Identifiez-vous !
Adhérer à Renaloo Faire un don à Renaloo
Vos témoignages

Claire : la chance de donner

Mis à jour le mardi, 20 septembre 2011 07:00 - Écrit par Yvanie le mardi, 20 septembre 2011 06:20

Claire : la chance de donner

Je souhaite apporter mon témoignage sur Renaloo pour remercier Yvanie et Jocelyne de leur aide dans ma démarche de donneur vivant.

Yvanie, pour son travail assidu d'information sur les maladies rénales et le site formidable qu'elle a mis en place pour aider ceux qui entrent un jour dans la peau d'un malade ou d'un donneur. Jocelyne, pour son soutien inconditionnel depuis le jour où j'ai décidé de donner un de mes reins à une amie; aussi pour ses merveilleux messages d'amitié qui m'ont tant réconforté durant cette période de ma vie.

Je souhaite également témoigner pour encourager les personnes qui seraient susceptibles de donner un rein de leur vivant.
Je suis française, j’ai aujourd’hui 39 ans et je vis en Israël depuis 6 années environ. C'est dans ce pays que j'ai rencontré Michèle grâce à une passion commune : la plongée sous-marine.

Je suis moi-même instructrice de plongée et j’ai ouvert un club de plongée à Eilat avec mon mari en 2006. Au départ, je ne connaissais rien de la maladie de Michèle mais peu à peu Michèle est devenue très fatiguée, au point de ne plus pouvoir plonger. Nous étions alors devenues très proches. Elle m’a parlé de sa maladie : elle était insuffisante rénale suite à un lupus contracté à l’âge de 20 ans.

Michèle était sur une liste d’attente pour un don de rein et avait déjà fait plusieurs démarches pour un don de donneur vivant mais aucune n’avait abouti. Les amis qui s’étaient proposés n’étaient pas compatibles ou n’avaient pas pu être retenus pour raisons médicales. Les médecins pressaient Michèle pour la mettre sous dialyse ce qu’elle repoussait sans cesse tant la dialyse est contraignante et semblerait diminuer les chances de succès d’une greffe future.

J’ai alors souhaité aider Michèle. Ce fut une décision spontanée. Je savais qu’a priori il n’y a avait aucun danger pour moi et cela me paraissait très naturel.

Mais avant de proposer ce don à Michèle, j’ai voulu réfléchir profondément à mon choix : d’une part je me suis davantage renseignée sur les conséquences médicales d’une telle intervention, d’autre part j’ai pris le temps de penser à l’acte que j’allais faire, l’acte en lui-même, qui me semblait encore une fois assez naturel mais qui, je le pressentais, n’allait pas forcément de soit pour tout le monde. Les réactions de mes proches, notamment, m’ont fait comprendre que je devais prendre ma décision de manière très approfondie et à la mesure de l’importance qu’eux mêmes pouvaient attribuer à ce don.

Et puis, bien entendu, je voulais être tout à fait sure sûre mon choix à l’égard de Michèle.

 


 

La procédure "pré-don"

Apres avoir vérifié que nous avions le même groupe sanguin, ce qui était une première étape dans la compatibilité, j’ai proposé à Michèle de lui donner un rein. Michèle a réfléchi à ma proposition. Elle devait, elle aussi, se sentir apte à recevoir de moi. J’ai compris que c’était très important pour elle de pouvoir accepter le don en se sentant libre vis-à-vis de moi. J’ai compris que l’une et l’autre devrions, une fois l’opération faite, pouvoir vivre avec ça et continuer notre relation de manière simple et naturelle. C’est à cela avant tout que nous voulions réfléchir.

Puis, Michèle a accepté en me disant que nous pourrions commencer la procédure mais que si je le souhaitais je pouvais arrêter à tout moment. En Israël, la loi autorise le don d'organes entre personnes n'ayant aucun lien familial. La procédure, dans ce cas, reste bien entendu très fastidieuse car tout est mis en place pour vérifier que le donneur n'a subit aucune pression de la part du receveur et éviter tout risque de « vente d'organes ».

La procédure d'acceptation du don a duré à peu prés un an, ce qui fut une période extrêmement difficile pour mon amie car son état allait en se dégradant. Nous devions voyager chaque semaine de longues heures pour aller à tous les rendez-vous auxquels il fallait nous plier, sans compter toutes les démarches administratives parfois déroutantes dans ce pays…

J'étais parfois découragée et inquiète car je voyais Michèle s'affaiblir mais le choix que j'avais fait n'a jamais été remis en cause.

 


 

La liberté du choix

Pour moi, c'était une chance immense de pouvoir donner. Cela malgré une solitude parfois pesante face à mon choix. En effet, mon ami qui est ensuite devenu mon mari n’a pas très bien réagi lorsque je lui ai annoncé ma décision car il était très inquiet et je ne l’avais pas vraiment consulté pour faire mon choix. Il a été lui-même très isolé durant toute cette période. Mes parents se sont également beaucoup inquiétés alors qu’ils sont eux-mêmes dans le milieu médical et approuvent complètement le don d’organes, dans l’absolu…

Finalement, même si j’ai entendu ce que mes proches avaient à me dire, j’ai fait mon choix seule et en toute connaissance de cause. Je sais que cela m’a permis de faire un choix tout à fait libre. Je crois qu’en cela le don du vivant sans relation familiale avec le receveur est une liberté encore plus grande que de donner dans le cadre familial où finalement les donneurs peuvent faire l’objet de pressions, psychologiques en particulier.

Ceci est un point que j’aimerais soulever devant les législateurs français car ils doivent comprendre que la relation entre 2 êtres humains ne passe pas nécessairement par la relation filiale et que, dans le cadre du don d’organes spécifiquement, le donneur vivant sans lien familial avec le receveur a certainement une liberté de choix beaucoup plus grande que les donneurs liés au receveur par un lien du sang. (Note de Renaloo : le législateur français a entendu, puisque le cercle des donneurs vivants a été élargi à l'occasion de la révision de la loi de bioéthique de 2011 à toute personne entretenant une relation étroite et stable depuis au moins deux ans avec le receveur). 

 


 

Deux ans après...

Je souhaite encourager tous les donneurs potentiels à aller jusqu'au bout de leur volonté car le don du rein ne comprend pratiquement aucun risque sur le plan médical. C’est un point capital. Au départ, chaque donneur doit être en parfaite condition physique pour être autorisé à donner, il est pratiquement "sélectionné", ce qui diminue encore davantage les possibles complications d’une opération en vue d’une greffe. Le seul risque éventuel est finalement lié à tout risque opératoire, c'est-à-dire le risque anesthésique.

La greffe a très bien marché et mon amie Michèle est aujourd'hui en bonne santé.

Les médecins ne cessent de diminuer son traitement anti-rejet.

Elle a fêté ses 50 ans l’année dernière et cela fait déjà 2 ans qu’elle a été transplantée.

Entre nous rien n’a changé. Nous avons exactement les mêmes relations d’amitié qu’avant. Bien entendu l’aventure a été très forte mais nous nous étions préparées, je crois, à rester les mêmes l’une pour l’autre avant, pendant et après la transplantation. C’était, en tous cas pour moi, et pour Michèle aussi je pense, une condition primordiale pour vivre sereinement ce don du rein.

Pour ce qui me concerne, je suis exactement pareille qu’avant la greffe. L’opération s’est vraiment très bien passée et le chirurgien m’a opérée par prélèvement laparoscopique : j’ai donc une petite cicatrice tout en bas du ventre qui ne se voit presque pas, comme lors d’un accouchement par césarienne. Le chirurgien m’avait prévenue, avec humour, avant l’opération : sa technique opératoire me permettrait de continuer à porter des pantalons « taille basse » !!!

Bref, je me suis rapidement rétablie. En 15 jours, tout était à nouveau comme avant. D’ailleurs, un mois après la greffe, je faisais ma première plongée au Costa Rica et descendait le Rio Verde en rafting.

Je voudrais profiter de ce témoignage pour embrasser tendrement Serge, mon inestimable mari, mes parents ainsi que mes frères et sœurs pour leur soutien, et ce malgré leurs appréhensions, ainsi que les merveilleux parents de Michèle, Simone et André.

Claire

 

1 commentaire
 
+1 # sessegnon - Le 22 août 2013 à 02h23
Bonjour,
je suis membre du site renaloo.com je souhaiterai de devenir donneur et sauvé des vies si je cela est possible je reste donc en attente d'une répons favorable et je voudrai en savoir plus sur la procédure a suive que puisse vous bénis.
Mes salutations !!!
 

Pour poster un commentaire veuillez vous identifier.