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Le récit

Mis à jour le jeudi, 31 mai 2012 09:45 - Écrit par Yvanie le mercredi, 03 juin 2009 01:17

J2 : 2 juin 2002

Les premiers soins du matin ont lieu, puis une odeur franchement agréable vient me titiller les narines : c'est celle du café chaud, le petit déjeuner est en train d'être servi ! J'entends les chariots rouler dans le couloir, et les "bonjours" enthousiastes des aides soignantes qui distribuent les plateaux. Mon estomac se rappelle à mon bon souvenir, je boirais bien un petit quelque chose de chaud… Réponse négative de l'infirmière, par contre je peux avoir un sachet de gaviscon pour calmer mes brûlures gastriques. C'est mieux que rien…

En milieu de matinée, Catherine déboule avec un chariot plein de matériel. Elle m'annonce que comme mon drain de Redon ne donne presque rien, on va me l'enlever dès maintenant… C'est aussi l'heure de ma piqûre de morphine, en fait, je ne le sais pas encore mais ce sera la dernière.

Elle me rassure au sujet du retrait du drain, je ne sentirai rien, cela fait à peine deux jours qu'il est posé, il n'a pas eu le temps de "s'accrocher". Elle enlève les fils qui le retiennent à ma peau, et commence à tirer… avant de s'interrompre devant la résistance de la chose. De mon côté, je n'ai pu étouffer un cri, je mords à présent mon poignet pour éviter de m'exprimer d'avantage. Nos regards se croisent et je vois qu'elle est perturbée. "Désolée" me fait elle, et à sa tête, je suis sûre que c'est vrai.
- Je vais recommencer, vous êtes prête ?
J'opine du bonnet, pas convaincue… Elle reprend son geste, un peu plus fermement, et cette fois parvient à extirper le drain entièrement. Je dois avoir une sale tête, parce qu'elle me demande à plusieurs reprise si je me sens bien, si ça ne tourne pas…
- Heureusement qu'on a fait la morphine juste avant ! Bon maintenant, je vais m'occuper de votre maman, à son tour d'être débarrassée de son drain.

J'apprends peu après que de son côté, tout s'est bien passé et qu'elle n'a rien senti.

La visite des médecins a lieu, ils me confirme que tout se passe toujours pour le mieux pour la donneuse comme pour la receveuse. Comme je tremble beaucoup, ils demandent un dosage de prograf.

Un peu plus tard, deux aides soignantes débarquent dans la chambre avec un fauteuil pèse personne, je dois m'y installer pour qu'on voit où en est mon poids. Je réalise que ça signifie que je vais devoir me lever, ce qui me paraît complètement irréalisable. Pourtant, avec leur aide, je parviens tout d'abord à m'asseoir sur le bord du lit (d'abord une jambe, puis l'autre, on bascule, on se redresse…). Une des difficultés non négligeables consiste à ne pas s'emmêler dans les tubes et elles ne sont pas trop de deux pour gérer ce problème. Je pose les pieds à terre et je me hisse sur mes jambes en tenant mon greffon à deux mains comme me l'a appris la kiné. Ca fait vraiment un mal de chien. Je ne parviens pas à me redresser complètement, et je m'abats brutalement dans le fauteuil. Pas vraiment brillant comme première tentative, mais ce qui m'inquiète le plus à ce stade, c'est qu'il va falloir renouveler l'opération pour que je retourne au lit ! Finalement, devant mon désarroi, les filles m'empoignent et, avec leur aide, je me retrouve allongée à l'abri de mon drap en deux temps trois mouvements ! Je suis épuisée. Même si je récupère très vite, il y a encore de la marge pour pas mal de progrès ! Je pèse 47 kg, je suis en dessous de mon poids sec et il va falloir me "remplir" d'avantage…

Dans l'après midi, ma cicatrice me fait de plus en plus mal. Cela fait un bout de temps que j'ai eu la dernière injection de morphine, j'en demande donc une nouvelle. L'infirmière revient avec une poche qu'elle relie à mon Kt. Elle m'explique que c'est de l'Acupan, et que ça devrait suffire à calmer la douleur. Malheureusement ce n'est pas ce qui se produit. Non seulement j'ai toujours mal, mais en plus j'ai la nausée. La température dans la chambre atteint des sommets, j'ai des difficultés à respirer.

Dominique arrive et me trouve prostrée, en bien moins bon état apparent que lorsqu'il m'a quittée la veille. Il prend l'initiative d'appeler quelqu'un, et nous apprenons que mon malaise est sans doute dû à l'Acupan. Il faut attendre quelques heures pour que ses effets s'estompent et que je puisse avoir un autre médicament. Je patiente avec l'espoir qu'on va me soulager, mais ce n'est pas la grande forme ! Mon nouvel analgésique arrive quelques heures plus tard, et c'est… du doliprane ! Autant dire que la nuit promet d'être longue…