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Le récit

Mis à jour le jeudi, 31 mai 2012 09:45 - Écrit par Yvanie le mercredi, 03 juin 2009 01:17

J4 : mardi 4 juin 2002

Pour la première fois cette nuit, je suis parvenue à m'endormir et à grappiller quelques heures de sommeil réparateur. De très violents maux d'estomac me sortent des bras de Morphée au petit matin, l'infirmière que j'appelle a l'air un peu surprise et m'avoue qu'elle vient tout juste de quitter ma maman qui avait exactement les mêmes symptômes. On me donne un sachet de gaviscon qui me soulage rapidement. Un coup de fil à maman m'apprend que pour elle aussi il a été efficace. Nous nous sentons toutes les deux bien mieux ce matin. Il y a sans doute une raison très subjective à cela : c'est aujourd'hui que nous allons nous retrouver ! C'est donc avec un moral d'acier que j'aborde cette journée, d'autant que je sens un vrai progrès par rapport aux jours précédents, la douleur est moins forte, je suis plus détendue, je parviens même à me lever seule pour la désormais traditionnelle pesée. J'allume la télévision et me plonge avec plaisir dans les programmes matinaux entrecoupés par les soins… On me fait la seconde perfusion de Simulect.

Le transfert a lieu un peu avant midi, mon lit est poussé dans le couloir et je rejoins finalement ma maman, visiblement aussi enchantée que moi.

Nos lits sont installés côte à côte, nous nous mettons derechef à papoter. L'ambiance est au beau fixe toute la journée, et lorsque la kiné nous rend visite, je m'empresse de lui demander s'il y a un truc pour éviter d'avoir mal pendant les crises de fou rire ! Pour information, la réponse est oui, il faut "soutenir" le greffon des deux mains et remonter le genoux vers la poitrine. Ca marche, et c'est une position que j'adopterai fréquemment dans les jours qui suivront.

On m'a demandé de boire au moins 3 litres d'eau par jour, qu'on m'apporte sous la forme de six bouteilles d'un demi-litre. Je conserve les "cadavres" que j'aligne sur ma table de chevet comme autant de preuves de ma bonne volonté. C'est étrange et enivrant de pouvoir se gorger de liquide après plusieurs mois de restriction. Au départ, j'avais l'impression qu'absorber de telles quantités me serait difficile, en fait c'est plutôt simple…

Seul bémol à l'atmosphère d'euphorie qui règne, notre "régime" ne se libéralise toujours pas, et nous sommes toutes les deux tiraillées par la faim ! La télévision nous abreuve de pubs pour différentes denrées qui nous paraissent soudain immensément désirables, c'est une vraie torture. Pour le dîner, on nous sert comme bonus un infâme bouillon de légumes sans sel. Il empli la chambre d'une odeur de chien mouillé qui parvient presque à nous couper l'appétit.

Nous abordons la nuit sereinement, le rythme de mes contrôles s'espace et on m'a confirmé que demain on me retire le Kt et la sonde vésicale, ce sera une grande journée !