci
pourrait conduire les spécialistes des sciences cognitives
à mettre au point de nouvelles méthodes de rééducation,
notamment pour les patients victimes d'accidents vasculaires
cérébraux.
Depuis
cinq ans, 26 greffes de main (dont 6 bilatérales) ont
été pratiquées dans différents
pays européens, ainsi qu'aux Etats-Unis et en Chine,
avec pour l'essentiel des résultats similaires à
ceux obtenus par l'équipe française. "Aujourd'hui,
une nouvelle ère dans l'histoire de la transplantation
s'ouvre, celle des greffes composites, explique le professeur
Dubernard. Déjà des greffes de larynx, des greffes
de genoux, des greffes de paroi abdominale ont été
réalisées annonçant les greffes d'autres
parties du corps, associant plusieurs tissus. Rien n'interdit
plus désormais de songer à des greffes de la
face."
En
mars 2004, le Comit&eacut | | |